L’organisation américaine RF Kennedy dénonce le verdict et critique la justice marocaine

WASHINGTON - Le centre américain Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme a dénoncé les lourdes condamnations prononcées contre les 24 prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik, tout en critiquant le Maroc pour sa "violation des normes d’un procès équitable".

"RFK Center exprime sa profonde inquiétude des mauvais traitements et du procès militaire réservé aux 24 Sahraouis par le Maroc", a indiqué mercredi dans un communiqué cette organisation basée à Washington, appelant à une enquête "exhaustive" sur les tortures subies par les prisonniers politiques sahraouis.

Cette organisation américaine des droits de l’homme a remis en question le recours par les autorités marocaines à un tribunal militaire pour juger des civils, tout en exprimant ses regrets devant le fait que ces prisonniers sahraouis aient écopé "des peines des plus sévères".

De surcroît, a-t-elle poursuivi, les autorités marocaines n’ont toujours pas mené d’enquête sur les informations selon lesquelles les accusés sahraouis ont été soumis "à la torture et à des traitements cruels, inhumains et dégradants au moment de leur arrestation et pendant leur détention".

Pour RF Kennedy Center, "la défaillance du Maroc pour enquêter sérieusement et impartialement" sur les informations se rapportant à des actes de torture, ainsi que "son refus" de transférer le procès à un tribunal civil, constituent "des violations non seulement des normes fondamentales d’un procès équitable mais aussi des obligations du Maroc au regard du droit international".

En effet, a-t-elle précisé, "le droit international interdit aux tribunaux militaires de poursuivre des civils pour des crimes ordinaires, du fait que cela présente de sérieux problèmes pour une procédure régulière et une justice indépendante".

Le tribunal militaire de Rabat avait condamné, dimanche dernier, neuf prévenus sahraouis à la réclusion à perpétuité, quatre à 30 ans de prison, huit à 25 ans, deux à 20 ans d’emprisonnement et deux autres prévenus à la peine correspondant à la durée de la détention préventive qui a duré 27 mois.

Les mis en cause avaient été incarcérés depuis les évènements du camp de Gdeim Izik, proche d’El-Aayoun dans le Sahara occidental occupé où ils avaient participé, en novembre 2010, à l’organisation d’un camp de protestation pacifique.

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