Union africaine : L’offensive de la diplomatie algérienne contre le lobbying marocain

DIA-30 janvier 2017: Au moment où le Maroc réintègre l’Union africaine, l’Algérie riposte par une contre-attaque diplomatique cinglante, mettant ainsi en garde le Maroc contre toutes tentatives de lobbying pouvant nuire aux principes fondamentaux de l’Organisation panafricaine.

La désignation du président Abdelaziz Bouteflika comme vice-président de l’Union africaine est une mise en garde des membres de l’UA contre le Maroc, sachant que l’UA considère le Sahara occidental comme étant la dernière colonie d’Afrique. Le Sahara occidental est colonisé par le Maroc!

Le nouveau président de l’UA, le président guinéen Alpha Condé est un ami de l’Algérie et soutient les positions algériennes. Mieux encore, il doit effectuer dans les tous prochains jours une visite d’Etat en Algérie et doit de ce fait rencontrer le Président Bouteflika.

En ce sens, le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité et de la Protection civile de la République de Guinée, Kabèlè Camara, avait séjourné en Algérie au début de cette année. Il avait effectué cette visite pour solliciter le soutien de l’Algérie en vue de l’élection du président Alpha Condé à la présidence de l’UA.

Il avait alors déclaré que «la Guinée qui présidera l’UA, travaillera en étroite collaboration avec l’Algérie et des actes majeurs seront pris en faveur de l’Afrique». Un message codé au Maroc qui tentera certainement de parasiter l’action de l’Algérie au sein de l’Union Africaine où sa voix demeure audible et ses positions respectées.

L’Algérie a également soutenu le nouveau président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Ce diplomate tchadien a beaucoup collaboré avec ses homologues algériens, notamment dans le dossier libyen. Il est vrai que le Tchad représente les intérêts de la France dans la région, mais il reste un proche collaborateur de l’Algérie notamment en ce qui concerne les questions de paix et de sécurité.

A cela s’ajoute la réélection de Smail Chergui au poste de Commissaire à la paix et la sécurité (CPS) de l’UA. Un poste qu’avait occupé Ramtane Lamamra auparavant. En termes plus clairs, le CPS est devenu l’apanage de l’Algérie qui est un pays exportateur net de la paix et de la sécurité.

Kamel Cherif 

Tout est acceptable dans le respect de la charte de l’UA

Kharroubi Habib


Le 28ème Sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine dont les travaux s’ouvrent aujourd’hui à Addis-Abeba en Ethiopie aura à se prononcer sur la demande d’adhésion à l’organisation panafricaine du Maroc dont le roi Mohamed VI, qui l’a officiellement introduite le 17 juillet 2016, a fait le voyage dans la capitale éthiopienne pour tenter de contrer les objections qui pourraient se formuler.

La propagande du royaume chérifien et les médias «mainstream» qui en reproduisent les vaticinations et les contre-vérités présentent l’Algérie comme hostile à l’adhésion du Maroc. Ils ont claironné par avance que si l’adhésion est entérinée par le Sommet cela constituerait une «défaite» majeure pour l’Algérie. Il n’y a rien de plus faux que ce qu’ils ont avancé sur la position algérienne. L’Algérie ne s’oppose pas en effet à l’adhésion du Maroc et l’a même officiellement fait savoir aux autorités de Rabat dont une délégation de haut rang était venue à Alger pour sonder les intentions de ses responsables. Il est vrai que l’Algérie pose comme condition que l’adhésion en question (et non une réintégration du Maroc ainsi que le prétendent les relais propagandistes du royaume) ait lieu dans le strict respect de la charte de L’Union africaine. Ce à quoi le souverain du Maroc a apparemment acquiescé en faisant ratifier à la sauvette par le Parlement de son pays cette charte, acte qui atteste que le royaume souscrit à toutes ses dispositions et stipulations.

Cela à l’esprit, il est clair que l’Algérie ne restera pas passive si le débat sur la demande d’adhésion du Maroc révèle que l’on voudrait l’obtenir par une interprétation biaisée des dispositions en la matière de la charte de l’Organisation africaine. Ce que tentera probablement d’obtenir le monarque marocain qui a tenu à présider personnellement la délégation de son pays. Si «bagarre» au Sommet il y aura, ce ne sera pas sur le principe de l’adhésion, car il n’y a aucun doute pour tous les Etats membres de l’Union africaine -y compris la RASD- que le royaume a place au sein de l’Union.

Ce qui en sera le détonateur serait que le Maroc ou certains de ses alliés s’avisent de dévier le débat en émettant des considérations dont la teneur apparaîtrait comme destinée à pousser l’Union africaine à acter en l’occurrence le viol de sa Charte fondatrice. Dans un débat qui revêtirait cette tournure l’Algérie ne subira nullement la défaite diplomatique prématurément et inconsidérément donnée pour certaine par les milieux politico-médiatiques stipendiés par le Palais royal et le Makhzen.

L’Algérie, en effet, n’est pas comme ils se délectent à en répandre l’intox seule ou en compagnie d’une minorité d’Etats membres de l’Organisation africaine à faire du respect de la Charte une obligation non négociable pour tout candidat à l’adhésion. Ceux qui pensent le contraire en seront pour leur frais et confusion quand ils constateront que si Mohamed VI sera admis à occuper le siège du Maroc il le fera en présence du président de la République arabe sahraouie démocratique RASD, pour qui il en résultera effectivement une victoire majeure.

Car cela signifiera clairement que le monarque aura échoué de faire admettre son pays et d’obtenir concomitamment l’exclusion de la RASD. Mohamed VI ne pourra s’en prendre qui à lui-même d’avoir pensé que le Maroc serait en droit de s’affranchir de ce que l’Afrique s’est donnée pour principes et lignes de conduite pour établir son union et ses solidarités.

L'inacceptable passivité de la communauté internationale

Kharroubi Habib

Publié dans Le Quotidien d'Oran le 29 - 01 - 2017

A part les monarchies arabes qui souscrivent à la thèse marocaine de l'appartenance du Sahara occidental au Royaume, l'écrasante majorité de la communauté internationale soutient quant à elle qu'il revient au peuple de ce territoire à se prononcer sur la question à travers un référendum d'autodétermination. Consultation dont le Maroc qui prétend pourtant que la population sahraouie est totalement acquise au rattachement au Royaume et a fait allégeance à son roi, ne veut à aucun prix et s'oppose systématiquement à toutes les initiatives internationales cherchant à en rendre possible l'organisation. 

Les arguments et échappatoires dont usent le Palais royal et la diplomatie marocaine à cet effet ne sont pris en compte que par les quelques Etats qui au mépris du droit du peuple sahraoui à se déterminer sur ce qu'il veut être ont fait le choix de cautionner l'occupation illégale de son territoire par le Maroc. Des soutiens qui ne leur confèrent ni vérité ni pertinence tant ils sont révélateurs qu'ils sont inspirés aux autorités marocaines par la certitude qu'elles ont que consultée la population sahraouie rejetterait massivement et sans appel sa prétendue « marocanité ».

La communauté internationale n'est pas dupe de la fausseté du sentiment d'appartenance voulue au Royaume marocain dont les autorités de celui-ci prétendent qu'il serait celui de la population sahraouie. Ce qui rend d'autant plus inexcusable l'attitude sans fermeté qu'elle a au constat des manigances auxquelles le roi et la diplomatie marocaine s'adonnent pour tenter de la faire renoncer à la solution du problème sahraoui par la voie conforme au droit international de l'autodétermination. Elle s'est rendue ainsi coupable d'avoir trahi la confiance mise en elle par le peuple sahraoui qui ayant cru aux promesses qu'elle lui a prodiguées a mis fin à sa lutte contre l'occupant marocain et a accepté d'engager des négociations de paix avec celui-ci.

Elle ne peut en être exonérée par le fait que persistant à reconnaître le conflit du Sahara occidental comme un problème d'ordre colonial elle en appelle toujours à sa résolution par la consultation référendaire de sa population. Tant qu'elle s'en tiendra à cette pieuse affirmation et s'abstiendra de prendre les décisions rendant contraignants son respect et sa mise en application par l'occupant marocain, elle subira l'opprobre de la culpabilité et même de la complicité tacite avec ce dernier.

Ce serait l'honneur de l'Union africaine d'adresser à cette communauté internationale le message qu'elle demeure intransigeante sur le respect du droit du peuple sahraoui. Intransigeance qu'elle a traduite par sa cohérente décision de reconnaître la RASD en tant qu'Etat légitimé par ce droit et de lui octroyer le statut de membre plein en son sein. C'est ce qu'attendent d'elle les amis et soutiens du peuple sahraoui, dernier sur le continent à subir l'iniquité inacceptable de la colonisation que le Maroc et ses alliés tentent de faire passer pour un état de fait voulu et accepté par les Sahraouis.

Gambie : La prétendue médiation de Mohammed VI, ignorée par Macky Sall



Soucieux de camoufler son isolement à cause de sa colonisation du Sahara Occidental, le Maroc ne rate pas une occasion de parasiter la scène médiatique. Notamment si cette occasion allait lui permettre de vendre son initiative aux pays africains qui s'apprêtent à débattre sa demande d'adhésion à l'Union Africaine, à l'instar de la crise gambienne. 

L'entrée de Mohamed Ould Abdelaziz dans la scène gambienne a suscité la jalousie du roi Mohammed VI qui n'a pas hésité à courcircuiter la médiation du président mauritanien. En vain. 

L'initiative du roi du Maroc était tellement banale qu'elle n'a mèrité aucune mention de la part du président du Sénégal, Macky Sall.

En effet, le patron de La Teranga a rendu « hommage aux Présidents des deux Républiques sœurs de Mauritanie et de Guinée, Mohamed Ould Abdel Aziz et Alpha Conde », pour leurs efforts louables et soutenus après le « dénouement pacifique de la crise en Gambie », dixit l'agence de presse mauritanienne Al-Akhbar.

"Dans un communiqué du Conseil des ministres, le gouvernement sénégalais Appréciant toutes les initiatives de médiation engagées depuis le début de la crise dont celle des présidents du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, du Nigeria, Muhammadu Buhari, de la Sierra Léone Ernest Bai Koroma et de l’ancien président du Ghana John Dramani Mahama" ajoute la même source.

Ni le nom du roi du Maroc ni celui de son pays n'apparaissent nulle part dans le dossier gambien.

Les responsables de Rabat doivent sûrement être ulcérés par le succès du président mauritanien dans le dénouement de la crise provoquée par Yahya Jammeh, qui selon la presse marocaine avait d'excellentes relations avec le Maroc.

http://diasporasaharaui.blogspot.be/2017/01/gambie-la-pretendue-mediation-de.html

Dlamini-Zuma humilie le ministre marocain des Affaires étrangères à Addis-Abeba

Une source africaine de haut niveau a révélé que la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a infligé, hier jeudi à Addis-Abeba, au ministre marocain des Affaires étrangères, Salah-Eddine Mezouar, une leçon de droit, de politique et d’éthique qu’il n’oubliera pas de sitôt. La scène s’est déroulée en présence de nombreux responsables de l’organisation panafricaine. Accompagné du responsable des services secrets marocains, Salah-Eddine Mezouar était venu dans la capitale éthiopienne spécialement pour demander à Mme Dlamini-Zuma des laissez-passer afin de lui permettre ainsi qu’à sa délégation de participer aux travaux du prochain sommet de l’Union africaine. Mais le ton extrêmement déplacé, à la limite de l’insulte, avec lequel la demande a été formulée a mis hors d’elle la présidente de l’Union africaine qui ne s’est pas privée de dire tout ce qu’elle pensait du représentant du Makhzen, surtout que le chef de la diplomatie marocaine l’a accusée de ne pas avoir été neutre dans le traitement de la demande d’adhésion du Maroc à l’UA. Une manière sans doute de la mettre sur la défensive pour l’obliger à répondre favorablement à sa demande.

Mme Dlamini-Zuma, qui a reçu en audience ses «invités marocains» en même temps que les huit commissaires de l’Union africaine et un certain nombre d'autres fonctionnaires, ne s’est ainsi pas fait prier pour remettre à sa place de la plus humiliante des façons l’impertinent ministre marocain des Affaires étrangères. En plus de lui avoir exigé de changer «immédiatement» de ton, la présidente de la Commission de l’Union africaine lui a fait clairement comprendre, «avec une voix orageuse», selon la source africaine, que son comportement indigne n’avait pas sa place dans l’enceinte de l’Union africaine, cela non sans lui avoir interdit de ne plus jamais s’adresser de la sorte à un responsable ou à un fonctionnaire de l’organisation panafricaine.

Toujours hors d’elle, Dlamini-Zuma a signifié une fin de non-recevoir à l’envoyé du roi Mohammed VI, lui expliquant, arguments juridiques à l’appui, que le Maroc n’avait pas le droit d’assister aux travaux du sommet de l’UA pour la simple raison qu’il n’en est pas membre. Elle a ajouté, sur un ton ferme, qu’elle avait été élue pour faire appliquer les règlements de l’UA et qu’il n’était pas question pour elle de les transgresser. Devant la dureté et l’intransigeance de la réaction de Mme Dlamini-Zuma, le chef de la diplomatie marocaine a dû présenter ses excuses les plus plates. 

Néanmoins, et ne s’arrêtant pas là, Mme Dlamini-Zuma a soutenu que le comportement de Mezouar était loin de correspondre aux valeurs nobles de l’Union africaine à laquelle son pays aspirait adhérer. Elle a, par ailleurs, précisé que la demande d’adhésion du Maroc était inscrite à l’ordre du jour des travaux du sommet de l’UA et qu’il revenait aux chefs d’Etat et de gouvernement africains de décider des suites à donner à cette demande.

Aussi, Mme Dlamini-Zuma a-t-elle demandé au chef de la délégation marocaine d’attendre le 30 janvier pour connaître le résultat de la délibération du sommet. La présidente de la Commission de l’Union africaine a expliqué à son interlocuteur qu’il était inadmissible de se comporter comme si l’UA n’avait pas de règles. «Et ses règles, a-t-elle dit, s’appliquent à tout le monde, y compris au Maroc.»

La mise au point de la présidente de la Commission de l'Union africaine rappellera certainement – et pour longtemps – à Rabat que l’UA n’est pas le prolongement de la monarchie marocaine et que celle-ci n’y fera pas sa loi.

Khider Cherif

Sommet de l'Union africaine: Maroc, un retour qui n'a rien d'innocent

par G. O.

Les chefs d'Etat africains examineront à huis clos l'adhésion du royaume du Maroc à l'Union africaine au cours de leur 28ème sommet prévu les 30 et 31 janvier prochains à Addis-Abeba en Ethiopie. C'est ce qui devra être fait après que les deux chambres marocaines basse et haute (représentants et conseillers) aient ratifié vendredi dernier l'acte constitutif de l'Union africaine (UA). Acte qui s'impose comme préalable à toute adhésion d'un pays du continent à l'organisation panafricaine. C'est donc le cas du Maroc qui se devait de formuler officiellement sa demande d'adhésion à la commission africaine. Mohamed VI se déplacera lui-même à Addis-Abeba pour faire entendre « sa cause ». Au-delà de l'ordre du jour du sommet africain qui s'articule autour de points importants comme le financement de l'UA et la réforme de ses institutions, la question de l'adhésion du Maroc retient bien plus les esprits. L'on s'attend à ce que Rabat amorce son adhésion à l'UA sans aucune condition préalable. Il est évident que la seule condition que le Maroc puisse mettre en avant est le gel de la présence de la RASD au sein de l'Union. Mais au vu du soutien d'un nombre important de pays membres à la cause sahraouie, il ne tentera certainement pas une expérience qui s'avère d'ores et déjà être un échec. La RASD est, faut-il le rappeler, membre fondateur de l'Organisation de l'unité africaine que le Maroc a quittée en 1984, il y a ainsi 33 ans. 

L'examen de l'adhésion du Maroc à l'UA coïncide avec l'arrêt rendu récemment public par la Cour de justice européenne qui consacre le Sahara Occidental comme territoire différent et à part entière de celui du royaume marocain. Ce qui est qualifié de grande victoire pour la RASD. Mieux encore, l'acte constitutif de l'UA que Rabat a ratifié vendredi dernier prévoit, entre autres procédures, des mécanismes de règlement pacifique et par la négociation, en cas de conflit entre deux Etats membres. Il est aussi connu que l'UA démarche en bloc sur toutes les grandes questions régionales et internationales. « L'Union » est donc de mise dans la législation de l'Institution. 

Il reste cependant curieux que Mohamed VI ait décidé de faire admettre sa demande d'adhésion dans une conjoncture aussi délicate pour le continent mais aussi pour son pays. L'on rappelle que le Maroc est sans gouvernement depuis plus de trois mois. Retenu par le roi comme Premier ministre, Benkirane n'arrive toujours pas à convaincre les partis d'opposition de constituer un gouvernement de coalition nationale. «L'entrisme» du Maroc dans les rangs de l'UA après de longues années de boycott n'a rien d'innocent, selon beaucoup analystes. Le (re)déploiement de la France-(Afrique) (entre autres puissances) conformément à de nouvelles donnes et de nouveaux paramètres géostratégiques a dû certainement peser sur une telle décision. 

En attendant le sommet, Addis-Abeba abrite depuis dimanche dernier la 33ème session du comité des représentants permanents de l'UA dont les recommandations seront transmises au conseil exécutif qui réunira lui pour leur examen les ministres des AE des Etats membres. C'est Ramtane Lamamra qui représente l'Algérie en attendant qu'il soit rejoint le 30 janvier par Sellal et Abdellader Messahel.

La gaffe qui complique pour le Maroc son retour au sein de l’UA

Par : Kharroubi Habib

En se retirant du Forum Afro-Arabe de Malabo, la délégation Marocaine a probablement cru que son geste et la motivation qu’elle a invoquée en l’occurrence lui vaudront l’appui des Etats Africains « amis » de leur pays qui donneront de la voix pour que soit satisfaite son exigence du retrait à la RASD de son statut d’Etat participant à la rencontre.

Rabat s’est vite rendu compte que le chantage auquel sa délégation a soumis la famille Africaine n’a pas eu l’effet escompté et que sa diplomatie a commis une faute qui en choquant même les plus activistes Etats du continent dans le soutien aux thèses annexionnistes du Maroc sur le dossier du Sahara Occidental, a entraîné l’Union Africaine à rappeler les fondamentaux qui conditionnent l’adhésion d’un Etat en son sein, à savoir que le postulant ne peut remettre en cause le statut de l’un de ses Etats membres et qu’il s’engage à respecter le dogme continental du respect de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Un rappel dont il faut comprendre que la demande Marocaine d’adhésion à l’Union Africaine va être examinée en tenant compte des réponses que fera Rabat sur ces deux conditionnalités.

Le roi Mohammed VI et les diplomates du Royaume tentent de rattraper leur bévue diplomatique en affirmant qu’ils ne mettent aucune condition au retour de leur pays au sein de l’institution panafricaine, en espérant sûrement qu’une fois que sa demande aura reçu l’aval, il leur sera possible de manœuvrer de l’intérieur de l’Union pour finir par obtenir satisfaction sur le retrait à la RASD de sa qualité d’Etat membre de l’organisation. Si telle est l’intention Marocaine, sa diplomatie ne doit pas se leurrer : elle se heurtera à l’intransigeance bloquante des Etats membres défendant l’intangibilité des frontières sur le continent et à celle de ceux qui soutiennent la cause des indépendantistes Sahraouis.

Les uns et les autres ne se satisferont probablement pas que le Maroc déclare n’avoir aucune intention de rééditer ses chantages sur le dossier du Sahara Occidental et mèneront bataille pour que sa demande d’admission soit considérée comme inacceptable car émanant d’un Etat sans respect pour le principe unanimement admis par la famille Africaine du respect des frontières héritées de la colonisation. Ce que le Royaume a allégrement transgressé tant s’agissant de reconnaître l’indépendance de la Mauritanie dont il a pendant longtemps revendiqué l’annexion que les frontières avec l’Algérie qu’il a voulu repousser en tentant de s’emparer des régions de Béchar et Tindouf et enfin avec l’occupation du Sahara Occidental.

S’il ne veut que réintégrer l’Union Africaine ayant enfin compris qu’il ne gagne rien à tourner le dos au continent, le Maroc doit convaincre qu’il renonce à sa boulimie annexionniste.

Ce qui doit commencer par son acceptation de la reprise du dialogue avec les Sahraouis sous l’égide Onusienne et dont l’Union Africaine a approuvé l’ouverture et la finalité qui est l’exercice par les Sahraouis de leur droit à l’autodétermination. Faute de s’engager sans tergiverser sur cette voie, le Royaume Marocain n’est pas près de réintégrer la famille Africaine au sein de l’UA même s’il compte parmi elle un groupe d’Etats ayant accepté de batailler en sa faveur. De simple formalité n’allant provoquer aucune réserve ni opposition insurmontable qu’elle a été présentée, la demande d’adhésion du Maroc à l’Union Africaine suscite en réalité une levée de boucliers que justifie l’arrogance et le mépris de sa diplomatie Africaine.


Pourquoi l'activisme anti-sahraoui du Sénégal ?

par Kharroubi Habib

Pour comprendre pourquoi le Sénégal dénie au peuple sahraoui son droit à l'autodétermination et mène campagne pour le retour du Maroc au sein de l'Union africaine et l'expulsion de celle-ci de la RASD, il n'y a qu'à regarder la carte géographique du pays. La raison de la position du Sénégal en est ce petit pays la Gambie qu'un tracé des frontières durant la période coloniale a fait surgir en faisant un Etat, obstacle à sa continuité territoriale. 

Situation de fait que les pouvoirs sénégalais post-indépendance ont été forcés et contraints d'accepter, d'autant qu'en créant l'Organisation de l'unité africaine (OUA) les Etats fondateurs, dont leur pays, ont posé comme principe intangible pour le continent le respect des frontières héritées de la colonisation et reste toujours en vigueur dans la charte de l'Union africaine (UA) qui lui a succédé. Mais si le Sénégal ne plaide pas ouvertement pour l'abolition de ce principe qui lui interdit de revendiquer la Gambie comme territoire lui appartenant, il n'en milite pas moins par la bande pour son abrogation. La thèse marocaine sur le Sahara occidental dont il s'est fait le chantre activiste est le paravent à sa propre revendication du rattachement de la Gambie à son territoire. 

Il n'y a pas à s'étonner de la position que prendra le Sénégal lors du sommet de l'Union africaine qui va avoir à statuer sur la demande d'admission à celle-ci formulée par le Maroc. Il sera à la pointe des Etats qui tout en l'appuyant voudront imposer à l'Union africaine qu'elle défère à l'exigence sous-jacente formulée par le monarque marocain du retrait à la RASD de son statut d'Etat membre de l'organisation. Il deviendrait évident que si le Maroc soutenu par le Sénégal obtient satisfaction sur cette exigence, c'en sera fait du principe de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation sur lequel entre autres a été fondée la position de l'Union africaine reconnaissant la RASD en tant qu'Etat du peuple sahraoui. Ce dont le Sénégal ne tarderait pas à s'en prévaloir comme précédent justifiant ce qu'il pourrait entreprendre contre la Gambie voire même contre la partie de la Mauritanie riveraine du fleuve Sénégal et, secret de polichinelle, toujours considérée par les autorités de Dakar comme ayant été arbitrairement dévolue à l'Etat mauritanien. 

Ce dont il est fait état ici est la principale raison qui fait que Rabat et Dakar ont constitué un axe voué à créer les conditions qui la rendrait possiblement acceptable pour les Etats du continent. Rabat comme Dakar n'en ont cure ce faisant que leurs desseins sont porteurs de la menace d'une déstabilisation qui peut se propager à maints Etats africains dont l'unité nationale et les frontières ne tiennent qu'en vertu du respect du dogme de l'intangibilité des frontières que les pères fondateurs de l'OUA ont posé et que les créateurs de l'Union africaine ont repris à leur compte.

Un coup de maitre du président Aziz en Gambie



Une situation géopolitique nouvelle porteuse donc de beaucoup d’atouts, de crédibilité et de notoriété pour le président Aziz et pour la Mauritanie ; une situation qui ne peut que susciter des réactions réservées, ou même des jalousies, chez nos voisins du Nord et du Sud, qui aspirent tous à jouer, s’ils le pouvaient, ce rôle stratégique qui est le nôtre aujourd’hui.

Ce nouveau rôle stratégique enviable vient d’être corroboré sans ambages aujourd’hui par la réussite unanimement reconnue et saluée de la médiation du président Azizdans l’épineuse crise gambienne.

Une médiation d’autant plus salutaire que les trompettes des va-t’en guerre, dont les prétentions d’hégémonie sur la Gambie ne sont pas nouvelles, ont sonné jusqu’assourdir, pour torpiller toute solution pacifique négociée de cette crise ; pourtant la seule voie qui épargne à la Gambie, à la sous-région et à l’Afrique les affres incalculables de l’intervention militaire .

Elle épargne d’abord à la Gambie une guerre civile certaine, en raison de la mentalité encore vivace de l’ethnicité, c’est-à-dire cette conscience d’appartenir à un groupe humain différent et même antagoniste aux autres, qui imprègne et guide encore profondément les imaginaires et les comportements des citoyens de ce pays à l’instar de tout le continent ; en raison aussi, et peut-être surtout, de l’exaspération des susceptibilités ethniques et nationalistes que ne manquera pas de susciter la présence de troupes sénégalaises sur le sol gambien,et qui sera interprétée comme un renforcement de la place et du rôle d’une composante du tissu social gambien présente de part et d’autre de la frontière entre les deux pays ; autrement dit, la réalisation d’un vieux rêve d’inféodation de la Gambie au Sénégal.

Elle épargne aussi à la sous-région ouest-africaine l’apparition d’un nouveau foyer de tension qui sera immanquablement un terrain de prédilection pour l’installation des groupes terroristes déjà fortement implantés dans cette partie du continent africain. 

Elle épargne enfin à l’Afrique de nouveaux mouvements de réfugiés qui viendront ternir le miroir déjà désolant qu’elle offre à travers ses guerres civiles dévastatrices.

Ainsi, en épargnant à la Gambie sœur les incommensurables effets désastreux d’une intervention militaire irréfléchie, dont l’onde de choc allait toucher tous les pays environnants, le président Aziz a réussi un coup de maître qui l’élève sur la cime du pavois de la Mauritanie, de la région et de l’Afrique tout entière.

Docteur AbdallahiOuld Nem

Me Breham bouleverse les juges du Makhzen*

Aujourd'hui, lors du procès des 28 sahraouis à Salé, dit Gdeim Izik, l'avocat français Joseph Breham a utilisé à plusieurs reprises le terme "territoires sahraouis occupés" lors de la défense de son client Naâma Asfari.

Au très grand dam du juge marocain Youssef El Aklaoui qui jetait des regards effarés dans tous les sens par crainte, sûrement, que sa carrière professionnelle n'en soit affectée.

Cette défense de rupture mené par l'avocat français a poussé l'autre avocat marocain de Naâma Asfari, Me Abdelaziz Nouaidi, à se retirer de la défense. Portant ainsi un coup à la défense de son client. A la plus grande joie, comme on peut le constater sur le net, de la presse aux ordres.

Me Nouaidi, qui n'est pas un enfant de choeur, connaissait la trajectoire indépendantiste de son client. Il ne la découvre pas aujourd'hui. Et je présume qu'il avait prévu à ce que Naâma Asfari ou l'un de ses avocats étrangers fassent des déclarations "tonitruantes", pour ne pas dire autre chose, qui sortent de la norme "marocaine".

C'est pour cela que ce départ inattendu est fâcheux. En raison de sa trajectoire, Me Nouaidi aurait pu nous éclairer sur la marche du procès et dénoncer toute incartade des juges.

Les accusés sahraouis ont droit à un procès juste. Pas pour leur cause mais plutôt pour que tous les Marocains puissent savoir ce qui s'est réellement passé à Gdeim Izik.

Même chose pour les parents des victimes marocaines dont certaines ont non seulement été lâchement tuées mais dont les cadavres ont été souillés aux yeux du monde.

Avec un procès juste, on peut savoir si les 24 sahraouis sont coupables ou innocents.

Avec un procès téléguidé par les services secrets, le cabinet du ministre de la justice et le cabinet royal, comme c'est souvent le cas dans les procès politiques, et c'est un connaisseur qui le dit, il n'y aura pas de justice. Ni pour les uns ni pour les autres.

Et les Sahraouis, coupables ou innocents, seront automatiquement élevés au rang de victimes.

Source : Facebook d'Ali Lmrabet


(*) Le titre a été choisi par notre blog

Une dictature parfaite




"Le meilleur du monde" est un livre en 1932 par Aldous Huxley dans lequel il imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour le conditionnement et le contrôle des individus.

Dans cette société futuriste, tous les enfants sont conçus dans des tubes à essai. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l'une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide: Les Alpha (l'élite), les Betas (les exécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Deltas et Epsilon (ceux destinés aux travaux durs).

Ce livre décrit aussi ce qui serait une dictature parfaite qui aurait "les apparences d'une démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude". 

Une description parfaite de la situation actuelle au Maroc. Les intellectuels marocains ont été bernés au point de comparer leur pays à une démocratie européenne. Même si le pays ne tient qu'à coups de recettes du tourisme sexuel, la prostitution et la pédophilie, ils pensent que leur pays est une puissance régionale incontournable.

La majorité du peuple marocain vit en dessous du seuil de pauvreté, le chômage fait des ravages, la répression, les assassinats... tel est le scénario actuel du Maroc. Malgré tout cela, pour les marocains, il est le plus beau pays du monde.

Un roi en manque de savoir-vivre



Il paraît que le style diplomatique n'est pas le point fort du roi du Maroc Mohammed VI. Ce qui s'est passé avec le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, prouve que le souverain marocain manque aussi d'hospitalité, cette marque qui caractérise les peuples arabes et musulmans.

Mohammed VI, connu pour son comportement peu diplomatique, y compris avec l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a détourné son regard au moment où il serrait la main de Robert Mugabe. Ban Ki-moon n'a pas caché son étonnement face à la conduite insolite du roi du Maroc.

Selon André Maurois, être diplomate est l'art d'exposer l'hostilité avec courtoise, l'indifférence avec intérêt et l'amitié avec prudence". En un mot, c'est d'avoir un bon caractère, ce qui implique modération et subtilité.

Mohammed VI n'a pas caché ni son hostilité ni son indifférence envers Mugabe et il était très loin de montrer de la modération et la subtilité. Il a carrément exposé son manque de savoir-vivre et son mépris pour les africains à cause de leur engagement à défendre le principe de l'intangibilité des frontières héritées du colonialisme.

Préoccupations autour du procès des militants sahraouis de Gdeim Izik

Le procès en appel des 24 militants sahraouis arrêtés autour du démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010 a repris le 23 janvier à Rabat. Entre risque d’instrumentalisation des familles de victimes et entrave à la défense des accusés par les autorités marocaines, l’ACAT est préoccupée des conditions dans lesquelles le procès a débuté hier.

Le procès en appel des 24 militants sahraouis arrêtés autour du démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010 a repris le 23 janvier à Rabat. Entre risque d’instrumentalisation des familles de victimes et entrave à la défense des accusés par les autorités marocaines, l’ACAT est préoccupée des conditions dans lesquelles le procès a débuté hier.

Onze agents des forces de sécurité marocaines avaient été tués dans le cadre du démantèlement de ce camp. 24 militants sahraouis avaient été condamnés à de très lourdes peines à l’issue d’un procès marqué par la prise en compte d’aveux obtenus sous la torture.

Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « les familles des onze agents des forces de sécurité marocaine tués lors du démantèlement du camp ont droit à la vérité et à la justice. Cependant, nous craignons que leurs souffrances soient instrumentalisées afin de faire taire les accusés et leurs avocats, en violation du droit à un procès équitable. »

L’ACAT craint que les tensions autour de ce procès – certains médias ont diffamé les accusés et leurs avocats – visent à faire oublier deux éléments déterminants pour l’issue du procès :
L’absence de preuve, comme cela a été établi par la Cour de cassation marocaine elle-même dans sa décision du 27 juillet 2016 annulant la condamnation prononcée par le tribunal militaire.
Le fait que les accusés allèguent depuis des années avoir été torturés après leur arrestation pour leur faire signer des procès-verbaux dans lesquels ils font des aveux stéréotypés. Allégations confirmées par le Comité de l’ONU contre la torture qui, saisi du cas de Naama Asfari, a condamné le Maroc pour torture et pour avoir condamné la victime sur la base d’aveux forcés [1]. Ces accusés sont toujours détenus sans preuve.
La défense des avocats entravée


Les accusés ont droit à un procès équitable, conformément au droit international humanitaire [2]. Les Conventions de Genève s’appliquent à ce procès, le Sahara occidental étant un territoire occupé illégalement par le Maroc depuis plus de 40 ans. Or, les magistrats ont jusqu’ici tout fait pour empêcher cette argumentation juridique. Alors qu’à plusieurs reprises les années précédentes des avocats français ont été autorisés à plaider en français, le tribunal oblige aujourd’hui les avocats français à plaider directement en arabe ou à faire prononcer leur plaidoirie par un confrère marocain.

« Une plaidoirie notamment basée sur la condamnation de l’occupation marocaine fait encourir aux avocats marocains un sérieux risque d’emprisonnement et les magistrats en sont bien conscients. Les droits de la défense sont gravement entravés » ajoute Hélène Legeay.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

Notes aux rédactions :

[1] Plus d’informations sur la condamnation du Maroc par le Comité de l’ONU contre la torture : http://www.acatfrance.fr/communique-de-presse/le-maroc-condamne-par-le-comite-de-lonu-contre-la-torture-dans-laffaire-naama-asfari

Détenus sahraouis : la défense crie au scandale

Le procès en appel des prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, condamnés à de lourdes peines par une juridiction militaire marocaine, se poursuivait ce mardi à Rabat, un procès marqué par un manque d’organisation, selon des avocats. Selon Sophie Michez, avocate observatrice du barreau de Bruxelles, les interruptions discontinues rendent difficile la tenue du procès, soutenant qu'«il y a encore un manque d’organisation». «On laisse beaucoup de latitude aux avocats. Donc il faudrait un peu recadrer tout cela pour un peu avancer», a-t-elle affirmé.

Du côté de la défense, représentée notamment par le Français Joseph Breham, le procès est avant tout une affaire de droit international. «Puisque le Sahara Occidental est un territoire occupé, tel que cela a été reconnu par les Nations unies, les conventions de Genève s’appliquent : soit ils considèrent que nos clients sont des criminels de droit commun et, à ce moment-là, ils doivent appliquer le droit sahraoui, soit ils considèrent que nos clients sont des prisonniers politiques et, à ce moment-là, ils peuvent juger en droit marocain», a-t-il expliqué.

Le 27 juillet 2016, la Cour de cassation marocaine a annulé, sous la pression d'organisations internationales de défense de droits de l'Homme et de juristes militants, la condamnation injuste prononcée par un tribunal militaire à l'encontre des militants sahraouis. Lors d'une première audience en appel, la Chambre criminelle près l'annexe de la Cour Salé a reporté, le 26 décembre dernier, le procès à l'encontre des vingt-quatre militants et défenseurs des droits de l'Homme sahraouis, arrêtés dans le cadre du démantèlement par la force par les militaires marocains du camp de Gdeim Izik en novembre 2010.

Détenus depuis 2010, les prisonniers de Gdeim Izik exigent la poursuite et le jugement «des geôliers et des responsables des enlèvements, des détentions arbitraires, ainsi que les responsables de toutes les formes de tortures physiques et psychologiques dans des postes de police et de gendarmerie d'El-Aâyoune occupée, dans la prison locale Salé 2 et Salé 1 ainsi que dans la prison locale Aarjat». 

Après 27 mois de détention préventive, les vingt-quatre militants sahraouis ont été condamnés par un tribunal militaire à de lourdes peines d'emprisonnement pour leur «implication dans le mouvement de protestation».

R. I.

Pourquoi l'importation du Bay Key n'est pas conforme au droit UE

Ce matin, le pétrolier/chimiquier le Bay Key faisait livraison en France d'une cargaison d'huile de poisson du Sahara Occidental occupé. Pourquoi est-ce que cela viole potentiellement la réglementation européenne ?

Les "règles d'hygiène de l'UE sur l'huile de poisson destinés à la consommation humaine et des Établissements de pays tiers"(en) ont une section "Informations complémentaires concernant l'huile de poisson importée de pays tiers dans l'Union européenne". Là, le règlement précise que "lors de l'importation du poisson huile pour la consommation humaine d'un pays tiers après le 30 avril 2009, le pays doit être inscrit conformément à l'article 11 du règlement (CE) 854/2004 pour l'importation de produits de la pêche".

"De plus, l'établissement du pays tiers d'où ce produit a été envoyé, et dans lequel il a été obtenu ou préparé, doit figurer sur les listes d'établissement à partir desquels l'importation de produits spécifiques d'origine animale est autorisée", peut on lire dans le règlement.

La cargaison du Key Bay est elle conforme à ce règlement ? C'est peu probable.

Les autorités espagnoles ont déjà confirmé les informations de Western Sahara Resource Watch, soit que la cargaison d'huile de poisson du Key Bay provient du Sahara Occidental. Cependant, le Sahara Occidental est pas sur la liste des pays tiers d'où les produits de la pêche peuvent être importés et il n'y a pas de liste des établissements agréés pour le Sahara Occidental.

L'huile de poisson à bord du Key Bay provient très probablement de l'entreprise KB Fish, qui est au Sahara occidental, mais figure sur la liste des établissements agréés pour le Maroc.

En décembre dernier, la Grande Chambre de la Cour européenne de justice, dans l'affaire 104/16 (Conseil v POLISARIO), a décidé que les accords d'association et de libéralisation de l'UE avec le Maroc ne sont pas applicables au Sahara Occidental.

Tout d'abord, la Cour a jugé que, "Compte tenu du statut séparé et distinct reconnu au territoire du Sahara occidental, en vertu du principe d’autodétermination, par rapport à celui de tout État, en ce compris le Royaume du Maroc", donc que le Sahara Occidental ne fait pas partie du territoire souverain du Maroc. (§ 92)

En second lieu, la Cour a estimé que le peuple du Sahara occidental doit être regardé comme étant un « tiers » aux relations UE-Maroc. Par conséquent, le peuple sahraoui doit donner son consentement pour que les accords UE-Maroc soient applicables au territoire du Sahara Occidental et de ses ressources naturelles, "sans qu’il soit nécessaire de déterminer si une telle mise en œuvre serait de nature à lui [le peuple du Sahara occidental] nuire ou au contraire à lui profiter. (§106). "

Les conclusions de la Cour européenne de justice sont limpides : accord commercial UE-Maroc ne peut pas couvrir le territoire du Sahara Occidental sans le consentement préalable du peuple sahraoui.

Suite à la décision de la Cour, le Maroc n'a pas autorité, selon la législation de l'UE, à enregistrer ou approuver, en sa qualité de souverain, les établissements marocains situés au Sahara Occidental, sans le consentement préalable du peuple sahraoui. 

Mais en vérifiant la liste UE des établissements approuvés produits de la pêche pour le Maroc et la liste UE des usines approuvées de transformation de la pêche pour le Maroc et en lançant une recherche pour "Laâyoune", "Dakhla" ou "Boujdour". Un nombre important des établissements des listes UE approuvés pour le Maroc est en fait situé au Sahara Occidental.

KB Fish - d'où provient très probablement l'huile de poisson entrée ce matin dans le port de Fécamp - est situé à El Aaiun (ou Laayoune dans l'orthographe préférée du Maroc). Mais il apparaît sur la liste des exportateurs de la pêche approuvés UE pour le Maroc. Il faut remarquer que cette liste a été mise à jour le 9 janvier 2017, bien après que la plus haute cour de l'Union européenne ait rendu son arrêt sur la question.

Dans les faits, si l'huile de poisson du Key Bay ne vient pas d'un établissement qui a été approuvé conformément à la législation de l'UE, il n'a pas de numéro d'homologation valable et ne peut être importé dans l'UE.

Le Maroc occupe une grande partie du territoire du Sahara Occidental depuis 1975. La moitié du peuple du territoire a depuis fui son pays d'origine, tandis que le Maroc profite de l'exploitation de ses ressources.


La lobbyiste du Makhzen et courtisane de Sarkozy écartée de la course au Parlement

Furieuse d’avoir été écartée, pour les prochaines élections législatives, de la 2e circonscription de Paris au profit d’une rivale, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rachida Dati ne sait plus à quel saint se vouer. Elle déverse son fiel sur le chef de file de son parti, François Fillon, et prédit, dans Le Parisien d’aujourd’hui, une défaite électorale de son camp dès le premier tour de l’élection présidentielle. Pour les observateurs avertis de la scène politique française, cette disgrâce de l’ancienne ministre et courtisane de Nicolas Sarkozy était somme toute prévisible, après la défaite humiliante de son mentor à la primaire de la droite, en novembre dernier.

Rachida Dati s’est distinguée au cours de son mandat au gouvernement en tant que ministre de la Justice et même au Parlement européen en tant que députée par un activisme à tous crins pour défendre les intérêts du Maroc, qui la plaçait systématiquement à la pointe de toutes les campagnes anti-algériennes qu’elle menait avec un zèle qui en disait long sur ses accointances avec le Makhzen.

Au Parlement européen, cette lobbyiste du palais royal ne ratait pas une occasion pour voler au secours du régime monarchique de Rabat, de plus en plus fragilisé sur le plan diplomatique, essentiellement à cause de l’occupation du Sahara Occidental et du refus de s’inscrire dans le processus de décolonisation exigé par les Nations unies.

Lors de sa dernière intervention en date, elle s’est escrimée, face à des eurodéputés incrédules, à vendre l’image d’un Maroc féérique. «Dans le Maghreb comme dans le Machrek, claironnait-elle, le Maroc se démarque à la fois comme un pays stable, mais aussi comme un partenaire fiable.» Et de ruminer le même discours, à savoir que l’Europe aurait tout intérêt à coopérer avec le Maroc, parce que «le royaume peut être un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, un partenaire efficace, en particulier dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation».

Plus crânée encore, elle a affirmé que «le renforcement de notre coopération avec le royaume chérifien doit être une priorité de notre politique étrangère et de la stratégie européenne». Relayant la propagande du Makhzen, servie en forme de chantage, cette avocate du Makhzen promettait que le Maroc était en mesure de «maîtriser les flux migratoires toujours plus importants vers notre continent». Sur un ton plus moralisateur, elle prévenait que «ne pas comprendre» l’utilité d’une coopération avec le Maroc, «c’est ne pas être à la hauteur des difficultés que nous traversons et commettre une faute historique dont nous serons comptables».

En mars dernier, Rachida Dati a été de nouveau actionnée par Rabat pour parasiter l’autorité judiciaire de l’Union européenne en tentant de remettre en cause sa décision sur l’accord agricole entre le Maroc et l’UE, déclaré nul et non avenu par la Cour de justice de l’union. La lobbyiste du Makhzen avait adressé une question au Conseil de l’Europe au sujet de l’arrêt rendu le jeudi 10 décembre 2015, annulant la décision du conseil sur l'accord entre l'UE et le Maroc, relatif aux mesures de libéralisation réciproque en matière de produits agricoles. La réponse du conseil fut cinglante en disant n’avoir pas pour politique de «répondre à des questions hypothétiques».

Mettant autant de zèle pour diffamer l’Algérie, Rachida Dati est allée plus loin que les anciens ultras de la guerre d’Algérie, en qualifiant un jour les accusations de torture pratiquée par l’armée française en Algérie durant l’occupation de «fantasmes». Son rapprochement avec l’extrême-droite était en fait déjà en marche.

R. Mahmoudi

Le Maroc doit respecter la souveraineté du Sahara occidental pour adhérer l'Union Africaine

L'ambassadeur du Kenya à Alger, Moi Lemoshira, a déclaré, jeudi dernier, lors d’une rencontre avec la presse, que «les pays désirant adhérer à l'Union africaine (UA) doivent se conformer à l'Acte constitutif de l'organisation et respecter la souveraineté des Etats membres». Avec des propos clairs, l'ambassadeur a ajouté que son pays «se conforme à l'Acte constitutif de l'UA et nous soutenons tout appel au respect de cet acte pour tout pays désirant rejoindre l'organisation panafricaine et nous adhérons entièrement à ce processus». 

Evoquant par là la demande d’adhésion du Maroc à l’Union africain, M. Lemoshira a affirmé que le Kenya «n'a aucune objection concernant l'adhésion d'un pays à l'UA. Le Maroc a demandé de rejoindre l'Union africaine, un processus qui doit se faire dans l'adhésion totale à l'Acte constitutif de l'UA et ce dans le cadre du respect de la souveraineté des Etats membres». «Dans l'Union africaine, il n'y a pas de petits pays ou de grands pays, de nouveaux ou d'anciens Etats, car la souveraineté des Etats doit êtres respectée» et «nous sommes un pays qui milite pour la liberté en soutenant les pays membres», a-t-il dit. 

Autrement dit, le Maroc doit respecter «la souveraineté» du Sahara occidental. Et à propos justement du conflit au Sahara occidental occupé, l'ambassadeur kenyan a rappelé les déclarations de l'UA et les résolutions pertinentes des Nations unies depuis 1975 appelant à la tenue d'un référendum d'autodétermination dans ce territoire occupé par le Maroc. Il a souligné à ce propos que la République arabe sahraouie démocratique (Rasd) est «un membre à part entière de l'Union africaine qui est un ensemble regroupant en son sein des pays souverains, indépendants et égaux».

«Le Kenya est très honoré que la décision pour les Sahraouis de devenir membres de l'UA ait été prise dans notre pays», a-t-il dit. Il a réitéré dans ce cadre le soutien de son pays à la cause sahraouie, «un engagement qui ne peut être remis en cause». Lors d'une visite début décembre dernier dans les camps de réfugiés sahraouis, la ministre des Affaires étrangères kenyane, Amina Mohamed, avait réaffirmé le soutien de son pays à la cause sahraouie, appelant à accélérer l'organisation d'un référendum d'autodétermination pour le peuple sahraoui. 

Force est de constater que le soutien affichait à la cause sahraouie par le Kenya intervient à une dizaine de jours de la tenue du 28e sommet de la Commission de l’Union Africaine, prévu les 30 et 31 janvier à Addis Abeba en Ethiopie. Cette édition sera marquée par l’élection du nouveau président de cette Commission, qui succèdera à l’ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud, Nkosazana Dlamini Zuma, mais aussi, comme l’espère le Maroc, par la soumission de la demande d’adhésion marocaine à la conférence des chefs d’Etat. A ce propos, il y a lieu de rappeler que le Maroc s’est engagé dans une course contre la montre pour finaliser la procédure de sa demande d’adhésion à l’UA. 

Le Royaume a formulé en septembre dernier une demande d'adhésion à l'UA. Son Conseil des ministres, présidé par le Roi Mohammed VI a adopté, le 10 janvier dernier, la loi relative à l’Acte constitutif de l’UA ainsi que le projet de loi portant approbation de la loi précitée. Une semaine après, à savoir mercredi dernier, la plénière de la Chambre des représentants a adopté l’Acte constitutif de l'UA, suivie le lendemain par la chambre des conseillers. Selon le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, l’examen de la Charte de l’UA par les deux Chambres du Parlement est destiné à ôter toutes excuses juridiques visant «à retarder à 2018 l’admission du royaume». 

Selon les déclarations de Mezouar, «sur les 54 Etats de l’Union africaine, 40 se sont prononcés en faveur de l’adhésion du Maroc à l’organisation continentale (…) Cet appui sans réserves est un signal fort adressé à l’ensemble de l’Afrique sur l’engagement de toutes les composantes politiques à appuyer la politique africaine du royaume». Mais si le chef de la diplomatie marocaine évoque la politique africaine du Royaume comme raison du retour du Maroc à l’UA, son chef du gouvernement est plus directe en évoquant «la défense de l’intégrité territoriale». Clairement, Abdelilah Benkirane a dit, dans un entretien au site le360.ma, réputé proche du palais royal, qu’«il s’agit de l’intérêt suprême de l’État lié à notre adhésion à l’Union africaine qui nous permettra de défendre notre unité territoriale». 

Avant lui, Mohammed VI avait affirmait que l’adhésion de son pays à l’Union africaine lui permettra de défendre ses «droits légitimes et de corriger les contre-vérités colportées par les adversaires» de son «intégrité territoriale, notamment au sein de l’Organisation africaine». Ces déclarations viennent appuyer les craintes de certains pays africains, dont l’Algérie, de voir l’UA se transformer en terrain de bataille autour du conflit au Sahara occidental. Il semble clairement que la signature de l’Acte constitutif de l’UA par le Maroc ne constitue qu’une formalité. Il faut rappeler que le Maroc s’est retiré du Sommet afro-arabe, qui s’est déroulé en novembre dernier en Guinée équatoriale, en signe de protestation contre la présence d’une délégation sahraouie. La Rasd avait accepté d’assister à cette rencontre, où elle n’avait pas coutume de figurer, sur demande de l’UA qui voulait, par cette inscription d’une délégation sahraouie au Sommet, faire un test pour s’assurer des intentions marocaines. Ces dernières semblent claires après le retrait : la demande d’intégration n’est, en fait, qu’un subterfuge destiné à phagocyter l’organisation en la divisant sur le principe de soutien à l’autodétermination du Sahara occidental. 

En ratifiant l'Acte constitutif de l'UA, le Maroc a choisi de siéger aux côtés de la Rasd et de reconnaitre, logiquement, sa souveraineté comme étant un Etat membre au sein de cette organisation panafricaine. En agissant de la sorte le Maroc ne devrait, en aucune façon, mettre à l'avant sa revendication territoriale sur le Sahara occidental au sein de cette organisation, encore moins exclure la Rasd de celle-ci. Car, aux termes de l’article 4 (b) de l’Acte constitutif, l’Union africaine est fondée conformément aux principes du respect des frontières existantes au moment de l’accession à l’indépendance. Or, lors de l’indépendance du Maroc en 1956 le Sahara occidental n’en faisait pas partie, tout comme il ne l’a jamais été!

Le Polisario passe à l’offensive

Dans le prolongement de son combat pour l’autodétermination du peuple sahraoui, le Front Polisario ouvre un nouveau front.

Fort d’une décision de la justice européenne, le représentant du peuple sahraoui vient, en effet, d’engager une nouvelle bataille juridique pour contester la thèse de la marocanité du Sahara occidental.

Le Polisario a ainsi déposé deux plaintes devant la justice française. C’est l’arrivée du navire Key Bay dans les eaux françaises pour le débarquement de marchandises en provenance du Sahara occidental que compte contester le front Polisario. Il a déposé, pour ce faire, la première plainte devant le procureur de la République du Havre, et elle vise deux infractions, "la discrimination économique et la fraude à l’origine". 

La seconde plainte a été déposée, quant à elle, précise le communiqué du Polisario rendu public avant-hier jeudi, devant la direction interrégionale des Douanes du Havre, et vise "l’infraction d’importations de marchandises sans déclaration d’origine valable". Pour le Polisario cette marchandise en provenance du territoire occupé du Sahara occidental ne devrait pas être déchargée dans ce port français. 

Le Polisario se base sur une décision de la justice européenne pour appuyer ses deux plaintes. Car le 21 décembre dernier, la Coir de justice de l’Union européenne (CJUE) avait clairement estimé, dans son jugement, que "les accords d’association de libéralisation conclus entre l’UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental". 

Par conséquent, et à juste titre d’ailleurs, les pays européens membres de l’Union européenne ne peuvent rien importer du territoire occupé du Sahara occidental car la souveraineté du Maroc sur ce territoire n’est pas reconnue par la communauté internationale. Pour la communauté internationale, représentée par l’Onu, ce territoire est donc occupé illégalement par le Maroc. 

C’est d’ailleurs pour cette raison que la CJUE a clairemet indiqué que l’accord d’association entre les deux parties, à savoir l’UE e le Maroc ne s’applique pas à ce territoire. Cette décision, qui a été considérée comme un revers pour le Maroc, doit donc être appliquée à la lettre d’où les deux plaintes du Polisario devant les juridictions françaises. Cette démarche du Polisario est soutenue par de nombreux députés européens.

En effet dans une missive adressée au ministre français de l’Économie et des Finances, ces parlementaires rappellent que la décision de la CJUE exclue définitivement le territoire du Sahara occidental du champ d’application des accords d’association. "Il revient désormais aux autorités douanières françaises de procéder à l’évaluation des documents d’importation du Key Bay dès son arrivée au port de Fécamp (…)

Il nous semble que tout certificat vétérinaire émis par une autorité marocaine concernant de la marchandise provenant du Sahara occidental ne pourrait être reconnu comme valide au regard du droit européen", estiment les députés.

"Les autorités françaises doivent respecter leurs engagements internationaux ainsi que le droit européen dans cette affaire" écrivent les parlementaires européens en demandant au ministre français de veiller "à ce que les autorités douanières au port de Fécamp examinent minutieusement l’origine et la documentation des marchandises à bord du Key Bay".

Imagine. "Les Sahraoui en 2018" et "Il faut partir"- A lire !

Il est sorti !!! et en orient aussi, ici.

Les actuelles relations France-Sahara Occidental sont un paradoxe inepte de l'Histoire ; qu'à cela ne tienne, des écrivant-es des deux nations se sont accordés pour co-écrire !

Tout est rare dans ce livre, le procédé d'écriture, la partie en hassaniya, le contenu... 

En un livre à deux sens et 5 langues, deux histoires, fictions politiques ou textes de politique fiction, des textes empreints de vraisemblance, qui sont aussi des sages élaborations tissées d'espoir. 

"Les Sahraouis en 2018" : deux scénarii vers une indépendance inéluctable. Quand l'or noir annihile les esprits, et l'avidité le bon sens, tout est possible - le meilleur comme le pire - pour un peuple écartelé entre occupation et exil. C'est le contexte de la première histoire.

"Imagine. Il faut partir": 40 années de vie précaire comme réfugiés et sous assistanat sont bouleversées quand il faut partir, et trouver refuge ailleurs. Face à la réalité implacable, tout est à inventer pour partir de l'aride désert salin, et chercher au-delà des champs de mines antipersonnel… 

Préfacé par Niko, bloggeur à Mediapart
 
Par l'entrée occidentale, les versions en français, anglais et espagnol, et par l'entrée orientale, les versions en hassanya et arabe. 

Ils ont dit des textes : - Militant sahraoui en territoire occupé : "C'est très important ce texte, c'est la première fois que quelque chose comme ça est écrit" - Universitaire sahraoui en Espagne : "Le texte est bon, maintenant il faut suivre le script" - Une militante française : "Bluffée ! C'est ce que je me suis dit après avoir lu Imagine. J'ai plein de choses à dire dessus… !" - Le représentant sahraoui en France (2015) : "La question du Sahara Occidental est suffisamment sérieuse pour ne pas jouer avec". - Une militante espagnole. "Le texte est visionnaire ! Ils en sont maintenant presque à la guerre à Gerguerat" - Une lectrice française :"Je me suis laissée prendre par le texte, à un moment j'étais perdue, je ne savais plus si c'était la réalité ou une fiction !" - Le représentant sahraoui aux USA (2015) : "This is the best thing I have ever read about us! Thank you so much". 

Pour l'acheter : Commander à APSO, en écrivant à APSOlument@yahoo.fr et demandez-le chez votre libraire 
180p. 8 euros ISBN 978-2-9552413-1-8 


Paru aussi chez APSO : "Lutter au Sahara, du colonialisme vers l'indépendance au Sahara Occidental" http://ap-so.blogspot.fr/p/lutter-au-sahara-le-livre.html
Et aussi en hassanya, anglais, arabe et espagnol 


Délicates manoeuvres pour la présidence de la commission de l’Union africaine

Cinq candidats sont en compétition pour succéder à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini Zuma à la tête de de la Commission de l’Union africaine. Les deux candidats qui avaient déjà été recalés lors du dernier Sommet de Kigali en juillet 2016, ont encore peu de chances d’être élus. La Botswanaise et l’Equato-Guinéen semblent d’ailleurs résignés à cette perspective. A l’image de leurs chefs d’Etat qui ne se battent plus vraiment pur obtenir le poste envié.

Bathily en baisse

La compétition concerne donc les représentants de trois zones africaines : la CEDEAO avec le Sénégalais Abdoulaye Bathily la COMESA avec la Kenyane Amina Mohamed Jibril, et la CEEAC avec le Tchadien Moussa Faki Mahamat.

L’universitaire de 69 ans, Abdoulaye Bathily, ministre d’ouverture de plusieurs gouvernement sénégalais a longtemps été le favori. Il ne l’est plus. Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Afrique centrale, il n’a pas réussi à trouver des sorties de crises dans cette région troublée, notamment au Burundi, en Centrafrique et en RDC. Son comportement, parfois peu diplomatique, éloignera les voix de la CEEAC. Sa nationalité sénégalaise et la proximité de son pays avec le Maroc est un handicap encore plus important, dans le contexte d’affrontement diplomatique Algérie-Maroc, au sujet du retour du Maroc au sein de l’Union africaine et subsidiairement du sort de la RASD. L’attitude négative de la CEDEAO, lors du Sommet de Kigali, a été très mal reçue par plusieurs Etats, notamment ceux de la SADC et de la CEEAC. Le soutien que lui apporte la CEDEAO peut donc être contre-productif. Enfin, la probable élection du président guinéen, Alpha Condé, 79 ans, en qualité de président en exercice de l’Union africaine est un autre handicap. On voit mal deux septuagénaires originaires de la CEDEAO, à la tête de l’organisation africaine.

Duel au sommet

L’élection devrait se faire entre les ministres des Affaires étrangères kenyan et tchadien. Ces deux personnalités recueillent beaucoup d’avis favorables, au-delà de la zone à laquelle appartient leur pays. La bataille diplomatique pour ces deux candidats n’a jamais été aussi intense et dépasse l’habituel clivage francophone/anglophone.

La ministre kenyane, Amina Mohamed Jibril, âgée de 55 ans, est une experte des relations internationales et une juriste confirmée. Elle bénéficiera du vote de la plupart des Etats de la SADC mais elle aura aussi le soutien de plusieurs Etats francophones de la CEDEAO et de la CEEAC. La question de la réorganisation de l’Union africaine lui fournira des arguments pour sa candidature. En revanche, les questions de Paix et de sécurité seront des atouts pour son challenger tchadien.

Le ministre tchadien, Moussa Faki Mahamat, âgé de 56 ans, a été premier ministre d’Idriss Deby Itno (2003-2005). Il occupe le poste de ministre des Affaires étrangères depuis 2008, ce qui lui a permis de constituer un réseau d’amitiés exceptionnel. Le Tchad lui doit beaucoup pour sa participation au Conseil de sécurité de l’ONU comme membre non permanent (2014-2016) et pour l’élection d’Idriss Deby Itno à la tête de l’Union africaine, en 2016. Moussa Faki Mahamat est un diplomate chevronné qui connaît a fond tous les dossiers cruciaux de l’Afrique : Lybie, Soudan, Soudan du sud, RDC, Centrafrique, Somalie et Maghreb. Grâce à la position géographique de son pays, il participe à quasiment tous les groupes politiques régionaux et peut donc réunir une large adhésion à sa candidature.

Le scrutin ayant lieu à huis clos, pour être élu, il faudra obtenir 36 voix sur 54. Il est probable que trois tours seront nécessaires pour désigner ce cinquième président qui aura la lourde tâche de redonner un lustre à l’Union africaine qui a beaucoup souffert de l’effacement de l’actuelle présidente.

Attitude de Mohammed VI qualifiée de "drôle comédie politique noire"

Le journal égyptien Alnabaa Alwatany a qualifié de "comédie politique noire qui fait rire" l'attitude peu diplomatique du roi du Maroc Mohammed VI avec le président zimbabwéen Robert Mugabe, lors du sommet sur le changement climatique COP22 célébré à Marrakech au mois de novembre dernier.


Selon ce journal, dans une vidéo diffusée par les réseaux sociaux le roi du Maroc apparaît lors de la conférence COP 22 montrant de l'indifférence envers le président du Zimbabwe, Mugabe.


Mohammed VI n'a pas hésité à montrer sa nature grossière et son manque de diplomatie et d'élégance pour exprimer son mécontentement à cause de la position de soutien du Zimbabwe au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Il paraît que sa nature de voyou plaît aux marocains. "Tel père, tel fils", dit l'adage. N'est-ce pas lui qu'ils qualifient de "Père de la Nation"?. 


Malgré ce comportement digne des gamins de la rue, le roi du Maroc a osé présenter une demande d'adhésion à l'Union Africaine sous prétexte qu'il embrasse sa doctrine. Qui risque de le croire après cette anecdote?

Diaspora Saharaui


Les feuilles de l'arbre marocain tombent



Hassan II avait dit que "Le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe". 


Cependant, il semble que ces feuilles ont été coupées par la récente décision de la Cour Européenne de Justice sur l'accord agricole qui lie le Maroc à l'Union Européenne. 


Selon la presse espagnole, la déception de Rabat est telle qu'il a répondu avec le lachage de bateaux remplis d'immigrants clandestins.


"L'arrivée croissante de bateaux aux côtes andalouses depuis mi-décembre répond à la subtile instrumentalisation que le Maroc fait des mouvements migratoires dans ses frontières en fonction du sens de ses relations diplomatiques avec l'Union Européenne", écrit Diario de Sevilla.


Dans un article publié le 8 janvier 2017, le journal espagnol rapporte, se basant sur des "sources consultées", que "il y a eu un relächement notabble dans le contrôle des sorties des bateaux depuis que la Cour de Justice Européenne a décidé le 12 décembre que l'accord agricole de libre échange n'est pas aplicable au Sahara Occidental porque no forma parte del territorio marroquí.


Selon le journal El Faro de Vigo, cette sentence "freine la paranoïa expansionniste marocaine".


"Cette décision est une victoire importante pour le Front Polisiario, et donc pour le peuple sahraoui, et asséne un coup dur au Maroc qui rehagrde comment la plus haute entité judiciaire européenne délimite clairement les frontières du Sahara occidental. Un coup qui vient s'ajouter à d'autres à l'instar de la réponse de l'Union africaine à la demande du Maroc d'adhésion à l'Organisation africaine, dans laquelle elle lui rappelle l'article 29 de sa constitution qui stipule, entre autres, «le respect des frontières existantes au moment de l'accession à l'indépendance », une condition qui ne correspond en aucune façon avec le comportement du Maroc dans la question du Sahara occidental", ajoute le journal galicien.


Le Maroc, isolé, sorte ses dernières armes pour imposer le fait accompli de son occupation du Sahara Occidental au même temps qu'il multipliant les messages de charme : interdiction du burqa, légalisation des subsahariens, démantèlement de cellules terroristes... 


Rabat jouait sur le facteur du temps pour mater la résistance sahraouie. Il est en train de récolter l'effet contraire. Le régime de Mohammed VI perd des points dans un match qui se livre sur le terrain de la légalité internationale.

Diaspora Saharaui

Le défi au Sahara Occidental

L’Espagne s’est retirée de sa colonie du Sahara occidental en 1975. A son départ, elle a cédé de facto les deux tiers du territoire au Maroc et l’autre tiers à la Mauritanie.

Le partage du territoire fut le déclencheur d’un conflit armé avec le Front Polisario, fondé en 1973 par les Sahraouis s’opposant à la colonisation espagnole. Un conflit qui est à l’origine de la crise des réfugiés sahraouis, une crise largement oubliée. 

Pris entre deux feux dès le début du conflit, les Sahraouis ont commencé à s’installer dans des camps de réfugiés au sud-ouest de l’Algérie, près de la ville de Tindouf.

En 1979, la Mauritanie s’est retirée du Sahara occidental. En 1991, le Maroc et le Front Polisario se sont finalement accordés sur un cessez–le–feu et ont accepté une médiation des Nations unies.
« Territoire non autonome en cours de décolonisation »

Aujourd’hui, le processus de décolonisation n’a toujours pas abouti. Selon les Nations unies, le territoire reste un « Territoire non autonome en cours de décolonisation ». Elles continuent de viser un compromis conforme au droit international entre le Maroc et le Front Polisario, concernant les modalités selon lesquelles le peuple du Sahara occidental pourrait exercer son droit à l’autodétermination.

Bien que le cessez-le-feu soit largement respecté, le conflit demeure sans issue. Les Sahraouis qui se sont réfugiés dans le désert algérien continuent donc toujours d’y vivre, tout comme leurs enfants et leurs petits-enfants. Ils se sont organisés en cinq camps, baptisés d’après des villes du Sahara occidental : Laâyoune, Aousserd, Smara, Boujdour et Dakhla.
Environnement hostile et désertique

La société sahraouie est traditionnellement nomade, mais suite au conflit armé, les réfugiés ont été forcés à se sédentariser. Et ce dans un environnement aride et désertique, où les opportunités d’autosuffisance sont quasi-inexistantes.

Le climat dans cette région est extrêmement rude. La chaleur monte jusqu’à 50 degrés Celsius lors des mois de juillet et d’août. En plus de la sècheresse permanente, cette partie du Sahara connait aussi des tempêtes de sable et des très rares mais dévastatrices pluies torrentielles.

L’accès aux nécessités de base comme la nourriture, l’eau, les soins de santé, le logement et l’éducation est très limité. Très isolés géographiquement, les camps n’offrent quasiment aucune opportunité d’emploi. Les réfugiés sont donc fortement dépendants des financements et de l’aide internationale.
Crise prolongée

En 40 ans, la crise sahraouie a progressivement évolué, passant du stade de situation humanitaire « d’urgence » à celui de « crise prolongée ».

Conséquences sur l’équilibre alimentaire

Depuis 1986, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) offre sensiblement le même panier de produits sec mensuel aux réfugiés sahraouis. Le manque de diversification alimentaire depuis de nombreuses années a des conséquences néfastes pour la population.

Selon une enquête du Programme Alimentaire Mondial, 7,6% des enfants de moins de 5 ans et des femmes en âge de procréer (entre 15 et 49 ans) souffrent de malnutrition aigüe, et des maladies comme l'hypertension et le diabète sont très répandues.

Les taux d’anémie et de retard de croissance – principaux problèmes de santé dans les camps depuis des années – augmentent de façon préoccupante.

Citernes inadaptées, eau contaminée

En l’absence d’un système de canalisation d’eau dans les camps, des citernes (dont 80% sont en métal) sont utilisées pour le stockage de l’eau. Selon le Programme Alimentaire Mondial et le Haut-Commissariat des Réfugiés, 4 citernes métalliques sur 10 rendent l’eau impropre à la consommation. Selon ces mêmes estimations, 62% de la population des camps boit une eau à risque de contamination, notamment à cause du mauvais état de ces citernes.

Une jeunesse qui veut prendre sa vie en main

Des nouveaux besoins ont émergés dans les camps, liés au caractère prolongé de la situation. Notamment pour répondre aux attentes d’une jeunesse désireuse de prendre sa vie en main.

Les acteurs humanitaires peinent à mobiliser des bailleurs de fonds pour financer des projets humanitaires, mais également à trouver des financements pour des projets qui répondent à ces nouveaux besoins.

Une vision plus large de la situation par les bailleurs de fonds et les organisations humanitaires pourrait permettre de mieux répondre à la réalité des camps sahraouis.
Trouver une solution durable

Ceci étant, cette seule vision ne pourrait mettre fin à la dépendance à l’aide humanitaire. Celle-ci ne pourra être effectivement résolue sans une solution durable à la crise, basée sur le droit international.

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