Feu vert de l’ONU à la répression des manifestations : Les reculades de l’ONU ne découragent pas la population sahraouie

Depuis des années les résolutions de l’ONU recommandent indistinctement au Maroc et au Front Polisario d’améliorer les droits de l’homme. Pourtant c’est au territoire occupé que l’on compte les victimes de la répression sanglante des manifestations pacifiques. La mission de l’ONU au Sahara occidental sera encore la seule à ne pas être dotée de la surveillance des droits de l’homme. Ceci grâce à la reculade des Etats Unis à défendre leur proposition de résolution au Conseil de Sécurité de cette fin avril 2013 et à la persistance de la France, qui défend bec et ongles son ami le Roi-prédateur pour des intérêts qui méritent que l’on piétine les valeurs universelles des droits de l’homme et des peuples. Malgré ce refus des manifestations pacifiques ont éclaté dans diverses villes du Sahara occidental occupé où une mission d’Amnesty International est présente actuellement ainsi qu’une délégation de 5 élues du Parti de la Gauche européenne : Française, Espagnole, Grecque, Danoise et Norvégienne. Elles ont assisté à ces manifestations à Laayoune et ont visité les victimes de la répression ; elles se sont aussi rendues à Smara. Elles rentrent demain 1er Mai, nous attendons leur témoignage.

Quelle que soit les reculades de l’ONU, la complicité odieuse des autorités françaises au régime colonial corrompu du Maroc, la population sahraouie et sa jeunesse en particulier ne renoncera jamais à son droit à l’autodétermination.

Alors que les Etats Unis avaient préparé une résolution prévoyant comme le suggérait le rapporteur spécial du Secrétaire Général de l’ONU que la MINURSO soit dotée d’un mandat de surveillance des droits de l’homme, ce projet a été retiré suite aux pressions du Maroc et de la France.

Le colonisateur peut donc réprimer les manifestations pacifiques avec la bénédiction des grandes puissances. Il ne s’en prive pas, comme le prouvent les nombreux et nombreuses blessé(e)s à Laayoune et Samara (pour les informations qui nous sont parvenues).

Ci-joint les photos des jeunes manifestants brandissant des drapeaux de la RASD devant les troupes bottées et casquées munies de matraques assistées des policiers en civil et pas moins armés. Les jeunes n’en sont plus à seulement accrocher des drapeaux de la république sahraouie aux fils électriques, ils les brandissent devant les boucliers policiers. Cela peut valoir plusieurs années de prison, mais dans l’immédiat ce sont les matraquages sur la tête et au visage qu’ils ont subi ce jour-là à Smara.

AFASPA, 30 avril 2013

DÉBORDEMENTS À EL AYOUN SUITE À L’APPROBATION DU MANDAT DE LA MINURSO


Des affrontements entre activistes sahrawi et des forces de l’ordre marocaines sont survenues ces derniers jours à El Ayoun, la ville principale du Sahara Occidental, occupée suite à l’approbation, vendredi dernier, d’une résolution pour le renouvellement de la MINURSO. Au moins trois personnes dont une femme ont été blessées lors de ces débordements.

D’après certains médias sahrawi, les manifestants protestaient contre la décision de retirer du texte de résolution et du mandat de la MINURSO l’allusion à la surveillance du respect des droits de l’Homme sur ce territoire occupé militairement par le Maroc depuis 1975.

La formule adoptée par l’ONU dans le texte, qui a déchainé les protestations sahrawi, dérive d’un compromis entre la position américaine, qui souhaitait étendre au respect des droits de l’Homme le mandat de cette mission, et les réticences du Maroc, contraire à toute modification allant en ce sens.
MISNA, 30 avril 2013

MINURSO : La REMDH regrette la décision du Conseil de sécurité de l'ONU

Pas de mandat étendu aux Droits de l’Homme pour la MINURSO au Sahara Occidental !

Communiqué REMDH

Le Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) regrette la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies de ne pas étendre le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) aux questions des droits humains dans le territoire.

Même s’il prend acte de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU prorogeant le mandat de la MINURSO jusqu’au 30 avril 2014, le REMDH se dit préoccupé que l’inquiétude vivement soulevée par Christopher Ross, Envoyé personnel du Secrétaire Général des NU, quant à la situation des droits humains dans le territoire sahraoui, n’ait pas été prise en considération.

Cette inquiétude vient s’ajouter aux successives dénonciations réalisées par différentes organisations indépendantes européennes et américaines. Lors de ces deux visites au Sahara Occidental, C. Ross a pu tenir des rencontres et il a écouté des témoignages directs sur la situation des droits humains, la persécution des défenseurs des droits humains, et la répression de toute manifestation que les autorités marocaines définissent comme au soutien des thèses indépendantistes.

Juan Mendez, Rapporteur Spécial sur la Torture, signale dans son récent rapport au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies (A/HRC/22/53/Add.2) l’usage abusif de la violence lors de manifestations et dans les centres de détention. Il mentionne aussi le besoin urgent d’un mécanisme international de suivis de la situation des droits de l’homme comme un moyen pour améliorer leur observance (pt.91).

En septembre 2012, lors de l’Examen Périodique Universel sur le Maroc, le Conseil des Droits de l’Homme fit cinq recommandations en matière de droits fondamentaux, dont l’une d’entre elles fut d’accepter l’établissement d’un mécanisme de vigilance en la matière dans le cadre de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

Depuis plusieurs années, les organisations de défense des droits de l’homme réclament que la MINURSO étende son mandat à la vigilance du respect des droits fondamentaux, comme c’est le cas dans bien d’autres Opérations de maintien de la Paix. Comme le signale J. Mendez, les activités de l’instance gouvernementale marocaine en la matière, le Conseil National des Droits de l’Homme, ne peuvent substituer à cette vigilance internationale.

Même si les membres du Conseil de sécurité ont salué l’application du programme renforcé de protection des réfugiés élaboré par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en coordination avec le Front Polisario et qui comprend des activités de formation et de sensibilisation aux droits des réfugiés et aux droits de l’homme, le REMDH déplore néanmoins que la question des droits humains ne cesse d’être remise sur le métier au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies.

Pour tout cela, le REMDH :

Demande le rapide établissement de mécanismes internationaux permanents de vigilance des droits de l’homme au Sahara Occidental et dans les territoires accueillant des réfugiés sahraouis, et considère que l’élargissement en la matière des compétences de la MINURSO correspond parfaitement à la situation dans cette région et à la nature de cette mission.

Demande aux autorités marocaines de permettre l’enregistrement et les activités des organisations de la société civile et des droits de l’homme au Sahara occidental

Appelle aux institutions européennes, aux états membres de l’Union Européenne et aux états partenaires de la rive sud et est de la Méditerranée à prêter attention à cette question et à faire pression sur le Maroc en la matière.

Copenhague, 30 avril 2013

Rabat appelé à l'ordre par Paris

Manifestation à Bojador, 26 avril 2013
Paris, 29 avr 2013 (APS) - La France a rappelé lundi son "attachement au droit de manifester pacifiquement", après une manifestation pacifique de Sahraouis dans la ville d’El-Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental. Manifestation qui a été réprimée par les forces de police du Maroca et où près de 40 personnes ont été blessées.

"Nous regrettons que ce rassemblement ait occasionné des violences qui se sont soldées par plusieurs blessés. Nous rappelons notre attachement au droit de manifester pacifiquement", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, lors d’un point de presse.

L’ONG Amnesty international, dont une équipe se trouvait à El-Aaiun, avait, rappelle-t-on, dénoncé le "recours à la force, de manière excessive" de la police contre la manifestation qui se déroulait dans le calme.

"Nous insistons sur la responsabilité des Nations unies dans la protection et le contrôle des droits de l’homme dans un territoire relevant de l’Onu", avait souligné, quant à lui, le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, dans un message adressé au secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, au lendemain de la répression de cette manifestation.

Jeudi, le Conseil de sécurité de l’Onu, a prolongé pour un an la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), principalement chargée de la surveillance du cessez-le-feu.

Dans la résolution 2099 sur la Sahara occidental, le Conseil de sécurité a réitéré son appel à une "solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental".

Il a également souligné "l’importance de l’amélioration de la situation des droits de l’homme" au Sahara occidental occupé par le Maroc.

Inscrit depuis 1965 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’Onu portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes du 26 avril 2013 sur le Sahara Occidental

Le site du ministère des affaires étrangères rapporte le point de presse du 26 avril du porte-parole du ministère et les réponses données à deux questions sur la question du Sahara Occidental et la MINURSO.


Q – Une réaction sur la résolution de renouvellement du mandat de la MINURSO ?Sur les droits de l’homme ?

R – C’est un texte qui a été adopté à la satisfaction de tous et qui comporte en effet une disposition appelant les parties à poursuivre leurs efforts en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme.

Q – Est-ce qu’il y a des initiatives pour amener les deux parties, Maroc et Polisario, à la table pour négocier ou est-ce qu’on va attendre encore ? M. Hollande au Maroc a dit qu’il était important de s’activer sur ce sujet avec ce qui se passe au Mali et au Sahel.

R - Il y a déjà ce qui relève de la mission de l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, que nous soutenons naturellement.

Il y a aussi ce qui figure dans la résolution telle qu’elle vient d’être adoptée hier (je vous renvoie à la disposition 12 bis sur ce point spécifique des droits de l’homme). Elle encourage les parties à collaborer avec la communauté internationale pour mettre au point et appliquer des mesures crédibles qui garantissent le plein respect des droits de l’homme.

En résumé, il faut donc s’inscrire à la fois dans l’effort général engagé depuis longtemps et dans les dispositions très claires de la résolution qui vient d’être adoptée par le Conseil de sécurité.

Pour ce qui concerne la situation des droits de l’homme au Maroc, le président de la République s’est exprimé devant le parlement marocain, constatant les progrès qui avaient été faits et encourageant les autorités marocaines à continuer dans cette voie.

Source : site Ambassade de France au Maroc, 29 avril 2013

Occasion ratée au Conseil de sécurité (communiqué de presse)

Communiqué de presse du Comité suisse de soutien au peuple sahraoui

Occasion ratée au Conseil de sécurité 

Le Conseil de sécurité qui s’est réuni jeudi à New-York sur la question du Sahara Occidental n’a pas saisi l’occasion de la proposition des Etats-Unis pour élargir le mandat de la Minurso (forces onusiennes pour le Sahara Occidental) à la protection de la population civile sahraouie. 

Malgré la répression violente de la population sahraouie qui se poursuit, la condamnation sans preuve et sans témoins de 24 militants sahraouis à des peines allant de la perpétuité à 20 ans de prison, l’attestation par le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, des mauvais traitements et tortures systématiques dont sont victimes les prisonniers politiques sahraouis, le Conseil de sécurité n’a fait que reconnaître « la nécessité d’améliorer les Droits de l’Homme au Sahara Occidental ». 

Cette recommandation minimaliste n’a pas empêché les forces marocaines de tabasser à nouveau, vendredi dernier, les Sahraouis qui manifestaient pacifiquement dans les rues d’El Ayoun, la capitale du Sahara Occidental occupé par le Maroc.

Le Comité suisse de soutien au peuple sahraoui continue d’appeler la communauté internationale à protéger la population sahraouie des violations des Droits de l’Homme commises par le Maroc en toute impunité.

28 avril 2013

Sahara. Pressions du palais et censure à Eco-Médias

Khadija Mohsen Finan
La dernière édition de l'Economiste du Faso a été bloquée mercredi avant son expédition au Burkina. Le même jour, une interview de la chercheuse franco-tunisienne Khadija Mohsen Finan sur Atlantic Radio a provoqué la colère du Palais.

Ne pas suivre la ligne dictée par les autorités sur l'affaire du Sahara, même par mégarde, peut coûter cher aux médias marocains, privés comme publics. Dernier exemple en date : la «mésaventure» des journalistes du groupe Ecos-Médias, premier groupe de presse privé du Maroc (L'Economiste, Atlantic Radio, Assabah, Ecole ESJC).

Lakome a appris que mercredi après-midi, les numéros de «l'Economiste du Faso», nouveau titre hebdomadaire du groupe vendu au Burkina Faso (mais imprimé au Maroc), ont été bloqués à la dernière minute avant leur expédition à Ouagadougou. Motif : la rédaction burkinabaise de l'Economiste avait illustré un article sur le Sahara avec une carte des frontières internationalement admises, c'est-à-dire avec une séparation entre le territoire et le reste du Maroc.

Selon une source proche d'Eco-Médias, le groupe a été obligé de rectifier le tir en réimprimant la totalité des exemplaires de l'Economiste du Faso. Contactée par Lakome, la direction d'Eco-Médias n'était pas joignable ce weekend pour commenter l'information.

L'interview qui fâche le palais

Le même jour, un autre «incident» lié au Sahara a provoqué une mini-crise au sein du groupe Eco-Médias : la diffusion sur Atlantic Radio mercredi en fin d'après-midi d'une interview de Khadija Mohsen Finan, chercheuse franco-tunisienne à l'IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques). L'interview n'est pas disponible sur le site d'Atlantic Radio.

Interrogée sur le revirement des Etats-Unis à propos de l'extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme, Khadija Mohsen Finan expliquait que cela constituait «une petite victoire» de la diplomatie marocaine à court terme mais que le royaume devait revoir sa gestion du dossier, notamment sur la question des droits de l'homme, afin de mieux promouvoir sa proposition d'autonomie.

Les propos de la chercheuse franco-tunisienne, diffusés lors de l'émission « Atlantic Soir », ont fâché en haut lieu.

Lakome a appris de sources proches de la direction d'Eco-Médias, qu'un conseiller royal a immédiatement contacté le patron du groupe, Abdelmounaïm Dilami, pour lui faire part de son mécontentement. Les responsables de la radio se sont alors faits vertement tancés par leur direction, au motif d'avoir passé «une Algérienne» à l'antenne (Khadija Mohsen Finan est pourtant franco-tunisienne).

Selon les mêmes sources, l'incident a coûté son poste au rédacteur en chef d'Atlantic Radio. Le message du palais semble être bien passé...

Comment le Maroc s'est fait avoir par le "Groupe d'Amis du Sahara Occidental"


Le Maroc continue à s’adonner à une véritable opération de désinformation sur la résolution 2099 sur le Sahara occidental adoptée, jeudi dernier, par le Conseil de sécurité de l'ONU. La résolution a été arrosée par le palais royal avec de la sauce makhzénienne.

La décision d'annuler les manoeuvres conjointes des armées américaine et marocaine trahit un état d'esprit sur l'état des relations entre les deux pays. Rabat savait déjà que la position américaine sur le conflit du Sahara Occidental n'était plus favorable au Maroc. D'où la rapidité et la violence de sa réaction. 

Certes, l'administration Obama n'a pas apprécié le mauvais traitement réservé par les autorités marocaines aux membres du Centre R.F. Kennedy lors de leur récent séjour au Sahara occidental pour enquêter sur les droits de l’homme. Certaines sources jugent l'initiative américaine d'élargir les compétences de la MINURSO comme une correction á l'attitude défiante du Maroc. Mais la réalité est bien différente, selon le site Inner Press City qui reprend les déclations de "deux diplomates bien placés". 

Selon eux, la proposition américaine était une réponse aux attaques marocaines contre l'Envoyé Personnel du SG de l'ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, et la décision de Rabat de lui retirer sa confiance. Cela, ajoute le site, donne plus de sense au retrait de l'initiative. "C'était un message", conclue City Press.

Son retrait a permis le passage doux d'une résolution consensuelle insistant sur l'amélioration la situation des droits de l'homme dans le territoire sahraoui.

La résolution du Conseil de Sécurité réécrite à la sauce marocaine

Sahara occidental : Alger rejette les “interprétations” marocaines

C’est connu le makhzen est champion dans la manipulation surtout quand il s’agit de l’Algérie. Mais il vient de dépasser les bornes en se permettant même de récrire à sa convenance le texte de la résolution onusienne sur le Sahara occidental.

La déclaration de Abdelhak Lamrini, porte parole du cabinet de Mohamed VI, est en effet un morceau d’anthologie de contre vérité et d’interprétations très makhzenienne de la résolution pourtant très claire.

Ce serviteur du roi a ainsi maladroitement interpellé l’Algérie de jouer un “rôle positif” dans le conflit sahraoui qui est décrit comme “régional”.

Ces imputations et interprétations n’ont pas manqué de faire réagir les hauts responsables algériens qui ont répondu du tac au tac et déconstruit les appréciations «fallacieuses» du secrétaire du roi.

Notre source n’a pas hésité à mettre le Palais Royal face à ses “mensonges”et ses “confusions”.

“Cette déclaration évoque fallacieusement un différend régional alors que les deux parties en conflit sont clairement déterminées dans toutes les résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale : à savoir le royaume du Maroc et le Front Polisario, en tant que seul représentant légitime du peuple sahraoui”, souligne un haut responsable. Il en veut pour preuve ” qu’à aucun moment la résolution de l’ONU n’a fait référence à une autre partie”.

Et d’ajouter que “l’interpellation de l’Algérie est totalement arbitraire et injustifiée: elle se fonde sur une lecture volontairement biaisée et tendancieuse. Le nom de l’Algérie n’est évoqué nulle part dans la résolution car il revient, à titre principal, aux parties en conflit et non pas aux pays voisins, à s’impliquer plus résolument pour mettre fin à l’impasse actuelle”.

La résolution réécrite à la sauce marocaine

Notre source estime également que “ces tentatives d’impliquer l’Algérie à travers une telle lecture, dont le caractère erroné et unilatéral n’échappe à personne, resteront, comme par le passé, vaines et sans lendemain”

Sur un autre registre, le haut responsable regrette que le Palais royal mette en avant la prétendue «prééminence» de l’initiative sur l’autonomie comme base de travail du Conseil de sécurité.” En vérité, le conseil de sécurité met, systématiquement et dans toutes ses résolutions, sur le même pied d’égalité la proposition marocaine et celle présentée par le Front Polisario au Secrétaire Général de l’ONU, le 10 avril 2007 », précise-t-il.

Contre vérités

Aussi, s’agissant de la déclaration du porte parole du Mohamed VI selon laquelle la résolution de l’ONU ne met pas en demeure le Maroc sur le respect des droits de l’homme dans les territoire occupés, le responsable algérien remet les mots sur les maux : Le Conseil de sécurité, dit-il, «souligne l’impérieuse nécessité d’améliorer la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés ». Et de rappeler que la résolution onusienne engage les deux parties à «collaborer avec la communauté internationale pour mettre au point et appliquer des mesures indépendantes et crédibles qui garantissent le plein respect des droits de l’homme en gardant à l’esprit leurs obligations découlant du droit international».

Enfin, le responsable algérien tient à rejeter «tout amalgame factice et tout lien artificiel établi entre la question du Sahara occidental, qui est et demeure une question de décolonisation reconnue et enregistrée en tant que telle par l’ONU, et le contexte sécuritaire régional ou la coopération sous régionale au niveau du Maghreb qui ne peuvent pas servir de prétextes à un déni de justice».

Voilà qui est clair en attendant une prochaine attaque marocaine, et une autre réaction algérienne…


Algérie1, 27 avril 2013

Un non-lieu à l'ONU

Il faut voir la joie de la délégation marocaine aux Nations Unies, le 25 avril, pour le croire :

Est-ce qu’ils ont obtenu la libération d’un des leurs ? Un prix honorifique récompensant leur pays pour son courage, sa compétence, sa vertu ? Ont-ils appris la victoire de leur équipe nationale de football ?

Non, ils ont obtenu que la mission des Nations Unies au Sahara Occidental ne surveille pas les droits de l’homme dans ce territoire que le Maroc a annexé et occupe depuis 1975… N’est-ce pas une belle victoire en effet ? Parce que, c’est bien connu, les ONG telles Amnesty International ou Human Right Watch « instrumentalisent la question des droits de l’homme », comme l’a dit Mohammed VI, quand elles dénoncent les tortures que subissent les Sahraouis détenus avec ou sans jugement, ou simplement enlevés au coin d’une rue.

Des civils sahraouis condamnés à perpétuité par un tribunal militaire qui n’offre aucune possibilité d’appel, et alors qu’aucune preuve n’a pu être apportée de leur culpabilité (jugement du 17 février dernier à Rabat), qu’est-ce en effet sinon une occasion d’« instrumentaliser » les droits de l’homme ?

Cette joie, c’est celle de l’avoir échappé belle.

Car les États-Unis ont failli faire passer une résolution réclamant cette surveillance des droits de l’homme par la Mission des Nations Unies, au Sahara Occidental occupé par le Maroc comme dans les camps de réfugiés de Tindouf administrés par le Front Polisario (lequel, au passage, ne s’est pas offusqué d’une telle initiative…, n’avait-il rien à cacher ?).

Pour le Maroc, le danger était triple :

- celui de mettre en lumière le système répressif qu’il a instauré depuis tant d’années, avec tous ces vieux réflexes de brutalité qu’il est si difficile de faire disparaître (qui sont les mêmes au Maroc contre le peuple marocain, mais avec un petit plus au Sahara, parce que l’on a vraiment pas de gants à prendre avec des gens que l’on colonise et, qui plus est, qui ne veulent pas être colonisés !) ;

- celui justement de voir la liberté d’expression des Sahraouis s’établir sous les yeux de l’ONU, les manifestations de rue pro-indépendance se multiplier ;

- celui, surtout, de voir s’écrouler la fiction de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental, et ainsi de perdre la face aux yeux de son propre peuple. Le peuple marocain que le régime alaouite a entraîné dans ce « pacte faustien » énoncé par Moulay Hicham, le cousin du roi : « En échange de ses provinces du Sud, la Nation a vendu son âme à une monarchie prétendument éternelle » ; et perdre la face, c’est perdre la légitimité.

Il y avait bien péril en la demeure…

…du roi, mais comme tout le monde est lié, le péril était aussi dans la maison de la classe politique du royaume,

et, au-delà, chez tous les amis qui ont tant d’intérêts à voir le Royaume enchanté perdurer : la France bien sûr, mais aussi l’Espagne qui a vendu le Sahara au Maroc en 1975 contre 30 % des revenus des phosphates de Boucrâa, et qui a besoin aujourd’hui de développer ses échanges commerciaux et sécuritaires avec son voisin du Sud.

La France, celle de Hollande. Comme elle n’aurait pas pu, idéologiquement, opposer son veto à une résolution présentée par les Etats-Unis demandant la surveillance par l’ONU des droits de l’homme dans le territoire, elle a préféré, avec l’aide de l’Espagne et dit-on de la Russie (!), négocier un texte qui certes fait mention du respect nécessaire des droits humains au Sahara Occidental, mais qui est assorti de félicitations au Maroc pour le « dialogue qu’il entretient avec les titulaires de mandats relevant des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’ONU » (n’est-ce pas la moindre des choses ?), bref, de la pommade sur le pauvre petit cœur du Maroc…

Le plus inquiétant dans le texte approuvé à l’unanimité par le Conseil de Sécurité le 25 avril, c’est le parti pris en faveur de ce dernier pays : « Se félicitant des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller vers un règlement… » (Quels sont-ils ? On ne le saura pas), alors que le Polisario n’a pas droit à de tels compliments : le Conseil se contente de prendre « note également de la proposition du Front Polisario présentée au Secrétariat général le 10 avril 2007 ». Il est vrai que continuer à réclamer l’application d’un référendum d’autodétermination pour les Sahraouis (soumettre à leur choix les options d’indépendance, d’autonomie à l’intérieur du Maroc ou d’annexion pure et simple) ce n’est pas faire « des efforts crédibles pour aller vers un règlement » !!! La mission de l’ONU, la MINURSO, s’appelle pourtant bien la « Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental »…

Quand on lit entre les lignes, on voit bien que l’option du référendum n’est plus retenue par le Conseil : celui-ci incite les « parties » (le Maroc et le Polisario) à « parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principesénoncés dans la Charte des Nations Unies… ». Arrangements, cela ne veut pas dire référendum. Cela veut dire la petite autonomie discrétionnaire que le Maroc veut bien, dit-il, accorder aux gens du Sahara Occidental (à condition qu’ils ne s’expriment pas sur leur volonté éventuelle d’indépendance). Il n’y a pas d’équilibre dans cette résolution du Conseil.

Alors pourquoi les États-Unis ont-ils accepté de retirer leur projet, qui était une proposition de principe claire et juste, pour ce galimatias?

Difficile de se mettre à leur place, évidemment. Mais on peut repenser au péril en la demeure du roi évoqué plus haut.

Quand on passe en revue tous les articles émis par la presse marocaine indépendante – il y en a une sur Internet, et fort intéressante –, on voit bien qu’il y a plein de choses qui ne vont pas : la situation économique, assez catastrophique, d’une part, et la situation politique. Car le PJD, au gouvernement depuis plus d’un an, n’a pas fait la preuve de sa compétence, et il vient de se faire humilier proprement dans le traitement de l’affaire du Sahara (voir http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/666-l-humiliation ). Après avoir usé tous les pans de son opposition en les amenant aux responsabilités gouvernementales (USFP puis PJD), après avoir vainement tenté de promouvoir un parti croupion comme le PAM, que reste-t-il au régime alaouite comme perspective politique ? Pas grand-chose semble-t-il.

C’est cela qui peut faire peur, y compris aux États-Unis, et les décider à sauver le soldat Maroc. Et tant pis pour le peuple sahraoui ?

Niko


Les EEUU réculent et le Sahara Occidental reste sans mécanisme de surveillance des droits de l'homme

Un projet de résolution sur le Sahara Occidental présenté par l’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies a fait sonner l’alarme à Rabat la semaine dernière. L’initiative américaine envisageait d’élargir le mandat de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) pour qu’il puisse surveiller le respect des droits de l’homme par le Maroc mais aussi par le Front Polisario, qui contrôle la frange orientale de ce territoire et les camps de réfugiés de Tindouf (l’Algérie).

Cette initiative, applaudie par des prestigieuses ONG de droits de l’homme tels qu’Amnesty International et Human Rights Watch, a été rejetée par la France, la Russie l’Espagne et, bien sur, par le Maroc qui a même annulé un exercice militaire conjoint avec les États Unis.

La résolution qui a été finalement adoptée est un triomphe diplomatique de Rabat, qui avait dénoncé une ‘instrumentalisation des droits de l’homme’, avec le soutien de quelques ONGs. Il s’agit d’une résolution diluée et édulcorée qui élargie le mandat de la mission de l’ONU mais qui la préserve comme une des rares missions de l’ONU dans le monde sans mandat dans le domaine des droits de l’Homme.

Le conflit du Sahara remonte à 1975, quand une Espagne en transition n’as pas été capable de gérer la perte d’une colonie qui pendant presque quarante ans a lutté a la fois militairement (jusqu’en 1991) et diplomatiquement. En effet, le Front Polisario a du lutter au début contre le Maroc et la Mauritanie, une guerre pour laquelle avait le soutien de l’Algérie. L’absence d’une solution pour ce conflit qui dure déjà presque quarante ans a deux causes essentielles : les positions antinomiques des Marocains et des Sahraouis, d’une part, et les enjeux économiques et géopolitiques d’autre part (1).

En effet, le Maroc s’est toujours opposé à tout processus référendaire basé sur l’autodétermination et les positions restent irréconciliables. L’ « autonomie » que le Maroc offre est rejetée par les sahraouis qui se sont même engagés, en cas d’indépendance, à offrir au Maroc des avantages sur le plan économique et culturel.

Concernant les enjeux économiques, le Sahara Occidental est un territoire très riche en phosphates (le territoire possède les deuxièmes réserves mondiales après la Chine) et en ressources halieutiques (pêche) . L’Union Européenne participe à cette exploitation, grâce à l’accord de pèche avec le Maroc. En outre, il faudrait y ajouter des futurs revenus de pétrole, qui sont en ce moment en cours de prospection.

Les enjeux géopolitiques sont diverses et ils ont beaucoup évolué depuis le commencement du conflit, en particulier la position des États Unis, qui veulent actuellement voir ce conflit résolu le plus tôt possible. En effet, si au début, l’évolution de la Guerre Froide marquait le rythme du conflit, aujourd’hui c’est la lutte antiterroriste au Maghreb-Sahel qui pousse les américains à trouver une solution.

Pour l’instant, sa dernière initiative n’a pas été bien accueillie par le reste des acteurs.

Félix Pernas Ramírez

(1) LE CONFLIT DU SAHARA OCCIDENTAL : ENJEUX REGIONAUX ET INTERNATIONAUX. YAHIA H. ZOUBIR

http://www.sciencespo.fr/ceri/sites/sciencespo.fr.ceri/files/art_yz.pdf


MEDEA, 27 AVRIL 2013

Sahara occidental : le coup de force de la France et de la Russie

Une vicitime de l'intervention policière marocaine à El
Aaiun contre des manifestants sahraouis qui
manifestaient pour célébrer la Résolution 2099 du 
Conseil de Sécurité de l'ONU
La France et la Russie sont finalement parvenues à faire vider le projet de résolution américain sur le mandat de la Minurso de sa substance essentielle portant sur l’élargissement de la mission de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme dans l’ancienne colonie espagnole.

Washington a fini par céder aux pressions de ces deux pays en acceptant de remanier fondamentalement le texte originel qui ne fait plus mention de l´octroi de cette mission à la Minurso, ni même de la mise en place d’un quelconque autre mécanisme onusien à cet effet.

Sans faire valoir le droit de veto

Seuls le Royaume-Uni et la Chine n’ont apparemment pas formulé d´objection sur l’initiative présentée par l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, au groupe des Amis du Sahara occidental, composé des Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine, en plus de l’Espagne en sa qualité d’ancienne puissance coloniale du territoire sahraoui. La France et la Russie, avec la complicité discrète de l’Espagne qui ne voulait pas trop se mettre en avant, ont donc réussi à faire avorter le projet sans être obligées d’aller jusqu’à l’usage du droit de veto. A la fin de la semaine dernière, Mme Susan Rice avait présenté, une première fois, un nouveau texte suggérant d´élargir au Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) la mission de surveillance des droits de l´homme au Sahara occidental. Même cette alternative à la Minurso, «plus souple» aux yeux des observateurs et qui pouvait favoriser le consensus au sein du groupe, n´a pas été acceptée par Paris et Moscou, pour des raisons qui leur sont propres. Pourtant, cet organisme onusien (le HCR) ne dispose pas des mêmes moyens de surveillance sur le terrain qui sont aux mains de la Minurso.

Une simple référence au respect des droits de l´homme 

Le Conseil de sécurité de l´ONU, dont les travaux ont été ouverts le 22 avril, a donc été saisi d´un texte sans consistance qui se limite à recommander d´«encourager le respect des droits de l´homme» dans l´ancienne colonie espagnole. Toutes les modifications introduites par Mme Rice auront suscité la colère de Rabat dont le vice-ministre des Affaires étrangères, Youssef Amrani, qui a protesté, mardi, contre «ce qu´il a appelé une violation de la souveraineté» de son pays à travers une initiative «qui fait le jeu d´une organisation terroriste», en allusion au Front Polisario. Parallèlement à l´activisme diplomatique de la France, derrière lequel s´est confortablement retranchée l´Espagne, le roi Mohammed VI avait dépêché, ces derniers jours, le ministre des Affaires étrangères, Saadine El Othmani, le patron des services de renseignements,Yassine Mansouri, et son proche conseiller et ami Fassi Fihri, à Moscou, Londres et Pékin, des capitales de pays membres du groupe des Amis du Sahara occidental supposées soutenir l´initiative américaine. Usant du double langage, la diplomatie espagnole était acquise à la démarche marocaine depuis la visite effectuée par M. Youssef Amrani au début du mois à Madrid pour tenter de convaincre le gouvernement Rajoy de ne pas soutenir l´initiative américaine.

Entre les intérêts et la crainte des représailles

L´annulation à l´initiative de Rabat – en représailles contre l´initiative de Washington – des manœuvres militaires conjointes pour 2013 entre le Maroc et les Etats-Unis a fait réfléchir l´Espagne. Ce pays, qui a délogé la France de la première place des clients du Maroc, a choisi la préservation de ses intérêts économiques à ses responsabilités historiques envers son ancienne colonie. Le ministre des Affaires étrangères, Gracía-Margallo, soutenait, encore récemment devant le congrès des députés la mise en place d'un mécanisme sur la surveillance des droits de l´homme au Sahara occidental. Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait sans difficultés adopter à l´unanimité de ses quinze membres le projet de résolution américain, à la fin du mois d´avril. Que sera donc la réaction de la Fondation Kennedy qui a bataillé jusqu´au bout pour la surveillance des droits de l´homme au Sahara occidental ? Le Parlement européen aura sans doute son mot à dire à ce propos. Quant aux organisations humanitaires internationales, qui avaient applaudi l´initiative américaine, elles ont déjà eu un début de réaction même si elles préfèrent attendre la réponse finale du Conseil de sécurité. Pour Eric Goldstein de Human Righs Watch (HRW) il est scandaleux que les Etats-Unis aient «cédé aux pressions marocaines».

Les Echos d'Algérie, 25 avril 2013

Santiago Jiménez : "Obama est sensible à la protection des droits de l’homme au Sahara"

Fatma Daoudi, victime de la répression du 26 avril 2013. La police marocaine
lui a coupé les doigts qui faisant signe de victoire.
L.T.A : Comment expliquez-vous l’initiative engagée par les Etats-Unis en faveur de l’élargissement de la mission de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental sachant que le Maroc est leur allié traditionnel ? 

Santiago Humberto Jimenez : L’attitude des Etats-Unis s’explique, d’une part, par une plus grande sensibilité de l’Administration Obama et de son actuel Secrétaire d’Etat John Kerry par rapport à la légitimation et à la protection des droits de l’homme, conformément aux principes de base du droit international. Elle s’explique, d’autre part, par les pressions exercées sur les Etats-Unis, à travers la publication des rapports (sur la situation au Sahara occidental), par les Nations unies et par le Centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’Homme animé par Mme Kerry Kennedy, la fille de Robert Kennedy. Ces informations convergent avec les propres conclusions du Représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et avec celles de membres de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat. Toutes ces informations ressortent dans le rapport du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon au Conseil de sécurité. L’entretien de l’alliance traditionnelle des Etats-Unis avec le Maroc ne passe pas nécessairement par un soutien aveugle des Etats-Unis aux thèses marocaines, à plus forte raison quand elles n’avancent pas vers la recherche de solutions (au problème du Sahara) mais prolongent plutôt le statu quo, favorable au Maroc, qui engendre un climat de tension et de déstabilisation de la région. 

Pourquoi donc Susan Rice a-t-elle modifié son projet de résolution ? 

Comme vous le savez, il est nécessaire que la proposition formulée par ledit groupe des Amis du Sahara, dont peu d’entre eux, soit dit au passage, sont vraiment capables de ce sentiment d’amitié et sont disposés à favoriser les instruments de médiation, mais sont, en revanche, plutôt soucieux de la sauvegarde des intérêts des grandes puissances, soit consensuelle et acceptée par tous ses membres. Les réticences de l’Espagne et la fermeté de la France et de la Russie ont imposé la recherche de solutions alternatives. La modification introduite ne faisait que la recommandation générique d’exprimer la préoccupation de tous pour le respect des droits de l’homme et d’octroyer la mission de surveillance des droits de l’homme au HCR. Or cet organisme n’a pas la compétence, ni d’ailleurs les moyens d’accomplir une tâche de cette importance, et encore moins la capacité opérationnelle face à d’éventuelles violations des droits de l’homme qui, il faut le rappeler, se produisent quotidiennement sous silence de la communauté internationale. C’est là que se situe la coupable responsabilité de tous. 

François Hollande semble avoir emboîté le pas à la droite française qui soutient l’occupation du Sahara !

A mon avis, s’il y a un changement dans le discours du gouvernement Hollande, dans la pratique il n’y a rien de changé. La France continue de défendre à outrance ses intérêts au Maroc, à travers la protection d’un fidèle allié de la francophonie face au peuple sahraoui qui n’a jamais accepté la domination française sur la région. Durant la période coloniale, il avait opté pour un rapprochement de l’Espagne, ce que la France a perçu comme un acte d’animosité envers elle. D’où la vision répandue que ce peuple a été placé sous protection de l’Algérie avec laquelle la France n’a même pas été capable de panser les blessures du passé et de s’engager dans une politique mutuelle de respect et de convivialité. Tant que la France n’opérera pas avec audace un changement dans ses positions sur le Maghreb pour qu’elles soient plus équilibrées et continuera d’user de son droit de veto aux Nations unies, il ne faudra pas espérer de solution juste, équitable et conforme au droit international pour la question du Sahara occidental.

Par quoi peut s’expliquer la position de la Russie qui soutient, pourtant, le droit à l’autodétermination du Sahara ?

Je ne suis pas un expert de la politique russe. Je ne dispose pas d’éléments pour faire une évaluation objective à ce propos. Il me semble, toutefois, que la Russie (qui s’est opposée à la proposition américaine aux côtés de la France) a voulu, d’une part, préserver des intérêts économiques concrets, dans le secteur de la pêche notamment, avec la présence de sa flotte dans la zone située entre les Canaries et le Sahara d’où elle a été sommée de lever l’ancre par les organisations non gouvernementales qui défendent la préservation des ressources naturelles du Sahara occidental. D’autre part, au plan politique, la Russie s’est opposée à l’initiative américaine pour empêcher les Etats-Unis de jouer un rôle protagoniste dans la région avec de possibles répercussions sur la politique globale au Sahel et au Sahara et, dans une plus large mesure, en Afrique et dans le monde entier. 

Selon la presse espagnole, l’Espagne développe un double langage. Margallo soutient que la mission de surveillance des droits de l’homme par la Minurso «n’est pas fiable». Qu’en pensez-vous ?

S’agissant de la question sahraouie, tous les gouvernements espagnols, y compris celui d’aujourd’hui, se sont retranchés derrière un langage ambigu, et n’ont pas mené d’action adéquate au règlement de ce conflit. Cette attitude qui se prolonge encore s’explique par des intérêts géostratégiques du puissant lobby pro-marocain et la défense d’intérêts particuliers au détriment de ceux de l’Etat en tant que collectivité. Les politiques de groupe ou de faction s’opposent aux grands principes et aux intérêts généraux. L’Espagne a éludé ses responsabilités légales comme puissance administrative au Sahara occidental et les engagements pris en matière de décolonisation de ce territoire. Toute autre attitude favorise la conquête militaire et l’annexion de l’ex-colonie espagnole par le Maroc qui refuse au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination et de disposer de son destin. Ceci dit, je ne crois pas que M. Margallo (le ministre espagnol des Affaires étrangères) ait insinué (comme l’a rapporté la presse) que la Minurso est un organisme inefficace, au moment où son mandat est prorogé d’une année. L’idée est que les droits des Sahraouis ne doivent pas être protégés et doivent rester soumis à l’arbitraire de la justice de l’occupant, soumis donc à la domination des autres et non pas garantis par la justice et le droit. Les craintes du gouvernement Rajoy sont, en définitive, les mêmes que celles de tous les gouvernements qui l’ont précédé depuis 1975 (date de la mort du général Franco), avec quelques nuances peu significatives. Le problème de Ceuta et Melila, le trafic de drogue vers l’Europe à travers des routes africaines, la collaboration dans la lutte contre le terrorisme, spécialement le terrorisme djihadiste, sont autant de raisons qui expliquent cette attitude passive et peu responsable. Ni les préoccupations pour les droits de l’homme, ni l’aide au développement ou dans les cas de catastrophe, ni la garantie de la sécurité internationale ne doivent être soumises au jeu des intérêts des Etats, mais doivent dériver de la pratique commune du respect, de la solidarité et du soutien mutuel en cas de danger. Toute autre attitude commue à la communauté internationale d’aujourd’hui ne fera qu’accroître les tensions et les malentendus dans un monde où priment la convivialité et le bien-être de tous.

Santiago Humberto Jimenez est professeur à l´Université de Santiago de Compostelle 

Les Echos d'Algérie, 27 avril 2013

La résolution du Conseil de sécurité a le mérite de s’attacher à l’autodétermination (F. Polisario)

NEW YORK - La nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental a le mérite de souligner ’’l’attachement du Conseil au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination comme fondement de la solution politique au conflit créé par l’occupation marocaine’’, a déclaré à l’APS le représentant du Front Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari.


Cette déclaration du représentant sahraoui vient en réaction à l’adoption jeudi par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution sur le Sahara occidental dans laquelle cet organe de décision des Nations unies a réitéré son appel à une ’’solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental’’, tout en soulignant ’’l’importance de l’amélioration de la situation des droits de l’homme’’ au Sahara occidental occupé par le Maroc.

Prenant note de cette résolution, M. Boukhari a observé que la question des droits de l’homme avait occupé une ’’grande place’’ dans le débat qui a eu lieu entre les membres du Conseil de sécurité et dans les médias.

Il a également rappelé que cette question avait été au centre des recommandations du rapport du secrétaire général de l’ONU comme elle avait été mise en relief par l’initiative des Etats-Unis visant l’élargissement du mandat de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) pour y inclure l’observation et le suivi de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental occupé.

A ce propos, il a soutenu que l’initiative américaine, en cohérence avec la position officiellement exprimée par l’Union africaine et par des pays membres et non membres du Conseil de sécurité, avait été ’’une contribution louable aux efforts que déploient, depuis de nombreuses années, des institutions et organisations internationales crédibles pour mettre fin aux violations graves des droits de l’homme que le Maroc perpètre dans la partie occupée du Sahara occidental’’.

Dans ce cadre, a-t-il poursuivi, ’’il est patent que la panique, qui s’est emparée du Maroc devant la possibilité que le Conseil de sécurité élargisse les prérogatives de la MINURSO, prouve bel et bien l’existence de graves violations des droits de l’homme que le Maroc veut cacher à la communauté internationale’’. Mais pour le représentant sahraoui à l’ONU, ’’l’impunité ne peut perdurer’’.

Saluant la démarche du gouvernement américain, M. Boukhari a indiqué que le Front Polisario espère que ’’l’esprit et l’objectif de l’initiative des Etats-Unis primeront dans l’avenir’’ et, partant de là, que le Conseil de sécurité ’’mette ainsi un terme à la politique des deux poids deux mesures en matière des droits de l’homme au détriment du peuple sahraoui, qui porte atteinte à la crédibilité’’ du Conseil.

Sur ce point, il est à souligner qu’en dépit du retrait de l’initiative américaine de l’avant-projet de résolution du Conseil, qui prévoyait l’introduction au sein de la MINURSO du mécanisme de la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental occupé, l’organe de décision de l’ONU a souligné dans sa résolution "l’importance de l’amélioration de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental" par les autorités marocaines et a appelé "à élaborer et à appliquer des mesures indépendantes et crédibles pour assurer le plein respect des droits de l’homme" des Sahraouis.

Par ailleurs, M. Boukhari a estimé que la résolution du Conseil avait le mérite de souligner son ’’attachement au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination comme fondement de la solution politique au conflit créé par l’occupation marocaine’’.

Aussi, selon lui, elle offre à l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, ’’tout l’appui aux efforts qu’il entreprend pour l’avènement d’une solution juste qui demeure une nécessité, à la fois, pour le peuple sahraoui, victime de l’occupation coloniale marocaine, et pour toute la région du Maghreb ainsi que pour l’ONU dont les nobles principes et résolutions sont violés par la poursuite du conflit’’.

Dans ce contexte, le représentant sahraoui a affirmé que le peuple sahraoui, convaincu de la justice de sa cause et du soutien de la communauté internationale à son droit inaliénable à l’autodétermination et indépendance, ’’poursuivra sa légitime lutte pour la liberté et la dignité’’.

Inscrit depuis 1964 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc lequel est soutenu par la France.

APS, 26 avril 2013

Le Conseil de Sécurité prorroge le mandat de la MINURSO jusqu'au 30 avril 2014

Un vol organisé par le HCR entre Laayoune au Sahara
 occidental et et Tindouf en Algérie pour permettre aux 
familles des réfugiés de se réunir Photo: UNHCR

New York, Apr 25 2013. - Le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé jeudi de proroger d'un an le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu'au 30 avril 2014.

Le Conseil de sécurité, par la résolution 2099 (2013), adoptée à l'unanimité, a demandé à toutes les parties de "coopérer pleinement aux opérations de la MINURSO, y compris en ce qui concerne sa liberté d'interaction avec tous ses interlocuteurs, et de prendre les mesures voulues pour garantir la sécurité, ainsi qu'une totale liberté de circulation et un accès immédiat, au personnel des Nations Unies et au personnel associé dans l';exécution de leur mandat".

Les membres du Conseil ont également demandé aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "sans conditions préalables et de bonne foi", en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

"Le Conseil affirme son soutien à l'Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et à l'action qu'il mène pour faciliter les négociations entre les parties, et se félicitant à cet égard des initiatives qu'il a prises récemment et des consultations qu'il mène actuellement avec les parties et les États voisins", a précisé la résolution.

Les membres du Conseil de sécurité ont salué l'application du programme renforcé de protection des réfugiés élaboré par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en coordination avec le Front Polisario et qui comprend des activités de formation et de sensibilisation aux droits des réfugiés et aux droits de l';homme.

Le Conseil de sécurité s'est également félicité des mesures que le Maroc a prises pour renforcer les commissions du Conseil national des droits de l'homme à Dakhla et Laâyoune et du dialogue qu'il entretient avec les titulaires de mandats relevant des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.


Résolution sur le Sahara occidental: Un avertissement en termes très édulcorés

Le Conseil de sécurité a encouragé jeudi le Maroc à mieux respecter les droits de l'Homme au Sahara occidental mais sans charger la mission de l'ONU sur place d'enquêter dans ce domaine comme le voulait Washington.

La résolution adoptée jeudi à l'unanimité "encourage les parties à poursuivre leurs efforts respectifs pour promouvoir et protéger les droits de l'Homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf" (Algérie). 

Elle prolonge, comme tous les ans, le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), jusqu'au 30 avril 2014.

Les Etats-Unis avaient d'abord présenté un texte qui, pour la première fois, chargeait la Minurso de "surveiller et de faire un rapport sur" le respect des droits de l'Homme, au grand dam des Marocains. La proposition américaine défendue par l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, était pourtant en cohérence avec les pratiques onusiennes. La Minurso est en effet la seule mission de l'ONU n'incluant pas de volet sur les droits de l'homme. 

Ceux-ci avaient réagi très vivement, allant jusqu'à reporter sine die un exercice militaire conjoint avec des soldats américains et faisant intervenir leur lobby auprès du Groupe des amis du Sahara occidental (Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Espagne). 

Finalement Washington a renoncé à inclure les droits de l'Homme dans le mandat de la Minurso. La proposition américaine défendue par l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, était pourtant en cohérence avec les pratiques onusiennes. La Minurso est en effet la seule mission de l'ONU n'incluant pas de volet sur les droits de l'homme. 

Loin d'être une victoire remportée par la diplomatie marocains, la nouvelle résolution est un avertissement en termes très édulcorés. 

"La colonisation du Sahara occidental perdure à cause du soutien de la France et des Etats-Unis au Maroc ! " (Christiane Perregaux )


Depuis 30 ans, le Sahara occidental réclame son indépendance vis-à-vis du Maroc, qui contrôle la région. Malgré la pression d’associations civiles, Rabat campe toujours sur ses positions. Pour la Suissesse Christiane Perregaux, Professeure en Sciences de l’Education à l’Université de Genève, membre du comité de soutien suisse du peuple sahraoui, si ce litige n’est toujours pas réglé c’est à cause des soutiens extérieurs dont dispose le Maroc dans ce dossier. Afrik.com l’a rencontrée à Alger, lors de la troisième conférence des femmes sur la cause sahraouie. Entretien.

A Alger

Propos recueillis avec Graziella Riou, rédactrice-en-chef du quotidien en ligneBoocan

Afrik.com : Pourquoi à ce jour les autorités marocaines refusent toujours d’entendre les revendications du peuple sahraoui ? 

Christiane Perregaux : Si les autorités marocaines étaient seules, il y a longtemps que ce dossier aurait été réglé. Mais le problème est que le Maroc est soutenu par la France et les Etats-Unis. C’est avec ces deux soutiens extérieurs que le Maroc a pu se permettre cette occupation et tout ce qui en est suivi. La colonisation du Sahara occidental perdure à cause des soutiens extérieurs du Maroc, en particulier la France et les Etats-Unis.

Graziella Riou : Lors de son dernier voyage au Maroc, le président français François Hollande a fait un geste en parlant d’autonomie du Sahara occidental. Qu’en pensez-vous ? 

Christiane Perregaux : La position de la France n’a pas évolué. Le président François Hollande a parlé d’autonomie du Sahara occidental qui est le plan marocain pour contrecarrer le plan d’autodétermination du peuple sahraoui. La France et le Maroc jouent donc sur les mots. Le Maroc a d’ailleurs affirmé que l’autodétermination n’était pas forcément liée au référendum que réclame les Sahraouis. Pour le Maroc, il peut y avoir d’autres formes d’autodéterminations.

Graziella Riou : Pourquoi estimez-vous que la position de la France n’a pas évolué vis-à-vis du Sahara occidental ? 

Christiane Perregaux : Les Etats-Unis soutiennent le Maroc tout en gardant une certaine distance, ce qui n’est pas le cas de la France, qui a énormément de liens avec le Maroc. Il y a des collisions entre les politiciens français et le Maroc. C’est vraiment incroyable ! Même Rocard est allé au Maroc pour faire son gouvernement. Lorsque Sarkozy a perdu les dernières élections, il est aussi allé au Maroc. Il y a même eu des rumeurs, selon lesquelles, il deviendrait conseiller du roi. La seule exception c’est Hollande, qui a été en Algérie avant d’aller au Maroc lorsqu’il a été élu. Mais là encore, il a envoyé un ministre au Maroc pour s’excuser auprès du roi, lui indiquant que son voyage en Algérie était vraiment urgent. Et tout le monde sait que derrière tout cela, il y a des rapports financiers.

Afrik.com : Selon vous, quelles seraient les solutions pour que les revendications du peuple sahraoui soient entendues ? 

Christiane Perregaux : On se rend compte, que lorsque de telles situations sont aussi liées aux politiques, elles sont toujours plus compliquées à résoudre. A mon avis, si les Français disaient aux amis marocains : « cela suffit maintenant ! L’exil ce n’est plus possible pour la population sahraouie ! Maintenant on doit trouver une solution qui réponde aux résolutions de l’ONU ». Ce sera un grand pas en avant.

Afrik.com : Vous pensez qu’une telle option fonctionnerait ? 
Christiane Perregaux : Cela pourrait fonctionner très rapidement. Quand vous voyez des situations internationales aussi engluées, il nous faut ce genre d’initiative. Mais cela va nous demander encore un peu de temps pour qu’on ait ce genre de bouleversement là. Je pense que pour la première fois, il y a des Etats qui montrent qu’on en a assez de cette situation ! Et que ce n’est plus possible de continuer comme cela ! Même la Grande-Bretagne a condamné les autorités marocaines. Ce n’est pas anodin.

Graziella Riou : Est-ce pour des bonnes raisons que la communauté internationale commence à s’intéresser au problème du Sahara occidental ? Est ce qu’il n’y aurait pas une crainte de risque de contagion avec le Mali ? 

Christiane Perregaux : Oui votre question est légitime. La situation du nord-Mali est explosive. Il y a la désespérance d’une partie des jeunes sahraouis et on se demande ce qu’ils vont devenir et vers quoi ils vont se tourner car ils n’en peuvent plus d’attendre. Plus personne ne peut nier les richesses du Sahara occidental. Et Total est déjà sur place en train de creuser dans l’illégalité contre la législation de la communauté internationale. On connait aussi les accords de pêches qui sont en train d’être discutés à l’Union européenne. Le Front-Polisario vient d’ailleurs de faire recours. Le Sahara occidental n’est pas une terre vide.

Afrik.com : Est-ce que ces richesses ne nuisent pas au combat du peuple sahraoui ? Tant qu’il y aura des richesses à exploiter, on ne répondra pas à leurs revendications de sitôt ?
 
Christiane Perregaux : Ces richesses appartiennent au peuple sahraoui. La charte de l’ONU sur les pays non autonomes le dit clairement. Le Maroc et la communauté internationale sont en plein contradictions tout simplement parce que ces richesses doivent revenir au peuple sahraoui. Actuellement cet argent qu’on tire des richesses du Sahara occidental va dans les poches du roi du Maroc surtout !

Afrik.com : Les violations commises par les autorités marocaines au Sahara occidental sont régulièrement dénoncées. A ce jour connait-on le nombre de victimes de ces exactions ?
 
Christiane Perregaux : Le nombre de morts dans le Sahara occidental est innombrable. On ne connait toujours pas le nombre de victimes de ce conflit qui dure depuis 30 ans. On sait en revanche qu’elles sont très nombreuses depuis la marche verte jusqu’à aujourd’hui ! Sans compter les victimes en prison. Au début de l’arrivée des Sahraouis dans les camps, au moins 12 enfants mourraient de la rougeole par jour.

Afrik.com, 25 avril 2013

Le jeu «trouble» de Christopher Ross

L’Envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, roule-t-il pour le royaume chérifien ? La question mérite vraiment d’être posée, surtout lorsque l’on se réfère au dernier rapport élaboré par ce haut responsable onusien sur cette question dont nous nous sommes procuré une copie en exclusivité, et qui sera présenté aujourd’hui devant le Conseil de sécurité. 

Dans le rapport en question dont on détient une copie, Christopher Ross a pris le soin de ne pas exprimer la position des Nations unies par rapport à ce conflit, bien qu’il reconnaisse, en filigrane, que les droits de l’Homme dans les territoires occupés sont bafoués. Et pour maintenir le flou, l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental se contente de rapporter et de dresser les comptes rendus des visites qu’il a effectuées en Algérie, au Maroc et au Sahara occidental ainsi que la teneur des discussions qu’il a eues avec les différents responsables et ce, dans le cadre de la mission qui l’a mené dans la région entre le 18 mars et 11 avril dernier. 

Ainsi donc, et pour ce qui est du Maroc, première halte de son «périple», le responsable onusien a rappelé que les dirigeants du royaume – sachant que le roi était absent-, et à leur tête le chef du gouvernement et les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, ont réitéré leur proposition, à savoir l’autonomie du Sahara occidental. Une position rejetée en bloc par le Front Polisario, d’autant qu’elle est inscrite en faux du droit international, et des résolutions déjà prises en ce sens par les Nations unies. Les « porte-paroles » de Sa Majesté ont par ailleurs estimé que le sommet de l’Union du Maghreb arabe ne pourrait intervenir avant 2014, en prétextant cette temporisation par « les conditions instables de la Tunisie ». Il va sans dire que cet argument ne tient pas la route, puisque le Maroc bloque le processus d’édification de l’UMA depuis 1999, faisant de lui un moyen de chantage par rapport à la question sahraouie. Au cours de la rencontre qu’il a finie par avoir avec Mohamed VI en date du 9 avril, Christopher Ross indique que le souverain marocain, qui a donc pas mal de choses à cacher, s’est montré «très déçu après avoir appris la proposition d’inclure les droits humains dans le mandat de la MINURSO». Par ailleurs, Christopher Ross précise que durant les entretiens qu’il a eus avec les hauts responsables algériens, lors de son déplacement en Algérie le 28 mars dernier, il lui a été clairement signifié que « le Sahara occidental est une question de décolonisation qui relève de la responsabilité de l’ONU».

«L’Algérie n’est pas et ne sera jamais une partie dans les négociations»

D’après le responsable onusien, les autorités algériennes ont également rappelé les positions du président de la République vis-à-vis de cette question, à savoir que l’Algérie n’est pas et ne sera jamais une partie dans les négociations. Toujours dans le même ordre d’idées, Christopher Ross souligne que Abdelaziz Bouteflika a « déploré la position agressive de la presse officielle marocaine sur l’Algérie ». Quant à la visite effectuée aux camps de réfugiés près de Tindouf, en Algérie, le 25 mars écoulé, le responsable onusien a enfin évoqué «violations des droits de l’homme et l’exploitation illégale des ressources naturelles du territoire», au niveau des territoires occupés, mais en mettant cela dans la bouche du président sahraoui, Mohamed Abdelaziz. Ce dernier, dit-t-il, lui a fait part de la frustration des jeunes sahraouis qui, las d’attendre, pourraient reprendre la lutte armée. Une option qui a été même évoquée, souligne-t-il encore, par des chefs militaires du Polisario. Toujours dans le même rapport, il est clairement souligné que le Polisario s’oppose au terrorisme et fait tout son possible, en collaboration avec l’Algérie pour faire en sorte que les Sahraouis restent au-dessus de la mêlée. Allusion faite surtout à ce qui se passe au Mali. D’autre part, Christopher Ross ajoute qu’il a noté, lors du voyage qui l’a mené au Sahara occidental le 22 mars dernier, trois tendances par les Sahraouis : ceux qui sont favorables à l’indépendance, ceux qui sont pro-autonomie et ceux, tout simplement, qui veulent une vie meilleure. Mais, il estime toutefois qu’il «était impossible de mesurer la force relative à ces trois tendances».

Il va sans dire qu’il s’agit là d’une dangereuse fuite en avant du responsable onusien, car il est de notoriété publique que les partisans de l’indépendance du Sahara occidental représentent l’écrasante majorité de ce peuple. c’est ce qui explique, d’ailleurs, le fait que le Maroc continue de s’opposer farouchement à la tenue d’un référendum d’autodétermination. Enfin, l’Envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental fait savoir qu’il va se rendre à Addis-Abeba en répondant à l’invitation de l’Union africaine et pourrait même, aussi, programmer des visites à Tripoli et Tunis, si cela s’avère utile. Il faut dire, ainsi, que ces visites suscitent d’ores et déjà moult interrogations car Tunis ou Tripoli n’ont aucune relation avec le Sahara occidental où la situation humanitaire n’a pas changé d’un iota. Christopher Ross clôture son rapport avec une note d’optimisme en espérant un dénouement heureux de ce conflit à travers un engagement concret des parties et des pays voisins avec les Nations unies dans ses efforts pour promouvoir un règlement. Mais, force est de constater que la position de ce dernier, et à travers lui l’ONU, reste ambiguë maintenant, du coup, le statu quo dans la région. Une situation qui n’arrange, il faut le dire, que le makhzen. Il est peut être utile, voire important, de rappeler, en outre, que les Nations unies ont publié le 8 avril dernier un rapport accablant en ce qui concerne les droits de l’homme au Sahara occidental. Pourquoi donc ce «retournement de situation» et de «dernière minute» ? Mystère…

Soufiane Dadi

Le Courrier d'Algérie, 24 avr, 2013

http://lecourrier-dalgerie.com/le-jeu-trouble-de-christopher-ross/

Sahara occidental : L’ONU met la pression sur le Maroc

La « victoire morale » de la RASD se dessine. Aujourd’hui, la proposition américaine, légèrement remaniée, a consacré la légitimité du combat sahraoui, reconnu à l’unanimité des membres du Conseil de sécurité, appelé à se prononcer sur l’avant-projet de résolution portant sur le renforcement des droits de l’Homme au Sahara occidental.

Même si, de ce fait, la Minurso reste la seule mission de paix onusienne qui n’est pas encore dotée de mécanisme de surveillance, l’avancée est, toutefois, tangible. Une perception claire du drame humanitaire, fondé sur le déni colonial, caractérise le consensus mondial en gestation, y compis parmi les alliés les plus fidèles du Maroc. Cette réalité, placée en porte-à-faux avec la mondialisation des valeurs humanitaires et démocratiques, a été clairement dénoncée par la famille des organisations internationales de défense des droits de l’Homme et, également, par l’envoyé spécial de l’ONU chargé de la lutte contre le terrorisme, qui ont fait état des actes de torture, des disparitions, des détentions et des jugements arbitraires pratiqués à large échelle par l’occupant marocain, désormais, mis au banc des accusés. C’est le cas, notamment, du département d’Etat qui, dans son rapport 2012, a dénoncé les multiples et massives violations des droits de l’Homme. 

Pour la première fois, la visite dans les territoires occupés de l’émissaire onusien, Christopher Ross, a contribué à lever le voile sur le génocide à huis clos d’un peuple en lutte par la voie pacifique pour la reconnaissance de ses droits inaliénables à l’autodétermination et à l’indépendance. C’est dire que, si «l’initiative américaine reste à l’ordre du jour», le Maroc est sous la pression de la communauté internationale, mieux éclairée sur « le vrai visage » de la barbarie coloniale. « C’est une manière d’avertir les Marocains que la communauté internationale surveille davantage la situation au Sahara occidental », estime un diplomate qui relève la nette progression de l’ONU, demandant et contractant l’engagement solennel pour le respect des droits de l’Homme sahraoui, alors qu’elle s’est contentée, l’année dernière, d’un simple appel à une « amélioration de la situation ». 

Cet engagement s’interprète, selon le représentant sahraoui à l’ONU, Ahmed Boukhari, comme « un grand soutien à la lutte pour la liberté du peuple du Sahara occidental occupé » et le refus ancré, notamment américain, de la politique de deux poids, deux mesures pratiquée par certaines puissances soucieuses de préserver leurs intérêts économiques et commerciaux conclus avec l’occupant marocain. Pour le représentant sahraoui, « l’initiative américaine restera dans le radar, aujourd’hui et demain, et ne va pas disparaître dans le cadre du suivi par le Conseil de sécurité de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental qui sont bafoués d’une manière systématique et cruelle par le Maroc ». 

La question incontournable des droits de l’Homme fonde l’urgence ainsi reconnue de la relance du processus de négociations pour dépasser le statu quo jugé inacceptable et improductif. Car, pour le Front Polisario, aussi légitime que soit la dimension humanitaire, cette approche nécessaire et insuffisante, ne saurait se substituer au principe cardinal des « négociations directes » entre les deux belligérants. La bonne foi du partenaire sahraoui, alliée à la volonté de paix jamais démentie, le prédispose à un engagement immédiat en faveur d’un processus « intensifié et assorti d’un délai » mandaté par le Conseil de sécurité et placé sous l’égide de l’envoyé onusien, Christopher Ross.

Larbi Chaabouni

Horizons, 25 avril 2013

L’ONU devant ses responsabilités

C’est aujourd’hui que l’ONU décidera de la nature de la mission de la Minurso. A la suite de sa tournée diplomatique au Sahara occidental, Christopher Ross, l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, devait présenter un rapport. Les Etats-Unis proposent d’étendre la mission de l’ONU dans la région à la surveillance des droits de l’Homme. Une initiative qui a irrité le Maroc et Paris. Le jour de vérité arrive. Ce rapport sera observé de très près par les Marocains, alors que les Américains ont proposé, il y a quelques jours, d’étendre la mission de l’ONU dans la région à la surveillance des droits de l’homme. Une initiative qui n’est pas du goût de Rabat qui s’oppose depuis toujours à ce que l’ONU ait un droit de regard sur les droits de l’homme dans la région. 

Le projet prévoit d’étendre le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) aux droits de l’Homme avec la mise en place d’un mécanisme de surveillance et de compte rendu de la situation des droits de l’Homme, tant dans la partie du Sahara dominée par le Maroc que dans les camps de réfugiés contrôlés par le Front Polisario.

C’est sans prévenir personne que les Etats-Unis ont fait cette proposition devant le Groupe des amis du Sahara occidental composé des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Russie, de la France et de l’Espagne. Les autorités marocaines s’opposent à l’extension de la mission dans la région à la surveillance des droits de l’Homme.

«Incompréhension», «rejet», «parti pris». «Ces quelques qualificatifs extraits d’un communiqué officiel donnent une idée de l’ampleur de la colère de Rabat», rapporte RFI. Depuis une semaine, la presse marocaine ne parle que de cela : la proposition américaine d’intégrer la surveillance des droits de l’homme dans le mandat de la mission des Nations unies au Sahara occidental et le rejet viscéral qu’elle suscite. Cela démontre bien le mécontentent du makhzen vis-à-vis des Américains. Le Maroc a aussitôt dépêché un conseiller de Mohammed VI, l’ex-chef de la diplomatie Taïeb Fassi, dans les grandes capitales, dont Paris, Moscou et Pékin. Des manœuvres militaires conjointes américano-marocaines ont été reportées sine die. La France se trouve également dans une position délicate. Opposera-t-elle son veto à la proposition des EtatsUnis ? 

Dans une récente déclaration, un diplomate français avait indiqué que «Paris n’opposera probablement pas son veto à l’initiative américaine» . Embarrassée, la France, qui vient de réaffirmer par la voix de François Hollande son soutien à la position marocaine, favorable à un plan d’autonomie, craint le «piège» : difficile de s’opposer frontalement à une initiative estampillée «droits de l’homme».

Même si les Américains ont la main, les diplomates français s’activent pour trouver une «solution acceptable». À défaut, Paris, qui n’a pas usé seul de son droit de veto depuis 1976, devrait s’abstenir. 

Mehdi Ait Mouloud 

Le Courrier d'Algérie, 24 avril 2013

Brasil : Una querella contra Emboirik por abuso y difamación

La familia de la ex-novia del diplomático saharaui Emboirik Ahmed ha depositado una querella ante la justicia brasileña contra él por abu...