Sahara occidental : l'Algérie se félicite de l'engagement de l'ONU pour un règlement basé sur l'autodétermination des Sahraouis



ALGER- L'Algérie s'est félicitée samedi de l'engagement "renouvelé" des Nations unies pour un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

"L'Algérie prend note de la résolution 2285 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le Sahara occidental qui s'inscrit globalement dans la cohérence des doctrines de l'Organisation universelle en matière de décolonisation et en ce qui concerne ses opérations de maintien de la paix, tout en enregistrant avec respect les motivations des cinq pays qui n'ont pas accordé leurs suffrages à ce texte", lit-on dans le communiqué rendu public suite à l'adoption par le Conseil de sécurité d'une résolution dans laquelle il a prorogé le mandat de la Minurso jusqu'au 30 avril 2017.

"L'Algérie accueille en particulier avec satisfaction la décision du Conseil de Sécurité de reconduire le mandat de la Minurso pour une période d'une année et de reconnaître l'urgente nécessité pour cette mission d'être rétablie dans la plénitude de ses fonctions", ajoute la même source. 

L'Algérie a rappelé la responsabilité du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et "escompte que des mesures seront rapidement prises afin de permettre à la Minurso d'accomplir pleinement son mandat, dont le couronnement réside dans l'organisation au Sahara occidental d'un référendum d'autodétermination libre et sans contrainte administrative ou militaire". 

Soutien de la communauté internationale au Secrétaire général des Nations Unies

Dans cette perspective, l'Algérie "relève avec satisfaction la ferme et opportune réaffirmation du soutien du Conseil de sécurité et de la Communauté internationale au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon ainsi qu'à son Envoyé personnel, Christopher Ross et à sa Représentante spéciale, Chef de la Minurso, Kim Bolduc", souligne le communiqué du MAE.

"Elle se félicite de l'engagement renouvelé des Nations unies pour un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux principes et aux objectifs de la Charte des Nations unies ainsi que des résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité", affirme la même source.

L'Algérie s'est également félicitée de la "précieuse" contribution l'Union africaine aux efforts des Nations unies "visant à permettre au peuple du Sahara occidental de décider librement de son destin".

Elle se réjouit aussi du renforcement de l'interaction de l'UA et de l'ONU sur la question du Sahara occidental, à travers notamment l'intervention devant le Conseil de Sécurité de l'envoyé spécial de l'UA pour le Sahara occidental, l'ancien Président mozambicain Joaquim Chissano, ainsi qu'à travers la position exprimée par le Conseil de Paix et de Sécurité et les initiatives de la présidente de la Commission de l'Union africaine. 

"L'Algérie exhorte les deux parties au conflit du Sahara occidental ainsi que tous les acteurs internationaux intéressés à contribuer effectivement à la mise en œuvre scrupuleusement de cette résolution ainsi qu'au dépassement des crises récurrentes qui entravent l'œuvre de paix conduite par les Nations unies et à s'inscrire dans la perspective de l'avènement d'une nouvelle ère de paix, de sécurité et de prospérité pour tous les peuples de la région", conclut le communiqué du ministère.
APS

Les soutiens du Maroc n'auront servi à rien

Sahara occidental : Le mandat de la Minurso prorogé jusqu’en 2017

Les soutiens de l’allié traditionnel du Maroc, la France, de l’ancienne force coloniale l’Espagne ou du Sénégal, n’auront finalement servi à rien. Le roi Mohammed VI, ses ministres, ses serviteurs, ses lobbys et son makhzen se souviendront longtemps de cette journée du 29 avril 2015 puisque le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté hier, vendredi, la résolution 2285 (2016) par laquelle il proroge jusqu’au 30 avril 2017 le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso).


La France, le Sénégal et l'Espagne ont notamment été très actifs pour convaincre les pays membres du Conseil de sécurité de ramener le délai de rétablissement de la Minurso à 90 jours au lieu des 60 jours initialement proposés.

En votant cette résolution, le Conseil de sécurité demande le rétablissement de la Minurso, dont la composante civile et politique a été récemment expulsée par le Maroc, dans un délai de 90 jours. Le mandat de la Minurso a également été renouvelé d'un an, ce qui signifie le retour au statu quo. Quelques minutes avant le début du vote, le représentant permanent de la France à l'ONU, François Delattre, a déclaré à la presse que «le principal objectif de la France est de rétablir la confi ance entre le Maroc et les Nations unies». 

L'ambassadeur du Maroc à l'ONU, Omar Hilale a, lui, refusé de donner une déclaration aux journalistes présents sur place avant le début du vote. Le Maroc n'a pas fait de commentaire depuis la présentation, il y a près d'une semaine, du rapport nouveau de Ban Kimoon sur le Sahara. La réaction de Rabat suite à l'adoption de la résolution de l'ONU ne devrait pas tarder. 

Il convient de noter dans ce sens que le secrétaire général de l'ONU, Ban Kimoon, devrait présenter dans 90 jours un autre rapport au Conseil de sécurité pour informer l’organe onusien si la Minurso a été rétablie dans la plénitude de son mandat. 

Le projet de résolution présenté par les Etats-Unis, qui a servi de base des discussions au renouvellement de la Minurso, prévoyait un délai de deux mois, qui a été modifi é sous la pression de la France à quatre mois, puis ramené, grâce à quelques membres du Conseil de sécurité, à trois mois. L’adoption prévue jeudi dernier a été reportée à hier vendredi afi n d’accorder plus de temps à quelques membres du Conseil de sécurité pour consulter leurs capitales respectives sur le projet. Globalement, le projet de résolution prévoit de proroger le mandat de la Minurso au 30 avril 2017 et demande au Front Polisario et au Maroc d’engager rapidement un cinquième round des négociations qui doivent être menées sous les auspices du secrétaire général de l’ONU. 

Les négociations doivent aboutir à «une solution mutuellement acceptable qui accorde au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination », souligne le même document. Le chef de l’ONU est tenu, en vertu de ce projet, de présenter au moins deux rapports par an au Conseil de sécurité pour l’informer du déroulement des négociations. 

A ce propos, le projet insiste également pour que Ban Ki-moon présente son rapport annuel sur le Sahara Occidental bien avant l’achèvement du mandat de la Minurso. Selon le même document, le Conseil de sécurité devrait également réaffi rmer son soutien à Christopher Ross, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon au Sahara Occidental, pour ses eff orts déployés en vue de faciliter les négociations entre les deux parties. 

Le document souligne, par ailleurs, la nécessite de protéger les droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés, en encourageant les deux parties à travailler avec la communauté internationale pour instituer «des mesures indépendantes et crédibles» en mesure d’assurer le respect des droits humains.

Reporters, 30 avril 2016

Un combat juste

Quoi qu’il advienne, la cause sahraouie a déjà enregistré ces derniers mois, ses plus belles victoires diplomatiques et mis le monde devant ses responsabilités pour en terminer avec une colonisation qui dure depuis plus de 40 ans. Et même si le projet américain de résolution sur le Sahara occidental, exigeant au Maroc de rétablir dans l’immédiat le mandat de la Minurso, a été modifié mercredi sous la pression de la France qui a réduit sa valeur et enlevé son «caractère d’urgence», il n’en demeure pas moins que les soutiens du Maroc se rétrécissent comme une peau de chameau.

Désormais, les Américains se rangent sur les mêmes positions que celles du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon. Et le seul fait que les Américains aient dans leur première mouture, exigé que soit accordé au chef de l’ONU 60 jours (deux mois) pour informer le Conseil de sécurité si la Minurso fonctionnait pleinement à cette date, avant de le revoir à 120 jours sur insistance de la France, prouve que les lignes sont en train de changer par rapport à ce conflit.

Les changements survenus dans les positions de plusieurs pays et l’intransigeance du S.G de l’Onu, sont une défaite personnelle du souverain marocain qui avait personnellement pris la décision d’expulser la composante civile et politique de la Minurso en la décrétant est irrévocable.

La France reste aujourd’hui, pratiquement, le seul allié du Maroc dans le conflit sahraoui. De par sa nature d’ancienne force coloniale, la France qui a encore des penchants de ce type dans les gênes, ne peut continuer indéfiniment à travestir la vérité et finira par reconnaître comme d’autres avant elle, que l’on ne peut priver les peuples de leur droit et de leur liberté indéfiniment.

La situation déjà difficile que traverse la région du Maghreb et du Sahel, ne peut plus supporter que le conflit sahraoui, reste en l’état, et exige que le Maroc comme ses derniers alliés qui lui restent, doivent se soumettre à la légitimité internationale et accepter l’organisation d’un referendum pour l’auto-détermination du peuple sahraoui dont le combat est juste.

Par Abdelmadjid Blidi


Le Maroc perd la bataille face à Ban Ki-moon



Sahara occidental : Le Maroc perd la bataille au Conseil de sécurité


Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, hier, la résolution présentée par les États-Unis sur le Sahara occidental. L’Uruguay et le Venezuela ont voté contre, réclament un texte plus dur contre le Maroc. Ces deux pays se sont plaints du rôle néfaste joué par la France au sein du groupe des amis du Sahara. La Russie, l’Angola et la Nouvelle-Zélande se sont abstenus.

Malgré les pressions exercées par la France, le projet initial présenté par les États-Unis n’a pas subi d’importantes modifications. Le projet de résolution insiste toujours sur la nécessite urgente pour la Minurso de retrouver sa capacité à fonctionner pleinement. Il n’accorde que trois mois au Maroc pour répondre à cette interpellation de restauration de la Mission des Nations unies dans son mandat originel et intégral, « c’est-à-dire y compris le retour de toute la composante civile et politique qui a été expulsée par le Maroc », précise notre source.

Le projet prolonge le mandat de la Minurso jusqu’au 30 avril 2017.Selon le projet de résolution, Ban Ki-moon fera rapport au Conseil de sécurité dans un délai de 90 jours à partir du vote de la résolution. Le secrétaire général de l’ONU va indiquer dans ce rapport si la Minurso est désormais apte à fonctionner pleinement, « faute de quoi le Conseil sera obligé de revenir à la charge pour étudier les mesures appropriées pour rendre exécutoire sa décision relative au rétablissement de la Minurso », précise notre source.

En plus du retour de la Minurso, le projet comporte également plusieurs points défavorables au Maroc. Parmi eux, l’appui total du Conseil de sécurité à l’engagement du Secrétaire général et de son envoyé personnel, Christopher Ross. Ces deux responsables ont été malmenés par le Maroc à plusieurs reprises.

Il appelle également Rabat et le Front Polisario à poursuivre des négociations sérieuses sous les auspices du Secrétaire général de l’ONU, sans conditions préalables et de bonne foi et de préparer ainsi un cinquième cycle de négociations. Il insiste aussi sur a liberté de manœuvre de la Minurso qui doit être libre d’interagir avec tous les interlocuteurs, y compris les Sahraouis qui contestent l’occupation de leur territoire. Enfin, Ban Ki-moon devra fournir un rapport sur la situation au Sahara occidental avant la fin de la période de mandat de la Minurso .

R. I.

Renouvellement de la MINURSO, une étape importante pour le Sahara occidental [en]

Remarques à la presse de François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies


Le texte qui nous est soumis ce matin est un texte important qui doit permettre le renouvellement du mandat de la MINURSO pour un an dans l’intégralité de ses fonctions.

Ce n’est pas le bout du chemin bien sûr. Mais c’est une étape importante et qui était nécessaire pour avancer de manière constructive afin de permettre la pleine mise en œuvre du mandat de la Mission et le retour à sa pleine fonctionnalité.

In English :

The text before us this morning will allow the renewal of the MINURSO’s mandate for one year in all its functions.

It’s not the end of the road. But it’s a very important step that was necessary in order to move in a constructive way for the full implementation of the Mission’s mandate and the return to its full functionality.

Question : Vous pensez qu’il y aura un vote à l’unanimité ?

Ça ce n’est pas à moi de le dire bien sûr. Mais encore une fois, le texte que le penholder américain a mis sur la table est un texte équilibré qui est le fruit d’un travail important, un travail qui a été réalisé. Et donc j’espère que ce texte réunira le plus large soutien possible et qu’il sera encore une fois non pas le bout du chemin mais une étape importante, nécessaire, dans le travail que nous devons continuer pour aboutir à l’objectif qui je crois nous réunit tous et que je viens de rappeler.

Inaudible

I think that’s a good question. I think this resolution is a very important step forward in order for the UN and Morocco to establish trust and good partnership. And you remember that was our first goal a few weeks ago when you asked me what about France’s objective. It was about reestablishing trust between Morocco and the UN in order to move forward with a strong backing from the other players. And that’s where we are and I think it’s the result of very hard work and constructive work.

Dernière modification : 29/04/2016



Sahara occidental: un Conseil de sécurité divisé proroge d’un an le mandat de la MINURSO



Le Conseil de sécurité a, ce matin, prorogé le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu’au 3 avril 2017, soulignant l’urgence « qu’elle puisse de nouveau exercer pleinement ses fonctions ».

La résolution 2285 (2016), qui a été adoptée par une voix pour, 2 voix contre (Uruguay et Venezuela) et 3 abstentions (Chine, Fédération de Russie et Nouvelle-Zélande), prie le Secrétaire général de faire savoir au Conseil, dans les 90 jours, si la MINURSO peut de nouveau exercer pleinement son mandat, un délai que les deux opposants au texte ont jugé beaucoup trop long.

Dans le cas où la Mission ne serait pas en mesure de s’acquitter de son mandat, le Conseil « entend examiner les meilleurs moyens de parvenir à cet objectif ». 

Aux termes de ce texte, présenté par la délégation des États-Unis, le Conseil de sécurité demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, « en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

L’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales réaffirme que les accords militaires conclus avec la MINURSO concernant le cessez-le-feu doivent être pleinement respectés et exhorte les parties à y adhérer pleinement. Il rappelle qu’il est « indispensable » que celles-ci « fassent preuve de réalisme et d’un esprit de compromis pour aller de l’avant dans les négociations ».

Aux parties, il est également demandé de coopérer pleinement aux opérations de la MINURSO, « y compris en ce qui concerne sa liberté d’interaction avec tous ses interlocuteurs », et de prendre les mesures voulues pour garantir la sécurité, ainsi qu’une totale liberté de circulation et un accès immédiat au personnel des Nations Unies et au personnel associé.

La délégation de l’Espagne s’est déclarée satisfaite par l’équilibre, dans la résolution, entre la stabilité institutionnelle de la Mission et le suivi approprié par le Conseil des fonctionnalités de la Mission. La France a estimé que le texte apportait une réponse « à la hauteur des difficultés observées ces dernières semaines dans la relation entre le Maroc et le Secrétariat général » concernant le traitement de la question du Sahara occidental et la MINURSO.

« Sur le fond, la France considère le plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007 comme une base sérieuse et crédible pour une solution négociée », a affirmé la délégation, soulignant l’importance de prendre rapidement des mesures pour permettre la pleine mise en œuvre du mandat de la MINURSO, en particulier s’agissant de la résolution d’importantes questions de personnel, notamment civil.

« Sans une composante civile internationale appropriée et au complet, la MINURSO ne peut pas s’acquitter de l’une de ses fonctions clefs et donc répondre aux attentes du Conseil de sécurité, poursuit le Secrétaire général », relève en effet le Secrétaire général Ban Ki-moon dans le rapport* dont le Conseil était saisi aujourd’hui.

« L’expulsion de la plupart des membres du personnel civil de la MINURSO a eu pour principale conséquence de compromettre de facto l’exécution du mandat de la Mission, une situation que les terroristes et les éléments radicaux ne manqueront vraisemblablement pas d’exploiter », met en garde le Chef de l’Organisation.

Le représentant du Venezuela, qui a voté contre le texte, a invoqué des raisons de fond et de procédure, dénonçant un processus de négociations caractérisé par un « manque de transparence absolu ». Selon lui, une « fracture » existe au sein du Conseil de sécurité sur la manière dont peut être réglée la situation au Sahara occidental.

Sa délégation a condamné la « tentative » du Maroc de faire obstruction au travail de l’Envoyé spécial du Secrétaire général, M. Christopher Ross, et les « pressions terribles » que ce pays aurait exercées sur le Conseil de sécurité, « incapable » d’exprimer sa position et de « rejeter cette situation sans précédent ».

Son homologue de l’Uruguay a renchéri, ironisant quant au fait que le texte aurait été rédigé par un petit groupe, celui des « Amis pour le Sahara occidental » auquel le sien n’avait pas été convié. Affirmant que la MINURSO est très loin de pouvoir s’acquitter de son mandat, le représentant a regretté qu’il n’ait pas été possible d’amender le texte qui a été présenté. « Comment le Conseil de sécurité, après avoir reconnu que la Mission ne pouvait exercer pleinement ses fonctions, peut-il proroger son mandat? », s’est-il demandé.

De même, la Nouvelle-Zélande a justifié son abstention par le « manque de volonté » démontré par le Groupe des Amis pour le Sahara occidental pour accepter des amendements modestes alors que cette question intéresse pourtant l’ensemble des membres du Conseil. Selon sa délégation, la résolution aurait dû dire que l’expulsion de la composante civile avait sérieusement affaibli la Mission et demandé le rétablissement immédiat de sa pleine fonctionnalité.

La délégation russe, qui s’est abstenue au moment du vote, a déclaré que le texte de la résolution présentait une « faiblesse majeure », au paragraphe 9 du préambule, où il est dit que « des efforts sérieux et crédibles » ont été « faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement ». Toute personne qui connaît la situation sait que cette formule n’est « pas d’actualité », a tranché le représentant.

LA SITUATION AU SAHARA OCCIDENTAL

Rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental (S/2016/355)

Déclarations

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis), dont la délégation avait présenté le texte, a déclaré que le renouvellement de la Mission s’était déroulé avec des incertitudes comme toile de fond après le départ du personnel civil « qui fournissait un service essentiel ». Il est absolument nécessaire de parvenir à une solution durable, a souligné la représentante. 

Assurant que la politique américaine s’agissant du Sahara occidental n’avait pas changé, Mme Power a déclaré que le plan présenté par le Maroc était susceptible de conduire à une solution mutuellement acceptable. Ceci étant, a-t-elle ajouté, le Conseil de sécurité a la responsabilité de protéger l’intégrité du mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

M. GERARD VAN BOHEMEN (Nouvelle-Zélande) a dit s’être abstenu, regrettant l’absence de consensus. Selon lui, la résolution a été préparée par un groupe d’amis dont la composition ne reflète pas l’ensemble des perspectives au Sahara occidental. Il leur a reproché un manque de volonté pour accepter des amendements modestes sur une question qui intéresse pourtant l’ensemble du Conseil de sécurité.

La résolution ne répond pas à ce que le Conseil de sécurité devrait faire pour s’acquitter de ses responsabilités au Sahara occidental, a regretté le représentant. La résolution aurait dû dire que l’expulsion de la composante civile avait sérieusement affaibli la Mission. Elle aurait dû demander le rétablissement immédiat de la pleine fonctionnalité de la Mission. Enfin, a-t-il poursuivi, elle dû suivre les conseils du Secrétaire général. « Il est temps d’entamer des négociations sérieuses pour parvenir à une solution mutuellement acceptable », a-t-il conclu.

M. RAFAEL DARÍO RAMÍREZ CARREÑO (Venezuela) a expliqué qu’il avait voté contre la résolution pour des raisons de fond et de procédure. Tout le processus a été marqué par « un manque de transparence absolu », a-t-il dit. Il y a une fracture au sein du Conseil de sécurité sur la manière dont le problème peut être réglé. Le Venezuela a condamné la tentative de la partie marocaine de faire obstruction au travail de l’Envoyé spécial du Secrétaire général. Compte tenu du nombre d’obstacles auquel le Secrétaire général lui-même s’est heurté, le représentant a demandé en vain au Conseil de se prononcer sur la question.

Le Conseil de sécurité a fait l’objet de « pressions terribles » de la part du Maroc, a déploré le représentant. Le Conseil s’est montré incapable d’exprimer sa position et de rejeter cette situation sans précédent. Il y a 25 ans que le cessez-le-feu dure grâce à un accord sur l’organisation d’un référendum, a-t-il rappelé, or cette solution s’écarte de plus en plus. Le texte ne reflète pas les préoccupations légitimes exprimées par plusieurs membres du Conseil de sécurité et méconnait la situation sur le terrain, a poursuivi le représentant.

S’il s’agissait d’un pays plus faible, sans alliés au Conseil de sécurité, des sanctions auraient pu lui être imposées, a-t-il dit. Selon lui, il aurait fallu que le Secrétaire général présente tous les 30 jours un rapport au Conseil de sécurité. « Le statu quo sur le Sahara occidental n’est plus tenable », a-t-il martelé. Il a dénoncé une situation irrégulière, dans laquelle un territoire non décolonisé est occupé par la force sans le consentement de la population. Cette résolution marque la non-reconnaissance des efforts de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) qui s’emploie dans des conditions difficiles à continuer de s’acquitter de son mandat.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a salué les efforts constants de la « plume américaine », qui a travaillé sans relâche pour que la résolution 2285 que nous venons d’adopter apporte une réponse à la hauteur des difficultés observées ces dernières semaines dans la relation entre le Maroc et le Secrétariat général des Nations Unies concernant le traitement de la question du Sahara occidental et la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). « Grâce à la décision que nous venons de prendre, le mandat de la MINURSO est renouvelé pour un an dans l’intégralité de ses missions. Ce renouvellement était indispensable. La mission effectue un travail essentiel sur le terrain. » 

La France, a dit M. Delattre, continuera par conséquent à apporter son soutien au processus politique conduit par les Nations Unies visant à permettre d’avancer vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité. « Sur le fond, la France considère le plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007 comme une base sérieuse et crédible pour une solution négociée », a estimé le représentant. À présent que le mandat est renouvelé, des mesures doivent être rapidement prises pour permettre la pleine mise en œuvre du mandat de la MINURSO. Cela passe en particulier par la résolution d’importantes questions de personnel, notamment civil, qui ont fait l’objet de discussions ces dernières semaines entre le Maroc et le Secrétariat général des Nations Unies, a souligné M. Delattre.

M. ROMÁN OYARZUN MARCHESI (Espagne) a déclaré que sa délégation aurait souhaité que la résolution fût adoptée par consensus, afin de démontrer l'unité du Conseil de sécurité sur la question. Le rôle de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), a-t-il dit, est crucial pour le maintien de la paix et de la sécurité dans une région stratégique. 

Selon lui, le texte trouve un équilibre entre la stabilité institutionnelle et un suivi approprié par le Conseil des fonctionnalités de la Mission. Le représentant a encouragé le Maroc et le Secrétariat à intensifier leurs contacts, ajoutant que les efforts de la part de la communauté internationale devaient se concentrer sur l’assistance auprès des parties pour les aider à parvenir à une solution propice à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a salué l’adoption de cette résolution qui doit permettre de rendre la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental pleinement opérationnelle à nouveau, et cela le plus tôt possible. Les événements récents l’ont rendue incapable d’assumer son mandat. Selon lui, le Conseil de sécurité a la responsabilité de préserver l’intégrité des missions de maintien de la paix.

Le représentant a engagé le Maroc et l’ONU à reprendre leur dialogue pour réaliser des progrès. Il a jugé nécessaire de se pencher à nouveau sur le processus pour trouver une solution juste et acceptable par les deux parties et qui prévoir l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a dit que le Conseil devait veiller à ce que la MINURSO poursuive ses opérations. La résolution adoptée aujourd’hui est importante non seulement pour le travail de la Mission, mais aussi pour créer un environnement propice à la relance du processus politique. Saluant les efforts déployés par le Groupe des Amis pour le Sahara occidental, il a appelé toutes les parties à travailler de bonne foi et appuyé les efforts des Nations Unies pour trouver une solution à la question du Sahara occidental.

M. RAMLAN BIN IBRAHIM (Malaisie) a dit que sa délégation avait voté en faveur de la résolution, qui souligne l’urgence pour la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) de revenir à sa pleine fonctionnalité. Réitérant l’engagement total de son pays en faveur du principe de la résolution des conflits par des moyens pacifiques, il a exprimé son soutien au Secrétaire général et au personnel des Nations Unies dans leurs efforts pour faire des progrès. 

En conclusion, il a estimé que les consultations auraient dû être plus larges et tenir compte des préoccupations légitimes de tous les membres du Conseil.

M. MOTOHIDE YOSHIKAWA (Japon) a salué le travail du personnel de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental sur le terrain. Préoccupé face à l’évolution de la situation au Sahara occidental, a-t-il noté, les membres du Conseil de sécurité ont rappelé que les missions déployées par le Conseil doivent pouvoir s’acquitter de leur mandat. C’était donc « une priorité pour le Conseil de sécurité de prolonger le mandat de la Mission avant demain ».

Le Japon a voté en faveur de la résolution, a précisé le représentant, car elle répond à ces exigences prioritaires. Il a réaffirmé le besoin de respecter le cessez-le-feu et de poursuivre des négociations pour trouver une solution politique attendue de trop longue date.

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a expliqué avoir voté pour la résolution car, en tant que pays contributeur de troupes, son pays est convaincu de l’importance du rôle que jouent les forces de maintien de la paix des Nations Unies. « Les circonstances actuelles ne sauraient davantage s’embraser », a-t-il mis en garde.

Depuis le 7 mars dernier, a-t-il souligné, l’Égypte a appelé à une approche « calme et équilibrée ». Il faudrait tirer les leçons des évènements des deux derniers mois et réitérer l’importance de parvenir, dans le cadre des résolutions des Nations Unies, à une solution politique avec l’accord de tous. 

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola) s’est abstenu de voter en faveur de la résolution, expliquant que sa délégation avait fait des propositions constructives qui tenaient compte des préoccupations légitimes de la communauté internationale, mais qu’elles n’avaient pas été retenues. Il a en outre estimé que la période actuellement prévue pour les rapports du Secrétaire général demeurait insuffisante, même si le délai de présentation a été raccourci. Selon lui, le Conseil doit rester en permanence saisi de la question. 

Pour sa délégation, la résolution adoptée aujourd’hui ne règle pas la situation « de façon satisfaisante ». Dans le rapport du Secrétaire général en date du 18 avril, a poursuivi M. Martins, il est en effet indiqué qu’en l’absence d’une composante civile suffisamment équipée, la Mission ne peut pas s’acquitter de sa mission. L’expulsion de la composante civile peut favoriser l’apparition d’éléments radicaux, « qui ne manquent pas dans la région », a-t-il mis en garde.

Le Conseil doit assumer ses responsabilités, a-t-il insisté, soulignant que cette résolution aurait dû réaffirmer son appui à une solution politique de la situation dans la région. Pour l’Angola, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) aurait dû également se voir confier un mandat de surveillance des droits de l’homme, dont la situation reste « bien préoccupante ». 

M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie) a déclaré que la MINURSO jouait un rôle fondamental et que la surveillance du cessez-le-feu, garantie par la présence d’observateurs occidentaux, était une condition essentielle à l’organisation d’un référendum. Pour la délégation, les parties doivent se rendre compte que sans l’aide des Nations Unies, une solution mutuellement acceptable restera hors de portée. « Une démarche responsable doit se substituer à la confrontation », a-t-il poursuivi, plaidant pour le rétablissement de l’ensemble des activités de la Mission. 

Pour la délégation russe, le texte de la résolution présente une faiblesse majeure, au paragraphe 9 du préambule, où il est dit que « des efforts sérieux et crédibles » ont été « faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement ». Toute personne qui connaît la situation sait que cette formule n’est « pas d’actualité », a tranché le représentant, qui a insisté en conclusion sur l’importance du dialogue.

M. FODÉ SECK (Sénégal) a dit avoir voté en faveur d’une résolution qu’il juge équilibrée. Il a salué le leadership des États-Unis pour aboutir à un texte qui « entretient l’espoir » en vue d’une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable.

Le représentant a également salué les efforts du Maroc pour discuter avec l’ONU. « Les files du dialogue n’ont jamais été rompus entre les parties grâce à la diplomatie discrète déployée, y compris au plan bilatéral », s’est-il félicité. Selon lui, la proposition d’autonomie offerte par le Maroc depuis 2007 s’avère « sérieuse et réaliste ».

M. ELBIO ROSSELLI(Uruguay) a indiqué s’être opposé à la résolution. L’Uruguay, qui est en faveur du maintien de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), a une tradition de longue date de participation aux opérations de maintien de la paix de l’ONU et compte actuellement 1 500 soldats déployés sur le terrain. Or, la résolution ne donne à la MINURSO ni les outils ni les garanties nécessaires à la réalisation de son mandat, a-t-il regretté.

Le projet a été rédigé au cours de consultations d’un petit groupe dénommé « Amis du Sahara occidental », a fait remarquer le représentant. « Apparemment nous ne sommes pas qualifiés pour faire partie de ce groupe choisi », a-t-il ironisé. « Rien n’a changé et pourtant nous sommes très loin du statu quo », a-t-il noté, en rappelant les événements qui se sont produits le mois dernier. La MINURSO est très loin de pouvoir accomplir le mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité. Il n’a pas été possible de modifier quoi que ce soit dans le texte qui a été présenté.

Comment le Conseil de sécurité, après avoir reconnu que la Mission ne pouvait exercer pleinement ses fonctions, peut-il proroger son mandat? Que signifie « exercer pleinement ses fonctions », a demandé le représentant. Le Conseil de sécurité ne donne aucune indication à ce sujet. Selon le représentant, « on ne sait pas qui est responsable du retour à la normalité », d’autant plus que le Conseil n’a pas su expliquer pourquoi la Mission n’est plus opérationnelle. En outre, le délai de 90 jours donné au Secrétaire général pour faire savoir au Conseil « si la MINURSO ne peut toujours pas exercer pleinement son mandat » est trop long.

M. LIU JIEYI (Chine), qui s’est abstenu lors du vote, a déclaré que la position de son pays n’avait pas changé et qu’elle continuerait d’appuyer les Nations Unies à favoriser une solution politique juste, durable et acceptable par les deux parties. 

Texte du projet de résolution S/2016/401

Le Conseil de sécurité,

Rappelant et réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur le Sahara occidental,

Réaffirmant son ferme appui aux efforts que le Secrétaire général et son Envoyé personnel font pour mettre en application ses résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010), 1979 (2011), 2044 (2012), 2099 (2013), 2152 (2014) et 2218 (2015),

Réaffirmant sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et notant le rôle et les responsabilités des parties à cet égard,

Demandant à nouveau aux parties et aux États voisins de coopérer plus pleinement avec l’Organisation des Nations Unies et les uns avec les autres et de s’impliquer plus résolument pour mettre fin à l’impasse actuelle et progresser sur la voie d’une solution politique,

Reconnaissant que la solution politique de ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les États membres de l’Union du Maghreb arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahel,

Se félicitant des efforts que fait le Secrétaire général pour suivre de près toutes les opérations de maintien de la paix, y compris la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), et soulignant que le Conseil doit adopter une approche rigoureuse et stratégique en matière de déploiement au service du maintien de la paix et de gestion efficace des ressources,

Reconnaissant que la MINURSO joue un rôle important sur le terrain et qu’elle doit pouvoir s’acquitter pleinement de son mandat, 

Se déclarant préoccupé par les violations des accords en vigueur et demandant aux parties de se conformer à leurs obligations,

Prenant note de la proposition marocaine présentée au Secrétaire général le 11 avril 2007 et des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement; prenant note également de la proposition du Front Polisario présentée au Secrétaire général le 10 avril 2007,

Engageant les parties, dans ce contexte, à faire preuve d’une plus grande volonté politique de parvenir à une solution, notamment en examinant de façon plus approfondie leurs propositions respectives,

Prenant note des quatre séries de négociations tenues sous les auspices du Secrétaire général et reconnaissantqu’il importe que les parties s’engagent à poursuivre les négociations,

Engageant les parties à reprendre une coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés aux fins de la mise en œuvre du Plan d’action actualisé sur les mesures de confiance adopté en janvier 2012, y compris des programmes visant à rapprocher des populations qui sont divisées depuis plus de 40 ans du fait du conflit,

Soulignant qu’il importe d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf, et encourageant les parties à collaborer avec la communauté internationale pour mettre au point et appliquer des mesures indépendantes et crédibles qui garantissent le plein respect des droits de l’homme, en gardant à l’esprit leurs obligations découlant du droit international,

Encourageant les parties à poursuivre les efforts qu’elles mènent chacune pour renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf, y compris les libertés d’expression et d’association,

Se félicitant à cet égard des récentes mesures et initiatives prises par le Maroc, du rôle joué par les commissions du Conseil national des droits de l’homme à Dakhla et à Laayoune et de l’interaction du Maroc avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies,

Notant avec satisfaction que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a effectué une visite technique au Sahara occidental en avril 2015 ainsi que dans les camps de réfugiés de Tindouf en juillet et août 2015, et encourageant vivement la poursuite d’une pleine coopération avec le Haut-Commissariat, en particulier en facilitant de nouvelles visites dans la région,

Conscient des conséquences des pluies torrentielles qui se sont abattues en octobre 2015 sur les camps de réfugiés de Tindouf et se félicitant de l’intention du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés de tenir une réunion d’information à l’intention des donateurs,

Demandant à nouveau que soit envisagé l’enregistrement des réfugiés dans les camps de réfugiés de Tindouf, et invitant à déployer des efforts à cet égard,

Soulignant l’importance de l’engagement pris par les parties de poursuivre les négociations dans le cadre des pourparlers tenus sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies,

Considérant que la consolidation du statu quo n’est pas acceptable, et notant en outre qu’il est essentiel que ces négociations progressent pour que tous les aspects de la qualité de vie des habitants du Sahara occidental s’améliorent,

Affirmant son plein soutien à l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et à l’action qu’il mène pour faciliter les négociations entre les parties, et se félicitant à cet égard des initiatives qu’il a prises récemment et des consultations qu’il mène actuellement avec les parties et les États voisins,

Affirmant son soutien au Représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara occidental et Chef de la MINURSO, Kim Bolduc,

Déplorant que la capacité de la MINURSO de s’acquitter pleinement de son mandat ait été limitée, l’essentiel de sa composante civile, y compris le personnel politique, ne pouvant exercer ses fonctions dans la zone d’opérations de la Mission,

Ayant examiné le rapport du Secrétaire général en date du 19 avril 2016 (S/2016/355),

1. Décide de proroger le mandat de la MINURSO jusqu’au 30 avril 2017;

2. Souligne qu’il est urgent que la MINURSO puisse de nouveau exercer pleinement ses fonctions;

3. Prie le Secrétaire général de lui faire savoir, dans les 90 jours, si la MINURSO peut de nouveau exercer pleinement son mandat et entend, si la MINURSO ne peut toujours pas exercer pleinement mandat, examiner les meilleurs moyens de parvenir à cet objectif;

4. Réaffirme que les accords militaires conclus avec la MINURSO concernant le cessez-le-feu doivent être pleinement respectés, et exhorte les parties à y adhérer pleinement;

5. Demande à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de la MINURSO, y compris en ce qui concerne sa liberté d’interaction avec tous ses interlocuteurs, et de prendre les mesures voulues pour garantir la sécurité, ainsi qu’une totale liberté de circulation et un accès immédiat au personnel des Nations Unies et au personnel associé dans l’exécution de leur mandat, conformément aux accords existants;

6. Souligne l’importance de l’engagement pris par les parties de continuer à préparer une cinquième série de négociations, et rappelle qu’il fait sienne la recommandation formulée dans le rapport daté du 14 avril 2008 (S/2008/251) selon laquelle il est indispensable que les parties fassent preuve de réalisme et d’un esprit de compromis pour aller de l’avant dans les négociations;

7. Demande aux parties de continuer de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d’engager des négociations plus résolues et plus axées sur le fond et de garantir ainsi l’application de ses résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010),1979 (2011), 2044 (2012), 2099 (2013), 2152 (2014) et 2218 (2015), ainsi que le succès des négociations;

8. Affirme son ferme soutien aux efforts déterminés que font le Secrétaire général et son Envoyé personnel pour qu’une solution soit trouvée à la question du Sahara occidental dans ce contexte, et demande que les réunions reprennent et que les contacts soient renforcés;

9. Demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et prend note du rôle et des responsabilités des parties à cet égard;

10. Invite les États Membres à prêter le concours voulu à ces négociations;

11. Prie le Secrétaire général de lui faire régulièrement, et au moins deux fois par an, des exposés sur l’état et l’avancement des négociations tenues sous ses auspices, l’application de la présente résolution, les difficultés auxquelles se heurtent les opérations de la MINURSO et les mesures prises pour les surmonter, déclare son intention de se réunir pour entendre ces exposés et les examiner, et, à cet égard, prie également le Secrétaire général de lui présenter un rapport sur la situation au Sahara occidental bien avant la fin du mandat de la Mission;

12. Se félicite que les parties et les États voisins se soient engagés à tenir des réunions périodiques avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin d’examiner et, autant que faire se peut, de renforcer les mesures de confiance;

13. Engage les États Membres à verser des contributions volontaires pour financer des mesures de confiance convenues par les parties, y compris celles permettant aux membres séparés d’une même famille de se rendre visite, ainsi que des programmes alimentaires pour s’assurer que les besoins humanitaires des réfugiés sont dûment pris en compte;

14. Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures voulues pour faire pleinement respecter par la MINURSO la politique de tolérance zéro instituée par l’Organisation des Nations Unies en ce qui concerne l’exploitation et les violences sexuelles et de le tenir informé, et demande instamment aux pays qui fournissent des contingents de prendre les mesures préventives voulues, notamment de mener avant tout déploiement des activités de sensibilisation à ces questions, et d’adopter d’autres mesures pour faire en sorte que les membres de leur personnel qui seraient mis en cause soient amenés à répondre pleinement de leurs actes;

15. Décide de rester saisi de la question.



Sahara occidental : la Mauritanie soutient les efforts des Nations unies pour un règlement du conflit

La Mauritanie soutient les efforts des Nations unies pour un règlement politique du conflit du Sahara occidental qui pourvoie à l'autodétermination du peuple sahraoui, a affirmé jeudi l’ambassadeur de ce pays à Bruxelles, Abdallahi Bah Nagi Kebd. «Depuis 1979, date à laquelle la Mauritanie est sortie du conflit, nous appuyons tous les efforts des Nations unies», a déclaré l'ambassadeur lors d’un échange de vues sur les relations UE-Mauritanie organisé par la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe (DMAG) au Parlement européen. 

«(…) depuis la mise en place de la Minurso et le processus qui devait conduire à l’autodétermination, nous appuyons les efforts des Nations unies dans ce sens et dans le sens de toute solution qui sortirait des négociations directes entre les parties (au conflit) engagées depuis quelques années», a-t-il souligné, faisant remarquer que son pays entretient de «bons rapports avec la République arabe sahraouie et démocratique (RASD)». 

Estimant que les Mauritaniens sont «les premières victimes» de «ce conflit qui a trop duré» et «souffrent plus que les autres» en raison de la proximité géographique, l’ambassadeur de la Mauritanie à Bruxelles a soutenu que la solution à ce conflit est «la négociation directe telle qu’elle a été engagée entre les Sahraouis et les Marocains sous les auspices des Nations unies». Citant le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, qui a affirmé dernièrement que «la reprise des hostilités n’est sûrement pas la solution», l’ambassadeur Abdallahi Bah Nagi Kebd a estimé qu'«un conflit armé serait la pire chose qui puisse survenir dans la région». 

«Nous ne souhaitons pas qu’il y ait un énième conflit armé dans la région qui puisse nous distraire tous de notre ennemi commun, à savoir, le terrorisme, la drogue, le crime organisé, la migration clandestine et la traite des êtres humains», a-t-il insisté. Par ailleurs, le président de la DMAG, l’eurodéputé italien Antonio Panzeri a annoncé l’organisation prochaine au Parlement européen d’une rencontre-débat sur le Sahara occidental avec le Front Polisario. 

L’eurodéputé espagnol, Santiago Fisas Ayxela a interpelé, de son côté, les participants à cette rencontre de la DMAG sur les conditions de vie de la population sahraouie, de plus en plus précaires. Qualifiant les Sahraouis d'«oubliés» de la communauté internationale, cet eurodéputé a exhorté les membres de la DMAG à œuvrer pour remédier à la situation.
R. I.

UE: Nouveau camouflet pour Rabat



BRUXELLES - La Commission européenne a rejeté une nouvelle fois les allégations mensongères sur le détournement de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis et la surestimation de leur nombre dans le calcul de l'aide financière fournie par l'Union européenne (UE).

‘‘Il n’appartient pas à l’Union européenne d’effectuer un recensement des réfugiés’‘, a écrit le Commissaire européen chargé de l'aide humanitaire et de la gestion des crises, Christos Stylianides dans sa réponse à l’eurodéputé Hugues Bayet, connu pour ses liens étroits avec le Maroc.

Selon le Commissaire européen, ‘‘cette question doit être examinée dans le cadre du processus conduit par les Nations unies’‘, assurant que ‘‘l’UE s’abstiendra de toute action qui pourrait compromettre ce processus, mais continue à encourager les parties à rechercher une solution négociée au conflit’‘.

M. Stylianides a réitéré, à l’occasion, le ‘‘soutien sans réserve’‘ de l’UE aux ‘‘efforts déployés par le Secrétaire général des Nations unies pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au conflit au Sahara occidental’‘.

Démenti cinglant aux allégations marocaines 

Evoquant la gestion et la fourniture de l’aide humanitaire, le Commissaire européen a apporté un démenti cinglant aux allégations de détournement, ressassées sans cesse et sans aucun fondement par le Maroc lequel persiste dans sa diversion et ses tentatives visant à détourner l'opinion sur la situation d'occupation qu'il exerce sur les territoires sahraouis et la nécessité de reprendre les processus du règlement du conflit conformément aux exigences de la légalité internationale.

‘‘La Commission travaille avec un nombre limité d’organisations partenaires clés, (notamment le Programme alimentaire mondial, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, OXFAM, la Croix-Rouge espagnole) pour garantir la maîtrise totale de l’aide’‘, a-t-il indiqué, soulignant que ‘‘l’aide humanitaire de la Commission n’est ni fournie ni contrôlée par une quelconque autorité politique’‘.

M. Stylianides en veut pour preuve, le renforcement par la Commission du suivi des projets financés par l’UE dans les camps de Tindouf, précisant que 24 missions de contrôle ont été effectuées en 2015 et le personnel humanitaire de la Commission a passé jusqu’à deux semaines par mois dans les camps.

M. Stylianides vient ainsi confirmer les précisions apportées par la vice-présidente de la Commission européenne en charge du Budget et des ressources humaines, Kristalina Georgieva, qui avait affirmé, fin janvier dernier que la Commission européenne participe activement aux réunions de coordination sectorielles qui se tiennent à Alger et à Tindouf sur les aspects liés à la Santé, à l’assistance humanitaire, à l'assainissement et promotion de l'hygiène de l'eau, et à la Sécurité.

Accroitre l’aide de l’UE aux réfugiés sahraouis

La vice-présidente de la Commission européenne avait, d’ailleurs, saisi cette occasion pour appeler les Etats membres de l’Union à accroître leurs efforts en matière de fourniture d’aide aux réfugiés sahraouis.

La présentation en juillet dernier devant le Parlement européen de l'état réel du dispositif de l'aide de l'UE aux réfugiés sahraouis, basé sur plus de 30 rapports d'audit, a contrebalancé les allégations marocaines de ‘‘détournement d'une partie de l'aide européenne destinée aux populations sahraouies dans les camps de réfugiés.’‘

Dans son intervention devant la Commission du contrôle budgétaire au Parlement européen, l’ex-directeur général de l'aide Humanitaire et de la Protection civile (ECHO), le danois, Claus Serensen, a démonté les arguments ‘‘spécieux’‘ de la présidente de la Commission du contrôle budgétaire, l'allemande Ingebourg Grassle, qui avait convoqué la session spécialement pour remettre sur le tapis un rapport daté de 2007 et qui traite de l'aide humanitaire aux réfugiés sahraouis.

L’ex-DG de l'ECHO a présenté le dispositif de contrôle de l'acheminement de l'aide européenne, dispositif qualifié d'extrêmement ‘‘rigoureux’‘ et ‘‘complet’‘, preuve à l'appui.


Une reprise des hostilités possible entre le Front Polisario et le Maroc

Une reprise de la guerre dans les territoires du Sahara occidental occupés par le Maroc est possible si le Conseil de sécurité de l’ONU ne se décidait pas sur un calendrier pour un référendum sur l’autodétermination, a prévenu, hier en Espagne un haut responsable du Front Polisario, rapporte le journal britannique Daily Mail.

Bachir Mustafa Sayed, ministre conseiller du Secrétaire général du Front Polisario Mohamed Abdelaziz, a déclaré que la restauration de la Minurso ne suffirait pas à résoudre le conflit, et qu’un calendrier pour un référendum sur l’autodétermination devrait être établi pour de bon. La mission onusienne a pris fin en mars 2016, après que le Maroc ait ordonné l’expulsion de 84 de ses membres suite aux propos de Ban Ki-moon, jugés scandaleux par le Maroc, qui avait qualifié «d’occupation» le statut du Sahara occidental.

Lors d’un rapport publié la semaine dernière sur la situation au Sahara occidental, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a appelé le Conseil de sécurité à prolonger d’un an la mission onusienne dans la région (Minurso), à compter du 30 avril prochain. Le Secrétaire général a également demandé dans son rapport à ce que l’organe de la Minurso soit réhabilité, afin de pouvoir poursuivre à bien son mandat. Le vote du Conseil de sécurité devrait avoir lieu ce jeudi.

Les propos de Bachir Mustafa Sayed interviennent alors que le rapport de Ban Ki-moon a également prévenu que l’expulsion du personnel civil de la Minurso sera probablement exploitée par « des éléments terroristes et radicaux», et pourrait conduire à une guerre à grande échelle. Le ministre conseiller sahraoui a par ailleurs démenti les spéculations suggérant que le soutien de l’Algérie envers le Sahara occidental pourrait diminuer si la santé du Président Bouteflika venait à se détériorer. « Les Algériens ont réaffirmé qu’ils étaient du côté des Sahraouis en toute situation », a-t-il déclaré .

M. O.


Tentative avortée d’empêcher l’UA de s’exprimer : le Conseil de sécurité assomme le Makhzen

Malgré les vaines tentatives du Maroc d’empêcher l’Union africaine de s’exprimer sur le dossier sahraoui à l’ONU, l’organisation africaine a fait entendre sa voix par le biais de son envoyé spécial à New York, Joaquim Chissano. Ce dernier a transmis aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU une lettre de l’UA à l’organisation onusienne dans laquelle elle dénonce la signature par le Maroc d’accords avec d'autres Etats, en incluant le territoire du Sahara Occidental, bien que le conflit n’ait pas encore été résolu. L’Union africaine a, d’ailleurs, félicité la Cour de justice de l'Union européenne pour sa récente décision rendue le 10 décembre 2015, annulant l'accord de commerce des produits agricoles et de la pêche, conclu en mars 2012, entre le royaume du Maroc et l'UE. Elle appelle «tous les Etats concernés» à respecter la décision de la Cour et à «s'abstenir de conclure tout accord qui serait contraire à la souveraineté permanente du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles». L’Union africaine refuse que l’Afrique soit exclue du dossier sahraoui. «L'Afrique a une responsabilité morale et politique pour trouver une solution aux conflits sur le continent», lit-on dans le message transmis par Joaquim Chissano au Conseil de sécurité. «Alors que le conflit est en Afrique et implique des Africains, notre continent doit jouer un rôle essentiel dans ces efforts, comme cela a été le cas dans tous les autres conflits dans le continent», relève l’UA, qui clame son droit à «jouer un rôle dans la conduite des efforts visant à trouver une solution au conflit du Sahara Occidental». L’organisation africaine estime que la communauté internationale «doit donner au peuple du Sahara Occidental la possibilité de choisir librement son destin», car «la solution au conflit consiste en la tenue d'un référendum sur l'autodétermination du peuple sahraoui». L’Union africaine appelle le Conseil de sécurité à renouveler le mandat de la Minurso dont le mandat expire le 30 avril 2016 et à étendre sa mission à la surveillance des droits de l’Homme.

Mezouar écrit à Ban Ki-moon

Pour tenter de parasiter les efforts de l’Union africaine, le ministre marocain des Affaires étrangères a adressé un courrier au secrétaire général de l’ONU, dans lequel il conteste l’implication de l’Union africaine dans les efforts visant à accélérer l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Paniquées, les autorités marocaines se sont, du coup, trompées de destinataire, le secrétaire général de l’ONU n’ayant aucune autorité sur le Conseil de sécurité et n’est en rien concerné par le programme de travail de cette instance onusienne. Cette dernière est, en effet, seule responsable de son agenda et c’est elle qui a accepté de recevoir le représentant de l’UA, de prêter attention aux préoccupations de l’organisation africaine et de prendre en considération son avis. Selon des sources informées, si Rabat a décidé d’adresser son courrier à Ban Ki-moon, c’est pour l’accabler davantage et occulter l’échec des tentatives dilatoires marocaines puisque, malgré l’opposition du Maroc et les manœuvres de la France, du Sénégal et de l’Egypte, le représentant spécial de l’Union africaine a pu s’exprimer devant le Conseil de sécurité. Le Makhzen crie à la trahison de «certains alliés traditionnels du Maroc».
Karim Bouali





http://algeriepatriotique.com/article/tentative-avortee-d-empecher-l-ua-de-s-exprimer-le-conseil-de-securite-assomme-le-makhzen

Journée décisive à l’ONU

La tension n’a jamais été aussi vive entre le Maroc et le Sahara occidental. L’hostilité de Mohammed VI à toutes négociations en faveur d’un référendum d’autodétermination a mis le Front Polisario sur la défensive au point où il évoque à présent la possibilité d’une rupture du cessez-le-feu si l’Onu ne parvient pas à débloquer la situation. A New York la dernière carte se joue aujourd’hui avant l’adoption de la résolution finale qui fait suite au rapport alarmant de Ban Ki-moon. L’avant-projet de cette résolution est connu depuis hier. Pour l’instant, le texte fait preuve d’une fermeté jamais égalée à l’égard du Maroc. La décision finale sera prise ce week-end par le Conseil de sécurité.

Abla Chérif - Alger (Le Soir) - L’avant-projet du texte est donc déjà connu, son ton tranche avec le contenu des autres résolutions et appelle en tout premier lieu à un «retour urgent» des éléments de la Minurso (Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara occidental). 83 membres de cette mission avaient été sommés de quitter leur base (dans les territoires occupés du Sahara occidental) par le Maroc en colère contre le secrétaire général de l’ONU accusé de partialité dans sa gestion du dossier. 

Ban Ki-moon s’était clairement déclaré en faveur de l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui tel que prévu par l’accord ONU-OUA signé en 1991, provoquant ainsi l’ire de Mohammed VI axé unilatéralement sur un projet de large autonomie à octroyer aux Sahraouis. Le roi, nullement intéressé par les propositions onusiennes, avait d’ailleurs refusé de recevoir le SG des Nations-Unies lors de sa tournée, en mars dans la région de même qu’il n’avait pas octroyé d’autorisation à son avion pour se poser à El-Ayoun, capitale du Sahara occidental occupé. Depuis, la tension n’a fait que monter entre le Maroc et Ban Ki-moon qui a regretté une telle attitude «peu diplomatique» dans un récent rapport. 

Sa tournée dans les camps de réfugiés, à Alger puis en Mauritanie (membre observateur) lui a permis de jauger une situation qu’il qualifie «d’alarmante» surtout depuis le départ de la Minurso. 

Dans son projet de résolution, le Conseil de sécurité exprime d’ailleurs ses vives inquiétudes suite à l’expulsion des membres de cette mission et les répercussions de l’attitude marocaine qui a eu un «impact certain sur ses capacités à remplir ses fonctions». Plus grave encore, il fixe au Maroc un délai de 60 jours pour procéder à «un retour pleinement opérationnel de la mission. En cas de refus marocain, le secrétaire général des Nations-Unies est appelé à prendre «des mesures immédiates pour faciliter cet objectif». 

La mise en garde est de taille. Si le Conseil de sécurité, partagé, il faut le dire, sur la position finale à adopter, tranche définitivement en faveur de cette option, ce week-end il en ressortira une position inédite qui donnera alors au Maroc fort à faire pour se départir d’une situation aussi délicate. Pour l’heure, les négociations se font serrées à New York où les Marocains tentent de négocier un adoucissement du texte auprès de leurs soutiens, les Français en particulier. 

L’initiative américaine soutenue par la Grande-Bretagne, la Russie et l’Espagne n’est pas partagée par la France «qui active de manière très agressive pour paralyser ce processus à travers un soutien aveugle au Maroc», déclarait hier M. Boukhari, représentant du Front Polisario aux Nations-Unies. Aidés par l’Égypte et le Sénégal, les Français avaient même tenté d’empêcher la président de la commission de l’Union africaine pour le Sahara occidental de plaider auprès du Conseil de sécurité en faveur de l’indépendance des Sahraouis. La tentative a échoué contrairement à l’an dernier où les manœuvres avaient pu aboutir à l’annulation de son allocution.

Pour l’heure, tout porte à croire que cette résolution sera cependant adoptée dans les formes actuelles compte tenu du soutien qu’elle affiche à Ban Ki-moon et Christopher Ross son représentant spécial chargé du dossier du Sahara occidental. Ce dernier, doit-on le rappeler, avait été maintes fois empêché d’accomplir son travail par les Marocains hostiles à toutes négociations devant déboucher sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Ce soutien se traduit dans le texte même de cet avant-projet de résolution qui évoque «l’engagement du secrétaire général et de son envoyé spécial engagés dans la recherche d’une solution à la question du Sahara occidental». 

Il faut savoir aussi que le Conseil de sécurité maintient l’option des négociations directes entre les deux parties, Maroc-Front Polisario «sans conditions préalables et de bonne foi». Une manière officielle d’écarter l’option de large autonomie préconisée par les Marocains.

Le maintien de la fermeté et de la terminologie utilisée dans la résolution finale mettrait ainsi définitivement le Maroc au pied du mur. Côté sahraoui, elle semble ne pas satisfaire complètement les responsables de la RASD (République arabe sahraouie démocratique) lassés des manœuvres marocaines et du report incessant de l’organisation du référendum d’autodétermination depuis de longues années. 

Pour le ministre conseiller de Mohamed Abdelaziz (Président de la RASD et SG du Front Polisario), le retour de la Minurso ne pouvait suffire à résoudre le conflit et il est temps d’établir un calendrier pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Avant lui, Mohamed Abdelaziz avait évoqué la possibilité d’un retour de la guerre si la situation persistait. Samedi dernier, des manœuvres militaires sahraouies ont eu lieu dans les territoires libérés du Sahara occidental. 

La mobilisation ne concerne pas uniquement les militaires mais également tous les éléments de la logistique de soutien et du corps médical sahraoui, signalent des informations ces derniers jours. La colère gronde particulièrement au sein de la jeunesse sahraouie. Des groupes de jeunes, exaspérés par cette situation, ont d’ailleurs bloqué le cortège de Ban Ki-moon lors de sa visite dans les camps de réfugiés le contraignant à annuler certains entretiens avec des responsables sahraouis. 

Le vote de la résolution finale du Conseil de sécurité est de ce fait très attendu et les Sahraouis, lassés d’une attente qui n’en finit pas, semblent déterminés à aller au-delà des simples mots pour débloquer la situation.
A. C.


Perspectives de solution compromises

Sofiane Idjissa

Le roi du Maroc a engagé son trône sur la question du Sahara Occidental. Aussi se cacherait-il derrière des manœuvres dilatoires pour empêcher la tenue d'un référendum dans le cas où il percevrait que les rapports d'opinion ne seraient pas en faveur de sa politique actuelle.

Dans le cas hautement improbable où le Conseil de sécurité imposerait un référendum d'autodétermination et dans le cas aussi où celui-ci rejetterait la marocanité du Sahara, il est certain que le roi ne s'opposera pas aux implications des résultats du scrutin.

Le Front Polisario également ne reviendra jamais sur son objectif d'obtenir par voie référendaire ou d'arracher par la force son droit à l'autodétermination. Quant à l'Algérie, il lui est impossible de marchander ses principes. Voilà donc tous les ingrédients réunis pour la reprise des hostilités entre le Polisario et le Maroc.

Certainement, le Maroc s'y attendrait-il et a-t-il dû prendre les mesures nécessaires pour cela. Le Maroc a érigé depuis longtemps des murailles de sable autour du territoire qu'il occupe. Peut-être les stratèges du Polisario ont-ils eux aussi prévu des méthodes de lutte qui permettraient de contourner ces murs. De toute façon, le Polisario ne pourra jamais écraser les forces armées marocaines. Cela fait déjà 39 années que l'impasse dure, que le projet de nation sahraouie est mis entre parenthèses, que la paix n'est pas entrevue même de très loin. Cela fait également longtemps qu'un calme relatif règne dans la région. Ce calme peut être rompu, mais probablement, il n'y aura ni vainqueur ni vaincu et la situation de déni du droit du peuple sahraoui va encore durer longtemps. Très longtemps.


Sahara occidental: consultations au Conseil de sécurité sur fond de crise autour de la Minurso



WASHINGTON - Le Conseil de sécurité des Nations Unies entamera dans quelques heures ses consultations sur le Sahara occidental, qui se tiennent cette année dans un contexte marqué par les tensions provoquées par le Maroc pour saper le processus onusien.

A l’ordre du jour de cette réunion, qui se tient à huis clos, figure l’examen du rapport du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon sur le Sahara occidental et le rétablissement de la Minurso dans la plénitude de son mandat, après les mesures de rétorsion prises par Rabat contre cette mission onusienne.

Le rapport qui va servir de base de discussions au renouvellement du mandat de la Minurso sera présenté par Herve Ladsous, le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix et par Christopher Ross, l’envoyé personnel de Ban Ki moon pour le Sahara occidental. L’adoption de la résolution sur la Minurso est prévue quant à elle jeudi.

Les Etats-Unis ont présenté un projet de résolution qui exige "le rétablissement immédiat" des activités de la Minurso et le retour de son personnel civil expulsé par le Maroc, a indiqué mercredi M. Ahmed Boukhari le représentant du Front Polisario aux Nations Unies.

L’initiative américaine soutenue également par la Grande Bretagne et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité fait objet de sabordage de la part de la France et du Maroc qui refusent de rétablir le mandat de cette mission.

Le projet de résolution américaine a noté que l’expulsion de la composante civile de la Minurso a sérieusement affecté les capacités de la Minurso qui n’est plus en mesure d’assumer son mandat tel que il lui a été assigné par le Conseil de sécurité, ont rapporté mercredi des medias américains à New York.

Les Etats-Unis ont demandé à Ban Ki-moon de revenir au Conseil de sécurité dans 60 jours pour informer ses membres sur l’état du rétablissement des activités de la Minurso.

Si aucun progrès n’est réalisé en ce sens, le Conseil de sécurité devrait envisager d’autres mesures pour rétablir le mandat de cette mission, selon les Etats-Unis qui ont exprimé leur soutien à l’engagement du chef de l’ONU et de son envoyé personnel de parvenir à une solution à ce conflit.

Les Etats-Unis ont également appelé le Front Polisario et le Maroc à reprendre les négociations de bonne foi et sans conditions préalables.

Mercredi, le représentant du Front Polisario aux Nations Unies, M. Ahmed Boukhari a déclaré à l'APS que "la France menait une action très agressive pour paralyser l’initiative américaine".

"En jouant ce rôle, la France assume toute la responsabilité sur un possible retour de la guerre au Sahara occidental avec son soutien aveugle à la politique du Maroc", dans les territoires occupés, a-t-il affirmé.

La France essaye de peser de tout son poids pour introduire des amendements à la proposition américaine, selon des sources diplomatiques qui ont requis l'anonymat, citées par la presse américaine.

En réalité, la France essaye de trouver "une issue honorable au Maroc, puisque la décision d’expulser la composante civile et politique a été prise par le Roi lui-même qui prétend que cette décision est irrévocable", souligne-t-on de même source.

Dans les camps sahraouis

Questions à Alice Corbet, chargée de recherches CNRS à Les Afriques dans le Monde (LAM), Sciences-Po Bordeaux et spécialiste des camps de réfugiés.

Pourquoi existe-t-il aujourd’hui autant de camps dans le Sahara occidental ?

Les camps sahraouis se situent au Sud-Ouest de l’Algérie. Ils sont issus du conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario au sujet du territoire du Sahara Occidental (ex-Sahara espagnol). Depuis 1975, les Sahraouis qui ne reconnaissaient pas l’autorité marocaine –le Maroc ayant envahi le territoire avec la Marche verte, lors de la décolonisation espagnole– s’identifièrent à la lutte du Front Polisario et allèrent se réfugier en Algérie, dans une zone très aride nommée Hamada de Tindouf. C’est là que fut promulguée la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), une république en exercice dans les camps bien qu’en exil. C’est une particularité des camps Sahraouis, qui dessinent dans l’espace une zone certes située en Algérie, mais sous administration du Front Polisario. On est donc dans le cas d’un espace extraterritorial, dans lequel les toutes personnes extérieures (dont les algériens) peuvent circuler uniquement si le Front Polisario est au courant.

Lors de leur fuite, alors que la lutte armée s’était amplifiée avec des bombardements, les Sahraouis sont partis par groupes originaires d’un même lieu. Ils sont donc arrivés par « vagues » de l’autre côté de la frontière algérienne, où ils se sont installés au gré de leur arrivée. Comme dans d’autres situations de camps (notamment palestiniens), le nom donné au lieu de leur installation censée être temporaire a été identique à celui d’origine : Laayoune pour ceux provenant de la « capitale » du Sahara Espagnol, Dakhla pour ceux originaires de Dakhla (ancienne Villa Cisneros), Smara et Aousserd. Avec le temps, un nouveau camp a été créé : celui de l’Ecole du 27 février (date de la proclamation de la RASD, en 1976). Cette école est une école des femmes, qui propose aussi des activités aux hommes. Il y a de nombreuses écoles dans les camps, mais celle-ci propose des activités multiples de formation, pour les adultes également.

Par ailleurs, le Front Polisario a « récupéré » une partie du Sahara espagnol lors de la lutte armée, jusqu’à la construction du « mur de défense » marocain : un mur de 2 700km de long qui représente la frontière réelle actuelle. Dans cette zone sous contrôle du Front Polisario, de nombreuses petites villes ou camps sont occupés par ses forces armées, comme Tifariti. Cela fait de tout cet espace – dit « territoire libéré » par les Sahraouis des camps – un milieu à la fois très investi politiquement, mais également très lâche à la vue des distances et des conditions sahariennes extrêmes.

Existe-t-il plusieurs sortes de camps ? Quelle conséquence cela a-t-il sur les habitants de ces camps ?

Les camps situés non loin de la ville algérienne de Tindouf sont très fréquentés par les ONG, les comités de soutien, et les journalistes : ils sont très dynamiques et on y rencontre beaucoup de jeunes. A l’inverse, Dakhla, 180 km plus au Sud et installé au milieu des dunes, est plus calme. Des évènements médiatiques y sont toutefois organisés, tels que le Festival international du film, afin d’attirer l’attention internationale. Le camp de l’Ecole du 27 février a un fort pouvoir d’attraction sur les jeunes, qui cherchent à s’y former. C’est aussi un lieu d’interface fort avec les membres de groupes de solidarité. Beaucoup de familles se sont donc rapprochées de ce camp, contribuant à son développement, parfois le temps des études de leurs enfants, parfois définitivement. On assiste donc à des mouvements migratoires entre les camps.

Depuis les années 2000, les camps se sont énormément développés : les routes ont été aménagées, ce qui aide le déplacement de voitures de plus en plus nombreuses ; les bâtiments se sont durcifiés et certaines maisons se sont vraiment aménagées. Il y a différentes raisons à cela : les Sahraouis, le temps passant, investissent leur lieu d’habitat. De plus, l’argent est arrivé avec le travail de jeunes à l’extérieur des camps. Cela pose la question de la différenciation des niveaux de vie au sein des camps.

Enfin, il faut revenir sur l’enjeu de l’humanitaire. De manière générale, si l’aide humanitaire est d’abord une condition de survie, elle devient rapidement une condition intrinsèque au fonctionnement interne du lieu, avec laquelle les réfugiés apprennent à mener des interactions d’intérêt réciproque ou personnel. Les jeunes, nés dans les camps, souhaitent collaborer avec les ONG pour avoir une occupation et se former. Ils tentent aussi de partir des camps, soit pour faire des études, soit pour travailler (par exemple en Algérie ou en Mauritanie, qui soutiennent le Front Polisario, ou en Espagne, qui a régularisé de nombreux Sahraouis). Néanmoins, les camps restent leur base matérielle (leur famille y habite), spatiale (la région se développe grâce à eux), et identitaire (c’est le lieu d’exercice de la RASD). On peut donc parler de lieux-centre, ce qui nous rappelle qu’il ne faut pas systématiquement penser les camps comme des lieux en marge : les gens s’y installent (ce qui s’incarne notamment par des tentatives de décoration et d’aménagement de l’habitat), un marché économique s’y développe –souvent lié à l’aide humanitaire–, des enfants y naissent… A travers le monde, comme en Haïti juste après le séisme de 2010 ou dans les camps de réfugiés maliens au Niger, j’ai pu observer ce phénomène d’appropriation du camp, même dans un délai court après l’exil, et même si les gens savent que ce lieu est censé être temporaire.

Ainsi, l’intervention humanitaire, locale, régionale ou internationale, est toujours nécessaire dans le temps de l’urgence ou quand les réfugiés / déplacés ne peuvent pas subvenir à leurs besoins en raison des difficultés de leur environnement (bombardements, milieu désertique…). Mais parfois, l’urgence passe rapidement. Les habitants des camps cherchent alors à aller en dehors des camps pour travailler, et à vivre à leur rythme et non à celui des distributions d’aide. En somme, ceux qui sont en-dehors du camp ou qui s’approprient le camp entrent moins dans un système de dépendance. Le cas sahraoui est en cela particulier : les gens sont dépendants de l’aide humanitaire, mais comme c’est la RASD qui assure la distribution de l’aide et essaie de la contrôler –ce qui n’est pas sans causer des tensions avec les ONG et instances internationales – la dépendance peut être perçue comme soit instrumentalisée, soit maîtrisée.

Comment les habitants des camps perçoivent-ils les idées d’autonomie et/ou d’indépendance du Sahara occidental ?

Selon mon expérience (j’ai passé plusieurs mois dans les camps de 2005 à 2010), il y a toujours un grand désir pour l’indépendance du Sahara Occidental dans les camps. Ceci dit, beaucoup de jeunes contestent la stratégie du Front Polisario, dont ils veulent un renouvellement des membres (certains sont au pouvoir depuis 1976, dont le président de la RASD), ou dont ils pensent qu’ils adoptent une stratégie diplomatique « molle ». Ces groupes s’expriment publiquement et sont tolérés dans les camps. Le Front Polisario reste toutefois toujours reconnu comme le représentant « naturel » des Sahraouis pour la majorité de la population, à qui l’indépendance apparaît comme la solution unique. Les réfugiés n’ont aucune confiance dans une solution d’autonomie, la rancune et les tensions avec le Maroc ayant duré trop longtemps –sans compter que beaucoup d’entre eux ont subi dans leur chair le conflit. Les échos sur la situation des Sahraouis indépendantistes demeurés dans les territoires sous domination marocaine ne laissent pas non plus espérer que la confiance se développe (on pense ici aux difficultés rencontrées par la militant Aminatou Haidar, dont le combat médiatisé évoque l’oppression).

Néanmoins, il faut se rappeler que certains Sahraouis reconnaissent la « marocanité » du Sahara Occidental ou, du moins, acceptent que Rabat domine la zone. Ceux qui, dans les camps de réfugiés, pensent cela, peuvent très facilement partir des camps pour rejoindre le Maroc : d’une part car la circulation autour des camps (vers l’Algérie ou la Mauritanie notamment) est très facile, d’autre part car le Maroc accueille à bras ouvert les Sahraouis qui prêtent allégeance au royaume, et facilite leur venue.

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