La France et les USA démasquent leur allié

Frustré d’être toujours la «maîtresse qu’on n’aime pas» comme l’a avoué un diplomate français, le Maroc entend s’affirmer devant la puissance colonisatrice en prenant certaines décisions censées le mettre sur le même pied d’égalité que Paris, à l’image de la suspension des accords judiciaires, en réaction à l’ouverture d’une enquête pour torture à l’encontre du chef des services secrets marocain. 
Le «coup de force» du Makhzen accompagné de la traditionnelle manifestation devant l’ambassade du pays détesté par le roi, en l’occurrence la France, avait pour fonction de montrer une pseudo autonomie de Rabat vis-à-vis d’une nation qui n’a en réalité jamais cessé d’être une tutrice du royaume. 

Il reste néanmoins que cette réaction épidermique ne sera pas sans conséquence, faut-il le souligner. Déjà, il y a lieu d’enregistrer la réaction de l’ONG française Action chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT). «Cette décision va favoriser l’impunité des tortionnaires en bloquant les demandes de transfèrement en France de ressortissants français détenus sur le territoire marocain ainsi que les demandes d’assistance judiciaire».

L’affaire prend, en effet, des proportions qui égratignent l’image «lisse» du Maroc auprès l’opinion internationale. Il faut savoir que Mme e Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, accuse purement et simplement le royaume alaouite d’interrompre le transfèrement de détenus français condamnés au Maroc, pour «les empêcher de porter plainte pour torture à leur arrivée en France». L’on comprend le véritable but de la suspension de la coopération judiciaire. Et les critiques ne s’arrêtent pas là puisque la même responsable affirme que «le Maroc prend en otage les prisonniers français pour assurer la pérennité du système tortionnaire marocain». Ces accusations d’une gravité sans précédent de la part d’une OING française, feront immanquablement réagir les gouvernements des deux pays, français et marocain. 

Rabat payera-t-il la facture salée de son empressement à sauver la tête d’un de ses fonctionnaires où n’a-t-il pas le choix en raison des méthodes expéditives de ses services de renseignement ? 
A l’origine de cette affaire, il y a eu l’ouverture d’une enquête de la justice française, établie le 20 février dernier, des policiers se sont rendus à la résidence de l’ambassadeur du Maroc en France pour remettre une convocation au patron de la DGST pour l’entendre. Il est accusé de «complicité de torture» par trois victimes défendues par l’ACAT (deux marocains et le militant sahraoui des droits de l’homme Naama Asfari). 

Face à la réaction du Maroc, le quai d’Orsay annonçait avoir «immédiatement demandé que toute la lumière soit faite, le plus rapidement possible, sur cet incident regrettable». Me Joseph Breham, a alors affirmé qu’en fait, «l’incident en question n’est autre qu’un acte judiciaire pris par un juge d’instruction français indépendant dont on ne peut que saluer la diligence et le sérieux». 

On en est donc à une gestion politico-judiciaire du dossier, mais vu l’«entêtement» de l’ACAT, le gouvernement français pourrait fort bien lâcher son allié dans la région du Maghreb. Un lâchage d’autant plus envisageable que les accusations de tortures sont également formulées par les Etats-Unis d’Amérique à l’endroit du Maroc. 

Ainsi, Washington a clairement et ouvertement dénoncé la violation par le Maroc des droits de l’homme des Sahraouis au Sahara occidental occupé, en qualifiant la situation de “”grave problème’’, en s’indignant de la violence physique et d’autres moyens coercitifs pour “”étouffer’’ les revendications indépendantistes et le droit à l’autodétermination. «Le plus important problème des droits de l’homme spécifique aux territoires sahraouis réside dans les restrictions pratiquées par le gouvernement marocain contre les défenseurs sahraouis des libertés civiles et des droits politiques» souligne le département d’Etat dans son rapport mondial sur la situation des droits de l’homme publié jeudi. 

Un rapport qui tombe manifestement au mauvais moment et met le royaume marocain dans une situation plus que délicate devant ses plus grands alliés. On en peut pas conclure d’ores et déjà à un lâche politique, mais la mise en évidence du véritable visage du régime de Mohamed VI et de son gouvernement islamiste constitue, en soi une avancée dans le dossier sahraoui.

Ouest Tribune, 01/03/2014

Javier Bardem : L’homme qui a dynamité l’axe Paris-Rabat

On connaît l'acteur espagnol qui a brillé dans No Country for old men (oscar du meilleur second masculine rôle 2008) ou dans l'Amour au temps du choléra, et plus récemment dans le dernier James Bond Skyfall, ou Mange, aime, prie aux cotés de Julia Roberts. On en parle malheureusement moins, surtout ici en Algérie, en tant que virulent militant pour l'indépendance du Sahara occidental. A l'occasion d'une énième activité militante à Paris, où il a critiqué la politique française, c'est Javier Bardem qui a provoqué la crise diplomatique inédite entre la France et le Maroc.

Celle-ci a pris des proportions extraordinaires avec les sit-in de dénonciation «spontanés» qu'organisent les autorités marocaines devant l'ambassade de France à Rabat. Et mercredi soir, le Maroc a démontré qu'il optait pour l'escalade en décidant de suspender les conventions de coopération judiciaire avec la France. «Pour en évaluer l'impact et les actualiser dans le but de remédier aux dysfonctionnements qui les entachent», explique le communiqué du ministère de la Justice marocain. Concrètement, cela signifie que le magistrat marocain accrédité en France pour servir de liaison avec ses homologues est rappelé à Rabat. Et que les nombreux mécanismes d'interaction entre les deux systèmes judiciaires sont stoppés, ce qui risque d'avoir un impact non seulement sur les nombreuses affaires concernant les citoyens franco-marocains, mais également sur l'échange de renseignement sur des dossiers importants (terrorisme, criminalité, immigration…).

Tout a commencé par des propos prêtés à un haut diplomate français, qualifiées par Rabat de «scandaleux et inadmissibles», qui enveniment les relations d'ordinaire chaleureuses entre les deux pays. Citant l'acteur espagnol, Javier Bardem, auteur d'un documentaire sur le Sahara occidental, Le Monde a rapporté, jeudi dernier, des propos prêtés à l'ambassadeur de France aux Etats-Unis, François Delattre.

Un pavé dans la mare Le Maroc est une «maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n'est pas particulièrement amoureux, mais qu'on doit défendre», aurait affirmé ce dernier en 2011, selon Javier Bardem. Selon Le Monde, l'acteur aurait ensuite changé de version pour citer, plutôt, un autre diplomate français, l'ambassadeur Gérard Araud. Lequel, selon le quotidien électronique Mediapart, compte déposer plainte contre Javier Bardem. La polémique est loin d'être close. Mais ce qui donne assez de crédit, sur le fond du moins, aux propos de l'acteur, c'est que dans son documentaire, diffusé en 2012, l'une des scènes les plus fortes est peut-être son rire jaune lorsqu'il raconte que l'ambassadeur de France à l'ONU lui a dit, en substance que la France et le Maroc sont comme un vieux couple. «Parfois, le partenaire fait des choses pas bien, mais on fait semblant de ne rien voir pour rester ensemble».

En deux ans, en l'absence d'une réaction marocaine, aucune réaction française n'avait été observe à l'égard de ces propos inhabituels, alors que Paris est un soutien traditionnel du royaume sur le dossier du Sahara. Un éditorialiste français souligne que «malgré un démenti du Quai d'Orsay, la mèche est allumée».

Dimanche soir, le porte-parole du gouvernement marocain a fustigé des «mots blessants» et des «expressions humiliantes ». Ils sont d'autant plus inadmissible que le Maroc «ne cesse d'oeuvrer pour le renforcement des relations bilatérales», a-t-il ajouté, espérant, en retour, que la France «saura réparer le mal causé par ces propos».

Le problème, qui rend l'incident difficile à dépasser, c'est que cette polémique intervient alors que la France et le Maroc connaissent déjà un sérieux coup de froid diplomatique, à la suite de deux plaintes déposées à Paris contre un haut responsable marocain la semaine passée. Jeudi dernier, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) a, en effet, saisi l'opportunité de la presence en France du patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, pour demander aux autorités d'entendre ce responsable, qu'elle accuse de «complicité de torture». Sans passer par les canaux diplomatiques, sept policiers se sont rendus à la résidence de l'ambassadeur du Maroc à Paris pour notifier ce dernier une convocation.

Des méthodes et une mise en cause qui ont entraîné une vive réaction : rejetant «catégoriquement» les accusations et déplorant un «incident rare et inédit», la diplomatique marocaine a décidé de convoquer l'ambassadeur de France à Rabat. Un geste rare à la symbolique forte, qui en dit long sur la gravité de la situation. Loin de s'apaiser malgré des excuses à demi-mot de Paris, la tension demeurait très forte, dimanche dernier, quand une nouvelle plainte pour «torture», a en effet été déposée en France contre ce même homme, cette fois par un ancien détenu, le champion de boxe, Zakaria Moumni.

Militant contre-courant

Dans ce contexte, le pavé jeté dans une  mare assez trouble au demeurant par Javier Bardem est à même de dynamiter l'axe Paris-Rabat pour de longs mois. L'acteur se trouvait à Paris, en compagnie de la militante sahraouie, Aminatou Haidar, pour la promotion de son documentaire. Javier Bardem est un fervent défenseur de la cause sahraouie. L'acteur espagnol a coproduit un documentaire Hijos de las nubes, la ultima colonia (les fils des nuages, la dernière colonie, 2012). Il participe à plusieurs manifestations, notamment à Madrid en faveur de la cause sahraouie.

L'acteur espagnol, Javier Bardem, signe le 4 octobre une tribune dans le quotidian El País pour réaffirmer le droit du people du Sahara occidental à décider de son avenir. Ce même jour, il plaide à l'appui de cette déclaration la cause sahraouie à l'ONU. Dans sa déclaration, il affirme que «les habitants du Sahara occidental souffrent sous la répression dans ce territoire occupé, ils souffrent dans des camps de réfugiés dans le désert du Sahara, où ils ont été oubliés depuis des décennies».

Décrit dans sa page wikipedia comme un «parangon du latin viril grâce à ses rôles sulfureux chez Bigas Luna et Pedro Almodóvar», Javier Bardem est le premier acteur espagnol à avoir été nommé aux oscars en 2001 et à en être recompense en 2008 comme «meilleur second rôle masculine » pour son interprétation de tueur froid et implacable dans No country for old men. Ce rôle lui a aussi valu un Golden Globe dans la même catégorie. Javier Bardem a également reçu le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2010 pour le film Biutiful d'Alejandro González Iñárritu, deux Coupes Volpi du meilleur acteur à la Mostra de Venise (en 2000 et en 2004) ainsi que cinq Prix Goya en Espagne. Le 8 novembre 2012, à la veille de la sortie aux Etats-Unis du dernier opus de James Bond Skyfall, Javier Bardem reçoit son étoile sur le mythique Hollywood Walk Of Fame, à Hollywood boulevard.

Les Débats, 01/03/2014





A cause du veto de la France au Conseil de Sécurité, la MINURSO (mission de l'ONU au Sahara Occidental) ne peut rapporter sur la situation des droits de l'homme dans cette dernière colonie africaine.
En vue de mettre fin à cette anomalie, nous vous prions de bien vouloir signer cette pétition adressée à Ban Ki-moon pour demander l'élargissement du mandat de la MINURSO pour la surveillance des droits de l'homme : 


https://secure.avaaz.org/fr/petition/Ban_Kimoon_Elargir_les_competences_de_la_MINURSO_pour_la_supervision_du_respect_des_dr/?copy

La RASD fête ses 38 ans d’existence La communauté internationale doit agir

Le président de la République arabe sahraouie démocratique, Mohamed Abdelaziz, demande à la communauté internationale d’« assumer ses responsabilités » et d’« exercer » des pressions sur le Maroc qui occupe illégalement le Sahara occidental depuis 1975 avec le soutien de la France.

Dans cette dernière colonie d’Afrique, le peuple n’exige, depuis 1991, date du cessez-le-feu, qu’une chose, exercer un droit fondamental reconnu dans la charte et les conventions des Nations unies : l’autodétermination. Dans un discours qu’il a prononcé jeudi à Abuja, à l’occasion du sommet organisé pour commémorer le centenaire de l’unification du Nigeria, sous le thème « la sécurité humaine, la paix et le développement : agenda d’Afrique pour le 21e siècle », le SG du Front Polisario a pressé le reste du monde à redoubler d’effort pour mettre fin à l’occupation de son pays. « Conformément à la charte et aux résolutions de l’Union africaine et des Nations unies », précise Mohamed Abdelaziz. Dans les territoires libérés, où la République Sahraouie fêtait jeudi ses 38 années d’existence, Abdelkader Taleb Omar, le Premier ministre sahraoui, a mis le doigt sur le vrai obstacle « aux efforts fournis par la communauté internationale pour trouver une solution à la question sahraouie ». Tout en remerciant « l’Etat algérien et le président de la République, Abdelaziz Bouteflika » pour le soutien apporté à la cause de son pays, Taleb Omar demande à la France de « changer sa politique de soutien au Maroc ». Et d’ajouter à l’intention de la communauté internationale qui tarde à « agir pour éviter toute escalade », que « le peuple sahraoui ne peut pas rester les mains croisées avec une patience illimitée ». Selon Philippe Leclercq, le président de l’Association française de solidarité avec le peuple sahraoui, des actions sont menées actuellement dans l’Hexagone pour « amener le gouvernement à changer sa politique ». Dernière action en date, celle de jeudi à Paris. Des représentants d’associations françaises de soutien à la cause sahraouie se sont rassemblés à proximité du Quai d’Orsay pour interpeller la France à changer d’attitude sur le conflit du Sahara occidental et soutenir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Washington critique Rabat
Les Etats-Unis ont, de nouveau, dénoncé la violation par le Maroc des droits de l’homme au Sahara occidental. « Le plus important problème des droits de l’homme spécifique aux territoires sahraouis réside dans les restrictions pratiquées par le gouvernement marocain contre les défenseurs sahraouis des libertés civiles et des droits politiques », écrit le département d’Etat dans son rapport mondial sur la situation des droits de l’homme publié jeudi. Le département de John Kerry qui a consacré douze pages à la situation des droits de l’homme au Sahara occidental n’a pas omis de « relever » la tare de la Minurso. 23 ans après sa création, elle ne comprend, toujours pas, un mécanisme de surveillance des droits de l’homme. « L’impunité généralisée des forces de l’ordre marocaines existe et des poursuites ne sont pas engagées contre ceux qui violent les droits de l’homme des Sahraouis », relève le rapport américain. Et de déplorer « la violence physique et verbale pratiquée contre les Sahraouis lors de leur arrestation et leur emprisonnement, les limitations aux libertés d’expression, de la presse, de réunion et d’association, ainsi que la détention arbitraire et prolongée pour étouffer la dissidence » et le refus des autorités marocaines de reconnaître des associations sahraouies pro-indépendance. Comme l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’homme ou le Collectif des défenseurs des droits de l’homme au Sahara occidental dirigé par Mme Aminatou Haidar. En conséquence, explique le département d’Etat, ces associations « ne peuvent pas ouvrir des locaux pour exercer leurs activités, recruter des membres, recueillir des dons ou rendre visite aux militants pro-indépendance qui sont détenus dans les prisons marocaines ». Ces critiques américaines annoncent-elles un élargissement du mandat de la mission onusienne en avril prochain lors de la présentation du SG de l’ONU de son rapport annuel sur la situation au Sahara occidental et plus de soutien à Christopher Ross qui reviendra cette semaine dans la région ?

Djamel Boukrine

http://www.horizons-dz.com/?La-communaute-internationale-doit,38888




A cause du veto de la France au Conseil de Sécurité, la MINURSO (mission de l'ONU au Sahara Occidental) ne peut rapporter sur la situation des droits de l'homme dans cette dernière colonie africaine.
En vue de mettre fin à cette anomalie, nous vous prions de bien vouloir signer cette pétition adressée à Ban Ki-moon pour demander l'élargissement du mandat de la MINURSO pour la surveillance des droits de l'homme : 


La difficile question sahraouie au Sahara Occidental

Mauvaise semaine pour la diplomatie franco-marocaine. Rabat a suspendu les accords de coopération judiciaire conclus avec la France. En déposant une plainte pour actes de torture contreAbdellatif Hamouchi (patron du renseignement marocain), l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) a provoqué la colère du Maroc. Des policiers se sont présentés en effet devant les grilles devant l'ambassade du Maroc à Paris avec une convocation d'un juge d'instruction.

De surcroit, en parralèlle, Javier Bardem met, lui,  la diplomatie française dans l'embarras. Dans un film documentaire sur le Sahara Occidental qu'il a produit, l'acteur espagnol prête à Gérard Araud des propos métaphoriques sur les relations entre la France et le Maroc. "En amour, on ne cautionne pas toujours ce que fait l'autre mais on reste ensemble quand même."
Le Quai d'Orsay a vigoureusement démenti et promis que "la lumière serait faite"François Hollande a téléphoné au roi Mohamed VI pour adresser "un message de confiance et d'amitié".
 Mais ces péripéties diplomatiques nous éloignent du sujet en toile de fond qui nous intéresse : la difficile question du Sahara OccidentalTerritoire non autonome selon les Nations Unies, cette ancienne colonie espagnole n'a toujours pas de statut juridique, 37 ans après le départ de l'Espagne.
 Bref rappel des faits :
Entre 1884 et 1975, c’est une colonie espagnole appellée Rio de Oro, l’ancienne caravane de la route de l’or traversait ses dunes.
Une colonisation contestée par les Marocains qui plaide la légitimité historique datant du XIème siècle, l’époque des Almoravides, fondateurs du premier empire marocain.
Quand les Espagnols se retirent en 1975, le Maroc annexe ce qu’il considère comme ses propres terres au nom du grand Maroc voulu par Hassan II. Cette idée de grand Maroc avait déjà débouché sur un conflit avec les Algériens en 1963. En jeu, les terres du  Sahara Algérien.

L’annexion se fait pacifiquement. Hassan II lance un appel à la mobilisation nationale, 300 000 marocains passent la frontière. Le succès de cette marche verte débouche sur les premières colonisations du Sahara Occidental.

La terre est aride, il y a du phosphate dans les sous sols et le Maroc en doublant ainsi son territoire devient alors le troisième producteur de phosphate au monde…

Sauf que les populations sarahouies n’ont pas été consultées pendant cette annexion. Les Espagnols se retirent et laissent la population locale entre les mains des Marocains.

Les mouvements nationalistes qui ont épousé partout en Afrique la période de décolonisation existaient aussi au Sahara Occidental. Le Front Polisario qui demandait l’indépendance aux Espagnols se lancent dans une guérilla contre les forces marocaines armées par l’Algérie.
Cette même Algérie accueille à Tindouf les Sahraouis qui fuient les violences. Ce sont les premiers camps de réfugiés.



Camp de réfugiés sahraouis © - 2014 / CTW

C’est ici à Tindouf en 1976 qu’est proclamé la République démocratique arabe et indépendante du Sahara Occidental. Reconnu par 73 Etats et les Nations Unies.

L'ONU va plus loin en 1978 :  l'Organisation reconnait  le principe d’autodétermination et condamne l’agression marocaine.

Les camps de réfugiés manquent de tout. Il faut l'aide des ONG pour apporter le minimum vital du quotidien.


Dans un camp de réfugiés sahraouis © - 2014 / Michele Beneceretti

Car dès 1976, une véritable guerre éclate entre le Front Polisario et l'armée marocaine.Comme toujours, la population civile est prise dans l'étau. D'un coté, les affrontements armés et sur la scène diplomatique, le jeu d'une géopolitique complexe. C'est la période de la guerre froide. Etats-Unis et Français derrière les Marocains. Algériens et Russes derrière le Polisario.


Carte du Sahara occidental © - 2014 / CTC
Le conflit s'enlise. Pour empêcher la progression du Polisario,  les Marocains érigent un mur de 2000 kilomètres entre 1980 et 1987. Il coupe le Sahara occidental du désert qui s’étend à l’Est et protège les colons marocains de plus en plus nombreux.

Même si les statistiques sont alléatoires, on estime à 175 000 les Sahraouis qui vivent dans les villes occupées aux cotés de 300 000 Marocains et 200 000 ceux qui sont installés dans les camps de réfugiés.

La carte souligne en pointillé la présence du mur qui sépare d'un coté (partie rayée) les territoires occupés, de l'autre le désert (partie gris clair) où se sont massées les populations sahraouies fuyant les violences. Tindouf se trouve sur le sol algérien.

Ci dessous deux vues aériennes et sattelitaires du mur

Le mur du Sahara Occidental © - 2014 / CTC






























A la fin des années 80, l'ONU hausse le ton et exige un cessez le feu. La tension entre Américains et Soviétiques retombe. C'est la fin de la guerre froide. Hassan II pressé par Washington accepte le principe d'un réferendum. Les Saharaouis vont être consultés sur leur droit à l'autodétermination.


Les mines dans les sables du Sahara © - 2014 / CTC

Une mission de l'Onu est dépechée sur place..

La Minurso doit faire respecter le cessez-le-feu  entre l'armée marocaine et le front Polisario et tout mettre en oeuvre pour assurer un climat de sécurité inhérent à une consultation réferendaire. 

Les personnels des Nations Unies trouveront aux abords du mur, coté Sarahoui, des dizaines de milliers de mines enfouies sous les sables.

L'idée du référendum a vécu.
23 ans déjà et des échéances sans cesse reportées. Maroc et Polisario ne font rien pour que le dossier avance, les deux parties redoutant la sanction de l'urne.

Les organisations internationales des droits de l'Homme s'inquiètent de recrudescence de violence.Human Right Watch ne comprend pas la passivité de la communauté internationale au Sahara Occidental. Dans les territoires occupés, la police marocaine a sévèrement réprimé une manifestation des Saharouis qui réclamait leur droit à l'autodétermination. Les fonctionnaires de l'ONU sur place témoignent d'épisodes à répetitions où  les droits de l'homme sont sans cesse bafoués.  Mais comble du paradoxe, le mandat de la Minurso se limite au respect du cessez le feu. Les débordements de la police marocaine sur les civils ne les regardent en rien.


Aminatou Haidar © - 2014 / CTC
Cette femme surnommée la Ghandi des Sahraouies parcourt le monde pour sensibiliser l'opinion internationale à la question du Sahara Occidental.
Elle s'inquiète notamment d'une situation larvée qui pourrait entrainer les nouvelles générations qui ont grandi dans les camps de réfugiés à explorer les voies du terrorisme.

Son nom : Aminatou Haidar. Elle affirme avoir été incarcérée et torturée.

Elle est considérée par les Marocains comme une activiste propagandiste à la solde des séparatistes.

Mais sa peur du terrorisme, les autorités américaines la partagent avec elle. 
L'ambassadeur américain Christopher pour le Sahara occidental presse Mohamed VI de revenir aux résolutions de l’Onu.  Pour les États-Unis,  le Sahara occidental est une pièce du puzzle géostratégique du Sahel saharien, cette vaste contrée où les djihadistes sont implantés et qu’ils tentent de transformer en base avancée pour des conquêtes au Maghreb et dans l’Afrique noire. Et plus la situation sera larvée dans cette zone, plus les djihadistes parviendront à s'implanter dans les camps de réfugiés.

La France qui garde le silence sur la question sahraouie pour ne pas froisser son allié marocain se trouve pris un difficile numéro d'équilibriste. D'autant qu'elle place François Hollande face à une contradiction après les efforts déployés au Mali et en Centrafrique...



Kerry Kennedy © - 2014 / CTC

La France sollicitée par Mary Kerry Kennedy, une des filles de Robert, qui dirige le Centre Robert F Kennedy engagée dans la lutte en faveur des droits de l'Homme.

Ce centre et Human Right Watch demandent à la France de donner sa voix au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour que la Minurso puisse intervenir sur les violences liées aux violations des droits de l'homme





Le documentaire "Enfants des nuages" produit par Javier Bardem et réalisé par Alvaro Longoriasortira sur les grands écrans français le 30 avril.

Il aura fallu deux ans pour que la production trouve un distributeur français acceptant de faire tourner le film. Sorti en 2012, il a  été sélectionné au Festival de Berlin et a reçu un accueil favorable dans les festivals internationaux.
Il est jugé honteux et partisan par le Maroc. 



Javier Bardem, interrogé ici par Eric Valmir estime que le documentaire n'a pas été aussi neutre qu'il l'aurait voulu car il manque la position marocaine. Aucun représentant du Maroc n'a souhaité s'exprimer dans ce film. Un silence parlant aux yeux de Javier Bardem.
L'acteur espagnol a été sensibilisé dès son plus jeune âge à la question sahraouie. Sa mère actrice s'était engagée dans les manifestations pour défendre la cause des populations civiles.


Javier Bardem © Radio France - 2014 / Eric Valmir

Populations civiles principales victimes d'un complexe et délicat dossier géopolitique aux ramifications diplomatiques sans cesse mouvantes. 

Javier Bardem dit ne vouloir se préoccuper que de cela.

Quitte à utiliser parfois la provocation pour susciter une réaction.



http://www.franceinter.fr/emission-partout-ailleurs-dans-le-desert-personne-ne-vous-entend




A cause du veto de la France au Conseil de Sécurité, la MINURSO (mission de l'ONU au Sahara Occidental) ne peut rapporter sur la situation des droits de l'homme dans cette dernière colonie africaine.
En vue de mettre fin à cette anomalie, nous vous prions de bien vouloir signer cette pétition adressée à Ban Ki-moon pour demander l'élargissement du mandat de la MINURSO pour la surveillance des droits de l'homme : 


https://secure.avaaz.org/fr/petition/Ban_Kimoon_Elargir_les_competences_de_la_MINURSO_pour_la_supervision_du_respect_des_dr/?copy

Panique chez le Makhzen!

Selon la doctrine de De Gaulle, la France parle et négocie avec des Etats, pas avec des peuples. C’est cette doctrine qui est appliquée actuellement par la France. A force de faire des affaires et de discuter avec une dictature comme le Maroc, les dirigeants français se retrouvent impliqués dans beaucoup d’affaires qui relèvent du pénal. Ils ne dédaigneront pas à sortir l’artillerie lourde si jamais le Maroc persiste dans son mécontentement. Sarkozy a donné l’exemple en attaquant la Libye de Khadafi qui le menaçait de divulguer le financement de sa campagne électorale. Ça c’est dans les pires cas. Et dans le meilleure des cas, les dirigeants français tomberaient comme des feuilles, si jamais le peuple marocain, que la France néglige dans ses négociations avec le Maroc, prendrait sa destinée en main. La Tunisie en est le meilleur exemple.

Pour le Maroc, toujours l’Etat, s’il veut se suicider qu’il rompt définitivement ses relations avec la France. Il n’y aurait plus d’appui au grand mensonge de l’autonomie du sahara et ses dirigeants seraient extradés par le tribunal pénal international avec la bénédiction de la France, qui connait tous leurs petits secrets.

Avec ce précédent de débarquer à la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris pour convoquer à la justice un tortionnaire du régime marocain, tous les responsables de ce régime ont mis la main sur leur cœur. Ils ont vraiment risqué une crise cardiaque. Maintenant, par ce mécontentement du Maroc, ses dirigeants chercheraient des assurances pour ne pas être dérangés à l’avenir. Mais, en démocratie on peut assurer une justice équitable, mais on ne peut garantir la protection de criminels, car les gouvernements sont démocrates et changent constamment.

Poutine

DEMAIN ONLINE, 27/02/2014

Maroc : Après les USA, le tour est à la France

Le Sahara occidental au coeur de la querelle franco-marocaine

RV) Entretien - Le Maroc a suspendu mercredi tous les accords de coopération judiciaire avec la France. C'est la conséquence de la querelle diplomatique qui ne cesse de prendre de l’ampleur entre les deux pays. En cause, au départ, le dépôt de plaintes à Paris contre le chef du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi. Des plaintes qui lui ont été notifiées à l’ambassade du Maroc à Paris où il se trouvait la semaine dernière. Ce geste a été peu apprécié par Rabat. D’autant que des propos rapportés de l’ambassadeur de France à l’ONU ont été jugés peu aimables envers le Maroc, ce qui a alimenté un fort ressentiment marocain.

Mansouria Mokhefi est responsable du programme Maghreb Moyen-Orient à l’IFRI et enseignante à la New York University de Paris. Selon elle, ces deux incidents sont mineurs par rapport à la richesse et à l’ancienneté des relations franco-marocaines. Des accidents mineurs qui cachent un tout autre problème : le conflit au Sahara occidental, l’ancienne colonie espagnole, contrôlée depuis 1975 par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Polisario soutenus par Alger. Elle est interrogée par Audrey Radondy :

"Une des plaintes qui a été déposée qui fait l’objet de tout ce broit, concerne un militant sahraoui qui dénonce des aveux qui lui auraient été arrachées sous la torture. 

Cette histoire revient quand même aussi dans un contexte qui est un petit peu sensible ces derniers temps concernant le Sahara Occidental dans la mesure où l’ONU a déjà dénoncé certaines irrégularités attirant l’attention sur la question des droits de l’homme. Christopher Ross, l’émissaire de l’ONU y avait eu quelques désagréments aussi avec les autorités marocaines et que le dossier du Sahara Occidental avait été à peine évoqué quand François Hollande s’est rendu en visite au Maroc au mois d’avril dernier comme aussi il ne voulait y toucher d’autant plus que la position de la France a toujours été très claire de soutien au plan marocain de large autonomie.

En ce moment, assaillis un petit peu de toutes parts, étant donné la sensibilité qui est la leur sur cette question, les marocains sont montés au créneau et je crois que c’est ce qu’on est en train de voir en ce moment".

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/02/27/le_sahara_occidental_au_coeur_de_la_querelle_franco-marocaine/fr1-777135





A cause du veto de la France au Conseil de Sécurité, la MINURSO (mission de l'ONU au Sahara Occidental) ne peut rapporter sur la situation des droits de l'homme dans cette dernière colonie africaine.
En vue de mettre fin à cette anomalie, nous vous prions de bien vouloir signer cette pétition adressée à Ban Ki-moon pour demander l'élargissement du mandat de la MINURSO pour la surveillance des droits de l'homme : 

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Ban_Kimoon_Elargir_les_competences_de_la_MINURSO_pour_la_supervision_du_respect_des_dr/?copy

France-Maroc : L’Elysée refuse de bloquer le travail de la justice française

Selon Carlos Ruiz Miguel, professeur à l’Université de Saint-Jacques de Compstèle, le guvernement français résiste aux pressions exercées par le Maroc pour l’amener à bloquer le travail de la justice française. Celle-ci a ouvert des dossiers concernant des plaintes déposées par des citoyens franco-marocains pour avoir été victimes de torture dans le Royaume de Mohammed VI.

Dans un article publié dans son blog, Ruiz Miguel que le Maroc, face à la fermeté du gouvernement de François Hollande, a décidé le soir du 26 février 2014 suspendre toute coopération judiciaire avec la France comme moyen de pression.

Selon cet expert espagnol, les raisons de la crise actuelle entre les deux pays sont :

- L’élection de François Hollande à la tête de l’Etat français au lieu de l’ami du Makhzen, Nicolas Sarkozy.

- Hollande a donné des instructions à son gouvernement de refuser des pots-de-vin du Maroc.

- Modification de la politique d’alignement aveugle avec le Makhzen suivie par Chirac et Sarkozy. Changement mis en exergue dans le communiqué conjoint franco-algérien du 17 décembre 2013.

C’est dans ce contexte, souligne le Professeur Ruiz Miguel, qu’a eu lieu la présentation très médiatisée du film « Les Enfants des Nuages, dernière colonie », de l’acteur espagnol Javier Bardem, et la décision de la justice française d’interroger le patron de la DST marocaine, Abdellatif Hammouch, dans le cadre d’une affaire déposée par des citoyens franco-marocains parmi eux Naama Asfari, activiste des droits de l’homme au Sahara Occidental condamné par un tribunal militaire à 30 ans de prison suite aux événements de Gdeim Izik.




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Après Alger, Rabat s'en prend à Paris : Le Maroc multiplie les maladresses diplomatiques

Par M. Ait Chabane

L e Maroc vient de concéder une énième débâcle diplomatique, synonyme d'une perte de vitesse et d'un discrédit grandissant dans le concert des Nations. Après les attaques chaque fois renouvelées contre l'Algérie, Rabat s'en prend à présent à Paris dans un incident sans précédent, qui compromet sérieusement les relations entre ces deux pays, reputés pourtant pour être de bons partenaires.

La France a-t-elle lâché le Maroc ? La question mériterait d'être posée, d'autant plus que l'enchaînement des péripéties ces derniers mois, plaident clairement par un discrédit mondial des autorités marocaines à cause de ses exactions commises à l'encontre du peuple sahraoui. La répression sanglante de pacifiques manifestants sahraouis par les services de police du Makhzen, a davantage accentué ce constat, entraînant une avalanche d'indignation de par le monde, où l'indépendance du Sahara Occidental devient désormais une réalité palpable. 

Pour revenir à l'incident diplomatique entre Rabat et Paris, il a pris une ampleur tel que les ambassadeurs des deux pays ont été convoqués de part et d'autre. Tout a commence par la convocation du chef du contre-espionnage marocain par les autorités judiciaires françaises. 

La polémique a pris une tournure, autrement plus grave, suite aux propos désobligeants tenus par l'ambassadeur français aux Etats-Unis, qui avait, rappelons-le, qualifié Rabat de " maîtresse " de Paris, ce qui n'a pas manqué de susciter le courroux du Makhzen. D'ailleurs, l'envoyé spécial du président français, l'écologiste Nicolas Hulot, récemment à Alger, a annulé sa visite au Maroc, synonyme de la vive tension diplomatique entre les deux pays. François Hollande a tenté de clarifier la situation en appelant personnellement le Roi Mohamed VI. 

" A la lumière des clarifications apportées (…), les deux chefs d'Etat ont convenu de poursuivre les contacts durant les prochains jours au niveau des deux gouvernements, et d’œuvrer dans l'esprit des relations d'exception qui lient le Maroc et la France ", a indiqué une source officielle marocaine, en réaction à cette initiative.

Qu'à cela ne tienne, le froid diplomatique tombé soudainement entre Paris et Rabat et ses développements effrénés sont d'une spontanéité suspecte, cache très mal le malaise de la diplomatie marocaine en rude épreuve sur la scène internationale. Epinglé par plusieurs organisations non gouvernementales, et même par le Département d'état américain pour ses pratiques colonialistes au Sahara Occidental, Rabat se trouve de plus en plus esseulé. Mais, que cela vienne de la France, la situation se complique sérieusement pour le Royaume alaouite, lâché par tout le monde dans sa besogne expansionniste au Sahara Occidental. Le mobile de l'incident diplomatique entre la France et le Maroc est toutefois d'une cruciale importance, le patron du contre-espionnage marocain étant accusé de " complicité de torture ". 

Ajouté à cela la simagrée charnelle proférée par un diplomate de l'Hexagone, dans l'intention de pimenter un peu plus la situation, qui ne renseigne sur rien, sinon une volonté délibérée de lâcher un partenaire devenu trop encombrant à cause de ses maladresses.

M. A. C.

Les Débats, 26/02/2014



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