Moroccoleaks : Fiche sur les Groupes de Consultants et Lobbyistes travaillant pour le Maroc





Un document confidentiel de l’ambassade du Maroc en Ethiopie le confirme : Rabat voulait torpiller l’UA

Le document, non daté, est très récent puisqu’il représente le compte-rendu de la première journée des travaux du Comité Exécutif de l’Union africaine, qui avait eu lieu fin janvier passé, et durant laquelle le Maroc cherchait soit à faire gagner l’Union à sa cause, soit carrément à la torpiller.

Par Ali Oussi :

C’est une véritable bombe que notre journal vient de se procurer. Il s’agit d’un document classé » confidentiel » de la diplomatie marocaine, très probablement daté du mois de janvier passé. Il s’agit d’un rapport adressé par l’ambassade marocaine basée à Addis Abbeba au ministre des Affaire étrangères, Salah Mezouar. On y découvre, ébahis, que le Maroc, non membre de l’UA, y dispose de taupes, de véritables espions. 

Il s’agit, si l’on en croit le contenu du document, du ministre des Affaires Etrangères du Togo ainsi que de l’ambassadeur du Sénégal. Plus grave encore, le Maroc, à distance, manipule des pays membres de l’UA afin d’en évacuer la cause sahraoui. Le document en question rapporte à ce sujet que » d’emblée, la délégation du Sénégal a demandé le retrait du point V portant sur le rapport intérimaire de la Présidente de la Commission sur la situation au Sahara occidental, lors de l’examen de l’ordre du jour de la réunion « . 

Il ajoute que » comme convenu, le Chef de la délégation du Sénégal a lu la déclaration préparée conjointement au nom d’un certain nombre de pays amis préalablement sensibilisés (sic ! donc, corrompus), lesquels sont intervenus pour lui apporter leur soutien. Il s’agit du Gabon, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée, la Gambie, le Benin, le Burkina Faso, Djibouti, la Libye, la RDC, le Congo, les Comores « . Manque de pot pour le Maroc, la rapport ajoute que » d’autres délégations ont réagi violemment à cette proposition. Il s’agit de l’Algérie, le Mozambique, la Tanzanie, le Zimbabwe, l’Angola, la Namibie, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Lesotho, la Zambie, le Botswana, le Soudan du Sud en plus de la pseudo rasd « . 

On notera ici que le document n’accorde même de majuscule à la RASD (République Arabe Sahraouie et Populaire), ce qui trahit toute la haine, et la crainte aussi, qu’il lui voue. A la différence de toutes les réunions précédentes où le Sénégal était seul à intervenir, la question a suscité un débat vif qui a duré prés de deux heures. 

Devant cette impasse, la présidence éthiopienne du Conseil a entériné la proposition de Djibouti de constituer un groupe ministériel restreint présidé par l’Ethiopie et composé de la Mauritanie, l’Afrique du Sud, le Togo, le Ghana, le Burkina Faso et Djibouti. Le rapport poursuit pour trahir carrément la volonté marocaine de casser l’UA à défaut de pouvoir l’amener à soutenir sa politique colonialiste, d’en exclure la RASD afin qu’il puisse par la suite en devenir membre. » Au terme de cette journée, il est permis de tirer les enseignements suivants: En dépit de nos contraintes, nous avons pu mobiliser un bloc important de pays favorables: La division en deux blocs antagonistes a éclaté au grand jour: Le rapport n’a pas été examiné et on peut considérer que ses instigateurs ont été déjugés: Mme Dlamini Zuma a échoué dans son plan visant à avoir une Décision qui n’aurait pu qu’être défavorable notre pays; et Nous avons un répit de quelques mois pour mieux préparer la prochaine échéance et consolider le camp favorable à notre cause. Cependant le camp adverse bénéficiera du même avantage pour mobiliser ses soutiens « .
A.O.

Moroccoleaks : Propositions d'Initiatives Diplomatiques à entreprendre par le MAEC (2015)


A
Monsieur le Secrétaire Général
- MAEC-

Objet : Propositions d’initiatives diplomatiques pour l’année 2015.
Réf. : V/L N°5375 du juillet 2014.

Suite à votre envoi cité en référence, j’ai l’honneur de soumettre à votre appréciation les réflexions et les propositions suivantes à réaliser au cours l’année prochaine:

Propositions à caractère général :

Tout d’abord, il faudrait consolider, renforcer et promouvoir les relations bilatérales avec tous les pays européens, à travers la régularité des :

  • Réunions de Haut Niveau (prévues annuellement avec nos principaux partenaires : France, Espagne, Portugal, Turquie, Russie et Belgique) ;
  • Consultations Politiques (Ministre, Ministre Déléguée, Secrétaire Général et Directoire) ;
  • Commissions Mixtes de coopération (pilotées par le Ministère avec la participation les départements ministériels concernés) ;
  • Echange de visites : au niveau des différents responsables des départements ministériels, des parlementaires et des acteurs économiques.
Conclure un accord de collaboration entre le Ministère et la Maison de l’Artisan pour la promotion des produis d’artisanat et du terroir en Europe à travers les services de nos Ambassades et Consulats Généraux ; 

  • Envisager la possibilité de formation des Imams dans les pays européens ayant une forte communauté marocaine ou une minorité religieuse du pays concerné.

Quelques propositions par pays :

Espagne :

  • Organiser un Forum civil avec la participation des organisations non gouvernementales, les acteurs associatifs, les associations des jeunes, les syndicats, la jeunesse des partis politiques et les associations d'étudiants des deux pays, etc.
Organiser des conférences dans des universités espagnoles sur des thématiques variéesd’interet commun : legs culturel, histoire commune, migration, droits de l’homme, plan d’autonomie comme solution à la question du Sahara, coopération décentralisée..

  • Organiser l’année du Maroc en Espagne, en consacrant une semaine ou dix jours pour chaque communauté autonome espagnole (le moment est propice, les relations sont au beau fixe depuis janvier 2012, la majorité des régions autonomes sont dirigées par le Parti Populaire (PP) ;
  • Organiser une conférence internationale sur l’Alliance des Civilisations en collaboration avec l’Espagne et, éventuellement, la Turquie ;
  • Inviter les experts du prestigieux Think tank espagnol « Real Instituto Elcano à tenir un séminaire au Maroc avec l’Institut Royal des Etudes Stratégiques. Cet institut espagnol avait préparé le rapport « Vers une rénovation stratégique de la politique extérieure espagnole », où il suggère que « l’Espagne pourrait adopter une position proactive pour envisager une solution d’autonomie, véritable et garantie » et appelle Madrid à « soutenir ce plan d’autonomie.
France :

  • Suggérer la mise en place d’un groupe de réflexion sur l’adaptation des instruments de partenariat à la nouvelle donne et aux ambitions des deux pays ;
  • Encourager des partenariats entre les instances et structures constitutionnelles, telles que le Conseil économique, social et environnemental ; le Conseil National des droits de l’homme ; le Conseil de la Concurrence….etc avec leurs homologues françaises ;
  • Organiser des Assises Territoriales entre les autorités locales et régionales des deux pays dans la perspective de la mise en marche de la régionalisation avancée;
Italie :

  • Conclure un Accord de Partenariat Stratégique avec l’Italie, qui prévoit des Réunions de Haut Niveau coprésidées par les deux chefs de Gouvernement ;
Prévoir l’organisation d’un Forum parlementaire à l’instar de ceux créés avec l’Espagne et la France ;

  • Participation du Maroc au Symposium international de la diplomatie culturelle : un espace de la « diplomatie d’influence ou soft diplomacy », qui se réunit annuellement à Rome (édition 2014 : mars-avril) et qui réunit des participants de l’Italie, des pays Balkaniques et de l’Europe du Sud-Est.
  • Organisation d’une « année du Maroc en Italie », à l’instar du « temps du Maroc » en France en 1999. L’Ambassade et les six Consulats Généraux du Royaume ainsi que la communauté marocaine en Italie seront un énorme levier et une grande force mobilisatrice des différents milieux locaux ;
  • Organisation d’un « Media Forum maroco-italien » (à l’instar de ce qui se fait entre l’Italie et l’Egypte et le Liban) : une vitrine multidimensionnelle sur les atouts des deux pays et des deux sociétés. Une importante opportunité pour combler le déficit de communication institutionnelle existant entre le Maroc et l’Italie ;
Organisation d’une conférence au Département invitant certains membres de « l’Association maroco-italienne d’Amitié et de Coopération », dépendant de l’Institut Italien pour l’Asie et la Méditerranée (ISIAMED) à Rome, regroupant des académiciens chercheurs, des ex diplomates et ministres…

Portugal :

  • Prévoir l’organisation d’un Forum parlementaire à l’instar de ceux créés avec l’Espagne et la France.
  • Envisager la présentation officielle la candidature du Maroc pour le statut de membre observateur associé au sein de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP). Le Portugal appuie cette candidature.

Turquie :

  • Développer des consultations politiques bilatérales au niveau du Directoire ;
Créer un Forum parlementaire, à l’instar de ce qui existe entre la Turquie et l’Italie et entre la Turquie et la Russie ;
Envisager la création des Comités sectoriels mixtes comprenant des institutions publics et privés dans des domaines prometteurs, dans l’objectif de renforcer les relations économiques et commerciales entre les deux pays ;

  • Organisation des manifestations conjointes en Europe pour lutter contre l’islamophobie : deux pays de paix, de tolérance, disposant d’un patrimoine culturel important en Europe et d’une forte communauté musulmane dans de nombreux pays européens.
Mettre en place un Centre commun de Dialogue des Civilisations, avec des annexes au Maroc et en Turquie, pour jouer un rôle de premier plan à ce niveau en raison de leur position stratégique dans la carte du monde islamique ;

  • Organiser une année du Maroc en Turquie.
Envisager l’adhésion du Maroc, en qualité de membre observateur, à l’Assemblée Parlementaire des Pays Turcophones (TURKPA), dont le siège se trouve à Bakou ;
Allemagne :
  • Procéder au lancement du nouveau mécanisme bilatéral de coopération, prévue par la déclaration de Rabat (septembre 2013)à l’occasion de la visite du Ministre allemand des affaires étrangères, M. Frank-Walter Steinmeier au Maroc avant la fin de l’année : réunion ministérielle pour coiffer les tous les structures de coopération existant( économique, énergie et coopération au développement)
la création d’un comité de pilotage pour l’identification et le suivi des projets relatifs à la coopération tripartite (Maroc-Allemagne-Afrique). Il sera composé des représentants des Directions Afrique et Affaires européennes, de l’AMCI et de l’Ambassade d’Allemagne à Rabat avec ses différents services concernés (GIZ et KFW) ;


  • La création un Forum d’Affaires ( M. Steinmeier s’était engagé à être accompagné lors de cette visite d’une délégation économique)  d’un groupe d’impulsion économique et d’un Forum parlementaire.
Instaurer un cadre de dialogue et de concertation entre les responsables des dossiers multilatéraux au sein des deux Ministères des Affaires étrangères et au sein de nos missions diplomatiques multilatérales (New-York, Genève, Vienne) en vue de se concerter sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun et de lancer des initiatives au sein des instances onusiennes.

Prévoir l’organisation d’un séminaire ou d’une journée d’information en faveur des pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale pour explorer des actions conjointes (Maroc Allemagne) dans la région en Afrique, liées notamment au développement économique et humain.


Luxembourg :
  • Développer la coopération entre les institutions des deux pays dans le domaine financier pour bénéficier de l’expertise luxembourgeoise en la matière : banques, assurances, bourse...etc.
Pologne
  • Créer une Commission Mixte au niveau des MAE, un Conseil d’affaires et un Forum parlementaire avec ce pays important de l’Europe centrale.
Russie :

  • Ouvrer à la régularité de la tenue de la Commission mixte intergouvernementale (la seule présidée par M le Ministre
  • Renforcer la coopération en matière sécuritaire et miliaire
  • Coopération dans le domaine spatial (entre organismes concernés des deux pays

  • Prévoir l’organisation d’un Forum parlementaire à l’instar de ceux créés avec l’Espagne et la France.

  • Organisation d’une année du Maroc en Russie
Pays des Balkans et pays Baltes

  • Développer des consultations bilatérales au niveau du Directoire avec les Balkans et les pays Baltes ;

  • Créer un Conseil d’Affaires unique avec l’ensemble des Balkans ainsi qu’avec les pays Baltes dans l’objectif de développer et de renforcer les relations économiques et commerciales entre le Maroc et ces pays à petits marchés. 

  • Organiser des missions successives à caractère multisectorielle dans les pays Nordiques, les Balkans et les pays Baltes, dans une période d’un mois, (Par exemple : commencer par des journées culturelles, suivies d’une mission commerciale d’hommes d’affaires ciblées, suivie d’une délégation parlementaire, suivie d’une exposition vente des produits d’artisanat marocain…etc. Ces missions pourraient être enrichies par conférences débat, séminaires, participation à un think tank et rencontres B to B entre opérateurs économiques;

Pays nordiques :

La société civile dans les pays nordiques est particulièrement forte et influente sur la scène politique nationale et internationale.

Les gouvernements de ces pays subissent des pressions de la société civile, des ONG, des parlementaires, des partis politiques et surtout la jeunesse de ces partis, qui sont particulièrement sensibles aux thèses des séparatistes, d’où la nécessité de mener des actions pour faire connaître les avancées du Maroc en général et la situation dans nos provinces du sud en particulier, relativement peu connus dans ces pays:
  • Organiser des visites de travail de membres du CNDH, de l’AMDH et du DIDH dans ces pays pour les sensibiliser sur la situation des droits de l’Homme au Maroc, et notamment dans nos provinces du Sud / Organiser des Conférences, séminaires et expositions sur le développement dans nos provinces du sud ;
  • Renforcer les relations entre les institutions parlementaires, les partis politiques (et notamment avec la jeunesse de ces partis) ainsi qu’entre les institutions des deux pays  dans le domaine de la bonne gouvernance et des droits de l’Homme;
  • Mettre en place des mécanismes pour tisser des contacts entre les ONG des deux pays notamment celles qui œuvrent dans les domaines des droits de l’Homme, et de la promotion de la condition de la femme, de manière à renforcer la compréhension mutuelle ;
  • Initier une coopération entre et leurs vis à vis nordiques
  • Organiser une caravane composée exclusivement de femmes (parlementaires, entrepreneurs, dans le domaine associatif…), pour souligner le rôle important que joue la femme marocaine dans notre société, et les droits dont elle jouit ;
  • Développer les contacts entre les journalistes et acteurs de l’information marocains avec ceux des pays nordiques, sachant que les médias de ces pays sont particulièrement sensibles aux thèses des séparatistes ;
  • Etablir des Commissions Mixtes avec ces pays dans des domaines ciblés, à l’instar de la commission consulaire entre le Maroc et la Norvège ;
  • Créer des Conseils d’Affaires avec la Norvège, la Finlande et le Danemark, pour développer les échanges commerciaux et identifier les opportunités d’investissements au Maroc, à l’instar du Conseil d’Affaires avec la Suède.
  • Envisager l’adhésion du Maroc en tant que membre observateur dans le Conseil de l’Arctique ;
  • Organiser un séminaire sur le thème de « l’initiative marocaine d’autonomie pour les provinces du Sud » en collaboration avec l’Institut Ahtisari pour la Paix et les autorités de la province autonome de d’Aland. L’objectif est de mettre en exergue la similitude entre le modèle d’autonomie des îles d’Aland qui a permis de régler ce différend territorial entre la Suède et la Finlande ;

  • Organiser en Finlande un séminaire sur le dialogue des civilisations, thématique à laquelle les dirigeants finlandais accordent un intérêt majeur. 

Afrique :

  • Envisager la possibilité d’institutionnaliser un Forum Maroc-Afrique Subsaharienne, à organiser chaque deux ans ;

  • Envisager la possibilité de créer une zone de libre échange avec les pays de l’Afrique Subsaharienne amis du Maroc ;
  • Revoir le statut de l’AMCI de manière à ce qu’elle devient une agence modèle de coopération internationale au développement orientée, au début, vers l’Afrique dans la perspective d’étendre ses actions aux continents Latino-Américain et Asiatique ;


  • Créer des Comités Mixtes multisectoriels avec les principaux partenaires européens du Maroc pour le développement de la coopération triangulaire en Afrique de l’Ouest.

                                      -----------------------------------------------------

Plan d'action pour les postes consulaires 2014-2018





Demande d'adhésion à l'UA: Paris, Rabat en connivence

par Kharroubi Habib

Sur la question du Sahara occidental le Conseil de sécurité de l'ONU est paralysé par la France qui menace systématiquement d'user de son droit de veto contre tout projet de résolution trop ferme ou franchement contraignant pour le Maroc dont elle soutient la prétention annexionniste sur ce territoire sans pour autant avoir officiellement reconnu la souveraineté qu'il exerce de facto depuis qu'il l'a occupé. 

Sans cet appui que Paris prodigue à Rabat, le roi et le Makhzen auraient cessé depuis longtemps de narguer la communauté internationale en s'entêtant dans le refus d'organiser comme préconisé par elle la consultation référendaire de la population sahraouie afin qu'elle se prononce sur le statut qu'elle veut pour elle et son territoire. Se sachant ainsi protégés, ils font montre d'arrogance voire de provocation envers quiconque conteste leur thèse de la marocanité du Sahara occidental. 

Le message que Mohammed VI a adressé au sommet de Kigali des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine a permis de mesurer à quel point ce monarque se pense en droit de tancer et faire la leçon à ses homologues africains dont les Etats ont eu l'« outrecuidance » de ne pas avoir admis le « bien-fondé » de l'occupation par le Maroc du Sahara occidental. Il faut reconnaître qu'il a été encouragé à se montrer « paternellement fouettard » à leur égard par l'adhésion d'un groupe d'Etats du continent à la thèse de la marocanité du Sahara occidental. 

La position de ces Etats n'émane pas de la conviction que l'histoire et la volonté du peuple sahraoui légitimeraient cette thèse à laquelle Rabat s'accroche. Elle découle de leur suivisme servile sur celle de leur ex-puissance colonisatrice la France qui ne leur ayant octroyé qu'une indépendance formelle continue à leur dicter leurs conduites. Il n'y a pas de doute que le message de Mohammed VI au sommet de Kigali de l'Union africaine est une séquence d'un plan arrêté en concertation par Rabat, Paris et les capitales de ces pays subsahariens encore sous tutelle française néocoloniale et visant à briser le consensus africain de reconnaissance de la RASD en tant qu'Etat indépendant. 

Il apparaît à première vue que Paris n'aurait rien à voir avec l'offensive diplomatique engagée de concert par le Maroc et ces Etats subsahariens. Mais de fait la diplomatie française en a été le véritable chef d'orchestre et si elle a joué ce rôle dans la discrétion absolue, c'est pour entretenir l'illusion que la France s'en tiendrait à sa position officielle de soutien à la solution onusienne de résolution du conflit du Sahara occidental. L'idée que le Maroc sollicite son adhésion à l'Union africaine pour permettre à ces mêmes Etats africains sous influence française de s'en prévaloir pour soutenir qu'elle doit automatiquement s'accompagner du retrait à la RASD d'Etat membre de l'organisation a été convenue entre Paris et Rabat. Il n'est pas fortuit que la perspective d'un changement de la position marocaine à l'égard de l'Union africaine a commencé à être évoquée par des « médias français » que l'on sait avoir leurs entrées au Palais royal et à l'Elysée dans le sillage des fréquentes visites officielles ou « privées » que le monarque marocain a effectuées à Paris fin 2015 et courant de cette année en cours. 

Toute l'Afrique et même tous les Etats que Paris considère comme faisant partie du « pré carré » français sur le continent ne sont assujettis à sa tutelle et n'accepteront pas en conséquence de se renier en opérant le revirement sur la question du Sahara occidental que les supplétifs subsahariens de la France ont voulu leur vendre.


http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5231842

Moroccoleaks : Informations relatives au Maroc sur le site web du MAE suisse


Moroccoleaks : Eléments d'information sur la récente visite du président du CICR à Alger (20/06/2013)


Moroccoleaks : Note sur l’UMA dans le cadre du dialogue stratégique Maghreb-USA










Sahara occidental : Ould Salek démystifie les dérives de la diplomatie marocaine

Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed-Salem Ould- Salek, revient longuement sur l’agitation du Maroc et de ses lobbies autour d’une prétendue adhésion à l’Union africaine et son action qui continue pour tenter de discréditer la Question sahraouie au niveau international.

Dans une longue interview à Algeriepatriotique, Ould-Salek explique qu’ après être «revenu sur sa décision qu’il considérait comme souveraine et irrévocable, concernant l’expulsion de la composante politique et civile de la Minurso, le Maroc essaie de détourner l’attention de son opinion publique». «Mais il vise, aussi, à créer toute une confusion sur la scène internationale, en avançant, comme pretexte, au moins 28 pays de l’UA veulent le retour du Maroc au détriment de la République sahraouie. Il faut observer ceci : le Maroc parle de retour, alors qu’il n’était pas membre de l’Union africaine. Cette dernière possède une loi fondamentale qui stipule que pour être un membre de l’UA, il faut d’abord respecter les frontières héritées de l’époque coloniale. Ce qui n’est pas le cas du Maroc, qui est le seul pays, comme Israël, à ne pas respecter les frontières de son voisin», précise le MAE sahraoui. il ajoute qu’un autre principe «consiste à accepter à l’avance la non-utilisation de la force et refuser l’occupation des territoires d’autrui. 

Le Maroc occupe une partie des territoires sahraouis. Il y a aussi une procédure inscrite dans l’Acte constitutif de l’UA stipulant qu’un pays qui sollicite l’adhésion à l’UA doit envoyer une demande à la Commission de l’Organisation. Cette dernière doit vérifier si le demandeur respecte les principes et les objectifs de l’UA. Si rien, dans cette demande, n’est contraire à l’Acte constitutif, la Commission l’envoie aux capitales des pays membres. Quand la Commission reçoit les réponses positives de la majorité des membres, elle l’annonce au pays sollicitant son admission. Lorsque le demandeur est accepté, il doit venir au siège de l’Union pour signer l’Acte constitutif, l’endosser ensuite par son Parlement, et le signer par la plus haute autorité du pays. Étape suivante, le demandeur doit déposer les instruments de ratification au siège de l’UA, à Addis-Abeba». Si le Maroc a annoncé son intention d’adhérer à l’UA, il doit d’abord, pour «démontrer sa bonne volonté, l’exprimer et la matérialiser à partir de pas concrets qu’il n’a pas faits», souligne par ailleurs le chef de la diplomatie sahraouie, relevant qu’il s’agit d’une «manœuvre dilatoire» de propagande et de fausses informations.

Sur le moment choisi par Maroc pour faire diversion Ould-Salek estime que le «Maroc se retrouve de plus en plus isolé. Il bénéficiait, depuis 1975, de soutiens financiers qui viennent du Golfe, jusqu’à aujourd’hui d’ailleurs, qui alimentent la guerre, et d’un soutien politique et diplomatique d’un certain nombre de pays d’Europe et des États-Unis. Ce soutien n’existe plus». «La position française au sein de l’Union européenne devient minoritaire. Et avec l’intégration qui se renforce au sein de l’Europe, les Français commencent à avoir des problèmes avec leurs partenaires européens. Le statut accordé au Maroc, qui lui a été donné par la France et l’Espagne, qui l’ont imposé à l’Union européenne, commence à avoir des effets négatifs pour le Royaume et pour ses partenaires», -a-t-il dit. 

«Toutes les organisations des droits de l’Homme sur les scènes africaine, européenne et américaine, accusent le Maroc, non seulement de violation des droits de l’Homme mais aussi de commettre des crimes de guerre. À ce sujet, le tribunal suprême espagnol a accusé le Maroc d’avoir commis un génocide contre le peuple sahraoui. Les Parlements nationaux et le Parlement européen exigent que le Maroc se conforme au Droit international, qu’il accepte le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, et qu’il se soumette au référendum qu’il a accepté en 1991. Il y a une pression énorme sur le Maroc, sur les gouvernements européens et la Commission européenne», a-t-il encore dit. Pour le ministre sahraoui cette «bataille, au sein de l’UE, est renforcée aujourd’hui par une confrontation sur le plan juridique. Le tribunal du Luxembourg a annulé l’accord signé entre l’UE et le Maroc sur les produits agricoles. Le Maroc est en perte de vitesse, dès le moment qu’il refuse de reconnaître les frontières de ses voisins, qu’il alimente la région maghrébine, l’Afrique et l’Europe en drogue, sans omettre le fait que les actes terroristes perpétrés à Madrid, Paris et Bruxelles sont fomentés par des Marocains» La propagande en France et en Espagne, qui présente le Maroc comme étant un pays stable, avec un islam modéré, ne trouve plus de tribune, ajoute-t-on à cela la revendication du peuple marocain pour plus de démocratie».

Décortiquant l’action du Maroc, le chef de la diplomate sahraouie relève que les «méthodes du régime alaouite sont connues : dévier l’attention des Marocains, essayer d’inculquer un chauvinisme désastreux au peuple marocain, en lui mentant sur l’origine des problèmes, et en essayant toujours de reporter cela sur le Front Polisario et l’Algérie, et sur tous ceux qui soutiennent la Cause sahraouie». «Le fait qu’il soit revenu sur ses décisions qu’il considérait comme étant souveraines et irrévocables, et qu’il ait été obligé, finalement, de se soumettre, dénote la situation très difficile dans laquelle se trouve le Makhzen. Il est passé maître dans la falsification des faits pour détourner l’opinion de son peuple», a-t-il dit .

À propos des lobbies payés par le Maroc sur notamment les dividendes du trafic de drogue, Ould-Salek indique «qu’il y a des personnes qui se disent experts. On les retrouve dans les publications de l’Agence de presse marocaine. Le Maroc a créé des lobbies aux États-Unis, en Europe, en Afrique et même en Asie pour donner l’illusion à son peuple qu’il profite d’une certaine solidarité. Le Maroc vient d’acheter douze sociétés de lobbying très influentes à Washington. Et la presse marocaine ne le cache pas. Il y a, également, des groupes soutenus par certains pays, à l’image des lobbies sionistes d’Israël. Et, il y a des politiciens français et espagnols qui sont payés par le Maroc. Un exemple, l’ancien Premier ministre de l’Espagne, Felipe Gonzales, fait du lobbying pour le Maroc en Amérique latine, ainsi que son successeur à la tête du Parti socialiste, Zapatero.
M. B.


50 millions d’euros « remis » au Sénégal en échange d’un soutien pour le retour du Maroc au sein de l’U.A : le Pds demande à Macky Sall de l’édifier

Le Parti démocratique sénégalais est fou de rage. A l’origine, la réception, par le Président de la République, des travaux conçus par son prédécesseur Abdoulaye Wade, sans qu’il ait pris le soin « d’expliquer aux Sénégalais la paternité des ouvrages réceptionnés ». 

Autre raison de la colère noire des libéraux : « une somme de 50 millions d’euros qui serait remise au Sénégal en échange d’un soutien pour le retour de ce pays ami au sein de l’Union Africaine et une exclusion de la soit-disant République Arabe Sahraouie Démocratique ».

Et pour laquelle somme, Me Abdoulaye Wade et ses hommes demandent des comptes au Chef de l’Etat Macky Sall. Voici le communiqué parvenu, à ce sujet, à Actusen.com.

Intégralité du communiqué

« Macky SALL et son régime viennent d’inaugurer avec beaucoup de folklore et de tintamarre des infrastructures dont une bonne partie a été conçue, financée et les travaux entamés par Me Abdoulaye WADE, secrétaire général national de notre parti.

Ces infrastructures inspirées par le prédécesseur de l’actuel Chef de l’Etat à Dakar et dans sa banlieue, constituent le prolongement de tout ce qui a été fait, entre 2000 et 2012, pour moderniser notre capitale.

Même si la continuité de l’Etat justifie que l’actuel Président de la République réceptionne les travaux conçus par Abdoulaye WADE, il est plus juste, en respect du principe de bonne gouvernance, de transparence et de vertu, d’expliquer aux Sénégalais la paternité des ouvrages réceptionnés.Après plus de 4 ans d’exercice du pouvoir à la tête du Sénégal, Macky SALL est toujours incapable de montrer aux Sénégalais ses propres réalisations et des résultats concrets.

À l’occasion de ces inaugurations politiciennes le Chef de l’État, Macky SALL, a cru devoir quitter sa posture républicaine pour se placer sur le terrain des invectives contre l’opposition tout en s’en prenant à l’ancien régime socialiste qu’il semble, à l’occasion, traiter de « nullard » incapable de construire un simple échangeur fonctionnel, faisant référence au ‘’pont Sénégal 92’’.

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) dénonce ces comportements qui manquent de hauteur et qui déshonorent leur auteur.

Le PDS dénonce également la poursuite effrénée des politiques d’intolérance et de recul de notre démocratie marquées encore une fois par de graves violations des libertés fondamentales,notamment les interdictions de meeting et rassemblements initiés par des adversaires politiques, dont les animateurs de la coalition « Tawawu Ndakaaru », comme ce fut toujours le cas ces dernières années contre les manifestations du PDS. 

Notre parti dénonce aussi les sanctions ignobles contre des fonctionnaires, notamment Ousmane SONKO, inspecteur des impôts et secrétaire général de parti, qui n’ont que le tort d’être membres ou à la tête de partis politiques au moment où honteusement le Chef de l’Etat en personne demande à d’autres fonctionnaires d’avoir des résultats politiques positifs pour espérer maintenir des avantages administratifs ou de carrière.

Il exige la réintégration immédiate et sans délais de Ousmane Sonko et qu’il soit mis un terme aux harcèlements et persécutions dont il fait l’objet. Le PDS est particulièrement préoccupé et s’inquiète des changements soudains et injustifiés à la présidence de l’OFNAC qui a procédé à des enquêtes mettant en cause des membres de la famille présidentielle et d’autres éminents membres du parti au pouvoir fortement soupçonnés de fraude ou de corruption.

Le PDS dénonce vigoureusement les entraves faites pour empêcher cette structure chargée de veiller à la transparence et à la gestion vertueuse des hommes investis de missions publiques de mener à bien sa mission de lutte contre la corruption.

Ces changements soudains à la tête de l’OFNAC combinés à la réactivation illégale d’une juridiction d’exception violant les droits fondamentaux, la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) dirigée par des magistrats sélectionnés par le Chef de l’Etat, finissent par démontrer que la politique de reddition des comptes et de lutte contre la corruption pompeusement appelée lutte contre les biens mal acquis ne constituait en réalité qu’un moyen de liquider la principale formation d’opposition et de neutraliser son candidat aux prochaines élections présidentielles.

La politique de prédation de nos ressources, d’accaparement et d’absence totale de transparence et de vertu explique que des proches du pouvoir, manquant totalement de dignité, se précipitent pour faire main basse sur les terrains saisis sur Ibrahim Aboukhalil dit Bibo BOURGI et se les partager.

C’est aussi avec beaucoup de tristesse que notre parti a appris l’arrestation de personnes vivant avec de sévères handicaps arrêtées pour mendicité un vendredi alors qu’elles venaient de la mosquée. Cet acte insensé heurte la conscience de notre nation qui chaque jour manifeste solidarité et compassion à ces personnes que la loi d’orientation sociale protège en proclamant la nécessité de leur réinsertion sociale.

Malgré la qualité exceptionnelle de nos relations avec le Maroc, pays frère, le PDS interpelle Macky SALL à propos des révélations faites par la presse étrangère concernant une somme de 50 millions d’euros qui serait remise au Sénégal en échange d’un soutien pour le retour de ce pays ami au sein de l’Union Africaine et une exclusion de la soit-disant République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). Pour la crédibilité de notre pays qui n’a jamais monnayé son soutien au Royaume Chérifien ami, l’opinion doit être informée et rassurée.

Le PDS est également préoccupé par la situation qui prévaut dans le monde rural marquée par un retard dans la distribution des intrants, entre autres engrais et semences de qualités, alors qu’il pleut presque partout.

Enfin, le Parti Démocratique Sénégalais demande à Macky SALL de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard, mais surtout de se mettre au travail en s’inspirant de Maître Abdoulaye WADE que le tout le monde reconnaît comme le bâtisseur d’un Sénégal nouveau ».

Fait à Dakar, le 29 juillet 2016

Oumar SARR, SGA

Pour le Comité Directeur


La lettre du roi du Maroc à l'Union africaine: un tissu d'insanités injurieuses




Des informations au sujet d'un "retour" imminent du Maroc ont inondé la toile ces derniers jours, conduisant les médias marocains à inventer des scènes et des scénarios, qui n'existent que dans l'esprit de leurs auteurs, sur la prétendue participation victorieuse d'une délégation marocaine à l'ouverture du 27e Sommet de l'Union africaine, tenu les 17 et 18 juillet à Kigali, Rwanda. Divers médias marocains ont prétendu que cette délégation a fait un discours devant le sommet, ce qui n'est pas vrai. En lieu et place, c'est une lettre très longue et incroyable du roi du Maroc, Mohamed VI, qui a été remise, le dimanche 17 juillet, au président tchadien et président en exercice de l'Union africaine (UA), Idriss Déby Itno, par le Président du Parlement du Maroc, M. Rachid Talbi Alami.

La lecture de cette lettre a été un exercice douloureux, pour moi, d'abord comme Africain et ensuite comme Sahraoui, car c'était tout simplement un long message désagréable du Maroc, plein de déclarations arrogantes et injurieuses envers les Africains, l'Organisation de l'unité africaine (UA) et aussi l'Union africaine.

Dans les paragraphes qui suivent, nous allons essayer d'attirer l'attention du lecteur sur les principaux «insultes», «mythes / mensonges" et "conditions" du roi du Maroc contenus sans vergogne dans sa lettre, qui devait être une demande formelle de son pays à rejoindre à l'UA, mais s'avère être un étrange monologue égocentrique contenant des insultes ouvertes et arrogantes contre l'UA , ses pères fondateurs et États membres et des informations erronées destinées à induire en erreur le public marocain plus que tout autre pour lui donner l'illusion que l'Afrique ne peut pas survivre sans le Maroc.

Un rappel nécessaire

Le royaume marocain a quitté volontairement et officiellement l'OUA en 1984 pour protester contre la reconnaissance par l'organisation continentale de la République sahraouie. De fait, les pères fondateurs africains ont travaillé dur puis pendant plus d'une décennie à décoloniser de nombreuses colonies africaines restantes, y compris le Sahara occidental. Lorsque l'Espagne s'est retirée à la hâte et de manière irresponsable de sa colonie pour la livrer lâchement, vulnérable et non-décolonisée, à l'occupation maroco-mauritanienne, l'Afrique a été choquée et a essayé de faire de son mieux pour convaincre les deux pays africains de mettre fin à cette aventure et de permettre au peuple sahraoui de retrouver sa liberté. La Mauritanie s'est rapidement retirée de cet acte injuste de colonisation, alors que le Maroc a persisté dans son mépris et son rejet de toutes les initiatives des leaders africains de 1975 à aujourd'hui.

Dans de nombreuses réactions aux positions et tentatives africaines pour résoudre le conflit, les responsables marocains, y compris les plus haut, ont généralement sous-estimé et même insulté les institutions et personnalités africaines, dont le dernier en date est l'envoyé spécial de l'UA, le Président Chissano, ou les dirigeants qui ont pu exprimer des opinions positives sur la question.

Dernièrement, il a été chuchoté par les médias marocains, et même certains médias africains et européens, que le royaume revient à l'UA pour occuper sa place parmi les nations africaines, après avoir été le seul pays africain à rester en dehors du groupe panafricain. Ces sources ont également dit que le roi a été convaincu par un grand nombre de dirigeants africains et d'amis de partout dans le monde que la politique de la chaise vide n'apporte aucun bénéfice pour le Maroc, et que le royaume doit donc œuvrer au «retour» à l' organisation africaine. Ainsi, des débats informels ont eu lieu au sein de l'élite africaine sur la question et de nombreux points de vue ont été diffusés, mais jamais exprimés officiellement.

Certains ont dit qu'en aucune manière l'Afrique ne peut accepter l'adhésion du Maroc car c' est un État colonial occupant militairement un État membre de l'Union africaine, la République sahraouie. Ils soutiennent que l'Afrique et les Africains ont rejeté l'adhésion de l'Afrique du Sud pendant des décennies en raison de son régime d'apartheid et de la répression massive et criminelle que le régime perpétrait contre nos sœurs et frères sud-africains, et de son exploitation illégale des ressources de la Namibie. Ces panafricanistes inconditionnels considèrent que le Royaume du Maroc n'a pas sa place parmi les nations libres de l'Afrique à moins qu'il ne termine son occupation illégale et la colonisation des territoires occupés de la République sahraouie. Ils croient que le fait que le Maroc soit une nation africaine ne peut pas conduire les Africains à tolérer ou à modérer leurs positions, parce que la colonisation et l'occupation sont les mêmes, quel que soit le colonisateur.

D'autres disent qu'au contraire Maroc est un État africain important et qu'il doit revenir à l'Union africaine. Ils croient en outre que le Maroc est capable d'apporter beaucoup à l'organisation et a beaucoup de bonnes expériences à partager. Mais, ils oublient peut-être que si ce pays devient membre, il sabotera toute résolution possible du long conflit au Sahara occidental. Il va même faire en sorte de détruire et de diviser l'organisation de l'intérieur avec toutes ses stratégies notoires et établies de corruption et d'espionnage. On peut facilement se référer aux information de Wikileaks sur les méthodes utilisées par l'ancien ambassadeur du Maroc au Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour avoir une idée sur le sabotage possible que le Maroc mènera certainement au sein de l'UA s'il en devient membre.

Un troisième avis est qu'il peut être bon d'avoir le Maroc dans la sphère africaine afin que les Africains puissent exprimer facilement et ouvertement leurs opinions aux responsables marocains qui ont toujours refusé d'écouter tout point de vue qui critique ou condamne l'expansionnisme colonial marocain. Et ils soutiennent qu'au fond l'entrée même du Maroc à l'UA serait une claire reconnaissance de la République sahraouie comme un fait irrévocable et servirait même à convaincre de nombreux États de reconnaître le gouvernement sahraoui.

Maintenant, le Maroc a mené une vaste campagne en Afrique, ciblant tous les pays influents, y compris les partisans les plus proches de la liberté des Sahraouis comme l'Algérie, le Nigeria et le Kenya pour ne mentionner que ces trois pays qui ont été officiellement mentionnés par les médias marocains. Mais, la lettre du roi dont les médias ont parlé toute cette semaine s'avère n'être qu'un long texte qui suggère que l'Afrique sans le Maroc n'est et ne sera rien, plein d'insultes envers les pères fondateurs, l'OUA et l'UA.

D'autre part, le Maroc met une condition dans sa lettre contre la présence de la République sahraouie; demain, nous ne savons pas contre quel autre État membre il pourrait demander la même chose. Nous aurons aussi en tant qu'organisation à créer une catégorie permanente d'États d'Afrique ayant le droit de veto, et bien sûr, si on lit entre les lignes, le Maroc se considère comme le pays ayant droit à ce statut.

Quand le roi en rajoute dans l'insulte

Dans ce qui suit, nous allons essayer d'être très bref dans nos commentaires des insultes et des informations trompeuses et irrespectueuses contenues dans les déclarations du roi dans sa lettre à l'UA. Pour couronner le tout, les Marocains ont fait publier avec arrogance la lettre par l'agence officielle de presse MAP, comme si c'était une lettre ouverte et non une lettre officielle spécialement adressée aux responsables de l'UA et aux chefs d'États et de gouvernements.

Insultes aux institutions, décisions historiques et points de vue de l'OUA / UA :

".... sur la question du Sahara, l’Afrique institutionnelle ne peut supporter plus longtemps les fardeaux d’une erreur historique et d’un legs encombrant. "(L'erreur ici est l'adhésion de la République sahraouie).

«Cet impératif éthique rejette et condamne les errements du passé et les actes à contre-courant du sens de l’histoire." (Je ne peux pas imaginer une plus grave insulte à toute l'histoire et aux réalisations panafricaines. Le Maroc estime ici que les pères fondateurs de l'OUA n'a pas été assez matures quand ils ont décidé de reconnaître la République sahraouie.)

" L’Union africaine, n’est-elle pas en contradiction évidente avec la légalité internationale ? puisque ce prétendu État n’est membre ni de l’Organisation des Nations Unies, ni de l’Organisation de la Coopération Islamique, ni de la Ligue des États arabes, ni d’aucune autre institution sous-régionale, régionale ou internationale ? » (on se demande à quelle légalité internationale le Maroc se réfère. On peut aussi se demander si le roi sait que la RASD est empêchée d'obtenir l'adhésion à de nombreuses organisations internationales, car son territoire est encore colonisé!)

"L’Union africaine se trouve aussi en total décalage avec l’évolution de la question du Sahara, au niveau des Nations Unies. Un processus est en cours, sous la supervision du Conseil de Sécurité, pour parvenir à une solution politique définitive de ce différend régional. »(Le processus même que le Maroc n'a jamais cessé d'entraver)

Pire encore, le roi estime que «L’UA ne peut donc, seule, préjuger de l’issue de ce processus " !! Comment peut-il tirer cette conclusion? Est-ce qu'il attend des Africains qu'ils soutiennent le colonialisme sur leur propre continent?

De plus, il aggrave l'insulte, ajoutant que " L’histoire retiendra cet épisode comme une tromperie, un détournement de procédures, au service d’on ne sait quels intérêts. Un acte comparable à un détournement de mineur, l’OUA étant encore, adolescente à cette époque. » (Parce qu'il semble que Sa Majesté considère nos pères fondateurs et l'OUA comme adolescents et immatures quand ils ont décidé de s'opposer à l'aventure coloniale marocaine).

Pour le roi la décision de l'OUA de reconnaître la RASD est un «[un] fait accompli immoral, [un] coup d’état contre la légalité internationale, [qui] ont amené le Royaume du Maroc à éviter la division de l’Afrique au prix d’une douloureuse décision, celle de quitter sa famille institutionnelle.».

"Le peuple marocain, unanime, et l’ensemble de ses forces ont estimé inacceptable cette adhésion, par effraction et connivence, d’une entité non souveraine."

Insultes aux États membres de l'UA:

Le Maroc cherche à adhérer à l'Union africaine, mais il persiste à insulter les États membres qui n'adhèrent pas aux revendications coloniales de Rabat et au fait accompli au Sahara occidental.

Il a insulté la République sahraouie, membre fondateur l'UA: " Il est, en effet, difficile d’admettre que le Royaume, Nation pérenne et ancestrale, soit comparé à une entité ne disposant d’aucun attribut de souveraineté, démunie de toute représentativité ou effectivité.. "(donc, si le Maroc devait revenir à l'UA, les Africains devraient lui donner un statut spécial dans l'organisation parce qu'il a finalement décidé d'avoir la modestie et l'humilité d'accepter de rejoindre notre organisation dégradée et malade. il ne peut pas être comparé à d'autres membres, et surtout pas à la République sahraouie, qui est sous sa domination coloniale. On croit entendre ici les vieilles déclarations arrogantes des puissances coloniales européennes dans les années soixante et au-delà.)

Le roi insulte également tous les autres pays qui soutiennent les droits légitimes des Sahraoui à la liberté, les accusant d'être racistes: «Malgré ces évidences, certains pays continuent de prétendre que le Maroc n’a pas vocation à représenter l’Afrique, parce que sa population ne serait pas majoritairement noire. "

" Même parmi les 26 pays qui s’étaient placés dans le camp de la division en 19844 ... » (Ce qui signifie qu'un pays africain n'est dans le bon camp que s'il soutient les rêves coloniaux marocains, sinon, il est dans le camp de division?)

Stratégie marocaine à venir pour détruire l'UA de l'intérieur:

" Le temps est venu d’écarter les manipulations, le financement des séparatismes, de cesser d’entretenir, en Afrique, des conflits d’un autre âge."

" Agissant de l’intérieur, il contribuera à en faire une organisation plus forte, fière de sa crédibilité et soulagée des oripeaux d’une période dépassée.."

«Par cet acte historique et responsable, le Maroc compte œuvrer, au sein de l’UA, en vue de transcender les divisions."

Toutes ces déclarations indiquent que le Maroc est maintenant convaincu qu'il doit entrer dans l'UA pour la faire sauter de l'intérieur, puisqu'il n'a pas pu la faire revenir sur sa position de principe sur le Sahara occidental de l'extérieur. Il convient de rappeler ici que le Maroc n'a jamais cessé de créer et d'encourager toutes sortes de structures, de conférences ou d'initiatives continentales pouvant diviser les Africains, ou de donner des pouvoirs continentaux à des structures alternatives à l'UA. Le débat au sein de l'UA sur les différents partenariats est juste un petit exemple révélateur, étant donné que le Maroc a toujours fait en sorte que tous les partenaires traitent avec l'Afrique État par État au lieu de traiter avec l'UA en tant qu'union.

Déclarations trompeuses:

«Un pays dont l’engagement en faveur des justes causes n’est plus à démontrer. Un pays qui a toujours été et sera toujours, animé par une foi inébranlable en une Afrique forte de ses richesses et potentialités économiques, fière de son patrimoine culturel et cultuel et confiante en son avenir. "(Je me demande quand cela a jamais été le cas. Le Maroc colonise un État membre africain, a toujours soutenu les conspirations coloniales en Afrique, a toujours soutenu la plans néocoloniaux français en Afrique du Nord, a abandonné les Africains au cours des décennies les plus critiques de la vie de l'OUA etc.)

"Enfin, fidèle à sa tradition de solidarité et à son aspiration à la paix dans le monde, le Royaume du Maroc n’a pas cessé, depuis son départ de l’OUA, de prendre de multiples initiatives en faveur de la stabilité et la sécurité." !! (C'est sans doute la raison pour laquelle le Maroc a des problèmes avec tous ses voisins : L'Algérie, la Mauritanie, le Sahara occidental, même certains pays européens, avec l'ONU, l'Afrique du Nord, l'UE etc. L'Afrique du Nord est la seule région en Afrique qui n'a jamais réussi à construire une véritable union régionale, justement à cause des tendances expansionnistes et revendications territoriales du Maroc sur tous ces pays au cours des années soixante-dix.)

" C’est le cas, tout particulièrement, des questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme. L’expérience marocaine, largement reconnue sur le plan international et sollicitée par de nombreux pays – y compris européens – serait mise au service de la sécurité et de la stabilité de tous les pays africains, notamment ceux de l’Afrique de l’Ouest et Centrale." (Le Maroc est considéré par l'ONU comme le plus grand producteur et exportateur de cannabis. Il est bien connu que cette production et ce commerce criminel injectent des milliards de dollars dans les boîtes noires marocaines et de nombreuses sources accusent les responsables marocains de participer à ces trafics. Tout le monde s'accorde à dire que le trafic de drogue finance le terrorisme et le crime organisé, alors comment la déclaration mentionnée ci-dessus peut être pertinente ? Un très grand nombre de terroristes sont originaires du Maroc et membres dans toutes sortes de groupes terroristes etc.)

Enfin, le roi persiste et signe : "[le Maroc] est confiant dans la sagesse de l’UA, pour rétablir la légalité et corriger les erreurs de parcours. Comme le dit le proverbe : « La vérité n’a point d’autre preuve de son existence que l’évidence ». " Pour lui, le Maroc rejoindra à l'UA à la condition que celle-ci répare une injustice présumée en expulsant la République sahraouie de l'Union africaine et en ouvrant la voie à l'entrée d'un grand Maroc éclairé. Parce que, selon lui, et «Après réflexion, il nous est apparu évident que quand un corps est malade, il est mieux soigné de l’intérieur que de l’extérieur.» Et il termine sa lettre avec une nouvelle insulte contre l' UA, affirmant que celle-ci est malade et incapable de guérir sa maladie, à moins que le Maroc intervienne comme sauveur et médecin.

Conclusion

Il est évident que le Maroc tente d'obtenir l'adhésion à l'UA juste pour mettre fin à son soutien aux Sahraouis, ou dans le pire des cas pour la détruire de l'intérieur. Le Maroc est prêt à commettre toutes sortes d'actes de division au sein de notre organisation pour lui imposer ses vues colonialistes avec ou sans le soutien d'autres pays. Et le plus important est qu'il demande l'adhésion, mais en y mettant des conditions. Enfin, au lieu de présenter la demande humblement, officiellement et légalement, il a opté pour la diffusion publique de cette lettre humiliante non seulement pour les Sahraouis, mais aussi pour les Africains et l'Union africaine.





Brasil : Una querella contra Emboirik por abuso y difamación

La familia de la ex-novia del diplomático saharaui Emboirik Ahmed ha depositado una querella ante la justicia brasileña contra él por abu...