56 journalistes et militants européens expulsés du Sahara occidental depuis 2014

Deux journalistes français ont été expulsés du Maroc mi-février. L’affaire a fait grand bruit en France. Elle intervenait juste au moment du réchauffement des relations franco-marocaines. Mais ce fait d’actualité en cache un autre : le Maroc expulse à tour de bras journalistes et observateurs du Sahara occidental. Dans l’indifférence totale.

Après la tenue à Marrakech du 2nd Forum mondial des droits de l’homme en novembre, dont on retiendra par exemple les « forum thématiques » consacrés à « protection des journalistes et à la lutte contre l’impunité » et au « droit à l’accès à l’information » (1), les autorités marocaines semblent avoir retrouvé de vieux réflexes et n’entendent pas laisser les journalistes montrer certaines réalités.

On apprenait ainsi le 10 février que le gynécologue Chafik Chraïbi, président de l’Association marocaine de lutte contre les avortements clandestins (Amlac), a été démis de sa fonction de chef de service suite à la diffusion d’un reportage sur l’avortement -illégal au Maroc- tourné dans sa maternité à Rabat. Comme les autorités ne pouvaient pas agir sur les journalistes français qui ont réalisé ce reportage diffusé dans l’émission de France 2, Envoyé spécial (1), elles ont sanctionné le médecin en lui reprochant une absence d’autorisation de tournage.

C’est le même motif qui a valu à deux autres journalistes français, venus au Maroc cette fois-ci pour tourner un reportage sur l’économie du pays, d’être arrêtés puis expulsés le 16 février.

Reporters sans Frontières a protesté. On pourra lire les recommandations que l’ONG française avait publié en novembre dernier sur les projets de loi sur la presse marocaine (2) ou encore se reporter -pour aller plus loin sur le thème de la liberté de la presse- à cette carte interactive proposée par le magazine Altermondes :

C’est le même motif qui a valu à deux autres journalistes français, venus au Maroc cette fois-ci pour tourner un reportage sur l’économie du pays, d’être arrêtés puis expulsés le 16 février.

Reporters sans Frontières a protesté. On pourra lire les recommandations que l’ONG française avait publié en novembre dernier sur les projets de loi sur la presse marocaine (2) ou encore se reporter -pour aller plus loin sur le thème de la liberté de la presse- à cette carte interactive proposée par le magazine Altermondes :

Lutter au Sahara, Le livre APSO, souscription

Les amis,

Une bonne nouvelle, notre livre APSO sur le Sahara Occidental est bientôt sous presse !
Il sortira le 15 avril 2015
Voyez ci-dessous la présentation de l’ouvrage, ses auteurs, et l’encouragement que nous a envoyé Noam Chomsky.
Vous pouvez aider à son édition en l’achetant dès maintenant, la souscription est de 15 euros, ce qui sera le prix du livre… pour les modalités contactez nous par APSOlument@yahoo.fr
Les APSOs
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LUTTER AU SAHARA
DU COLONIALISME VERS L’INDÉPENDANCE


Et si pour une fois l’on parlait du Sahara Occidental ?
Le Sahara Occidental est aujourd’hui la dernière colonie d’Afrique. Après la colonisation espagnole, la colonisation marocaine bloque depuis 40 ans le processus d’autodétermination du peuple Sahraoui. Conflit, exil et occupation tracent les grandes lignes de l’Histoire moderne de ce territoire.
Quinze auteurs, diplomates, juristes, journalistes, anthropologues, défenseurs des Droits de l’Homme, exposent leurs expériences et analyses sur le Sahara Occidental pour en dessiner une image contemporaine. Ils dressent les perspectives de l’avenir du pays et de son peuple.


APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental, est un réseau d’associations françaises qui a pour objet de faire connaître le peuple du Sahara Occidental, son histoire, sa culture, sa vie, son territoire et ses ressources, et de soutenir les Sahraouis dans leur défense de l’application du droit international. APSO est membre du réseau WSRW.


Sous la direction de Denis Véricel et Apso : Edouardo Galeano, Francesco Bastagli, Anna Theofilopoulou, Oliver Quarante, Bill Fletcher Jr, Jacob Mundy, Vincent Chapaux, Ayad Abraham, Juan Soroeta, Jeffrey Smith, Erik Hagen, Alice Wilson, Tara Deubel, Sebastien Boulay, Mohamed Mouloud Mohamed Fadel.


“Il est grand temps pour la communauté internationale d'agir pour mettre un terme à l'occupation marocaine criminelle du Sahara Occidental, afin que les Sahraouis puissent jouir des droits à l'autodétermination et à la liberté pour lesquels ils ont courageusement lutté durant de nombreuses années, au sein de terribles conflits. J’espère vivement que cette publication portera le sort du peuple sahraoui vers un public beaucoup plus large, et contribuera à ouvrir la voie vers la fin de l'assujettissement brutal de la dernière colonie d'Afrique.”

Noam Chomsky



Le Maroc expulse du Sahara 4 activistes espagnols

Le Maroc a expulsé quatre activistes espagnols pro-Polisario. Selon des sources espagnoles, militants de l’Association Canarienne pour l’amitié avec le Peuple Sahraoui (ACAPS) ont été invités à quitter Dakhla par la police marocaine qui a évoqué « des raisons de sécurité ».

Cette expulsion n’a en tout cas pas été du goût de la députée de la Coalition Canarienne (C.C), Ana Oramas, qui va présenter aujourd’hui une initiative parlementaire pour pousser le gouvernement espagnol à demander des explications aux autorités marocaines.

Selon les mêmes sources, les activistes espagnols se trouvaient Dakhla quand ils ont été approchés par des agents de la police marocaine et renvoyés à Agadir.

Des dizaines de pays et d'ONG boycottent la session de Crans Montana prévue à Dakhla

Des dizaines de pays et d'organisations internationales ont, d'ores et déjà, décidé de boycotter cette session «illégale et illégitime» du Forum de Crans Montana, «sur l'Afrique et la coopération Sud-Sud», prévue du 12 au 14 mars 2015 dans la ville occupée de Dakhla, au Sahara Occidental. L'Union européenne (UE) par la voix du président de la commission, Jean Claude Junker, et celle de la Haute Représentante pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a confirmé officiellement sa décision de ne pas prendre part à cette initiative malvenue. 

Ceci, au moment où la directrice générale de l'Unesco, Irina Bukova, dont la présence à Dakhla est annoncée à grand renfort de propagande par les relais du Makhzen, vient de rejeter officiellement et sèchement les sollicitations pressantes de la chancellerie marocaine à Paris, ruinant ainsi les espoirs nourris par les organisateurs «d'exhiber» une institution aussi prestigieuse pour crédibiliser leur entreprise d'imposition du fait colonial. Il convient de rappeler que l’UE, dans toutes ses prises de position officielles, ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis et ne reconnaît à ses forces d'occupation aucun statut de jure. L’UE considère le Sahara Occidental comme étant un territoire non autonome et le Maroc comme étant une simple puissance administrante de facto. 

Le boycott de l’UE rejoint celui du Parlement panafricain (PAP) qui a, lui également, refusé de participer à cette rencontre sur la base de la déclaration de l'Union africaine (UA) qui considère que cette conférence internationale est en contradiction avec les efforts fournis par la communauté internationale pour résoudre le conflit au Sahara Occidental et ne peut engendrer qu’«un climat de confrontation sur ce territoire». 

Le PAP a signifié cette décision à Jean-Paul Carteron, le directeur du Forum de Crans Montana dans une lettre qu’il lui a adressée le 23 février. Rappelons que, lors de son dernier sommet tenu en janvier à Addis Abeba, l'UA a lancé un appel aux pays membres, à la société civile et à toutes les organisations pour ne pas participer au Forum de Crans Montana, organisé à Dakhla en violation du droit international. 

Ces prises de position favorables à la lutte du peuple sahraoui sont en droite ligne du large mouvement de soutien à son droit à l’autodétermination, qui s’est exprimé en 2014, notamment à travers la résolution du Conseil de sécurité en avril 2014, appelant à œuvrer pour renforcer et protéger les droits humains au Sahara Occidental, y compris la liberté d'expression, la formation des associations. 

Après ces refus de l’UE et du PAP ainsi que de nombreuses autres organisations de cautionner une violation du droit international, et encore moins l’occupation marocaine du territoire sahraoui, l'Organisation internationale suisse Crans Montana devrait, comme le lui a demandé l’UA, annuler tout simplement cette session du Forum, qui ne bénéficie d’aucune légitimité ni légalité.
Houari Achouri

http://www.algeriepatriotique.com/article/des-dizaines-de-pays-et-dong-boycottent-la-session-de-crans-montana-prevue-dakhla

Contre toutes les formes de colonialisme, de racisme et de fascisme

La colonisation continue comme en Palestine ou au Sahara Occidental.


Toutes et Tous à Barbès le 28 février à 14 heures pour une grande marche solidaires des peuples

Le 10ème anniversaire de la semaine anticoloniale et antiraciste est organisé quelques semaines après la double tuerie de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher dans un contexte d'exacerbation du racisme : islamophobie, antisémitisme, xénophobie....

Nous devons être vigilant-e-s quant aux conséquences de ce tragique événement et devons combattre pied à pied tous ceux qui encouragent l’idéologie de la « guerre des civilisations » et érigent en guerre de religion les combats des peuples contre la colonisation et pour leur souveraineté. Nous devons combattre ceux qui instrumentalisent la religion et la transforment en arme de guerre et de haine à travers une stratégie de la terreur pour imposer leur pouvoir.

Les interventions impérialistes en Afrique ou au Moyen Orient, et les monstres qu’elles créent dont les populations de ces pays sont les principales victimes, se succèdent alimentant le chaos, la déstabilisation du monde. Contre la «guerre des civilisations» qui conduit à une catastrophe irrémédiable, c’est aux causes qu’il faut s’attaquer: il est urgent d’agir pour un monde d’égalité, de justice, de paix, de liberté et de démocratie!

Nous devons combattre le nouvel ordre colonial instauré par la mondialisation capitaliste. L’accaparement des terres, le pillage des ressources naturelles, la dette en sont les nouvelles formes. La colonisation continue comme en Palestine ou au Sahara Occidental. En France, les pratiques colonialistes perdurent dans les Dom Tom comme en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte ou aux Antilles. Au Kurdistan en Tchetchénie, au Tamoul Eelam, et dans de nombreux pays, les peuples se battent pour leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Nous exigeons l’annulation de la dette et une politique étrangère respectueuse du droit international et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Nous agissons pour le démantèlement des bases militaires françaises à l'étranger.

Nous devons combattre ceux qui cherchent à construire un prétendu « ennemi intérieur » pour entretenir la peur. Les lois et mesures discriminatoires et sécuritaires que le gouvernement et certaines forces politiques veulent encore renforcer, stigmatisent les immigré-e- s, les « musulmans », les Roms, ou les sans papiers. Ceux qui mènent la guerre aux migrants en Europe continuent à exploiter les peuples à travers la Françafrique et leur soutien aux dictatures. Nous exigeons la liberté de circulation et d'installation, la régularisation de tous les sans papiers par une carte de 10 ans, la suppression du visa Balladur, la fin des contrôles au faciès, le droit de vote et d'éligibilité des étranger-e-s à toutes les élections.

Nous n’oublions pas. Le ventre est fécond d’où sortent les monstres.

Il y a 70 ans, des milliers d’Algériens étaient assassinés à Sétif et Guelma en Algérie par l’armée française le 8 mai 45.

Il y a 50 ans, Medhi Ben Barka était enlevé à Paris par des policiers marocains avec la complicité active des services français. Depuis, des dizaines de militants anticolonialistes ont été assassinés en France sans qu’aucun assassin ou commanditaire ne soit inquiété.

Il y a 20 ans, la France coloniale a instauré aux Comores le tristement célèbre "visa Balladur" responsable de plus de 10 000 morts au large de Mayotte ainsi que des milliers d'expulsions annuelles dans l'île de Mayotte !

Il y a 10 ans, la loi du 23 février 2005 proposait d'imposer à l’Éducation nationale d'enseigner aux élèves le « rôle positif de la présence française en Afrique du Nord » Nous demandons son abrogation complète. Il est urgent que la vérité soit faite et que justice et dignité soient rendues aux victimes du colonialisme et du racisme. L’État doit reconnaître sa responsabilité dans ces crimes et envisager des réparations.

Marchons contre « la guerre des civilisations», pour soutenir les peuples en lutte contre le colonialisme, le néocolonialisme et l’impérialisme, et notamment les peuples palestinien, sahraoui, kurde.

Marchons pour l‘égalité des droits et la justice pour toutes et tous

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel à se retrouver le samedi le 28 février à Barbès à 14 h pour une marche jusqu’à Belleville où se tiendra un village des peuples.

Premiers signataires : Sortir du Colonialisme, 4 ACG, CORELSO, DROITS DEVANT!!, collectif Fathy Koumba, FALDI, CRAN, FASTI, MRAP, FUIQP, Chtu Ixim, Maison du Tamil Eelam, Ensemble, NPA, Bloc Rouge, PCOF, Alternative Libertaire, CNT, AFASPA, AFAPREDESA...

L’ONU et son arsenal

La réunion, en avril prochain, du Conseil de sécurité consacrée au Sahara occidental, bien que faisant partie de celles qui figurent régulièrement sur son agenda, ne devrait pas ressembler aux précédentes.

Elle pourrait même marquer une espèce de rupture avec la démarche suivie depuis l’adoption du plan de paix en 1990, sa mise en œuvre une année plus tard et sa «remise sur les rails» en février 1997. Cela fait beaucoup en termes d’étapes, toutefois sans le moindre résultat pour le peuple sahraoui, empêché d’exercer son droit à l’autodétermination pourtant internationalement reconnu.

Il y a un blocage que l’ONU a vite fait d’identifier et de localiser, préconisant une solution politique permettant l’exercice de ce droit. Là aussi, il n’y a pas la moindre opposition, comme en témoignent les différents votes, sauf que la puissance occupante tente encore et toujours, comme elle le fait depuis 1991, de contrarier ce droit qu’elle avait pourtant reconnu, il faut bien le rappeler, amenant l’ONU à endosser le plan de paix conclu entre le Maroc et le Front Polisario. Parce qu’il est devenu le sien et parce que, aussi, il est en totale conformité avec ses résolutions relatives au statut du Sahara occidental, l’organisation internationale s’est attelée à son application, comme en attestent ses textes et leurs référents.

La réunion d’avril prochain devrait dégager le mécanisme approprié pour faire appliquer le plan de paix. La démarche fait consensus puisqu’aucun membre du Conseil de sécurité ne s’y est opposé, Ban Ki-moon ayant déjà dévoilé ses intentions il y a de cela près d’une année. Ce qui a eu pour effet de redonner de l’espoir aux Sahraouis, alors que le Maroc craint une action plus hardie qui le contraindrait, cette fois, à se soumettre à la légalité internationale, et l’arsenal de l’ONU n’en manque véritablement pas.

C’est pourquoi la tournée actuelle de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental ne manque pas d’intérêt. Le Maroc a bien tenté d’éloigner Christopher Ross ou encore le contraindre au silence en refusant de le recevoir et donc, pour lui, de n’avoir rien à déclarer. En vain, avec pour la puissance occupante une espèce de rappel à l’ordre sous la forme d’une confiance renouvelée au diplomate onusien, demeuré à son poste contre l’avis du Maroc et de son appareil de propagande qui disait de lui qu’il avait démissionné.

Rien de tout cela, et c’est tant mieux. Rabat a aussi levé le blocage qui empêchait la diplomate canadienne Kim Bolduc de prendre la direction de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), visiblement aussi sous la contrainte et rien d’autre. Une même fermeté, sinon plus, est attendue dans ce qui s’annonce comme une nouvelle approche qui doit être dévoilée dans moins de deux mois. L’ONU franchira-t-elle le pas pour enfin clore le chapitre de la décolonisation ?

Mohammed Larbi


Un barbouze marocain décoré par Paris

Bien que poursuivi par la justice française à la suite de plusieurs plaintes pour actes de torture, le chef du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, sera tout de même décoré de la légion d'honneur. Une récompense annoncée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors de sa visite à Rabat samedi - visite hautement symbolique qui avait pour ambition de mettre un point final à la brouille entre les deux pays. 

À l'origine de la crise diplomatique entre les deux pays : trois plaintes déposées à Paris en février 2014 contre le patron du contre-espionnage marocain pour "torture" et "complicité de torture". Des policiers s'étaient alors rendus à la résidence de l'ambassadeur du Maroc près de Paris pour notifier à Abdellatif Hammouchi une demande d'audition de la justice française. Furieux, le Maroc avait alors récusé les accusations et suspendu sa coopération judiciaire avec Paris. 

De son côté, le Quai d'Orsay avait tenté de temporiser en promettant que "la lumière serait faite". Faisant fi de l'enquête judiciaire en cours, le locataire de la Place Beauvau n'a évidemment pas tari d'éloges sur Abdellatif Hammouchi pour justifier la décoration et marquer la réconciliation entre les deux pays. Bernard Cazeneuve a témoigné toute son estime à l'homme et a loué "un partenaire-clé" dans le domaine du renseignement. 

Si l'affront semble aujourd'hui avoir été lavé, la lumière n'est pas faite pour autant. Les ONG de défense des droits de l'homme qui soutiennent les plaignants marocains ont été choquées de l'annonce. "Nous nous étonnons que la France puisse décorer une personne visée par plusieurs plaintes pour torture et faisant l'objet d'enquêtes judiciaires en France", a indiqué la chargée du pro- gramme Maghreb à Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), Hélène Legeay. Préoccupée par le contenu du nouvel accord de coopération judiciaire entre Rabat et Paris signé le 31 janvier, elle imagine que certaines concessions ont pu être accordées à Rabat. "Il semble que cette décoration soit l'une des contreparties de la reprise de la coopération, un geste destiné à laver le soi-disant affront de la justice française qui a osé faire son travail en convoquant monsieur Hammouchi le 20 février 2014", poursuit Hélène Legeay. 

Le jour même de l'annonce de Bernard Cazeneuve, le président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et avocat des plaignants, Patrick Baudouin, dénonce lui un "véritable scandale, une honte pour la France [...] qui perd son âme". Pour lui, c'est "avilissant d'avoir cédé dans le cadre d'un deal passé avec les autorités marocaines pour permettre un rétablissement de la coopération mili- taire et sécuritaire".

La Tribune des Lecteurs , 18/02/2015

Les marocains, vont-ils avaler les derniers mensonges du Makhzen sur le Sahara?

Les autorités du palais royal du Maroc s’adonnent à leur légendaire salade sur la question du Sahara Occidental. Rabat depuis 40 ans se présente comme pays dont la souveraineté est reconnue par le monde entier. A croire les délires de la presse makhzénienne, le Maroc a imposé ses thèses au Secrétaire Général de l’ONU, à l’Envoyé Personnel de celui pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, à Mme Bolduc, la nouvelle chef de la MINURSO.

Le Makhzen s’applique à faire croire aux citoyens marocains qu’il mène la communauté internationale à sa guise et volonté, que l’ONU s’est plié à la volonté de Rabat pour la reprise des responsables onusiens de leurs activités au Sahara Occidental. Des mensonges qui trouvent un ouïe très attentive chez les marocains, même ceux qui se disent opposants et militants pour l’instauration d’un Etat démocratique.

Ils se disent démocrates mais ils œuvrent, inconsciemment, au renforcement de la dictature alaouite en soutenant les thèses colonialistes du régime marocain. Le despote qui règne au royaume enchanté de la prostitution, la pédophilie, et la misère, a profité du soutien aveugle des marocains, toutes couches confondues, dans le conflit du Sahara Occidental. Le roitelet du Maroc a profité de ce soutien des marocains pendant 40 ans. Bien sûr, le long de ces 40 ans, le Makhzen a mis en marche une puissante machine de propagande dont les effets sont palpables sur la mentalité des soi-disant démocrates marocains. Ceux-ci sont prêts à avaler tous les mensonges de la MAP sur le Sahara, les sahraouis, l’Algérie et les algériens. Pour eux, le soutien de la France au Maroc est légitime et le soutien de l'Algérie aux sahraouis ne l'est pas.

Après La décision de Paris de distinguer un tortionnaire : vives condamnations en France



Puissance du lobby marocain en France ou duplicité politique et art du double langage ? La France ne sait plus quoi faire pour contenter Rabat et répondre aux diktats du souverain marocain. Pour ce faire et au mépris de toutes considérations humanitaires Paris va décerner les insignes d’Officier de la légion d’honneur au patron du contre-espionnage marocain Abdellatif Hammouchi, convoqué en février 2014 devant un tribunal parisien suite à une plainte pour torture et complicité de torture déposée contre lui par une ONG française. La nouvelle a été annoncée depuis Rabat par le ministre français de l’Intérieur, Bernard Caseneuve, où il était en visite. Faisant l’éloge de la coopération sécuritaire entre la France et le Maroc, particulièrement l’échange d’informations sur les potentiels »djihadistes » des marocains vivant en France , Bernard Caseneuve a déclaré : »Je veux à cet égard tout particulièrement saluer l’action menée par la Direction générale de la surveillance du territoire (Dgst). » Et d’ajouter, que le rôle de cet organisme »est déterminant dans la coopération contre le terrorisme».

Le ministre français de l’Intérieur a rendu hommage «en premier lieu» à Abdellatif Hammouchi, le patron de la Dgst, dont le siège à Temara est décrit par l’Association marocaine des droits de l’homme, Amnesty et Human Rights Watch comme un lieu de torture et de détentions arbitraires.La France a déjà distingué Abdelatif Hammouchi en 2011, en lui attribuant le titre de Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.

Le »geste » de Paris envers le patron du contre-espionnage marocain intervient quelques jours après la rencontre entre François Hollande et le roi du Maroc à l’Elysée, rencontre qui a symbolisé la fin officielle d’une brouille entre les deux pays et gonflée artificiellement par le Palais royal et les déclarations de l’impayable ministre marocain des Affaires étrangères Mohamed Mezouar , qui veut cacher son amateurisme et ses échecs diplomatiques à répétition en accusant l’Algérie d’actes imaginaires .

L’annonce de cette future décoration a fait l’objet de fortes critiques à Paris. Décorer Abdellatif Hammouchi dans ces circonstances « me paraît un véritable scandale, une honte pour la France », a clamé Me Patrick Baudouin, avocat d’un des plaignants et président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh). Il a jugé « avilissant (…) d’avoir cédé dans le cadre d’un deal passé avec les autorités marocaines pour permettre un rétablissement de la coopération militaire et sécuritaire», évoquant «une façon de perdre son âme».

D’autres ONG françaises de défense des droits de l’homme sont également montées au créneau pour protester et ne comptent pas s’arrêter là. Elles font observer que ni les décorations ni les officiels français ne pourront arrêter l’action de la justice de compétence universelle .

Pour Paris « Les deux pays ont un rôle particulier à jouer ensemble pour dire un non implacable au terrorisme et à l’intolérance» Bernard Cazeneuve devant la presse.À la faveur de ce nouveau climat, « nous avons convenu de multiplier les contacts et les rencontres de haut niveau a de son côté déclaré, tout satisfait , le ministre marocain de l’Intérieur Mohammed Hassad.

La crise diplomatique entre Paris et Rabat avait débuté en février 2014 lorsque des policiers français s’étaient rendus à la résidence de l’ambassadeur du Maroc près de Paris pour notifier à Abdellatif Hammouchi une demande d’audition de la justice française, qui agit en vertu du principe de compétence universelle. La réconciliation a finalement été scellée le 9 février 2014 à l’Élysée par le président François Hollande et le roi Mohamed VI, actuellement en France.
Mokhtar Bendib

http://lecourrier-dalgerie.com/apres-la-decision-de-paris-de-distinguer-un-tortionnaire-vives-condamnations-en-france/

Acculé, le Maroc a fini par recevoir Christopher Ross

Sahara occidental : acculé, le Maroc a fini par recevoir Christopher Ross


L’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a entamé, mercredi dernier, sa tournée dans la région, en se rendant à Rabat, interrompant une année d’absence de ses déplacements dans le cadre de sa mission onusienne. 


Une tournée qui intervient, faut-il le noter, après la prise de fonctions de sa collègue onusienne, Kim Bolduc, Représentante spéciale pour le Sahara occidental, et chef de la Mission des Nations unies pour un référendum au Sahara occidental. 

Après plus d’une année d’absence de visites de Christopher Ross, dans la région et la temporisation de la prise de fonction de Kim Bolduc, sur fond des manœuvres marocaines. Celles-ci orchestrées par le lobby pro-marocain, activant dans les couloirs des Nations unies, dont sans surprise les Israéliens, et aussi le rôle de soutien de la France au Maroc, en tant que membre permanent au Conseil de sécurité. Ne pouvant retarder aux calendes greques la mission de Ross, dans la région, car celui-ci est tenu d’élaborer un rapport sur le Sahara occidental, avant fin avril prochain, date de la réunion du Conseil sécurité de l’ONU sur ce territoire, inscrit dans l’agenda de l’ONU dans un processus de décolonisation. 

Connu pour être un fin diplomate, Ross a été boudé par le Royaume chérifien, sur fond de l’objectivité qui le caractérise dans l’accomplissement de sa mission, traduite par la teneur de son dernier rapport sur le Sahara occidental. Ne pouvant faire abstraction de l’actualité qui marque les territoires sahraouis, encore sous occupation marocaine, lors de sa dernière tournée, Ross a été témoin des manifestations pacifiques de Sahraouis à Smara occupée, et saisissant la portée du respect des droits de l’homme, ce responsable a mentionné dans son rapport, la nécessité d’un mécanisme onusien de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental. Ce qui a mis en colère le Maroc, qui excelle dans sa répression et oppression des Sahraouis dans les territoires occupés, manifestant pacifiquement en réclamant l’application du Droit international au Sahara occidental, question de décolonisation inscrite à l’ONU, depuis les années 1960. 

En août dernier, l’Institution onusienne a rompu son silence sur les rumeurs insistantes des médias marocains, dont l’agence officielle MAP, faisant état de la démission de Ross. Le porte-parole de l’Institution onusienne a confirmé, à ce propos, la nullité de ces rumeurs, indiquant que l’Envoyé spécial pour le Sahara occidental, Christopher Ross, conservait bien son poste et ne comptait pas démissionner. Ces rumeurs sont «de pures inventions, sans aucun fondement», avant de préciser qu’ «avec l’aide du Secrétaire général et du Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial, Christopher Ross, continue à consulter les différentes parties et prépare le timing de sa prochaine visite dans la région», a expliqué dans un communiqué, le porte-parole de l’ONU. Cette dernière a précisé que la mise au point en question s’adresse particulièrement à l’agence de presse marocaine MAP, laquelle a été destinataire, est-il précisé, de cette mise au point de l’ONU, en date du 23 juillet dernier, et qu’elle n’a pas publiée. 

La visite de Ross intervient, faut-il le noter, après que sa collègue Kim Bolduc, chef de la Minurso eut effectué, avant lui, sa tournée, après la prise en fonction de sa mission. Sa première étape dans le cadre de sa tournée régionale, entamée mercredi à Rabat, intervient, notamment, après l’assassinat du jeune Sahraoui, Mohamed-Lamine Haidalla, par trois colons marocains, pensant, ainsi, faire taire à jamais l’idée que portait ce défunt martyr pour l’indépendance de son pays. Le défunt, connu pour ses positions en faveur du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, avait été arrêté à maintes reprises par la police coloniale, marocaine. La responsabilité de cet acte barbare, qualifié de «crime odieux» par le président sahraoui, «incombe aux autorités marocaines», a-t-il indiqué, mercredi dernier.

Par ailleurs, Ross a entamé sa tournée à moins d’une quinzaine de jours de la célébration par les Sahraouis et le Front Polisario de la proclamation, le 28 février 1975, de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd). Le coordinateur sahraoui avec la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental la (Minurso), M’hamed Kheddad, a déclaré, jeudi dernier, que la visite de Ross dans la région s’inscrit dans le cadre de la préparation d’un nouvel round de négociations entre le Front Polisario et le Maroc. 

Pour le responsable sahraoui «la visite de Ross, et auparavant celle de Mme Kim Bolduc, chef de la Minurso, est une expression claire de l’échec des tentatives marocaines pour contrecarrer les efforts menés par l’ONU, afin de trouver une solution au conflit du Sahara occidental», a-t-il confirmé. Précisant par ailleurs qu’«en attendant de tenir un référendum, l’ONU, représentée par sa Mission au Sahara occidental, doit avoir les pouvoirs pour surveiller la situation des droits de l’homme», Mohamed Khedad a ajouté et «de travailler pour le respect du statut juridique du Sahara occidental et l’arrêt de l’exploitation illégale par le Maroc des ressources naturelles sahraouies». Annonçant que Ross «arrivera le 14 février (hier : ndlr)» dans les camps de Réfugiés sahraouis.
Karima Bennour

Le Courrier d'Algérie, 15/02/2015

Sahara occidental: Christopher Ross, éternel retour et visite pas comme les autres

L’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, qui n’a plus effectué de déplacement dans la région depuis un an, y entame depuis mercredi dernier une tournée, dont la première étape est Rabat. 


L’envoyé de l’ONU « devrait arriver aujourd’hui, samedi, dans les camps de réfugiés sahraouis », a-t-on appris de sources proches de l’ambassade sahraouie à Alger. Pour sa part, le coordinateur sahraoui avec la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental, la Minurso, Mhamed Khaddad, cité par l’agence de presse sahraouie SPS, a déclaré, jeudi dernier, que la visite de M. Ross dans la région s’inscrit dans le cadre des visites pour la préparation d’un nouveau round de négociations entre le Front Polisario et le Maroc. 

« La visite de M. Ross et auparavant celle de Mme Kim Bolduc, chef de la Minurso », est l’« expression claire de l’échec des tentatives marocaines pour contrecarrer les efforts de l’ONU pour régler le conflit du Sahara occidental », a confirmé le responsable sahraoui. « En attendant de tenir un référendum, l’ONU, représentée dans sa mission au Sahara occidental, doit avoir les pouvoirs pour surveiller et signaler la situation des droits de l’homme, et travailler pour le respect du statut juridique du Sahara occidental et l’arrêt de l’exploitation illégale par le Maroc des ressources naturelles sahraouies », a déclaré M. Khaddad. 

Pour sa part, le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, a indiqué que M. Ross « aura des entretiens avec le Maroc et le Front Polisario ainsi qu’avec les Etats voisins ». Sans donner de détails sur les étapes de cette tournée, le porte-parole a indiqué que « certaines dispositions pour cette visite n’avaient pas encore été mises au point ». Rappelons que le Conseil des ministres sahraoui avait salué, la semaine dernière, le retour de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et la prise des fonctions de Kim Bolduc, représentante spéciale pour le Sahara occidental et chef de la mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso). 

Au terme d’un entretien, tenu la semaine dernière au camp de réfugiés sahraouis de Smara, avec la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU et chef de la Minurso, Mme Kim Bolduc, le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, avait exprimé l’engagement de la partie sahraouie à aider la responsable onusienne dans le cadre de sa mission, qui consiste en l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui.

Le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique. 40 ans se seront écoulés depuis que le Maroc occupe illégalement ses territoires. En 1991, un cessez-le-feu avait été signé sous l’égide des Nations unies, entre le Maroc et le Front Polisario, après une guerre dévastatrice ayant fait des milliers de morts, de détenus et de disparus. Une mission onusienne, la Minurso, comme son nom l’indique, avait pour mission l’organisation d’un référendum d’autodétermination début 1992. 24 ans après, ce n’est toujours pas le cas. 

Quelles que soient les allégations et manœuvres marocaines, la question sahraouie est une question de décolonisation. Selon la doctrine des Nations unies, la seule et unique solution est l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Mais ce référendum tarde à être organisé… Et les raisons sont connues. 

« Le Maroc craint les résultats de ce référendum. Nous le défions, quel que soit le nombre de ses colons et des militaires déployés dans les territoires occupés d’organiser ce référendum. Nous concernant au Polisario, nous sommes convaincus que les Sahraouis voteront sans conteste pour leur indépendance », avait déclaré Mhamed Khaddad dans un entretien à Reporters en août dernier. Nous l’avions rencontré en marge des travaux du 2e congrès de l’Union des étudiants de Seguia El Hamra et Rio de Oro, qui se sont tenus à Aousserd. 

Par ailleurs, le conseil péruvien de solidarité avec le peuple sahraoui (Copesa) s’est élevé contre l’organisation de la session 2015 du forum de Crans Montana dans la ville occupée de Dakhla, au Sahara occidental et appelé son pays à ne pas y assister. « L’organisation suisse +Forum de Crans Montana+ qui oeuvre en faveur d’un monde meilleur, plus humain et plus juste a malheureusement choisi de tenir sa session 2015, dédiée à l’Afrique, à Dakhla, ville du Sahara occidental occupée par le Maroc qui s’y livre aux plus graves violations des droits de l’homme contre la population sahraouie et à un pillage sans précédent de ses ressources naturelles », s’est insurgé Ricardo Sanchez Serra, journaliste péruvien, président du Copesa. Le journaliste estime « contre-productif que la réunion se tienne dans un territoire occupé militairement ». Une telle attitude s’inscrit, de son point de vue, en contradiction avec le principe même de cette organisation selon lequel les problèmes doivent être examinés dans un climat de paix et de coopération.

http://www.reporters.dz/sahara-occidental-christopher-ross-eternel-retour-et-visite-pas-comme-les-autres/41049

Si riche Sahara occidental

La question du Sahara occidental recouvre de plus en plus celle du développement économique du Maroc. Car les territoires que Rabat appelle « provinces du Sud » contribuent largement aux recettes d’exportation du royaume. Les partisans de l’indépendance contestent la légalité de cette exploitation.

par Olivier Quarante, mars 2014


Sur le principal axe routier reliant la grande ville du nord du Sahara occidental, El-Ayoun (1), à Dakhla, à plus de cinq cents kilomètres au sud, on ne compte plus les camions qui transportent poulpes et poissons blancs. La région totalise mille deux cents kilomètres de côte, et ses eaux sont parmi les plus poissonneuses du monde. Selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) du Maroc (2), le secteur de la pêche représente soixante-quatorze mille emplois (3), auxquels il faut ajouter une importante activité non déclarée. Pesant à elle seule 17 % du produit intérieur brut (PIB) de ce territoire, 31 % des emplois locaux et 78 % des captures marocaines, la pêche des « provinces du Sud » — comme on appelle officiellement au Maroc le Sahara occidental — génère une richesse immense. Le Royaume se l’est appropriée en 1975, en même temps qu’il annexait ce territoire considéré comme « non autonome (4) » depuis le vote de la résolution 2072 à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1965.

Sur cette route unique et dangereuse, on croise d’autres camions, qui peuvent acheminer des tomates, des concombres et des melons produits près de Dakhla. Selon l’organisation non gouvernementale (ONG) Western Sahara Resource Watch, les environs de la ville comptent onze sites agricoles, parmi lesquels celui de la société Tawarta. Une serre longe la route sur au moins cinq cents mètres. Dans cette ferme agricole, on produit des tomates cerises commercialisées sous le nom « Etoile du Sud », une marque appartenant à la société française Idyl. Injustement estampillées « origine Maroc », ces cultures, qui couvraient près de six cents hectares en 2008 (5), sont ensuite exportées en Europe via Agadir, à mille deux cents kilomètres de là.
Des droits inaliénables... ou presque

Le CESE y voit une activité à « haute valeur ajoutée ». Le plan Maroc vert prévoyait pour le Sahara occidental le passage de trente-six mille tonnes de primeurs en 2008 à quatre-vingt mille tonnes en 2013, pour atteindre cent soixante mille en 2020, sur une superficie de deux mille hectares. La totalité de ces productions est programmée pour l’export. Le nombre d’employés, actuellement autour de six mille, triplerait dans le même temps.

Plus au nord, à une dizaine de kilomètres d’El-Ayoun, on découvre le port exploité par l’Office chérifien des phosphates (OCP). Une fine poussière trouble la vision. Elle provient des phosphates transportés depuis la mine de Bou Craa grâce à un tapis roulant qui s’étend sur une centaine de kilomètres à travers le paysage désertique. On devine seulement les silos de stockage et la silhouette de vraquiers (6) venus du monde entier pour embarquer le minerai. Cette ressource est primordiale pour le royaume : l’OCP est le second producteur et le premier exportateur de phosphate brut et d’acide phosphorique dans le monde, ainsi que l’un des principaux exportateurs d’engrais phosphatés. Le Maroc en retirait 6 % de son PIB en 2012 et détient les réserves mondiales les plus importantes.

Vice-président d’une association qui travaille sur la question des ressources naturelles au Sahara occidental, M. Mohamed Alisalem Bobeit, que l’on rencontre dans une maison d’El-Ayoun, parle calmement. Il a bien conscience de l’importance de PhosBoucraa pour le Maroc. Le site produit autour de 10 % des phosphates extraits par l’OCP et celui-ci prévoit de doubler sa production d’ici à 2020. « C’est le pillage de ressources qui appartiennent au peuple sahraoui », estime M. Bobeit. Il prend des risques à s’exprimer publiquement sur le sujet : M. Sid Ahmed Lamjayed, le président de l’association (illégale, puisque le Maroc ne reconnaît aucune association créée par des Sahraouis), a été arrêté le 25 décembre 2010, après le vaste mouvement de protestation de Gdeim Izik (7), et condamné à la prison à perpétuité par le tribunal militaire de Rabat.

Mais son analyse est de plus en plus partagée, si l’on en juge par la multiplication des manifestations. Arrêt de l’exploitation des ressources tant que le conflit n’est pas réglé par l’organisation d’un référendum d’autodétermination : depuis octobre 2010 et la manifestation de Gdeim Izik, cette revendication est au cœur du conflit qui oppose le Front Polisario (mouvement politique armé considéré par l’ONU comme le « représentant légitime du peuple sahraoui ») au Maroc. « Une résolution de l’ONU qui interdirait l’exploitation des ressources par le Maroc créerait les conditions favorables pour une avancée vers le règlement du conflit », estime M. Brahim Sabbar, secrétaire général de l’Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l’homme commises par l’Etat marocain (ASVDH).

Divisée, la « communauté internationale » a en réalité laissé le Maroc prendre possession de ce territoire de deux cent soixante-dix mille kilomètres carrés. Ainsi, il a pu contrôler PhosBoucraa, en accord avec l’occupant antérieur, l’Espagne, qui exploitait le site depuis 1962 et en est restée actionnaire jusqu’en 2002. Pourtant, la guerre avec le Front Polisario avait déjà éclaté, et le Sahara occidental était déjà inscrit sur la liste des territoires non autonomes régis par l’article 73 de la Charte des Nations unies. En 1962, l’Assemblée générale de l’ONU consacrait le droit des peuples « à user et à disposer des ressources naturelles que recèlent leurs territoires pour assurer leur développement et leur bien-être (8) ». La jurisprudence a par la suite confirmé les « droits inaliénables » des peuples des territoires non autonomes sur leurs ressources naturelles, ainsi que leur droit « d’être et de rester maîtres de la mise en valeur future de ces ressources ».

Tout le débat actuel tourne autour de la question des bénéfices que retireraient — ou pas — les Sahraouis de l’exploitation économique mise en œuvre par le Maroc. La signature pour le royaume, en octobre 2001, de contrats de prospection pétrolière avec deux compagnies, dont TotalFinaElf, a donné à l’ONU l’occasion de rendre un avis qui nuançait les grands principes énoncés précédemment. « La question est de savoir si la règle de la “souveraineté permanente” [sur les ressources naturelles] interdit à la puissance administrante toute activité liée aux ressources naturelles du territoire non autonome qu’elle administre, ou seulement celles qui seraient entreprises au mépris des besoins et des intérêts de la population de ce territoire, sans qu’elle en bénéficie »,déclare le secrétaire général adjoint aux affaires juridiques.

Mais aucun mécanisme d’évaluation de ces intérêts n’est prévu. Les conditions qui permettraient aux « peuples coloniaux des territoires non autonomes » d’exercer leurs droits légitimes sur leurs ressources naturelles ne sont pas définies. Dès lors, la question devient un élément du rapport de forces entre les parties en conflit. Le Front Polisario dénonce le « pillage » des ressources et le mépris du « peuple du Sahara occidental ». Il a engagé en novembre 2012 une procédure judiciaire devant la Cour européenne de justice pour demander l’annulation de l’accord de libre-échange commercial et agricole entre l’Union européenne et le Maroc, qui, signé au mois de mars précédent, inclut le Sahara occidental. Premier argument avancé : l’absence de consultation du Front Polisario.
Versement d’allocations 
pour acheter la paix sociale

Les autorités marocaines, elles, déploient une intense activité pour convaincre que l’exploitation économique profite à la « population du territoire ». Elles multiplient les annonces de nouveaux programmes d’investissement, relayées régulièrement dans la presse française (9) et abondamment dans la presse marocaine. On y parle de « population locale », sans que l’on sache s’il s’agit des Sahraouis ou des Marocains installés par centaines de milliers dans cette zone. Le Front Polisario, lui, évoque le « peuple du Sahara occidental ». Les deux expressions sont utilisées par le conseiller juridique de l’ONU pour désigner les Sahraouis, ce qui ne fait qu’ajouter à la confusion.

Le makhzen (le palais) fait tout pour accréditer l’idée que les Sahraouis profitent des richesses naturelles. L’OCP, par exemple, mènerait une politique sociale : « Tous les revenus nets de PhosBoucraa sont réinvestis dans la région et bénéficient à ses habitants », peut-on lire dans son rapport d’activité 2012. Sur le site minier, on a recruté pas moins de cinq cent trente jeunes Sahraouis après les événements de Gdeim Izik. Il s’agissait d’embaucher les enfants des retraités qui y travaillaient déjà à l’époque espagnole et qui n’étaient pas satisfaits de la retraite qu’ils touchaient. « Un accord a bien été trouvé, mais les jeunes ont été embauchés à un statut auquel plus personne n’est recruté, donc à un salaire moindre », regrette pourtant M. Eddia Sidi Ahmed Moussa, figure du syndicalisme local, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs sahraouis (interdite).

Autre levier : l’octroi de la carte de promotion nationale, une aide sociale équivalant à environ 150 euros mensuels, qui semble largement attribuée. Plusieurs récits recueillis sur place confortent l’idée que, s’agissant des Sahraouis, cette allocation permet d’acheter la paix sociale et de réguler l’agitation politique à travers la distribution de l’argent par des chefs de tribu. Les autorités peuvent aller jusqu’à retirer l’aide à une personne vue dans une manifestation prosahraouie.
Le Parlement européen renouvelle l’accord de pêche

Peut-on parler de réels « bénéfices » ? En l’absence de données fiables sur le territoire, que le Maroc n’est pas contraint de fournir puisqu’il n’est pas considéré par l’ONU comme la « puissance administrante » (10), impossible de répondre de façon certaine. L’instrumentalisation de cette question pour servir la politique royale, en revanche, ne fait aucun doute. La définition en novembre 2013 d’un« nouveau modèle de développement des provinces du Sud » élaboré par le CESE avait pour but d’apporter la contribution de la « société civile »à la « réussite de l’initiative marocaine d’autonomie » (11). Depuis 2007, Mohammed VI présente celle-ci comme le contre-projet au référendum d’autodétermination demandé chaque année par l’ONU depuis 1991.

Dernier exemple en date : le 10 décembre 2013, la majorité du Parlement européen a validé le nouvel accord de pêche qui doit prolonger, entre 2014 et 2017, celui de 2007-2011. Cette fois encore, le Maroc comprend — sans même que cela soit mentionné dans le protocole — les eaux du Sahara occidental. L’accord prévoit à nouveau le versement d’une subvention annuelle (30 millions d’euros, au lieu de 36 précédemment, pour développer le secteur de l’industrie). En contrepartie le Maroc attribue des licences à des bateaux européens et des quotas de pêche espèce par espèce. La même assemblée ayant refusé en décembre 2011 de reconduire le premier accord, ce nouveau vote favorable apparaît comme un signal de soutien adressé au gouvernement marocain et à sa politique « réformiste ».

Pour cela, le service juridique du Parlement européen évacue très vite la question des bénéfices, en considérant que le Maroc peut inclure les eaux du Sahara occidental et qu’un tel accord est légal dans la mesure où le royaume « respecte ses obligations envers le peuple du Sahara occidental ». Tant pis si les seuls parlementaires européens autorisés à se rendre dans ce territoire sont ceux du groupe d’amitié Union européenne - Maroc. Le député français Gilles Pargneaux (Parti socialiste), président de ce groupe, ne s’y trompe d’ailleurs pas : « Il était illusoire de vouloir résoudre le problème du Sahara occidental par le rejet de cet accord de pêche. Je rappelle que la proposition d’autonomie du Sahara occidental présentée par le Maroc aux Nations unies en 2007 est la seule solution possible (12). » Tant pis aussi pour l’intérêt purement économique et financier du texte : une évaluation indépendante du précédent accord de pêche avait montré un rapport coût-efficacité « très faible » et une inefficience tout à fait exceptionnelle.

Premier investisseur étranger au Maroc, la France contribue activement à ce statu quo en défaveur des Sahraouis. En novembre dernier a eu lieu l’inauguration du nouveau port de pêche de Boujdour, impressionnant avec sa digue principale de sept cent vingt-quatre mètres et sa digue transversale de deux cent soixante mètres. Il a été réalisé avec le soutien financier de l’Agence française de développement, dont la contribution au Maroc est passée de 380 millions d’euros en 2011 à 831 millions en 2012. A Boujdour, Mme Sultana Khaya, jeune militante sahraouie des droits humains, vient de créer la Ligue pour la protection des ressources naturelles. Elle redoute une exploitation du pétrole par Total, qui menait en juillet 2013, soit douze ans après le premier contrat au Sahara occidental, une mission de prospection sismique sur une zone de plus de cent mille kilomètres carrés nommée « Anzarane offshore »...


Olivier Quarante
Journaliste.


http://www.monde-diplomatique.fr/2014/03/QUARANTE/50237

Déclaration de presse Freedom Now - Maroc

Jeune association constituée le 25 avril 2014, « FREEDOM NOW » qui défend la liberté de la presse et d’expression, a présenté son premier rapport sur « la situation de la liberté de la presse et d’expression au Maroc durant l’année 2014 ». En effet, la liberté d’expression pour être une valeur fondamentale et un droit, est considérée comme un instrument essentiel de défense de l’ensemble des libertés, un élément important pour l’édification de la démocratie.

En enregistrant un ensemble de violations contre la liberté d’opinion et d’expression, « FREEDOM NOW », considère ces atteintes comme des violations de la loi et des preuves supplémentaires confirmant le non respect de l’Etat marocain de ses engagements politiques, juridiques et moraux envers la société. « FREEDOM NOW » attire l’attention sur les effets négatifs que produisent ces violations sur la libre circulation des informations et des idées au sein de la société. Ces violations ne constituent pas seulement des atteintes contre les journalistes et les utilisateurs des médias, mais également des atteintes flagrantes contre le droit à la liberté d’opinion et d’expression consacré par les conventions et traités internationaux et édicté par la législation interne et le droit des citoyens d’accéder librement aux informations et aux idées.

A noter que les cas de violations enregistrés ne sont pas exhaustifs et que plusieurs autre cas d'interdiction de réunions et de manifestations ont eu lieu durant la période étudiée.

Dans la rédaction de ce rapport, « FREEDOM NOW » s’est référé à la Déclaration conjointe relative aux crimes contre la liberté d’expression » adoptée le 25 juin 2012. Une Déclaration coadoptée par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, la Représentante de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe sur la liberté des médias, la Rapporteure spéciale pour la liberté d’expression de l’Organisation des Etats Américains et le Rapporteur spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. La dite déclaration prévoit la nécessité pour les Etats de traduire clairement dans leur systèmes juridiques les infractions commises contre la liberté d’expression pour les qualifier de crimes graves pour ce qu’ils constituent comme violations directes contre l’ensemble des droits humains.

Sur la base de ces principes directeurs qui ont encadré l’élaboration de ce rapport, « FREEDOM NOW » s’est appuyée sur l’observation des cas de violations et a évalué la situation de la liberté de la presse et d’expression en interpellant la réalité marocaine et en rappelant au pouvoir en place les contours du principe de la liberté d’expression et ses limites tels que définis à la fois par les textes universels des droits humains et dans législation interne.

« FREEDOM NOW » s’est appuyé sur le travail effectué par sa « commission d’observation et d’élaboration des rapports » pour enregistrer des violations commises par différents acteurs. Des violations recueillies auprès de différents organes de presse ou des victimes elles-mêmes.

Ainsi, Freedom Now a enregistré vingt cas de violations entre la date de sa constitution en avril 2014 et le 22 décembre de la même année, présentées comme suit :

- Treize cas concernant des journalistes appartenant à la presse électronique, trois cas concernant des chanteurs de rap, deux cas concernant des journalistes de presse écrite, un cas concernant un utilisateur internet et un cas concernant une bloggeuse.
Par ailleurs, les violations enregistrées commises par différents acteurs se déclinent comme suit :
- Les autorités locales, l’Etat marocain, la police, le gouvernement,
le département de la justice, des militants, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications et des responsables politiques au sein de l’exécutif.
Pour être une force de proposition pour améliorer l’arsenal juridique lié à l’exercice des libertés, le rapport de « FREEDOM NOW » dresse une série d’observations concernant la situation actuelle du cadre juridique régissant la liberté d’opinion et d’expression. Un cadre juridique caractérisé par une politique de contrôle et de surveillance. En outre, le rapport fait la lumière sur trois projets de loi qui devraient être adoptés prochainement, à savoir le projet du Code de presse et d’édition , le projet de loi relatif au droit d’accès à l’information et le projet de loi instituant le Conseil national de la presse. Cet éclairage permet de mesurer à quel point ces projets de textes ont répondu ou non aux attentes du mouvement marocain de défense des droits humains tout au long de la dernière décennie pour ensuite présenter les recommandations que « FREEDOM NOW » juge opportunes pour l’amendement de ces projets de loi.
Nonobstant les avancées contenues dans ces projets de lois par rapport aux actuels textes en vigueur, ces projets n’apportent pas de solutions crédibles à certaines problématiques fondamentales qui continuent d’handicaper l’exercice de la liberté d’opinion dans notre pays. Par conséquent, ces projets de lois n’ont pas répondu aux requêtes exprimées par les professionnels et les instances de défense de droit humains.
Par ailleurs, ce rapport contient des développements dédiés aux médias publics, en ce sens que « FREEDOM NOW » considère que la réforme de ce secteur constitue la principale entrée à toute autre réforme en matière de médias, de liberté et de manière générale pour toutes les questions liées à la démocratie.
Premièrement, parce que les médias publics, financés par les contribuables et contrôlés par une instance indépendante sont les seuls à pouvoir garantir la diversité et un véritable pluralisme au sein des sociétés démocratiques.
Deuxièmement, parce que les médias publics et spécialement l’audiovisuel en tant que médias de masse exercent toujours une influence considérable sur le public et constituent une convoitise pour tous ceux qui tentent de s’accaparer le pouvoir et l’exercer de manière unilatérale.
Se fondant sur son analyse de la situation des médias publics au Maroc, « FREEDOM NOW » considère que le contrôle permanent exercé par le pouvoir sur ces médias qui sont la propriété de l’Etat et donc du peuple constitue la plus grande violation contre l’indépendance et le pluralisme de ces médias et le plus grand frein devant leur émancipation pour qu’ils soient au service de l’intérêt général.
A travers son rapport, « FREEDOM NOW » considère que le champ de la liberté de la presse et d’expression au Maroc est caractérisé par une logique de contrôle direct et absolu sur les médias publics et un contrôle indirect et absolu sur la presse privée. En effet, les médias publics, toujours contrôlés par le pouvoir sont utilisés pour la propagande officielle et censurent toutes les voix dissidentes.
Quant aux médias privées, la majorité d’entre eux agissant dans la presse radio, écrite ou numérique manquent de professionnalisme et font l’objet de manipulation indirecte pour servir le pouvoir en place, à travers le contrôle des subventions publiques, des sources de financements et de la publicité.
En conclusion de son rapport, « FREEDOM NOW » enregistre que les lignes rouges, l’expansion de l’autocensure et l’apparition d’une nouvelle génération de violations visant à taire toutes les voix dissidentes et à imposer le point de vue unique du pouvoir sont les principales caractéristiques de la scène médiatique marocaine aujourd’hui.
Ainsi, « FREEDOM NOW » retient les conclusions suivantes :
- Les cas d’emprisonnement de journalistes , les harcèlements menés
contre des organes de presse indépendants, l’importante régression en matière de libertés et de droits acquis, tels la liberté de réunion, de constitution d’association et de manifestation pacifique confirment que la situation de la liberté de la presse et d’expression au Maroc aujourd’hui est pire que celle qui avait prévalu durant les trois dernières années du siècle dernier.
- Les restrictions contre la liberté d’expression, la continuité du
monopole du pouvoir sur les médias publics et la mise à mort de la presse indépendante en disent long sur les volontés de réformes politiques et démocratiques sachant que la démocratie ne peut exister sans presse libre ni médias publics indépendants.
Enfin, si le Maroc a consacré dans le préambule de la Constitution de
2011 le principe de la supériorité des conventions et traités internationaux et s’est engagé à respecter les droits humains tels qu’ils sont universellement reconnus, le gouvernement doit traduire ses principes et vœux dans la législation relative à la liberté de la presse et d’expression pour garantir son plein exercice au Maroc.
Rabat le 12 février 2015

Le rapport sur la liberté de presse et d'expression est téléchargeable sur la page Facebook de Freedom Now.

Source : https://www.facebook.com/salaheddine.elayoubi/posts/861563377225336?notif_t=notify_me

Marokleaks, Swissleaks, le cauchemar marocain continue



Au moment où le Maroc a été contraint de se soumettre à la volonté de la communauté internationale dans le conflit du Sahara Occidental, le roi Mohammed VI a voulu a voulu projeter une fausse image de ses relations avec la France, jusque là son principal soutien dans le contentieux qui l’oppose aux sahraouis qui se battent depuis 40 ans pour leur droit à l’autodétermination.

Mohammed VI a dû se retrancher dans son palais de Betz pendant plus de 10 jours pour obtenir une rencontre avec le président François Hollande et ainsi sceller la fin d’une année de brouille entre les deux pays. Mais c’était sans compter sur les scandales qui semblent avoir rendez-vous avec le Maroc dans cette période de tension avec la France, les Etats-Unis et les Nations Unies.

En effet, après les scandales révélés par le mystérieux hacker Chris Coleman dans ce qui a été appelé MarocLeaks, voilà le SwissLeaks qui tombe au moment où Mohammed VI veut lancer le message de « tout va bien avec Paris ». 

Les informations révélées par l’enquête publiée par Le Monde sur le compte bancaire secret du roi mohammed VI en Suisse ont fait basculer les résultats escomptés de la rencontre du roi du Maroc avec François Hollande. La normalisation désirée par Rabat s’est vu perturbée par la publication d’une enquête par le quotidien français Le Monde, sur les comptes privés de la famille royale marocaine.

De telles révélations après les documents secrets de la diplomatie marocains publiées par Coleman peuvent être un avertissement pour freiner l’arrogance de Rabat qui veut imposer à la France sa vision de la solution du conflit du Sahara Occidental. Une arrogance reflétée par la décision de Rabat de suspendre la coopération judiciaire et anti-terroriste avec la France.

L’enquête arrive comme une deuxième punition pour le Maroc pour son insolence avec ses maîtres de l’Hexagone. Pour cacher cette réalité, les autorités marocaines pointent du doigt l’Algérie et le Prince Hicham.

Bernard Emié: «Les propos du ministre marocain sont irresponsables»

La France est prête à exploiter les gisements de gaz de schiste en Algérie après que Sonatrach ait lancé un appel d’offres international, a annoncé mercredi l’ambassadeur de France en Algérie en marge d’une conférence de presse tenue au Centre culturel français à Tlemcen.

L’ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié a souligné que « Total » sera la seule compagnie française à présenter un dossier pour exploiter le gaz de schiste après la fin de la phase des essais entrepris par Sonatrach.

Selon Bernard Emié, le renforcement du partenariat français avec l’Algérie dans ce domaine et l’une des priorités de l’Hexagone pour hisser les relations économiques entre les deux pays. 

S’agissant de la visite qu’effectuera le Premier ministre, Abdelmalek Sellal en France, le diplomate français a fait savoir que la visite coïncide avec le 70eanniversaire de débarquement des Alliés à Toulon (France) lors de la Seconde Guerre mondiale, ajoutant qu’elle sera suivie d’une visite officielle de Manuel Valls en Algérie, au premier semestre de l’année en cours. 

Par ailleurs, il est revenu sur les propos du ministre marocain des Affaires étrangères accusant l’Algérie de chercher à torpiller les relations entre le Maroc et la France qu’il juge d’ « irresponsables », en expliquant que la France en tant que membre du Conseil de sécurité respecte aussi bien les résolutions onusiennes relatives à la question sahraouie que le rapport dressé par l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental, Christopher Ross


http://www.echoroukonline.com/ara/articles/232221.html

La diplomatie marocaine prise au piège du Sahara

Sahara Info n°72 - Février 2015



Monsieur Salahedine Mezouar, Ministre des Affaires étrangères du royaume du Maroc, multiplie depuis plusieurs semaines maladresses et provocations et dirige tout particulièrement sa mauvaise humeur vers la France. 
Son dernier entretien dans le Monde du 4 février 2015 est un modèle du genre. Concernant la question délicate du Sahara occidental, « il pousse le bouchon » un peu loin ! Bien sûr la France est une grande amie du Maroc et les intérêts entre les deux pays sont si importants que les raisons d’Etat, mettent prudemment de côté, en France, le soutien clair à l’autodétermination du peuple sahraoui. Mais de là, à faire de la France, la défenseur de la marocanité du Sahara occidental ! Il faut de suite que les autorités françaises réagissent et que Monsieur Laurent Fabius rappelle l’actuelle position française : « Nous soutenons la recherche d’une solution juste, durable et mutuellement agréée sous l’égide des Nations unies et conformément aux résolutions du Conseil de sécurité » point presse MAE du 14/01/2015 ! 
Sur d’autres terrains, la diplomatie marocaine est également à la peine ! Christopher Ross, l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, empêché depuis près d’un an d’organiser une mission dans la région, est à nouveau « persona grata » au Maroc comme la directrice de la MINURSO, elle aussi empêchée de rejoindre son poste par les autorités marocaines. La presse marocaine, toujours au service, a tenté de présenter l’affaire comme une victoire ! Personne n’ose dire que Mohamed VI comme Mezouar qui voulaient la chute de l’ambassadeur Ross, trop impartial à leurs yeux, ont perdu. 
La diplomatie marocaine est aussi « malmenée » à Addis Abeba, au 24 éme sommet des chefs d’Etat et de gouvernement africains. Le sommet ne s’est pas contenté de rappeler, comme chaque année, le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, il a frappé fort ! Avec des résolutions qui engagent et qui vont gêner très vite le Maroc. Appel au boycott et à l’annulation d’un Forum international, piloté par une association suisse, Crans Montana, que le Maroc souhaitait accueillir en mars à Dahkla en territoire sahraoui occupé, en y déployant une grande ambition africaine. 
Le sommet s’est aussi engagé à tenir, dans les territoires libérés du Sahara occidental, des activités de l’Union Africaine ! Au pied du mur de « la honte » marocain, c’est un tabou qui est brisé ! 
L’Union africaine s’intéresse aussi de très près à ce qui se passe au Sahara occidental occupé depuis que sa Commission de défense des droits de l’homme et des peuples s’est vu refuser son entrée dans ce territoire, de la manière la plus méprisante puisqu’elle n’a jamais reçu de réponse à ses demandes de mission.
Ban Ki Moon, le Secrétaire général de l’ONU, était présent à Addis-Abeba, souhaitons qu’il mette ses pas dans les pas de l’Afrique et crée la surprise, en préparant la réunion du Conseil de sécurité d’avril prochain.

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris


France : Crise de jalousie de la maîtresse marocaine

On a longtemps dit que la relation entre la France et le Maroc était plus facile, plus harmonieuse parce qu’il n’y avait pas les mêmes enjeux de mémoire. Mais il semble que ce n’est plus cas depuis l’avènement de François Hollande à l’Elysée. En effet, il n’échappe pas aux dirigeants marocains que la France poursuit sa normalisation progressive avec l’Algérie à la grande satisfaction d’Alger qui se sent désormais incontournable. Cela suscite la jalousie du Maroc, pays qui a été décrit par l’ancien ambassadeur de la France à l’ONU comme « maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n'est pas particulièrement amoureux mais qu'on doit défendre ».


Rabat, sentant la France abandonner sa vieille position de soutien inconditionnel au Maroc dans le dossier du Sahara Occidental agit en véritable maîtresse jalouse. C’est la raison derrière le coup de froid qui este venu s’abattre sur sa relation avec le Maroc et qui gèle en partie la coopération dans le domaine de la lutte anti-terroriste. Une décision marocaine qui a été dévoilée au public grâce au documents confidentiels publiés par le cyber-activiste Chris Coleman.


Evidemment, les autorités marocaines cherchent des excuses pour lancer de la poudre aux yeux de l’opinion marocaine et ainsi cacher le virement dans sa politique envers le Maghreb. Rabat n’avouera jamais qu’il a perdu le soutien de la France dans les coulisses de l’ONU dans chaque échéance du mois d’avril où le Conseil de sécurité se prononce sur le contentieux du Sahara Occidental.


Les marocains ont agité le dossier de l’impunité de leurs responsables pour créer un état de tension dans les relations avec Paris. Ils ont demandé une rencontre entre leurs ministres des affaires étrangères pour trouver l’occasion de sortir la question du soutien de la France dans le conflit sahraoui, mais Paris a tenu bon. L’approche de l’échéance d’avril a obligé les marocains à se mettre à genoux pour donner l’impression que les relations avec Paris se sont normalisées et tenter ainsi d’influencer le rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur le Sahara Occidental. Ainsi, le Maroc a accepté que les responsables onusiens chargés du Sahara Occidental, Christopher Ross et Kim Bolduc, reprennent leur travail sans aucune condition préalable.


La "visite privée" de Mohammed VI en France rentre dans ce scénario. De son château de Betz, le roi du Maroc fera bouger le lobby pro-marocain français en vue d'organiser une rencontre avec le président Hollande et ainsi donner un coup de pouce à cette prétendue normalisation des relations entre Paris et Rabat.


Le Grand angle diplo : La France coincée entre Maroc et Algérie

La diplomatie française est embarrassée par le nouveau coup de froid qui este venu s’abattre sur sa relation avec le Maroc et qui gèle en partie la coopération cruciale dans le domaine de la lutte anti-terroriste. Mais vouloir apaiser le conflit risque d’être mal compris par l’Algérie dont les relations avec le Maroc qui n’ont jamais été si mauvaises. 

Qu’il semble loin le temps des retrouvailles entre un président socialiste et le royaume du Maroc. Au printemps 2013, François Hollande avait été invité à Rabat. Le roi l’avait invité `un dîner de famille et on avait l’impression au lendemain de l’intervention française au Mali que la France disposait de’un solide allié dans cette région pour lutter contre le djihadisme. 

Deux ans plus tard, la relation est devenue exécrable, notamment depuis qu’un juge française veut entendre le patron des services secrets marocains pour une plainte déposée en France par des marocains se disant victimes de torture. Le résultat fut immédiat : arrêt de la coopération judiciaire entre les deux pays avec tout ce qui en découle dans la relation entre les services de sécurité des deux pays. 

La séparation des pouvoirs en France et la susceptibilité du Maroc dès lors qu’on s’intéresse tout près au travail de sa police fait que le fossé semble difficile à comprendre.

Naturellement, l’Algérie regarde tout cela avec intérêt. La relation avec le Maroc étant compliqué par le dossier du Sahara Occidental, dossier très épineux depuis des décennies, et l’Algérie et le Maroc partagent une jalousie ou même une rivalité sur la relation avec la France. En dehors des incidents des frontières entre les deux pays comme au mois d’octobre dernier, l’Algérie est en rivalité avec le Maroc au sujet du Mali. Chacun des deux gouvernements essaie de faire valoir son expérience et la qualité de ses renseignements acquis surplace pour jouer le médiateur entre les factions du Nord du Mali et le pouvoir central à Bamako.

Alors que le roi du Maroc, lui-même s’est rendu surplace, de leur côté les services et les diplomates algériens, ont abrité à Alger des discussions prometteuses même si elles n’ont pas encore abouti. Or à Paris on aimerait bien que ce dossier avance afin de contribuer à une meilleure stabilité du Mali et pouvoir se concentrer exclusivement à la lutte contre les djihadistes aux frontières algériennes et nigériennes. 

En attendant, la France poursuit sa normalisation progressive avec l’Algérie à la grande satisfaction d’Alger qui se sent désormais incontournable. On a longtemps dit que la relation entre la France et le Maroc était plus facile, plus harmonieuse parce qu’il n’y avait pas les mêmes enjeux de mémoire mais il ne faudrait pas qu’à cause d’un incident de parcours la brouille vire à la méfiance parce que par les temps qui courent ce ne serait profitable à personne. 






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