Le Sahara Occidental aiguise les appétits

Illustré d’une carte. Le Maroc l’occupe et le colonise, laissant le temps jouer pour lui. Le Polisario le revendique, avec le soutien de l’Algérie. Le Sahara Occidental est depuis quarante ans l’objet d’un interminable bras de fer auxquelles les Nations Unies n’ont pu mettre fin par la négociation. Au risque que ce conflit gelé profite demain à des groupes jihadistes.

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, leDiploweb.com est heureux de vous présenter une carte commentée d’Alternatives Internationales, juin 2015.


C’EST LE prototype du conflit gelé. Sans dénouement imaginable à vue humaine. Au Sahara Occidental, le Maroc, qui contrôle l’essentiel du terrain, joue la montre, le bâton et le fait accompli de la colonisation. Face à lui, le Polisario vieillissant, soutenu à bout de bras par l’Algérie, invoque depuis son exil de Tindouf le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pourtant, l’expérience (Mali, Nigeria…) montre que des groupes jihadistes savent investir de tels conflits oubliés et tirer profit du désespoir de jeunes générations sans perspectives d’avenir. Faudra-t-il que des Sahraouis s’engagent en masse dans leurs rangs pour que le territoire sorte de l’oubli ? Le Sahara Occidental, dans ses frontières actuelles, est une création coloniale. C’est l’Espagne qui, en établissant son protectorat à partir de 1884 sur le Rio de Oro (autour de l’actuelle Dakhla) et Saguia al Hamra (autour de Laâyoune), va progressivement tracer ses limites sur la carte. Avant que les troupes de Madrid s’y installent, ces territoires sont des confins parcourus par des tribus nomades. Des marches entre deux entités aux contours instables : la monarchie alaouite au nord représentée par le sultan qui ne contrôle vraiment que le cœur de son territoire théorique ; le Bilad Shinqiti (dans l’actuelle Mauritanie) au sud où le pouvoir est émietté entre des émirats et des tribus indépendantes. Aucune de ces entités n’exerce une souveraineté effective sur l’actuel Sahara Occidental actuel, en faisant régulièrement payer l’impôt ou en stationnant des troupes de manière permanente. Les liens sont renégociés au gré des époques, des rapports de force et des déplacements des nomades. Lorsque les Espagnols établissent leur protectorat sur la côte en 1884, leur but est surtout de protéger leurs intérêts économiques aux îles Canaries voisines. En 1912, le Maghreb est l’enjeu d’un découpage entre la France et l’Espagne. Outre le Rio de Oro et Saguia al Hamra, Madrid établit un protectorat sur le Rif au nord, le long de la côte méditerranéenne, tandis que la France qui a déjà conquis l’Algérie, établit le sien sur le reste du Maroc actuel (la Mauritanie sera déclarée colonie française en 1920). Dans les années trente, l’Espagne accroît son contrôle sur l’intérieur de son territoire saharien et instrumentalise pour ce faire les structures tribales.Carte du Sahara occidental en 2015Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte. Copyright Alternatives internationales
Une guerre des sables

En 1956, la France renonce à son protectorat sur le Maroc. L’Espagne en fait autant pour le Rif qui rejoint le Royaume, mais Madrid garde l’essentiel de ses possessions du sud que Rabat réclame. Le FLN (Front de Libération Nationale) qui se bat contre la France pour l’indépendance de l’Algérie utilise le sol du Maroc pour son combat et parvient à son but en 1962. Mais le torchon brûle vite entre les deux voisins. Le Maroc revendique les territoires de Tindouf et de Béchar comme ayant dépendu dans le passé du sultan. Certains nationalistes exigent même que Rabat règne sur les Canaries, la Mauritanie et jusqu’au Mali… La « guerre des sables » de 1963, qui oppose le Maroc et l’Algérie, voit Tindouf et Béchar rester algériens. Le seul territoire du Sahara que Rabat peut encore espérer voir tomber dans son escarcelle est la partie espagnole, dont l’Assemblée Générale de l’ONU réclame la décolonisation et pour lequel elle souhaite un référendum d’autodétermination. Le Maroc y encourage l’agitation et des actions armées. Des jeunes gens, originaires du Sahara Occidental mais qui ont grandi en exil au Maroc, veulent également que l’Espagne quitte le territoire. Proches des mouvements de gauche réprimés par Rabat, ils quittent le pays et en 1973, fondent en Algérie le Polisario (forme abrégée de l’espagnol Frente de Liberación de Saguia El Hamra y Rio de Oro). Puis lancent des raids contre la présence espagnole.
Le retrait de Madrid

En 1974, Madrid annonce la tenue d’un référendum d’autodétermination dans sa colonie et effectue pour cela un recensement. Le Maroc et la Mauritanie (indépendante depuis 1960 malgré l’opposition de Rabat) demandent que la Cour Internationale de Justice examine leurs droits historiques sur le Sahara Occidental. L’avis réaffirme le droit de la population à l’autodétermination en ne reconnaissant pas aux deux pays de souveraineté clairement établie dans le passé sur le territoire, même s’il existe des liens historiques, et notamment d’allégeance religieuse de certaines tribus au sultan alaouite. Cela suffit pour Hassan II, le roi du Maroc, qui le 6 novembre 1975 lance une Marche Verte : pas moins de 350 000 personnes, appuyées par des milliers de soldats, envahissent le Sahara espagnol. Le 14, alors que le dictateur espagnol Francisco Franco n’en finit pas d’agoniser, l’Espagne signe le traité de Madrid qui accorde un contrôle administratif des deux tiers nord de la colonie au Maroc et du tiers sud à la Mauritanie, tout en réaffirmant que l’opinion de la population sera respectée. Puis Madrid se retire en février 1976. Des milliers de Sahraouis qui ont fui l’avancée des troupes marocaines et mauritaniennes se réfugient dans la région de Tindouf (Algérie) où des camps sont installés qui vont devenir la base du Polisario. Celui-ci proclame la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique), dotée d’un gouvernement en exil. Militairement, le mouvement se trouve confronté à deux pays de calibre différent. Après plusieurs actions militaires du Polisario, Nouakchott renonce en 1979 à ses prétentions sur le sud du Sahara Occidental. Celui-ci est aussitôt occupé par les troupes marocaines qui continuent de faire face à la guérilla du Polisario. Et l’Algérie utilise le mouvement sahraoui comme un instrument dans sa rivalité avec Rabat. En difficulté, le Maroc décide en 1981 de construire un ensemble de mur et de barrières long de 2 700 kilomètres en plein Sahara Occidental pour conserver 85 % de sa surface, soit le territoire utile : les principales villes, les mines de phosphate, toute la côte et ses ressources halieutiques. Le front militaire va se figer. Mais le Polisario se bat aussi sur le front diplomatique alors que les Nations Unies maintiennent le principe d’auto-détermination. De nombreux États soutiennent sa position, à commencer par les pays africains qui depuis la charte de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) de 1963, défendent l’intangibilité des frontières coloniales. L’organisation admet la RASD en son sein en 1984. Le Maroc claque la porte. Mais c’est bien Rabat qui contrôle le terrain et favorise l’installation au Sahara Occidental de colons venus du centre du Maroc. Les autorités répriment avec brutalité les manifestations nationalistes dans la zone qu’elles contrôlent. En 1981, Hassan II a accepté le principe d’un référendum au Sahara Occidental, mais vite précisé qu’à ses yeux, il ne pourrait servir qu’à confirmer la souveraineté de son pays.
Mohammed VI intraitable

Un cessez-le-feu avec le Polisario est négocié sous l’égide des Nations Unies et devient effectif en 1991. La MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental) est chargée de le surveiller et d’identifier les potentiels électeurs à une consultation. Le Polisario veut restreindre le corps électoral aux 74 000 personnes recensées par l’Espagne en 1974 et à leurs descendants. Le Maroc veut y intégrer les membres de tribus sahraouies résidant de longue date au sud du Maroc et les colons du centre du pays installés depuis 1975. L’ONU parvient en 2000 à un chiffre de 86 000 personnes. Immédiatement, 130 000 plaintes sont déposées avec l’encouragement du Maroc. La définition du corps électoral d’un éventuel référendum va devenir l’une des principaux points de blocage de tout règlement. En 1997, le secrétaire général de l’ONU a pourtant désigné une personnalité de poids pour suivre le dossier du Sahara Occidental : James Baker, ancien secrétaire d’État des États-Unis (1989-1992). Il va élaborer deux plans successifs qui à chaque fois proposent une forme d’autonomie provisoire, suivie d’un référendum avec une définition précise du corps électoral. Le premier (2001) est rejeté par Polisario, soutenu par l’Algérie, parce que le projet de référendum ne prévoit pas explicitement l’option de l’indépendance. Le deuxième, qui la prévoit est refusé par le Maroc, dont le jeune roi Mohammed VI, qui a succédé en 1999 à Hassan II, estime que toute idée de référendum est désormais caduque. Baker démissionne. Les positions apparaissent inconciliables : le Maroc, dont le régime a fait du Sahara Occidental une cause sacrée pour le pays, n’envisage qu’une autonomie pour le Sahara Occidental qu’il qualifie de « provinces du Sud ». Le Polisario refuse une consultation qui ne prévoirait explicitement pas l’option de l’indépendance, tout en proposant au Maroc des garanties pour certains de ses intérêts si ce choix se concrétisait. Aucune puissance majeure sur la scène internationale ne souhaite faire pression ni sur Rabat, ni sur l’Algérie, et à travers elle sur le Polisario, pour infléchir ces positions. Faute de pouvoir obtenir l’assentiment des parties à ses plans prévoyant l’autodétermination, l’ONU suggère que les parties négocient elles-mêmes, sans préalable. Ce qu’elles continuent de faire jusqu’à aujourd’hui, sans résultat… Estimant que les Sahraouis finiront par se résigner, Mohammed VI a proposé en 2007 un projet d’autonomie aux contours flous. Ces promesses ne dépassent guère le stade des paroles. Et en 2014, le roi appelle à une « révision radicale du mode de gouvernance de nos provinces du Sud ». Mais en pratique, la monarchie s’appuie surtout sur des notables sahraouis, d’autant plus acquis à sa cause qu’ils se voient accorder des avantages économiques.
Dans la lignée des révolutions arabes ?

Pendant que les diplomates font du sur place, des mouvements de contestation éclatent au sein des populations sahraouies, des deux côtés du long mur. En octobre 2010, au Sahara Occidental, des manifestants érigent un village de tentes pour réclamer travail et logement. Des affrontements éclatent avec les forces de l’ordre. Des protestataires mais aussi des policiers trouvent la mort ce qui provoque une répression brutale. Ces événements révèlent aussi les tensions entre Sahraouis et Dakhilis (colons venus du centre du Maroc). La répression continue aujourd’hui dans le territoire, commeAmnesty International l’a dénoncé dans un rapport récent [1]. La France pourtant s’oppose à ce que la MINURSO soit dotée d’un mandat de surveillance des droits de l’homme. À Tindouf cette fois, les révolutions arabes ont fait des émules. En 2011, de jeunes réfugiés sahraouis contestent la mainmise autoritaire de la vieille garde du Polisario et sa corruption. Si le mouvement a toujours vu des individus faire dissidence (et pour certains, se rallier au Maroc), des groupes plus organisés voient désormais le jour comme Khat al-Chadid. Plus inquiétant, trois travailleurs humanitaires occidentaux ont été enlevés en 2011 à Tindouf par le MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest), alors allié d’al-Qaida au Maghreb Islamique. Pour l’instant, rien ne prouve que des Sahraouis aient rejoint en nombre des mouvements jihadistes. Mais demain, si vraiment rien ne bouge ?

Par Yann Mens Rédacteur en chef d’Alternatives Internationales

Copyright pour le texte et la carte : Alternatives Internationales, juin 2015


Un émissaire Sahraoui au Palais de la République

Le Calame - Le présidentMohamed Ould Abdel Aziz, a reçu en audience au Palais de la République, mardi après midi, le ministre sahraoui des Affaires Etrangères,Ahmed Salem Ould Saleck.

Au cours de l’audience, l’émissaire sahraoui à remis au chef de l’Etat mauritanien un message du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Les chefs d'Etat, mauritanien et sahraoui, signale-t-on, portent les mêmes noms.

Ce message concerne « les derniers développements au niveau du Sahara, les relations bilatérales, ainsi que la situation régionale et internationale ». Après un conflit vieux de 40 ans, la question du Sahara Occidental, dont le territoire est contrôlé par le Maroc, reste encore une véritable pomme de discorde dans l’espace du Maghreb.

La Mauritanie revendique une position de neutralité, tout en restant intéressée par le règlement du conflit.

CRIDEM, 29/07/2015

Le roi, la «marocanité» du Sahara occidental, par Ali Halfaoui



Quand on sait la promptitude à réagir que suscite le moindre incident concernant un «droitsdelhommiste» en Chine, au Venezuela, en Russie ou en Iran, on mesure la complicité et la protection dont jouit le Makhzen à Washington ou à Bruxelles. Il y a d'abord que le Makhzen, au même titre que l'entité sioniste, est investi du droit privilégié de mépriser les résolutions des Nations unies. Il y a, aussi, que la Mission des Nations unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) est la seule du genre qui est interdite de se mêler de la situation des droits de l'homme. Grâce aux EtatsUnis et à la France. 


Il y a, encore, que le Maroc est promu «Partenaire pour la démocratie» par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (Apce), un statut qui en a fait «un modèle pour les pays de la région». Sans rire. Et puis, sur le même tempo, il y a des déclarations des ténors du «printemps», telle celle d'Hillary Clinton, la secrétaire d'état étatsunienne, en février 2012, qui clame que le Maroc est «un très bon modèle pour d'autres pays», ou celle du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, au mois de mars de la même année, qui manifeste son «admiration devant ce modèle marocain». 


À la décharge de ceux qui ont mis à feu et à sang la Libye et la Syrie, il faut préciser que les manifestants contre le Makhzen sont inconnus des ONG droitsdelhommistes et ne font pas appel à la «communauté internationale». Signalons, tout de même, que le monarque alaouite a fait preuve de «démocratie», il a dû offrir des strapontins aux Frères musulmans, en réponse aux desiderata des Occidentaux. 


Pour les autres, il peut user à satiété de la matraque et de la prison, en toute tranquillité. C'est ce qu'il n'hésite pas à faire. Le 27 avril 2014 à Tanger, par exemple, la jeune Wafa Charaf, qui s'est portée en soutien aux ouvriers de la multinationale Greif (le n°1 mondial de l'emballage industriel), licenciés après la création d'une section syndicale, a été enlevée par des «inconnus» pour être molestée et jetée, en pleine nuit, en dehors de la ville. En portant plainte, Wafa a été condamnée à deux ans de prison. Depuis, elle porte le numéro d'écrou 92694 à la prison civile de Tanger, avenue Moulay Rachid. 


Un autre exemple est celui du journaliste Ali L'Mrabet qui, interdit d'exercer depuis 2005, est privé du droit de disposer de carte d'identité et de passeport. Il est en grève de la faim devant le siège de l'ONU à Genève, en Suisse. Il allait rentrer dans son pays pour relancer son hebdomadaire satirique, Demain et sa version arabe Doumane. Il ne peut plus. Son associé, Khalid Gueddar, vient d'être condamné à trois mois de prison ferme pour une affaire qui date de 2012 «pour ébriété sur la voie publique». L'Mrabet a, notamment interviewé des dirigeants du Polisario à Alger et affirmé que les Sahraouis réfugiés à Tindouf étaient bien des réfugiés et non des «séquestrés». Gueddar a été le premier dessinateur à caricaturer Mohammed VI. Les deux ont «blasphémé» contre des fondamentaux du Makhzen, Le roi, la «marocanité» du Sahara occidental.


Les Débats, 28/07/2015

kerry kennedy interpelle l'onu

« Le Maroc a constamment fait pression sur l'ONU pour qu'elle ignore la crise du Sahara occidental », a dénoncé dans un article, paru, jeudi dernier, dans le quotidien londonien The Guardian, la présidente du Centre Robert Kennedy pour la justice et les droits de l'Homme, Kerry Kennedy. Des manœuvres dilatoires ont été intensément menées pour bloquer l'exigence de l'élargissement de la mission de la Minurso (Mission de l'ONU au Sahara occidental) à la protection des droits de l'Homme érigés sous d'autres cieux en dogme. 

Le génocide à huis clos, révélé par la fin de non-recevoir opposée par Rabat aux médias et aux personnalités politiques indépendantes, est constitutif du crime colonial. Du massacre collectif du camp de Gdeim Izik aux charniers de Mkala, près de Smara, récemment découverts, la guerre contre les civils a montré le visage hideux des 40 ans d'occupation caractérisés par le recours aux disparitions forcées (4.500 cas dont 550 toujours non élucidés), la détention arbitraire (30.000 cas), la torture (30.000 cas dont près de 55% de femmes et d'enfants), le jugement inique par des tribunaux civils et militaires, les victimes des mines antipersonnel et des bombardements au napalm et au phosphore blanc... 

Le silence coupable de la communauté internationale conforte la violence coloniale du Maroc qui, comme l'affirme Mme Kennedy, « a intensément manœuvré au Conseil de sécurité pour bloquer toute tentative d'inclure une composante droits de l'Homme dans la Minurso ». Le cas de Mohamed Lamine Haïdala, un jeune assassiné par les Marocains en février dernier à El Ayoun occupée, fait partie du quotidien des Sahraouis victimes des « violations des droits humains » encouragées par l'absence d'une « tierce partie crédible » sur le terrain. 

« L'impunité a trop duré », martèle la présidente du Centre Robert Kennedy, interpellant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dont la prochaine visite dans la région est fortement attendue. Elle a pointé du doigt les failles de la complaisance, clairement manifestée, dans les accusations contenues dans un rapport de l'Onu évoquant « l'interception des communications et l'utilisation de tactiques contraires à l'éthique », selon un article du Guardian paru le 17 juin dernier sous le titre de « Câbles filtrés : le Maroc a fait pression sur l'ONU ». Une Onu sous contrôle marocain ?


Horizons, 26/07/2015

La société Uber inflige un sérieux camouflet au Maroc

La société américaine de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) Uber a décidé de tenter sa chance au Maroc. Une nouvelle sans aucune transcendance, mais que le Makhzen a voulu présenter comme un grand exploit. Les responsables ne s'attendaient nullement à avoir une mauvaise surprise d'envergure. Le programme informatique d'Uber apporte un cinglant démenti à la propagande servie au public marocain, selon laquelle le Sahara Occidental appartient au Maroc. Du coup, les marocains découvrent que la marocanité du Sahara n'existent que dans leurs cerveaux modelés par des mains expertes agissant pour le compte du Makhzen.

Jason Lemon, un bloggeur basé au Liban l'avait clairement laissé entendre dans un article posté sous le titre de “La dispute du Sahara Occidental donne à Uber un tumultueux lancement au Maroc”. Il a écrit que “les abonnés marocains ne sont pas trop intéressés par le fait de discuter si la région appartient ou pas au Maroc, leur esprits semblent déjà façonnés”. Et c'est la triste réalité. Mème pour beaucoup d'opposants au régime marocain. Ceux-ci vouent une haine viscérale aux marocains qui affichent la moindre sympathie envers les sahraouis. “L'espèce” d'Ali Lmrabet and Company dont les journaux ont été fermés par le gouvernement marocain.

Un certain ingénieur franco-marocain installé en France, convaincu de détenir la vérité sur le Maroc, le Sahara Occidental et le Cosmos dans son ensemble rappelle ses années à l'université et critique les étudiants sahraouis les qualifiant d'arrogants et il critique la décision du Makhzen de leur offrire le transport gratuit pour rentrer chez eux. Pour lui, il s'agit d'une décision très généreuse du gouvernement marocain, alors que la nature du Makhzen ne lui permet pas d'être généreux ni avec les sahraouis ni avec les marocains. Les étudiants sahraouis ont bénéficié du transport gratuir grâce au combat de leurs pères et frères qui a permis au monde de garder la carte du Sahara Occidental séparé de celle du Maroc. Si le gouvernement marocain veut faire preuve de générosité qu'il construise des universités au Sahara pour permettre aux jeunes sahraouis d'étudier chez eux. Mais non, Rabat préfère les faire “exiler” au nord du Maroc pour mieux leur servir les vices marocains. Comment peut-on imaginer que El Aaiun, la capitale d'un vaste territoire comme le Sahara Occidental n'a pas une seule université?

Por un autre bloggueur qui se dit de la gauche marocaine, les exactions commises contre les citoyens marocains relèvent de la répression. Contre elles visent les sahraouis, il s'agit d'une “escalade contre les séparatistes”. En d'autres mots, c'est “halal” de mater les sahraouis.

Aujourd'hui, l'état de santé d'Ali Lmrabet s'aggrave suite à sa grève de la faim. Peu de soutien il a trouvé au Maroc ou d'ailleurs. Parce qu'il avait dit, un jour, que les sahraouis de Tindouf étaient des réfugiés et non pas des séquestrés comme décrits par la propagande officielle tant aimée par le public marocain.

Le gouvernement Sahraoui condamne l'exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara Occidental

Le gouvernement sahraoui a condamné avant-hier fermement la décision de la société irlandaise San Leon Energy d’effectuer des forages onshore dans le territoire occupé du Sahara occidental, rappelant que la signature des accords entre l’occupant marocain et des compagnies étrangères pour l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles de Sahara occidental est illégale.

"La présence du Maroc au Sahara occidental est une occupation illégale depuis 1975 et aucun pays au monde ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental", a indiqué le président de l’autorité sahraouie du pétrole et des mines, Zbeir Ghali, dans une lettre au président exécutif de San Leon, Oisin Fanning, estimant que "la signature des accords entre le Maroc et des compagnies étrangères pour l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles de Sahara occidental est illégale".

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) a appelé la société San Leon de mettre fin immédiatement à ses activités de forage au Sahara occidental, occupé par le Maroc, qui sont en violation du droit international et de la souveraineté permanente du peuple sahraoui sur les ressources naturelles du Sahara occidental et dont le Maroc et ses agences ne possèdent aucun fondement juridique devant leur permettre d’accorder des licences de prospection ou de développement dans les territoires sahraouis occupés.

"Le gouvernement de la RASD a réaffirmé ses droits souverains exclusifs pour l’octroi de licences pour l’exploration et le développement des ressources naturelles du Sahara occidental", a rappelé Ghali. Il a, dans ce contexte, souligné que "le gouvernement possède en collaboration avec l’autorité sahraouie des mines le droit d’user de tous les moyens disponibles, à travers les procédures juridiques pour arrêter ou dédommager toute activité illégale concernant les ressources naturelles du Sahara occidental."

Pour ce faire, la RASD s’est engagée à saisir le Secrétaire général des Nations unies et le Conseil de sécurité des activités de San Leon Energy, qui "visent à saper les efforts de l’ONU pour parvenir à une solution pacifique au conflitdu Sahara occidental par le biais d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, conformément aux résolutions duConseil de sécurité." San Leon avait annoncé "la signature d’un contrat avec la société française Entrepose" pour le forage dans un site près d’Al Aâyoun (capitale du Sahara occidental occupé).

L’Espagne continuera à soutenir l’envoyé spécial des Nations unies

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a affirmé avant-hier à Madrid que son pays continuera à soutenir l’envoyé spécial des Nations unies et sa position "ne changera pas à l’avenir". "La position de l’Espagne est celle que nous avons eu au cours des dernières années, nous allons soutenir, nous soutenons et continuerons de soutenir l’envoyé spécial des nations unies", a-t-il dit lors d’une conférence de presse animée à l’issue de la 6e réunion de haut niveau algéro-espagnole.

M. Rajoy qui répondait à une question sur les perspectives des résolutions de la question du Sahara occidental, et le rôle que pourrait jouer l’Espagne, en tant que membre du Conseil de sécurité de l’Onu, dans ce sens, a affirmé que la position de l’Espagne "n’a pas changé et ne changera pas à l’avenir". Dans la déclaration finale qui a sanctionné les travaux de la 6ème réunion de haut niveau, et en ce qui concerne la question du Sahara Occidental, les deux parties se sont félicitées de l’adoption, en avril 2015, de la résolution 2218 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Elles ont également réaffirmé leur "appui" aux efforts des Nations unies pour une solution politique "juste, définitive et mutuellement acceptable qui consacre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui dans le cadre de la Charte et des résolutions pertinentes des Nations unies". L’Algérie et l’Espagne ont réitéré, à cet égard, leur "soutien déterminé" aux efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et réaffirmé leur "engagement" à soutenir le travail qu’accomplit le secrétaire général de l’Onu, son envoyé personnel et la Minurso.

http://www.lemidi-dz.com/index.php?operation=voir_article&id_article=la_24%40art1%402015-07-23

Sahara Occidental : l’Internationale socialiste interpelle le SG de l’ONU



L’Internationale socialiste lors de sa dernière réunion à New York à adopté une résolution appuyant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. L’ IS demande également au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de «s’impliquer personnellement davantage», afin de débloquer le conflit du Sahara occidental et la mise en route du processus de paix, dans l’impasse en raison des blocages, des tergiversations du Maroc, sans parler de son recours à la corruption des hauts fonctionnaires onusiens aux Nations unies et la mise sur écoute de Ban-Kimoon à travers une société italienne de Hacking. 

Dans son rapport publié après la réunion de son Conseil tenue au siège de l’ONU à New York l’Internationale Socialiste demande à la communauté internationale de s’engager «d’une manière plus déterminée dans la recherche d’une solution juste et durable «à un conflit qui dure depuis quatre décennies. Cela pourrait exiger la participation du Secrétaire général de l’ONU en vue de sortir de l’impasse le processus de paix qui, prévalait à ce moment d’une manière qui semble être irréversible si l’on ne procède pas à faire un effort extraordinaire pour aller de l’avant» signale le rapport. 

L’IS demande à Ban-Kimoon de se rendre dans la la région, selon les déclarations faites aux journalistes par la Secrétaire des relations internationales du PSOE, Carme Chacon, qui préside le Comité Méditerranée de l’IS.«Nous croyons qu’il s’agit d’une conjoncture particulièrement difficile dans les deux rives de la Méditerranée pour de nombreuses raisons et qu’il conviendrait en profiter de cette conjoncture, en tenant compte que les mois prochains ne vont pas être faciles», a affirmé Chacon dans des déclarations de presse .Juan Antonio Yanez-Barnuevo, président de la mission qui a élaboré le rapport et qui a visité la région au mois de mai dernier, a signalé que «nous ne pouvons pas nous contenter de maintenir le statu quo» et il a misé pour un effort de «diplomatie préventive» de la part de la communauté internationale, ajoute la même source .


Par ailleurs et à propos des pays occidentaux qui encouragent le Maroc dans son intransigeance et à refuser l’application des résolutions de L’ONU sur le Sahara occidental, Abdelaziz Rahabi, ancien ambassadeur et ancien ministre de la Communication a affirmé dans une interview que «l’Occident est très sensible au chantage à la stabilité du Maroc», ajoutant qu’il “y a ainsi une pensée diffusée chez certains gouvernements, chez des experts en sécurité, dans des task forces que l’indépendance du Sahara Occidental pouvait entraîner une instabilité dans le royaume. Nous, nous pensons au contraire que le règlement de la question sahraouie consoliderait le Maroc et tout le Maghreb”. 

Selon Rahabi, “il est incontestable que sans le soutien de la France, de celui de l’Espagne et sans la complaisance américaine, le Maroc n’aurait jamais fait preuve d’autant d’arrogance et de rigidité dans ses positions vis-à-vis du Sahara occidental. C’est le soutien multiforme et inconditionnel notamment de ces pays, qui est le fondement de l’intransigeance des Marocains et qui explique pour une grande part le gel des contacts entre les Sahraouis et les Marocains et le ralentissement du processus onusien”. 

Concernant la position de l’Algérie sur le conflit du Sahara occidental, Rahabi a souligné que “la position algérienne a une qualité que tous les partenaires reconnaissent, c’est sa constance. Depuis 1975, nous défendons cette position. Nous n’avons cédé ni aux crises, ni aux chantages, ni aux pressions étrangères, ni au temps. On a toujours dit que c’était une question de décolonisation et qu’à ce titre, la communauté internationale a une responsabilité”. 

“Ce qui peut constituer une évolution dans la diplomatie algérienne c’est que cette question va revenir progressivement au sein de l’Union africaine à qui il appartiendra dès lors d’agir comme groupe pour faire avancer la dynamique qui est ralentie en ce moment essentiellement à cause des pressions françaises, espagnoles et américaines”, a-t-il ajouté.
M. Bendib

Rabat espionnait l’ONU sur le dossier du Sahara Occidental

D’après des informations livrées par l’Agence de Presse Sahraouie (APS), le Maroc avait toutes les possibilités de braquer ses projecteurs sur toutes les activités du Secrétariat de l’ONU (Organisation des Nations Unies) concernant le dossier du Sahara Occidental. Le Royaume ne se serait pas empêché d'exploiter ces possibilités.

Il est révélé par cette Agence de presse que les autorités de Rabat, dans leur démarche d’espionnage, avaient mis en service le logiciel de contrôle des ordinateurs de Hacking Team, une entreprise italienne installée à Milan. Ce qui leur a permis d’espionner sans interruption l’ONU.

Pour en arriver là, le Royaume chérifien avait mis profondément la main à la poche pour sortir la somme de plus de 3 millions d’euros (soit environ un peu plus de 19,68 milliards de F cfa), mise à la disposition de la DST (1,19 million d’euros), et le Conseil suprême de la défense nationale, présidé par Mohammed VI (1,93 million d’euros), afin de les doter du logiciel d’espionnage de Hacking Team.

Malheureusement que cet espionnage aurait pu se poursuivre dans l’ignorance totale si des pirates anonymes ne se sont pas saisis des documents confidentiels des services marocains qu’ils ont pris sur eux de mettre à la place publique.

Africa Hot News, 10/07/2015

Grâce à une société italienne de piratage : comment le Maroc espionne l’ONU et l’Algérie



Le Maroc a utilisé le logiciel de contrôle des ordinateurs de la société privée Hacking Team pour espionner les activités du Secrétariat général de l’ONU, relatives à la question du Sahara occidental. Selon des documents confidentiels, le Maroc est le 3e plus gros client de cette société italienne et a déboursé plus de 3 millions d’euros à HackingTeam. Dont 1,19 million d’euros pour la DST marocaine, 1,93 million d’euros pour le CSDN (Conseil suprême de la défense, présidé par Mohammed VI). 

Ces graves révélations proviennent de 400 gigabytes d’informations soutirées du site de l’entreprise Hacking Team et publiées par des pirates anonymes. La société milanaise vend des logiciels-espions pour des centaines de milliers d’euros à des pays et des services de sécurité qui font fi de l’éthique virtuelle, et dont le Maroc fait partie. Plusieurs documents confidentiels du Département des opérations de paix de l’ONU (DPKO) subtilisés par les services marocains ont été dévoilés par le hacker qui agit sous le pseudonyme de Chris Coleman. 

D’autres documents semblent émaner d’autres services dépendant du Secrétariat général de l’ONU. Parmi ces documents, les procès-verbaux de réunions du Secrétaire général de l’ONU avec notre ministre des Affaires étrangères, Ramtan Lamamra, et avec le président tchadien, Idriss Déby. Le Maroc avait installé trois points de surveillance. À Rabat, avec des outils de surveillance massive de la société française Amesys (Bull-France). À Casablanca et à Tanger, avec des outils de sécurité offensive de Hacking Team et Vupen (France) respectivement. 

D’après l’ONG , Reporters sans frontières, le logiciel de Hacking Team a été identifié sur les ordinateurs des bureaux du site d’information marocain Mamfakinch, quelques jours après que ce média eut reçu le Breaking Borders Award 2012 par Global Voices et Google. Un logiciel malveillant y avait été déployé, via un document Word, qui prétendait contenir des informations confidentielles importantes. 

Il y a peu, le site électronique «Algérie Patriotique» a publié deux documents confidentiels subtilisés, frauduleusement, par le Maroc pour connaître les intentions de l’Algérie. Il s’agit des PV de rencontres entre notre ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Notons au passage que le contenu de ces entretiens prouve que notre pays n’a pas de double langage et ne complote contre personne. Le seul souci de l’Algérie, c’est la paix dans la région. Alors, pourquoi le Makhzen tient-il à espionner son voisin? C’est un fait établi, les activités diplomatiques de l’Algérie empêchent les gens du Makhzen de trouver le sommeil. Notre pays est actif au plan international et particulièrement sur les questions qui touchent la région confrontée à une grande opération de déstabilisation, notamment à travers les conflits armés en Libye, situation propice au développement des groupes terroristes, qui a eu un prolongement au Mali et un impact dramatique également en Tunisie, comme le montre le récent attentat de Sousse. Cela ne plaît pas aux dirigeants marocains qui font tout pour saboter la feuille de route d’Alger concernant le Mali et les efforts visant à rapprocher les parties en conflit en Libye. La rage s’empare du Makhzen chaque fois que l’Algérie fait des progrès dans cette voie. Et encore plus, quand nos partenaires étrangers nous délivrent un satisfecit. «L’Algérie joue un rôle clé dans le processus de paix au Mali. Je me réjouis de la collaboration de l’Algérie, des pays voisins du Mali, des organisations régionales et de mon Représentant spécial dans l’élaboration d’une feuille de route à Alger. Il est essentiel que tous les acteurs concernés continuent à travailler ensemble pour soutenir le processus politique», notait le SG de l’ONU, Ban Ki-moon, dans le PV hacké par le Makhzen. Concernant la Libye, le Secrétaire général de l’ONU ecrit : «J’encourage l’Algérie à soutenir les efforts de mon nouveau Représentant spécial, Bernardino León, pour parvenir à un accord d’ensemble sur le futur de la transition en Libye.
M. B.

Le document confidentiel qui révèle les relations secrètes entre le Makhzen et le Front national

Le Front national (FN) veut faire sortir d’une prison en région parisienne où il a été transféré en mai 2012, à partir du Maroc, le terroriste français Robert Richard, condamné à perpétuité par la justice marocaine pour sa participation aux attentats terroristes du 16 mai 2003, qui avaient fait plus de 40 morts et une centaine de blessés à Casablanca. 

Pour cela, le terroriste doit bénéficier de la grâce royale que l’eurodéputé membre du FN Bruno Gollnisch a sollicitée en faisant intervenir l’ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne (UE). C’est ce qui ressort d’un document (mis en ligne parAlgeriepatriotique) révélé sur Twitter par le hacker marocain Chris Coleman. 

Dans une lettre, datée du 31 juillet 2014, envoyée par l’ambassadeur du Maroc à son ministre des Affaires étrangères, cette demande de grâce royale est étayée par des arguments qui montrent la collusion honteuse entre le Maroc et le FN au Parlement européen. Mais en échange de quoi, le Maroc peut-il répondre favorablement à la démarche du FN et permettre au terroriste Robert Richard d’être libéré avant de purger sa peine ? 

L’ambassadeur marocain rappelle les positions du FN à l’égard du Maroc – «positives et constructives» – et surtout le fait que les membres du groupe FN au Parlement européen ont voté en faveur du protocole de pêche Maroc-UE. 

En libérant le terroriste français, le roi exprimerait ainsi sa reconnaissance au FN pour ses positions favorables au Maroc. On sait que l’accord de pêche Maroc-UE, par exemple, n’est pas facile à obtenir et à mettre en œuvre. 

A l’intérieur du royaume, les voix s’élèvent contre cette forme de bradage d’une richesse qui appartient à tous les Marocains et qui n’en profitent pas ni dans son exploitation ni dans la consommation de poissons qui partent vers d’autres destinations.


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