M6 en patrouille à l’Est

Le roi du Maroc tente de chasser sur les «terres» algériennes. C’est un peu le sens qu’on pourrait donner à sa première visite officielle de trois jours qu’il effectue en Tunisie depuis jeudi.

Cela fait longtemps que le monarque a oublié cette destination pourtant si proche à tout point de vue.

Rabat ne regardait que vers le nord et accessoirement vers le sud du continent non pas pour aider les peuples africains dans le besoin, mais pour y gagner des soutiens à sa politique expansionniste au Sahara occidental.

C’est là où il faudrait «caser» ce soudain intérêt du makhzen à la Tunisie qui s’est débarrassée de Ben Ali depuis trois ans sans que le monarque n’ait pointé du nez au palais de Carthage.

Peut être qu’il pensait que ce pays qui a inauguré le printemps arabe n’allait pas s’en sortir et que «son ami» Ben Ali pourrait avoir une chance d’être un recours en désespoir de cause.

Aujourd’hui qu’il n’ y a plus de doute que la Tunisie est résolument engagée dans un processus de redressement national ponctué par une démocratisation de la vie politique, le roi a compris qu’il est urgent d’aller faire un tour.

Au souvenir de la Tunisie !

A défaut de gagner le soutien de la Tunisie à sa colonisation du Sahara occidental et sa «politique» maghrébine, M6 ne veut point perdre contact avec le pays de Marzouki de peur de le voir tomber dans le giron algérien.

C’est à peu prés cela le sentiment de Mohamed VI qui vient de s’offrir un «cure» de trois jours à Tunis et probablement à Hammamet.

Accompagné d’une centaine d’homme d’affaires, le monarque voudrait faire croire qu’il est là pour aider économiquement la Tunisie. Or son royaume est déjà au bord de la faillite où ses sujets souffrent terriblement de la hausse des prix.

Pour autant M6 a pris le soin d’inaugurer le nouveau siège de sa propre banque «Ettijari-Bank» à Tunis. Ayant sous contrôle le tiers de l’économie marocaine via sa holding la société nationale d’investissement (SNI), le roi est soucieux de fructifier son argent y compris en Tunisie.

Les sous et les dessous d’une visite

Et au-delà des sous, la visite du roi a aussi et surtout des dessous en ce sens que M6 espère casser le «couple» algero-tunisien qui s’est substantiellement bonifié ces derniers temps en témoigne les aides financières accordées par l’Algérie à sa voisine de l’Est.

Il compte pour ce faire sur son speech devant l’Assemblée constituante Tunisienne, pour décliner sa «vision régénérée d’un nouvel ordre maghrébin». Un «nouvel ordre» à la marocaine qui devrait s’appuyer sur la colonisation du Sahara occidental.

Vu d’Alger, c’est évidemment un désordre et non plus un ordre. Le roi le sait, ses interlocuteurs tunisiens aussi. La patrouille à l’Est de M6 à toutes les chances de tourner court.

http://www.algerie1.com/zoom/m6-en-patrouille-a-lest/

Navi Pillay exhorte le Maroc à ouvrir des enquêtes immédiates

La Haut-Commissaire des
Nations unies aux droits de
l’homme, Mme Navi Pillay, a
exhorté, jeudi à Rabat, les
autorités marocaines à ouvrir
des enquêtes immédiates sur
«les allégations de torture»
contre les auteurs de mauvais
traitements et à exclure «les
éléments de preuve obtenus
sous la contrainte». «Les allégations
de torture doivent
immédiatement faire l’objet
d’enquêtes, sans exception, et
les éléments de preuves obtenus
sous la contrainte doivent
être exclus, comme exigé
explicitement par les lois internationales
et marocaines», a
déclaré Mme Pillay, lors d’une
conférence de presse à l’issue
de sa visite de quatre jours au
Maroc. Elle a estimé que «le
cas des 21 prisonniers de
Gdeim Izik en est un exemple,
qui a besoin d’une enquête
approfondie». Pour rappel, le
tribunal militaire de Rabat
avait condamné, en février
2013 des activistes sahraouis
dit «groupe Gdeim Izik» à des
peines allant de 20 ans de prison
à la perpétuité pour
«atteinte à la sécurité intérieure
et extérieure de l’Etat, formation
d’une bande criminelle
et atteinte aux fonctionnaires
publics dans le cadre de
l’exercice de leur fonction».
Ils avaient été arrêtés en
novembre 2010, lors du
démantèlement du camp de
quelque 3 000 tentes installées
à El Ayoun où des
Sahraouis y ont élu domicile
pour «défendre leurs droits
politiques, économiques et
sociaux».
Tout en exhortant les autorités
à adopter rapidement le
plan national pour la démocratie
et les droits de l’homme
établi par le Conseil national
des droits de l’homme
(CNDH), Mme Pillay a considéré
que «beaucoup de travail
reste encore à faire pour
engendrer la culture du respect
des droits de l’homme
dans toutes les institutions de
l’Etat, au Maroc et au Sahara
occidental, notamment parmi
les officiers de justice, les
agents d’application de la loi,
du personnel pénitentiaire et
des fonctionnaires de l’administration
aux niveaux national,
régional et local». Evoquant
les manifestations au Maroc
qui «ont lieu régulièrement,
sans incident», Mme Pillay a
néanmoins évoqué «des cas
où les agents d’application de
la loi auraient utilisé une force
excessive contre des manifestations
pacifiques» telles que
les incidents survenus le 2
août 2013 à Rabat où «les
coups de la police auraient
été pris en vidéo», considérant
que «cela doit faire l’objet
d’une enquête approfondie».
Il s’agit de la première visite
de Mme Pillay au Maroc,
depuis sa prise de fonctions
en 2008 à la tête de cette institution
onusienne.
Ahmed F.

Le Jour d'Algérie, 31 mai 2014

A la rencontre du peuple sahraoui, les oubliés du sable

En 2013, Adlan Mansri, photographe français de 22 ans basé à Berlin mais d’origine algérienne, part à la rencontre des Sahraouis. Depuis des années, ce peuple originaire du Sahara Occidental réclame son indépendance, mais se heurte au puissant Royaume du Maroc, qui considère ce désert comme sien.

Territoire non autonome selon l’ONU, le Sahara Occidental, ancienne colonie espagnole, n’a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique depuis le départ des Espagnols en 1976. Depuis cette date en effet, ce territoire de 266 000 km2 est en proie à un conflit entre indépendantistes sahraouis et Maroc. Ainsi, depuis les années 1980, une partie du peuple sahraoui a fui le Maroc (qui affirme vivement sa souveraineté sur le Sahara Occidental) pour venir s’installer dans des camps de réfugiés en Algérie.

Pendant une semaine, Adlan Mansri a décidé de se plonger dans le quotidien de ce peuple, entre maisons de terre cuite, hôpitaux et ballades sur terrain miné. De ce séjour au milieu du désert algérien, il ramènera une série de photos, “Les oubliés du Sable”. Et des souvenirs plein la tête, qu’il nous raconte.

Konbini | Comment avez-vous entendu parler du peuple sahraoui ? 

Adlan Mansri | Quand tu es un jeune algérien ou marocain, tu sais qu’il y a un conflit entre les deux pays mais tu ne sais pas forcément pour quelles raisons. Alors tu poses des questions à tes parents, qui en savent un peu plus que toi et qui tentent de t’expliquer. Mais ce conflit étant ultra compliqué, il n’est pas évident à expliquer… Du coup tu finis par faire tes propres recherches sur Internet et dans des bouquins.

K | Comment êtes-vous entré en contact avec le camp de réfugiés dans lequel vous vous êtes rendu ? 

C’était un peu par hasard en fait. Au mois de février 2013, j’ai reçu un coup de fil d’un ami de ma mère qui a une boîte de production de films documentaires. Il m’a expliqué qu’il y avait une caravane solidaire composée de Franco-Algériens qui partait un mois plus tard dans le désert. Il m’a demandé si j’étais partant pour y aller avec mon appareil photo. Et je suis parti.

Les réfugiés Sahraouis vivent dans cinq camps dans le désert algérien, et ils dépendent presque totalement des aides humanitaires car les activités qui permettent de générer des revenus sont devenues rares. Les camps accueilleraient environ 170 000 réfugiés, selon plusieurs sources, soit l’équivalent du nombre d’habitants d’une ville comme Toulon ou Saint-Etienne. Dans les terres contrôlées par le Royaume du Maroc, la population s’élèverait à plus de 520 000 habitants.

K | Combien de temps êtes-vous resté sur place ?

Je suis resté environ une semaine là-bas. Mais je ne suis pas resté pendant toute cette semaine sur le camp, on a pas mal bougé. On est allé assez proche du Mur Marocain aussi connu comme le “Mur de la Honte”. C’est un mur gardé par 100 000 soldats marocains, qui fait 2 720 km et qui sépare le territoire contrôlé par le Maroc des camps de réfugiés.

C’est un truc de fou. Quand tu arrives là-bas, tu vois ce mur et les mecs te disent de pas trop t’aventurer car le terrain est encore miné… D’ailleurs, quand on avançait avec les voitures, les chauffeurs n’étaient vraiment pas sûrs d’eux, ils avançaient un peu au hasard et c’était assez flippant je dois avouer.

K | Comment les personnes qui y vivent vous ont-il accueilli ?

Les personnes qui vivent dans ces camps sont les personnes les plus ouvertes, les plus gentilles et les plus généreuses que j’ai pu rencontrer. Ces personnes n’ont rien pour eux, ils vivent dans des maisons qu’ils ont construites de leurs mains avec de la terre et des pierres, mais ils te donnent cent fois ce qu’ils n’ont pas.

Nous on est là, on débarque avec notre petit confort, notre égocentrisme et notre attitude d’Européen, mais quand tu vois la façon dont ils t’accueillent… ils te donnent tout, ils sont souriants, et je pense que c’est le genre d’attitude qui te permet de rester solide et confiant quoi qu’il arrive.

K | Racontez-nous votre arrivée sur le camp…

Je suis arrivé dans le camp en plein milieu de la nuit, je ne voyais pas grand chose autour de moi car à part la lumière de la lune et quelques lampes de poche, t’y vois pas vraiment grand chose. C’est seulement le lendemain que je me suis rendu compte de l’ampleur du camp. Comme je l’ai dit plus haut, il y a en tout cinq camps dédiés au peuple sahraoui en Algérie, moi j’étais dans le plus petit, et déjà le plus petit est vraiment énorme.

Je me suis mis en haut d’une dune de sable et j’ai regardé autour de moi, il y avait des maisons à perte de vue. Des maisons qu’ils ont faites avec ce qu’ils avaient. Tout était naturel : de la terre cuite, des cailloux, du sable… C’était minimal, ils n’ont pas grand chose. Dans le camp il devait y avoir quatre ou cinq “épiceries”. Pas de douches à proprement parler, ils n’ont pas accès à l’eau potable, ça marche au puits comme dans à peu près tous les camps de réfugiés.
“Vingt ans que les Sahraouis attendent un référendum”

K | Dans le texte que vous avez rédigé sur votre site, vous expliquez que le gouvernement algérien aide le peuple sahraoui dans son désir d’indépendance. Comment s’exprime ce désir d’indépendance chez ce peuple ?

Le Sahara Occidental est une ancienne colonie espagnole. En 1976, les Espagnols quittent le Sahara Occidental et s’ensuit un conflit entre le Maroc et le Front Polisario (les indépendantistes Sahraouis). Le territoire est revendiqué à la fois par le Maroc et par la République Arabe Sahraouie Démocratique, qui a été proclamée par le Front Polisario en 1976. Il faut aussi savoir que le Sahara Occidental est une terre de ressources naturelles assez incroyable, entre le phosphate, les minerais de fer et les 1100 kilomètres de côte sur la façade Atlantique, cela fait d’assez bons arguments…

A partir de 1976, une guerre armée éclate entre le Front Polisario (soutenus par l’Armée algérienne) et le Royaume du Maroc, et c’est à peu près à la même période que des dizaines de milliers de Sahraouis quittent leurs terres natales pour fuir la guerre. En 1980, le Maroc érige ce fameux “Mur de la Honte” et installe plusieurs centaines de milliers de mines, histoire d’en dissuader plus d’un. A partir de 1980 il y a une guerre d’embuscade avec le Front Polisario et l’armée Marocaine qui prend fin en 1991 avec un cessez-le-feu favorisé par la médiation de l’ONU.

Depuis 1991, il y a des négociations entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario. De son côté, l’ONU ne sait plus vraiment trop quoi faire. En gros, ça fait plus de vingt ans que les Sahraouis attendent un référendum qui statuera l’auto-détermination ou non de leur peuple. Mais ils ne souhaitent pas qu’on ait pitié d’eux. Ils veulent juste se faire entendre, qu’on les aide.

K | Quel est le rapport du peuple sahraoui avec le gouvernement algérien ?

Le gouvernement algérien a dès le début soutenu le peuple sahraoui dans son désir d’indépendance. Il faut se rappeler que l’Algérie a été colonisée pendant plus de cent ans par la France, ce qui s’est terminé par une guerre affreuse. Je pense que l’Algérie a ce désir de soutenir ce principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (ou le droit à l’auto-détermination), qui est tout de même un droit international.

Je pense que le soutien du gouvernement algérien est quelques chose de très important. Mais il ne faut pas oublier que ce genre de gouvernements n’a pas à vocation à faire uniquement de l’humanitaire ! Le gouvernement algérien n’est pas le gouvernement le plus réglo du monde (il y a beaucoup de corruption, entre autres), et il a des intérêts évidents à soutenir le peuple sahraoui : ces fameuses ressources naturelles dont je parlais un peu plus haut, et cette façade Atlantique qui pourrait être un allié stratégique au gouvernement algérien.

En attendant, le peuple sahraoui doit presque tout ce qu’ils a au gouvernement algérien (terres, aides humanitaires, éducation, soins de santé publique…). Ils en sont très reconnaissants et je pense que quand la situation s’améliorera pour eux, ils ne l’oublieront pas.



“Ce sont les femmes qui dirigent les camps”

K | Qu’en est-il de la relation du peuple sahraoui avec le gouvernement marocain, qui le prive de la terre de ses ancêtres, comme vous l’écrivez sur votre site ? 

Le Royaume du Maroc a des alliés très puissants (États-Unis, France ou Israël, pour ne citer qu’eux), du coup forcément pour eux, ce déni est naturel. Pour le gouvernement marocain il n’y a tout simplement pas de Sahara Occidental, et ils ne reconnaissent pas le peuple sahraoui en tant que peuple à part entière. Pour eux, il s’agit simplement du peuple marocain.

K | Dans votre reportage, le contraste entre scènes d’enfants à l’école et scènes de soldats armés est assez frappant. Les tirs sont-ils fréquents sur le camp ?

Comme je l’ai expliqué, depuis 1991 il y a un cessez-le-feu, donc plus de tirs ! Cependant la présence militaire est toujours très importante, et les camps de réfugiés se vident des hommes qui doivent effectuer leur service militaire. Du coup ce sont les femmes qui dirigent les camps. Ce sont de véritables “maires”, et ce sont elles qui gèrent l’administration et tout ce qu’il s’ensuit.

K | Vous vous êtes aussi rendu dans un hôpital…

Aller dans un hôpital, c’est le meilleur moyen de voir quelles sont les conditions sanitaires sur place. L’hôpital dans lequel je me suis rendu était assez grand, mais en très mauvais état, évidemment. Il y a quelques médecins, beaucoup de patients pour des maladies parfois bénignes mais qui s’aggravent s’il n’y a pas le suivi médical qui va avec.

Ils ont très peu de fournitures, et tout ce qu’ils ont provient encore une fois de l’aide humanitaire ou du gouvernement algérien.

K | En off, vous avez mentionné le film militant de Javier Bardem, Les Enfants des nuages, la dernière colonie, qui prend vivement position pour le peuple sahraoui… Ce film vous a-t-il inspiré pour votre reportage ? 

Pas du tout non, j’ai découvert que Javier Bardem avait produit un film sur ce sujet seulement un an après mon reportage photo. J’étais à la fois surpris et content que quelqu’un qui ait cette notoriété là se lance dans un projet aussi compliqué et polémique que celui du peuple sahraoui. Surtout que Javier Bardem n’y va pas de main morte dans ses interviews télévisées sur le sujet, il a une position très claire sur ce conflit, qui force le respect [en février 2014, lors d'un passage à Paris, l'acteur espagnol avait violemment fustigé le gouvernement français, allié de longue date du Maroc, qui "fermerait les yeux" sur la cause des Sahraouis - ndlr].

Javier Bardem pourrait se faire détruire sa carrière car il a enérvé les mauvais mecs, mais il s’en fout et il s’est lancé à fond dans ce projet. Le film est sorti en salles en avril 2014 en France. Je n’ai pas eu l’occasion de le voir malheureusement, car je ne vis plus en France maintenant. Mais je pense me procurer le DVD quand il sortira. Je suis très curieux de voir comment il a tourné et comment il s’y est pris. Et puis ça pourra peut-être me donner des idées pour le projet que je suis en train de faire sur le Sahara Occidental…

K | Une anecdote mémorable au cours de votre reportage ?

J’étais hebergé chez une famille de trois enfants, un garçon (9 ans) et deux filles (7 et 20 ans). La plus âgée des filles a demandé à son père que je reste pour me marier avec elle.

http://www.konbini.com/fr/inspiration-2/les-oublies-du-sable-peuple-sahraoui-adlan-mansri/




Documentaire de l'Entv sur la fosse commune d'Amgala au Sahara occidental

Des preuves palpables et des témoignages accablants sur l'identification d'une partie, quoique infime, de disparus sahraouis, victimes des massacres perpétrés, en 1976, par l'armée d'occupation marocaine, dans le sillage de la farfelue "marche verte" à laquelle prétendait alors le roi Hassan II. Tel est le contenu d'une enquête, signée par le journaliste et réalisateur Amar Bendjedda, diffusée en avant-première, hier, par la Télévision nationale (ENTV), en présence de défenseurs de la cause sahraouie et des droits de l'Homme. Les victimes de cette tragédie, au nombre de huit, sont celles dont les ossements enfouis dans une fosse commune à Amgala, dans les territoires sahraouis libérés, ont été découverts, en février 2013, par le berger nommé Abderrahmane Abaid Bay. L'identification des victimes a été possible grâce au concours des médecins espagnols, du centre spécialisé du pays basque où étaient effectués les tests ADN sur les ossements et l'analyse anthropologique des documents trouvés dans la fausse commune d'Amgala. 

Dans ce documentaire de 52 minutes, Amar Bendjedda n'a pas manqué de tendre le micro aux spécialistes basques pour témoigner, avec des images parlantes, de la véracité des résultats auxquels les tests scientifiques ont abouti. Des témoignages auxquels se joignent ceux des descendants des victimes d'Amgala dont les explications et le rappel des faits, notamment de l'unique rescapé du massacre de 1976, confirment clairement l'appartenance familiale des victimes. Les "17 balles" tirées par les militaires marocains sur ces concitoyens sahraouis, tous des civils innocents, raisonne, à ce jour, dans les oreilles d'Ibn Ali Saïd El-Daf, le seul à avoir miraculeusement survécu à l'attaque d'Amgala. "Le seul tort des victimes qui se comptent par milliers, c'est d'être des Sahraouis", regrette, médusé, le rescapé d'Amgala, qui appelle la communauté internationale à œuvrer à déterrer les ossements des autres Sahraouis qui restent encore enfouis dans d'autres fosses communes, sises pour la plupart dans les territoires sahraouis occupés. Un vœu, pour le moins légitime, que partagent les défenseurs des droits de l'Homme à même de délivrer les centaines de familles qui pleurent leurs enfants depuis des dizaines d'années. Pour bien appuyer son enquête accablante pour le royaume chérifien, le journaliste de l'Entv a réuni, dans son moyen-métrage, un maximum de données dont les 52 minutes d'images concrètes filmées par l'ENTV au moment même des faits, en 1976. Le documentaire d'Amar Bendjedda se veut, ainsi, comme une énième pièce à conviction interpellant la communauté internationale sur sa responsabilité dans le conflit sahraoui.

À signaler que la diffusion de ce nouveau documentaire est déjà programmée successivement sur A3 vendredi, puis samedi, sur la chaîne terrestre.

http://www.liberte-algerie.com/?tmpl=component&print=1&option=com_content&id=221326

Quand l’antiterrorisme au Sahel «refonde» la relation Alger-Paris

Le soutien de la France au Maroc dans le dossier du Sahara occidental, la présence aussi dans ce pays voisin d’opérateurs économiques français de première importance ne sont pas toujours bien compris en Algérie.



Pendant des années, la relation politique Alger-Paris a tangué entre le bon et le mauvais. Prisonnière de l’Histoire, mais pas seulement, elle a surtout été ponctuée, voire chahutée par les difficultés typiques que rencontre une ancienne puissance occupante à un Etat qui s’en est débarrassée.

Les exemples dans ce domaine sont nombreux dans le monde et il n’y a qu’à suivre l’évolution de l’actualité sino-japonaise, pourtant si différente, pour se rendre compte qu’il n’est pas facile pour deux pays et deux nations qui ont en commun un contentieux historique et mémoriel de bien réguler leurs relations. 

Dans d’autres domaines, ce sont les choix stratégiques de Paris en matière de priorité d’investissement économique et en géopolitique qui ont souvent et continuent d’être-des points de discorde avec l’Algérie. Le soutien de la France au Maroc dans le dossier du Sahara occidental, la présence aussi dans ce pays voisin d’opérateurs économiques français de première importance ne sont pas toujours bien compris en Algérie.

Et c’est sans doute en raison du poids du passé et des contraintes du présent que l’Algérie et la France tentent depuis une dizaine d’années d’avoir de nouvelles relations «pragmatiques» et «réalistes», dira un observateur français de passage à Alger, il y a quelques mois. Sur ce point, il y a au moins un paradoxe à relever. Dans les années 1999-2003, Alger et Paris, Paris surtout, affichaient les concepts et les slogans les plus ambitieux pour exprimer leur volonté d’apaiser leur relation et de la réguler en fonction de leurs intérêts partagés et réciproques : le plus célèbre est celui de «refondation» sorti des bureaux chargés de l’Afrique du Nord au Quai d’Orsay et inspiré par un certain Michel Foucher. La logique aurait voulu que cette «refondation» débouche sur la signature d’un «traité d’amitié» entre les deux pays. Il n’en fut rien pourtant et le vote d’une certaine loi du 23 février 2005 sur les bienfaits de la colonisation a enterré le traité. Dix ans après, il n’y a plus ni concepts ni grands mots pour caractériser la relation algéro-française ou l’inverse, peu importe. Sur le terrain, en revanche, jamais cette relation n’a paru aussi bien et aussi vite avancer que par le passé. La raison est que plus de cinquante ans sont passés depuis que l’Algérie est indépendante, que les générations de cette époque sont en train de disparaitre et que le « passé qui ne passe pas » finit quand même par passer sous le poids des réalités.

L’une des plus redoutables tient en deux mots : le voisinage algérien et l’existence à ses frontières de pays « frères » en difficulté et dans le besoin d’un secours et d’un soutien français. Le terrorisme, aussi, et l’apparition dans ces pays et la sous-région maghrébo-sahélienne de nouvelles menaces tant pour nos intérêts que pour ceux, importants, de Paris.

L’apparition de groupes armés islamiques (GAT) dans le Sahel oblige aujourd’hui Paris à faire appel à l’Algérie pour sa proximité et sa connaissance de la région et pour ses capacités militaires et de renseignement. Elle oblige Alger à coopérer et échanger avec Paris pour sa puissance militaire – l’opération Serval a été un succès salué par les grands Etats-majors dans le monde, américain compris – et l’influence indiscutable qu’elle a dans le Sahel en particulier et en Afrique en général. Sur ce point, ce qu’a dit le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à propos d’un front antiterroriste commun n’est pas que des mots à servir aux médias. Il s’agit bien d’une nouvelle ère amorcée par un accord de Défense signé en février dernier et d’une vision commune et «convenue» entre les parties algérienne et française. «Nous avons évoqué la situation sécuritaire dans l’ensemble de la sous-région convenant ensemble que nous avons un ennemi commun qui était le terrorisme et qu’il fallait tout mettre en œuvre pour l’éradiquer là où il se trouvait », a déclaré M. Le Drian, à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. La preuve est aussi bien au Nord-Mali comme en Libye.


Contrebande de poulpe au Sahara occupé, aucun respect pour la trêve biologique

Les associations de pêcheurs sahraouis ont plusieurs fois dénoncé le non respect par les pécheurs marocains de l’interdiction de pécher les pélagiques pendant la trêve biologique imposée du 1er mars au 1er juin 2014 dans les eaux sahraouies. Elles ont aussi dénoncé le laxisme des autorités marocaines dans le contrôle de l’interdiction.

Comme pour confirmer cela, les autorités marocaines à Agadir ont déclaré le 12 mai 2014 avoir confisqué 20 tonnes des poulpes péchées et transportées clandestinement depuis Dakhla occupée.

Le site électronique Maroc bleu, informe de la coïncidence entre cette annonce, et le chargement le lendemain au parc municipal, de cette même quantité de poulpes à bord de motocycles habituellement utilisés par des vendeurs.

La trêve biologique est destinée à permettre aux pélagiques de se reproduire, et à empêcher la disparition des stocks et espèces. C’est une condition incluse dans les accords de pêche signés par exemple avec l’UE, mais aussi une exigence environnementale.

A Dakhla, la pêche clandestine des poulpes est débarquée dans les villages de pécheurs, où viennent les charger directement les camions frigorifiques comme celui saisi à Agadir.
 
Des organisations de cette envergure ne peuvent être mises en place sans complicité ou corruption des autorités ou des controleurs.

Selon certaines sources, il semble que les compagnies qui appartiennent aux généraux marocains et les entrepreneurs proches des membres du palais royal ne respectent pas ces trêves au détriment de l’écosystème marin. 
Hassan Lahya (ou La barbe) et Hassan Laatar sont dit être les deux rois des contrebandiers de la pêche aux poulpes. Un autre grand trafiquant marocain du poulpe, appelé Zebdi, serait lui le bras droit du General Abdelaziz Bennani. Zebdi est communément connu pour être le locataire de tous les entrepôts frigorifiques situé dans le port de Dakhla, comme ceux appelés Dakmar, (propriété du sahraoui Hamoud Weld Hmaida), le Mellal Beach (propriété de Meriem ment El Huessin Omussa) et le Andismar (propriété de Mohamed Boubakar).
EM, Sahara Occidental occupé
17 mai 2014

http://apsoinfo.blogspot.fr/2014/05/em-poulpe-et-contrebande-les-sahraouis.html

Contribution parlementaire à la résolution du conflit du Sahara occidental

Rapport1 Commission des questions politiques et de la démocratie 
Rapporteure : Mme Liliane MAURY PASQUIER, Suisse, Groupe socialiste 

Résumé 

En soulignant la nécessité de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général des Nations Unies en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au conflit du Sahara occidental, la Commission appelle toutes les parties à faire preuve de réalisme et d'un esprit de compromis pour aller de l'avant dans les négociations. Elle encourage également tous les pays membres du Conseil de l’Europe à redoubler et conjuguer leurs efforts dans la recherche d’une solution politique définitive afin de permettre l’instauration d’une sécurité et stabilité durables dans la région sahélo- saharienne.  

Malgré les progrès effectifs réalisés par le Maroc au sujet de diverses questions relatives aux questions des droits de l’Homme et de la démocratie, la Commission s’inquiète d’un certain nombre d’allégations d’atteintes aux droits de l’Homme au Sahara occidental, ainsi que de la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, et a établi un nombre de recommandations aux autorités marocaines et aux représentants du Front Polisario et de l’Algérie. 

Plus particulièrement, la Commission invite le Parlement du Maroc à continuer à développer une culture des droits de l'Homme au Sahara occidental et à s’ouvrir au dialogue avec tous les représentants de la société civile sahraouie, ainsi qu’avec les représentants du Front Polisario basées dans les camps de Tindouf, afin de développer la confiance mutuelle et faciliter les négociations. 

1 Renvoi en Commission: Doc. 12603, Renvoi 3783 du 20 juin 2011. 

Doc. … 


A. Avant-projet de résolution2 

1. L’Assemblée parlementaire se félicite des progrès effectifs réalisés par le Maroc au sujet de diverses questions relatives aux questions des droits de l’Homme et de la démocratie, tel que souligné dans la Résolution 1942 (2013) sur l’évaluation du partenariat pour la démocratie concernant le Parlement du Maroc, y compris de la création, en 2011, du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) marocain et d’autres organisations de protection des droits de l’Homme. 

2. En même temps, l’Assemblée rappelle que selon les termes de sa Résolution 1818 (2011) accordant le statut de partenaire pour la démocratie au Parlement du Maroc le 21 juin 2011, elle attend du Maroc qu'il continue à rechercher des moyens pacifiques de régler les litiges internationaux, conformément à la Charte des Nations Unies. Dans ce contexte, l’Assemblée a spécifiquement appelé le Parlement du Maroc « à contribuer davantage au règlement de la question du Sahara occidental, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies ». 

3. Aujourd’hui, trois ans plus tard, l’Assemblée reste préoccupée par la lenteur des progrès dans la recherche d’une solution politique juste et durable au conflit du Sahara occidental, qui reste source d’épreuves et de souffrances depuis presque 40 ans. 

4. L’Assemblée note notamment que le Sahara occidental reste un territoire disputé, considéré comme "territoire non autonome" par les Nations Unies et administré de fait par le Maroc, et qu’une partie de la population sahraouie du territoire et des réfugiés des camps de Tindouf en Algérie, liée au Front Polisario, s’oppose à cette situation. À cet égard, l’Assemblée : 

4.1 appuie la Résolution 2152 (2014) du Conseil de sécurité des Nations Unies et demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général des Nations Unies, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies ; 

4.2. prend note de la proposition marocaine et des efforts sérieux et crédibles qui sous-tendent cette proposition visant à accorder une large autonomie à la population Sahraouie, qui serait dotée de ses propres organes législatifs, exécutifs et judiciaires, ainsi que de ressources financières lui permettant de se développer ; 

4.3. prend note de la proposition du Front Polisario, qui considère que la solution au conflit doit passer par l’exercice, par le peuple Sahraoui, de son droit à l’autodétermination à travers un référendum ; 

4.4. prend note des obstacles à l’organisation d’un référendum et, notamment, à l’identification des électeurs, dont est chargée la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui, à l’heure actuelle, veille au respect du cessez-le-feu, soutient les mesures de confiance visant à répondre aux besoins des familles sahraouies déplacées, ainsi que les programmes de déminage de la région ; 

4.5. souligne que le statu quo engendre, en particulier chez les jeunes, une frustration croissante qui risque de générer de la violence dans toute la région sahélo-saharienne ; 

4.6. encourage les parties à maintenir le dialogue, à rester en contact de manière constructive avec l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, et à faire preuve de réalisme et d'un esprit de compromis pour aller de l'avant dans les négociations ; 

4.7. rappelle que la question des droits de l'Homme reste un élément essentiel de tout règlement global du conflit et souligne que leur respect doit être immédiatement assuré au Sahara occidental ainsi que dans les camps des réfugiés à Tindouf, sans attendre un règlement politique définitif du conflit, qui est l’objectif à atteindre qui permettra le plein exercice des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;


Le spectre de l’anarchie armée au Maghreb et au Sahara

Les dernières évolutions tragiques en Libye préfigurent une tendance de fond particulièrement lourde et sanguinaire dans notre région. Avec l’assentiment du monde dit libre qui feint de s’en offusquer

S’achemine-t-on d’aventure vers l’anarchie armée et généralisée en Libye ? Tout porte à le croire. Les derniers développements font craindre le pire. Et les réactions internationales qui s’ensuivent renforcent les appréhensions sur fond d’un alarmisme justifié.

D’abord, les faits. Avant-hier, les autorités de Tripoli ont qualifié de «tentative de coup d’Etat» l’offensive menée à Benghazi par un général à la retraite contre des milices islamistes. Les heurts particulièrement violents ont fait au moins 79 morts et 141 blessés vendredi. Le rouleau compresseur meurtrier a commencé lorsque Khalifa Haftar, général à la retraite, a lancé vendredi matin une opération avec un groupe baptisé «Brigade du 17-Février», contre des groupes qualifiés de terroristes à Benghazi. La ville est réputée pour abriter plusieurs mouvances terroristes lourdement armées. Le général Haftar s’est autoproclamé chef de l’armée nationale. Il se fait fort du soutien de nombreux officiers de l’armée régulière qui ont fait défection, ainsi que d’officiers et d’unités combattantes munies d’avions et d’hélicoptères de combat.

Pour l’heure, Tripoli considère l’offensive de Khalifa Haftar et consorts comme «un agissement en dehors de la légitimité de l’Etat et un coup d’Etat», aux termes du communiqué lu par le président du Congrès général national (CGN, Parlement), Nouri Abou Sahmein. Ce dernier a renchéri : «Tous ceux qui ont participé à cette tentative de coup d’Etat vont être poursuivis par la justice». De son côté, Khalifa Haftar balaie l’accusation d’un revers de main : «Notre opération n’est pas un coup d’Etat et notre objectif n’est pas de prendre le pouvoir. Cette opération vise un objectif précis qui est d’éradiquer le terrorisme. L’opération va continuer jusqu’à purger Benghazi des terroristes».

Entre-temps, l’armée régulière a décrété samedi une zone d’exclusion aérienne sur Benghazi et sa région, menaçant d’abattre tout avion militaire faisant intrusion dans cette zone. Ce qui n’a pas empêché le raid d’un avion militaire contre un groupe d’ex-rebelles islamistes au nord-ouest de la ville.

Hier, c’était au tour de Tripoli de flamber et trembler. Des coups de feu ont été entendus au sud de Tripoli, non loin des locaux du Congrès général national (CGN, Parlement). Les députés ont été prestement évacués. Des témoins ont indiqué que les civils armés appartenaient aux tristement célèbres brigades de Zenten, qui contrôlent plusieurs sites sur la route de l’aéroport. Peu auparavant, un convoi de voitures blindées était entré dans Tripoli depuis la route de l’aéroport, et s’était dirigé vers les locaux du CGN. Les routes ont été fermées à la circulation, tandis que les civils se bousculaient et se pressaient de rentrer chez eux. Un vent de panique souffle sur Tripoli et d’autres villes et régions libyennes.

Panique en Libye, fortes appréhensions à l’international. Branle-bas diplomatique et militaire dans les capitales mondiales. Des réunions de très haut niveau ont eu lieu au Caire, à Tunis, à Alger et ailleurs. On s’attend au pire. Des vols réguliers sont suspendus. Les Américains ont acheminé des centaines de marines d’Espagne vers les côtes italiennes du sud. Les Français sont en état de veille.

Les états-majors internationaux sont sur le qui-vive. Les observateurs aussi. On fait l’état des lieux et on esquisse des prévisions à court et moyen terme.

Le circonstanciel ne saurait cacher la tendance de fond. Al Qaïda a opéré depuis quelque temps un vaste redéploiement géostratégique. Le Maghreb, le Sahara et l’Afrique subsaharienne lui tiennent désormais de principal lieu d’ancrage. Soit une dizaine de millions de kilomètres carrés. Cela va des confins du Soudan à l’Atlantique en abordant les zones limitrophes de l’Afrique de l’Ouest et les hauteurs de l’Atlas.

Les convulsions dudit printemps arabe ont été mises à profit de ce dessein démentiel. Les interventions du Qatar, de la France, de l’Italie, des Etats-Unis d’Amérique et de l’Otan en Libye ont favorisé les mouvances terroristes de la nébuleuse Al Qaïda au Sahara, au Mali, en Tunisie et aux abords de l’Algérie. De sorte que les dernières évolutions tragiques en Libye préfigurent une tendance de fond particulièrement lourde et sanguinaire dans notre région. Avec l’assentiment du monde dit libre qui feint de s’en offusquer.

Soufiane Ben Farhat


http://soufiane-ben-farhat.space-blogs.net/blog-note/201845/libye-le-spectre-de-l%E2%80%99anarchie-armee-au-maghreb-et-au-sahara.html

L’intimidation et la répression marocaine continuent au Sahara Occidental occupé

El Aaiún, 17 mai 2014

Rien n’a changé sur le terrain, au Sahara Occidental. Les arrestations arbitraires et intimidations violentes par la police marocaine se poursuivent contre les Sahraouis militants.
Malgré la décision 2152 du conseil de sécurité qui souligne l’importance d’améliorer le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental, les autorités marocaines d’occupation poursuivent leur politique d’agression contre les militants pour l’indépendance.

A Smara occupée

Le 7 mai 2014 à l’aube, l’activiste sahraoui Ghali Zougham, 30 ans, a été brutalement tabassé par la police et les forces auxiliaires après avoir monté le drapeau de la RASD sur le toit d’un immeuble du quartier les bâtiments.
Selon l’activiste sahraoui Salek El Batel membre du comité sahraoui de la défense des droits de l’homme à Smara, les policiers ont encerclé Zogham et ils lui donné des coups de pieds, de matraques et de pierres sur la tête et le dos alors qu’il était au sol.
Zogham a été transporté au 5ème hôpital militaire à Guelmim après des examens radiographiques effectués à Smara. Le bulletin d’admission stipule « polytraumatisé ».
Selon la famille, Zogham est blessé à la tête, et souffre d’une fracture au niveau du bassin et du fémur gauche.

A El Aaiún occupée

Le 11 mai 2014, les forces d’occupation ont arrêté le militant sahraoui Mohamed Baber dans la maison d’un ami habitant le quartier Douirat. Selon des témoins des policiers ont tabassé le militant sahraoui au plein public avant de l’amener en voiture de police vers la préfecture où il a été torturé. Le 13 mai 2014, le juge d’instruction a ordonné de le mettre dans la prison de El Aaiún, la prison Noire, pour les chefs d’accusation de “Formation d’une bande criminelle en vue de commettre un crime contre des personnes et de l’argent, entraver la circulation”… soit la même accusation faite à Abdaselam Loumadi et Abdel Mouttalib Sarir, deux activistes arrêtés en janvier et février, après leur participation à la manifestation du 15 janvier.

Le 13 mai 2014, à 20h dans le quartier El Fateh, une patrouille de police marocaine a arrêté le militant sahraoui Lehmad Mohamed parce qu’il portait un T-shirt de l’équipe algérienne de football. Les policiers ont voulu forcer Lehmad Mohamed à dire qu’il est un marocain. Après son refus l’ont conduit en fourgonnette vers Akdeim Izik, la banlieue de El Aaiún, où il a été torturé.

Le même jour une autre patrouille a enlevé le militant sahraoui Salek Zraiginat devant la maison de sa famille. Il a été conduit à la préfecture de police où il a été torturé et interrogé pendant 5 heures sur ses activités indépendantistes, notamment parce qu’il est membre du centre sahraoui de l’information.

Le 15 mai, suite à la manifestation organisée par la coordination des associations sahraouies, à 19h les forces d’occupation dirigées par le commissaire Mohamed Ait Omar et par Mohamed Laalji ont attaqué violemment les manifestants et procédé à des arrestations.
Mohamed Azat 17 ans a été enlevé par la police après l’attaque, conduit par les policiers à l’oued Saguia où il a été torturé avant d’être abandonné là.

http://www.wshrw.org/fr/la-intimidacion-y-la-represion-marroqui-siguen-en-el-sahara-occidental-ocupado/

Sahara Occidental : Des témoignages accablants pour le royaume chérifien

Un documentaire sur les disparus sahraouis signé Amar Bendjedda


En avril de l’année dernière, deux fosses communes ont été découvertes dans les territoires libérés de la République arabe démocratique sahraouie. Un laboratoire basque a entrepris l’analyse médico-légale des restes des corps.

La conclusion de ces analyses scientifiques ainsi que les déclarations des témoins du drame font ressortir la responsabilité entière des forces d’occupation du territoire sahraoui.

C’est sur les aspects réels de cette tragédie qu’Ammar Bendjedda a réalisé un documentaire à Amgala pour le compte de l’Entreprise nationale de télévision, projeté hier en première diffusion. 

Dans cette enquête, le réalisateur reprend les grandes étapes historiques vécues par le Sahara occidental. Cette partie ouest du Sahara a été attribuée à l’Espagne au congrès de Berlin en 1884, visant à partager les richesses du continent africain entre les puissances européennes. En 1975, l’Espagne se retire de sa colonie. Sans demander l’avis de personne, le Maroc l’annexe en occupant le pays par la marche verte, et c’est la continuité de la résistance sahraouie contre le royaume chérifien après celle menée contre l’Espagne. C’est à cette période que se manifeste déjà la violence de l’armée coloniale. «Otez la vie à quiconque s’oppose à notre marche verte» avait donné pour consigne à ses troupes le roi Hassan II. 

Les exécutions sommaires et les fosses communes ont commencé dès cette époque. Ammar Bendjedda a enquêté sur ces deux cimetières d’Amgala. Les proches et les témoins encore vivants ont formellement reconnu ces personnes disparues, soit par leurs pièces d‘identité enfouies avec elles, soient par les restes des vêtements qu’elles portaient au moment de leur exécution par balles. Les analyses scientifiques du laboratoire basque ont confirmé l’identité de ces personnes par les comparaisons avec le patrimoine génétique. Ammar Bendjedda a fait longuement parler dans son documentaire les scientifiques basques, expliquant leurs analyses. 

Des images bouleversantes montrent les familles des proches enterrant enfin, d’après le rite musulman, ce qui reste encore d’un père, d’un fils ou d’un voisin. «Pour notre enquête, nous avons eu accès seulement aux territoires libérés. Les fosses communes doivent être encore plus nombreuses de l’autre côté du mur», fait part Ammar Bendedda. C’est le quatrième documentaire qu’il réalise sur les droits de l’homme en République arabe sahraouie démocratique. «Pour mes images et mon texte, je fais seul mes reportages accompagné de mon cameraman», explique-t-il en se défendant de prendre pour une partie, motivé par la seule ambition de justice. Son film sera diffusé ce vendredi à 21 heures sur A3, puis le lendemain sur la chaîne nationale. La version en langue française est programmée sur Canal Algérie.

http://www.jeune-independant.net/index.php/nationale/1376-des-temoignages-accablants-pour-le-royaume-cherifien

L’implantation contestée de Total au Sahara Occidental

Bordé par le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole. En 1975, ce territoire fait l’objet d’un conflit militaire entre le Maroc et le Front Polisario indépendantiste. Le Maroc en revendique la souveraineté tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie au nom des droits des peuples à l’autodétermination et l’inviolabilité des frontières coloniales, souhaite l’indépendance totale.
Les Nations Unies ont imposé un cessez-le-feu en 1991 et ont établi la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) afin de « surveiller le cessez-le-feu et d´organiser un référendum qui permettrait aux habitants du Sahara occidental, habilités à voter, de décider du statut futur de ce territoire ». Le peuple du Sahara occidental choisirait entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. A ce jour le référendum n’a pas eu lieu.
Le Maroc contrôle et administre environ 80 % du territoire, tandis que la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) proclamée par le Front Polisario en 1976 en contrôle 20 %.
Depuis 1963, l’ONU a classé le Sahara occidental comme territoire non-autonome. L’ONU ne reconnaît ni la RASD ni la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Tous ces éléments laissent présager de nombreux conflits d’intérêts notamment d’ordre économiques.

Les ressources naturelles du Sahara occidental, objet de convoitises et de débats
En plus de ses ressources halieutiques, le Sahara occidental dispose d’un sous-sol riche en minerais, phosphates et hydrocarbures qui suscite l’intérêt des entreprises étrangères comme en témoigne le rapport annuel 2012 de l’ONHYM.
En 2001, le Maroc octroie aux sociétés Kerr McGee et Total des licences de prospection pétrolière au large des côtes du Sahara occidental. Se posent alors les questions de la légalité des décisions marocaines concernant ces contrats et des conditions contestables du point de vue de la consultation des populations locales. Les Nations Unies publient, en réponse, un avis qualifié d’ambigüe, dit « Opinion Corell ». Ce dernier reconnaît l’autorité administrative de fait du Maroc et conclut que les contrats ne sont pas illégaux mais que « si des activités de prospection et d’exploitation devaient être entreprises au mépris des intérêts et de la volonté du peuple du Sahara occidental, elles contreviendraient aux principes de droit international applicables aux activités touchant aux ressources minérales des territoires non autonomes. » Total met alors en avant les retombées économiques positives pour la population sahraouie.
Malgré les efforts de communication des compagnies pétrolières, les questions d’éthiques subsistent ce qui entraîne des conséquences économiques.
Ainsi, en 2005, le fonds souverain norvégien vend sa participation dans la compagnie pétrolière Kerr McGeeconsidérant que les travaux d’exploration offshore de cette dernière au Sahara occidental appuyaient les revendications marocaine sur la souveraineté du territoire. En 2011, toujours pour des questions d’éthiques, il cède ses parts dans Potash Corporation of Sasktchewan et dans FMC Corporation. Le fonds souverain norvégien est le quatrième actionnaire de Total…
La compagnie française a, à cette période, mis fin à ses activités de prospection au Sahara Occidental.

L’éthique de Total de plus en plus mise à mal
En 2011, l’ONHYM établit de nouveau blocs pétroliers au Sahara occidental. Total obtient une autorisation de reconnaissance au large des côtes sahraouies, sur le bloc Anzarane Offshore. La société française fait alors l’objet de différentes attaques. Le gouvernement sahraoui dénonce ses activités et lui demande d’obtenir l’approbation des sahraouis. En France, différentes associations soutenant le peuple sahraoui dénoncentl’implantation illégale de la compagnie. L’ONG Western Sahara Resource Watch (WSRW), proche du Polisario, lui demande de reconsidérer son contrat. En septembre 2013, l’ONG WSRW enfonce le clou en publiant un rapport extrêmement critique à l’encontre des activités de Total au Sahara occidental. En outre, en juin 2013, considérant que les activités de Total au Sahara Occidental sont contraires à l’éthique, le fond de pension norvégien KLP décide de supprimer le groupe pétrolier français de son portefeuille de placement.
En réponse à cela, lorsque son autorisation est prorogée en décembre 2013, Total signe avec l’ONHYM unedéclaration conjointe publique et un protocole d’accord sur sa responsabilité sociale d’entreprise. Total conforte ses actions en déclarant à Reuters « nos activités offshore au Sahara occidental, comme dans d’autres régions où nous opérons, sont en ligne avec le droit et les standards internationaux applicables figurant dans notre Code de conduite, en particulier ceux liés aux droits humains ». Malgré cela, le fonds souverain norvégien, qui a réaffirmé dans un rapport sa volonté de réaliser des investissements responsables, a quant à lui déclaré dernièrement qu’il allait se pencher sur les activités de Total au Sahara occidental afin de vérifier leur conformité avec son code éthique.
La société civile s’empare également du sujet. Des manifestations ont eu lieu en février dernier contre les plans pétroliers de Kosmos Energy au Sahara Occidental occupé.
Par ailleurs, dans un rapport datant du 10 avril 2014, le Secrétaire général des Nations unies indique « vu l’intérêt croissant qu’éveillent les ressources naturelles du Sahara occidental, il est opportun d’inviter tous les acteurs pertinents à reconnaître le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires ». A noter que le Conseil de sécurité de l’ONU doit examiner le 23 avril prochain la reconduction de la mission de maintien de la paix au Sahara (MINURSO).



Sources complémentaires :
http://ceriscope.sciences-po.fr/content/part3/frontieres-et-nationalisme-autour-du-sahara-occidental?page=show
http://www.medea.be/fr/pays/sahara-occidental/sahara-occidental/
http://www.arso.org/ressnat4.html
http://www.sahara-online.net/Default.aspx?tabid=118
http://www.agenceecofin.com/hydrocarbures/1706-11763-le-fonds-norvegien-klp-exclu-total-de-son-portefeuille-a-cause-de-son-activite-au-sahara-occidental
http://www.agenceecofin.com/investissement/0112-7845-maroc-total-aurait-negocie-un-immense-bloc-petrolier-au-sahara-occidental
http://www.wsrw.org/a111×2604
http://multinationales.org/Que-fait-Total-au-Sahara
http://newz.ma/article/1875/hydrocarbures___total_et_le_fonds_norvegien_en_desaccord
http://www.maghrebemergent.com/actualite/maghrebine/item/35661-le-fonds-souverain-norvegien-veut-s-assurer-du-caractere-ethique-des-activites-de-total-au-sahara-occidental.html
http://www.cese.ma/Documents/PDF/Web-Rapport-NMDPSR-FR.pdf
http://www.spsrasd.info/fr/content/hans-corell-pr%C3%A9occup%C3%A9-par-labus-de-lavis-juridique
http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/un-peacekeeping-force-western-sahara-must-monitor-human-rights-2014-04-11
http://www.dknews-dz.com/article/3204-negociations-pour-la-decolonisation-du-sahara-occidental-m-christopher-ross-attendu-dans-la-region-fin-fevrier.html

Sahara occidental : il faut un esprit de compromis pour parvenir à une solution

En soulignant la nécessité de poursuivre les négociations sous les auspices des Nations Unies, en vue de parvenir à une solution politique au conflit du Sahara occidental, la Commission des questions politiques a appelé toutes les parties à faire preuve de réalisme et d'un esprit de compromis pour aller de l'avant dans les négociations.

Suivant les propositions de la rapporteure (Liliane Maury Pasquier, Suisse, SOC), elle a encouragé tous les pays membres du Conseil de l’Europe à redoubler et conjuguer leurs efforts dans la recherche d’une solution politique définitive afin de permettre l’instauration d’une sécurité et stabilité durables dans la région sahélo-saharienne.

Malgré les progrès effectifs réalisés par le Maroc au sujet de diverses questions relatives aux questions des droits de l’Homme et de la démocratie, le texte adopté par la Commission s’inquiète d’un certain nombre d’allégations d’atteintes aux droits de l’Homme au Sahara occidental, ainsi que de la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, et a établi un nombre de recommandations aux autorités marocaines et aux représentants du Front Polisario et de l’Algérie.

L’Assemblée débattra du projet de résolution lors de sa prochaine Session plénière d’été à Strasbourg (23-27 juin 2014).


Confrérie Tidjania : les Marocains veulent détrôner l’Algérie

La lutte de leadership revient à la surface au sein de la confrérie Tidjania, entre le califat général dont le siège est à Laghouat, et ses représentants au Maroc qui s’apprêtent à organiser, du 14 au 16 mai, un rassemblement international des disciples de la Tariqa tidjania au siège de la zaouïa, à Fès. 

D’où la réaction au ton ferme du calife général de la confrérie Tidjania, Cheikh Ali Tidjani, qui a affirmé, aujourd’hui mercredi, à Aïn Madhi (siège historique de la confrérie, dans la wilaya de Laghouat) que les activités organisées sans la consultation du califat général «n'engagent en aucun cas la confrérie». «Toute activité organisée sans la consultation du califat général de la Tidjania et hors de sa bannière n'engage en rien la confrérie», a insisté le calife général de la Tidjania qui se prépare à accueillir, dans les prochains jours, une délégation composée de plus de 250 personnes du Sénégal, de Gambie, de Mauritanie et d'autres pays pour réitérer l'attachement et l'allégeance au règne du Cheikh et de ses petits-enfants, à Aïn Madhi. Cheikh Ali Tidjani a indiqué que «ces activités ne représentent pas la confrérie ni ses adeptes à travers le monde». 

Concernant la position du califat général de la confrérie vis-à-vis d'une activité de la Tidjania devant se tenir dans un pays voisin (le Maroc), Cheikh Ali Tidjani a dit avoir «décliné l’invitation à prendre part à une telle rencontre, adressée à titre personnel et non en tant que calife général de la confrérie». Ce colloque prévu à Fès est organisé sous le haut parrainage du roi Mohammed VI. Ce qui prouve l’existence, sinon d’une mauvaise foi, du moins d’une volonté politique de la part des Marocains, à la fois de s’approprier un héritage spirituel dont se revendiquent plusieurs pays d’Afrique du Nord et subsaharienne, et de déposséder l’Algérie de son rôle de précurseur et de sa place comme base historique de cette confrérie soufie. 

La confrérie Tidjania a été fondée par Ahmed Tidjani (1737-1815) à Aïn Madhi qui constitue un lieu de pèlerinage pour les milliers de fidèles qui viennent du monde entier.
R. Mahmoudi

Algériepatriotique, 14/05/2014

LA BANQUE DES ILLUSIONS

La routine de la langue de bois diplomatique a été respectée : un énième Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union du Maghreb arabe tenu à Rabat a donné, une nouvelle fois, un accord de «principe» pour la tenue d'un sommet des chefs d'Etat avant la fin de l'année en Tunisie. Rien n'a manqué à ce Conseil des ministres, pas même la traditionnelle mésentente entre le Maroc et l'Algérie qui n'était pas représentée par Ramtane Lamamra mais par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Abdelhamid Senouci Bereksi. 

Moncef Marzouki, dans la foulée des changements en Tunisie, avait essayé de faire bouger les lignes en obtenant des «accords de principe» pour la tenue d'un sommet maghrébin en octobre 2012 à Tabarka, en Tunisie. Il est aujourd'hui vaguement question, dans la nouvelle annonce et dans une sortie de clin d'œil involontaire au rendez-vous raté, de la possibilité de tenir le sommet en octobre 2014. Les bureaucrates de l'UMA - il y en a même si l'Union est une coquille vide - n'ayant pas beaucoup de choses à faire n'ont pas oublié, une fois de plus, de reparler du projet de création de la Banque du Maghreb pour l'investissement et le commerce extérieur (BMICE). Et le Conseil des ministres tenu à Rabat, indique-t-on, a adopté le «projet définitif» d'une banque en chantier depuis 1991 ! 

Dans les propos les plus récents sur la banque, les ministres des Finances des pays de l'UMA l'annonçaient fièrement et «définitivement» pour la fin 2013 ! Ceux qui désespèrent d'un Maghreb resté la seule entité régionale viable au monde qui n'a pas démarré voient dans ce modeste projet de banque maghrébine l'illustration même de l'absence d'une volonté politique minimale. Régulièrement, on annonce son lancement à l'occasion d'un sommet maghrébin qui n'a pas lieu. Ce devait être le cas en octobre 2012 à Tabarka… Et, pour rester dans la tradition, ce vendredi on a annoncé son lancement pour le prochain sommet d'octobre dont personne ne peut certifier qu'il aura bien lieu ! La très modeste Banque du Maghreb - son capital prévu est de 500 millions de dollars - qui relève normalement d'une décision subalterne est devenue, au fil des années, le grand symbole de ce Maghreb qui recule. 

LIER CE VIEUX PROJET DE BANQUE A LA TENUE D'UN SOMMET DE L'UNION DU MAGHREB - IL NE SE TIENT PLUS DEPUIS 1994 - EST LE MOYEN LE PLUS SUR DE L'EMPECHER DE NAITRE. PERSONNE N'EST SUR QUE LE SOMMET MAGHREBIN AIT LIEU. LA PROBABILITE QU'IL N'AIT PAS LIEU EST MEME BEAUCOUP PLUS FORTE, LES RELATIONS ALGERO-MAROCAINES POUVANT PASSER, A TOUT MOMENT ET PARFOIS DE MANIERE BIEN MYSTERIEUSE, A DES NIVEAUX PLUS EXECRABLES QU'ELLES NE LE SONT D'ORDINAIRE. IL SUFFIRA PAR EXEMPLE, COMME CELA S'EST FAIT POUR 2012, QUE LE MAROC EXIGE AU «PREALABLE» LA REOUVERTURE DES FRONTIERES POUR REFUSER LA TENUE D'UN SOMMET. ET SI LE SOMMET NE SE TIENDRA PAS EN 2014, CELA N'EMPECHERA PAS LES BUREAUCRATES DE PREPARER LES «DOSSIERS» POUR LES MINISTRES QUI ANNONCERONT LE LANCEMENT DE LA BANQUE POUR… LE PROCHAIN SOMMET. IL EN SERA AINSI TANT QUE LA QUESTION MAGHREBINE NE DEVIENDRA PAS, EN ALGERIE COMME AU MAROC OU EN TUNISIE, UN ELEMENT DU DEBAT POLITIQUE INTERIEUR. CE N'EST PAS LE CAS POUR LE MOMENT. ON RESTE STRICTEMENT DANS LA ROUTINE BUREAUCRATIQUE QUI CONSISTE A FAIRE SEMBLANT DE DEPOUSSIERER DES PROJETS POLITIQUEMENT SANS VIE. COMME CELUI DE LA BANQUE MAGHREBINE DES ILLUSIONS. 






par M. Saadoune

Droits de l’Homme : Indignation en France suite aux interventions "musclées" dans des universités marocaines

L’Association de défense des droits de l’homme au Maroc (Asdhom) s’est indignée de récentes interventions "musclées" des forces de sécurité dans des universités marocaines, ayant fait de nombreux blessés parmi des étudiants-militants des droits de l’homme. 

 L’Ong, basée à Paris, évoque des affrontements ayant eu pour théâtre, le 25 avril dernier, un campus universitaire à Fès où des affrontements entre groupes d’étudiants ont fait un mort, suscitant l’intervention des forces de l’ordre qui, à son tour, s’est soldée par des blessés et des interpellations parmi les étudiants. Tout en signalant que les arrestations opérées "rapidement" après les affrontements et avant la mort du défunt n’ont touché qu’un groupe des antagonistes, l’Asdhom dit ne pas s’expliquer ces arrestations qui, a-t-elle affirmé, ont été suivies d’une accusation jugée grave requalifiée de "meurtre avec préméditation". 

Selon elle, ces interpellations auraient touché des anciens prisonniers politiques de l’UNEM-Fès qui n’étaient pas présents le jour des affrontements. "Les opérations de police se sont poursuivies au-delà de Fès, dans d’autres universités du pays, comme à l’université de Marrakech, où un groupe de criminels non identifié s’est attaqué aux militant(e)s de l’UNEM", a ajouté l’Association, qui regrette l’assimilation d’étudiants à des criminels. "Nous restons vigilants et mettons en garde les autorités marocaines contre cette escalade de violence et contre toute tentative de son exploitation pour venir à bout de tout mouvement de protestation populaire et pacifique", a-t-elle averti, dans un communiqué parvenu hier à l’APS. 

Pour l’Asdhom, assimiler les militants de l’UNEM, du mouvement 20-Février, du mouvement des diplômés chômeurs et les défenseurs des droits de l’homme à de "vulgaires criminels n’est pas acceptable". "Nous refusons qu’ils soient victimes de procès non équitables, montés de toutes pièces, où ils sont généralement accusés à tort de ‘‘violences à l’encontre d’agents de l’Etat, rassemblements armés et non autorisés, destruction de biens publics, désobéissance, etc.’’", a affirmé l’Association qui dit continuer à défendre ces "victimes d’atteinte aux droits" qu’elle considère comme des prisonniers d’opinion. Ces derniers sont proposés au parrainage dans le cadre de la campagne de solidarité internationale que l’Asdhom à lancée en novembre 2012, depuis Paris sous la houlette de l’écrivain-journaliste français Gilles Perrault.

Sahara occidental : le Conseil de l'Europe interpelle et accable le Maroc

La Commission «des questions politiques et de la démocratie» de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a examiné en vue de son adoption un projet de résolution portant «contribution parlementaire à la résolution du conflit du Sahara occidental». 

Dans cette résolution, l’Assemblée parlementaire réitère, encore une fois, qu’elle attend du Maroc qu’il continue à chercher des moyens pacifiques pour régler le conflit du Sahara occidental, conformément à la charte des Nations Unies. Elle appelle «spécifiquement» le Parlement marocain à «contribuer davantage au règlement de la question du Sahara occidental, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies». 

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe n’a pas manqué de rappeler que «le Sahara occidental reste un territoire disputé, considéré comme “territoire non autonome” par les Nations unies et administré de fait par le Maroc». Elle s’en est prise au Maroc pour sa lenteur dans «la recherche d’une solution politique juste et durable au conflit du Sahara occidental qui reste source d’épreuves et de souffrances depuis presque 40 ans». 

Dans le paragraphe 4 de ce projet de résolution, l’Assemblée prend note de la proposition du Front Polisario, «qui considère que la solution au conflit doit passer par l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination à travers un référendum». Dans ce même paragraphe, elle exprime son inquiétude au sujet d’un «certain nombre d’allégations d’atteintes aux droits de l’Homme au Sahara occidental, en particulier en matière de libertés d’expression, de réunion et d’association ainsi que des allégations de torture, de traitements inhumains et dégradants ou de violation du droit à un procès équitable». 

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe consacre un paragraphe comportant 11 points sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental. Elle appelle les autorités marocaines à, notamment, intensifier les efforts et la coopération avec la Minurso et le Comité international de la Croix Rouge (CICR) afin de retrouver les personnes qui restent portées disparues dans le cadre du conflit et à procéder à l'exhumation et à la restitution des dépouilles aux familles ; garantir la liberté d’expression et réviser certains articles du Code de la presse, la loi sur les associations ainsi que les autres lois qui rendent illégaux les discours et les activités politiques et associatives considérés comme portant atteinte à «l’intégrité territoriale» du Maroc, et garantir la liberté de mouvement des journalistes et des visiteurs étrangers qui se rendent au Sahara occidental ; respecter le droit des personnes à se réunir pacifiquement, y compris celui des défenseurs de l’autodétermination du peuple sahraoui, et s’assurer que les restrictions soient temporaires et limitées au strict nécessaire ; assurer le respect de la loi marocaine sur les associations, en mettant fin à la pratique qui consiste à refuser les documents de constitution déposés par les associations de la société civile sahraouie non enregistrées pour des raisons formelles ; veiller à ce que l’action de la police reste proportionnelle et renforcer les programmes de formation aux droits de l’Homme à destination des membres des forces de l’ordre ainsi que des juges et des procureurs, en partenariat avec le Conseil de l’Europe ; organiser des enquêtes indépendantes pour déterminer la responsabilité de la police marocaine suite aux plaintes de civils concernant des violations des droits de l’Homme au Sahara occidental, examiner toutes les allégations de torture et s’assurer qu’aucune déclaration obtenue par la force n’ait été admise comme preuve ; accorder aux accusés du procès des événements de Gdeim Izik de décembre 2010 le droit d’être jugés de nouveau par un tribunal civil, en accord avec le projet de loi stipulant que les civils ne devront plus répondre de leurs actes, quels que soient les crimes commis, devant un tribunal militaire ; renforcer le rôle des institutions marocaines de protection des droits de l’Homme, en particulier le CNDH, par rapport à la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental. 

Enfin, il est à relever que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s'appuie sur le statut de partenaire pour la démocratie qui a été accordé au Parlement du Maroc pour exiger de ce dernier de respecter pleinement et d'honorer les engagements pris dans ce sens. Ce projet de résolution sera soumis au vote à la session plénière de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, prévue à Strasbourg du 23 au 27 juin 2014. L’adoption d’une telle résolution marquera une autre victoire pour la cause juste du peuple du Sahara occidental dans une autre enceinte internationale.
Sarah L.

http://algeriepatriotique.com/article/sahara-occidental-le-conseil-de-leurope-interpelle-et-accable-le-maroc

Sahara occidental : Pression du Congrès américain

Les congressmen ont considéré que l’échec pour la tenue de ce référendum par la Minurso portait atteinte à la primauté du droit.

Le récent vote du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental suscite toujours autant d’intérêt avec, il est vrai, des appréciations diamétralement divergentes. Les uns se contentent de relever que l’instance onusienne n’a pas suivi les recommandations du secrétaire général de l’ONU quant à un élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) à l’observation des droits de l’homme.

Mais pour d’autres, l’essentiel a été préservé, puisque la question du Sahara est toujours traitée sous l’angle de la décolonisation et, en ce sens, se trouve réaffirmé le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. A cet égard, plusieurs membres du Congrès américain ont appelé le secrétaire d’Etat, John Kerry, à prendre «des mesures fortes et immédiates», afin que cet objectif soit atteint. Dans une lettre adressée jeudi au chef de la diplomatie américaine, des membres républicains et démocrates de la Chambre des représentants ont exhorté M. Kerry à demander à la représentation américaine auprès des Nations unies «à déployer tous les efforts pour permettre à la Minurso de réaliser son mandat d’organiser un référendum sur le statut du Sahara occidental», lui rappelant que lorsque le Front Polisario et le Maroc avaient signé un cessez-le-feu en 1990, l’ONU avait créé la Minurso pour la tenue d’un référendum l’année suivante.

Les congressmen ont considéré que l’échec pour la tenue de ce référendum par la Minurso portait atteinte à la primauté du droit ainsi qu’aux dizaines de résolutions de l’ONU qui reconnaissent, pourtant, le droit des Sahraouis à l’autodétermination. Par ailleurs, les membres du Congrès ont également soulevé, à M. Kerry, la question des droits de l’homme en notant que le «peuple sahraoui est soumis à des violations généralisées de ses droits de l’homme par le Maroc », tel que constaté notamment par les rapports du département d’Etat américain, Human Rights Watch, Amnesty International, RF Kennedy Center, et Freedom House. Là n’est pas la première intervention des parlementaires américains.

En 1998, rappelle-t-on, le Congrès américain avait adopté une résolution soutenant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Un grave revers pour le Maroc qui croyait pouvoir contrarier les efforts de l’ONU en vue de «remettre sur les rails» le processus de paix. L’instance américaine a aussi, rappelle-t-on, apporté son soutien à James Baker, ancien secrétaire d’Etat, en charge alors de cette mission en tant qu’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU. M. Baker a dû démissionner de son poste pour protester contre le blocage du processus de paix.
Mohammed Larbi

http://www.elwatan.com/international/sahara-occidental-pression-du-congres-americain-03-05-2014-255700_112.php

Sahara Occidental : Emboirik poursuivi par la justice brésilienne

La famille de l'ex-petite amie du diplomate sahraoui Emboirik Ahmed a porté plainte contre lui devant la justice brésilienne pour abu...