La lengua arabe maltratada por "Mulay Rachid" en la ONU

La masacre a la cual el Principe Rachid El Alaoui, "Moulay Rachid", sometido el idioma árabe, oficial en Marruecos, ha eclipsado el mensaje que este príncipe alauita quería transmitir a la Asamblea General de la ONU. Al llegar a Nueva York el pasado viernes para hablar de Marruecos, del Sahara Occidental y de los derechos humanos, Su Alteza Rachid El Alaoui a masacrado con un discurso vacilante y lleno de traqueteo, y cometiendo muchos errores en la pronunciación de la santa lengua árabe.

Calificando el conflicto saharaui, que, sin embargo, lleva ya casi cuatro décadas, de "artificial", reiteró la necesidad de que el gobierno marroquí garantice "la soberanía nacional y la integridad territorial" frente a la pretensión de la determinación.

El hermano del rey Mohammed VI dijo que la oferta de autonomía ofrecida por Rabat al Polisario era "sincera y seria" y que había que encontrar una solución "realista y consensuada (...) y creíble".

Desde luego, como la nueva Constitución que permitió que la tortura y la represión persistan en Marruecos.

"Moulay Rachid" también habló de la misión de la ONU en el Sáhara Occidental (MINURSO) con la que Marruecos colabora, según él. Pero se negó a "cualquier cambio que afecte a la naturaleza y el contenido" de la misión onusiense. Con eso, quería decir que ni hablar de que los derechos humanos sean supervisados por la MINURSO en el Sáhara.

Sabemos por qué, sobre todo desde el paso de Juan Méndez, el relator de la ONU sobre la tortura.

Por eso, cuando el Señor Hermano evocó la primavera árabe que "ha puesto en evidencia la voluntad de los pueblos para construir sociedades democráticas donde el respeto de los derechos humanos, la igualdad de oportunidades y la vida digna constituyen la nota dominante", algunos se habrán partido de risa.

Un pequeño detalle que no lo es, todo el mundo a notado la presencia en la delegación marroquí encabezada por el ministro de Asuntos Exteriores Othmani Saad-Eddine del consejero real Taib Fassi Fihri, que marca a paso el primero.

Convertido en su sombra, Fassi Fihri no pierde ninguna ocasión para aparecer en el gobierno de Benkirane.

Abdellatif Gueznaya

Demain

http://www.demainonline.com/?p=21615

La langue arabe malmenée par « Moulay Rachid » à l’ONU


Le massacre auquel le prince Rachid El Alaoui, « Moulay Rachid », a soumis la langue arabe, officielle au Maroc, a éclipsé le message que ce prince alaouite voulait faire passer devant l’Assemblée générale de l’ONU. Venant à New York, vendredi dernier, pour parler du Maroc, du Sahara occidental et des droits de l’homme, son altesse Rachid El Alaoui a massacré, par un discours hésitant et cahotant, et en commettant de nombreuses fautes de prononciation, la sainte langue arabe.
Qualifiant le conflit sahraoui, qui dure tout de même depuis quasiment quatre décades, d’ « artificiel », il a réitéré la nécessité de l’Etat marocain de garantir« la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale » face à la prétention de l’autodétermination.
Le frère du roi Mohamed VI a rappelé que l’offre d’autonomie offerte par Rabat au Polisario était « sincère et sérieuse » et qu’il fallait trouver une solution« réaliste et consensuelle (…) et crédible ».
Bien sûr, comme la nouvelle constitution qui a permis que la torture et la répression perdurent au Maroc.
« Moulay Rachid » a également parlé de la mission de l’ONU au Sahara occidental (MINURSO) avec qui le Maroc collabore, selon lui. Mais il a refusé« une quelconque modification qui touche la nature et le contenu » de la mission onusienne. Il voulait dire par là qu’il n’était pas question que les droits de l’homme soient supervisés par la MINURSO au Sahara.
On sait pourquoi, surtout depuis le passage chez nous de Juan Mendez, le rapporteur de l’ONU sur la torture.
C’est pour cela que quand Monsieur frère a évoqué le printemps arabe qui « a mis en évidence la volonté des peuples pour édifier des sociétés démocratiques où le respect des droits de l’homme, l’égalité des chances et la vie digne constituent la note dominante », certains ont dû ricaner.
Petit détail qui n’en est pas un, tout le monde a remarqué la présence parmi la délégation marocaine dirigée par le ministre des affaires étrangères, Saâd-Eddine El Othmani, du conseiller royal Taïb Fassi Fihri, qui marque au pas le premier.
Devenu son ombre, Fassi Fihri ne rate aucune occasion pour se rappeler aux bons souvenirs du gouvernement Benkirane.
Abdellatif Gueznaya 
Demain Online, 29 sept 2012

L'Algérie refuse de se laisser entrainer dans le « bourbier » malien


Des sources autorisées affirment que le Mujao est connecté à l’un des plus grands réseaux de trafic de drogue dont les ramifications mènent au rif marocain. L’hostilité que ce groupe terroriste affiche vis-à-vis de l’Algérie s’explique en partie par la lutte implacable menée par les services de sécurité algériens contre les narcotrafiquants et les réseaux de contrebande. Les mêmes sources ajoutent que le Mujao ne constitue ni une excroissance ni une dissidence d’Aqmi, mais qu’il a été créé dans le but exclusif de harceler l’armée algérienne en vue de l’attirer par tous les moyens dans le « bourbier » malien. En déclarant que l’Algérie n’a pas les moyens d’intervenir militairement au Mali, Abdelkader Messahel ne fait qu’évacuer diplomatiquement cette hypothèse.


Le Mali va très mal. Ce pays qui partage avec l’Algérie plus de 1300 kilomètres de frontières fait face depuis le printemps 2012 à une grave crise sécuritaire menaçant lourdement son intégrité territoriale. Le putsch du 22 mars qui a accéléré la partition de ce pays a vite mis en relief le profond malaise qui couvait non seulement à Bamako la capitale, mais un peu partout à travers un territoire deux fois plus grand que la France, l’ancienne puissance coloniale dont le rôle au Sahel apparaît aujourd’hui plus qu’ambigu dans la mesure où Paris entretient toujours le flou autour de ses réelles intentions. A la veille de son déplacement en Algérie, le ministre français des Affaires étrangères, qui a insisté sur l’urgence de « rétablir la légalité constitutionnelle au Sud », n’a pas écarté l’éventualité d’une intervention militaire étrangère dans le nord du Mali où les islamistes d’Ansar Eddine et d’Al Qaïda au Maghreb islamique, et les rebelles du mouvement Azawad, le MNLA, sont en train de sanctuariser cette région. Laurent Fabius a affirmé que « l’usage de la force était probable à un moment ou à un autre ». « A partir du moment où la légalité sera rétablie au Sud, il faut s'intéresser au Nord, c'est-à-dire qu'à un moment ou à un autre, il est probable qu'il y aura utilisation de la force », a estimé le chef de la diplomatie française avant d’ajouter qu’ « une telle intervention serait menée par des Africains avec un soutien international et que pour des raisons évidentes, la France ne peut pas être en première ligne afin d’éviter le risque d’une réaction contre le colonisateur français ».
Ces propos destinés essentiellement beaucoup plus à la consommation médiatique et dont le but est de préparer l’opinion publique internationale aux pires scénarios dissimulent mal les véritables enjeux géostratégiques d’un troisième millénaire aux allures « explosives ». Laurent Fabius a tenu à souligner que « le Mali, c'est une affaire extrêmement grave, car c'est la première fois que des terroristes se greffent sur des villes importantes et sont peut-être en situation de se greffer sur un Etat », mais s’est empêché de s’étaler sur la question des six otages français encore détenus par Al Qaïda au Maghreb islamique. « Nous avons toutes les raisons de penser qu'ils sont en vie », a-t-il déclaré lapidairement sans donner de précision sur ce que compte faire la France pour libérer ses ressortissants. Il est à rappeler que quatre des otages, employés du groupe nucléaire Areva et de son sous-traitant Satom, ont été enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit dans le nord du Niger, avec trois autres personnes, libérées depuis. Deux autres ont été kidnappés le 24 novembre 2011 par des hommes armés dans leur hôtel à Hombori au nord du Mali et emmenés vers une destination inconnue. Il faut préciser ici que l’épineuse question des prises d’otages dans cette région n’est pas aussi simple comme le laissent croire les nombreux commentaires de presse qui lui sont consacrés. Les médias occidentaux qui se sont emparés de cette question n’ont jamais osé aller au-delà de l’aspect humanitaire et ne se sont jamais interrogés sur la véritable identité de « simples » ressortissants « audacieux » qui prennent le risque de se trouver dans des zones « dangereuses ». Ça fait des années maintenant que le Niger, le Mali et la Mauritanie ont été transformés en un terrain où évoluent des « individus » bénéficiant de différentes couvertures. A l’inverse de l’Algérie qui s’est toujours opposée au payement de rançons aux ravisseurs, la France n’a pas suivi cette ligne en n’hésitant pas à satisfaire certaines revendications des terroristes comme ce fut le cas pour le ressortissant français Pierre Carmatte, libéré en février 2010 en échange de quatre djihadistes qui étaient détenus au Mali.
 Aujourd’hui encore, il est curieux d’entendre des voix accuser l’Algérie de passivité et d’attentisme face à une situation qui menace d’embraser tout le Sahel. En effet, il ne se passe pas un jour sans qu’un observateur « averti » monte au créneau pour appeler l’Algérie à intervenir militairement au nord du Mali. « Je pense que seule l’Algérie pourrait changer la donne, même si elle prône «la solution politique» », déclare un spécialiste autoproclamé. «  Le pays qui comprend mieux la situation au Mali reste l’Algérie. Il est le seul de la région à être bien équipé. Alger doit intervenir militairement avant l’aggravation du danger. Il est vrai que l’Algérie refuse d’envoyer des troupes dans un pays étranger. Mais nous avons devant nous un problème qui concerne les deux pays. Il faut savoir que les salafistes d’AQMI sont Algériens et viennent d’Algérie. Ce sont aussi des opposants radicaux à Alger. L’armée algérienne peut les déloger de la région », affirme un autre « connaisseur » de la région. En même temps, des médias français se distinguent par des scoops dont l’authenticité reste à vérifier mais qui tendent à impliquer sournoisement l’Algérie dans un conflit qui ne la concerne pas, mais qui préoccupe sérieusement l’armée algérienne par sa proximité et ses éventuelles conséquences transfrontalières.
Selon des journaux et des chaînes de télévision françaises, le 3 avril dernier, la présence des émirs terroristes d’Al Qaïda au Maghreb islamique, Abou Zeid, Belmokhtar et Yahia Abou Al Hammam a été signalée à Tombouctou. TF1 avance même qu’Abou Zeid a été filmé à son insu par un habitant de la ville. Inimaginable ! « L’ennemi » numéro un de la France, l’homme le plus recherché par les services français, se laisse prendre comme un amateur ! Une nouvelle histoire qui sent la manipulation à des milliers de kilomètres à la ronde ! Selon un analyste français que l’on présente comme l’un des meilleurs spécialistes du Sahel, le dirigeant touareg d’Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali est considéré comme « l’homme des Algériens ». « Les Algériens le soutiendraient financièrement et militairement », affabule le mouvement Azawad qui le dit « piloté » par le DRS. Décidemment, on ne craint nullement le ridicule à Paris où des cercles influents font tout pour maintenir la confusion autour du véritable rôle que joue la France dans cette région considérée comme une chasse gardée de l’ancienne puissance occupante. Il ne manque plus que d’accuser nommément l’Algérie d’avoir exporté sciemment des groupes terroristes au Mali afin d’annexer la partie nord de ce pays, mais on omet de signaler ou de faire la moindre allusion aux rapports réels qui existent entre la France et le MNLA. Là aussi, il est fort instructif de constater que Paris qui s’est empressé de condamner le coup d’Etat du 22 mars n’a pas bougé le petit doigt pour dénoncer le coup de force du MNLA et sa proclamation unilatérale d’indépendance.
Depuis toujours, la France a considéré cette région comme son pré-carré. Il n’est donc pas impossible qu’elle cherche aujourd’hui à s’y redéployer en évitant bien-sûr de retomber dans les mêmes erreurs commises en Afghanistan. On accuse l’Algérie de velléités hégémoniques, mais on fait tout pour passer sous silence les accointances des Touaregs maliens de l’extérieur qui ont leurs entrées chez les Français et plus précisément auprès du ministère français des Affaires étrangères. En réalité, on s’obstine à faire une fixation sur le rôle supposé de l’Algérie qu’on qualifie d’obscur afin de camoufler les véritables stratégies qui se profilent à l’horizon et dont les acteurs sont pour la plupart des sous-traitants travaillant pour le compte des Français. La crise malienne n’est pas, bien évidemment, tombée du ciel. Certaines de ses causes sont certes liées à la situation interne du pays et aux différentes luttes d’influence qui y ont lieu, mais ce qu’il faut retenir aussi c’est qu’elles sont alimentées par des ingérences étrangères.
Classé hypocritement dans la catégorie des pays les moins avancés, alors qu’en vérité il s’agit de l’un des pays les plus pauvres du monde, le Mali abrite plusieurs ethnies qui ont toujours cohabité entre elles pacifiquement en trouvant le moyen d’exprimer une solidarité exemplaire dans le dénuement et toutes les crises qu’il a traversées avaient été traitées autour d’une table de négociation grâce à la contribution agissante de l’Algérie.  Depuis 1990, l'Algérie a toujours joué un rôle d'intermédiaire majeur et incontournable dans toutes les crises entre rebelles touaregs et gouvernement malien. Cela a été notamment le cas en 1990, 1994, 2007 et 2008. Les derniers accords entre les Touaregs et les autorités de Bamako, qui étaient en vigueur jusqu'à la reprise des affrontements en janvier dernier, ont d'ailleurs été signés à Alger en 2006. Il y a donc lieu de se demander pourquoi le MNLA a opté pour une solution radicale qui ne semble pas faire l’unanimité au sein même de la communauté touareg. Quels sont les facteurs qui ont favorisé la radicalisation du mouvement Azawad, et qui est d’abord ce Mohamed Ag Nejim, cet ancien colonel ayant activé sous le régime d’El Kadhafi et qui, après la chute de ce dernier, était rentré dans sa région d’origine à la tête d’un régiment de plus de 1000 hommes avec armes et bagages ? Que représente-t-il ? L’argument de la marginalisation des Touaregs qu’il avance pour justifier son action séparatiste est-il valable sur le plan juridique et constitutionnel ? Un groupe qui se présente sous le nom de Collectif des ressortissants du nord du Mali réagit en fustigeant les allégations de ce colonel. Dans une déclaration transmise à la presse, le Collectif n’hésite pas à dénoncer ce chef sécessionniste en livrant à l’opinion publique des chiffres qui indiquent que tous les nomades confondus, y compris les Touaregs, ne représentent que 11,61% des régions de Tombouctou, Gao et Kidal et seulement 0,92% de la population du Mali. Selon ce groupe, et du fait de la bonne entente entre communautés, « les populations sédentaires ont toujours accepté que les Touaregs occupent un leadership de premier plan dans la gestion des structures des collectivités territoriales au niveau des régions, des cercles et des communes dans le cadre de la décentralisation ». Le document en question souligne qu’au plan national, sur les 19 députés du nord, 8 sont sédentaires et 11 sont d’origine touarègue. Leur représentativité au niveau des institutions de la République est réelle et visible souvent au sommet de ces institutions (Haut Conseil des Collectivités territoriales, gouvernement, Assemblée nationale, etc.) ». Le Collectif des ressortissants du nord du Mali pousse plus loin son réquisitoire contre le mouvement séparatiste Azawad en affirmant que « des projets majeurs de désenclavement et de développement étaient en cours lorsque le MNLA et ses alliés terroristes ont choisi l’option d’attaquer le Mali ». « Il n’est pas dans notre intention de stigmatiser nos frères touaregs. Cet exercice nous est imposé par la désinformation qui circule concernant le prétendu désengagement de l’Etat des régions du nord et le supposé ostracisme qui frappe les communautés touarègues du Mali », précisent les rédacteurs du document avant de conclure que « de par sa violence, son ampleur et ses conséquences tant au Mali qu’à l’extérieur, la rébellion actuelle dépasse de très loin celles que le Mali a connues par intermittence depuis 1963 ». Ce document argumenté et riche en informations n’a pas encore fait l’objet de commentaires de la part de ceux qui prétendent contre toute logique connaître un pays qu’ils n’ont jamais visité. Et c’est très inquiétant dans la mesure où cela démontre à quel point c’est la désinformation qui domine des débats d’où sont occultées machiavéliquement les préoccupations essentielles de quelque 17 millions d’êtres humains pris en otages dans une guerre qui n’est pas la leur. Avant de pointer un doigt accusateur en direction de l’Algérie en spéculant sur les raisons de son « extrême prudence », certains cercles français auraient dû faire preuve d’un minimum d’objectivité en s’intéressant aux multiples connexions dont bénéficie le MNLA. Ce mouvement porteur d’un projet séparatiste est-il réellement représentatif d’une tendance lourde ou ne constitue-t-il que l’expression d’un rapport de forces internationales ? Cette question qui mérite une profonde réflexion se trouve curieusement évitée par la plupart des médias français. Pourquoi et dans quel but ?
Les Algériens qui ne se sont jamais posé la question du choix de leurs interlocuteurs, contrairement aux allégations avancées par des pseudo-intellectuels en mal de publicité, détiennent toutes les réponses. S’ils ont refusé de cautionner dès le départ une action séparatiste de l’ampleur de celle qu’a menée le MNLA, c’est parce qu’ils ont toujours rejeté la fragmentation du Mali et non en raison d’une quelconque crainte de « contagion ». D’ailleurs, ils viennent d’affirmer par la voix du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines qu’ils privilégient la voie du dialogue autant avec le MNLA qu’avec Ansar Eddine. « On peut négocier avec le MNLA et avec Ansar Eddine », a indiqué Abdelkader Messahel, dans un entretien publié le 13 juillet 2012 par l’hebdomadaire Jeune Afrique sur son site internet. « Les membres d’Ansar Eddine ne sont pas des salafistes, on oublie trop souvent que le mouvement a une composante touarègue, et on aurait tort d’exclure Iyad Ag Ghali, son chef. N’a‑t-il pas autrefois été l’un des négociateurs du Pacte national ? C’est un interlocuteur comme les autres », a notamment déclaré Messahel qui vient d’écarter toute idée d’une intervention africaine dirigée par l’Algérie. « L’Algérie n’a pas les moyens. Il faut que cela soit clair », a-t-il dit. Cette déclaration constitue une réponse franche aux propos des ministres français des Affaires étrangères et de la Défense. Jean-Yves le Drian qui, emboîtant le pas à Laurent Fabius, a déclaré : « Je suis comme Laurent Fabius : ma principale préoccupation aujourd'hui, c'est la situation au Sahel, pour les populations et pour notre propre sécurité. Il faut que la France intervienne pour que les Africains prennent leur destin en main (…) Il faut que les Africains assurent une présence militaire. » L’Algérie, qui a mené des consultations avec les pays membres du Conseil de sécurité, n’est pas de cet avis, car pour elle cette approche ne pourrait aboutir qu’à une afghanisation du Mali. De leur côté, les Américains ont fait savoir aux pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest que Washington ne cautionnera aucune intervention militaire étrangère dans le nord du Mali, et que si cette option est maintenue, elle devrait se limiter au sud et à la réinstauration de l’autorité de l’Etat malien.
Pour rappel, la Cédéao a déjà fixé aux Maliens une sorte d’ultimatum jusqu’au 31 juillet afin de mettre en place un gouvernement d’union nationale. Un objectif qui paraît pour le moment impossible au vu des divergences et des interférences qui parasitent une classe politique malienne traversée par toutes sortes de contradictions et de conflits. Lorsque d’anciens responsables politiques maliens expriment publiquement que « l’Etat-nation tel que conçu au Mali est un concept qui n’est plus viable et qu’il n’est pas certain que le gouvernement malien, même stable, puisse développer les régions nord », toutes les craintes concernant l’intégrité territoriale de ce pays paraissent justifiées.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Mali, considéré comme la troisième réserve  d’or dans le continent après l’Afrique du sud et le Ghana, est menacé d’implosion au moment où seules les multinationales arrivent à tirer profit de cette richesse en imposant à la main-d’œuvre malienne des méthodes de travail que l’on peut assimiler au régime de l’apartheid. Son territoire est désormais coupé en deux par des groupes de brigands qui ont réussi à se renforcer en hommes et en armes à l’ombre du chaos libyen, et sa population est condamnée à subir le diktat des islamistes et des réseaux mafieux qui ont fait de Tombouctou une plaque tournante du trafic de cocaïne provenant d’Amérique du sud et destinée au marché européen via le Maroc.
A propos de ce dernier pays, des sources fiables accusent les services marocains d’être derrière le groupe terroriste dénommé Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest, Mujao dirigé par le mauritanien Hamada Ould Khaïrou. Ce groupe, qui s’est distingué depuis sa création par son hostilité extrême à l’encontre de l’Algérie, est responsable de la prise d’otages de Tindouf en octobre 2011 qui a ciblé des travailleurs humanitaires. Les trois Européens travaillaient pour des ONG humanitaires dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf. Ils ont été enlevés par des terroristes venus du Mali. Les criminels étaient à bord d'un véhicule de type 4x4. Ils ont attaqué le lieu d'accueil des invités étrangers. Un des otages et un garde sahraoui ont été blessés lors d'un échange de tirs avec les ravisseurs.
Le 3 mars 2012, le même groupe de sanguinaires fera parler de lui en attaquant une brigade de la gendarmerie nationale à Tamanrasset causant la mort du kamikaze et faisant 23 blessés parmi les gendarmes. Le 5 avril de la même année, le Mujao prend d’assaut le consulat d’Algérie à Gao et procède à l’enlèvement du consul et six de ses collaborateurs. Des terroristes portant des ceintures bourrées d’explosifs brûlent le drapeau algérien et le remplacent par leur étendard noir ; le même emblème qui avait été porté dans les villes libyennes de Benghazi et Derna. Cette dernière localité est réputée pour être un bastion fort des mouvements extrémistes. La moitié des kamikazes qui se sont fait exploser en Irak sont originaires de cette ville.
Le 29 juin 2012, le Mujao cible le groupement régional de la gendarmerie à Ouargla. L’attentat a causé la mort d’un lieutenant en plus du kamikaze dont le cadavre a été déchiqueté par la déflagration de plus de 1000 kg d’explosifs et que les services spécialisés ont réussi à identifier en un temps record. Des sources autorisées affirment que le Mujao est connecté à l’un des plus grands réseaux de trafic de drogue dont les ramifications mènent au rif marocain. L’hostilité que ce groupe terroriste affiche vis-à-vis de l’Algérie s’explique en partie par la lutte implacable menée par les services de sécurité algériens contre les narcotrafiquants et les réseaux de contrebande. Les mêmes sources ajoutent que le Mujao ne constitue ni une excroissance ni une dissidence d’Aqmi, mais qu’il a été créé dans le but exclusif de harceler l’armée algérienne en vue de l’attirer par tous les moyens dans le « bourbier » malien. En déclarant que l’Algérie n’a pas les moyens d’intervenir militairement au Mali, Abdelkader Messahel ne fait qu’évacuer diplomatiquement cette hypothèse. L’Algérie est certes un « acteur traditionnel et historique » dans le règlement du conflit malien, puisqu’elle a été de tous les accords depuis 1990. Elle possède en quelque sorte une « légitimité historique et une expérience politique importante dans la gestion du dossier touareg, mais pas de la façon que souhaitent certaines parties occidentales ou leurs sous-traitants africains. L’Algérie est une puissance régionale incontestable et l’ANP est en mesure, matériellement et humainement, de relever n’importe quel défi sécuritaire, mais le principe de non-ingérence constitue aussi l’un des fondements immuables de sa politique étrangère. Dans ce genre de situation, l’ambigüité n’a jamais été algérienne.

Par Mohamed Mebarki 

Medelci, le printemps arabe et la question du Sahara occidental

Dans un entretien au journal égyptien Al Ahram, le ministre des affaires étrangères Mourad Medelci a établi un lien entre les événements dits du printemps arabe et la question du Sahara occidental, exprimant son optimisme quant à l’avenir de la région du Maghreb.

« Les changements enregistrés sur le plan international et dans la région arabe nous laissent optimistes quant à l’avenir, vu que les régimes commencent à s’orienter vers une véritable démocratie et l’économie libre, ce qui nous incite à œuvrer avec force à la concrétisation de l’intégration maghrébine, dont nous avons besoin au même titre que le monde arabe » a estimé le chef de la diplomatie algérienne.

Cette déclaration a été faite en réponse à une question du journaliste d’Al Ahram concernant l’impact de la question sahraouie sur les relations inter-maghrébines, et à laquelle Medelci a réitéré la position de l’Algérie, affirmant qu’il « n’existe aucun lien entre l’UMA et la question sahraouie » et que « le problème sahraoui n’a pas empêché le lancement d’une réflexion autour de l’édification du grand Maghreb, l’intégration et le renforcement des relations ».
Et pour étayer ses dires, le ministre des affaires étrangères a rappelé que la réunion des ministres des affaires étrangères des pays de l’UMA, le 9 juillet dernier à Alger, visait la mise en place d’une stratégie maghrébine unifiée de lutte contre le terrorisme. « Les parties concernées œuvrent sérieusement à combattre ce phénomène » a précisé Medelci, ajoutant que « toute la région est mobilisée pour lutter contre le terrorisme ».

« L’Algérie n’est pas partie prenante dans le conflit du Sahara Occidental et nous attendons depuis longtemps que les deux parties au conflit du Sahara occidental (Maroc et Front Polisario) règlent leurs problèmes dans le cadre de l’ONU et parviennent à une solution mutuellement acceptable », a tenu en outre à rappeler l’interlocuteur d’Al Ahram.

Medelci a par ailleurs souhaité qu’une solution arabe soit trouvée pour la Syrie, avant d’évoquer les relations bilatérales « encourageantes » entre l’Algérie et l’Egypte. « Des efforts positifs ont été consentis au cours des dix dernières années. Bien que la coopération bilatérale n’a pas atteint un niveau appréciable, ce dernier demeure toutefois encourageant par rapport à la période précédente » a-t-il estimé.

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Cher Bourreau...

C’est un peu la lettre de la victime à son bourreau que cette missive politique du président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz, adressée hier au président français François Hollande. Une lettre à la texture pathétique, mêlant appel de détresse au rappel d’un mensonge historique appelé MINURSO, Mission des Nations unies pour un référendum au Sahara Occidental… Alors qu’il n’y a jamais eu de consultation électorale depuis le déploiement en 1991 de cet organe onusien neutralisé par la duplicité de la politique étrangère française notamment ! Qu’attendre du nouveau président français après tant d’années de compromission de son pays avec le royaume chérifien dans ce conflit. Qu’attendre de la part d’une ex-métropole qui n’a jamais su établir des relations dignes de l’ère postcoloniale avec les Etats de son empire africain perdu ? Il n’y a malheureusement pas grandchose à espérer de Paris quand Madrid, qui occupa jadis le territoire légitimement revendiqué par les Sahraouis, parvient à prendre plus de recul par rapport à ses intérêts que la France. Une France qui continue de salir son image en abusant du droit de veto au Conseil de sécurité pour protéger l’occupant tortionnaire marocain de toutes sanctions ou de surveillance internationale contre ses exactions avérées ? 

Il est à craindre que, comme dans un thriller de série B, la victime s’en soit remis à un flic voyou, un de ces ripoux complices du criminel dont elle aurait voulu se plaindre. A moins qu’une prise de conscience salutaire de l’opinion publique française pousse le gouvernement français à rééquilibrer sa position dans un contentieux où elle est devenue partie au lieu de conserver un rôle d’arbitrage inhérent aux médiateurs naturels. Cela s’est passé de la sorte en Espagne, ce qui explique selon certains analystes le bicéphalisme chronique des autorités espagnoles quant à la question sahraouie. 

En attendant que la France en arrive à cette sage modération, qui devrait profiter à la fois aux Sahraouis et aux Marocains empêtrés dans une crise que leur violence militaire ne peut pas étouffer, le président Mohamed Abdelaziz devra peut-être adresser ses lettres de vérité au peuple français. C’est peut-être ce qu’il a déjà fait par cette missive devenue ouverte puisque rendue publique, avec une teneur pédagogique au sujet de la grandeur de la diplomatie française à faire rougir les profs de sciences politiques parisiens. 

N. M.

Le Jeune Indépendant, 18 sept 2012

Le Maroc devient une terre d’accueil pour les mafieux israéliens

Les mafieux israéliens ont-ils trouvé refuge au Maroc? C’est en tout cas ce que pense le gouvernement israélien, rapporte le quotidien national Haaretz le 14 septembre.

D’ailleurs depuis juillet dernier, des hommes se présentant comme des membres des services de renseignement marocains sillonnent des synagogues à Casablanca et Marrakech.

Là-bas, ils interrogent les membres de la communauté juive sur certains ressortissants israéliens. Et pas n’importe lesquels: Gabriel Ben-Harush et Shalom Domrani, deux figures puissantes de la mafia israélienne, recherchés depuis des années par Interpol, détaille le site marocain Yabiladi.

«Ils ont posé des questions générales sur ces personnes», a déclaré l’un des leaders de la communauté juive marocaine, interrogé par la police. «Je n’avais rien à leur dire», a-t-il ajouté.

Selon le journal israélien, Gabriel Ben-Harush a bel et bien posé ses valises à Casablanca. Il avait d’abord fui aux Etats-Unis avant de trouver refuge au Maroc.

Quant à Shalom Domrani, il aurait troqué sa veste de mafieux contre celle d’homme d’affaires au Maroc. «Il est venu pour faire du business. En Israël, la police ne le laisse pas tranquille et il a besoin de nourrir sa famille», a fait savoir un de ses associés.

Et ils ne seraient pas les seuls à s’exiler au Maroc. D’autres professionnels du crime organisé ont cédé au chant des sirènes du royaume. «Maintenant, le Maroc est devenu la nouvelle destination des criminels», a indiqué un homme d’affaires israélien.

Ce n’est pas un choix anodin. Il est en effet difficile pour les autorités israéliennes de mettre la main sur eux: il n’existe aucun accord ou traité d’extradition avec le Maroc. Une vraie aubaine pour ces mafieux qui peuvent couler des jours heureux sans être inquiétés. (SlateAfrique)

Les îlots espagnols pour le Maroc en échange d’une frontière civilisée pour Ceuta et Melilla

L’Espagne a tout intérêt à remettre à son voisin ses rochers volcaniques tout au long de la côte marocaine, mais en contrepartie elle doit obtenir un assainissement de la relation de ces deux villes avec leur environnement marocain.

Depuis quelques dizaines d’années l’Espagne savait que les îlots qu’elle possède tout au long de la côte méditerranéenne du Maroc n’avaient plus aucune valeur stratégique. Elle sait depuis cet été qu’ils sont en plus vulnérables.

Au début du mois de mai les premiers rafiots bourrés d’immigrés ont sillonné les eaux de l’archipel de Chafarinas, à 50 kilomètres à l’est de Melilla, et à partir de la mi-août d’autres subsahariens, arrivés en bateau ou à la nage, ont débarque sur l’archipel d’Al Hoceima, à 90 kilomètres à l’ouest de Melilla et à un jet de pierre de la côte marocaine. Qui plus est, à la fin de ce mois une petite poignée de nationalistes marocains est rentrée à la course sur le Rocher de Vélez de la Gomera, à 130 kilomètres à l’ouest de Melilla, pour y enfoncer le drapeau du royaume.

Face à un flot d’immigrés ou à une marche de nationalistes marocains ces anciens présides sont indéfendables par l’armée espagnole, qui y maintien de petites garnisons, ou même par la Garde Civile (Gendarmerie espagnole), plus apte à combattre l’immigration irrégulière. Le ministre de l’Intérieur espagnol, Jorge Fernández Díaz, voulait d’ailleurs l’envoyer à Chafarinas en juillet mais une protestation marocaine l’a incité à y renoncer. C’est déjà un début de cession de souveraineté.

Ces rochers volcaniques sont à la merci des sautes d’humeur des autorités marocaines qui peuvent regarder ailleurs quand les immigrés irréguliers cherchent à les atteindre. Même si le Maroc a mis le paquet pour faire échouer les assauts d’immigrants subsahariens sur Melilla cet été, il a été négligent du côté d’Al Hoceima.

Certains le soupçonnent même en Espagne, sans en apporter la preuve, d’avoir délibérément laissé que surgisse un problème migratoire, pour aider ensuite Madrid à le résoudre et présenter l’addition lors du prochain sommet bilatéral prévu pour le mois d’octobre. Après tout, rappellent-ils, le roi Mohamed VI avait déjà taquiné le gouvernement conservateur espagnol, en juillet 2002, en envoyant une poignée demokhazni (forces auxiliaires) prendre possession d’un autre îlot, Persil, que les marocains appellent Leila ou Tourah. Ils y sont restés six jours avant d’être délogés par les bérets verts espagnols.

Il fut un temps ou les voyageurs espagnols pouvaient visiter ces îlots et profiter de la beauté du paysage, mais ce n’est plus le cas depuis longtemps. Il est d’ailleurs impossible d’y effectuer un investissement touristique pour y construire, par exemple, un hôtel. Qui plus est tous ces lopins de terre sont juridiquement dans les limbes comme le souligne le professeur de droit international public Alejandro del Valle. Ils n’appartiennent à aucune région, à aucune province de l’Espagne. Ils n’ont finalement qu’une petite valeur sentimentale pour ceux qui y ont accompli leur service militaire.

Autant s’en débarrasser et les remettre au Maroc pour épargner un peu, en temps de crise économique, et surtout pour supprimer un élément de friction avec le voisin du sud qui les revendique. Cette idée a déjà effleuré nombre de gouvernements espagnols au XVIII et XIX siècles comme vient de le rappeler dansEL PAÍS María Rosa de Madariaga, spécialiste de l’histoire des relations entre l’Espagne et le Maroc. Au XXème le général Franco y songea aussi, quand il remit au Maroc Sidi Ifni, en 1969. Vingt ans plus tard Narcís Serra, alors ministre de Défense, s’apprêtait à faire une proposition dans ce sens quand un accroc avec Rabat, un de plus, l’en dissuada.

Même parmi le noyau dur des collaborateurs de José María Aznar, le président espagnol qui chassa manu militari les marocains de Persil, certains étaient dans le fond partisans de faire cadeau au Maroc de ces îlots devenus à leurs yeux encombrants. S’ils ne l’ont pas fait, m’expliquaient-ils à posteriori, c’est pour ne pas créer un précédent, pour ne pas faire croire à Rabat que ce serait là un premier pas avant que l’Espagne ne leur remette Ceuta et Melilla.

Ces deux villes sont espagnoles non pas parce-que l’Espagne s’y est installée depuis plus de cinq siècles mais parce-ce que la grande majorité de leurs 160.000 habitants veut être espagnole. Elle le veut pour toutes sortes de raisons à commencer parce-que l’obtention d’un passeport européen, avec lequel il est bien plus facile de voyager ou de s’installer en Europe, o parce qu’ils y vivent en démocratie. Les partis politiques musulmans, qui a Ceuta et Melilla sont dans l’opposition, ne prônent pas le rattachement au Maroc. Il y a eu, dans le temps, des petites formations qui ont demandé la « décolonisation » de ces villes. Elles n’ont recueilli que quelques centaines de voix avant de disparaître. Si un jour elles resurgissaient et qu’elles gagnaient les élections il serait difficile au Gouvernement espagnol de faire la sourde oreille.

Ces arguments sur le choix pro espagnol des populations des deux villes devraient obliger Madrid à tirer une conclusion douloureuse à propos de Gibraltar. Aussi longtemps que les llanitos, comme on appelle populairement les habitants du Rocher, ne veulent pas être espagnols, ils resteront britanniques.

Offrir au Maroc les îlots, mais en échange de quoi ? D’une normalisation de la relation entre Ceuta et Melilla et leur environnement marocain, de leur insertion dans le tissu économique du nord du Maroc autrement qu’à travers le trabendo (contrebande) dont le chiffre d’affaires atteint, selon les estimations espagnoles, un milliard d’euros par an ; presqu’un milliard et demi d’après les Douanes marocaines.

Assainir la relation des deux villes avec leur entourage signifie d’abord que les frontières terrestres, les plus transitées d’Afrique, puissent être franchies rapidement et non pas en trois heures comme ce fut le cas à Melilla cet été. Ces frontières sont une honte pour les deux pays mais plus encore pour le Maroc. Leurs premières victimes sont, en effet, les immigrés marocains qui rentrent au pays pour les vacances ou les femmes marocaines dont la contrebande est leur maigre gagne-pain. Chargées avec leur balluchon, entassées les unes sur les autres aux points de passage, frappées par les mokhazi, il y a de temps en temps parmi elles des blessées voire même morts.

Assainir la relation cela veut aussi dire que Ceuta puisse disposer d’une frontière commerciale, dont jouit Melilla à la demande de Rabat, pour qu’elle exporte et importe légalement des marchandises du Maroc. Rabat ne peut se plaindre, à juste titre, de la fermeture de la frontière algérienne depuis 1994, et maintenir partiellement close sa frontière avec Ceuta, avec l’Europe. Il n’est, par ailleurs, pas concevable que les autorités marocaines envisagent de construire un nouvel aéroport pour mieux desservir Tanger et Tétouan sans qu’elles tiennent compte de Ceuta. La France, l’Allemagne et la Suisse exploitent en commun l’aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg. Et la Suisse n’est même pas membre de l’Union Européenne ! C’est cela la coopération transfrontalière comme on la pratique en Europe et comme on devrait la pratiquer en Afrique du Nord.

Il fut un temps, jusqu’en 1958, ou un train reliait Tétouan à Ceuta et des bus qui partaient de cette ville sillonnaient tout le nord du Maroc. Jusqu’en 1969, Melilla partageait son aéroport avec Nador. En débarquant le passager avait le choix entre se rendre au Maroc ou en Espagne. C’est à cela qu’il faut revenir avec un accord précis couché sur papier. Tout le monde en profitera.

Mohamed VI acceptera-t-il ce que certains considéreront au Maroc comme un recouvrement partiel, incomplet des « territoires occupés » ? Probablement. Son grand-père, Mohamed V, est l’artisan de l’indépendance du Royaume, de la conquête de Tarfaya. Son père Hassan II a élargi les limites du pays en absorbant Sidi Ifni, le Sahara. Lui est le seul roi qui n’a pas gagné un seul lopin de terre. Il a essayé à Persil mais il a échoué. Les îlots espagnols lui fournissent une occasion rêvée de suivre la tradition dynastique à l’heure où les turbulences économiques et sociales se profilent sur le Maroc.

Par Ignacio Cembrero

Orilla Sur, 12/09/2012

Prisonniers politiques sahraouis : Le président Abdelaziz appelle l'ONU à une intervention "urgente"

Dans une lettre, adressée avant-hier au secrétaire général de l'ONU, le président Abdelaziz a regretté que le gouvernement marocain ait annoncé la date du 24 octobre 2012, pour le procès des 23 prisonniers politiques sahraouis dans la prison de Salé, devant le tribunal militaire, a rapporté, hier, l'agence d'information sahraouie (SPS). 

Qualifiant la décision de traduire des civils et des militants des droits de l'homme devant un tribunal militaire d'"injuste " et de " contraire aux principes du droit international humanitaire ", M.Abdelaziz a estimé qu'il s'agit de "développements dangereux qui reflètent le mépris du gouvernement marocain de la légitimité internationale, des valeurs et idéaux de l'humanité ". 

Ces militants des Droits de l'Homme ont "simplement exprimé leur attachement au droit inalliable du peuple sahraoui à l'autodétermination, reconnu par la communauté internationale et réaffirmé par les différentes résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il fait valoir. Dans la même lettre, le président Abdelaziz a dénoncé "la détérioration de la situation des prisonniers politiques sahraouis, constamment exposés aux différentes formes de torture physique et psychologiques et contraints à signer des procès verbaux préparés à l'avance". 

Le secrétaire général du Front Polisario a réitéré la nécessité de la mise en place d'un mécanisme onusien pour la surveillance et la protection des Droits de l'Homme au Sahara occidental, pour permettre à la Minurso (Mission des Nations unies) de remplir ses fonctions, à savoir l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination du peuple Sahraoui et la protection et la surveillance des Droits de l'Homme. Il a également appelé la communauté internationale à "exercer toutes les pressions et sanctions nécessaires" contre le gouvernement marocain, pour qu'il se conforme aux exigences de la légitimité internationale et mette fin au pillage des richesses naturelles du peuple sahraoui. M.Abdelaziz a demandé à l'ONU de démanteler le mur de la honte (divisant le Sahara occidental en deux) et divulguer le sort de plus de 651 disparus sahraouis, aux mains du Maroc depuis son occupation illégale du Sahara occidental le 31 octobre 1975. 

Le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination 

De son côté, le Parlement européen (PE) a réaffirmé hier à Strasbourg le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination à travers un "référendum démocratique", conformément aux résolutions de l'ONU sur le Sahara occidental. Dans une résolution sur "le Rapport annuel du conseil au Parlement européen, sur la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne", présentée par Elmar Brok, président de la Commission des Affaires étrangères (AFET), le PE "réaffirme le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, ainsi que son droit de décider sur le statut du Sahara occidental, à travers un referendum démocratique, en conformité avec les résolutions pertinentes des Nations Unies. 

Après avoir rappelé sa résolution du 25 novembre 2010, dans laquelle elle exprimait le soutien aux efforts de la communauté internationale au Sahara Occidental, l'instance européenne exhorte, dans un nouveau texte adopté en plénière, "le Maroc et le Front Polisario de poursuivre les négociations, pour une solution pacifique et durable du conflit du Sahara occidental". L'adoption de cette nouvelle résolution du PE intervient au lendemain d'un débat à Strasbourg sur la politique extérieure et la sécurité de l'Union européenne, en présence notamment de Catherine Ashton, qui intervenait en sa qualité de vice-présidente de la Commission européenne. 

Pour le ministre sahraoui délégué pour l'Europe, Mohamed Sidati, cette position " dénote de l'intérêt qu'accorde le PE à la question du Sahara occidental ". " Elle dénote aussi l'attachement de cette importante institution européenne à une solution pacifique et définitive (de la question sahraouie), à travers un referendum juste et libre, en conformité avec le droit international". 

Cela conforte, selon le responsable de la Rasd en Europe, le peuple sahraoui dans ses revendications légitimes à l'autodétermination et à la liberté. Le libre choix par le peuple sahraoui de son destin est au centre de la problématique du Sahara occidental".
 
Une délégation sahraouie conduite par Sidati, également membre du Secrétariat national du Front Polisario et Omar Mih, délégué du Front pour l'Italie, était présente à Strasbourg où elle a eu des contacts avec des membres de différents groupes politiques, lesquels ont exprimé leur sympathie avec la cause sahraouie et souligné l'importance de la résolution qui vient d'être adoptée par le PE.

«Nous sommes prêts à reprendre les armes si cela est nécessaire»

C'est par cette phrase, que M. Lahitani Lahcene conseiller du président de la République arabe sahraoui a affirmé lors de la journée de solidarité avec le peuple sahraoui qui, rappelons-le a été organisé par le Front El-Moustakbal lors de l'université d'été qui a eu lieu à Tipasa.

C'est ce qu'a avancé ce responsable. Cet avertissement prouve une nouvelle fois que la situation à la RASD implique une réaction légitime pour contrecarrer toute velléité du royaume chérifien qui tente par des moyens directs et/ou indirects à saper la volonté des sahraouis si on tient compte que le makhzen emploie la torture contre des civils sans défense dans les territoires occupés. M. Lahitani ajoute par ailleurs, «Présentement on a abouti une période très pénible. 
Le peuple sahraoui est plus que jamais asservi par l'expansionnisme marocain qui fait fi de toutes les résolutions de l'ONU. En partant de ce fondement, on ne diffère nul choix pour délivrer notre pays du joug colonisateur. Depuis effectivement septembre 1992, nous conduisons une révolte pondérée. Malencontreusement les outrances perpétrées régulièrement par le colonisateur à l'encontre de notre peuple se poursuivent et avec une abominable barbarie. 

En outre le document consigné par les envoyés de la Fondation Kennedy des droits de l'Homme ont à mis au jour les incontestables afflictions que nous subissons», affirme-t-il. Néanmoins, l'émissaire sahraoui a préconisé que spécialement depuis 1992, le Front Polisario a mené une bataille pacifique, tant sur le plan intérieur qu'externe ce qui a permis de construire dans les régions libérées un authentique pouvoir contemporain composé d'institutions pérennes. «Concernant le schéma diplomatique, nous avons procédé à l'ouverture jusqu'à maintenant des représentations dans les cinq continents. Aussi, la question sahraouie a reçu le soutien de nombreux pays et d'organisations à l'instar de l'Union africaine. Ceci dit, la position algérienne a été d'une contribution certaine pour la mondialisation de notre lutte par principe», dira-t-il. 

Par ailleurs le secrétaire général du ministère de l'Information du Sahara Occidental a soutenu sans équivoque, les agissements et la diplomatie française tendant à mettre en échec le changement d'organisation du référendum pour l'autodétermination. Belaïd, Abdelaziz, le président du Front El-Moustakbal a réaffirmé lors de son intervention l'appui constant de son parti au peuple sahraoui et son droit à l'autodétermination. «Nous souhaitons dépêcher incessamment, dans le cadre de la collaboration et de la solidarité avec nos frères de la République sahraouie, une équipe de médecins de notre parti pour se rendre dans les camps sahraouis. Cette décision est l'aboutissement d'un long travail de solidarité», révèle-t-il. Il a conclu par «le peuple marocain est un peuple frère avec qui des rapports forts tant sur le plan historique, religieux et de proximité nous lient à eux. Par voie de conséquence, notre soutien pour la cause sahraouie est une position juste, dans la mesure où il s'agit de l'oppression d'un peuple. Chose que nous n'admettrons jamais».

L’AFP au service du Makhzen

Décidément l’agence France presse (AFP) tente par toutes les acrobaties journalistiques possibles de donner un coup de pouce au Maroc dès qu’il est question de l’Algérie.

Même un match de football entre l’équipe algérienne et son homologue libyenne a été un prétexte pour le correspondant de cette agence de prouver son allégeance à sa majesté le roi pour être dans ses bonnes grâces.

Hallucinant ! On connaît trop bien la position française sur le dossier sahraoui caractérisée par un alignement aveugle sur la thèse autonomiste marocaine. Là n’est pas le propos. Mais de là à rappeler cette ligne de fracture diplomatique entre les deux pays, frères faut-il le souligner, il n’y a qu’un pas que cette agence a allégrement franchi aujourd’hui.

Son correspondant à Rabat qui, manifestement, n’apprécie pas que le royaume offre son hospitalité aux deux autres pays frères – l’Algérie et la Libye – pour un match de foot, s’est laissé aller dans son compte rendu d’avant-match à des commentaires politiques pour le moins déplacés en pareilles circonstances.

Il a clairement voulu déplacer le match du complexe Mohamed V à la frontière algéro-marocaine ! Morceaux choisis d’une littérature d’une propagande de mauvais goût : «Les supporteurs algériens qui attendaient sous un soleil de plomb l’ouverture des portes ont par ailleurs regretté la fermeture des frontières terrestres entre les deux pays».

Ou encore, «Si cette frontière était ouverte, on compterait des dizaines de milliers de supporteurs algériens pour ce match, a estimé un autre supporter des Fennecs».

Un journaliste hors jeu…

Et enfin pour clore son appel du pied aux autorités algériennes, le « journaliste » reprend ces propos d’un supporter algérien, «Moukhtar, un cuisinier d’Alger», pour qui « cette fermeture est déplorable, les deux pays sont des frères, il faut que cela cesse ».

Le makhzen, va sans doute apprécier cet interrogatoire très politique du correspondant de l’AFP ! Et dire qu’il est question d’un match de foot… A croire que ce reporter de l’agence française a été envoyé spécialement pour glaner ce genre de «déclarations» politiquement très correctes au Maroc, histoire de tirer un peu profit d’un match qui n’engage en rien le royaume.

Dans sa volonté servile de faire le sale boulot, le journaliste s’est emmêlé les pinceaux en écrivant dans sa dépêche que : « L’Algérie a été contrainte par la Fifa de déplacer le match, initialement prévu en Libye, à Casablanca pour des raisons de sécurité ».

Le journaliste a commis une double faute professionnelle. D’abord, c’est la Libye qui a été contrainte en tant que pays hôte du match aller- en raison des conditions de sécurité difficiles dans ce pays et non pas l’Algérie qui reçoit au match retour. Ensuite, c’est la CAF qui a contraint les Libyens et non pas la Fifa qui ne se mêle pas des compétitions gérées par la confédération africaine de football.

Mais, à trop vouloir «bien rendre ses royaux services», le journaliste, s’est sorti de son match. Il s’est donc auto-déclaré hors-jeu dans un match sans enjeu pour le Maroc. Il aura raté aussi une occasion d’assister à une bonne partie de foot en simple spectateur, sans avoir à rendre compte de ce qui ne concerne pas. Théoriquement.
Selon les observateurs, la France écarte toute collaboration concernant l’autodétermination du peuple sahraoui. Qu’elle soit de droite, qu’elle soit de gauche, la France est avant tout royaliste. Elle s’aligne sur les humeurs des rois. Sur les diktats des rois. Qatar ou Maroc, Libye, Syrie ou Sahara occidental, la France s’incline devant les jeux des Palais. La gauche n’est que caviarde. Royale. La droite bling-bling où le capitalisme, les invasions, la course aux richesses des autres, les opportunités… font le mode de toute une diplomatie et qui reviendra certainement un jour aux commandes féodale et royale. 

La France a donc la passion des rois. Le respect des rois. Le complexe des rois. La France tremble devant les rois. Ça a été son histoire. Ça sera sans aucun doute son horizon. L’appréciation de l’élégance

des premières dames françaises, des Présidents français est souvent une note donnée par Buckingham Palace. Haute magnificence de la classe. De la somptuosité. De la tenue. Du savoir-vivre. De l’art de mener des relations saines, de cette politique qui a donné, à travers l’histoire, le tournis aux Bourbons. 

La France n’est que complexes.

Complexité. Méfiance. Mépris à l’égard des autres peuples, spécialement à l’égard des ex-colonies dont elle souhaiterait confisquer l’identité encore une fois, «benguiguiser», par le biais de la francophonie, par le biais

de la francophilie ou par le biais de quelques intellectuels faussaires bonifacisés, françafriquiser par le biais de quelques coup de putschs pour maîtriser les circuits du CFA, des richesses pétrolières, de l’uranium du Niger, des déstabilisations récurrentes au Mali, en Côte-d’Ivoire, au Niger, en Mauritanie… pour en perturber la stabilité des viles flibusteries. 

Qu’a-t-elle donc, la France, à s’encombrer des tribus à qui elle ne consacre qu’une vulgaire et humiliante pub de voiture pour les animaux ? Qu’a-t-elle à de s’encombrer de ces enfants, hommes et femmes des camps sahraouis qui n’ont que la richesse des graines de sable du Sahara pour chiffrer leur misère ?

L’humanisme français n’est qu’un forage dans les déserts des autres, des milliers de dollars dans les banques des autres, un marché fructueux dans les sociétés des autres… L’ère des lumières n’est qu’un sombre rayon qui, désormais, n’illumine plus les palais de France. N’éveille plus les châtelains de naguère. Le roi de l’Elysée –toujours le même-, les Ducs –toujours les mêmes-, le Baron de Matignon – toujours le même- ont toujours été masqués dans ce bal que raconte la fin du Comte. 

S.M.

Le Jeune Indépendant, 8 sept 2012

Communiqué du CNASPS

Une rencontre de consultation et de coordination regroupant M. Lamari Mohamed Mahreze président du CNASPS, M. Farouk Ksentini président de la commission nationale consultative de défense et de promotion des droits de l’homme et une délégation officielle de la RASD conduite par M. Lehraitani Lehcène, conseiller du président de la RASD, et composée du SG du ministère de l’Information et de la responsable politique auprès du Front Polisario.

Cette activité de solidarité qui intervient à quelques jours seulement de la mission effectuée par la Fondation Kenendy, nous permettra d’échanger les informations autour du dossier des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, d’en tracer une stratégie d’actions pour la dénonciation de leurs violations répétées ainsi qu’également de coordonner les actions de chaque partie afin d’en garantir l’efficacité.

Le CNAPS, satisfait de la décision de Ban de garder Ross


Le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS) a exprimé sa satisfaction  sur le renouvellement de la confiance du secrétaire général des Nations Unies, Ban-Ki-moon en la personne de son envoyé personnel au Sahara Occidental Christopher Ross.

Dans un communiqué qu’il a rendu public mercredi, le comité national de solidarité avec le peuple sahraoui a indiqué que le comité note avec satisfaction le maintien par Ban Ki Moon de M. Ross en tant qu’envoyé spécial et personnel chargé du conflit au Sahara Occidental et sur son refus de la requête non fondée par le Maroc de changer ce dernier.

Le CNASPS a exprimé ses vœux que Ross continue sa mission au Sahara Occidental et réussisse à organiser le plus tôt possible un référendum pour l’autodétermination du peuple Sahraoui selon les chartes du conseil de sécurité.

Rabat en état d'alerte


Le rapport de la fondation Kennedy, qui a épinglé le Makhzen sur ce dossier, a laissé groggy le gouvernement marocain.
«Chaque fois qu'un homme défend un idéal, ou agit pour améliorer le sort des autres, ou se bat contre l'injustice, il envoie un petit souffle d'espoir, et se croisant à partir d'un million d'autres centres d'énergie et d'audace, ces souffles construisent un courant capable d'abattre les murs les plus puissants de l'oppression et de la résistance», c'est le message délivré par Robert F. Kennedy à partir du Cap (Afrique du Sud) un certain 6 juin 1966. 
En digne héritière, sa fille le sème aux quatre coins de la planète. Le pouvoir marocain devrait le méditer. Comment va au fait le Makhzen après la publication du rapport du Centre Robert Kennedy pour la Justice et les droits de l'homme (RFK Center)? Pas trop bien apparemment. Il supporte mal l'étiquette de tortionnaire justifiée qui colle à la peau de ses forces d'occupation dans les territoires occupés du Sahara occidental. Une réputation qu'il traine encore et que même la fermeture des cachots de Tazmamart (prison secrète pour prisonniers politiques au sud-est du Royaume) n'ont pas réussi à faire disparaître. 
Les militants sahraouis emprisonnés à la Carcel negra (prison noire) sont les nouvelles victimes des geôles marocaines. Kerry Kennedy, la présidente de RFK Center et la délégation qui l'a accompagnée ont recueilli des témoignages qui attestent de l'existence de la torture et de la violence dans les territoires sahraouis. Pour le gouvernement marocain, tout rapport ou déclaration qui lui sont défavorables en ce qui concerne le dossier du Sahara occidental, sont frappés de suspicion et déclarés partiaux ou déséquilibrés. C'est le cas pour celui rendu public par la fondation Kennedy suite à ses visites dans les territoires occupés du Sahara occidental (El Ayoun, Dakhla, Smara...) et dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf (Sud algérien). Comme ce fut le cas de celui de Christopher Ross. 
Le représentant personnel du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies pour le Sahara occidental avait fourni un document qui faisait état de l'extraction d'aveux de Sahraouis, sous la torture, par les forces d'occupation marocaines. Rabat a vu rouge et l'a déclaré persona non grata. Quant au rapport de la fondation Kennedy, il y a vu un «caractère partial». Le Makhzen n'a pas encore digéré le contenu du document du RFK Center qui dénonce la répression dans les territoires annexés du Sahara occidental.
«Le gouvernement marocain enregistre la précipitation ayant marqué la publication du rapport des observations préliminaires, élaboré par la fondation Kennedy au sujet de ses visites dans les provinces du sud du Royaume et dans les camps de Tindouf, en Algérie, pour y faire le point sur la situation des droits de l'homme» a déclaré le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha El-Khalfi. Le chef de la diplomatie marocaine, Saâdeddine El Othmani, qui l'a, de son côté, qualifié de déséquilibré a relevé «la nature biaisée de cette organisation (RFK Center Ndlr) ainsi que l'attitude partiale et dénuée de neutralité dans son traitement du conflit artificiel autour du Sahara». 
Le rapport final de la fondation Robert F. Kenedy, qui sera présenté lors des travaux de la 4e Commission onusienne sur la décolonisation, à New York, sera particulièrement redoutable... Rabat est déjà en état d'alerte.
L'Expression; 5 sept 2012

Kerry Kennedy a brisé le mur du silence

Il est hautement symbolique que la nièce de l’ex- Président Kennedy qui, il y a plus d’un demi siècle soutenait le droit à l’indépendance de l’Algérie, se rende au Sahara occidental pour faire avancer le droit à l’autodétermination des sahraouis. La visite que vient d’effectuer dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc et dans les camps de refugiés sahraouis Kerry Kennedy présidente de la fondation Kennedy est d’autant plus méritoire et importante qu’elle a réussit a briser le mur du silence qu’a érigé le Maroc autour d’un territoire qu’il occupe illégalement au mépris de la communauté internationale et des résolutions de l’ONU . 

De fait, le Maroc a tout fait pour empêcher cette visite et a été jusqu'à distiller des rumeurs et des informations invérifiables et invérifiées faisant croire à un possible enlèvement de la nièce Kennedy par Aqmi. Pour ce faire le Maroc a fait agir ses puissants relais aux États- Unis et jusqu’au sein de la CIA , pour faire croire a ce scénario digne des romans d’espionnages mais habituels des embrouillaminis de Rabat. La présidente de la fondation, Kerry Kennedy, a révélé publiquement les entraves des autorités marocaines pour brouiller la mission. La présence d’une organisation de la taille de la fondation Kennedy, de l’Organisation mondiale contre la torture et de Frontline a fait trembler le gouvernement marocain… 

La délégation a assisté à la répression d’une manifestation pacifique des Sahraouis. Le Maroc avait peur d’une visite qui le gênait au plus haut point en raison du prestige et de la crédibilité de la fondation Kennedy pour la justice et les droits de l’homme et aussi pour son influence au sein de l’opinion publique américaine et de l’administration US ainsi qu’au sein des institutions internationales. 

La panique de Rabat s’explique aussi par le fait que c’est la première fois qu’une mission de ce niveau se rend dans les territoires sahraouis occupés et dans les camps de réfugiés. D’autant que cette visite intervient dans un contexte particulièrement marqué par un black-out total sur la question sahraouie et sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés. Cette mission a eu lieu aussi au moment où le Maroc affiche clairement ses velléités de bloquer le processus de négociations en retirant sa confiance à l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross. Mais là aussi le Maroc a subit un cuisant échec puisque Ban Ki-moon, refuse de se faire dicter sa conduite et a renouvelé sa confiance à C.Ross. C’est un sérieux revers pour Rabat au moment où les Pays Non-alignés viennent de renouveler leur soutien au droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple sahraoui. 

Dans les camps de réfugiés sahraouis la délégation conduite par Kerry Kennedy a bénéficié d’une liberté de mouvement totale dans les camps. Les membres de la délégation ont rencontré les gens qu’ils souhaitaient rencontrer en toute liberté. Ils se sont rendus dans la prison des droits communs. Les sahraouis ont montré qu’ils n’ont rien à cacher. Les sahraouis espèrent ainsi que le geste sans précédent de la nièce de l’ex-président Kennedy permettra de donner à l’opinion mondiale et à la communauté internationale une autre vision de la réalité de la situation dans les territoires que celle imposée par le Maroc et ses soutiens occidentaux. 

Pour Mhamed Khedad, haut responsable sahraoui, le rapport qu’elle produira aura «un impact sur la nécessité de la prise en charge de la question des droits de l’homme dans les territoires occupés pour qu’enfin nos populations qui vivent sous occupation puissent respirer et exprimer librement leur opinion.» «Que cette mission permette une Minurso crédible, qui soit à la hauteur des standards internationaux et que l’ONU puisse prendre en charge les critiques formulées par l’Envoyé spécial Christopher Ross, de libérer immédiatement les détenus politiques qui croupissent dans les prisons marocaines», a-t-il ajouté avant de réitérer l’urgence de permettre aux parlementaires européens, aux diplomates, aux médias et toutes les ONG de pouvoir se rendre dans les territoires occupés pour constater les souffrances qu’endurent les Sahraouis du fait d’une occupation illégale de leur pays. Il a par ailleurs rappelé qu’en retirant sa confiance à C. Ross, le Maroc a «montré clairement sa volonté de bloquer le processus du règlement du conflit en s’assurant le soutien des pays comme celui de la France qui empêche l’avancée du règlement du conflit». «Nous, nous montrons notre disponibilité et notre respect de la légalité internationale. Nous cherchons un règlement définitif et démocratique du conflit dans le cadre des Nations unies. Le peuple sahraoui doit exercer son droit à l’autodétermination comme tous les peuples en lutte pour leur émancipation. J’espère que le rapport de la mission de la Fondation Kennedy pèsera de tout son poids pour que la question sahraouie soit sérieusement traitée au niveau du Conseil de sécurité », a-t-il encore dit.

Mokhtar Bendib

Le Courrier d'Algérie, 5 sept 2012

M6 n'aime pas RFK

Ils sont tout de même très forts ces Marocains ! Largement discrédité par la visite de la courageuse Kerry Kennedy, présidente du centre américain Robert-Kennedy pour la justice et les droits de l'Homme dans les camps sahraouis, Rabat n'a rien trouvé de mieux que d'agresser cette emblématique invitée du Polisario.
“L'hospitalité" marocaine est à géométrie variable. À l'inverse de Nicolas Sarkozy qui se voyait offrir un superbe palais à Marrakech, c'est à coup de violences verbales, d'intimidations, de filatures et de brutalités policières que la délégation américaine a été accueillie par les Marocains dans Al-Ayoune occupée. Mme Kerry Kennedy a certainement eu tort, au regard du palais royal, de venir voir de plus près ce qui se passait réellement dans les camps de réfugiés au Sahara Occidental et de ne pas jouer aux touristes occidentaux aveuglés par le charme des riads marocains. Et qu'importe son CV. Qu'elle soit une Kennedy, connus pour leurs engagements humanitaires de père en fille, ayant de l'influence au Sénat, portant un regard juste sur le drame des femmes sahraouies ne change rien. Quand on franchit le Rubicon avec le Maroc, la matraque sort.

Le Maroc a gratifié l'opinion publique mondiale de quoi il était capable quand on s'interroge sur sa conception des droits de l'Homme. Paniqué face à cette visite audacieuse, le Maroc a sorti la grosse artillerie pour dissuader l'activiste américaine de venir, jusqu'à inventer une tentative de kidnapping par Aqmi ! De deux choses l'une. Soit le Maroc s'inquiète de la sécurité des invités du Polisario et auquel cas, il aurait tort car la visite des camps de réfugiés s'est déroulée dans d'excellentes conditions d'accueil et de protection. Soit le Maroc est très bien informé sur les intentions des terroristes d'Aqmi jusqu'à les anticiper !
Reste que cette agitation marocaine ne saurait masquer l'essentiel. Les Sahraouis ont eu une opportunité, depuis longtemps, de rencontrer des membres de la communauté internationale pour témoigner des atrocités marocaines quotidiennes. Le Polisario est sorti grandi car il a fait la démonstration qu'il est capable de gérer les camps de manière “remarquable" comme l'a dit Kerry Kennedy. Maintenant, il s'agit que cette mission ne soit pas la seule qui ait le courage moral et physique de témoigner en faveur du droit des Sahraouis à l'indépendance.

Liberté, 2 sept 2012

Couleuvres royales

par M. Saadoune


Le gouvernement islamiste marocain que dirige Abdelilah Benkirane ne serait plus en odeur de sainteté auprès du Palais. Les procès que lui fait la presse proche du Palais et du Makhzen en sont le signe. La très officielle agence de presse marocaine MAP avait donné le ton récemment en pointant un risque de dérive «populiste» d'Abdelilah Benkirane. Celui-ci a bien eu quelques «écarts» de langage qui ont déplu fortement à la cour royale.

Malgré une réforme constitutionnelle accordant en théorie plus de pouvoirs au chef du gouvernement, les «conseillers» du Palais forment un gouvernement «bis» que d'aucuns, au Maroc, qualifient de gouvernement « réel». Les islamistes du PJD - qui sont très loin de revendiquer une monarchie constitutionnelle où le «roi règne mais ne gouverne pas» - pouvaient-ils utiliser la petite marge de pouvoir théorique formellement concédée dans la Constitution pour amener la monarchie à lâcher du lest ? En moins d'une année d'exercice, on peut dire que le pari est déjà perdu. En prenant la charge du gouvernement dans un contexte de détérioration de la situation économique et sociale, le PJD n'a pas reçu de cadeau. Au contraire, pour le roi et les adversaires des islamistes, c'était le «meilleur moment» de donner la charge au PJD, de l'épuiser afin qu'il apporte la preuve de son échec et/ou de son incompétence.

Il y a quelques semaines, un journal européen titrait de manière expressive que «Benkirane n'amusait plus le roi». On passe désormais à un autre registre. Le ton de la presse marocaine est désormais que Benkirane «agace royalement le roi». En avril dernier, Benkirane avait osé critiquer ce gouvernement royal de l'ombre en dénonçant l'existence de «bastions de contrôle sous la domination de personnes dépourvues de titre politique». Depuis, le chef du gouvernement a œuvré à battre sa coulpe, allant jusqu'à présenter publiquement des excuses au roi et à ses conseillers. Le Palais a en effet multiplié par différents canaux les rappels à l'ordre… sur les pouvoirs intouchables du roi. Le souverain, passant outre le chef du gouvernement, a ainsi convoqué le ministre de l'Intérieur et les patrons de services de sécurité pour exiger des mesures contre des fonctionnaires (police, gendarmerie et douanes) qui auraient racketté des Marocains résidant à l'étranger à leur entrée au pays.

Un «coup» spectaculaire qui avait le bon côté de montrer un roi soucieux du bien-être de ses sujets et surtout de rappeler, au gouvernement, qu'il est maître à bord. Et seul maître à bord. Benkirane a avalé la couleuvre royale mais un dirigeant du PJD n'exerçant pas de fonction gouvernementale, Abdelali Hamidine, membre du secrétariat général du PJD, n'a pas hésité à qualifier cet acte royal d'intervention inconstitutionnelle et de grave empiétement sur les prérogatives du chef du gouvernement. Abdelali Hamidine a critiqué dans la foulée la cérémonie d'allégeance au roi dont il a relevé le caractère anachronique. C'est la critique de trop apparemment et le Palais en tient rigueur au chef du gouvernement. Vendredi, une activité de la jeunesse du PJD à laquelle devait participer Benkirane a été interdite par les autorités.

Le roi Mohammed VI ne supporte presque plus Benkirane et ne serait pas loin de siffler la fin de partie. Cela permettrait aussi de passer au débit du gouvernement du PJD la panade diplomatique où le Maroc a été mis par la décision de «retrait de confiance» à l'égard de Christopher Ross. Les procès qui se multiplient contre un gouvernement, pourtant très docile, montrent que malgré les «réformes», le roi n'est pas prêt à se délester d'une partie de ses pouvoirs. Même pour un islamiste de sa majesté.

Le Quotidien d'Oran, 2 sept 2012

Sahara Occidental : un combat pacifique, jusqu'à quand ?

par Kharroubi Habib


La présidente de la fondation Robert Kennedy pour les droits de l'homme qui a effectué à la tête d'une délégation américaine une visite en territoires sahraouis occupés et dans les camps de réfugiés à Tindouf a déclaré être admirative du combat pacifique que mènent les Sahraouis contre l'arbitraire dont ils sont victimes et pour faire prévaloir leurs droits dont celui de l'autodétermination. En territoires occupés du Sahara Occidental, elle a eu l'occasion de vérifier combien ce combat est digne de respect tant il est mené dans des conditions extrêmement dangereuses pour les citoyens et militants sahraouis qui osent défier «l'ordre de l'occupation». Vérification qu'il lui a été facile à faire au vu du traitement infligé à la délégation qu'elle conduisait par les policiers et nervis du Makhzen. Délégation que ces derniers n'ont pas lâchée d'une semelle durant son séjour, n'hésitant pas à bousculer et à insulter une de ses membres qui s'est avisée de filmer une scène de violence de la police contre une femme sahraouie. La déléguée américaine prise à partie est la propre fille de la présidente de la fondation Robert Kennedy.

Incident qui a fait dire à celle-ci que «la violence que nous avons pu constater n'est pas un événement isolé». Ce que confirment à ses yeux les témoignages des dizaines de femmes sahraouies que la délégation a rencontrées et qui lui ont fait état des affres de la prison et de l'agression physique subis par leurs maris et fils en raison de leurs activités politiques. Ce qu'a découvert en territoires occupés du Sahara Occidental d'arbitraire et de violation des droits la délégation américain est la terrible réalité de l'occupation qu'endure la population sahraouie et que les soutiens étatiques et médiatiques internationaux du royaume marocain récusent en attribuant les accusations portées en la matière contre les autorités chérifiennes de propagande entretenue par l'Algérie et ses stipendiés du Front Polisario. Faut-il comprendre parmi ces stipendiés de l'Algérie l'émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, qui a lui aussi vérifié que la question des droits de l'homme en territoires occupés du Sahara Occidental pose problème et qu'il y a nécessité pour que la Minurso soit dotée d'un mécanisme indépendant de contrôle et d'évaluation du problème ?

En vérité, le sort dramatique fait à la population sahraouie par l'arbitraire et la répression exercés sur elle par les forces de police marocaines et leurs auxiliaires est connu de tous. Il se trouve seulement que malgré cela le royaume marocain continue de bénéficier de la bienveillante passivité dans l'indignation des puissances se prétendant inflexibles et intraitables sur la question des droits de l'homme là où ils ne sont pas respectés. Dans ces conditions jusqu'à quand alors les Sahraouis continueront ce combat pacifique pour leur liberté et dignité que la présidente de la fondation Robert Kennedy a dit admirer ? Le processus de négociation entre Sahraouis et Marocains est dans l'impasse. L'occupation marocaine a trop duré, la répression est d'une violence inouïe. Et cela sans que la communauté internationale s'en émeuve et fasse comprendre aux autorités marocaines que c'en est trop de leur piétinement de la légalité internationale et des droits de l'homme.

Par le prestige de la fondation qu'elle préside, par celui de son nom, Kerry Kennedy qui a été en territoires occupés du Sahara Occidental, qui a vu et entendu, est en mesure d'interpeller cette communauté internationale, de l'alerte sur l'amère incompréhension qui est celle des Sahraouis quant à son inertie. Incompréhension qui leur fait envisager de prendre leur destin en charge autrement que par la voie du combat pacifique.

Le Quotidien d'Oran, 2 septembre 2012

Sahara Occidental : Emboirik poursuivi par la justice brésilienne

La famille de l'ex-petite amie du diplomate sahraoui Emboirik Ahmed a porté plainte contre lui devant la justice brésilienne pour abu...