La mauvaise foi de Rabat

Le gouvernement marocain n'avoue jamais les véritables raisons de ses faits et gestes. 

Dernière en date. Une affirmation du directeur du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak Khiame, dans une interview publiée par Maroc Hebdo. Selon Khiame, l'organisation d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) « contrôle tout le sud de l'Algérie ». Plus le mensonge est gros plus il risque d'être cru. Si des cellules d'AQMI ou de Daech sont constamment démantelées en Algérie, il n y a aucune commune mesure avec ce qui se passe au Maroc où en une année, plus de 160 cellules de Daech ont été découvertes. 

La presse marocaine omet de rappeler les nombreux terroristes qui ont rejoint les rangs de Daech ainsi que les éléments ayant perpétré les attentats de Paris. Les autorités algériennes ont alerté Rabat sur le nombre de Marocains entrés en Algérie depuis début janvier avec pour but de rejoindre la Libye. Des centaines de ressortissants marocains sont soupçonnés de vouloir rallier les groupes armés terroristes en Libye. Les Marocains sont les plus nombreux parmi les étrangers dans les rangs de l'Etat islamique en Irak et en Syrie. Avec plus de 1 000 éléments, le Maroc se place en deuxième position derrière la Tunisie en termes d'effectifs. Ils sont 1 193 Marocains à avoir quitté leur pays pour faire le jihad au sein de l'EI. Le chiffre émane de la Direction générale des études et de la documentation (DGED marocain).

Le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, a reçu l'ambassadeur du Maroc en Algérie pour porter à sa connaissance un flux « massif » et « inhabituel » de Marocains à destination de la Libye à travers l'Algérie. Le Maroc est aujourd'hui en état d'alerte maximale. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une cellule plus ou moins proche de Daech ne soit démantelée au Maroc ou dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Devrait-on pour autant considérer à notre tour que le Maroc est sous l'emprise de Daech ? La schizophrénie politique du régime marocain a toujours été l'une des caractéristiques dominantes et elle continue à façonner son discours global. Même les médias sont soumis à un contrôle strict de la part du makhzen, cette administration royale qui régente la vie politique du pays. Tous les médias marocains, sans exception, ont mis en exergue un énorme mensonge du makhzen selon lequel Rabat a décidé de rompre ses relations avec Téhéran en 2009 à cause de prétendues déclarations d'un haut responsable iranien sur l'Etat de Bahreïn, le qualifiant de 14e province iranienne, alors que certains sites marocains accusaient Téhéran de « pratiques de prosélytismes visant à répandre la doctrine chiite au détriment du sunnisme ».

Il a fallu attendre décembre 2010 pour comprendre ce geste inexplicable, via un câble américain qui a mis à nu la mythomanie du makhzen. Le geste marocain était venu sur ordre express de l'Arabie saoudite. Les médias sont convaincus que la décision tardive de Rabat de geler ses relations avec l'Union européenne est due au diktat de la Cour européenne de justice sur l'accord agricole entre Bruxelles et le Maroc. Dans un communiqué rendu public vendredi dernier, la porte-parole de l'UE, Fédérica Mogherini, laisse d'ailleurs pointer, en langage diplomatique, une forme d'agacement dans la tension ainsi créée par Rabat : « De nombreux contacts ont été effectués à tous les niveaux entre l'UE et le Maroc sur cette question depuis le mois de décembre, et le Maroc a été tenu pleinement informé tout au long du processus, dans le cadre des contraintes juridiques qui s'appliquent » a-t-elle tenu à répondre aux mensonges du chef du gouvernement Benkirane. La décision marocaine est tombée en même temps que l'annonce de la visite que le SG de l'ONU compte effectuer au Sahara Occidental en vue de s'enquérir de la situation de la mission onusienne dans l'ancienne colonie espagnole. 

Les autorités marocaines refusant d'autoriser l'atterrissage de son avion à El Ayoune, capitale du Sahara occidental occupée par le Maroc, Ban Ki-moon, contrarié, a décidé d'effectuer sa visite dans la partie libérée par le Front Polisario. Dans la commune de Bir Lahlou, plus précisément. Soit le lieu où la RASD a été proclamée il y a 40 ans. Une autre gifle que le SG de l'ONU donne aux autorités du makhzen.



http://www.jeune-independant.net/La-mauvaise-foi-de-Rabat.html

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