Colloque international sur le Sahara Occidental – 2 & 3 juin 2016 Paris – Sorbonne

1976-2016 : La question (irrésolue) du Sahara Occidental : quels enjeux pour quelles recherches en sciences humaines et sociales ? Colloque international – 2 & 3 juin 2016 Paris – Sorbonne

1976-2016 : La question (irrésolue) du Sahara Occidental : quels enjeux pour quelles recherches en sciences humaines et sociales ?

Colloque international – 2 & 3 juin 2016

Paris – Sorbonne – amphithéâtre Emile Durkheim

Sébastien Boulay & Francesco Correale Université Paris Descartes-UMR 196 CEPED & CNRS-UMR 7324 CITERES, Tours

Pour des raisons de places limitées et de plan « Vigipirate », les inscriptions (indiquant les sessions auxquelles vous souhaitez assister) sont obligatoires auprès des organisateurs : sebastien.boulay@parisdescartes.fr ; francesco.correale@univ-tours.fr

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Présentation du colloque et de ses objectifs

En 1975, les dernières régions du continent africain sous domination coloniale s’affranchissaient de leurs métropoles européennes. Cependant, alors que le Mozambique, l’Angola et le Cap Vert empruntaient le chemin de l’indépendance, le Sahara Occidental était discrètement cédé par l’Espagne au Royaume du Maroc et à la République Islamique de Mauritanie (Accords de Madrid du 14 novembre 1975). Les appels de l’ONU demandant depuis 1965 que la population sahraouie puisse exprimer son libre choix à travers un référendum d’autodétermination restaient ignorés. Tandis qu’une partie de la population sahraouie se réfugiait en Algérie, dans des camps de fortune dressés près de Tindouf, pour échapper à la guerre, une autre demeurait dans la zone passée sous contrôle mauritano- marocain. Dans le même temps, le Front Polisario, mouvement nationaliste sahraoui né en 1973, s’opposait par les armes à l’invasion du territoire et inventait un Etat dans l’exil algérien, la République Arabe Sahraouie Démocratique (R.A.S.D.). Après quinze années de guerre, le cessez-le-feu signé entre le Maroc et le Front Polisario en 1991 – la Mauritanie s’étant retirée du conflit en 1979 – inaugurait une nouvelle ère marquée par l’enlisement diplomatique du conflit, celui-ci se déplaçant également sur les terrains humanitaire, des droits de l’homme et, plus récemment, de la communication.

Quarante ans après le départ précipité de l’Espagne, la « question » du Sahara Occidental reste non seulement irrésolue, mais aussi et surtout largement oubliée des médias internationaux, mal comprise des « experts », et encore assez peu interrogée d’un point de vue académique. Or, plus que jamais, cette question s’impose aujourd’hui comme un objet important de débat sur les héritages de la colonisation dans tout le Sahara et au Maghreb, mais aussi comme une question de recherche complexe tant sont rapides les recompositions sociales et politiques à l’œuvre dans ce territoire disputé et convoité. Une question de recherche urgente enfin, quand on sait les tragédies à répétition vécues par les populations de toute la région sahélo-saharienne et notamment par les Sahraouis.

L’objectif de ce 1er colloque international en sciences humaines et sociales consacré au Sahara Occidental est de réaliser un état des lieux de la recherche en SHS sur cette « question ». Il s’agit d’une part de permettre aux chercheurs d’échapper à l’atomisation de la recherche sur le sujet en leur offrant un espace de rencontre, de dialogue, de partage de résultats et d’expériences de terrain et, d’autre part, d’envisager de futures synergies et mises en réseaux, afin de donner davantage de visibilité à cette production scientifique. Cet objectif est d’autant plus important que l’accès à une information fiable et à des analyses de qualité sur le Sahara Occidental est devenu un des enjeux majeurs du conflit, dans un contexte de prolifération des outils et espaces de communication (réseaux sociaux, sites d’information, télévisions, agences de presse privées, etc.) et d’instrumentalisation de l’information.

Les réflexions et discussions seront organisées selon les différentes thématiques esquissées ci-dessous, qui donneront lieu à autant de sessions, constituées de trois ou quatre communications de 20 minutes chacune, suivies de 30 à 40 minutes de débat.

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Comité scientifique international

M. Sébastien Boulay Anthropologue, Maître de conférence à l’Université Paris
Descartes-Sorbonne, UMR CEPED & MINWEB

Mme S. Caratini Anthropologue, Directrice de recherche émérite, CNRS, UMR
CITERES

M. Francesco Correale Historien, CNRS, UMR CITERES

M. Francisco Freire Anthropologue, chercheur au CRIA, Université nouvelle de
Lisbonne

M. Juan Carlos Gimeno Martín Anthropologue, Professeur à l’Université autonome de Madrid

M. Alberto López Bargados Anthropologue, Professeur à l’Université de Barcelone

M. Bernabé López García Historien de l’Islam contemporain, Professeur à l’Université

Autonome de Madrid

M. Jacob Mundy Politiste, Professeur en « Peace and conflict studies », Colgate
University

Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Politiste, Professeur à l’Institut de géopolitique de Paris 8 et chercheur à l’IRD

Mme Alice Wilson Anthropologue, chercheure à l’Université de Durham

Comité d’organisation : Sébastien Boulay (Université Paris Descartes-Sorbonne, CEPED), Enrique Bengochea Tirado (Université de Valence), Francesco Correale (UMR 7324 CITERES), Marina Lafay (CEPED & MINWEB)

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Programme des sessions et tables rondes

Jeudi 3 juin 2016

8h30 Accueil des participants

9h00 Ouverture du colloque par Joël Lebeaume, doyen de la faculté des sciences humaines et sociales de la Sorbonne

9h15 Introduction au colloque

Sébastien Boulay (CEPED) & Francesco Correale (UMR 7324 CITERES)

9h30-11h30 Session 1
Histoire et mémoire au/du Sahara Occidental

L’Histoire du Sahara Occidental est évidemment une question sensible puisqu’elle donne ou conteste la légitimité des populations et des acteurs dans la région, occulte ou surexpose la mémoire d’un fait ou d’un événement. Dans cette session, il s’agira de discuter des conditions mêmes d’écriture de l’histoire coloniale et postcoloniale de la région, du rôle des chercheurs étrangers dans la fabrication de cette histoire et de la place faite dans leurs travaux aux récits des acteurs. On réfléchira également à la façon dont les parties prenantes rendent possible ou empêchent le travail de mémoire, ainsi qu’au rôle des nouveaux médias dans la production, l’archivage et la diffusion de la mémoire collective.

Président : Francesco Correale (historien, UMR 7324 CITERES, Tours)

Discutant : Bernabé López García (historien, UAM, Madrid)

9h30-9h50 « Les réseaux commerciaux sahariens en contexte de crise : Ali Boaida et la guerre de 1957-1958 »
Alberto López Bargados (anthropologue, GRECS-SAFI-Université de
Barcelone)

9h50-10h10 « La ‘Sección Femenina’ dans la Province du Sahara Espagnol (1961- 1975) »
Enrique Bengochea Tirado (historien, Université de Valence)

10h10-10h30 « Bojador/Boujdour 1975-1976 : Les tribus sahariennes face au conflit du Sahara occidental »
Romain Simenel (anthropologue, IRD, UMR PALOC)

10h30-10h50 « La construction (in-)achevée de l’identité sahraouie. Les défis du pluralisme pour le Maroc et sa place dans la contestation indépendantiste »
Isaías Barreñada (juriste, Université Complutense de Madrid)

10h50-11h30 Débat

11h30-12h00 Pause café

12h00-13h00 Table ronde « La recherche sur le Sahara Occidental en Espagne et en France : points communs, divergences et implications »
Animée par F. Correale et A. López Bargados

13h00-14h15 Déjeuner

14h15-16h05 Session 2
Une question de droit(s) avant tout

L’histoire récente du Sahara Occidental et des Sahraouis reste avant tout l’histoire d’une impossibilité pour cette population d’exprimer son droit à l’autodétermination sur cette ancienne colonie espagnole, droit qui lui a pourtant été reconnu par l’ONU dès 1963. Toutes les revendications contemporaines du peuple sahraoui (souveraineté sur les ressources naturelles de ce territoire, droits économiques et sociaux, libertés d’expression, droit à la mémoire, liberté de circulation malgré le Mur, …) découlent de cette impossibilité. Les interventions s’attacheront à montrer comment et pourquoi le droit international peine à s’appliquer sur ce territoire au statut d’exception et comment les acteurs (gouvernants, sociétés civiles, institutions internationales) tentent soit de contourner voire de bafouer les normes et les instances juridiques internationales dans leurs stratégies locales, soit au contraire de les mobiliser pour faire bouger les lignes politiques, et ceci en articulant

l’échelle locale et les cénacles internationaux.

Président : Carlos Ruiz Miguel (juriste, Université de Saint Jacques de Compostelle)

Discutante : Raquel Ojeda García (sociologue, Université de Grenade)

14h15-14h35 « The Protracted Conflict in Western Sahara: Foreign Powers as Impediment to Its Resolution »
Yahya Zoubir (politiste, Kedge Business School, campus Marseille)

14h35-14h55 « Western Sahara 40 years later: New ways of solution for a conflict at a standstill »
Carolina Jiménez Sánchez (juriste, Université de Malaga)

14h55-15h15 « Revendiquer les droits économiques, sociaux et culturels au Sahara occidental »
Delphine Lourtau (juriste, Université Cornell)

15h15-15h35 « La question clé des ressources naturelles dans le conflit et sa résolution »
Erik Hagen (Western Sahara Natural Resource Watch)

15h35-16h05 Débat

16h05-16h30 Pause café

16h30-18h30 Session 3
Dynamiques politiques en contexte de conflit, d’occupation et d’exil

Si la situation politique du territoire peut paraître figée et bipolarisée à bon nombre d’observateurs extérieurs, comme si le Mur qui partage le territoire en deux entités séparait aussi la société en deux éléments hermétiques, elle semble au contraire faire débat et donner lieu à des mouvements de personnes (conflits, dissidences, ralliements), d’idées, de productions culturelles, renforcer ou fragiliser les solidarités existantes et susciter de nouvelles compétitions. Cette session portera largement sur les mutations des rapports et des technologies de pouvoir dans la région, au sein de la société sahraouie, mais aussi entre les Sahraouis et les autres composantes de la population actuelle du Sahara Occidental (Marocains, Mauritaniens, …), et surtout entre la population et l’Etat (Royaume du Maroc ou RASD), dans un contexte de « démocratisation » de la vie politique, en particulier depuis le cessez-le-feu de 1991. Pourront également être interrogées dans cette session les raisons de l’absence ou de l’invisibilité de la question religieuse dans le conflit.

Présidente : Sophie Caratini (anthropologue, CNRS, UMR 7324 CITERES)

Discutante : Pénélope Larzillière (sociologue, IRD, UMR CEPED)

16h30-16h50 « Mothers as martyrs, feminised protest and the gendering of custodial punishment: gender and resistance in occupied Western Sahara » Joanna Allan (Etudes littéraires, Université de Leeds)

16h50-17h10 « Keeping the revolution going in Western Sahara: Perspectives from the Sahrawi refugee camps »
Alice Wilson (anthropologue, Université de Durham)

17h10-17h30 « Élites sahraouies à la conquête d’un poste d’élu dans l’administration locale et régionale marocaine »
Victoria Veguilla del Moral (politiste, Université Pablo de Olavide, Séville)

17h30-17h50 « Critical spaces and spaces for critique in exile? »
Elena Fiddian Qasmiyeh (géographe, Co-Director of UCL’s Migration
Research Unit) 17h50-18h30 Débat
18h30-20h00 Apéritif dînatoire

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Vendredi 3 juin 2016

8h30 Accueil des participants

9h00-11h Session 4
Culture, politique et communication

Depuis le début des années 1970, la poésie et la chanson ont été mobilisés par les Sahraouis dans la résistance anticoloniale et dans la construction d’une Nation sahraouie, en particulier au cours de la guerre (1976-1991). Mais depuis le début des années 2000 et le développement des nouvelles technologies de communication (téléphone cellulaire et internet), l’enjeu culturel semble, de manière inédite, occuper le devant de la scène du conflit : tandis que l’Etat marocain multiplie les projets de promotion de la culture sahraouie, rebaptisée à l’occasion « hassanie », dans le cadre d’une nation pluriculturelle (obtention d’un label UNESCO pour le Moussem de Tan Tan, création d’une chaîne TV largement dédiée au patrimoine culturel sahraoui, festivals et projets d’édition), le Front Polisario compte sur ses poètes et chanteurs pour porter son projet politique, à l’intérieur même de la société comme à l’étranger, ainsi que sur une nouvelle génération d’activistes des médias qui

portent le conflit sur la scène web. Cette session analysera les enjeux culturels, linguistiques et communicationnels actuels du conflit, réfléchira aux formes et mécanismes de patrimonialisation et d’acculturation à l’œuvre, et au rôle du web dans cette situation.

Président : Nicolas Puig (anthropologue, IRD, UMR URMIS)

Discutante : Marina Lafay (anthropologue, CEPED & MINWEB)

9h00-9h20 « Emerging Modes of Communication, Performance, and Political Activism in Contemporary Sahrawi Communities »
Tara Deubel (anthropologue, Université de Floride)

9h20-9h40 « Musical networks of solidarity: Saharawi nidal music and the sharing of the struggle »
Violeta Ruano Posada (ethnomusicologue, School of Oriental and African
Studies, Université de Londres)

9h40-10h « Con y desde el pueblo sahraui. Documental, poesía e historia(s) en el Sahara Occidental »
Juan Carlos Gimeno Martín & Juan Ignacio Robles Picón (anthropologues, Université autonome de Madrid)

10h00-10h20 « Corps, mouvement et création sur le Web : expressions de la lutte pacifique au Sahara Occidental »
Sébastien Boulay (anthropologue, Université Paris Descartes-Sorbonne,
UMR CEPED & MINWEB)

10h20-11h Débat

11h00-11h30 Pause café

11h30-12h30 Table ronde « Conditions et éthique de la recherche au Sahara Occidental : accès au terrain, engagement et qualité des données » Animée par S. Caratini, Juan Carlos Gimeno Martín & Juan Ignacio Robles Picón

12h30-14h Déjeuner

14h-16h Session 5
Occupation, migration, exil : l’enjeu crucial des dynamiques de peuplement

Face à un territoire au statut controversé, héritier d’arbitrages coloniaux, fracturé du nord au sud par un mur de plus de 2700 km de long, pour la souveraineté duquel on a reconnu le droit à l’autodétermination d’une population de culture nomade, la question du peuplement de cet espace semble elle aussi figurer parmi les principaux enjeux du conflit. A tel point que tout déplacement d’individus ou de groupes dans et autour du Sahara Occidental apparaît systématiquement comme favorable à l’un ou l’autre des deux camps et donc hautement sensible. Cette session analysera comment s’exerce de part et d’autre du Mur le contrôle des flux de populations sur cet espace, comment les populations vivent ces situations d’exception (réfugiés, exil, séparation, zones interdites car minées), en accordant une attention particulière au vocabulaire employé pour désigner ces mobilités. On s’intéressera par exemple aux politiques de peuplement du Sahara Occidental et à leurs impacts dans les équilibres sociodémographiques, aux migrations scolaires et universitaires des jeunes Sahraouis de l’un et de l’autre côté du mur et à leurs diverses implications (sociales, culturelles et artistiques en particulier), au vécu de l’exil et au rôle de la diaspora dans les reconfigurations d’un espace social et politique sahraoui.

Présidente : Véronique Petit (socio-démographe, Université Paris Descartes, UMR CEPED)

Discutante : Gulcin Lelandais (géographe, CNRS, UMR 7324 CITERES)

14h-14h20 « Le sens des processus urbains en Afrique de l’Ouest espagnole (1934- 1975) »
José Antonio Rodríguez Esteban (géographe, Université autonome de
Madrid)

14h20-14h40 « L’organisation politique et sociale dans l’espace de la diaspora.
Enjeux et réussites des associations des migrants sahraouis en Espagne »
Carmen Gómez Martín (anthropologue, Flacso-Equateur)

14h40-15h « Au-delà de l’exil : les mobilités des jeunes sahraouis et l’impact de leur retour dans les camps »
Alice Corbet (anthropologue, CNRS, LAM Sciences Po Bordeaux)

15h-15h20 « “Active youth” in times of immobility: Summer Programs in the Saharawi Arab Democratic Republic »
Vivian Solana (anthropologue, Université de Toronto)

15h20-16h Débat

16h-16h30 Pause café

16h30-17h30 Table ronde « Production, diffusion et partage de connaissances sur le Sahara Occidental : perspectives de collaboration entre monde académique, médias et société civile? »
Animée par Sébastien Boulay (et autres intervenants à identifier)

17h30 Clôture du colloque

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Bibliographie sélective

Barbier, Maurice. Le conflit du Sahara Occidental. Paris: Editions L’Harmattan, 1982.
Barbúlo, Tomás, La historia prohibida del Sáhara Español. Barcelona: Ediciones Destino, SA, 2002. Barona Castañeda, Claudia. Hijos de la nube. El Sahara Español desde 1958 hasta la debacle. San
Lorenzo del Escorial: Libros C. de Langre, 2004.

Beristain, Carlos Martín, and González Hidalgo, Eloísa. El oasis de la memoria. Memoria histórica y violaciones de Derechos Humanos en el Sáhara Occidental. 2 vols. Bilbao – Vitoria Gasteiz – Donostia San Sebastián : Editorial Hegoa, 2012

Besenyὅ, János. Western Sahara. Pécs: Publikon Publishers, 2009

Bonte, Pierre. La Saqiya al Hamrâ, berceau de la culture ouest-saharienne, Casablanca, EDDIF La croisée des chemins, 2013

Caratini, Sophie. La République des Sables. Anthropologie d’une révolution. Paris : L’Harmattan, 2003.

Caratini, Sophie. Les Rgaybāt (1610-1934). 2 vols. Paris : L’Harmattan, 1989.
Caro Baroja, Julio. Estudios saharianos. Madrid: CSIC, 1955; Madrid: Calamar Ediciones, 2008. Corbet, Alice. “Nés dans les camps. Changements identitaires de la nouvelle génération de réfugiés
sahraouis et transformation des camps.” Ph. Diss., EHESS, Paris, 2008.

Correale, Francesco et Gimeno Martín, Juan Carlos, eds. Sahara Occidental: mémoires, histoires, cultures. Les Cahiers d’EMAM, n. 24-25 2015.

De Saint Maurice, Thomas. Sahara Occidental 1991-1999. L’enjeu du référendum d’autodétermination. Paris : L’Harmattan, 2000.

Diego Aguirre, José Ramon. Historia del Sahara Español. Madrid: Kayededa, 1988.

Fiddian Qasmiyeh, Elena. Gender, Islam and the Sahrawi Politics of Survival, Syracuse: Syracuse University Press, 2014

Hodges, Tony. Western Sahara. The Roots of a Desert War. Westport, Connecticut: Lawrence Hill & Company, 1983.

Jensen, Erik. Western Sahara: Anatomy of a Stalemate? Boulder, Colorado: Lynne Rienner Publishers, 2011.

López Bargados, Alberto. Arenas coloniales. Los Awlād Dalīm ante la colonización franco-española del Sáhara. Barcelona: Edicions Bellaterra, S.L., 2003.

Martínez Milán, Jesús María. España en el Sáhara Occidental y en la Zona sur del Protectorado en Marruecos, 1885-1945. Madrid : UNED Ediciones, 2003.

Naïmi, Mustapha. La dynamique des alliances ouest-sahariennes. De l’espace géographique à l’espace social, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2004.

Pazzanita, Anthony G. Historical Dictionary of Western Sahara. Lanham, Maryland, Toronto, Cambridge: The Scarecrow Press, Inc, 2006.

Tejero Molina, Juan. El Sahara Español de la ‘A’ a la ‘Z’. 2 vols. Madrid: Torres de Papel, 2013- 2014.

Zoubir, Yahia H.. International Dimensions of the Western Sahara Conflict. Westport, CT: Praeger Publishers, 1993.

Zunes, Stephen, and Mundy, Jacob. Western Sahara. War, Nationalism, and Conflict Irresolution.
New York: Syracuse University Press, 2010.

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Adresse:

Amphithéâtre Emile Durkheim Galerie Cl. Bernard, escalier I, 1er étage Sorbonne
1 rue Victor Cousin Paris 5ème arr.


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Daech, un anachronisme

Daech, un anachronisme


Dans les années 1990, c’était en Algérie que se jouait le sort du Maghreb, et sans doute aussi par la même occasion celui du monde arabe. De l’issue de ce qu’il est convenu un peu trop hâtivement d’appeler la guerre civile en Algérie, dépendait non seulement la stabilité de nos voisins, plus particulièrement celles du Maroc et de la Tunisie, pour la multiplicité et l’étroitesse des liens qui nous unissent à eux, mais même ce qu’il allait advenir d’eux dans l’immédiat. Autant dire le jour d’après la prise de pouvoir des islamistes ici même. On se souvient peut-être que le monarque marocain de l’époque, Hassan II, était pour laisser les islamistes radicaux du FIS exercer le pouvoir – du moment qu’ils avaient remporté les élections – non par sympathie pour eux, mais juste pour que le monde puisse constater sur une expérience concrète s’il était possible de composer ou non avec eux. Pour savoir, comme on aimait dire à l’époque, si l’islamisme, lequel à cette époque n’avait nulle part dans le monde arabe accédé au pouvoir, était oui ou non soluble dans la démocratie. Bien entendu, Hassan II faisait seulement semblant de ne montrer qu’un intérêt purement intellectuel à la chose, c’est-à-dire au drame algérien qui se préparait.

En tant que politique avisé, il ne devait en réalité pas se faire beaucoup d’illusions sur ce qui suivrait si d’aventure les autorités algériennes étaient assez folles pour accepter que leur pays serve de laboratoire, comme lui-même le leur conseillait, de façon à ce qu’il soit possible de répondre à la question que tout le monde se posait. On sait qu’il n’a pas été écouté. Mais l’objet de ce petit rappel est de montrer qu’à cette époque c’était en Algérie que se jouait ce que plus tard on appellerait ici même la tragédie nationale, mais dont en vérité les implications dépassaient le cadre non seulement de l’Algérie, mais de tout pays singulier. Si le terrorisme islamiste avait vaincu au lieu d’être vaincu en Algérie, il règnerait sans doute aujourd’hui au Maroc et en Tunisie, pour le moins. Mais voilà, cela fait une vingtaine d’années que le problème ne se pose plus en ces termes dans aucun de ces trois pays. Dans un horizon visible, l’islamisme ne peut accumuler assez de forces pour repartir à l’assaut du ciel. Une fenêtre s’est ouverte pour lui à cet effet, et il l’a ratée. Aujourd’hui, l’avenir de nos pays se joue, ou plutôt est en train de se préciser, en Syrie. Pas même en Irak, bien que ce soit là que tout a recommencé, après la fermeture de la parenthèse algérienne. Pas même en Libye, bien que ce soit par ce côté que l’avenir le plus proche nous saisira. Si par exemple une deuxième intervention étrangère se produit, et qu’elle donne lieu à un afflux de civils fuyant les hostilités, l’Algérie et la Tunisie seront les premières à s’en ressentir, peu ou prou. Mais dans tous les cas de figure cet avenir ne sera pas islamiste, car c’est en Algérie, il y aura bientôt une vingtaine d’années, que cette affaire, cette séquence historique, a connu son dénouement. En Syrie et en Irak, et maintenant en Libye, l’islamisme, dans son dernier avatar, Daech, ne roule pas pour lui-même, comme c’était le cas en Algérie dans les années 1990, mais pour les puissances régionales sunnites, prises d’une peur panique devant la renaissance iranienne. Il fait la guerre et tient la place non pas pour lui-même, mais pour d’autres, pour le salut d’autrui. On le voit très bien maintenant que la guerre par procuration que se livrent les puissances régionales depuis plusieurs années tend à devenir une guerre directe entre elles. Ce que d’ailleurs elle n’aurait pas manqué de devenir carrément si Américains et Russes n’étaient pas là pour la contrarier. Bien qu’il se soit appelé Etat islamique, et qu’il soit parvenu effectivement à se tailler une espèce de califat d’un seul tenant en Syrie et en Irak, et même à se projeter en Libye, Daech est une survivance, un anachronisme, un fantôme du passé, un sous-produit de l’invasion de l’Irak en 2003, et de la guerre par procuration d’aujourd’hui qui se livre en Syrie.

http://www.lejourdalgerie.com/aujourdhui/archive/La%20question%20du%20jour.htm
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Ban Ki-moon doit pouvoir amener le Maroc à respecter les décisions de l'ONU (PM sahraoui)

Nous souhaitons que la visite de Ban Ki-moon puisse amener le Maroc à respecter les décisions de l'ONU


DAKHLA (Camps de réfugiés sahraouis) - Le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a émis le voeu que la visite du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans la région puisse amener le Maroc à respecter les décisions de l'organisation onusienne en faveur du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Dans une déclaration à l'APS, M. Taleb Omar a souligné que "le peuple sahraoui attend que le SG de l'ONU applique ce qui était prévu dans son rapport de 2014, et dans lequel il a souligné la nécessité de sortir avec des conclusions et de présenter de nouvelles options s'il n'y a aucune avancée en 2015".

Il a indiqué que les Sahraouis aspirent que la prochaine visite de Ban Ki-moon "ouvre une nouvelle ère pour la politique et les positions de l'ONU vis-à-vis de la cause sahraouie pour que le bourreau et la victime ne soient plus sur le même pied d'égalité".

"Bien que Rabat refuse jusqu'à présent la visite de Ban Ki-moon au Maroc et aux territoires occupés, l'ONU a tenu à ce son SG visite le 5 mars prochain les territoires libérés et les camps de réfugiés sahraouis après sa visite en Mauritanie et en Algérie", a-t-il dit.

Il a ajouté que le régime marocain "veut suspendre ou reporter cette visite mais les Nations Unies ont décidé de maintenir la date de la tournée contre la volonté de Rabat, ce qui est nouveau, a-t-il noté, puisque l'organisation onusienne avait toujours attendu l'accord du Maroc pour chacune de ses initiatives par le passé, mais aujourd'hui elle est convaincue de la nécessité d'ouvrir

de nouveaux horizons pour la paix, dont la région a besoin plus que jamais", a souligné le responsable sahraoui.

M. Taleb Omar a cité parmi les plus importants résultats des 40 années de la création de la république arabe sahraouie démocratique (RASD), la valorisation des capacités du citoyen sahraoui, l'amélioration du niveau de vie du peuple sahraoui dont les compétences se comptent désormais par milliers.

Il a affirmé que "les compétences sahraouies existent dans tous les domaines et ce sont elles qui dirigent leurs propres entreprises puisant l'expérience nécessaire dans la lutte armée et l'action diplomatique et celle de la gestion administrative et la prestation de services au profit de la société en cette circonstance difficile".

M. Taleb Omar a précisé que la question sahraouie s'apprête à entamer une nouvelle étape notamment après avoir acquis la reconnaissance de l'Union africaine (UA) et de plusieurs autres pays à travers le monde et après que "le Maroc s'est avérée une partie entravant la solution pacifique à travers son refus de la visite de Ban ki-moon".

Il a en outre estimé que "cette étape est marquée par le conflit opposant "l'occupant marocain et l'union européenne et la décision de Rabat de suspendre ses contacts avec l'UE pour contester le verdict de la CJUE (Cour européenne de Justice, Ndlr) qui a annulé l'accord agricole liant les deux parties.

La CJUE avait annulé, le 10 décembre dernier, l’accord agricole qui liait l’UE au Maroc, et ce, suite à une plainte déposée par le Front Polisario qui a contesté cet accord qui incluait le Sahara Occidental occupé par le Maroc.

La CJUE avait relevé dans son jugement que le Conseil de l'UE a manqué à son obligation de vérifier si l'exploitation des richesses naturelles du Sahara occidental occupé se fait ou non au profit du peuple sahraoui.

"Le Maroc se trouve dans une situation d'isolement au vu de ses problèmes avec l'union africaine et l'ONU et en confrontation avec la plupart de pays du monde en raison de son occupation illégale du Sahara Occidental", a-t-il ajouté.

Cette situation devrait "inciter la communauté internationale à reconnaître la RASD en tant que membre à l'ONU en réponse à l'intransigeance du régime marocain", a souligné le responsable sahraoui ajoutant qu'"aujourd'hui les positions de l'UA sont plus audacieuses et plus franches".

Le premier ministre sahraoui, a par ailleurs affirmé qu'à travers les "exhibitions militaires commémorant le 40ème anniversaire de la proclamation de la RASD, les Sahraouis veulent montrer qu'ils ont une armée bien préparée d'autant que la lutte armée est une éventualité qui n'est pas écartée, à laquelle on se prépare".

Les Sahraouis "sont tenus dans le même temps de cesser les hostilités, privilégier les moyens pacifiques et miser sur la visite du secrétaire général des Nations unis pour parvenir à un règlement", a-t-il ajouté avant de conclure que cela n'exclut pas pour autant "que nous nous préparions à l'autre option".

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Le peuple sahraoui a pris sa décision irréversible

Sahara occidental : Le peuple sahraoui a pris sa décision irréversible


Le Président de la République arabe Sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, a indiqué samedi à Dakhla (camps de réfugiés sahraouis) que "la liste du sacrifice, de la gloire et du martyre demeure ouverte aussi longtemps que nous ne n’aurons pas atteint notre objectif (l’indépendance)", dans un discours à l’occasion de la célébration du 40ème anniversaire de la RASD. 

"Au moment où nous renouvelons notre fidélité aux martyrs et où nous saluons les combattants de l’armée de libération populaire sahraouie, ces héros stationnés sur le terrain, prêt à faire face, à toutes les éventualités et les défis, nous rappelons que la liste du sacrifice, de la gloire et du martyre demeure ouverte aussi longtemps que nous ne n’aurons pas atteint notre objectif, à savoir la liberté et l’indépendance, surtout si le Royaume du Maroc nous l’impose de nouveau comme il l’a fait en 1975 nous reprendrons la lutte armée légale", a indiqué M. Abdelaziz. 

Il a ajouté que le Peuple Sahraoui, où qu’il se trouve a pris sa décision irréversible et que les sahraouis adhèrent obstinément à leur choix et à leur Etat, qui est "aujourd’hui une source de fierté et un sentiment d’appartenance nationale sincère et profond et qui s’est consolidé par le temps, en une entité indépendante et en une culture distincte".

 "Il n’y a pas d’avenir pour les sahraoui en dehors de leur patrie libre, indépendante et souveraine sur l’ensemble du territoire national", a-t-il affirmé. "Force, détermination et volonté pour imposer l’ind épendance, la souveraineté et la paix", a conclu le président Abdelaziz.

LES DÉLÉGATIONS PRÉSENTES RÉAFFIRMENT LE DROIT LÉGITIME DU PEUPLE 

Les représentants des délégations étrangères participant aux festivités commé- morant le 40e anniversaire de la proclamation de RASD ont été unanimes à affirmer le droit légitime du peuple sahraoui à l’autodétermination. Dans son intervention, la présidente du groupe parlementaire de fraternité et d’amitié algéro-sahraoui, 

Saida Bounab, a souligné que les festivités commémorant le 40 e anniversaire de la RASD, intervenaient dans une conjoncture spéciale, marquée par les acquis réalis és par la cause sahraouie dans les fora internationaux qui tendent vers la consécration du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Elle a cité, dans ce sens, "la perturbation des relations de partenariat entre l’UE et le Maroc, car étant fondés sur le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental". L’intervenante a salué tous les participants aux festivités, notamment l’armée de libération populaire sahraouie. 

Pour sa part, le représentant de l’Union africaine (UA), Mustapha Sidiki Kalolo s’est félicité de l’invitation de l’UA à prendre part à la célébration de ce 40e anniversaire de la proclamation de la RASD qui a marqu é la lutte du peuple sahraoui pour l’indépendance et le recouvrement de sa pleine souveraineté sur l’ensemble de ses territoires. Il a, en outre, affirmé l’appui de l’UA à la lutte du peuple sahraoui pour la liberté et l’indépendance qui était celle de tous les pays africains. Pour sa part, le représentant du parlement panafricain, 

Roger Nkodo Dang a souligné que "le parlement africain demeure attaché aux principes qui consacrent l’unité africaine et au soutien de la cause sahraouie". L’élection de Salma Birouk, de la RASD, vicepr ésidente du parlement africain témoigne du grand soutien de ce dernier à la cause sahraouie, a-t-il affirmé, précisant que toutes les décisions de l’ONU et de l’UA affirmaient la légitimité du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Le Maghreb, 29/02/2016

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La statégie marocaine pour gérer les situations de crise

Sahara occidental / Décision du Maroc de suspendre ses contacts avec l’UE : « Une stratégie» pour gérer les situations de crise, selon Afrique Asie


Que se cache-t-il derrière la décision du Maroc de suspendre ses contacts avec l’Union européenne (UE) suite à l’introduction de recours par le Conseil de l’UE au verdict de la Cour européenne de justice (CJUE) annulant l’accord agricole entre les deux parties ? 

Cela fait partie de la dramatisation paroxystique et de la théâtralisation qui « sont une composante essentielle de la stratégie de la tension que ce pays a érigée en norme de fonctionnement pour gérer des situations de crise d’ailleurs, très souvent artificielles », lit-on sur les colonnes du magazine Afrique Asie. 

Jeudi dernier, pour rappel, le Chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, a reçu l’ambassadeur de l’UE à Rabat pour l’informer de la décision de son pays de «l’arrêt de tout contact avec la Commission européenne et le Conseil européen». Une décision prise pour contester le verdict de la CJUE qui a annulé, le 10 décembre dernier, l’accord agricole qui liait l’UE au Maroc, et ce, suite à une plainte déposée par le Front Polisario qui a contesté cet accord qui incluait le Sahara occidental occupé par le Maroc. 

La CJUE a relevé dans son jugement que le Conseil de l’UE a manqué à son obligation de vérifier si l’exploitation des richesses naturelles du Sahara occidental occupé se fait ou non au profit du peuple sahraoui. Irritée par la décision unilatérale du Maroc, l’UE a tenu à lui rappeler les principales règles et usages protocolaires et diplomatiques en mettant l’accent sur «le respect mutuel». 

Les responsables européens ont, bien entendu, poursuit la revue, « refusé de se plier à cette manœuvre dont l’objectif principal est de politiser la requête dans le but d’obtenir, par voie judiciaire, la disqualification du Polisario en tant que personnalité morale pouvant ester le Conseil européen en justice ». 

Rabat «doit définitivement comprendre les contraintes juridiques qui s’imposent à l’exécutif européen et qu’il doit surtout admettre que l’exercice d’autosuggestion nourri tout au long de ces dernières années par le mythe du «partenaire supposé être le plus important dans la région a atteint ses limites», a-t-elle relevé. 

S’agissant de savoir quelles pourraient être les suites du pourvoi en appel, Afrique Asie a expliqué que cette question a fait «l’objet de débats au sein de la commission du commerce international du Parlement européen, le 15 février. «Et il ressort des positions présentées par les responsables des différents services juridiques (Conseil, Commission et Parlement) que, compte tenu du statut des territoires du Sahara occidental, en tant que territoire non autonome, les options sont au nombre de trois, si le tribunal devait confirmer son jugement», a poursuivi la revue. 

La première option serait que le Maroc accepte un mécanisme intrusif par lequel le Conseil va «s’assurer par lui-même qu’il n’existait pas d’indices d’une exploitation des ressources naturelles du territoire du Sahara occidental sous contrôle marocain susceptible de se faire au détriment de ses habitants et de porter atteinte à leurs droits fondamentaux». Mais, selon la revue, ceci ferait «imploser la fiction de la prétendue souveraineté marocaine sur les territoires sahraouis occupés». 

«Négocier un nouvel accord qui prenne clairement en compte les intérêts du peuple sahraoui» serait la deuxième option envisagée, a-t-elle ajouté. 

Enfin, en troisième option, «carrément exclure le Sahara occidental de l’accord. Comme ce fut le cas de l’accord de libre-échange signé avec les Etats Unis», conclut la revue.

Reporters, 28/02/2016
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LE MAROC SUBIT REVERS SUR REVERS À PROPOS DU SAHARA OCCIDENTAL

L’Union européenne et les pays qui la composent se conforment au droit international à propos de leurs relations avec le Maroc s’agissant du Sahara occidental. En effet, à la demande du Front Polisario, la justice européenne a annulé un accord de libre-échange conclu avec Rabat incluant le Sahara occidental.

Cette décision est lourde de conséquences pour le Maroc qui voit ainsi tout son commerce impliquant les richesses agricoles et minières du Sahara remis en question. Aussi, la société lituanienne de production d’engrais Lifosa a rompu ses contrats d’importations de phosphates en provenance du Sahara occidental. Lifosa indique qu’elle « n’a pas l’intention d’acheter du minerai des phosphates du Sahara occidental en 2016, ni dans un avenir prévisible. »

La réaction du Maroc à ces décisions qui ne touchent pas seulement à l’économie et au commerce, les pertes pour Rabat se chiffrent en millions d’euros, mais concernent également la diplomatie, est de « suspendre tout contact » avec l’Union européenne. Les analystes européens jugent cette attitude marocaine comme un chantage à la coopération entre l’Europe et le Maroc, un allié considéré précieux, dans la lutte contre le terrorisme.

Internationalement, l’affaire du Sahara occidental est posée dès le début des années 60 aussi bien aux Nations Unies qu’à l’Organisation de l’Unité Africaine. Le 16 octobre 1964, le comité de décolonisation de l’ONU recommande la décolonisation du Sahara occidental et d’Ifni, les deux questions ayant été examinées ensemble ; Ifni a été rétrocédée au Maroc en 1969.

Depuis 1964, les Nations Unies n’ont pas cessé de recommander à l’Espagne de prendre toutes les mesures nécessaires pour la décolonisation du territoire. Elles ont réitéré dans une série de résolutions « la nécessité de consulter la population sahraouie sur son avenir politique dans les conditions exigeantes de liberté et d’authenticité ». Les Nations Unies invitaient l’Espagne, comme puissance administrante du Sahara, « à arrêter le plus tôt possible, en conformité avec les aspirations de la population autochtone du Sahara espagnol et en consultation avec les gouvernements marocain et mauritanien et toute autre partie intéressée (Algérie ?), les modalités de l’organisation d’un référendum qui sera tenu sous les auspices de l’ONU afin de permettre à la population autochtone du territoire d’exercer librement son droit à l’autodétermination ».

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La mauvaise foi de Rabat

Le gouvernement marocain n'avoue jamais les véritables raisons de ses faits et gestes. 

Dernière en date. Une affirmation du directeur du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak Khiame, dans une interview publiée par Maroc Hebdo. Selon Khiame, l'organisation d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) « contrôle tout le sud de l'Algérie ». Plus le mensonge est gros plus il risque d'être cru. Si des cellules d'AQMI ou de Daech sont constamment démantelées en Algérie, il n y a aucune commune mesure avec ce qui se passe au Maroc où en une année, plus de 160 cellules de Daech ont été découvertes. 

La presse marocaine omet de rappeler les nombreux terroristes qui ont rejoint les rangs de Daech ainsi que les éléments ayant perpétré les attentats de Paris. Les autorités algériennes ont alerté Rabat sur le nombre de Marocains entrés en Algérie depuis début janvier avec pour but de rejoindre la Libye. Des centaines de ressortissants marocains sont soupçonnés de vouloir rallier les groupes armés terroristes en Libye. Les Marocains sont les plus nombreux parmi les étrangers dans les rangs de l'Etat islamique en Irak et en Syrie. Avec plus de 1 000 éléments, le Maroc se place en deuxième position derrière la Tunisie en termes d'effectifs. Ils sont 1 193 Marocains à avoir quitté leur pays pour faire le jihad au sein de l'EI. Le chiffre émane de la Direction générale des études et de la documentation (DGED marocain).

Le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, a reçu l'ambassadeur du Maroc en Algérie pour porter à sa connaissance un flux « massif » et « inhabituel » de Marocains à destination de la Libye à travers l'Algérie. Le Maroc est aujourd'hui en état d'alerte maximale. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une cellule plus ou moins proche de Daech ne soit démantelée au Maroc ou dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Devrait-on pour autant considérer à notre tour que le Maroc est sous l'emprise de Daech ? La schizophrénie politique du régime marocain a toujours été l'une des caractéristiques dominantes et elle continue à façonner son discours global. Même les médias sont soumis à un contrôle strict de la part du makhzen, cette administration royale qui régente la vie politique du pays. Tous les médias marocains, sans exception, ont mis en exergue un énorme mensonge du makhzen selon lequel Rabat a décidé de rompre ses relations avec Téhéran en 2009 à cause de prétendues déclarations d'un haut responsable iranien sur l'Etat de Bahreïn, le qualifiant de 14e province iranienne, alors que certains sites marocains accusaient Téhéran de « pratiques de prosélytismes visant à répandre la doctrine chiite au détriment du sunnisme ».

Il a fallu attendre décembre 2010 pour comprendre ce geste inexplicable, via un câble américain qui a mis à nu la mythomanie du makhzen. Le geste marocain était venu sur ordre express de l'Arabie saoudite. Les médias sont convaincus que la décision tardive de Rabat de geler ses relations avec l'Union européenne est due au diktat de la Cour européenne de justice sur l'accord agricole entre Bruxelles et le Maroc. Dans un communiqué rendu public vendredi dernier, la porte-parole de l'UE, Fédérica Mogherini, laisse d'ailleurs pointer, en langage diplomatique, une forme d'agacement dans la tension ainsi créée par Rabat : « De nombreux contacts ont été effectués à tous les niveaux entre l'UE et le Maroc sur cette question depuis le mois de décembre, et le Maroc a été tenu pleinement informé tout au long du processus, dans le cadre des contraintes juridiques qui s'appliquent » a-t-elle tenu à répondre aux mensonges du chef du gouvernement Benkirane. La décision marocaine est tombée en même temps que l'annonce de la visite que le SG de l'ONU compte effectuer au Sahara Occidental en vue de s'enquérir de la situation de la mission onusienne dans l'ancienne colonie espagnole. 

Les autorités marocaines refusant d'autoriser l'atterrissage de son avion à El Ayoune, capitale du Sahara occidental occupée par le Maroc, Ban Ki-moon, contrarié, a décidé d'effectuer sa visite dans la partie libérée par le Front Polisario. Dans la commune de Bir Lahlou, plus précisément. Soit le lieu où la RASD a été proclamée il y a 40 ans. Une autre gifle que le SG de l'ONU donne aux autorités du makhzen.



http://www.jeune-independant.net/La-mauvaise-foi-de-Rabat.html
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La diplomatie de Nacer Bourita et consorts

Pour le magazine Tel-Quel, la récente nomination de Nacer Bourita ministre délégué aux affaires étrangères constitue un "Un CDD donc qui couronne le sans-faute d’un diplomate de carrière".

"A 46 ans, ce natif de Taounate, père de deux enfants, s’est déjà imposé comme un poids lourd du ministère des affaires étrangères et de la coopération (MAEC), dont il maîtrise tous les arcanes", ajoute l'hebdomadaire marocain. Un jugement basé, sans doute, sur son protagonisme dans le dossier du Sahara Occidental dans les documents confidentiels révélés par le hacker Chris Coleman. Un jugement aussi qui délatte aussi une certaine collusion idéologique avec le Makhzen.

Celui qui a écrit ces lignes sur Bourita le 15 février 2016 était loin de deviner que quelques jours après, la diplomatie marocaine allait vivre un cauchemar dans les deux principaux dossiers que Bourita gérait : Le Sahara Occidental et les relations avec l'Union Européenne.

"La stratégie de la tension" vantée par Tel-Quel et attribuée à Bourita n'a pas donné les résultats escomptés. Une stratégie basée sur l'auto-suggestion. A force de répéter que le Maroc est le meilleur partenaire de l'Occident en Afrique du Nord, Bourita et compagnie ont fini par le croire. Comme le mythomane avec ses mensonges.

La preuve est là. Elle est dans les graves crises que traversent les relations du Maroc avec l'Union Européenne et l'ONU. 

Le Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-moon n'a pas inclu Rabat dans son agenda dans sa tournée dans la région. Les autorités marocaines n'ont rien trouvé comme argument que d'avancer que le roi n'est pas là. Celui-ci est obligé de prolonger son séjour en France et ailleurs pour éviter de rencontrer le diplomate coréen. Pire encore, pour empêcher Ban de visiter la mission onusien du Sahara Occidental (MINURSO), on lui a fait savoir que son avion n'aura pas d'autorisation d’atterrissage dans la ville d'El Aaiun, capitale de l'ancienne colonie espagnole sous occupation marocaine. Il a sans doute du les forcer à ce niveau de "diplomatie offensive" pour en arriver là. 

Ce comportement a contraint le Chef de l'ONU à frapper fort en leur rappelant que le Sahara Occidental est un territoire non autonome en attente de décolonisation et s'il ne peut pas atterrir à El Aaiun, il le fera à Bir Lehlou, là où il y a 40 ans, le Front Polisario avait annoncé la création de la RASD. Les marocains, dans leur stratégie de la tension auront-ils le courage d'empêcher l'avion de Ban Ki-moon d'atterrir à Bir Lehlou? 

Un autre épisode qui témoigne de l'échec de la diplomatie prônée par Bourita et consorts se trouve dans la réaction de l'Union Européenne. les réactions des voyous de la rue qui caractérisent les sorties de Rabat a irrité le partenaire européen au point de rappeler au Maroc les principales règles et usages protocolaires et diplomatiques en mettant l'accent sur "le respect mutuel".

Bourita et consorts sont allés jusqu'à prendre les européens pour des imbéciles. Leur ignorance les a conduit jusqu'à prétendre que l'Europe nie la qualité du Front Polisario de personnalité morale pouvant déposer une plainte auprès de la Cour Européenne de Justice.
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Grossière manip

» Mais pourquoi diantre balancer un pareil mensonge, si ce n’est que pour souhaiter que l’Algérie coopère plus avec ses voisins ? Il est de notoriété publique que l’Algérie le fait avec toute la bonne volonté du monde, même s’il est hors de question que les frontières terrestres avec le Maroc soient rouvertes avant que cette question (supplique de la part de Rabat) ne soit traitée dans un cadre globale, incluant la lutte contre le terrorisme, la contrebande et le trafic de drogue, ainsi que le règlement de la problématique sahraouie dans le strict respect du droit international… »

Par Mohamed Abdoun :

Rabat, désormais dos au mur par la communauté internationale concernant sa politique colonialiste exercée au Sahara Occidental, et dont les produits sont carrément boycottés par la communauté européenne, ne sait franchement plus quoi inventer pour se sortir de ce mauvais pas. 

Le dernier, sans doute, avant que le peuple sahraoui ne puisse enfin jouir de son droit à l’autodétermination, sous peine de reprise du conflit armé dans le très proche avenir. Il semble que les conseillers de Mohamed VI, en mal d’inspiration, aient ainsi décidé de verser dans la diversion, pour grossière et insipide qu’elle fut. Chemin faisant, ils donnent l’air d’avoir fait leur (et leurre surtout) cette maxime selon laquelle plus une couleuvre est grosse et plus elle a de chance d’être avalée, intégralement gobée. 

Le serpent nous vient, donc, du journal » Maroc Hebdo « , réputé très proche du Makhzen. Celui-ci, toute honte bue, ose publier une interview d’un certain Abdelhak Khiame. Celui-ci n’est rien moins que le directeur, tenez-vous bien, du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ). Le journal, avant de nous asséner sa vérité « , prend le soin de souligner perfidement que le responsable sécuritaire en question serait, je cite » l’un des hommes les mieux informés du royaume « . Sic. 

Mais de quoi retourne-t-il au juste ? Je vous le donne en mille : à en croire cet individu, donc, que je cite encore, » l’organisation d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) contrôle tout le sud de l’Algérie « . Oui, vous avez bien lu. A l’en croire, cette organisation terroriste, contrôlerait tout le sud algérien, c’est-àdire à peu près les deux tiers de l’ensemble du territoire national. Si la vie continue de s’y dérouler normalement, si les forces de l’ANP réalisent au quotidien des saisies d’armements et des arrestations de contrebandiers aux frontières, toujours aux frontières, si l’autorité de l’Etat n’a jamais été aussi présente, sans être oppressante pour autant, c’est que l’AQMI se fait sans doute discrète, carrément fantomatique, si l’on veut continuer de croire ce bonhomme. 

Mais pourquoi diantre balancer un pareil mensonge, si ce n’est que pour souhaiter que l’Algérie coopère plus avec ses voisins ? Il est de notoriété publique que l’Algérie le fait avec toute la bonne volonté du monde, même s’il est hors de question que les frontières terrestres avec le Maroc soient rouverte avant que cette question (supplique de la part de Rabat) ne soit traitée dans un cadre globale, incluant la lutte contre le terrorisme, la contrebande et le trafic de drogue, ainsi que le règlement de la problématique sahraouie dans le stricte respect du droit international, conformément aux nombreuses résolutions internationales prises dans ce sens, abondant toutes dans le sens du droit du peuple sahraoui à la tenue d’un référendum d’autodétermination. Pour qui sait que le Maroc est le plus gros producteur et exportateur de drogue, et que cela se fait avec la complicité des services de sécurité de sa majesté Mohamed VI, il est à peu près certain que le sieur Abdelhak Khiame, avant de nous asséner ses » pathétiques vérités « , ne semble pas avoir fumé que de la moquette.
M. A.

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Annulation de l’accord agricole UE-Maroc : Mohamed VI dans ses petites… babouches

Le Maroc a été « tenu pleinement informé » du processus d’introduction de recours par le Conseil de l’Union européenne au verdict de la Cour européenne de Justice (CJUE) annulant l’accord agricole entre les deux parties, a affirmé, vendredi, l’UE en réponse aux accusations de Rabat sur une prétendue « absence de transparence ». 

Réagissant à la décision du Maroc de suspendre ses contacts avec l’UE dans l’attente d’explications, les services diplomatiques de la Haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, ont assuré, dans un communiqué, que « de nombreux contacts ont été effectués à tous les niveaux entre l’UE et le Maroc sur cette question depuis le mois de décembre ». « (à) le Maroc a été tenu pleinement informé tout au long du processus, dans le cadre des contraintes juridiques qui s’appliquent », ont soutenu les services diplomatiques de l’UE, réfutant les accusations du porteparole du gouvernement marocain qui a prétendu, jeudi, « l’absence de transparence et de clarté de certains membres de l’UE ». 

Irritée par la décision unilatérale du Maroc, l’UE a tenu à lui rappeler les principales règles et usages protocolaires et diplomatiques en mettant l’accent sur « le respect mutuel ». « Notre conviction est qu’un véritable partenariat implique l’écoute, le partage, la solidarité et le respect mutuels entre partenaires », ont clairement souligné les services diplomatiques de l’UE. Jeudi, le chef de gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, a reçu l’ambassadeur de l’UE à Rabat pour l’informer de la décision de son pays de « l’arrêt de tout contact avec la Commission européenne et le Conseil européen ». Une décision prise pour contester le verdict de la CJUE qui a annulé, le 10 décembre dernier, l’accord agricole qui liait l’UE au Maroc, et ce, suite à une plainte déposée par le Front Polisario qui a contesté cet accord qui incluait le Sahara Occidental occupé par le Maroc. 

La CJUE a relevé dans son jugement que le Conseil de l’UE a manqué à son obligation de vérifier si l’exploitation des richesses naturelles du Sahara occidental occupé se fait ou non au profit du peuple sahraoui. Interrogé sur la décision de l’UE de faire appel du jugement rendu par la CJUE, Me Gilles Devers, principal avocat du Front Polisario, qui avait porté l’affaire devant le tribunal européen, s’était dit confiant, assurant que le collectif d’avocats engagé dans cette affaire « ira devant la Cour avec les mêmes arguments ». 

« Ce qu’a jugé le tribunal peut faire objet d’un appel, mais il y a ce que la Commission européenne a écrit noir sur blanc. Elle a écrit que le Front Polisario est un mouvement de libération nationale, qu’il est le seul représentant du peuple sahraoui. Elle a écrit qu’elle ne reconnaissait de territoire du Maroc que celui qui est dans les frontières historiques. Donc la Commission européenne ne peut pas faire appel sur ce qu’elle a écrit », avait-il précisé.


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Le Maroc récolte les fruits de sa malade d'auto-suggestion

Bruxelles réfute les accusations de Rabat sur «l’absence de transparence»

Le Maroc a été «tenu pleinement informé» du processus d’introduction de recours par le Conseil de l’Union européenne au verdict de la Cour européenne de Justice (CJUE) annulant l’accord agricole entre les deux parties, a affirmé l’UE en réponse aux accusations de Rabat sur une prétendue «absence de transparence». 


Réagissant à la décision du Maroc de suspendre ses contacts avec l’UE dans l’attente d’explications, les services diplomatiques de la Haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, ont assuré, dans un communiqué, que «de nombreux contacts ont été effectués à tous les niveaux entre l’UE et le Maroc sur cette question depuis le mois de décembre». «(à) le Maroc a été tenu pleinement informé tout au long du processus, dans le cadre des contraintes juridiques qui s’appliquent», ont soutenu les services diplomatiques de l’UE, réfutant les accusations du porte-parole du gouvernement marocain qui a prétendu, jeudi, «l’absence de transparence et de clarté de certains membres de l’UE». Irritée par la décision unilatérale du Maroc, l’UE a tenu à lui rappeler les principales règles et usages protocolaires et diplomatiques en mettant l’accent sur «le respect mutuel». «Notre conviction est qu’un véritable partenariat implique l’écoute, le partage, la solidarité et le respect mutuels entre partenaires», ont clairement souligné les services diplomatiques de l’UE. Jeudi, le Chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, a reçu l’ambassadeur de l’UE à Rabat pour l’informer de la décision de son pays de «l’arrêt de tout contact avec la Commission européenne et le Conseil européen». Une décision prise pour contester le verdict de la CJUE qui a annulé, le 10 décembre dernier, l’accord agricole qui liait l’UE au Maroc, et ce, suite à une plainte déposée par le Front Polisario qui a contesté cet accord qui incluait le Sahara occidental occupé par le Maroc. La CJUE a relevé dans son jugement que le Conseil de l’UE a manqué à son obligation de vérifier si l’exploitation des richesses naturelles du Sahara occidental occupé se fait ou non au profit du peuple sahraoui. Interrogé sur la décision de l’UE de faire appel du jugement rendu par la CJUE, Me Gilles Devers, principal avocat du Front Polisario, qui avait porté l’affaire devant le tribunal européen, s’était dit confiant, assurant que le collectif d’avocats engagé dans cette affaire «ira devant la Cour avec les mêmes arguments». «Ce qu’a jugé le tribunal peut faire objet d’un appel, mais il y a ce que la Commission européenne a écrit noir sur blanc. Elle a écrit que le Front Polisario est un mouvement de libération nationale, qu’il est le seul repré- sentant du peuple sahraoui. Elle a écrit qu’elle ne reconnaissait de territoire du Maroc que celui qui est dans les frontières historiques. Donc la Commission européenne ne peut pas faire appel sur ce qu’elle a écrit», avait-il précisé. 



Le MAE sahraoui rappelle à l’ONU sa responsabilité 


Le ministre des Affaires étrangère sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek, a rappelé à Rabouni (Base Echahid El Hanafi), aux Nations Unies leur mission qui est d’organiser le référendum au Sahara occidental. «Il faut que le référendum d’autodétermination au Sahara occidental soit organisé. 

Nous attendons des Nations unies qu’ils assument leurs responsabilités. Une mission spéciale, qui est la Minurso, a été envoyée à cette fin», a déclaré M. Ould Salek. S’exprimant à la veille de la célébration du 40e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie (RASD), le chef de la diplomatie sahraoui a rappelé le déploiement, depuis le cessez-lefeu en 1991 entre le Front Polisario et l’occupant marocain, de la Mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso). Il a aussi rappelé les appels pressants du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour l’ouverture de négociations «sérieuses et responsables» entre les deux parties au conflit (le Maroc et le Front Polisario). 

Le responsable sahraoui, qui n’a pas cessé d’insister sur la mission de l’ONU et sa responsabilité quant au règlement du conflit, a ajouté que le peuple sahraoui ne restera pas les bras croisés. «Le message du 14e congrès du Front Polisario (tenu en décembre dernier) était que ‘’si les Nations unies n’avancent pas, le peuple sahraoui va avancer’’», allusion à une éventuelle reprise des armes pour continuer le combat vers l’indépendance, alors qu’il opte actuellement pour la lutte pacifique. 

Il a, dans le même ordre d’idées, ajouté que «la communauté internationale toute entière, l’Union européenne comprise, ne reconnait pas la souveraineté du Maroc sur le territoire de notre pays». «Cela va de soi que l’occupant (marocain) va, à la fin, se cogner la tête contre le mur. C’est pour cela que nous disons qu’il est temps que le Maroc revienne à la raison et accepte d’appliquer avec nous ce qu’il a signé dument sous les auspices des Nations unies», a-t-il soutenu. 

M. Ould Salek a argumenté que «c’est pour cette raison d’ailleurs que le Maroc est le seul pays, aujourd’hui, qui se trouve dans la place qui était celle de l’apartheid en Afrique du sud, et le seul pays africain qui n’est pas membre de l’Union africaine». Le chef de la diplomatie sahraouie a également souligné que «le Maroc commet des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et exploite illégalement les ressources naturelles du Sahara occidental occupé». Par ailleurs, M. Ould Salek a indiqué que «le Maroc est en train d’inonder toute la région africaine et maghrébine par la drogue», dénonçant que parmi les 25 000 terroristes internationaux répertoriés par les Nations unies, 14% sont des marocains.



Bouteflika pour la relance des négociations entre le Maroc et le Polisario 


Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a réitéré les dispositions de l'Algérie à soutenir les efforts des Nations unies pour le règlement de la question sahraouie, tout en rappelant sa position immuable pour l'autodétermination de la dernière colonie d'Afrique. 


D ans un message de félicitations adressé au président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, à l'occasion du 40ème anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie populaire (RASD), le chef de l'Etat a interpellé l'organisation onusienne sur le droit inaliénable à l'autodétermination nourri par les Sahraouis depuis plusieurs années, affirmant qu' «une telle voie ne fera qu'ouvrir de nouveaux horizons plus prometteurs à la paix et au développement dans la région du Maghreb et en Afrique». «Le règlement de la question du Sahara occidental est de la responsabilité de l'Organisation des Nations unies», a affirmé le chef de l'Etat, assurant que, pour sa part, «l'Algérie ne ménagera aucun effort pour apporter son soutien et son appui à la proposition du secrétaire général de l'ONU visant à relancer les négociations directes entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario et à ses efforts en vue d'une solution juste et durable qui garantirait au peuple frère du Sahara occidental l'exercice de son droit inalié- nable à l'autodétermination», a-til ajouté. Réitérant les engagements de l'Algérie à soutenir les efforts des Nations unies, le chef de l'Etat a appelé à la stricte mise en œuvre de la doctrine des Nations unies dont sont justiciables les pays et les peuples coloniaux et la promotion des vertus du dialogue. «En sa qualité de pays voisin des deux parties au conflit, l'Algérie se reconnaît dans la démarche de la communauté internationale et des Nations unies en particulier qui, avec constance, préconise une solution basée sur l'autodé- termination du peuple du Sahara occidental, dans la lignée de la position de l'Afrique qui a placé, pour sa part, le parachèvement de la décolonisation en tête des priorités de son organisation continentale depuis sa création», a encore relevé le président Bouteflika dans son message. Et de souligner, avec force, l'attachement indéfectible de l'Algérie au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination ; notamment en cette conjoncture favorable qui précède la visite imminente du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dans la région.»"Je saisis cette opportunité qui intervient au lendemain de la tenue réussie des assises du 14ème congrès du Front Polisario, et qui marque une nouvelle étape dans l'histoire riche et glorieuse de la lutte du peuple du Sahara occidental, pour vous réaffirmer l'attachement de l'Algérie au respect du principe du droit des peuples à disposer d'euxmêmes, à la stricte mise en oeuvre de la doctrine des Nations unies dont sont justiciables les pays et les peuples coloniaux et à la promotion des vertus du dialogue», a soutenu le chef de l'Etat dans cette perspective. Le message de Bouteflika se veut un témoignage supplémentaire de soutien à la cause sahraouie et une éniè- me interpellation de l'opinion internationale de l'urgence de trouver une solution au Sahara occidental. 



Le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz s’insurge : «Le Maroc ferme toutes les voies pacifiques»



Le Président sahraoui, Mohamed Abdelaziz a affirmé, hier, que «40 ans d’existence de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) montre que celle-ci remplit toutes les conditions d’un État indépendant» lequel «a été agressé par le Maroc, un État africain et malheureusement voisin».
Et de poursuivre plus loin, en déclarant que Rabat «a fermé et ferme toutes les voies pacifiques » a-t-il indiqué, menant au règlement de la question sahraouie, sur la base de la légalité internationale, relative à une question de décolonisation.
La célébration du quarantième anniversaire de la proclamation de la RASD, le 27 février 1976, est l’occasion, pour le Président sahraoui «de lancer un message urgent et important» nous a-t-il déclaré, hier, au camp de réfugiés sahraoui, à, « l’ensemble de la communauté internationale, les pays la constituant et les Nations unies, pour emprunter la même voie de l’Union africaine (UA) dans sa reconnaissance de la RASD». Telle a été la réponse du Président sahraoui, secrétaire général du Front Polisario à notre question de savoir quelles sont la portée et la teneur des festivités marquant le 40è anniversaire de la RASD en marge de la cérémonie officielle d’accueil des délégations étrangères, d’officiels et de la société civile, marquée par le salut des unités de l’Armée de libération du peuple sahraoui (ALPS). Pour le SG du Front Polisario « le message essentiel est que quarante ans de la RASD montrent que celle-ci remplit toutes les conditions d’un Etat indépendant» nous a-t-il déclaré, et d’ajouter « ayant été agressé par un autre Etat africain, et malheureusement voisin, le Maroc» lors de l’invasion militaire marocaine, en 1975, du Sahara occidental. Pour le président sahraoui « le Maroc ferme toutes les voies menant à la solution de la question sahraouie» sur la base de la Légalité internationale pour une question de décolonisation inscrite aux Nations unies. Plus explicite sur les entraves du colonisateur marocain, pour le règlement pacifique de la question sahraouie, selon le Droit international, le secrétaire général du Front Polisario, dira que «le Maroc a fermé la porte du référendum, et donc celle du droit international». Ce qui signifie, selon notre interlocuteur que Rabat « ferme ainsi, la porte des négociations » sous les auspices onusiens et d’ajouter « la fermeture également des territoires du Sahara occidental aux visites de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross et notamment celle de Ban Ki-Moon, en plus des observateurs étrangers» a-t-il indiqué. Donc, poursuit-t-il ,dans sa réponse, en affirmant que « le Maroc a et ferme toutes les portes face aux efforts et la voie pacifique, pour le règlement pacifique » de le décolonisation du Sahara occidental, Ce qui l’amène, plus loin à soutenir, au regard de des propos précités « donc c’est à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités » précise le secrétaire général du Front Polisario,, notamment, à travers, a-t-il poursuivi « par sa reconnaissance de la RASD » lance-t-il, « comme ce fut le cas, pour la question palestinienne» a conclu le Président sahraoui, Mohamed Abdelaziz.


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Ban ki-moon n'ira pas à Rabat: Carton rouge pour le Maroc

par Moncef Wafi

Finalement, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, n'intégrera pas le Maroc, dans son plan de vol, à l'occasion de sa première visite, prévue, la semaine prochaine, en Afrique du Nord, pour une tournée consacrée au conflit du Sahara Occidental. L'annonce faite, vendredi, par l'Organisation onusienne met, fin, ainsi au suspense entretenu par Rabat autour de cette escale et la réponse, toute diplomatique des Marocains qui ont expliqué que leur souverain ne sera pas présent au pays. «Le secrétaire général n'ira pas à Rabat. Le roi ne sera pas là», a notamment, déclaré, à propos de ce sujet, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric. Dans son agenda, Ban Ki-moon, avait envisagé de se rendre à Laayoune, principale localité du Sahara Occidental occupé, ainsi qu'à Rabat pour essayer de déverrouiller, un conflit vieux de 40 ans. Ce refus des Marocains de recevoir un homme qu'ils ne considèrent pas comme un allié, était prévisible, eux qui ont tenté, dans un premier temps, d'entraver la visite du SG en allant jusqu'à lui choisir certaines régions à visiter, selon l'universitaire sahraoui, Mustapha Baba Sayed, professeur à l'Université Alger 3, dans une déclaration faite à la presse. Il précisera que l'idéal pour le régime marocain aurait été que la visite intervienne après la publication du rapport du Conseil de sécurité, sur l'examen du renouvellement du mandat de la Minurso, présente sur place depuis 1991, afin de veiller principalement, au respect du cessez-le-feu, entre le Maroc et le Polisario. 

Ces atermoiements des autorités marocaines ont pour objectif de gagner du temps jusqu'à expiration du mandat de l'actuel secrétaire général de l'ONU, mais, aussi, de miser sur le prochain président américain favorable à la « solution » marocaine, a, également, expliqué le représentant du Front Polisario, auprès de l'ONU, Ahmed Boukhari. 

Des tentatives vaines puisque M. Dujarric avait indiqué qu'outre la situation humanitaire des réfugiés sahraouis, la visite du SG de l'ONU dans la région s'inscrira, également, dans le cadre de la préparation du prochain rapport sur la situation au Sahara Occidental qu'il doit présenter en avril au Conseil de sécurité. Cette tournée qui inclura le Burkina-Faso et la Mauritanie, les 3 et 4 mars, connaîtra son apogée, à partir du 5 mars jusqu'au 7, avec l'escale algérienne et la visite des camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, ainsi que les locaux de la Minurso. Rappelons que Kofi Annan, l'ancien patron de l'ONU, avait visité Rabat et Laayoune, en 1998. 

Du côté d'Alger, on réaffirme le soutien aux efforts de l'ONU pour relancer les négociations directes entre le Maroc et le Polisario. Le président de la République a, en effet, affirmé que l'Algérie «ne ménagera aucun effort» pour l'initiative onusienne qui garantit au peuple sahraoui son droit à l'autodétermination. Alger a rappelé, de nouveau, sa position par rapport au conflit, se reconnaissant «dans la démarche de la Communauté internationale et des Nations unies, en particulier». Le message de Bouteflika est sans fioritures laissant la responsabilité du règlement de ce dossier, à l'ONU. Cette offensive de la Communauté internationale coïncide également, avec le froid qui caractérise, actuellement, les relations entre Rabat et Bruxelles, après l'annulation de l'accord agricole entre les deux parties. Jeudi dernier, le chef de gouvernement marocain, Abdelillah Benkirane, a informé l'ambassadeur de l'UE, à Rabat, de la décision de son pays de «l'arrêt de tout contact avec la Commission européenne et le Conseil européen». Une décision prise pour contester le verdict de la Cour européenne de Justice (CJUE) qui a annulé, le 10 décembre dernier, l'accord agricole qui liait l'UE au Maroc, suite à une plainte déposée par le Front Polisario qui a contesté cet accord qui incluait le Sahara Occidental occupé par le Maroc. La CJUE a relevé, dans son jugement, que le Conseil de l'UE a manqué à son obligation de vérifier si l'exploitation des richesses naturelles du Sahara Occidental occupé se fait ou non, au profit du peuple sahraoui.

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L’ONU doit lever toute équivoque au Sahara occidental

Le peuple sahraoui espère voir la visite, le mois prochain, du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dans les camps de réfugiés lever toute équivoque et mettre l’organisation onusienne devant ses responsabilités, notamment en matière de conformité avec ses propres décisions. 

C’est le vœu émis, hier, par le militant sahraoui et enseignant universitaire Baba Mustapha El Seyed, lors d’une conférence- débat animée au forum d’Echaâb, à l’occasion de la célébration du 40e anniversaire de la RASD, avec l’ex-sénateur et juriste Boudjemaâ Souileh et le spécialiste en relations internationales Makhlouf Sahel. 

Pour les trois invités du forum, il est inconcevable que l’institution onusienne ne réagisse pas aux manœuvres et manipulations des politiciens marocains pour faire avorter toute démarche confortant l’autodétermination du peuple sahraoui. « L’occupation par le Maroc du Sahara est loin d’être un problème régional. C’est une question d’occupation qui a suscité l’intérêt de toute la communauté internationale, mais sans pouvoir ni vouloir y mettre fin », atteste le militant sahraoui. 

Il a rappelé que l’occupant marocain ne cesse, fort de l’appui de ses alliés, de bafouer toutes les conventions des droits de l’homme. Il a regretté le fait que l’occupant marocain, pays voisin, censé constituer un appui au profit du peuple sahraoui pour faire face à l’occupation espagnole qui a imposé son diktat dans la région un siècle durant, complote avec ses alliés pour faire de ce pays une colonie. 


Il a cité l’accord de Madrid signé en 1975 et la politique du fait accompli imposée par les autorités marocaines. Ces décennies de résistance, de souffrance, d’exactions et de spoliation de richesse n’ont à aucun moment pu faire fléchir la détermination des Sahraouis. L’invité sahraoui a salué les efforts de l’Algérie et son implication pour faire entendre la voix des Sahraouis à travers le monde. « La question sahraouie est la cause défendue par tous les peuples épris de liberté et de justice », a-t-il souligné, tout en dénonçant la politique des deux poids, deux mesures adoptée par l’ONU. En témoigne, selon lui, « la reconnaissance du Timor Est », a-t-il fait remarquer. 

Pour les deux autres invités, il temps que la communauté internationale se conforme à ses principes et œuvre pour la consécration de l’équité dans la cause sahraouie, d’autant plus que tous les rapports de l’ONU confirment qu’il n’y a aucun lien d’appartenance entre le Maroc et le Sahara occidental. Selon eux, « il faut donner la possibilité au peuple sahraoui, la possibilité et les moyens nécessaires pour son autodétermination ».
Safia D.


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