Mohammed VI, l'africain : la nouvelle façade

Avec son discours, lu par son premier ministre Benkirane, Mohammed VI a voulu se présenter en un nouveau Patrice Lumumba qui se bat pour l’intérêt des africains, la souveraineté des peuples et des nations et leur droits à une édification indépendante qui respecte leurs spécifités politiques et culturelles. 

Un discours qui est en totale contradiction avec la politique d’invasion coloniale prônée par le Maroc contre le peuple du Sahara Occidental où le régime commet les pires atrocités contre la population civile, pille ses ressources naturelles en violation du droit international et des résolutions des Nations Unies.

Il est clair que le roi du Maroc, avec ce discours, a voulu susciter les émotions des peuples africains qui ont rejeté le Maroc de leur institution panafricaine à cause de son occupation d’une partie des terres de la RASD, membre fondateur de l’Union Africaine qui a appelé le royaume alaouite à lever les obstacles posés contre l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara Occidental en vue d’achever la décolonisation de la dernière colonie dans le continent noir tel que revendiqué par la majorité des leaders africains depuis la tribune de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Un discours qui veut jeter de la poudre aux yeux de la communauté internationale, prononcé par le dirigeant d’un pays qui se trouve en bas de l’échelle dans le domaine du développement humain. Un pays où règne la pauvreté, la misère, l’analphabétisme et où les hommes sont contraints de choisir l’exode pour survivre et les femmes obligées de se prostituer même en Israël. Un pays où le roi et ses sociétés ont monopolisé l’économie du pays pour mettre à genoux toute personne qui ose mettre en cause la politique du Makhzen royal.

Mohammed VI veut se faire passer pour le défenseur des africains, alors qu’il les fait subir les pires supplices sur sa terre et ainsi contenter les européens qui le paient pour maltraiter les subsahariens dans le cadre de la lutte contre l’immigration.

Le gouvernement, acculé par les ONG humanitaires et maintes fois condamné par ses violations des droits de l’homme contre les africains sur son sol, utilise une nouvelle arme contre eux : le racisme. Il mobilise la population civile marocaine pour réprimer les candidats à l’immigration clandestine. Ainsi, plusieurs ont été assassinés au vu et au su des autorités marocaines.

Le Maroc, gendarme des européens en Afrique, qui a maintes fois participé avec la France dans ses croisades africaines, et qui achetait ses armes au régime raciste de l'Appartheid alors que les africains le combattaient, aujourd'hui met le masque de défenseur de l'intérêt de l'Afrique.