Tout est acceptable dans le respect de la charte de l’UA

Kharroubi Habib


Le 28ème Sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine dont les travaux s’ouvrent aujourd’hui à Addis-Abeba en Ethiopie aura à se prononcer sur la demande d’adhésion à l’organisation panafricaine du Maroc dont le roi Mohamed VI, qui l’a officiellement introduite le 17 juillet 2016, a fait le voyage dans la capitale éthiopienne pour tenter de contrer les objections qui pourraient se formuler.

La propagande du royaume chérifien et les médias «mainstream» qui en reproduisent les vaticinations et les contre-vérités présentent l’Algérie comme hostile à l’adhésion du Maroc. Ils ont claironné par avance que si l’adhésion est entérinée par le Sommet cela constituerait une «défaite» majeure pour l’Algérie. Il n’y a rien de plus faux que ce qu’ils ont avancé sur la position algérienne. L’Algérie ne s’oppose pas en effet à l’adhésion du Maroc et l’a même officiellement fait savoir aux autorités de Rabat dont une délégation de haut rang était venue à Alger pour sonder les intentions de ses responsables. Il est vrai que l’Algérie pose comme condition que l’adhésion en question (et non une réintégration du Maroc ainsi que le prétendent les relais propagandistes du royaume) ait lieu dans le strict respect de la charte de L’Union africaine. Ce à quoi le souverain du Maroc a apparemment acquiescé en faisant ratifier à la sauvette par le Parlement de son pays cette charte, acte qui atteste que le royaume souscrit à toutes ses dispositions et stipulations.

Cela à l’esprit, il est clair que l’Algérie ne restera pas passive si le débat sur la demande d’adhésion du Maroc révèle que l’on voudrait l’obtenir par une interprétation biaisée des dispositions en la matière de la charte de l’Organisation africaine. Ce que tentera probablement d’obtenir le monarque marocain qui a tenu à présider personnellement la délégation de son pays. Si «bagarre» au Sommet il y aura, ce ne sera pas sur le principe de l’adhésion, car il n’y a aucun doute pour tous les Etats membres de l’Union africaine -y compris la RASD- que le royaume a place au sein de l’Union.

Ce qui en sera le détonateur serait que le Maroc ou certains de ses alliés s’avisent de dévier le débat en émettant des considérations dont la teneur apparaîtrait comme destinée à pousser l’Union africaine à acter en l’occurrence le viol de sa Charte fondatrice. Dans un débat qui revêtirait cette tournure l’Algérie ne subira nullement la défaite diplomatique prématurément et inconsidérément donnée pour certaine par les milieux politico-médiatiques stipendiés par le Palais royal et le Makhzen.

L’Algérie, en effet, n’est pas comme ils se délectent à en répandre l’intox seule ou en compagnie d’une minorité d’Etats membres de l’Organisation africaine à faire du respect de la Charte une obligation non négociable pour tout candidat à l’adhésion. Ceux qui pensent le contraire en seront pour leur frais et confusion quand ils constateront que si Mohamed VI sera admis à occuper le siège du Maroc il le fera en présence du président de la République arabe sahraouie démocratique RASD, pour qui il en résultera effectivement une victoire majeure.

Car cela signifiera clairement que le monarque aura échoué de faire admettre son pays et d’obtenir concomitamment l’exclusion de la RASD. Mohamed VI ne pourra s’en prendre qui à lui-même d’avoir pensé que le Maroc serait en droit de s’affranchir de ce que l’Afrique s’est donnée pour principes et lignes de conduite pour établir son union et ses solidarités.

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