« Offshore leaks » : et au Maroc ?

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Publié dans Lakome le 04 – 04 – 2013

35 médias internationaux ont commencé ce jeudi à dévoiler les noms de particuliers détenteurs de comptes ou sociétés offshore. Au Maroc, Lakome a retrouvé plusieurs personnalités proches du pouvoir liées à des paradis fiscaux mais aucune suite n’a pour l’instant été donnée… 
Les premières révélations en France ont fait l’effet d’une bombe ce jeudi matin. Le quotidien Le Monde vient de révéler que l’ancien trésorier de campagne de François Hollande, Jean-Jacques Augier, possède deux sociétés offshore basées aux Iles Caïmans. D’autres révélations sont attendues aux quatre coins de la planète : plus de 35 médias internationaux sont associés sur les Offshore Leaks, ces 2,5 millions de documents concernant des sociétés offshore et qui ont été transmises à un réseau international de journalistes, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), basé à Washington.
Les documents – des contrats et des fax numérisés, des copies de passeports, des e-mails, de la correspondance bancaire et de nombreux autres documents – sont issus de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshores. Depuis plusieurs mois, plus de 80 journalistes du monde entier travaillent sur cette masse de données.
Au Maroc, où aucun média n’a été associé à cette opération, plusieurs personnalités proches du pouvoir ont déjà été liées à des paradis fiscaux et des opérations opaques grâce à l’enquête de Lakome sur les carrières de sable, publiée en janvier dernier. Les sociétés en question, en plus d’être domiciliées dans des paradis fiscaux, opèrent dans un secteur rentier par excellence : les carrières de sable et de pierre. Un secteur auquel les proches du régime ont un accès privilégié.
Le Maroc et les Iles Vierges Britanniques
Parmi les sociétés découvertes par Lakome, «Millenium Invest Limited », domiciliée au Iles Vierges Britanniques et qui a décroché en 2009 une autorisation des autorités pour exploiter une carrière de 51 hectares sur le domaine privé de l’Etat. La société, dont les actionnaires sont inconnus, ne déclare depuis sa création aucune activité ni aucun bénéfice.
Le représentant de Millenium Invest Limited au Maroc, Antonio Mavica, un gestionnaire de fortune basé en Suisse, gère aussi une deuxième société basée aux Iles Vierges Britanniques, « Clarkenson Group SA », dont les actionnaires – inconnus – ont fait des affaires au Maroc avec plusieurs personnes dont un membre du cabinet royal, Hassan Mansouri, bras droit du secrétaire particulier du roi Mounir Majidi.
Interrogé par Lakome, Hassan Mansouri ne voyait pas de mal à traiter avec des sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux. « Ce sont des investisseurs étrangers privés pour lesquels la crise financière internationale à amener à redéfinir leur stratégie d’investissement et dont il faut surtout espérer le retour », expliquait-il.
Autre société découverte par Lakome : « MDS Participations SA », domiciliée au Luxembourg et associée dans l’exploitation des carrières marocaines avec Rachid Fahmane, proche du palais et vice-président de la fédération royale des sports équestres. Ses actionnaires sont inconnus, représentés au Maroc par Loubna Majidi, sœur de Mounir Majidi. Là non plus aucun bénéfice n’a été déclaré pendant la durée de leurs activités.
Ces sociétés et personnalités marocaines n’ont fait l’objet d’aucune enquête publique depuis la publication de Lakome, même si la direction générale des Impôts affirme avoir bien pris en compte ces informations.
« Les paradis fiscaux, menace pour la démocratie »
Suite aux premières révélations des Offshore Leaks, la nouvelle directrice du Monde, Natalie Nougayrède, s’est fendue d’un éditorial pour dénoncer l’opacité du système et la nécessité pour les pouvoirs publics d’agir. « Les paradis fiscaux sont une menace pour la démocratie. Ils minent l’état de droit en jouant sur la dissimulation. Ils sont l’aubaine absolue des fraudeurs de tous bords. Ils favorisent le détournement de richesses publiques dans les Etats où fleurissent concussion et corruption ». Elle ne croit pas si bien dire…

Abdallahi Ould Mohamedy voyage aux frais de la DGED marocaine

La presse française s’est fait écho, dans les derniers jours, d’un fonctionnaire français recruté par les services secrets marocains. Il s’agit d’un agent de la police aux frontières (PAF) de l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) qui a été interpelé le 29 mai 2017 pour filtration de documents confidentiels sur des fichiers « S ». En échange, la DGED marocains lui offrait de l’argent liquide et des voyages au Maroc tous frais payés. Des avantages dont profite aussi le mauritanien Abdallah Mohamdy, le patron du groupe Sahara Media.

Selon les documents révélés par le hacker Chris Coleman, la DGED était sollicitée par ses collaborateurs en vue d’obtenir des tickets d’avions pour se déplacer au Maroc et ailleurs aux frais des services de Yassine Mansouri.

Le 18 juin 2011, Ould Mohamdy s’est fait offrir un billet Rabat-Paris-Madrid-Casablanca réservée par Mourad Rhoul en personne, le directeur du cabinet de Yassine Mansouri, le directeur général de la DGED.

Le nom de Abdallah Ould Mohamdy figure dans toutes les listes des relais de la DGED chargés de diffuser la propagande du Makhzen, y compris les attaques visant à diaboliser le Front Polisario et l’accuser d’organisation terroriste.

Il a été nommé administrateur de l’agence de presse APA en guise couverture pour justifier les allocations qu’il reçoit de la DGED.

Source : Maroc Leaks

Khadija Mohsen Finan s’adresse à la DGED pour la publication d’un article très critique envers le Makhzen

Moins d’une semaine après le discours royal annonçant la nouvelle consitution (17 juin 2011), Khadija Mohsen-Finan, se met en contact avec Abdelmalek Alaoui, responsable de Global Partners Intelligence, un des bureaux de la DGED spécialisé dans le contrôle des médias.
Mme Finan voulait publier un article très critique sur la pseudo-réforme constitutionnelle proposé par le Makhzen.
En toute évidence, son article a été rejeté. Cependant il ya lieu de se demander quelle est la relation entre Mme Finan et cet agent de la DGED.

Voici le texte intégral de son écrit:

« L’exception marocaine » dans la tournante révolutionnaire
  Lorsque les révoltes secouaient le monde arabe en cet hiver 2011, la classe politique marocaine ne s’est pas sentie concernée par le vent de liberté qui a soufflé sur l’ensemble de la région. Elle  a mis en avant le caractère particulier de son système et les réformes qui ont été engagées depuis les années 1990.
Deux éléments essentiels seraient  au fondement de cette « exception marocaine » censée mettre le régime à l’abri des turbulences révolutionnaires : la légitimité dynastique du monarque qui est toujours reconnue et les réformes engagées par Hassan II et poursuivies par Mohamed VI pour tourner la page de l’autoritarisme.
En succédant à son père en juillet 1999, celui qui avait été surnommé le « roi des pauvres », s’est inscrit d’emblée dans la continuité des réformes initiées par Hassan II. Le champ politique est reconfiguré, la monarchie y intègre une opposition socialiste longtemps boudée et les islamistes du parti de la Justice et du Développement (PJD) profitent de l’ouverture politique pour se faire accepter.
Ce régime d’ « alternance »permettait d’assurer la rotation des élites tout en légitimant le pouvoir monarchique  en lui donnant, par un  toilettage « modernisateur », l’aspect d’une monarchie constitutionnelle.
Pour autant, l’ambiguïté n’était pas levée sur le rôle précis du monarque et du gouvernement face à des dossiers essentiels. En réalité, l’association de l’opposition socialiste en mars 1998 n’avait pas privé le trône de son monopole politique et le roi conservait la gestion des principaux dossiers.
L’alternance a permis à Hassan II de redéfinir la fonction monarchique en réaffirmant son rôle de pièce maîtresse dans un jeu politique dont il continuait de définir les règles et au sein duquel il arbitrait les conflits entre acteurs politiques rivaux. Les consensus de façade qui avaient permis l’adoption de la réforme constitutionnelle de 1996 montraient que le roi demeurait bien la seule source du pouvoir dans le pays. Les partis politiques traditionnels avaient alors recentré leurs revendications sur les garanties juridiques et institutionnelles dans le déroulement des consultations électorales, s’attachant davantage aux procédures qu’aux programmes politiques.
Mohamed VI s’est inscrit dans la continuité de cette ouverture qu’il a  essaye de prolonger en lui donnant les aspects d’une transition politique. Dans son essence, comme dans sa méthode, l’alternance survivait à Hassan II.
 Une presse indépendante a vu le jour à la fin des années 1990, portée par des acteurs désireux de rompre avec les anciennes pratiques journalistiques. Petit à petit un espace public s’est mis en place.
Mais progressivement, au cours des années 2000,  les libertés des années précédentes se sont rétrécies, au nom des lignes rouges qui ne doivent jamais être franchies : monarchie, islam et intégrité territoriale.
D’autres mesures ont été prises, allant dans le sens affiché par la monarchie d’une plus grande modernité politique comme la réforme du statut personnel Moudawana ou encore la mise en place de l’ Instance Equité et réconciliation (IER). Dans tous les cas, il s’agissait d’abord de renouveler le pacte entre gouvernants et gouvernés et de construire un consensus autour d’une question.
En 2004, la création de l’IER en est l’illustration. Le pouvoir marocain s’était approprié un travail sur la mémoire des « années de plomb », à froid, sans qu’aucune crise ne l’ait suscitée. En général, ce sont les situations de transition politique qui donnent lieu à la création de telles commissions dont le but, entre autres, est de consolider le processus d’ouverture politique. Le recours à ce genre de procédés a donc lieu après une guerre civile, une longue période d’oppression ou la chute d’un régime dictatorial pour aller vers un Etat de droit. Au Maroc, cette rupture ne s’est pas produite. Ce travail sur l’histoire, sur un passé avec lequel on a  souhaité réconcilier les citoyens s’est fait à l’initiative et sous le contrôle étroit du palais.
Pourtant, cette histoire réécrite dans les années 2000 est bien celle du système politique, qui décide lui-même de bâtir une cause nationale axée sur la réparation matérielle et morale de l’injustice causée. Contrairement à d’autres opérations de réconciliation qui se sont inscrites dans le cadre des politiques d’après-violences qui ont accompagné des transitions démocratiques, dans le cas du Maroc, il ne fut question ni de vérité ni de justice, mais seulement de réparations.
 Pour Rabat, ce travail de mémoire permettait de corriger les abus du système politique sans toucher à ses normes ni à ses fondements, puisque le roi, pièce centrale de l’autoritarisme de ces années, incarne aussi l’ouverture des années 1990 et des années 2000.
Cette question se pose à nouveau aujourd’hui avec la réforme de la Constitution. En effet, avant même d’en évaluer le contenu, la démarche  semble d’abord poser problème au niveau de la forme.
Nous sommes bien devant une monarchie qui « offre » des réformes, qui initie le changement, qui met en place l’alternance. Bref qui décide du moment, de l’aspect à donner, et du contenu de ces réformes octroyées. Elle intervient même sur la réponse qu’elle souhaite obtenir par le biais de la consultation référendaire. A la fin de son discours du 17juin, Mohamed VI n’a-t-il pas martelé le OUI avec lequel il allait lui-même se prononcer ?
Le roi se pose ainsi tantôt en roi-citoyen, en  citoyen votant, en roi réformateur offrant une « réduction « de ses propres prérogatives dans la cadre d’une ouverture politique initiée par son propre père et à laquelle il adhère totalement, bien qu’imparfaitement, puisque les libertés se réduisent.
Cette confusion des rôles a longtemps était mise sur le compte du particularisme marocain, occultant quelque peu le contenu même des réformes et leur application. Aujourd’hui, alors que beaucoup se félicitent de cette « révolution tranquille », il serait bon de nous interroger sur cette avancée que l’on dit sans précédent.
Le 20 février dernier, l’onde de choc des révolutions tunisienne et égyptienne atteint le Maroc où de très nombreux manifestants exigent des changements politiques profonds et la fin de la corruption. Mohamed VI se montre à l’écoute et annonce le 9mars une « réforme constitutionnelle globale »  préparée dans le cadre d’une commission ad hoc, pour être soumise au peuple le 1er juillet.
Le projet a pour objectif essentiel de rééquilibrer le partage du pouvoir au sein de l’exécutif. Pour cela, les prérogatives du roi doivent être limitées au profit du Parlement et du gouvernement, avec la désignation du Premier ministre au sein du parti ayant remporté les élections législatives.
Le 17juin, dans un discours fleuve, le roi expose les grandes lignes de la nouvelle Constitution qui  représente, dit-il « un tournant historique et déterminant dans le processus de parachèvement de la construction de l’Etat de droit et des institutions démocratiques ».
Le ton est ainsi donné, et le monarque rappelle également que ce processus ne correspond pas à un octroi par la monarchie mais a bien été élaboré « en parfaite communion avec toutes les forces vives de la Nation ». Il s’agit donc bien, comme par le passé, d’un consensus renouvelé et d’un nouveau pacte entre le trône et le peuple qui laissent à la marge tous ceux qui n’y adhèrent pas.
Au niveau des prérogatives du roi, il est difficile de croire que son pouvoir soit réduit, celui-ci n’est plus constitutionnellement définit dans un article, il est dilué dans toutes les dispositions. Pour assurer la stabilité du régime, il s’assure un large domaine réservé, assurant des missions régaliennes en tant qu’arbitre et garant.
Au plan religieux, fait surprenant, le Conseil des Oulémas est désormais inscrit dans la Constitution.  Quant au roi, il conserve son titre de Commandeur des croyants et reste la première autorité religieuse du pays. Sa personne est inviolable, même si la notion de sacralité est remplacée par celle de respect qui lui est dû.
Dans quelle mesure sommes-nous vraiment dans une diminution de son rôle et comment évoquer le cheminement tant salué vers une monarchie constitutionnelle ?
Certes le pouvoir du Premier ministre est plus important, mais ce changement ne correspond à une véritable avancée que si les élections sont conduites dans la transparence et la compétition politique, ce qui n’était pas réellement le cas jusqu’ici.
Au delà du fonctionnement des institutions et du rôle du roi, la nouvelle Constitution inscrit des changements qui viennent consolider des réformes engagées, comme celle de la Moudawana mais dont l’application demeure très mystérieuse, comme l’égalité de l’homme et de la femme pour ce qui concerne les droits civils.
En réalité, compte tenu du rôle central du monarque, des zones d’ombre et de la difficulté de mettre en application certaines mesures peut-on réellement parler d’équilibre des pouvoirs et saluer un texte qui validerait l’aspect démocratique de cette monarchie, mettant en avant son caractère constitutionnel ?
A l’aune de ce que nous avons vécu dans le monde arabe, les manifestants marocains peuvent-ils se satisfaire d’annonces peu précises et présentées comme le parachèvement d’un processus démocratique engagé de longue date ?
Dans sa forme comme dans son contenu, la réforme constitutionnelle proposée s’inscrit dans l’ouverture octroyée par la monarchie, une ouverture dosée et contrôlée. Mais si dans les années 1990, cette ouverture paraissait enviable dans un monde arabe immobile, elle paraît aujourd’hui bien en deçà des exigences d’une rue qui a compris que les libertés et l’Etat de droit s’arrachent dans une négociation entre une société civile, aujourd’hui très puissante, et un pouvoir qui peine à donner un souffle nouveau à un mode de gouvernance vieilli et décalé dans le contexte arabe.
Khadija Mohsen-Finan
Politologue. Université de Paris VIII

Un email qui prouve que le site Maghreb Intelligence est une créature de la DGED

La DGED, les services d’espionnage du Maroc, a bien pris le soin de se déployer sur la scène médiatique africaine avec, dans ses visées, plusieurs buts :

- Se faire du chemin pour le retour au sein de l’organisation panafricaine, l’UA.
- Dénigrer le Front Polisario au niveau de son plus grand allié, le continent africain
- Présenter le Maroc comme puissance régionale capable d’assurer un rôle décisif dans la lutte contre le terrorisme, en particulier au Sahel, zone de grande instabilité.
- S’en prendre à l’Algérie et à la Mauritanie.

Dans son offensive médiatique africaine, la DGED a établi son quartier général avancé au Sénégal, Burkina Fasso et en Côte-d’Ivoire, les alliés historiques du Maroc téléguidés par la France.

Parmi les sites les plus importants :

Leurs informations « confidentielles » venaient directement des officines de Yassine Mansouri à Rabat.

Dans ce courrier, le site Maghreb Intelligence prévient Mourad El Ghoul, le chef de cabinet de Mansouri, le directeur général de la DGED, d’un accord conclu avec le site français Courrier International.

Source : Maroc Leaks

Maroc : Le Makhzen mis à nu par le mouvement social du Rif

Le président français, Emmanuel Macron, sentant que l’étau se serre sur le coup du roi Mohamed VI, s’est envolé au secours de la monarchie alaouite que Paris protège depuis 1912. C’est lui qui a parlé de la situation au Rif à la place du roi Mohammed VI. Ce qui prouve que le souverain marocain n’a aucun respect ni considération envers son peuple en plus de son incapacité à articuler une phrase correcte devant le personnel de la presse.

par Rédaction

Leur seul crime est de manifester pour revendiquer des droits légitimes tels que le travail pour les jeunes chômeurs, la construction á Al-Hoceima d’une université et d’un hôpital spécialisé dans le traitement du cancer, une maladie très répandue dans la région. Un droit pourtant garanti pour la Constitution de 2011.

Le mouvement du Rif a mis à nu le Makhzen et sa gestion désastreuses des affaires du pays. L’Etat se trouve presque en faillite en raison de la dette extérieure qui accapare 80% du PIB. Le peu d’argent qui reste après avoir payé les dettes est investi dans les besoins des 120.000 soldats qui gardent le mur de la honte au Sahara Occidental et dans la diplomatie de lobbying international visant à imposer le plan d’autonomie makhzénien comme unique solution au contentieux sahraoui.

Les événements du Rif ont révélé la faillite de la politique du palais et l’inefficacité de ses institutions : Un gouvernement qui n’a pas les moyens pour subvenir aux besoins de la population, un parlement symbolique qui ne sert qu’à approuver les décisions du roi, des partis soumis à la volonté du Makhzen, des institutions fantômes, des médias créées entièrement par le pouvoir et consacrés à la défense de leur maître, une presse jaune très médiocre, une justice corrompue et qui n’est que qu’un fouet pour châtier les voix dissidente et des mosquées sous la direction d’Imams désignés et payés par l’Etat pour véhiculer la propagande du régime.

Le roi du Maroc, se sentant vulnérable, se cache derrière le silence, il s’est mis aux abonnés absents. Certains cultivent l’espoir de son intervention pour arrêter la répression tombée sur la population du Rif, alors que c’est lui qui a donné l’ordre de la soumettre à coups de matraques et de sentences des tribunaux. Il a même refusé de recevoir une délégation de personnalités politiques marocaines qui a voulu lui soumettre un projet de solution à la crise rifaine.

A Al Hoceima la violence s’intensifie d’une manière qui rappelle les événements du 20 juin 1981, où les manifestants ont été massacrés sous les tirs des hélicoptères de Hassan II. Le Hirak a convoqué une manifestation le 20 juin pour commémorer cette macabre anecdote.

La campagne de diabolisation de la protestation rifaine s’est révélée inutile puisque les manifestants ont décidé de continuer leurs sorties journalières et d’autres villes du Maroc se sont ralliés au mouvement. A Tata et Tiznit, il y a des appels à manifester contre la fuite d’or maquillé en argent vers les Emirats Arabes Unis.

Le président français, Emmanuel Macron, sentant que l’étau se serre sur le coup du roi Mohamed VI, s’est envolé au secours de la monarchie alaouite que Paris protège depuis 1912. C’est lui qui a parlé de la situation au Rif à la place du roi Mohammed VI. Ce qui prouve que le souverain marocain n’a aucun respect ni considération envers son peuple en plus de son incapacité à articuler une phrase correcte devant le personnel de la presse.

Source : Maroc Leaks

Tags : Maroc, Rif, Hirak, France, Makhzen, Sahara Occidental

Espagne : L’imam d’une mosquée fournissait du haschich au plus grand réseau de trafic de la région

Une opération conjointe de la Garde civile et de la police s’est soldé avec onze détenus, six d’entre eux dans la ville, et la saisie de 125 kilos de hachich. L’organisation expédiait la drogue depuis le Maroc cachée dans des véhicules à travers l’autoroute de La Plata, A-66, qui depuis longtemps est devenue la route principale de distribution du haschich provenant du Maroc, avec le port d’Algésiras comme point d’entrée.

Selon le journal galicien El Progreso, l’imam de la mosquée de La Corogne dirigeait le plus grand réseau de traficants de haschich et sa distribution dans la région de Lugo.

Le haschisch saisi est de très bonne qualité. Les 125 kilos saisis pourraient être vendus dans la rue à plus de 700.000 euros.

Pour rappel, les imams des mosquées sont désignés par le gouvernement marocain et constituent l’une des voies principales de Rabat pour véhiculer sa politique dans la communauté marocaine établie en Europe.

Source : Maroc Leaks

Cheikh Gadio vole au secours du Makhzen en pleine tourmente du Printemps Arabe

Si quelqu’un pense que les liens qui lient les responsables marocains avec ceux du Sénégal sont bâties sur des bases nobles ou des principes, il se trompe sur toute la ligne.

Les responsables de Dakar n’écoutent que les appels de leurs poches. C’est la raison qui a poussé le président Macky Sall à envoyer les enfants du Sénégal mourir pour une cause qui n’est pas la leur au Yémen. Cela va aussi pour la coupure des relations avec le Qatar. Le Sénégal obéit ses maîtres les Saoudiens. Il y a longtemps que les marocains ont bien compris cette vérité et ils savent l’exploiter à fond.

Cheikh Tidiane Gadio fait partie de ces mercenaires sénégalais prêts à vendre leur âme pour quelques sous. En pleine tourmente du Printemps Arabe, les sujets dy roi Mohammed VI avaient peur pour leur régime et ils ont fait recours à Gadio pour qu’il vole à leur secours en faisant preuve de ses qualités de grand thuriféraire et lèche-bottes indigne.



Source : Maroc Leaks

Les sénégalais, la honte de l’Afrique

Alors que le peuple du Rif crève la dalle et il est sauvagement torturé, emprisonné et malmené par les autorités marocaines pour avoir osé revendiquer des droits légitimes à une vie honorable, à un enseignement digne, le roi Mohammed VI n’hésite pas à donner des dizaines de millions de dollars aux sénégalais pour s’assurer leur soutien dans la question du Sahara Occidental.

Les responsables sénégalais ont une fâcheuse habitude : celle de tendre la main pour quémander des miettes surtout avec les Marocains qu’ils savent en sale besogne pour mater du sahraoui comme ils mattent du rifain.

Dans ce cas, il s’agit de Cheikh Tidiane Gadio, président du Mouvement Politique Citoyen et ancien Ministre sénégalais des affaires étrangères et ancien envoyé spécial de l’OCI pour la Centrafrique et il se trouve à la tête d’un Think Tank, Institut Panafricain des Stratégies (IPS).

Malgré les nombreux titres qu’il cummule, Gadio porte avec lui la honte du peuple sénégalais, à l’instar de Mankeur Ndiaye qui se rend annuellement au siège de l’ambassade du Maroc à Dakar pour demander l’argent de trois billets de pèlerinage à La Mecque « pour des membres de sa famille ».

Ils connaissent le point faible du roi du Maroc : le Sahara Occidental et ils n’hésitent pas à lui souttirer de l’argent comptant et trébuchant sous promesse de lui aider à coloniser définitivement l’ancienne colonie espagnole.

L’argent marocain destiné aux poches des responsables sénégalais est un tabou qu’il dissimulent sous prétexte de la nature du Maroc de « grand allié » du Sénégal.

Dans ce mail, Gadio se met à genou devant les marocains pour demander des billets d’avion pour un déplacement à Paris.

Source : Maroc Leaks

Rif : tirer les leçons de l'histoire

Le Matindz, 7/06/2017

Le Rif, qui a été dans les années 1920 le précurseur du mouvement(1) de libération des peuples colonisés, se retrouve aujourd'hui dans la même situation d'il y a un siècle : un Rif marginalisé dans un Maroc triplement colonisé :


Par la dynastie chérifienne inféodée à l'arabo-islamo-wahhabisme sur les plans politiques, culturels et financiers,

Par l’occupation d'une partie de son territoire par l'Espagne (Ceuta et Mellila), constituant aujourd'hui les dernières possessions coloniales européennes en Afrique,

Par la main-mise financière du lobby de la ''France-Afrique'', qui lui assure une forme de protection… comme au temps du protectorat français du Maréchal Lyautey !

Dans ce magma politico-financier et religieux, le Rif paie le prix de sa volonté d'émancipation et d'autonomie depuis des siècles (il n'a jamais accepté le pouvoir des sultans et s'était toujours défendu, par les armes, contre les troupes des sultans).

Pourtant, lors de la guerre du Rif (1920 – 1926) contre l'occupation espagnole et française, puis l'instauration de la République du Rif, les Rifains avaient, dès 1925, engagé un déploiement militaire coordonné de libération de tout le Maroc. La coalition Espagne-France avec la complicité du sultan Moulay Youcef avait mis en échec cette initiative de libération. En plus de la levée par le sultan des troupes harkis à côté de l'armée française et espagnole, la religion avait été fortement utilisée pour combattre les Rifains.

Le sultan et ses cheikhs faisaient des prêches dans les mosquées et sur les marchés pour combattre les … ''envahisseurs rifains'' (el djouhalla du Rif'') !

Lors de l'accession à l'indépendance du Maroc en 1956, le Rif, qui était alors solidaire de la guerre de libération algérienne et de la volonté de libération de toute l'Afrique du Nord, n'avait pas accepté la cessation unilatéral du combat par le Maroc et la prise du pouvoir par les Alaouites.

On connaît la suite : la première sortie de l'armée marocaine en 1958, à sa tête Hassan II et le général Oufkir, c'était pour raser des villages rifains et causer des milliers de morts (les spécialistes parlent de 5000 à 10000 morts civils).

Depuis, le Rif a été volontairement marginalisé, surveillé et offert aux fonctionnaires véreux, avec pour mission de mater les Rifains, et aux trafiquants de kif.

Ce qui se passe aujourd'hui est l'addition de toutes ces injustices, de toutes les répressions et de la volonté de bloquer l'émergence du Maroc réel, nord-africain, dans lequel le Rif est une partie indissociable.

Les quelques initiatives de désenclavement du Rif, prises depuis la prise du pouvoir par Mohammed VI, ne sont que de la tactique, des cache-misères pour étouffer des revendications inéluctables.

Nul ne peut s'opposer à la volonté d'émancipation des peuples, et le Rif, malgré les difficultés d'émergence d'un mouvement unitaire, est capable de faire avancer l'histoire, avec tous les Marocains, vers la fin des archaïsmes politico-religieux et suivre la voie du développement dans une Afrique du Nord solidaire.

Ce n'est pas la voie choisie aujourd'hui par le Makhzen... Pire, le pouvoir de Rabat exploite les différences régionales (2) pour instaurer son ordre et se positionner en arbitre. La même recette utilisée jadis par ses ancêtres Alaouites ! La chute n'en sera que plus brutale...


Aumer U Lamara, écrivain
Auteur de l'ouvrage en tamazight : ''Muhend Abdelkrim, di Dewla n Ripublik (Du temps de la République du Rif, 1920-1926)", éditions L'Harmattan, Paris, 2012.

Notes :

(1) De 1920 à 1926, les Rifains (à leur tête Muhend Abdelkrim el Khettabi) ont affronté et battu les armées espagnoles et françaises sur plusieurs champs de bataille, créé la République du Rif, avant d'échouer devant la coalition des forces européennes disproportionnées et de la manipulation de la religion par les cheikhs.

(2) Aujourd'hui, le pouvoir de Rabat fait venir au Rif des troupes de répression depuis Agadir et Marrakech ou d'ailleurs pour mater les Rifains. Recette bien connue du ''diviser pour continuer de régner'' en faisant massacrer des Amazighs par d'autres Amazighs.

“Esta embajada esta ensangrentada”



AL.- “Esta embajada esta ensangrentada”. El grito se oyó con más fuerza que nunca; la concentración para pedir la libertad de los presos políticos saharauis no se pudo hacer frente a la legación diplomática de Marruecos y, por segunda vez, fue apartada del lugar donde se ha realizado hasta ahora por disposición de la Delegación del Gobierno.

El 8 de junio, a las 18.30 horas, integrantes del movimiento solidario y saharauis residentes en Madrid se reunieron para denunciar, una vez más, la situación de los 24 presos de Gdeim Izik: llevan ya seis años encarcelados y desde el 26 de diciembre de 2016 están siendo juzgados por segunda vez, cerca de Rabat, después de haber sido anulado el juicio militar por el que fueron condenados en 2013 a penas de 20 años de cárcel a cadena perpetua.

Quisieron llamar la atención de la opinión pública, de los políticos y de los medios de comunicación, ante el silencio que habitualmente mantienen sobre un conflicto que se inició a finales de 1975 cuando España abandonó el Sáhara Occidental sin proceder a su descolonización como estableció la ONUy el territorio fue invadido por el ejército marroquí, que bombardeó con napalm y fosforo blanco a la población civil que huía por el desierto, causó miles de muertos y desaparecidos e hizo centenares de prisioneros.

Los gritos de los manifestantes fueron dirigidos, especialmente, contra el régimen de Marruecos, que impide los derechos de los saharauis que viven en los territorios ocupados, a los que persigue y niega el referéndum de autodeterminación que se comprometió realizar.

Los concentrados gritaron “¿donde están los derechos humanos?” para reclamar la libertad de los presos políticos saharauis, en especial la de los 24 que integran el grupo de Gdeim Izik, que desde hace días se niegan a estar en la sala del juicio por considerar que es una farsa; sus letrados renunciaron y son defendidos por abogados de oficio.

Gritaron a viva voz, pero alejados de la embajada: lo tuvieron que hacer frente al número 173 de la calle de Serrano y no el 179, donde se encuentra la sede diplomática. Se repitió la medida del 18 de mayo, cuando fueron desplazados desde el número 175, frente al que celebraron las ultimas concentraciones, como la del 13 de marzo, a pesar de que la Coordinadora Estatal de Asociaciones Solidarias con el Sáhara (CEAS-SÁHARA) siempre solicita como lugar de manifestación justo enfrente de la embajada.

Los manifestantes arreciaron sus voces para superarar la distancia y que se oyeran por encima del ruido de los coches que no paraban de pasar; al grito de “esta embajada esta ensangrentada” siguieron otros como “Marruecos asesina, España patrocina”, “Marruecos culpable, España responsable” y “Sáhara libertad, Polisario vencerá”.

Los medios de comunicación en esta ocasión tampoco se hicieron eco de la protesta.

Rif : Les barons de la drogue ne veulent pas d'une économie alternative et légale

Hocine Smaali



Rachid RAHA est président de l’Assemblée Mondiale Amazigh (AMA), basée à Bruxelles, membre fondateur et ex-président du Congrès Mondial Amazigh, président de la Fondation « MONTGOMERY HART » des Etudes Amazighs de Melilla et également co-gérant des éditions Amazigh qui édite le journal « Le Monde Amazigh ». Dans l’entretien qui suit, il nous livre son analyse de la situation prévalant dans le Rif Marocain, les préoccupations de cette région frondeuse et les solutions de sortie de cette crise qui hante le royaume chérifien.

Comment évaluez-vous la situation actuellement à El Hoceima, en particulier et dans le Rif marocain en général ?
La situation est vraiment préoccupante et dangereuse du fait que les autorités marocaines ont opté pour une stratégie sécuritaire et ils ont répondu de manière répressive, en détenant, en torturant et en mettant en prison les leaders de la contestation rifaine et à leur tête Nacer Zefzafi. Ce n’est pas par des mesures répressives qu’on pourrait répondre aux revendications socioéconomiques légitimes des populations civiles qui ne cessent de se manifester pacifiquement depuis l’injuste assassinat du vendeur de poissons Mohcine Fikri le 28 octobre dernier, jeté dans un camion d’ordures. L’élan de solidarité des Rifains avec leurs frères et sœurs d’Al Hoceima est extraordinaire, ce qui a touché presque toutes les grandes et petites villes du Rif amazighophone. Cet élan de solidarité, on ne l’avait pas vu depuis le tragique séisme d’Al Hoceima qui a eu lieu le 24 février 2004.

Selon vous, que se passe-t-il réellement ?
En réalité, ces manifestations de masse qui mobilisent toute la jeunesse amazighe rifaine y compris celle résidente dans les différents pays européens, expriment le ras-le-bol de profonds problèmes de développement régional qui se sont accumulés et que les autorités et les pouvoirs publics, au lieu de les régler pour sortir cette région septentrionale de l’enclavement, ils les ont aggravés du fait de la corruption généralisée. Une corruption qui se manifeste par la falsification des différentes élections locales, législatives et régionales en faveur d’un parti administratif, en l’occurrence le PAM, qu’un des conseillers du roi voudrait imposer à la volonté populaire, avec la complicité d’un personnage rifain, connu pour ses liaisons étroites avec les barons de trafic de drogue, que l’ancien président du gouvernement, Abdelillah Benkirane, Hamid Chabat, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal et l’ancien porte-parole du palais, Hassan Aourid, avaient publiquement dénoncé ces dites liaisons. Ces barons de drogue ne veulent pas qu’il y ait une économie alternative et légale dans la région qui pourraient nuire leurs mesquins et individualistes intérêts. Et à travers cet artificiel parti qui tombe de la capitale, ils ont imposé à l’encontre de la volonté de toutes les formations politiques présentes dans la région et des acteurs de la société civile, un découpage régional de cette région historique du Rif en la découpant en trois morceaux : la province d’Al Hoceima rattachée à la région de Tanger-Tetouan, la province de Nador à celle de la région de l’est et la confédération des Gueznaya à celle de Fès-Meknès, dans le but manifeste de porter atteinte à l’identité amazighe de la région, de diviser encore plus les tribus amazighes et de renforcer l’arabisation …A l image des procédures de la mafia napolitaine, les partisans du PAM ont utilisé l’argent illicite, des menaces de diligenter des dossiers juridiques artificiels, du chantage et des extorsions afin d’obliger les gens à voter en leur faveur et les agents du Makhzen, les aidaient ouvertement en falsifiant toutes les échéances électorales, à tel point que toutes les représentations institutionnelles, d’une simple commune rurale jusqu’à la présidence de la région, en passant par les mairies des petites et grandes villes ainsi que les conseils provinciaux se trouvent aux mains de leurs élus. Lorsque la jeunesse de « Harrak du Rif » commence à protester contre le manque d’infrastructures, les malversations, contre les projets inachevés, contre le manque d’hôpitaux spécialisés, de centres universitaires… et contre un taux de chômage des jeunes exagéré, ces soi-disant élus étaient incapables de répondre à ces revendications. De même, les responsables gouvernementaux dont ceux du ministère de l’Intérieur n’ont pas trouvé d’interlocuteurs viables pour entamer un dialogue avec les protestataires des masses populaires et l’Etat. Et comme une fuite en avant, on nous ressort de nouveau l’absurde accusation de traiter les Rifains de séparatistes, comme cela s’est produit en quelque sorte avec les Mozabites chez vous !

Que pensez-vous de l’arrestation de Nasser Zafzafi?
Nasser Zafzafi, un jeune rifain sans emploi, est devenu un leader incontestable parce qu’il a su parler directement aux masses et transmettre sur la scène publique et à travers les réseaux sociaux, leurs préoccupations, leurs critiques et leurs revendications, chose que les partis politiques marocains, s’inspirant encore de l’idéologie obsolète de ‘nationalisme arabe’, n’arrivent plus à faire. Et le secret réside dans le fait d’utiliser la langue de terroir, la langue amazighe et parfois la darija… Alors son arrestation est truffée d’irrégularités et d’illégalité, incompréhensible après la manifestation historique de 18 mai et surtout après que le gouvernement marocain reconnaisse son tort de traiter les citoyennes et citoyens rifains de séparatistes. Ladite arrestation musclée après l’incident de la prière de vendredi 26 mai où le ministère des Affaires religieuses a jeté de l’huile sur le feu en attaquant un mouvement populaire pacifiste et responsable, n’a fait que tache d’huile, encourageant les citoyens marocains à se manifester un peu partout, comme à l’époque du printemps démocratique des peuples du 20 Février.

Après cette arrestation, le mouvement va-t-il s’essouffler?
Tout à fait au contraire, le mouvement s’est amplifié d’une façon extraordinaire et touche presque tous les villages et villes rifaines et toutes les régions du Maroc. Il est devenu l’actualité vivante de ce mois de Ramadhan, suivie par toutes les chaînes internationales…

Que préconise le Congrès Mondial Amazigh pour le règlement de cette crise?
Comme vous devriez le savoir, on a changé le nom de Congrès Mondial Amazigh, en respectant fidèlement sa dénomination originelle et en amazigh qui est «Agraw Amadlan Amazigh». Désormais, depuis son congrès général de Bruxelles en 2011, on le nomme Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) et qui n’a rien à voir avec certaines personnes qui malheureusement usurpent encore l’ancienne appellation et qui sont à la solde manifeste des services marocains… L’Assemblée Mondiale Amazighe, légitime et autonome, a protesté énergiquement contre l’approche sécuritaire que l’Etat marocain a adoptée, en procédant à l’arrestation illégale de plusieurs activistes de la contestation publique, comme s’il s’agit de terroristes ou de séparatistes. L’AMA endosse aux autorités marocaines la responsabilité entière quant à toutes évolutions potentielles qui surviendraient dans la région en raison de son approche sécuritaire excessive contre des jeunes et à leur tête Nasser Zefzafi, qui n’ont fait que réclamer des revendications légitimes du peuple, des revendications fondées sur les pactes internationaux des Droits de l’Homme et des Peuples. Dans un communiqué récent, la responsable de l’AMA au Maroc, Mme. Amina Ibnou-Cheikh, a appelé ouvertement, du fait de l’impuissance de nouveau gouvernement à régler ce problème, avant qu’il dégénère en une rupture entre le peuple et les institutions, à la constitution d’une commission royale composée de personnalités nationales neutres, non partisanes et propres qui gérera le dialogue et servira d’intermédiaire entre l’Etat et les contestataires, en exigeant, avant tout type de dialogue, leur libération immédiate et l’arrêt de toute poursuite judiciaire.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Oui. Pour moi et pour tous les membres de notre ONG, l’AMA, la meilleure solution de sortir de l’impasse et pour que des événements comme ceux-ci ne se répètent, et si vraiment l’Etat marocain voudrait se réconcilier avec la région rebelle du Rif, c’est de la doter d’un statut d’autonomie politique, comme il est stipulé dans l’article 3 de la « Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones », sans porter atteinte aux frontières nationales, en respectant l’article 46 de ladite déclaration. L’Etat marocain a initié l’application du projet de régionalisation élargie et a organisé des élections en septembre 2015 pour désigner les présidents de région. Ce projet de régionalisation a été conçu en dehors des critères reconnus au niveau international et se base sur des critères sécuritaires et électoraux et répondait à un nouveau découpage au niveau administratif du territoire. Les résultats de ces élections régionales ont ramené des présidents de région qui rempilent et émanant du propre centre de pouvoir, choisis à la main. Ce nouveau projet de régionalisation ne se base aucunement sur l’élection au suffrage universel du président et des représentants du parlement régional et ne respectent pas les critères internationaux, en conformité avec le projet des Amazighes contenu dans notre «Manifeste de Tamazgha pour une confédération démocratique, sociale et transfrontalière, basée sur le droit à l’autonomie des régions», que l’Assemblée Mondiale Amazighe a adopté lors de son septième congrès à Tiznit en novembre 2013 (www.amadalpresse.com/fr/?p=327).

Pour conclure?
J’ai la certitude que toute la jeunesse amazighe vit un «nouveau printemps démocratique des peuples», envers laquelle je salue vivement son courage, sa détermination et son implication active sur le terrain, un printemps amazighe qui n’est plus circonscrit dans le temps qu’à la Grande Kabylie, sinon il s’est étalé dans tout notre espace de Tamazgha. Les actuelles informations qui émanent d’Afrique du Nord, que ce soit les contestations au Rif marocain, au Mzab et en Kabylie algériens, à Tataouine en Tunisie, à Azawad au sud-ouest libyen, …ses auteurs sont des hommes et femmes libres de Tamazgha…qui aspirent à plus de démocratie et à plus de partage de richesses naturelles et à plus d’échanges économiques entre nos Etats et à la libre circulation des capitaux et des personnes. Tudert i tamazight, tudert i Tamazgha, tudert i Imazighen. Et Tanemirt.

Le Rif d’AL Khatabi à Zefzafi

par Hocine Smaâli



Depuis le déclenchement des événements du Rif, les protestataires portent à bras le corps le drapeau du Rif et le portrait Abd El-Krim Al Khattabi, leader historique de cette région rebelle, qui avait proclamé en 1922, la République confédérée des Tribus du Rif, un embryon d’Etat berbère. Cette République eut un impact crucial sur l’opinion internationale, car ce fut la première République issue d’une guerre de décolonisation au XXe siècle. Il créa un parlement constitué des chefs de tribus qui lui vota un gouvernement. 

Décidément, la relation entre la monarchie marocaine et son Rif est historiquement houleuse et remonte à une lointaine histoire. Après la deuxième guerre mondiale et l’évolution des idées nationalistes et des mouvements indépendants, un groupe armé s’est fondé par les résistants rifains sous le nom de « l’armée de la libération » en menant des opérations armées contre la colonisation étrangère. Un mouvement dirigé par Abbas Lamsaadi et ce, pendant que les Marocains du parti de l’indépendance (Istiqlal) et d’autres qui ont été parmi les membres du mouvement national, étaient contre l’armée de la libération et préféraient les négociations avec les colons. El Mehdi Ben Berka n’a cessé de demander à maintes fois à Abbas Lamsaadi d’arrêter les opérations armées. Ce dernier a réservé un niet à cette demande en continuant la résistance armée contre les colons. Une position qui coûta la vie à Abbas Lamsaadi, assassiné le 28 juin 1956 par trois individus à Ain Aïcha, dans la province de Taounate. En août 1955, les membres du mouvement national marocain négociaient le traité d’Aix-les-Bains pour arriver vers un pouvoir supervisé par la France coloniale et annoncer une indépendance fictive.

Le Rif dans ce contexte a été saigné à blanc par l’Histoire et a payé un lourd tribut vis-à-vis de la monarchie. Le Roi Mohamed V a réprimé dans le sang le soulèvement rifain de 1958, deux années après cette indépendance. Cette dernière est obtenue auprès des Français, mais toujours pas auprès des Espagnols qui contrôlaient alors encore le Rif et le Sahara Occidental. Une période d’incertitude et de tensions autonomistes rifaines qui déboucha sur la terrible et sanglante mise au pas de 1958. 

Le 11 novembre 1958, Mohamed El-Hadji Sellam Ameziane, du PDI, et deux autres membres des Beni Ouriaghel, Abdel Sadaq Khattabi et le fils de Abdelkrim al-Khattabi, Rachid, ont présenté un programme en 18 points pour le Rif au Roi Mohammed V ; ce programme compte des préoccupations des Rifains, allant de l’évacuation des troupes étrangères du Rif, au retour d’Abdelkrim al-Khattabi chez lui au Rif, la création d’emplois, la représentation politique et les réductions d’impôts. Avant la présentation de ce programme au roi, la révolte du Rif avait déjà commencé depuis presque trois semaines. La réponse de la monarchie était une campagne de liquidation collective contre les Rifains qui n’ont pas accepté les nouvelles conditions politiques et sociales du nouveau système colonial. 

C’est dans ce contexte des années 1958/1959 que les soulèvements des Rifains sont noyés dans le sang par Hassan II, qui avant d’être officiellement désigné prince héritier en 1957, a hérite du titre de chef d’état-major de toute la jeune armée royale créée en 1956. C’était donc à lui que échoue de mater le soulèvement du Rif en compagnie de Mohamed Oufkir, un ancien de l’armée française. La répression a été terrible et Oufkir était taxé de « boucher du Rif » et le prince Hassan, alors âgé de vingt-neuf ans, comme le garçon boucher, initié au métier. A la fin de janvier 1959, le soulèvement a été réprimé par une force militaire composée de près de 30.000 hommes faisant plus de 8.000 morts rifains, selon les historiens. 

Après la fin du soulèvement, réprimé dans le sang, le Rif a été soumis à un régime militaire et subi la marginalisation par les autorités marocaines au cours des quatre décennies suivantes. Les Rifains étaient contraints à l’immigration vers les pays de l’Europe occidentale depuis le début des années soixante. L’histoire se répéta encore une seconde fois, le 19 janvier 1984, les habitants du Rif se soulevaient aussi contre l’injustice du régime Hassan II. C’était d’abord à Al-Hoceima quand les élèves manifestaient contre l’augmentation des frais de l’inscription et de scolarité, puis à Nador où les activités économiques irrégulières sont menacées par les décisions du roi. C’est pour cela d’ailleurs qu’on l’appelle « soulèvement de la faim », la situation socioéconomique du Royaume était désastreuse, avec l’entrée du Fonds monétaire international et la Banque mondiale qui ont imposé les programmes d’ajustement structurel (PAS). La dette extérieure du Maroc était évaluée alors à 7.000 millions de dollars, s’ensuivront ensuite les augmentations des prix des denrées alimentaires de consommation de première nécessité. Les manifestations ont commencé par des grèves observées à Al-Hoceima, mais la violence avec laquelle les autorités les ont affrontés, a poussé les établissements de Nador à se solidariser avec leurs voisins. 

Le 22 janvier de la même année, Hassan II traitait les manifestants d’ « apache » et de « contrebandier ». El Telegrama de Mellilia avait publié, le 24 janvier, la photo d’un hélicoptère tirant sur des manifestants en donnant le nombre de 40 morts à Nador, d’autres journaux espagnols lui emboîtant le pas avancent le chiffre de 400 morts sur tout le territoire marocain. Les dégâts, selon un décompte officiel présenté le 25 janvier par le Premier ministre de l’époque, faisaient état de 7 véhicules privés calcinés et l’endommagement de plus de 20 autres, l’incendie d’un camion des forces de l’ordre et des incendies venant à bout de 11 bâtiments et de six écoles ainsi que d’autres locaux. Ces événements avaient coûté la vie à 16 personnes et fait 37 blessés dont 5 des membres des forces de l’ordre, selon toujours le Premier ministre de l’époque. Un bilan loin de la réalité de la répression mise en branle par Hassan II, des organisations marocaines et étrangères de droits humains ont même relevé l’existence même de fosses communes, localisées dans la caserne militaire de Taouima. 

A cela s’ajoutent les sévices subis par les prisonniers dans le tristement célèbre pénitencier Tazmamart. L’instance équité et réconciliation, mise en place après l’intronisation de Mohamed VI, qui succède à Hassan II, a tenté d’en finir avec ce dossier du Rif, après avoir découvert un charnier dans la caserne de la protection civile le 28 avril 2008 et récupéré 16 corps. L’Instance a déclaré que le cimetière a appartenu aux victimes des événements de 1984 et c’est le cimetière dont parle l’opinion publique sur la base qu’il existe. 

Ce qui vit le Rif Marocain actuellement n’est donc qu’une suite logique des événements historiques du Royaume qui a marginalisé et puni sciemment cette région. Pour Pierre Vermeren, chercheur de l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, « le roi Hassan II a volontairement maintenu le Rif dans la pauvreté et le dénuement durant des décennies pour punir ses habitants pour leur attitude de défiance à l’égard de la monarchie marocaine». «Ce qui se passe actuellement dans le Rif est dû en grande partie à la responsabilité de Hassan II», estime encore l’auteur de «Le Maroc de Mohammed VI. La transition inachevée» dans un entretien accordé, mardi dernier, au quotidien français Libération. Se voulant plus détaillé, le spécialiste du Maroc rappelle qu’après «la révolte du Rif de 1958-1959 et sa répression extrêmement brutale, le roi a puni la région pour avoir osé se soulever contre l’Etat marocain. Il ne s’y est pas rendu une seule fois, il ne lui a consacré aucun investissement. La seule porte de sortie, c’était la culture du kif dont le privilège avait été accordé par le père de Hassan II aux Rifains». Le mouvement Hrak et son leader incontesté Nasser Zefazafi n’ont fait donc que reprendre le relais de la contestation de ce Rif historiquement marginalisé par le Makhzen.


Alger : manifestation de solidarité des journalistes algériens avec les prisonniers sahraouis de Gdeim Izik

Le Comité des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui (CJASPS) a organisé mercredi un rassemblement de solidarité avec les détenus sahraouis du groupe "Gdim Izik", dont la farse de jugement continue encore cette semaine au tribunal marocain de Sala. 

Le rassemblement a eu lieu au niveau du Centre d'information sahraoui, situé à Didouche Mourad, le mercredi 7 juin à 11 h 30 mns. 

De nombreux journalistes ont participé à cette manifestation de solidarité avec les militants du Camp sahraouie de la dignité et de la liberté.

Le Sahara Occidental, exclu des circonscriptions des français à l'étranger

Selon la presse française, connue pour ses positionnements conditionnés par les programes de la Mamounia et les séjours à Marrakech, Leila Aïchi et M’jid El Guerrab les deux candidats macronistes s’affrontent avec "le Sahara occidental en toile de fond". Une constatation qui est démentie par les publications du Ministère français des Affaires Etrangères dont les cartes des circonscriptions des français à l'étranger n'incluent pas le territoire non autonome du Sahara occidental, ce qui est tout à fait normal... car il "... possède, en vertu de la [charte des Nations unies], un statut séparé et distinct" du Maroc (voir, en particulier, la carte de détail de la 9ème circonscription).

La carte du Maroc avec le territoire du Sahara Occidental n'existe qu'au Maroc et dans les cerveaux des sujets de Mohammed VI dont les pensées ont été dessinées par la propagande noir du Makhzen.




Source : Maroc Leaksh

L'Algérie donne une leçon d'humanité au Makhzen : Migrants Syriens bloqués au Maroc

KAMAL HAMED Publié dans Le Midi Libre le 03 - 06 - 2017


L'affaire des migrants syriens, bloquée à Figuieg au Maroc, a finalement trouvée une issue salutaire pour ces personnes qui souffraient le martyr depuis le 17 avril dernier. En effet l'Algérie vient de décider de les accueillir sur son territoire alors que jusque là ils étaient bloqués. 
L'affaire des migrants syriens, bloquée à Figuieg au Maroc, a finalement trouvée une issue salutaire pour ces personnes qui souffraient le martyr depuis le 17 avril dernier. En effet l'Algérie vient de décider de les accueillir sur son territoire alors que jusque là ils étaient bloqués.
L'annonce a été faite avant-hier jeudi par le porte parole du ministère algérien des Affaires étrangères(MAE), Abdelaziz Benali Cherif. «Le représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Hamdi Boukhari, a été reçu ce jour au ministère des Affaires étrangères où il a été informé de la décision des plus hautes autorités algériennes d'accueillir,
à titre humanitaire, sur son territoire, le groupe de ressortissants syriens, dont une femme enceinte et des enfants, qui se trouve bloqué, depuis le 17 avril dernier à Figuieg en territoire marocain», a indiqué le porte parole du MAE dans une déclaration accordée à l'APS.
Selon cette même source « ce geste humanitaire exceptionnel que l'Algérie consent tient compte de la situation particulièrement difficile dans laquelle se trouve ce groupe et procède de la volonté de l'Algérie d'y mettre un terme en ce mois sacré du Ramadan en accueillant sur son territoire les membres de ce groupe de migrants syriens, d'assurer leur hébergement, de leur prodiguer les soins nécessaires et de leur permettre, si tel est leur souhait, de rejoindre d'autres membres de leurs familles, dans le cadre d'un regroupement familial dans d'autres pays ».
Pour le porte parole du MAE l'Algérie « consent ce geste par devoir de solidarité avec le peuple frère de Syrie dans l'épreuve qu'il traverse ».
Et d'ajouter que « c'est ce même devoir de solidarité qui a conduit l'Algérie à accueillir sur son sol, depuis le début de la crise touchant ce pays frère, plus de quarante mille syriens qui ont bénéficié d'un dispositif leur permettant de jouir de facilités en matière de séjour, de libre circulation, de scolarisation, d'accès aux soins médicaux, au logement et à l'exercice d'activités commerciales ».
Cette attitude louable de l'Algérie met ainsi un terme aux souffrances de ces migrants, mais aussi et surtout à une crise qui a envenimé les relations des deux pays voisins. Car le Maroc , fidèle à ses pratiques de provocations, a accusé l'Algérie d'être à l'origine de cette situation puisque Rabat a estimé que ces migrants voulaient accéder à son territoire à partir de l'Algérie .
Le Maroc a en effet , selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, exprimé sa « profonde préoccupation (...) suite à la tentative de 54 ressortissants syriens, entre le 17 et le 19 avril courant, d'entrer illégalement, à partir de l'Algérie, sur le territoire marocain au niveau de la zone frontalière de la ville de Figuig ».
Pour le ministère marocain des affaires étrangères l'Algérie « doit assumer sa responsabilité politique et morale à l'égard de cette situation ». Rabat a même poussé l'outrecuidance un peu plus loin puisque l'ambassadeur d'Algérie au Maroc a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères. L'Algérie en a fait de même puisque l'ambassadeur du Maroc àAlger a été convoqué au MAE pour lui signifier le rejet total de ces « allégations mensongères » et lui démontrer le caractère « totalement infondé » de ces graves accusations.
Le MAE a pointé du doigt « cette propension des autorités marocaines à surabondamment exploiter des drames humains à des fins de propagande hostile ». En vérité ce sont les autorités marocaines qui voulaient faire entrer illégalement ces migrants en Algérie. Peine perdue puisque les autorités algériennes ont fait avorter cette énième machination.
Notons que tour récemment le haut commissariat aux refugiés de l'Onu a exhorté les deux pays à trouver une solution à ce problème. Une sollicitation qui a trouvé un écho favorable auprès des autorités algériennes et ce au grand soulagement de ces ressortissants syriens .
L'annonce a été faite avant-hier jeudi par le porte parole du ministère algérien des Affaires étrangères(MAE), Abdelaziz Benali Cherif. «Le représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Hamdi Boukhari, a été reçu ce jour au ministère des Affaires étrangères où il a été informé de la décision des plus hautes autorités algériennes d'accueillir,
à titre humanitaire, sur son territoire, le groupe de ressortissants syriens, dont une femme enceinte et des enfants, qui se trouve bloqué, depuis le 17 avril dernier à Figuieg en territoire marocain», a indiqué le porte parole du MAE dans une déclaration accordée à l'APS.
Selon cette même source « ce geste humanitaire exceptionnel que l'Algérie consent tient compte de la situation particulièrement difficile dans laquelle se trouve ce groupe et procède de la volonté de l'Algérie d'y mettre un terme en ce mois sacré du Ramadan en accueillant sur son territoire les membres de ce groupe de migrants syriens, d'assurer leur hébergement, de leur prodiguer les soins nécessaires et de leur permettre, si tel est leur souhait, de rejoindre d'autres membres de leurs familles, dans le cadre d'un regroupement familial dans d'autres pays ».
Pour le porte parole du MAE l'Algérie « consent ce geste par devoir de solidarité avec le peuple frère de Syrie dans l'épreuve qu'il traverse ».
Et d'ajouter que « c'est ce même devoir de solidarité qui a conduit l'Algérie à accueillir sur son sol, depuis le début de la crise touchant ce pays frère, plus de quarante mille syriens qui ont bénéficié d'un dispositif leur permettant de jouir de facilités en matière de séjour, de libre circulation, de scolarisation, d'accès aux soins médicaux, au logement et à l'exercice d'activités commerciales ».
Cette attitude louable de l'Algérie met ainsi un terme aux souffrances de ces migrants, mais aussi et surtout à une crise qui a envenimé les relations des deux pays voisins. Car le Maroc , fidèle à ses pratiques de provocations, a accusé l'Algérie d'être à l'origine de cette situation puisque Rabat a estimé que ces migrants voulaient accéder à son territoire à partir de l'Algérie .
Le Maroc a en effet , selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, exprimé sa « profonde préoccupation (...) suite à la tentative de 54 ressortissants syriens, entre le 17 et le 19 avril courant, d'entrer illégalement, à partir de l'Algérie, sur le territoire marocain au niveau de la zone frontalière de la ville de Figuig ».
Pour le ministère marocain des affaires étrangères l'Algérie « doit assumer sa responsabilité politique et morale à l'égard de cette situation ». Rabat a même poussé l'outrecuidance un peu plus loin puisque l'ambassadeur d'Algérie au Maroc a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères. L'Algérie en a fait de même puisque l'ambassadeur du Maroc àAlger a été convoqué au MAE pour lui signifier le rejet total de ces « allégations mensongères » et lui démontrer le caractère « totalement infondé » de ces graves accusations.
Le MAE a pointé du doigt « cette propension des autorités marocaines à surabondamment exploiter des drames humains à des fins de propagande hostile ». En vérité ce sont les autorités marocaines qui voulaient faire entrer illégalement ces migrants en Algérie. Peine perdue puisque les autorités algériennes ont fait avorter cette énième machination.
Notons que tour récemment le haut commissariat aux refugiés de l'Onu a exhorté les deux pays à trouver une solution à ce problème. Une sollicitation qui a trouvé un écho favorable auprès des autorités algériennes et ce au grand soulagement de ces ressortissants syriens .

Les médias français ferment les yeux sur la répression au Maroc et veillent sur le trône

Le soulèvement populaire dans le Rif et la répression féroce que lui oppose le régime de Mohammed VI sont un sujet qui occupe les unes des médias internationaux, sauf en France, où on constate que les médias ne semblent pas s’investir pleinement dans leur mission d’informer à ce sujet, donnant l’impression d’opérer un black-out sur le soulèvement rifain. Donneurs de leçons lors de la lutte contre le terrorisme qu’a livrée l’Algérie seule, les médias français, qui ouvraient systématiquement leurs journaux télévisés sur les événements terroristes en Algérie, semblent chercher des compromis dans la crise rifaine pour sauvegarder une monarchie où tout Français, quels que soient son statut et sa catégorie sociale, est traité en privilégié, au nom d’un protectionnisme historique.

En effet, les événements du Rif ne font pas les choux gras de la presse française et des plateaux de télévision de l’Hexagone, non parce que le sujet n’est pas intéressant, dès lors que les Marocains constituent une communauté importante en France, mais parce que les intérêts trop étroits entre Paris et Rabat semblent imposer la discrétion médiatique française à ce sujet.

Les titres des articles et reportages télévisés consacrés à la contestation dans le Rif marocain témoignent de la vigilance, voire d’orientations précises données aux médias français dans le traitement de ce sujet, à l’instar de TV5Monde, une chaîne très regardée dans la région du Maghreb, qui titre : «Au Maroc, le Rif ne décolère pas», ou encore du Figaro qui écrit : «Dans le Rif marocain, la colère ne s'éteint pas». Dans ces deux reportages, on focalise sur les revendications socioéconomiques pour suggérer que le mouvement ne pose pas un problème fondamentalement politique. C’est à peine si ces médias évoquent le caractère frondeur de cette région du Maroc déshéritée en raison de son irrédentisme et de son aversion au régime monarchiste. Ce sont des aspects que la presse française fait mine d’occulter pour ne pas provoquer le courroux de sa majesté le roi.

Lorsque des médias français osent poser les vraies questions que soulève la protestation populaire rifaine, c’est pour y répondre à la place des concernés eux-mêmes. Tel est le cas de cet article de RFI daté du 31 mai, dans lequel le média français s’interroge : «Maroc : d'où vient le mouvement Hirak qui proteste à Al-Hoceïma ?» Au lieu d’interroger les concernés, le média s’empresse de répondre à leur place : «Les protestataires se défendent, par ailleurs, des accusations qui émanent des voix officielles, accusant le mouvement de cette région berbérophone d’être financé par l’étranger ou encore d’avoir des vues séparatistes par rapport au pouvoir central.» L’article ne cite pas qui se défend de ces accusations, alors que le mouvement de protestation au Rif semble avoir atteint un point de non-retour et que la région qui fait appel à son passé rebelle et libre cherche sa voie pour sortir du régime carcéral que lui impose la monarchie alaouite.

Ramdane Yacine

Algérie Patriotique, 5 juin 2017

Les qualificatifs donnés par Hassan II aux rifains et aux sahraouis


En 1975, lorsque Hassan II a conspiré avec la France et le gouvernement fasciste de transition de Madrid, il a appelé les sahraouis, des "mercenaires".

En 1981, lors de la "Révolte du Pain", Hassan II, dans un état hystérique, les appellent "racaille" et menace de les exterminer comme il l'a fait n 1959m avec des bombres de phospore et du napalm.

Ce sont deux points communs aux sahraouis et aux rifains : Tous les deux ont été "rebaptisés" par le roi le plus sanguinaire de l'histoire du Maroc. 

Les sahraouis n'ont jamais utilisé ni utiliseront le mot "racaille" pour appeler le peuple du Rif. Au contraire, il a toujours admiré et respecté le courage des rifains dans leur combat contre la dictature fasso-alaouite. Cependant, les rifains n'hésitent pas à decrire les sahraouis de mercenaires. C'est le résultat d'un intense travail de propagande et de désinformation menée par les services du palais.

La question sahraouie est utilisée par toutes les parties marocaines pour obtenidr un dividende pour soi. Les rifains, pour vendre leur résistence et acheter la paix du Makhzen, s'attaquent aux sahraouis. Le palais, pour s'attaquer aux rifains, ils les traite de séparatistes.

Parmi toutes les accusations balancées par le régime, une seule a été gardée: Celle du financement de la mouvance rifaine par le Polisario.

"Les détenus d'Al Hoceima ont reçu des fonds du Polisario" titre en grand la une d'Assabah, l'un des porte-voix des services de répression. 

"Si le polisario peut inspirer/manigancer un mouvement aussi mûr et mobilisateur que celui du Rif alors l'Etat marocain est un Etat FAILLI", lui réponde Aboubakr Jamai.

Maintenant, le leader de la Intifada rifaine restera plusieurs années en prison et il a été sauvagement torturé et battu accusé de liens avec ceux qu'il considère comme des mercenaires. 

Comme au Sahara Occidental, le régime engage des voyous pour s'attaquer aux rifains et réprimer leurs justes revendications.

Horst Köhler officiellement nommé envoyé spécial de l’ONU

Comme attendu, l’ancien président allemand Horst Köhler a été nommé envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental. Il succède à l’Américain Christopher Ross qui avait quitté son poste en mars dernier après l’avoir occupé pendant huit années.


L’arrivée de M. Köhler, 74 ans, à ce poste devenait une simple formalité depuis que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a informé, la semaine dernière, le Conseil de sécurité de sa décision de le nommer sans qu’aucun pays ne fasse d’objection, signe de validation de cette nomination.

L’Allemand devient le quatrième émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, après les deux Américains James Baker et Christopher Ross et le Hollandais Peter Van Walssun. Sa mission sera difficile à mener dans un contexte caractérisé par le blocage du processus onusien par le Maroc. Horst Köhler n’a pas fait carrière dans la diplomatie, mais il lui en faudra pourtant pour faire avancer le dossier épineux du Sahara occidental. Il devra mettre en branle un arsenal diplomatique encore plus lourd que celui de son prédécesseur dont les efforts pour relancer le processus de paix au Sahara occidental s’étaient heurtés à une position marocaine hostile, sa demande de déplacement à Rabat et aux territoires sahraouis occupés ayant été refusée. Le Maroc a eu déjà à saborder les efforts d’un autre émissaire américain en 2004 lorsqu’il a rejeté le plan de paix proposé par l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, James Baker, qui maintenait le principe d’autodétermination en exigeant la tenue d’un référendum au terme de cinq années de sa mise en œuvre. Economiste et ancien banquier, M. Koehler a présidé l’Allemagne de 2004 à 2010 après avoir dirigé le Fonds monétaire international (FMI) et présidé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Le rôle que devrait jouer Kohler est un élément important dans le processus de paix au Sahara occidental mais il ne sera pas décisif sans le soutien du Conseil de sécurité, selon plusieurs observateurs. Avant lui, M. Ross a été l’objet d’une opération de sabotage franco-marocaine au Conseil de sécurité et ne pouvait pas aller loin dans sa mission sans le soutien de l’organe onusien. Inscrit sur la liste des territoires non autonomes depuis 1963, le Sahara occidental attend toujours le parachèvement du processus de décolonisation à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, conformément aux termes de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991 entre le Maroc et le Front Polisario. Selon les observateurs, son successeur devrait « tâter le terrain « avant d’aller vers des « actions rendues immédiates «. Ces derniers le sont par le contexte de forte crispation enregistré depuis que le Maroc, n’ayant pas apprécié le terme d’» occupation « utilisé par Ban Ki Moon, avait expulsé les membres de la Minurso en poste à Laâyoune en mars 2016 avant de l’autoriser à revenir progressivement sur le terrain. Avant l’expulsion, l’effectif de la Minurso était de 84 membres, Rabat a autorisé le retour de 42 d’entre eux : un contingent de 25 membres en juillet 2016 suivi d’un deuxième de 17 membres a reçu le feu vert du retour au début du mois d’avril. Mais le Polisario appelle au « retour complet de la mission « et à « sa pleine fonctionnalité «.

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