La décolonisation du Sahara Occidental, l'ultime voie à faire valoir

La visite de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, hier àAlger, intervient après celle effectuée à Rabat, puis dans les territoires sahraouis sous occupation marocaine et, enfin, dans les camps des réfugiés sahraouis où il a rencontré les responsables de la RASD.

En prévision du rapport qu'il doit soumettre au Conseil de sécurité le 22 avril prochain, avant la réunion de celui-ci sur le conflit opposant le Front Polisario et le Maroc sur le Sahara Occidental, Christopher Ross effectue une tournée dans la région. Dans son précédant rapport, de même que dans ses déclarations, Ross a eu à avertir sur les risques du statu quo marquant le processus de décolonisation du Sahara Occidental sur la stabilité et la sécurité dans la région. Alors, arrivera-t-il, au cours de sa mission, à débloquer la situation sur la voie de l'application du droit international en direction du peuple du Sahara Occidental ? C'est ce qui semble être le défi majeur que Christopher Ross est appelé à relever en vue de mettre fin aux manœuvres de renvoi aux calendes grecques de l'application du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. 

Au moment où l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU achève sa visite dans la région, Rabat, après avoir reçu Ross, s'apprête, ces jours-ci, à accueillir le président Hollande. Un déplacement du président français qui sera rythmé par la remise du rapport de Ross au Conseil de sécurité le 22 avril et la tenue de la réunion de ce dernier sur le Sahara Occidental. Le soutien inconditionnel et traditionnel de la France, membre permanent au Conseil de sécurité, à la colonisation marocaine du Sahara Occidental est à l'origine du silence des responsables français sur les atteintes des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. 

D'autre part, notons que la Minurso est la seule mission de l'ONU à travers le monde qui ne comprenne pas la surveillance des droits de l'Homme en plus de sa mission fondamentale, la tenue du référendum d'autodétermination du peuple sahraoui. Ross, connu certes pour être un fin diplomate, réussira-t-il à faire valoir la force du droit international sur le droit de la force ? D'autant plus que les manœuvres du Maroc et de ses alliés, dont Paris, qui sont dictées par des intérêts d'ordre géostratégique sur la région, sont bousculés par les nouvelles donnes survenues et d'autres en cours. La crise économico-financière frappe de plein fouet l'Occident et Rabat, n'étant pas épargné par ses effets, compte par son système colonial profiter davantage de son exploitation illégale des ressources naturelles de ce territoire. Ce qui se traduira par des profits, notamment pour Paris, en ces temps durs de crise qui ont d'ores et déjà annoncé la voie des nouveaux rapports en cours dans les relations internationales. 

Ross, qui, au cours de sa visite la semaine dernière des territoires occupés, a été, rappelons-le, ainsi que les membres de la Minurso déployée depuis 1991, témoins de l'oppression et de la répression marocaines contre les militants sahraouis lors d'un sit-in pacifique. Ce qui ne saurait être occulté dans le rapport que Ross remettra aux membres permanents du Conseil de sécurité, trois semaines après le début de la présidence de ce Conseil par le Rwanda

Les appels au respect des droits de l'Homme dans le monde, notamment par les détenteurs du droit de veto au Conseil de sécurité, continuent à faire l'objet de la politique du deux poids deux mesures, dictée par leurs intérêts respectifs souvent au détriment des droits des peuples portés dans l'esprit et les textes de la charte onusienne. En premier lieu, le droit à l'autodétermination dont le peuple du Sahara Occidental ne peut faire l'exception dans le parachèvement du processus de décolonisation. Ce qui a été à maintes reprises porté dans les résolutions onusiennes par le biais des différents organes et structures de l'ONU, principalement le Conseil de sécurité, sur la base de la résolution 15-14. Ce qui devrait être la voie à promouvoir par Ross pour le parachèvement de la décolonisation au Sahara Occidental en permettant au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination, illustrant effectivement ainsi le respect des droits de l'Homme. 

Karima Bennour

La Nouvelle République, 01 avril 2013

Inédit : La MAP utilise l'expression "Sahara Occidental" dans un de ses dépêches

Dans un cas inédit dans sa ligne éditoriale, l'agence de presse marocaine Maghren Arabe Presse (MAP) a utilisé l'expression "Sahara Occidental", la dénomination légale du territoire disputé entre le Maroc et le Front Polisario. Les médias officiels, partisans et indépendants l'ont toujours appelé "Sahara Marocain", indique le site arabophone Lakome.

Le terme "Sahara Occidental" a été utilisé dans une dépêche de la MAP délivrée à Nouakchott le 28 mars suite à la réception organisée par le président mauritanien à l'Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l'ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross: Celui-ci s'est rendu en Mauritanie dans le cadre de sa tournée actuelle dans l région. La MAP a informé que Ross a signalé que " sa sa visite à Nouakchott "s'inscrit dans le cadre de sa tournée dans la région, consacrée à la recherche d'une solution à la question du Sahara Occidental conformément aux résolutions du Conseil de sécurité" 

Au Maroc, l'utilisation de cette expression pour désigner l'ancienne colonie espagnole était un motif d'emprisonnement et d'accusation de trahison. 

Lakome rappelle que le parti PAM, proche du roi, avait proposé d'utiliser l'expression "Sahara Occidental" au lieu de "Sahara marocain", mais il s'est vite rétracté.

Sahara : Le Maroc tremble face à la détermination de l'ONU

Le Communiqué du dénommé Groupe des Amis du Sahara Occidental (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Espagne) est révélateur et inédit. L'ONU tient à la résolution du conflit du Sahara Occidental qui date de près de 40 ans. 

Les membres cités du Conseil de Sécurité demandent aux parties de montrer de la "souplesse lors des négociations avec l’envoyé personnel et entre elles, dans l’espoir de sortir de l’impasse actuelle dans laquelle elles se trouvent et de trouver des solutions politiques satisfaisantes". Un avertissement clairement adressé au Maroc dont la presse avait de nouveau pris par cible le diplomate américain.

Le communiqué date du 15 mars 2013, mais n'a été publié dans le site de l'ambassade américaine à l'ONU que le 19 mars. Un retard de 4 jours qui laisse place à des questions. Est-ce à cause de la décision du roi du Maroc d'esquiver l'Envoyé onusien? Etait-ce un oubli? Attendaient-ils l'accord de la France au communiqué?

En tout cas, ce qui est clair c'est que le Conseil de Sécurité tenait à rappeler son soutien au médiateur onusien qui subit de nouveau les foudres du gouvernement marocain. 

L'homme de fer est revenu avec son sourire habituel. Les responsables marocains ont apparu comme des nains face à la taille d'un homme décidé à mettre en oeuvre les décisions de l'ONU sur le Sahara Occidental et à leur tête le droit inaliénable des peuple à décider de leur destin.

Gênés par une défaite sanglante, ils balancent à travers leurs agents implantés dans les journaux Al-Quds et Elaph que le diplomate américain apporte une proposition basée sur la confédération. Comme preuve, ils présentent sa visite en Suisse. Comme si M. Ross avait besoin de se rendre à Genève pour avoir une idée de ce qui est un Etat fédéral à l'image de son pays natal, les Etats-Unis. Rumeur vite démentie par l'Envoyé de l'ONU.

Par cette rumeur, le Maroc reconnaît implicitement que sa proposition d'autonomie est enterrée à jamais et propose une solution avec une offre "plus généreuse encore". Rabat est prête à tout quitte à gagner la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara Occidental. Seulement, la communauté internationale tient à ses principes et à la paix dans cette région du monde. Raison pour laquelle, Ross ne cesse de répéter que le conflit du Sahara Occidental constitue une menace pour toute la région. Ça l'est tant que la volonté des sahraouis n'est pas respectée.

Le Président mauritanien reçoit le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara Occidental

Nouakchott, AMI, 28/03/2013 - Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu en audience, jeudi, au palais présidentiel à Nouakchott, M. Christopher Ross, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara Occidental, en visite actuellement en Mauritanie.

A sa sortie d'audience, le responsable onusien a fait la déclaration suivante à l'AMI:

"Je suis venu en Mauritanie dans le cadre d'une nouvelle tournée consacrée à la recherche d'une solution de la crise du Sahara Occidental, conformément aux résolutions du conseil de sécurité des Nations unies.
Sans nul doute que la situation très grave dans la région du Sahel et son voisinage exige une solution rapide de cette crise plus que tout autre moment.

Dans ce cadre, j'ai eu des entretiens très importants avec Son Excellence le Président Mohamed ould Abdel Aziz sur les meilleurs moyens permettant de faire avancer le processus des négociations.

Je présenterai le bilan de cette tournée au Conseil de sécurité des Nations Unies en Avril prochain".

L'audience s'est déroulée en présence du ministre des affaires étrangères et de la coopération, M. Hamady Ould Hamady et de M. Abdallahi ould Ben Hmeida, chargé de mission à la Présidence de la République.

Sahara occidental : La situation au Sahel appelle à une solution « urgente », selon Ross

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental, M. Christopher Ross, a achevé mardi soir sa visite aux camps des réfugiés sahraouis. Une visite qui s’inscrivait, a-t-il indiqué, « dans le cadre de sa nouvelle tournée visant la recherche de solutions à la question du Sahara occidental en adéquation avec les décisions du Conseil de sécurité ».

Lors de cette visite, M. Ross a eu des entretiens avec plusieurs responsables du Front Polisario, notamment son secrétaire général, M. Mohamed Abdelaziz, et des représentants de la société civile à propos des « moyens idoines d’impulser le processus de négociations » et sur les actions que ce dernier comptait entreprendre dans le cadre de sa démarche de décolonisation du Sahara occidental sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Selon des responsables sahraouis cités par l’APS, Christopher Ross « envisage d’adopter une nouvelle méthode de négociations à travers des rencontres et concertations avec les parties dans le cadre de navettes, y compris au Sahara occidental en prévision de nouveaux rounds de négociations ». Il a aussi souligné que l’envoyé personnel « n’a formulé aucune proposition autour d’une fédération ou d’une confédération. Il s’agit ni plus ni moins que de l’autodétermination du peuple sahraoui et le Front Polisario a lutté et lutte pour un Etat libre et indépendant ». Selon M. Christopher Ross, « la situation grave dans la région du Sahel en appelle, plus que jamais, à une solution urgente » du conflit sahraoui, ajoutant que « les principaux pays au Conseil de sécurité sont convaincus de la nécessité de trouver un règlement rapide à la question du Sahara occidental ».

De son côté, le secrétaire général du Polisario avait réitéré à Christopher Ross la volonté du Front à poursuivre sa collaboration avec les Nations unies, qualifiant l’inertie actuelle d’inadmissible.

« Chaque jour qui passe entame la crédibilité du Conseil de sécurité et des Nations unies », a-t-il souligné à ce propos. Le responsable des négociations au niveau du Polisario, M. Kheddad, a estimé, pour sa part, qu’« il est inconcevable que les Nations unies restent silencieuses face à ce qui se passe au Sahara occidental, à savoir les violations flagrantes des droits de l’Homme, y compris le procès inique sanctionné par des verdicts lourds à l’encontre des militants sahraouis du camp de Gdeim Izik ». 

Par ailleurs, M. Christopher Ross soumettra au Conseil de sécurité, le 22 avril prochain, les résultats de sa tournée qui le mènera, également, à Nouakchott et en Algérie.

Reporters-dz, 28 mars 2013

Tunisie : une marche ouvre le Forum social mondial

© Élodie Perriot/Secours Catholique
L’amphithéâtre de l’université de droit de Tunis investi par une « assemblée de femmes en lutte » au premier jour du Forum social mondial.
Plusieurs dizaines de milliers d’altermondialistes venus du monde entier ont défilé mardi 26 mars dans les rues de Tunis pour ce premier Forum social organisé dans un pays arabe.

Cette journée d’ouverture du douzième Forum social mondial a été marquée par la marche de dizaines de milliers de participants partis vers 15 h 30 de l’avenue Bourguiba et de l’avenue Mohamed V pour aboutir en début de soirée aux abords du stade où un concert du chanteur brésilien Gilberto Gil les attendait.

Les manifestants ont brandi des banderoles et des drapeaux portant leurs revendications en arabe, français, anglais ou espagnol. Causes écologiste, pacifiste, syndicaliste, anticapitaliste, mais aussi plaidoyers pour une Palestine libre et une autodétermination du Sahara occidental.

La journée avait commencé sous un ciel bleu par la visite de l’université El-Manar où se tiendront les quatre journées du FSM et les quelque 950 ateliers. Dans la matinée, une « assemblée de femmes en lutte » a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans l’amphithéâtre de l’université de droit. Des femmes tunisiennes ont vivement critiqué le gouvernement en place pour avoir tenté d’instaurer la charia et voulu priver les femmes de leurs acquis.

Les intervenantes ont rappelé le rôle essentiel de la femme dans la société, condamnant les régimes qui veulent encore faire dépendre la femme de l’homme. Mercredi matin, les premiers ateliers débutent à 9 heures.

Jacques Duffaut

Secours Catholique, 27/03/013

Le problème du Sahara occidental dans les résolutions de l’ONU

L’acte juridique de référence est la résolution 1514 du 14 décembre 1960 de l’Assemblée Générale de l’ONU, dite « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux peuples colonisés ». Le fondement juridique résulte de la Charte des Nations-Unies, à savoir l’article 1, paragraphe 2, définissant comme l’un des buts des Nations-Unies de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’euxmêmes».

L’ONU a listé les territoires non autonomes (TNA), et le Sahara Occidental a été répertorié comme en 1963. L’Espagne n’a pu ignorer ce mouvement général et, en 1966, prend position en faveur de la décolonisation du Sahara occidental. La tension est montée entre l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie… et le Front Polisario, mouvement regroupant les nationalistes sahraouis, créé en 1973. Les positions des uns et des autres, reposant toutes sur des revendications de souveraineté, l’AG del’ONU a choisi de saisir la Cour internationale de justice pour recueillir un avis consultatif.

La CIJ a rendu son avis en 1975, concluant que s’il y avait eu des liens précoloniaux entre le Maroc et certaines tribus dans le territoire du Sahara occidental et sur certains points avec la Mauritanie, ces liens étaient très insuffisants pour établir une souveraineté, autre que celle du peuple sahraoui. Pour la Cour, lesdonnées de fait ne remettent pas en cause l’applicationde la résolution 1514 (XV) sur la décolonisation et, en particulier, « l’application du principe d’autodétermination grâce à l’expression libre et authentique de la volonté despopulations du territoire.» Pour la CIJ, le processus de décolonisation du Sahara occidental doit se poursuivre « sansque le Maroc puisse évoquer une remise encause de son intégrité territoriale».

Alors que l’avis était extrêmement clair,condamnant les prétentions du Maroc, le roi Hassan II a soutenu une interprétation ouvertementcontraire, concluant qu’il revenait au Maroc «d’occuper son territoire», puis a donnéle signal de la grande « Marche Verte», marquant la prise de possession du territoire. Le Conseil de sécurité a immédiatement réagi par sa résolution 377/1975 du 22 octobre 1975. Visant l’article 34 de la Charte, relatifaux menaces sur la paix internationale, il a alors réaffirmé les principes de la résolution 1514 (XV) de l’AG de l’ONU, ce qui revient à condamner l’action du Maroc et toute forme d’annexion par la force armée.

Le Maroc passant outre, ont suivi deux résolutions, la 379 du 3 novembre 1975 et la 380 du 6 novembre 1975, le Conseil de sécurité dénonçant clairement, dans cette dernière, une occupation étrangère injustifiée et demandant au Maroc «de retirer immédiatement du territoire du Sahara occidental tous les participants à la marche».

Toutefois, cette marche a été une réussite sur le terrain, d’où elle a conduit l’Espagne à rejoindre le point de vue marocain et conclure un accord à Madrid avec ce pays, le 14 novembre 1975. En application de cet accord, l´Espagne s´est retirée de ce territoire, en 1976, au profit du Maroc. L’ONU a toujours refusé dereconnaître la moindre valeur à cet accord, dès lors que ni l’Espagne ni le Maroc ne peuventfaire valoir de souveraineté sur le Sahara occidental.

Mon Journal, 27/03/2013

Christopher Ross en Algérie pour une dernière médiation- Alger-Rabat : une épine au pied, vieille de 38 ans

La nouvelle tournée de Christopher Ross à Rabat, Alger et Nouakchott a toutes les caractéristiques pour connaître le même sort que celui des précédentes. Si Alger se réclame du droit international et demande l’application des résolutions de l’ONU, le Maroc continue à considérer l’Algérie comme étant partie prenante au conflit, capable à elle seule de décider du sort du Sahara occidental. 

De toute évidence, le jeu est biaisé d’avance, vu sous cet angle, d’autant plus, qu’au moment où l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations-unies, Christopher Ross, rencontrait des représentants d'instances sahraouies des droits de l'homme, la répression marocaine contre les manifestants sahraouis atteingnait son paroxysme.

Il est hors de propos maintenant de s’appesantir encore sur ces manquements, les choses étant autrement plus graves et plus urgentes. Il y a la misère du peuple sahraoui, la longue agonie, la répression à faire cesser sans tarder.

Les membres de la commission sahraouie de défense de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, présidée par Sidi M'hamed Dadache, la détenue politique sahraouie, Nakdja Lachkar et le militant Salah Dilal ont informé Christopher Ross de la situation grave qui prévaut au Sahara occidental et qui exige de l'Onu d'assumer ses responsabilités.

Ross était accompagné d'une délégation et du représentant spécial des Nations-unies pour le Sahara occidental et chef de la Mission des Nations-unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, Wolfgang Weisbrod-Weber. La Minurso, en tant que mission internationale chargée de protéger, surveiller et rapporter la situation des droits de l'homme, doit retrouver ses prérogatives pour qu'elle puisse travailler en toute indépendance et contacter les citoyens sahraouis en toute liberté, dans la perspective d'effectuer sa mission principale, celle d'organiser un référendum d'autodétermination.

Les témoignages sur les graves violations des droits de l'homme commises par l'Etat marocain à l'encontre des Sahraouis sont plus nombreux que par le passé et renseignent sur l’agacement de Rabat et son incapacité à trouver le ton juste vis-à-vis, d’abord, de l’ONU.

Aujourd’hui, et avant même l'organisation d'un référendum, l’urgence, c’est le procès inique des détenus de «Gdeim Izik» ainsi que d'autres affaires liées aux droits de l'homme dans ce territoire.

C’est aussi la protection des richesses naturelles et l'exploitation excessive et illégale de ces richesses par l'Etat marocain, au moment où le peuple sahraoui souffre de marginalisation, de chômage et de pauvreté.
Par Fayçal Oukaci

Mon Journal, 26(03/2013

"Nous avons les preuves de l’implication du Maroc"

Wikileaks:"Le Makhzen pilote le trafic de drogue en Afrique"
Le ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), Mohamed Salem Ould Salek, a accusé hier, lors d’une conférence à Alger, le Maroc d’être à l’origine de l’enlèvement des diplomates algériens à Gao. Pis encore, il soupçonne le royaume d’être directement impliqué dans l’attaque sanglante de Tiguentourine.

Lors d’une conférence de presse, au siège de l’ambassade de la Rasd à Alger, le ministre des Affaires étrangères sahraoui a directement accusé Rabat d’être le commanditaire et le soutien des groupes terroristes qui sèment la terreur au Sahel. « Les services de renseignements marocains ont créé le Mouvement pour l’Unicité et le Jihed en Afrique de l’Ouest (Mujao) pour déstabiliser l’Algérie et le Front Polisario. Leur objectif, renforcer ses opérations de contrebande de drogue dans toute la région », a-t-il insisté. 

Le responsable de la diplomatie sahraouie s’est montré sûr et confiant, quant à l’implication des services marocains dans l’enlèvement des diplomates algériens à Gao « Nous détenons des preuves qui prouvent que le Maroc est à l’origine de l’enlèvement des diplomates algériens au nord du Mali. Ce sont les intermédiaires marocains impliqués dans le Mujao qui ont retenu les diplomates algériens au nord du Mali », a-t-il affirmé. Interrogé si la Rasd détient des preuves sur l’implication du Maroc dans l’attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine à In Amenas le 16 janvier dernier, le diplomate enchaîne : « Il est fort probable que le Maroc soit aussi impliqué dans l’attaque terroriste qui a secoué le site gazier algérien de In Amenas. 

Le gouvernement sahraoui affirme, preuves à l’appui, que Rabat est à l’origine de la création de groupes terroristes comme le Mujao. Rabat le finance directement et lui assure une couverture dès lors que cela s’avère nécessaire. A partir de là, toutes les actions terroristes au Sahel se font avec la complicité et la bénédiction des Marocains », a-t-il insisté.

Abordant la visite de Christopher Ross dans les territoires occupés et aux camps des réfugiés sahraouis, Ould Salek dira « Nous souhaitons que cette visite pèse sur la position du Conseil des Nations unies afin de changer sa position quant au droit du peuple sahraoui à son autodétermination. Mais nous sommes convaincus que la visite de Ross effectuée depuis avant-hier aux camps des réfugiés sahraouis a été pour la première fois soutenue par le secrétaire général de l’ONU et par certaines ONG internationales, à savoir : Amnesty International et les Amis de la Rasd. Cela nous rassure ». 

Dans le même sillage, Ould Salek lance un appel à la communauté internationale, notamment les pays qui soutiennent le Maroc, telle la France, à revoir leurs positions. Le ministre des Affaires étrangères de la RASD a tiré la sonnette d’alarme quant aux quantités de kif marocain qui envahissent les pays de la région et même l’Europe, se reférant aux derniers rapports de l’ONU.

Zohra Chender

Algérie  News, 26/03/2013

"Le Mujao a été concocté à Rabat"(ministre sahraoui)

Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed-Salem Ould Salek, a affirmé hier à Alger que le Maroc, “qui a créé le groupe terroriste, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), est derrière l’enlèvement des diplomates algériens à Gao au Mali”. «Le Mujao a été concocté à Rabat, ses têtes pensantes se trouvent dans la capitale marocaine et ses agents voyagent fréquemment entre Rabat et deux capitales au minimum en Afrique, avec des passeports diplomatiques”, a précisé Ould Salek, lors d’une conférence de presse. “C’est eux qui sont derrière l’enlèvement des diplomates algériens, des humanitaires espagnols dans les camps de réfugiés sahraouis et les nombreuses attaques terroristes contre l’Algérie”, a-t-il dit, sans écarter le lien entre le Mujao et l’attaque contre le site gazier de Tiguentourine. Il a affirmé que “depuis 2006, l’ambassade marocaine à Bamako est devenue le lieu où se réunissent des officiers de renseignements marocains pour se déployer au niveau de Gao et Tambouctou et dans le nord du Mali, en général, afin d’organiser les réseaux de contrebande de drogue et ceux du Mujao”. “Ils sont également utilisés comme médiateurs entre les groupes terroristes et certains pays européens pour négocier la rançon contre la libération d’otages”, a-t-il affirmé.

Ce n’est pas tout. La drogue marocaine est également en train d’inonder les pays nord africains et ceux du Sahel et constitue une menace pour la stabilité de la région ainsi qu’au projet du Grand Maghreb. Selon lui, le Maroc à travers les différents mécanismes de l’État (la gendarmerie, la police et les services de renseignement) s’est tourné vers l’Afrique après que les pays européens ont procédé à la fortification de leurs frontières sud. « Depuis 2009 une grande quantité de la production marocaine de cannabis (85% de la production mondiale) passe à travers les frontières marocaines aux pays voisins grâce à la bénédiction d’officiers hauts placés auxquels sont affiliés des dizaines de sous-traitants», a-t-il indiqué.

Pour étayer ses propos, il a évoqué le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et les différents centres mondiaux qui indiquent « qu’en plus de monopoliser le commerce du cannabis, le royaume Chérifien est devenu un point de passage des différentes drogues dures issues de l’Amérique du Sud ». Le même responsable indiquera également que selon des estimations de plusieurs centres européens et mondiaux, « les revenus du Maroc en matière de drogue représentent 25 milliards de dollars en 2012.

Des sommes qui sont investies pour obtenir un soutien pour sa guerre au Sahara occidental, dans l’habitat et dans le tourisme ». Poursuivant dans le même ordre d’idée il dira que, « notre voisin de l’ouest fait semblant de condamner des trafiquants de drogue pour bénéficier des aides européennes destinées à lutter contre la production de cannabis et la remplacer par des productions agricoles dans les régions du Nord mais la production de drogue ne fait qu’augmenter ». 

Concernant la guerre au Mali et ses retombées sur le trafic de drogue, le ministre des AE sahraoui indique que, «le nord-Mali est devenu une région incontournable dans le trafic de drogue à cause de la main- mise des groupes terroristes dans la région ». Il dira à ce propos que, « le Maroc profite de cette guerre pour faire passer sa marchandise et a même créé le Mujao pour déstabiliser l’Algérie et le Front Polisario ». Pour mettre fin à ces pratiques marocaines, Ould Salek lance un appel « pressant » pour les différents pays et notamment ceux de l’Union européenne qui doivent selon lui, « exercer des pressions sur le royaume de Mohamed VI pour mettre fin au trafic de drogue et ses répercussions dévastatrices sur la sécurité et la stabilité des pays à travers le monde ». 

D’autre part, le responsable sahraoui a salué la visite de Christopher Ross au Sahara occidental, tout en dénonçant l’oppression ignoble qu’à subie la manifestation pacifique qui a suivi sa visite. « Nous saluons la visite de Ross aux territoires occupés du Sahara occidental qui intervient néanmoins à un moment où l’oppression marocaine bat son plein, et est en train de prouver son indifférence par rapport aux différentes résolutions onusiennes et les traités internationaux», a-t-il indiqué en comparant même la politique marocaine avec celle de l’entité sioniste en Palestine. Pour lui, « Cette situation est devenue intenable et témoigne de l’absence de volonté politique marocaine à engager de véritables négociations ». «Nous invitons le Conseil de sécurité à prendre ses responsabilités pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination, nous espérons dans ce cadre que les rapports des ONG internationales et le soutient des amis du Sahara occidental dont à bénéficié Christopher Ross puissent plaider en notre faveur lors de la prochaine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui aura lieu durant le mois d’avril prochain», a-t-il également indiqué.

Younes Guiz

A qui profite l'instabilité au Sahel?

Conférence de presse du ministre sahraoui des Affaires étrangères : "Que l'ONU assume ses responsabilités"

« Le Makhzen a profité de l'instabilité au Sahel pour, primo, inonder ses voisins de drogue, y compris la dure qu'il importe de la Colombie, et secundo, créer le Mujao, un appendice de ses services de renseignement, pour cibler les intérêts de l'Algérie et des Sahraouis. 

Parmi les managers de cette organisation narcoterroriste, on retrouve des « diplomates accrédités » en Afrique de l'Ouest, des « consultants » qui ont pignon sur rue au Sahel mais surtout des officiers de la DST qui font, à l'occasion, dans la médiation pour la libération d'otages contre paiement de rançons et le proxénétisme à Dakar, Ouagadougou, Abidjan, Cotonou... », dit-il avant de révéler le montant de ce commerce marocain : 25 milliards d'euros uniquement en 2012. « Rabat, dit-il, importe sa cocaïne de Colombie par avion, ventile celle-ci dans les grandes capitales africaines et du Golfe en utilisant les vols réguliers de la Royal Air Maroc et des convois terrestres via le Sahara occupé et la Mauritanie ». 

Et l'Europe ? « Elle est alimentée par avions et embarcations rapides », répond-il. « 12 petits avions ont été abattus par les gardes côtes espagnols l'an passé », rappelle le ministre sahraoui. L'observatoire européen chargé de la surveillance de la drogue ne cesse de lancer des alertes », reconnaît le diplomate sahraoui estimant que le Maroc, qui était jusqu'à présent un obstacle à la construction de l'UMA, constitue, désormais, un véritable danger pour la population.

Christopher Ross chez les réfugiés

« L'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, ne pourra pas avancer tant que la France, membre du Conseil de sécurité, continuera à soutenir le Maroc et faire valoir son droit de veto », dit-il. « Nous avons toujours collaboré avec les Nations Unies et son envoyé spécial.

A la veille de la commémoration du 40e anniversaire du soulèvement sahraoui, nous réitérons cette vérité : sans notre indépendance, il n'y aura ni UMA ni stabilité. Et l'attitude de la force occupante qu'est le Maroc nous révolte. Ses forces violent, bastonnent, violentent nos populations sous le regard des fonctionnaires de la Minurso. Notre souhait dans l'immédiat ? Que les Nations Unies assument leurs responsabilités, c'est-à-dire faire respecter les droits de l'Homme et ramener notre « occupant » à la table de négociations, sans préalables et sans sa fumeuse autonomie ».

Dans la foulée, Ould Salek lance une flèche à la France, le pays qui soutient, dit-il, les thèses marocaines au Conseil de sécurité. « Pour mettre en œuvre l'accord politique que nous avons signé en 1991, il faut aller aux urnes », dit-il. « Qu'attend la France qui a délimité les frontières entre le Sahara et le Maroc avec l'Espagne, et milité pour les droits de l'Homme au point d'intervenir militairement, comme en Libye, au Mali pour imposer la démocratie, défendre des populations en danger et des intégrités territoriales en danger pour réagir et cesser sa politique des deux poids, deux mesures ? ».

François Hollande, qui sera en visite à Rabat en avril prochain, osera-t-il franchir ce pas ? Certains analystes laissent croire qu'il pourrait, après avoir apporté un soutien franc à Christopher Ross, lever sa main sur la demande d'élargissement de la Minurso. « Le pourrissement de la situation aura des conséquences incalculables pour la région », prévient le diplomate sahraoui. « Est-ce le souhait du Palais royal et de ceux qui le soutiennent ? », s'interroge-t-il. 

Djamel Boukrine, 26/03/2013

Le Polisario appelle Ross à donner à la communauté internationale une image réelle sur la situation des Sahraouis

CHAHID EL HAFEDH (Camp de refugiés sahraouis) - Le coordonnateur du Front Polisario avec la Minurso a appelé, lundi, l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross à donner au Conseil de sécurité une image réelle de la situation des Sahraouis.


Dans une déclaration à la presse au sortir de sa rencontre avec l’envoyé onusien, M. Khaddad a indiqué que la visite de M. Ross dans la région "se déroule alors que le processus de négociation est à l’arrêt depuis une année et au moment où de graves violations des droits de l’homme sont commises par le Maroc qui empêche les observateurs internationaux de visiter le Sahara occidental".

M. Khaddad a exhorté M. Ross de "donner la vrai image de la repression subie par le peuple sahraoui dans les territoires occupés pour que le Conseilde sécurité puisse prendre les mécanismes qui s’imposent afin de protéger le peuple sahraoui".

"Le Maroc ne respecte pas les droits de l’homme", a soutenu M. Khaddad ajoutant que "l’heure est venue pour que l’ONU assume ses responsabilités dans ce sens" saluant par la même la venue de M. Ross et la disponibilité du Front Polisarion à coopérer pleinement avec lui.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU Christopher Ross a rencontré dimanche et lundi, dans la ville de Dakhla occupée, dans le cadre de sa première visite dans cette ville, des représentants de la société civile et des victimes sahraouies.

Le militant sahraoui des droits de l’homme et président de l’association sahraouie de lutte contre la torture, le deuxième vice-président du bureau exécutif du rassemblement des militants sahraouis des droits de l’homme, le président de l’association des handicapés à Dakhla, ainsi qu’un membre de l’association sahraouie de lutte contre la torture au Sahara Occidental, figurent parmi les membres de la délégation reçue par M.Ross.

APS

La décolonisation de la Polynésie française examinée cette semaine à l'ONU

Depuis des mois, les indépendantistes polynésiens – au premier rang desquels Oscar Temaru, l’actuel président de la Polynésie française – bataillent pour que leur collectivité soit réinscrite sur la liste des Nations Unies des territoires non autonomes à décoloniser.

Première satisfaction pour eux : la question va être examinée cette semaine à l’Onu. Si la Polynésie se retrouvait sur cette liste, un référendum devrait être organisé. Trois issues possibles :

-un rapprochement avec la France, à travers une départementalisation ;
- un éloignement, à travers l’indépendance ;
- un statut intermédiaire d’Etat associé.

Seize territoires se trouvent aujourd’hui sur la liste de l’Onu. Parmi eux, le Sahara occidental, Gibraltar et... la Nouvelle Calédonie.

L'ONU soumettra au vote la résolution L56, qui porte sur la décolonisation de la Polynésie française. Le sénateur (PS) Richard Tuheiava et le président indépendantiste de la Polynésie française,Oscar Temaru, mènent depuis plusieurs mois un intense lobbying aux Nations unies, afin que leur collectivité d'outre-mer soit réinscrite sur la liste de l'Onu des territoires non autonomes à décoloniser. 
Cette réinscription mènerait vers un référendum, pouvant lui-même déboucher sur un rapprochement avec la France, à travers une départementalisation, un éloignement, à travers l'indépendance, ou un statut intermédiaire d'Etat associé. 

Richard Tuheiava a regretté l'attitude de la France et "d'autres pays européens coloniaux" qui se livreraient eux-mêmes à un lobbying pour que cette résolution ne soit pas adoptée. 
Paris estime que les Nations unies n'ont pas à intervenir

"Il y a une forte tentative de retarder la fixation de cette date, de la part de notre puissance administrante (la France, NDLR) et de ses alliés", a-t-il regretté. 

Paris estime que l'avenir de la Polynésie française est un débat qui doit se tenir entre la collectivité et la France, et que les Nations unies n'ont pas à intervenir. 

Oscar Temaru pense au contraire que l'ONU doit "arbitrer" les conflits entre cette collectivité autonome dans la République et sa tutelle, notamment sur la question de la "dette nucléaire". 
Une majorité simple suffirait pour que cette résolution soit adoptée

Le président polynésien et le sénateur affirment avoir rencontré 73 pays et avoir convaincu la plupart d'entre eux du bien-fondé de leur démarche. 

Une majorité simple suffirait pour que cette résolution soit adoptée en assemblée générale à l'Onu. 

Si la résolution L56 n'est pas votée dès le début de cette semaine, c'est, selon Richard Tuheiava, "essentiellement en raison de l'absence d'Oscar Temaru à New York, mais on l'attend dans les jours qui viennent ". 

Le président est en campagne à Tahiti, les élections territoriales ayant lieu les 21 avril et 5 mai prochains. 

Oscar Temaru y aura comme principal adversaire le sénateur autonomiste Gaston Flosse, qui a réuni environ 10 000 militants à Papeete samedi. 

AFP, L'express.fr, Le Nouvel Observateur, 25 mars 2013






Sahara: la police marocaine disperse une manifestation indépendantiste (TV algérienne)

El Aaiun, 24 mars 2013

AFP, 25 mars 2013.- La police marocaine a dispersé par la force une manifestation de militants indépendantistes à Laâyoune, au Sahara occidental, en marge de la visite de l'émissaire de l'ONU Christopher Ross, a affirmé lundi la télévision algérienne Ennahar TV.
"La police a dispersé avec violence des militants sahraouis qui tentaient de manifester en faveur de l'indépendance du Sahara occidental, à l'occasion de la visite à Laâyoune de l'envoyé spécial de l'ONU", a déclaré un militant sahraoui non identifié, cité par la télévision. La manifestation a eu lieu samedi.
La ville de Dakhla, à 500 km au sud, où M. Ross est arrivé dimanche, a été entièrement encerclée par les forces de sécurité marocaines, a ajouté le militant.
Après deux jours passés à Rabat, M. Ross a rencontré vendredi à Laâyoune des responsables locaux ainsi que des personnalités pro-marocaines et pro-indépendantistes, selon Ennahar TV.
Sa mission, qui prévoit également un séjour en Algérie, soutien des indépendantistes, et en Mauritanie, vise à sortir du statu quo. Elle doit s'achever le 3 avril.
M. Ross, un temps désavoué par le Maroc, souhaite "préparer une reprise possible des discussions directes". Le but est "de trouver une solution politique mutuellement acceptable qui aboutisse à l'autodétermination pour la population du Sahara occidental", selon l'ONU.
Lors de sa première étape à Rabat, M. Ross, qui présentera son rapport au conseil de sécurité de l'ONU le 22 avril, a souligné que le règlement de la question du Sahara occidental était "plus urgente que jamais", compte tenu de l'instabilité au Sahel.
Le Maroc propose une large autonomie pour l'ancienne colonie espagnole, mais ce plan est rejeté par le Front Polisario, qui milite pour un référendum d'autodétermination.
Huffington Post, 25 mars 2013

Le Maroc provoque-t-il l'ONU ?

Une des victimes de la
manifestation du 23 mars 2013

URGENT ! El Aaiun : Plus de 50 blessés auxquels les soins sont refusés

Par EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé, 23/03/2013

L'envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a poursuivi sa série de réunions aujourd'hui 23 mars 2013 à El-Aaiun occupée (capitale du Sahara Occidental, ndlr) avec des représentants des associations sahraouies.

Pendant une heure et demie qu'a duré la réunion, plusieurs points ont été abordés, selon les informations données par les participants présents lors de la rencontre.

M. Ross a rappelé que sa tournée "vise à trouver une solution durable, juste et acceptable pour les deux parties et à promouvoir un nouveau cycle de négociations". Son rôle de médiateur ne consiste pas à proposer des solutions qu'il viendrait tenter d'imposer.

Cela invalide les informations publiées dans la presse marocaine ces derniers jours disant que l'envoyé spécial envisageait de proposer la formule d'une confédération entre le Maroc et le Sahara Occidental.

Les représentants sahraouis des organisations de défense des droits ont démontré, exemples à l'appui, qu'il ne pouvait pas être fait confiance dans la parole du régime marocain. Ils ont souligné que le but des Sahraouis est l'indépendance, et que s'ils sont une poignée à croire en la réussite de l'ONU par des méthodes pacifiques, il est important que l'envoyé spécial sache que la majorité des jeunes sont convaincus que l'indépendance ne se gagnera que par la reprise de la lutte armée.

Les organisations ont informé M. Ross de l'appel à manifestation lancé pour le même jour à 17h30 sur le boulevard Essmara de El Aaiun.

Preuve supplémentaire s'il en est besoin, avant même sa formation, la manifestation a subi une attaque éclair par la police marocaine.

C'est la deuxième fois que M. Ross rencontre les organisations de la société civile sahraouie et la deuxième fois aussi qu'une manifestation pacifique sahraouie est attaquée le même jour. Cela ressemble à un message des autorités marocaines à l'ONU qui pourrait être, "vous faites ce que vous voulez, et nous aussi", y compris violer les droits fondamentaux des populations.

En effet, coïncidence ou non, M Dadach Sidi Mohamed, Hassanna Duihi, Degja Lachgar et Med Saleh Dailal qui ont assisté à la réunion avec M Ross le matin ont été délibérément ciblés et sont gravement blessés selon leurs proches.

Les forces de l'ordre marocaines, en plus de la violence physique sur les femmes sahraouies, leur ont imposé l'humiliation de les déshabiller de force dans la rue. 

Mlle Sultana Khaya chef de l'observatoire des ressources naturelles et de défense des droits de l'homme à Boujdor a été battue en pleine rue, puis amenée à bord d'une voiture de police, insultée, frappée encore. Les policiers lui ont enlevé son pantalon de force puis l'ont abandonnée dans cette tenue en dehors de la ville. C'est la première fois que ce traitement dégradant et humiliant est appliqué à une femme.

Trois autres activistes, Mme Mina Aba'ali, Mlle Laila Lili et Mlle Salha Boutngiza, ont été elle aussi attaquées par les policiers qui leur ont retiré leur pantalon de force en plein public.

Selon nos correspondants, le président du Conseil National des droits de l'homme, section El aaiun Smara, inquiet de la situation des victimes, a été interdit par les policiers d'entrer dans l'hôpital Hassan Ben Elmehdi où il pensaient que de nombreux blessés ont demandé assistance.

Leila Lili, Hassana Duihi et Bechri Bentaleb sont allés chercher de l'aide dans cet hôpital qui a refusé de les soigner. Les soignants n'ont même pas diagnostiqué la gravité des blessures, et les ont renvoyés chez eux.
Selon d’autres Sahraouis blessés interrogés par nos correspondants, ils n'iront pas à l'hôpital se faire soigner par peur du harcèlement ou des arrestations. L'hôpital est encerclé par les forces de polices marocaines.

Une estimation provisoire fait état de plus de 50 Sahraouis blessés à 21h30. (Heure locale)


LES AUTORITÉS MAROCAINES ONT EMPÊCHÉ LES AMBULANCES D’ALLER AUSECOURS DES BLESSÉS. PLUS DE 20 BLESSÉS ONT ÉTÉ TRANSFÉRÉS À L’HÔPITAL D’EL AAIUN

Les autorités d’occupation marocaines empêchent les ambulances d’évacuer les blessés qui se trouvent près du “Fourne de Manolo” dans la capitale du Sahara Occidental, El Aaiun.  
Plus de 20 citoyens sahraouis ont été transférés à l’hôpital Ben El Medi d’El Aaiun, tous de nationalité sahraouie et, dans la plupart, des femmes

SOLIDARITE MAROC, 24/03/2013

Ross rencontre Aminatou Haidar

Christopher Ross, l’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, a rencontré, vendredi soir, une délégation des membres du Codesa, collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’Homme, conduite par la militante sahraouie, Aminatou Haidar, au siège de la Minurso, la mission des Nations unies chargée de surveiller le cessez-le-feu depuis 1991, à Al Ayoune, dans les territoires occupés du Sahara occidental. 

Ali Salem Tamek et Larbi Messaoud, membres de la Codesa, et Wolfgang Weis-Weber, représentant spécial du SG de l’ONU pour le Sahara occidental et chef de la Minurso, ont assisté à cette rencontre inscrite au programme du second séjour sur place, depuis 2009, du diplomate américain. Au menu de cette rencontre, rapporte SPS, l’agence sahraouie, la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés. 

Les défenseurs sahraouis des droits humains, précise l’agence, ont dénoncé les violations continues des droits humains perpétrées par les autorités marocaines contres les Sahraouis dans ces territoires. Ils ont cité le procès militaire du groupe de Gdeim Izik, le climat de terreur dans lequel ils vivent dans les territoires occupés et les difficultés qu’ils rencontrent pour former des associations et organisations des droits de l’Homme. 

Pour empêcher les citoyens sahraouis de prendre contact avec Ross, les autorités marocaines ont déployé un contingent militaire qui campe autour de la Minurso, ajoute SPS. Mais, un groupe de cinq Sahraouis a réussi à s’y introduire pour exiger une réunion avec l’envoyé spécial des Nations unies. Ross, qui se rendra, aujourd’hui, à Dakhla, à 500 km plus au sud d’Al Aaiun, une étape inédite, a tenu, hier, à apporter un démenti à certains médias. Selon ces derniers, Ross envisage de proposer une formule de fédération ou confédération entre le Maroc et le Sahara occidental comme solution. « Il n’y a aucune nouvelle proposition en vue », déclare le diplomate américain cité par l’agence espagnole EFE, mais une « recherche d’une solution durable et mutuellement acceptable qui prévoit le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ».

Djamel B.

Horizons, 23/03/2013

L'Europe ne croit plus aux engagements du Maroc

Les retombées des violations des droits de l'homme perpétrées par le Maroc au Sahara Occidental sur ses relations avec l'Union Européenne se précisent de plus en plus.

Les négociations pour un nouvel accord de pêche ont, pour l'énième fois, échoué à cause du refus marocain d'inclure une clause permettant à la population du Sahara Occidental de bénéficier des revenus de l'accord. Un geste qui reflète les réticences de l'institution européenne à reconnaître la souveraineté du Maroc sur l'ancien Sahara Espagnol.

Dans un rapport sur sa politique de voisinage avec le Maroc, la Commission Européenne a relevé que le Maroc promet des choses, mais au moment de mettre en application ses promesses, les autorités marocaines font marche arrière.

Le rapport annuel « Mise œuvre de la Politique Européenne de Voisinage au Maroc : Progrès réalisés en 2012 et actions à mettre en œuvre » publié le 20 mars aborde avec une précision chirurgicale tous les aspects de la politique marocaine et relève le manque de sérieux dans les engagements du Maroc. 

Le manque de crédibilité du Maroc auprès de l'Union Européenne a aussi été l'objet d'une déclaration du Commissaire européen Stefan Füle à propos de l'expulsion récente de quatre eurodéputés qui voulaient se rendre au Sahara Occidental. A ce sujet il a demandé aux autorités marocaines de faire preuve de « plus de sincérité » dans leurs communications avec les institutions européennes.

"Les autorités de ce pays doivent faire preuve de plus de sincérité dans leurs communications avec les institutions européennes. Il ne doit pas y avoir de tabous dans nos relations avec le Maroc et ce pays devrait s'abstenir de faire des obstacles aux allers et venues d'individus du Parlement européen ou de n'importe quelle autre institution européenne qui voudraient accomplir une ou l'autre mission au Maroc", a-t-ajouté.

Sahara Occidental: Christopher Ross souligne l'urgence d'une solution

par S. C: Synthèse

L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, a souligné jeudi à Rabat «l'urgence du règlement de la question sahraouie, au regard de la situation prévalant au Sahel». Il a déclaré à la presse à l'issue d'un entretien avec le chef de la diplomatie marocaine, Saad Dine El Otmani, que «la situation dans la région du Sahel et de son voisinage rend une solution plus urgente que jamais de la question du Sahara Occidental». L'émissaire onusien a indiqué que sa nouvelle tournée, qui s'étalera jusqu'au 3 avril prochain, est «consacrée à la recherche d'une solution à la question du Sahara Occidental conformément aux résolutions successives du Conseil de sécurité». M. Ross a précisé qu'il présentera les conclusions de cette tournée au Conseil de sécurité le 22 avril prochain. 

Durant son séjour au Maroc, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU s'est également entretenu le même jour avec Karim Ghellab, Mohamed Cheikh Biadillah et Abdelilah Benkirane, respectivement présidents des deux chambres du Parlement marocain et chef du gouvernement, avant d'avoir des entretiens le lendemain avec le ministre de l'Intérieur, Mohand Laenser. Avant d'arriver au Maroc, le représentant onusien s'était rendu mardi à Madrid où il avait eu un entretien avec le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères, Gonzalo de Benito. 

A partir d'hier, M. Ross devait se rendre, et pour la deuxième fois depuis sa nomination en 2009, au Sahara Occidental, notamment dans les villes d'El Aaiun et de Dakhla et sa visite devra durer cinq jours, selon des sources médiatiques. Rappelons que M. Ross avait effectué une visite régionale en octobre 2012 et à l'issue de laquelle il avait présenté un rapport devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il avait exprimé sa «forte préoccupation du statu quo en prévenant que s'il perdurait, ce conflit pourrait nourrir une frustration croissante et déclencherait de nouvelles violences et hostilités qui seraient tragiques pour les peuples de la région». 

De son côté, le Front Polisario, par la voix de son bureau politique, a accueilli favorablement la visite de l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental. Le représentant sahraoui a ainsi affirmé sa disposition à collaborer avec les Nations unies pour la décolonisation du Sahara Occidental, à travers l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui libre, juste et régulier. A l'issue d'une réunion du bureau du secrétariat du Front Polisario, présidée par le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, l'agence de presse sahraouie a précisé que cette instance estime que «le Conseil de sécurité ne pouvait rester indifférent face aux violations flagrantes des droits de l'homme commises par le Maroc contre les civils sahraouis sans défense». A cet égard, l'instance suprême du Polisario a rappelé «le procès militaire inique et illégal à l'encontre des 25 prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik». Il a réitéré son appel à l'ONU à intervenir pour demander l'annulation des sentences injustes prononcées à l'encontre du groupe de Gdeim Izik et la libération de tous les détenus politiques sahraouis dans les prisons marocaines. Le bureau du secrétariat a également dénoncé «le blocus imposé par le Maroc au Sahara Occidental, rappelant notamment le refoulement, début mars, d'une délégation de parlementaires européens de l'aéroport de Casablanca».

Le Quotidien d'Oran, 23/03/2013

Cinq jeunes sahraouis s'introduisent dans le siège de la MINURSO à Smara

Pour la deuxième fois, un groupe de jeunes sahraouis réussit à s'introduire à l'intérieur du siège de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) à Smara. Ils exigent une réunion avec l’envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies pour le Sahara Occidental, Christopher Ross qui, normalement, devrait être aujourd'hui à El Aaiun, capitale du territoire occupée par le Maroc. 

Deux des cinq jeunes qui ont investi le siège onusien à Smara ont été sérieusement blessés par le fil de fer barbelé quand ils ont franchi en force le mur qui entoure le siège onusien.

Pour empêcher les citoyens sahraouis de prendre contact avec la MINURSO, les autorités marocaines ont déployé un contingent militaire qui campe autour du siège onusien. Suite à l'incidente ce matin, ce contingent a été dispersé pour éviter que des journalistes ou observateurs découvrent que le siège onusien est entouré de forces de sécurité marocaines.

Pour rappel, la MINURSO se trouve dans le territoire du Sahara Occidental depuis 1991 et elle est la seule mission onusienne à ne pas avoir un mandat pour surveiller le respect des droits de l'homme dans ce territoire.

Conseil de sécurité : Le « groupe des amis du Sahara occidental » soutient Christopher Ross

La visite de l'envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental a suscité la réaction de certains pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, qui ont exprimé leur satisfaction et leur soutien à cette mission pour qu’elle permette de sortir de l’impasse.

Connus sous l’appellation « groupe des amis du Sahara occidental », des pays membres permanents du conseil de sécurité, auxquels s’ajoute l’Espagne, ont accueilli favorablement la visite de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, prévue du 20 mars au 3 avril dans la région, en émettant l’espoir de « la fin de l’impasse actuelle ». Sous la direction de la représentante des Etats-Unis à l’ONU, Mme Susan Rice, ils ont publié un communiqué conjoint dans lequel ils ont exprimé leur satisfaction pour cette nouvelle tournée de Christopher Ross.

« Le Groupe des amis du Sahara occidental a salué l'annonce de la prochaine visite de l'Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Christopher Ross, dans la région, y compris au Sahara occidental», a indiqué le communiqué. Dans ce cadre, le communiqué souligne que les pays membres du Groupe des amis du Sahara occidental « expriment leur soutien aux efforts de médiation du secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel en vue de la prochaine étape de leur engagement avec les parties (au conflit) et les Etats voisins ».

En outre, les cinq pays de ce Groupe ont souligné qu’ils « encouragent les parties à faire preuve de souplesse dans leurs relations avec l'envoyé personnel et entre eux, dans l'espoir de mettre fin à l'impasse actuelle et d’avancer vers une solution politique », a encore précisé le communiqué. Le porte-parole de l'ONU, Eduardo del Buey, avait indiqué vendredi dernier que cette prochaine visite, « qui entre dans le cadre du mandat de Christopher Ross et des différentes résolutions du Conseil de sécurité, vise à préparer la prochaine étape dans le processus des négociations et une éventuelle reprise des pourparlers directs en vue de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable, qui devra assurer l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Cette nouvelle tournée de Christopher Ross dans la région intervient après celle effectuée en octobre dernier à la suite de laquelle il avait présenté un rapport devant le Conseil de sécurité de l’ONU. L’envoyé personnel de Ban Ki-moon avait alors exprimé sa « forte préoccupation » du statu quo de la situation en prévenant que s’il perdurait, « ce conflit pourrait nourrir une frustration croissante et déclencherait de nouvelles violences et hostilités qui seraient tragiques pour les peuples de la région ». En conséquence, il avait soutenu que la question du Sahara occidental, qui dure depuis bien trop longtemps, « doit être résolue et elle peut être résolue s’il y a une volonté de s'engager dans un véritable dialogue ».

C'est ainsi qu'il avait annoncé qu’au lieu de convoquer immédiatement un autre round de négociations entre le Front Polisario et le Maroc, il allait entreprendre, préalablement, de larges consultations à l'échelle internationale et régionale suivies de « navettes diplomatiques » à travers plusieurs visites dans les pays de la région, dont le Sahara occidental. Dans ce sens, il avait émis l’espoir qu’une telle démarche soit susceptible « de jeter les bases pour une reprise efficace des réunions » entre les deux parties au conflit. A signaler, le prochain rapport du secrétaire général de l’ONU sur la question du Sahara occidental sera soumis au Conseil de sécurité en avril prochain.

« La France doit exercer des pressions sur le Maroc »

L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental entame, dès demain, une nouvelle tournée dans la région, notamment dans les territoires occupés, dans l’espoir d’une reprise rapide des négociations entre le Front Polisario et le Maroc. Dans quelle mesure cette éventualité est-elle possible ?

Effectivement, M. Christopher Ross entame une seconde tournée dans la région (la première a eu lieu en octobre dernier) après la vaine tentative de retrait de confiance dont il a été l’objet de la part du royaume marocain. Une conspiration qui a lamentablement échoué au profit la légalité internationale. Cette visite, qui va conduire, une nouvelle fois, l’émissaire international dans les territoires aussi bien occupés que libérés, intervient quelques jours après sa tournée dans les capitales européennes. Nous espérons que M. Ross ait obtenu un soutien, fut-il moral, de la part des pays détenteurs de sièges permanents au Conseil de sécurité et du groupe d’Amis du SG de l’ONU pour le Sahara occidental qui ont rendu public un communiqué dans lequel ils réaffirment leur soutien aux efforts du médiateur international. Cela dit, la réussite de cette mission dépend des pressions que le Conseil de sécurité exercera sur le Maroc, dans l’espoir de le pousser à collaborer, tant avec nous qu’avec M. Ross, et à entamer des négociations sérieuses et concrètes, et non des discussions stériles, comme celles qui ont été menées jusque-là. Je crois qu’il est urgent d’entamer une nouvelle ère de discussions. Je crois aussi que la France doit exercer des pressions sur son allié marocain.

Qu’attendez-vous de cette nouvelle visite de M. Ross ?

Lors de sa dernière tournée en 2012, M. Ross a fait savoir son intention d’accroître ses efforts politiques, notamment, à travers les visites des pays de la région, ceux siégeant au sein de l’instance suprême de l’ONU et ceux qui forment le groupe des Amis du Sahara occidental. Nous pensons que cette nouvelle sortie devrait apporter quelque chose de nouveau dans le sens où l’émissaire international redouble de pressions sur la partie marocaine pour infléchir sa position et la mettre au diapason de la légalité internationale et du processus de décolonisation.

Est-ce qu’il y a des signes de fléchissement dans la position marocaine ?

Hélas, non. Le Maroc continue dans sa politique de fuite en, avant, de blocage et, surtout, de provocation. Preuve en est, les dernières condamnations, contre toute légalité, des militants sahraouis par un tribunal militaire, ou le renvoi de parlementaires de l’Union européenne qui s’apprêtaient à se rendre dans les territoires occupés.

Quelle sera la réaction ou la position du Front Polisario en cas d’échec des efforts menés par le diplomate américain ?

Je crois qu’il faudrait, d’abord, s’interroger sur la réaction de la communauté internationale, si échec il y aura bien sûr. Quelle sera également la réaction de M. Ross, et du SG de l’ONU ? Le porte-parole de M. Ross a, récemment, mis l’accent sur le besoin urgent de reprise du dialogue dans le but du règlement de la question sahraouie en vertu des résolutions du Conseil de sécurité et de la légalité internationale. Il a mis en garde contre les risques et les menaces du statu quo sur la stabilité et la sécurité d’une région déjà instable en raison de ce qui se passe au Mali. Je crois que le SG et son représentant spécial sont parfaitement conscients de cette situation. Et c’est dans ce souci qu’ils espèrent que cette nouvelle tournée portera ses fruits en poussant le Maroc à reprendre un dialogue fructueux, et non pas un simulacre de dialogue. Nous croyons qu’en plus d’un dialogue sérieux, les responsables onusiens devraient veiller à l’encadrement des futurs pourparlers et ce, pour ne pas laisser la partie marocaine noyer les questions essentielles.

Quelles retombées ont les événements qui secouent les pays du Sahel, et la guerre du Mali, sur la cause sahraouie ?

Jusqu’ici, les retombées ne sont pas positives. Toute intervention étrangère dans la région ne peut être perçue que dans ce sens parce que cela influe négativement sur la stabilité de la région, sur les pays voisins et, notamment, sur les aides humanitaires en faveur des réfugiés. La situation au Mali est très complexe. Notre vision de ce conflit est la même que celle de l’Algérie. Nous avons publiquement et officiellement condamné le terrorisme et le crime organisé, non sans plaider pour un dialogue franc et responsable avec toutes les composantes de la société malienne dans le cadre de l’unité territoriale et sociétale du Mali. Un processus qui devrait accompagner les opérations militaires françaises et africaines conduites dans le pays.

Dans un mois, le SG de l’ONU rendra public le rapport annuel sur le Sahara occidental. Du nouveau en perspective ?

Contrairement aux rapports antécédents, marqués par une description assez floue, voire tendancieuse, du conflit, les deux derniers documents (2011, 2012), ont été, de notre point de vue, assez objectifs, notamment dans la définition de la nature du conflit (décolonisation), les voies de règlement (les résolutions du Conseil de sécurité,…). En gros, ces deux rapports ont été d’une clarté sans faille pour ce qui est du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Et toute action qui va à l’encontre de ce principe est de facto vouée à l’échec. Ils ont, également, alerté la communauté internationale sur la dégradation de la situation des droits de l’Homme. C’est pourquoi, nous appelons le Conseil de sécurité à mettre en place un mécanisme de contrôle et de protection des droits de l’Homme dans les territoires occupés de façon à protéger le peuple sahraoui des exactions commises par le colonisateur. Nous pensons, nous sommes convaincus que le prochain rapport sera plus objectif et concret.


Propos recueillis par Amine Goutali


HORIZONS, 20/03/2013

Sahara occidental, Ross va-t-il mettre fin au statu quo ?


Christopher Ross sera demain au Sahara occidental. Première escale : El Aaiun, la capitale du Sahara occidental occupé par le Maroc. Il y séjournera jusqu’à dimanche prochain.

Dakhla, une autre ville sahraouie occupée, proche de la frontière mauritanienne, l’accueillera ensuite. Objectif assigné à cette tournée, la seconde après celle qu’il a effectuée en octobre 2012 au terme de laquelle il avait proposé des « navettes diplomatiques » : « préparer la prochaine étape dans le processus de négociations et une reprise possible des discussions directes afin de trouver une solution politique mutuellement acceptable qui aboutisse à l’autodétermination pour la population du Sahara occidental », explique Eduardo del Buey, le porte-parole adjoint de l’ONU.

L’envoyé personnel de Ban-Ki-moon, qui restera dans la région jusqu’au 3 avril prochain, rencontrera ensuite des représentants du Maroc à Rabat, et de la RASD dans les territoires libérés. Il aura aussi des « consultations avec les pays voisins », l’Algérie et la Mauritanie. Selon del Buey, « le conflit actuel au Mali et les risques accrus d’instabilité et d’insécurité au Sahel et au-delà rendent une solution au conflit du Sahara occidental plus urgente que jamais ».

Ross, qui s’est rendu, en février à Washington, Moscou, Paris, Madrid, Londres, Berlin et Berne, pour solliciter un soutien à sa démarche et soutenir que « la question du Sahara occidental, qui dure depuis bien trop longtemps, doit être résolue, mais ne peut être résolue que s’il y a une volonté de s’engager dans un véritable dialogue », réussira-t-il, cette fois-ci, à amener les deux parties (Maroc et RASD) à « jeter les bases » d’une reprise efficace des pourparlers ? Deux choses dépendent de la réponse qui sera apportée à cette question.

L’une, l’issue de ce conflit qui pourrait « nourrir une frustration croissante et déclencher de nouvelles violences et hostilités » qui pourraient être tragiques pour les peuples de la région.

L’autre, le contenu du rapport que le SG de l’ONU soumettra en avril prochain au Conseil de sécurité. Mis à nu par le procès de Gdeim Ezik, une nuée de rapports d’ONG internationales sur la torture à « huis clos » au Sahara occidental occupé, l’affaire des députés européens qui ont été expulsés manu militari de l’aéroport de Casablanca, le dernier rapport du département américain sur le trafic de drogue qui classe le Royaume juste derrière l’Afghanistan, Rabat appréhende, pour la première fois, un élargissement des prérogatives de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme.

« Nous continuerons la lutte pacifique pour recouvrer notre indépendance et, si nécessaire, nous renouerons avec la lutte armée pour affronter l’occupation marocaine dans nos territoires », a déclaré, le 16 mars dernier, le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz.

Djamel Boukrine
HORIZONS, 20/03/2013

Le Maroc n'a rien à craindre grâce au soutien de ses alliés africains

La tournée de Sa Majesté le roi du Maroc Mohamed VI dans l'Afrique de l'Ouest et la chaleur de l'accueil manifestée dans chacune de ses scales, reflettent l'influence et le poids dont jouit le Maroc dans l'ensemble du continent africain.

A tour de rôle, les dirigents du Sénégal et de la Côte d'Ivoire ont remercié le souverain marocain de l'effort de développement consenti par le Maroc pour raffermir l'économie de leurs pays respectifs et exprimé leur soutien clair et sans équivoque à la position marocaine sur le conflit du Sahara Occidental.

Comme souligné par l'ensemble de la presse ivoirienne et marocaine la Côte d'Ivoire est un allié du Maroc pour le Sahara et le soutien du président Allassan Ouattara sera décisif dans l'issue final du conflit qui oppose le Maroc aux "terroristes du Polisario". D'ailleurs les déclarations du ministre des affaires étrangères malien, Tiémane Coulibaly, à New York constituent la balle de grâce pour le mouvement du Polisario.

Les déclarations des dirigents de ces puissants pays africains ont fait écho dans le monde entier, ce qui contribuira largement à incliner la balance en faveur du projet d'autonomie marocain proposé pour clôre le conflit artificiel du Sahara Occidental, un contentieux créé de toutes pièces par l'Algérie.

Les lecteurs habituels de notre blog vont sûrement être surpris par le titre et le contenu des premiers paragraphes de cet article. En tout cas, c'est l'idée véhiculée par la presse makhzénienne qui veut tirer des profits imaginaires du soutien d'une poignée de pays africains qui ne méritent même pas la dénomination d'Etat.

Concernant le Mali, son état actuel en décrit largement la pourriture de la situation créée par une poignée de voleurs et de mafiosos dont les connexions avec les cartels de la drogue ne sont plus à prouver. L'absence d'un Etat digne de son nom a jetté la population dans les mains de la mouvance terroriste et la misère quotidienne au point de n'avoir ni armée ni police ni aucune institution qui mérite d'être citée.

Le Côte d'Ivoire, un pays ravagé par la guerre inter-ethnique, malgré le volontarisme d'Alassane Ouattara de se mettre au devant de la crise malienne et ainsi remercier la France de l'avoir intrônisé, piétine à sa place faute d'avoir les moyens et une armée capable d'accomplir cette mission.

Si, pour gagner la bataille du Sahara Occidental, le Maroc ne doit compter que sur le soutien de pays pareils, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'est pas sorti de l'auberge. Par contre, si c'est pour la consommation interne, les brevis marocaines en ont trouveront un regal pour leurs gorges.

Brasil : Una querella contra Emboirik por abuso y difamación

La familia de la ex-novia del diplomático saharaui Emboirik Ahmed ha depositado una querella ante la justicia brasileña contra él por abu...