Retrait du Maroc et des monarchies du Golfe du sommet afro-arabe Alger et l’Union africaine réagissent

Le retrait du Maroc et de neuf autres pays, issus en majorité des monarchies du Golfe, du Sommet afro-arabe pour protester contre la présence d’une délégation sahraouie, a provoqué de vives réactions. L’Union africaine et l’Algérie ont fait savoir au cours de la même journée, jeudi, que le principe de décolonisation du Sahara occidental est un principe intouchable et qu’il ne saurait être remis en cause par des manœuvres quelconques.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - La première réaction à avoir été enregistrée est celle de l’Union africaine qui s’est exprimée à travers la présidente de la Commission présente au Sommet afro-arabe qui s’est ouvert mercredi en Guinée équatoriale. «Nous continuerons à soutenir les peuples palestinien et sahraoui jusqu’à ce qu’ils recouvrent leurs droits nationaux», a-t-elle déclaré tout en mettant l’accent sur la mobilisation africaine enregistrée au cours de cette rencontre. 
Le retrait du Maroc suivi de neuf autres pays (l’Arabie Saoudite, le Yémen, le Qatar, les Emirats arabes unis, la Somalie, le Koweït, Bahreïn, Oman et la Jordanie) n’a en effet eu aucune incidence sur le déroulement du 4e Sommet afro-arabe ; tout au contraire, et à en croire les propos de cette responsable de l’UA, l’action a eu pour effet de resserrer les rangs des pays africains. L’organisation africaine n’a, d’autre part, pas démenti l’information selon laquelle elle se trouve à l’origine de l’inscription de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sur la liste des participants à ce sommet. Selon des informations rapportées par plusieurs médias étrangers, l’Union africaine a insisté pour que les Sahraouis, qui n’avaient encore jamais pris part aux travaux de la rencontre afro-arabe, soient présents, au moment où le Maroc tente coûte que coûte d’adhérer à l’organisation africaine. Cette demande inattendue avait été accueillie avec méfiance sachant que le Maroc s’était toujours fait un point d’honneur de ne jamais prendre part à des rencontres internationales auxquelles est invité le Front Polisario. Aujourd’hui, son retrait du Sommet afro-arabe pour les mêmes raisons compromet très lourdement ses chances de voir sa candidature acceptée par la commission spécialement mise en place par l’Union africaine pour enquêter sur sa demande. L’agence officielle algérienne APS, qui a dépêché des envoyés spéciaux en Guinée équatoriale, rapporte d’ailleurs que les «pays africains ont rappelé à cette occasion unanimement que les valeurs et principes qui gouvernent l’UA ne sauraient en aucun cas être négociables ou matière à compromis et ont réitéré leur attachement aux idéaux de solidarité active avec les peuples luttant pour leur libération ainsi que pour le processus de décolonisation de l’Afrique (…) la mobilisation africaine en faveur de la position et du statut de la RASD en tant que membre fondateur de l’UA a été davantage confirmée car elle s’est étendue à tous les Etats membres de l’Union africaine y compris les alliés traditionnels du Maroc». Le ministre algérien chargé de la Coopération maghrébine, présent en Guinée équatoriale, a lui aussi réagi en déclarant à divers organes de la presse algérienne (dans une interview à TSA) que «l’Afrique a démontré de la manière la plus unanime que les principes et fondements de son union ne sont pas négociables quel que soit le partenaire». Il ajoute : «La RASD est un membre fondateur de l’Union africaine et aucune adhésion ne peut se faire au détriment du principe fondateur de l’UA. Je crois que tout le monde a bien reçu le message et tout le monde doit bien en tirer les conséquences. Le Maroc a demandé le retrait de la RASD avant de se retirer du sommet, il ne l’a pas obtenu. Dans ce forum qui regroupe une soixantaine de pays, sept se sont retirés, mais 54 pays africains et les deux tiers de la Ligue arabe étaient présents.» 
M. Messahel a, d’autre part, tenu à rappeler que l’Algérie abritera, les 3 et 5 décembre prochain, le Forum d’affaires africain, «le premier du genre à réunir des représentants des gouvernements ainsi que l’ensemble des partenaires économiques».
Le ministre des Affaires étrangères, M. Ramtane Lamamra, n’a pas manqué de réagir lui aussi lors d’un point de presse organisé à l’ambassade d’Algérie à Doha. Dans une déclaration très diplomatique, il a souhaité la «bienvenue au Maroc au sein de l’Union africaine à condition qu’il soit traité sur un pied d’égalité que le Sahara occidental (…) le Maroc serait le bienvenu en tant que 54e membre de l’UA sur un pied d’égalité avec les 54 membres actuels en droits et en devoirs». Le fin mot de la demande d’adhésion du Maroc reviendra, dans quelques jours, à l’UA qui semble, cependant, s’être déjà exprimée sur la question…

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