La fin programmée de l'ONU, par Nadjib Stambouli

On les a vus venir, depuis qu'ils avaient décidé de passer outre le Conseil de sécurité pour aller plonger l'Irak dans le désastre et le chaos où il se trouve. On les a vus qui se sentaient à l'étroit dans des institutions où ils devaient tenir compte du droit et non de la force. A la fin, les Etats-Unis viennent d'exprimer clairement le peu de cas qu'ils font de la nécessité de l'Organisation des Nations unies, dès lors qu'elle n'obéit plus au doigt et à l'œil à leur diktat. A cause de l'usage légal de la Russie et de la Chine du droit de veto, le Conseil de sécurité aurait «totalement échoué dans sa tâche la plus importante cette année», comprendre dans l'entreprise d'étrangler la Syrie. 
Il aurait dû se soumettre aux solutions étatsuniennes pour «réussir» dans cette tâche. Le veto, pourtant, les Etats-Unis en ont usé, toujours contre l'un des peuples des plus opprimés du monde, contre les Palestiniens. Rien que depuis 1967, Israël a bénéficié de 39 vetos qui ont bloqué autant de résolutions, très tempérées, destinées à rappeler un tant soit peu à l'ordre l'Etat sioniste. Sur ce plan, le Conseil de sécurité ne dérangeait pas. Il a commencé à le faire depuis que le veto a cessé d'être l'apanage d'une seule puissance. «Nous allons intensifier nos efforts avec différents partenaires hors du Conseil de sécurité pour faire pression sur le régime Assad et fournir de l'aide à ceux qui en ont besoin», a déclaré Susan Rice. 
Ce qui n'est qu'une étape de la concrétisation de la disqualification totale de l'ONU. L'alternative est en construction, elle est représentée par cette «communauté internationale» qui fonctionne, déjà, selon ses propres règles et contre la «légalité internationale». C'est elle, à titre d'exemple, qui a élu le président de la Côte d'Ivoire, le CNT libyen et le CNS syrien, à la place des Ivoiriens, des Libyens et des Syriens. Une «communauté internationale» qui réunit le ban et l'arrière-ban des pays obligés des Etats-Unis. Au dernier recensement il y aurait une centaine de membres, qui ont souscrit à la volonté impériale de vassaliser la planète et de la soumettre à la seule religion qui compte, celle qui émane de Wall-Street et des temples de la finance. Le processus était donc en cours, on assiste seulement à sa première accélération, pour peut-être le voir aboutir à très court terme. Peut-être qu'il manque encore des réglages à faire et des allégeances à renforcer et à garantir, ce qui explique le maintien de certaines formes. 
Lorsque le temps sera venu, l'ONU sera morte de sa belle mort, sur l'autel d'une ambition de redistribuer les cartes au sens propre, comme au sens figuré. Le monde connaît, à ce sujet, ses premiers grincements, avant son éclatement effectif entre des blocs qui travailleront qui à asseoir sa domination, qui à défendre son espace vital. Il en est ainsi à chaque fois qu'un système atteint son seuil d'incompétence, celui de survivre à ses propres contradictions. Le Capitalisme l'a atteint et veut briser les limites qui l'étouffent, quitte, dans sa folie prédatrice, à précipiter l'Humanité et sa civilisation dans un cataclysme qui l'anéantira. Difficile d'arrêter la machine quand la raison est prisonnière du profit.
Les Débats, 21/07/2012

Le Mujao a empoché 15 millions d'euros contre la libération de 3 otages européens au Mali

Le Mujao a empoché la somme de 15 millions d’euros contre la libération de trois otages européens enlevé le 22 octobre 2011 à Tindouf, en Algérie. Le groupe djihadiste a mis en garde l’Algérie sur le sort des quatre diplomates toujours détenus en indiquant avoir « fixé des conditions ».


Une rançon de 15 millions d'euros a été payée au groupe islamiste Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) pour la libération mercredi au Mali de trois otages européens qu'il détenait depuis octobre 2011, a affirmé jeudi à l'AFP un porte-parole de ce groupe. 

"Nous avons eu 15 millions d'euros pour la libération des trois otages et nous avons également obtenu la libération d'un moujahidine (combattant) emprisonné par la Mauritanie", a déclaré Walid Abu Sarhaoui, porte-parole du Mujao qui a reconnu qu'il s'agissait d'une "rançon considérable". Il a mis en garde "les Occidentaux qui vont se hasarder dans les camps du Polisario" (mouvement pour la libération du Sahara occidental soutenu par Alger) dans la région de Tindouf (ouest de l'Algérie) où ces trois Européens - deux Espagnols, dont une femme, et une Italienne - avaient été enlevés le 23 octobre. "Nous avons des moujahidine qui les attendent sur place", a-t-il dit. 

La médiation burkinabè qui a œuvré à la libération des otages a affirmé jeudi qu'ils avaient été relâchés après un accord portant sur la libération de deux islamistes détenus en Mauritanie, déjà élargis, et d'un autre détenu au Niger, sur le point de l'être, ce qu'a démenti le gouvernement nigérien. 

Début mai, le Mujao avait réclamé le versement de 30 millions d'euros en échange de la libération de deux des trois otages européens - les deux femmes - et la libération de prisonniers détenus en Mauritanie. Walid Abu Sarhaoui a en outre "mis en garde" Alger concernant les quatre otages algériens que le Mujao détient encore, enlevés le 5 avril à Gao (nord-est du Mali). "Nous avons fixé des conditions, l'Algérie le sait", a-t-il affirmé. Le Mujao avait annoncé le 12 juillet avoir libéré trois des sept otages algériens kidnappés au consulat d'Algérie de Gao, ce qu'a confirmé dimanche le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci. 

Pour libérer les sept Algériens, le Mujao avait exigé en mai "la libération de nos frères prisonniers en Algérie, plus une rançon de 15 millions d'euros". Le Mujao et un autre groupe islamiste armé, Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), occupent depuis fin mars tout le nord du Mali, soit plus de la moitié de ce vaste pays sahélien. Après la libération des trois otages européens mercredi, le Mujao et Aqmi retiennent encore treize otages dans le Sahel, dont six Français.

Maghreb Emergent, 20/07/2012

Les coopérants libérés "vont bien", réactions d'Italie

Les trois coopérants qui avaient été enlevés en octobre dernier à Rabouni – centre administratif sahraoui situé en Algérie du Sud – et ont été libérés mercredi seraient en route pour Ouagadougou, au Burkina Faso, d’où ils devraient s’envoler pour l’Europe. L’Italienne Rossella Urru et les Espagnols Ainhoa Fernandez de Rincon et Enric Gonyalons vont bien et, selon des sources gouvernementales espagnoles reprises par la presse, sont attendus dans une “base sûre” d’où ils partiront pour Ouagadougou. Ces mêmes sources indiquent que les opérations ont été ralenties par les mauvaises conditions météorologiques.

Les trois coopérants sont donc sur le point de rentrer chez eux au bout de presque neuf mois de captivité passés dans le Nord du Mali. Tous trois avaient été enlevés dans la nuit du 22 au 23 octobre à Rabouni, localité sous étroit contrôle militaire, où jamais aucun enlèvement ne s’était vérifié auparavant. Les trois otages avaient alors été emmenés du Sud de l’Algérie au Nord du Mali, où ils ont probablement passé le reste de leur captivité à Gao. Mais depuis lors, la situation au Mali du Nord a radicalement changé, des groupes armés – dont le groupe islamiste Mujao qui a revendiqué l’enlèvement – ayant réussi à occuper la région après un coup d’État militaire à Bamako le 22 mars dernier.

Le président italien Giorgio Napolitano a exprimé mercredi sa “joie” et son “soulagement” pour la libération de Rossella Urru, que le ministre des Affaires étrangères Giulio Terzi a défini “un symbole de courage, de dignité et de la fierté des Italiennes qui travaillent sur le terrain de la coopération”.

À Samugheo, ville natale de Rossella en Sardaigne, la joie pour sa libération s’est manifestée au son des cloches des églises. “Tout est vrai”, confiait à l’Unione Sarda le frère Mauro de l’ancienne otage, resté dans l’île alors que ses parents avaient déjà rejoint Rome, au siège du ministère des Affaires étrangères. En attendant de revoir Rossella, sa mère s’est exclamée : “Je suis au comble de l’émotion, il me tarde de la serrer dans mes bras”.

Dans un communiqué, le gouvernement de la République arabe démocratique sahraouie (Rasd) a également exprimé sa satisfaction et rappelé avoir beaucoup œuvré pour aboutir à la libération des coopérants européens.

Le Mujao a accepté de libérer ses otages en échange de certaines revendications, dont – selon l’agence de presse mauritanienne Ani – la libération du Sahraoui Ould Oufkir, détenu en Mauritanie : il s’agirait du troisième salafiste à être libéré par Nouakchott en l’espace de quelques mois dans le cadre de négociations avec des rebelles. Rien ne permet encore d’indiquer qu’une rançon a également été versée aux ravisseurs.

Au moment de son enlèvement, l’Italienne Rossella Urru était engagée dans les projets du Comité international pour le développement des peuples (Cisp) dans les camps sahraouis de l’Algérie du Sud.

(GB/CN)

MISNA, 19/07/2012

Le CPS préoccupé par le gel du processus de paix au Sahara occidental

ADDIS ABEBA - Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) s’inquiète du gel du processus de paix au Sahara occidental suite à "l’entêtement" du Maroc qui entrave les efforts du médiateur onusien Christopher Ross pour une solution juste, acceptée par les deux parties du conflit et garantissant l’autodétermination du peuple sahraoui.

Election de Zuma à la présidence de la commission de l’UA : "C’est l’Afrique qui a gagné" (Yayi)

ADDIS-ABEBA - Le président en exercice de l’Union africaine (UA), M. Boni Yayi, a affirmé que c’est l’Afrique qui a gagné, après l’élection de la Sud-Africaine, Mme Nkosazana Dlamini Zuma à la présidence de la Commission de l’UA (CUA), dimanche soir à Addis-Abeba où se déroule la 19e session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (15-16 juillet).


"Il n’y a eu ni perdant, ni gagnant. C’est l’Afrique toute entière qui a gagné et nous en sommes tous contents", a indiqué le président de l’UA en réaction à l’élection de Mme Zuma (62 ans), ancienne épouse de l’actuel président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma.

Mettant en exergue la "maturité" des chefs d’Etat et de gouvernement africains, M. Yayi a félicité Mme Zuma et a rendu aussi hommage au président sortant, le Gabonais Jean Ping (69 ans) qui, a-t-il dit, "n’a pas démérité".

"Je suis satisfait de tout ce que Ping a entrepris durant les moments difficiles de l’UA car il a toujours pu s’en sortir en consacrant sa vie aux affaires africaines", a ajouté M. Yayi, estimant que Ping, après une carrière de diplomate, a fini sa carrière en "apothéose" en tant que président la Commission de l’UA.

Pour le président en exercice de l’UA, l’élection de Mme Zuma a permis de régler un problème que l’Union a "traîné depuis longtemps", soulignant que les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de passer aux élections "pour que le droit puisse prévaloir".

"La commission étant élue, nous allons à présent pouvoir nous organiser et mettre en place la meilleure gouvernance de gestion de l’Union africaine », s’est réjoui M. Yayi.

Mme Zuma a été élue présidente de la Commission, au premier jour du sommet de l’UA auquel prend part le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, représentant du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika.

Elle a été élue au 4e et dernier tour des élections en obtenant 37 voix, soit plus que les deux tiers requis conformément au règlement des élections de CUA, battant ainsi Ping qui était à la tête de la Commission depuis 2008.

Au premier tour la ministre de l’Intérieur de l’actuel gouvernement sud-africain avait obtenu 27 voix, contre 24 pour Ping, au 2e tour elle a engrangé 29 voix, contre 22 pour son rival, alors qu’au 3e tour elle a obtenu 33 voix contre 18.

Ce n’est qu’au 4e et dernier tour que Mme Zuma, candidate de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) a pu l’emporter avec 37 voix, alors que Ping avait carrément abandonné la course.

Sur les 54 pays membres de l’UA, 51 ont voté puisque le Mali, Madagascar et la Guinée-Bissau sont suspendus, en raison des changements anticonstitutionnels intervenus dans ces pays.

APS, 16/07/2012

Rester dans "notre pays"

Photo: Le Temps.ch
Des «territoires libérés» sans âmes ni eau

Le conflit avec le Maroc est enlisé dans les sables depuis plus de vingt ans. Reportage avec une patrouille sahraouie


A peine la frontière algérienne franchit à Tindouf, que la route disparaît sous le sable. Il faut s’enfoncer 20 kilomètres plus loin dans le désert avant de tomber sur un panneau indicateur qui nous accueille enfin dans la République arabe sah­raouie démocratique. Un homme en tenue de camouflage émerge alors d’une maison entourée de douilles pour vérifier nos passeports, sans toutefois les estampiller.

Balafre dans le désert

La République arabe sahraouie a beau être reconnue par 82 pays, l’ONU la considère toujours comme «un territoire non autonome, dont la décolonisation n’est pas terminée». Le processus s’est arrêté en 1976 quand l’Espagne – son ancienne puissance coloniale – a laissé cette terre aride aux mains du Maroc et de la Mauritanie. Depuis l’accord de cessez-le-feu de 1991, la plupart du territoire est tombé sous le contrôle de Rabat. Seule une petite portion de désert, les «territoires libérés», sont restés sous domination du Front Polisario. Un espace quasiment vidé de toute âme humaine: près de la totalité des 250 000 habitants de la région vivent dans les camps de réfugiés algériens de Tindouf, à 1500 km au sud-ouest d’Alger.

Au siège du deuxième bataillon, à Bir Lehlou, la capitale administrative située à 400 km à l’ouest de Tindouf, un soldat scrute attentivement l’horizon au sommet d’un des rares et minuscules arbres de la région. D’un coup, sur ordre de son commandant, il se jette à terre et disparaît dans un trou avant d’émerger, une minute plus tard, d’une autre cavité à 50 mètres de là. «Si les forces aériennes marocaines nous attaquent, nous n’avons nulle part où aller, sauf sous terre, comme ces lézards noirs et orange que vous avez dû voir un peu partout», plaisante Sidi Mohamed Baaya, l’un des hauts responsables du bataillon. «Le maintien et l’expansion du réseau de galeries souterraines est l’une de nos plus hautes priorités.»

A l’intérieur d’une caserne, qui ressemble plutôt à un musée sur l’histoire du Front Polisario, Sidi Mohamed Baaya revient sur la plus grande «infrastructure» jamais construite au Sahara occidental. Le «mur», une structure de conception française bâtie dans les années 1980 par les Marocains, qui balafre sur 2500 km le Sahara occidental du nord au sud. Un réseau complexe de clôtures, de tranchées et de barbelés qui encercle les terres les plus rentables de la région. «Nous entraînons nos hommes à se faufiler à travers cette barrière et à prendre à revers les forces marocaines», confie le responsable du Polisario.

Né dans le camp de réfugiés de Tindouf, Mohamed Murad, 23 ans, est membre d’une unité motorisée qui surveille la frontière mauritanienne. «Depuis l’enlèvement de trois travailleurs humanitaires [deux Espagnols et un Italien] il y a sept mois, nous patrouillons constamment, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nous suspectons des terroristes qui pourraient bientôt attaquer des journalistes et des travailleurs humanitaires étrangers», lance la jeune recrue, alors qu’il regarde à travers ses jumelles un horizon clair et vide.

Rester dans "notre pays"

L’enjeu est de taille, l’aide internationale est le principal moyen de financement du Front Polisario. Pour éviter toute nouvelle attaque, ses soldats patrouillent dans la région dans des camionnettes de fabrication japonaise équipées de canons antiaériens. «Le Polisario a été le premier à monter de l’artillerie lourde sur ces véhicules légers, bien avant la Somalie ou la Libye», se souvient avec fierté Salama Abdallahi derrière le volant. A plus de 60 ans, il a rejoint le mouvement en 1974, avant le retrait de l’Espagne. Il est aujourd’hui l’un des nombreux anciens combattants qui ont choisi de rester.

Plantée en plein désert, à des centaines de kilomètres au nord-est de Bir Lehlou, la tente de Nuna Bumra Mohamed apparaît tel un mirage. Assise au milieu de son m2 avec sa melfa verte, une tenue sah­raouie, elle offre à ses convives un bol de lait de chèvre frais. «Nous avons entendu parler de ces terroristes qui se faufilent chez nous depuis le Mali et la Mauritanie, mais nous nous sentons en sécurité sous la protection du Polisario.» Derrière elle, se dresse un immense drapeau sahraoui aux rayures vertes, blanches et noires et orné d’une étoile rouge et d’un croissant. «Plus que les attaques terroristes, ce qui nous inquiète, c’est le manque d’eau.»

Les seuls habitants de la région sont des Bédouins comme elle, des familles nomades qui survivent grâce à leurs troupeaux de chèvres et de chameaux. Malgré les dures conditions de vie, elle jure n’avoir jamais envisagé de déménager vers les camps de réfugiés à la frontière. «Je ne pourrais pas vivre dans un pays étranger. D’ailleurs, comment pourrions-nous abandonner la seule partie de nos terres encore sous notre contrôle?»

Karlos Zurutuza / InfoSud-IPS Bir Lehlou
Le Temps.ch, 13/07/2012

Le Sahara, ressources et conflits

Une très belle présentation flash de Samuel Coulon de l’académie de Paris. La présentation met en évidence à partir principalement de cartes mais aussi de chronologies les conflits liés aux ressources du Sahara au Sahara Occidental, au Niger et au Soudan. 


Des diapos sur les différentes ressources convoitées par le Maroc : 






L'exposition inclue aussi un article paru au Monde le 9 novembre, au lendemain de l'agression contre le camp de tentes de toile de Gdeym Izik, sous le tite "Le Sahara Occidental, 35 ans de tension".






Un article de Luis de Vega publié sur ABC et Courrier International, le 8 novembre 2007, ainsi qu'une petite chronologie du conflit du Sahara Occidental.





Source : Cyberhistoiregeo, 10 juillet 2012

Solder les comptes ?, par Mohamed Abdoun

Depuis longtemps, depuis toujours serait-on carrément tentés de dire, les relations entre l'Algérie et la France ont été passionnelles. Il faut dire que le passé commun qui nous lie, à notre corps défendant il faut le dire, n'est pas une chose que l'on peut oublier facilement. Il faut dire, surtout, que la France, depuis que l'Algérie a arraché son indépendance de haute lutte et au prix d'énormes sacrifices, n'a absolument rien fait pour aider à cicatriser ces blessures mal-cicatrisées et ce traumatisme dont a souffert notre peuple pendant près d'un siècle et demi. 

C'est sous ce prime précis, sans doute, qu'il convient d'appréhender le message adressé ce vendredi par le président algérien à son homologue français. Diplomatie et (nouveau) processus de rapprochement entre les deux pays, Bouteflika use de termes diplomatiques pour évoquer cette question, sans pour autant céder d'un pouce sur des questions de principe chèrement payées durant notre guerre d'indépendance nationale. " Les relations entre l'Algérie et la France ont précédé la période coloniale qui a marqué plus particulièrement notre histoire commune et laissé des traces durables chez nos deux peuples ", écrit ainsi le président Bouteflika à son homologue français. Un double sens peut en être tiré. D'une part, le chef de l'Etat rappelle que, contrairement aux assertions de la France, longtemps soutenues, l'Algérie a existé en tant qu'Etat souverain et indépendant avant sa colonisation en 1830. De l'autre, ce fameux colonialisme, particulièrement criminel et inhumain, que le chef de l'Etat qualifie de " passé commun ", a fini par laisser des traces durables chez nos deux peuples. Il ne s'agit rien moins, ici, que de traumatisme dont souffre encore tout un peuple, alors que l'indépendance, arrachée de haute lutte, a donné lieu aux pires exactions de la part des extrémistes terroristes de l'OAS, empêchant ainsi toute vie commune entre Algériens et Pieds noirs, forcés de quitter précipitamment l'Algérie postindépendance. 

Aujourd'hui, alors que le chef de la diplomatie française se trouve en visite en Algérie, et que des dossiers particulièrement lourds devraient être discutés, il semble qu'il soit temps que Paris fasse au moins le premier pas en direction de la reconnaissance de ses crimes, afin que ses relations avec notre pays redémarrent sur des bases assainies et, forcément, constructives pour tous. 

Il est temps d'en finir avec cet esprit paternaliste, basé sur le sentiment malsain du " paradis perdu " qui fait agir la France, près d'un siècle après le début des chutes des empires coloniaux, comme si elle se trouvait toujours en territoire conquis.
L'exemple le plus édifiant à ce propos a certainement trait à l'actuelle crise malienne, dont le déclenchement et l'aggravation ont été causés par la France lorsqu'elle a décidé d'attaquer la Libye de manière irréfléchie. 

Toujours est-il que dans le cas présent l'Algérie ne se trouve pas en position de demandeur mais bel et bien dans celle de commandeur. La crise de l'Euro, qui risque de faire basculer l'Occident vers des années pires que celles de la récession des années 30, pousse en effet les Etats représentant ces pays à se tourner tout naturellement vers les pays émergents comme le nôtre…

Union africaine / Ping : « Nous manquons d’argent »

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping a appelé jeudi à Addis-Abeba (Ethiopie) au renforcement de l’intégration et de l’unité de vue et d’action de l’Afrique pour atteindre ses objectifs de développement. Intervenant à l’ouverture des travaux de la 21e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, en prélude au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA (15 et 16 juillet à Addis-Abeba), M. Ping a estimé que l’Afrique ne peut atteindre ses objectifs de développement et jouer son rôle qui lui revient sur la scène internationale que si elle renforce son intégration ainsi que son unité de vue et d’action. 

« L’UA constitue l’outil qui nous permettra de réaliser les ambitions de notre continent et de répondre aux aspirations de nos peuples (à), à savoir le bien-être, la démocratie, la dignité et le sentiment de peser effectivement sur le marché des affaires de notre planète», a indiqué M. Ping dans son allocution. En ce sens, il a insisté sur le renforcement de l’Union dans le but, a-t-il expliqué, de faire prévaloir «l’unité et l’intérêt collectif de l’Afrique» et entretenir la flamme du panafricanisme ayant guidé le combat pour la libération du continent. M. Ping a également mis l’accent sur «l’impératif » de trouver une «solution durable» au problème du financement de l’UA, considérant ce volet comme une «condition pour la pérennité des actions de l’UA et de l’affirmation de son leadership ainsi que l’appropriation de ses initiatives». 

Pour ce qui est de la situation de la paix et de la sécurité en Afrique, M. Ping a souligné que l’UA continue d’œuvrer aux côtés de la CEDEAO et les pays du champ pour le règlement de la crise au Nord du Mali ainsi que l’accompagnement des transitions au Mali et en Guinée-Bissau. Il a ajouté que la situation au Sahara occidental, les relations entre Djibouti et l’Erythrée et les relations entre l’Ethiopie et l’Erythrée de même que la situation dans d’autres pays demeurent « préoccupantes». 

« Des efforts soutenus sont déployés pour rendre pleinement opérationnelle l’architecture de paix et de sécurité et pour assurer un suivi de toutes les situations de crise et de conflit sur le continent », a-t-il soutenu. M. Ping n’a rien dit au sujet des immixtions occidentales dans les affaires internes du continent. 

Le représentant spécial onusien évoque avec les Sahraouis les moyens de régler le conflit du Sahara occidental

CHAHID EL HAFEDH - Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, M. Wolfgang Weisbrod-Weber, a indiqué avoir écouté les Sahraouis et la direction du Front Polisario concernant la situation actuelle et les moyens d’aller de l’avant dans le règlement du conflit du Sahara occidental, a rapporté dimanche l’Agence de presse sahraouie (SPS).


Le représentant onusien a déclaré samedi à l’issue de sa rencontre avec le président sahraoui, M. Mohamed Abdelaziz, au terme de sa première visite dans les camps de réfugiés sahraouis, avoir été reçu chaleureusement par les citoyens et la direction sahraouis avec lesquels il a "évoqué la situation actuelle et les moyens d’aller de l’avant dans le règlement du conflit", a précisé SPS.

Le Front Polisario a, de son côté, réaffirmé la "pleine disposition" des autorités sahraouies à coopérer avec le nouveau représentant spécial du SG de l’ONU pour le Sahara occidental afin de faciliter sa mission dans la région.

Le président sahraoui a, dans ce contexte, souligné la nécessité d’accélérer le travail de la mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) en vue de relancer les efforts de l’ONU en faveur de la décolonisation au Sahara occidental qui reste bloquée du fait du refus marocain de coopérer avec M. Christopher Ross, l’envoyé personnel du SG des Nations unies.

M. Mohamed Abdelaziz a rappelé à M. Wolfgang Weisbrod-Weber les missions de la Minurso telles que définies dans le rapport du SG de l’ONU, Ban Ki-moon, sur le Sahara occidental, et qui consistent notamment en l’organisation et la surveillance du référendum d’autodétermination au Sahara occidental, précisant que le contrôle du respect du cessez-le-feu était une mission secondaire.

Il a également souligné que le rapport du SG insistait sur "l’autorité de la Minurso pour qu’elle puisse assumer son rôle principal et regagner sa crédibilité perdue ces dernières années".

Le président sahraoui a également insisté sur la nécessité pour la Minurso d’être respectée par les deux parties au conflit, Front Polisario et Maroc, de préserver sa neutralité et de faciliter les visites des diplomates, des militants des droits de l’Homme et des journalistes pour permettre à la communauté internationale d’être au fait de la situation.

Arrivé vendredi dans les camps des réfugiés, où il s’est entretenu avec le coordinateur sahraoui avec la Minurso, M. Weisbrod-Weber s’est rendu samedi dans la ville de Smara où il a écouté la population évoquer la question de la dégradation de la situation des droits de l’Homme dans les régions occupées du Sahara occidental.

Le responsable onusien s’est, par ailleurs, entretenu avec plusieurs responsables sahraouis, notamment le premier ministre, M. Abdelkader Taleb Omar, le président de l’assemblée nationale sahraouie, M. Khatri Addouh et le président du Conseil consultatif sahraoui, M. Moulay Bibatt.

Le représentant spécial de l’ONU en visite chez les réfugiés sahraouis

Le nouveau représentant spécial du secrétaire général de l’organisation des Nations Unies (ONU) pour le Sahara occidental, le diplomate allemand Wolfgang Weisbrod-Weber effectue sa première visite dans la région, rapporte samedi l’agence de presse sahraouie (SPS).


Dans le cadre sa première visite dans la région en vue de "rencontrer les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, après sa nomination, à la mi juin dernier, représentant spécial du SG de l’ONU M. Ban Ki-moon pour le Sahara Occidental", M. Weisbrod-Weber se trouve depuis hier vendredi au camp des réfugiés Chahid El Hafedh.

En provenance de la ville de Layoune occupée, M. Weisbrod-Weber a été reçu par le coordinateur sahraoui avec la mission des Nations Unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), M. M’hamed Kheddad.

Il prévoit également de se rendre aux autres Camps des réfugiés sahraouis où il aura des entretiens avec les plus hautes autorités du Front Polisario et de la République Sahraouie.

A rappeler, Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a nommé à la mi juin dernier l’Allemand Wolfgang Weisbrod-Weber, Représentant spécial et Chef de la MINURSO en remplacement de l’égyptien Hany Abdelaziz.

Relations entre l'Algérie et la France : Entre scepticisme et pragmatisme

La visite prochaine du nouveau président français, François Hollande, en Algérie, se confirme. Elle sera d'ailleurs précédée par celle de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Ce dernier annoncera-t-il la couleur, mais laquelle ? 

par Zhor Cherief

L’annonce de la visite du chef de la diplomatie française a été faite, la veille de la commémoration du cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie. Le déplacement de M. Fabius dans notre pays est déjà interprété comme le énième «premier pas» vers le réchauffement des relations entre les deux pays, voire comme le signal d'une nouvelle ère, cette fois plus sereine dans les relations bilatérales. Il faut l'espérer, mais il faut aussi voir pour y croire. C'est peut-être cet état d'esprit qui a poussé, quelques jours auparavant, soit le 25 juin, le trop discret ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas, à sortir de sa réserve, pour confier, sur les ondes de la Radio nationale, que l'Algérie attend aujourd'hui des «actes» venant de l'Elysée. 

Il faut rappeler que Hollande, encore candidat à la présidence, avait multiplié les déclarations et les gestes, laissant entendra que la vision du Parti socialiste (PS) a bien changé par rapport à l'Afrique et au Monde arabe, mais également à l'égard de l'Algérie. Il avait même promis qu'une fois élu président, il allait en finir avec la «guerre des mémoires», en plaidant pour «un regard lucide, responsable sur notre passé colonial». 

Il avait, en outre, jugé que le moment était venu de donner à la relation bilatérale «une nouvelle impulsion, une nouvelle ambition» et de lui conférer «toute l'envergure», «la sérénité et la chaleur, qui conviennent». Le candidat du PS, comparativement aux autres candidats et présidents français, avait franchi un nouveau pas, en qualifiant les crimes du 8 mai 1945 de «répressions sanglantes». Sans pour autant minimiser ceux du 17 octobre 1961, ayant ciblé nos émigrés. 

A la fin de l'année 2011, François Hollande avait déposé, lors de la commémoration des événements du 17 Octobre 1961, à Paris, une gerbe de fleurs, au pont de Clichy, à l'endroit où des Algériens avaient été jetés à la Seine par des policiers français. Ce jour-là, il avait témoigné de sa «solidarité aux enfants et petits-enfants des familles endeuillées par ce drame», en martelant : «Il faut que la vérité soit dite. Reconnaître ce qui s'est produit». Allons-nous assister à une nouvelle copie de la politique extérieure de la France ? La vision défendue par le nouveau locataire de l'Elysée tranchera-t-elle vraiment, dans les faits, avec celle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy ? Ces questions semblent partager certains observateurs.

D'aucuns font un étrange parallèle entre Barack Obama, l'actuel président des Etats-Unis et François Hollande, le nouveau président français, alors qu'ils n'appartiennent pas aux mêmes familles politiques et idéologiques. L'essentiel à retenir, selon eux, c'est que l'un et l'autre sont venus «colmater» les brèches laissés par leur prédécesseur respectif et aussi «adoucir l'emballage de la politique extérieure». Parmi ces observateurs, l'on trouvera aussi ceux qui restent toujours méfiants par rapport aux socialistes français. D'après eux, l'implication de François Mitterrand, en sa qualité de ministre de l'Intérieur pendant la colonisation, dans l'exécution de militants nationalistes, est «une séquence bien trop grave pour être enterrée». 

De plus, disent-ils, le rôle joué par le même Mitterrand, durant les années 1990, surtout après l'interruption du processus électoral, n'est pas du tout apprécié. Plus tard, l'arrivée de Lionel Jospin (entre juin 1997 et mai 2002) à la tête du gouvernement français, n'a pas arrangé les choses. Selon eux, les relations bilatérales, ayant connu des «divergences», ont été parfois «sérieusement tendues». D'où leur scepticisme, quant à l'avenir immédiat des relations algéro-françaises, sous Hollande. La preuve, justifient-ils, D'autres observateurs, se disant «réalistes» et «pragmatiques», s'en remettent à la liste des contentieux, non sans avouer «la frustration algérienne» du temps de Nicolas Sarkozy. Ils prennent acte des gestes produits par le nouveau président français, censés apporter «l'apaisement», mais aussi «la normalisation». 

Si le président français compte consacrer l'une de ses premières visites à l'étranger à l'Algérie afin de booster les relations bilatérales, comment va-t-il s'y prendre ? Et, puisque Hollande considère que «l'image de la France a été abîmée par cinq années de sarkozysme», que fera-t-il pour l'améliorer ? Peu de résultats réels pour le moment. Outre le refus de ses prédécesseurs de reconnaître les crimes coloniaux, d'autres sujets sont encore en suspens. Ils sont liés en particulier à la loi du 23 février 2005 glorifiant le colonialisme, le problème relatif aux conséquences des explosions et essais nucléaires menés par la France dans le Sahara algérien. Sur un autre registre, la question des archives, détenues par la partie française et transférées entre 1961 et 1962 vers l'Hexagone, reste entière.

A cela, il faut ajouter le parti pris français dans le dossier du Sahara occidental. Sur ce dernier point, notons que même si François Hollande donne l'impression d'entretenir une relation équidistante avec l'Algérie et le Maroc, la position de la France ne semble pas avoir changé.

En mai dernier, alors que Rabat venait de retirer sa confiance à Christopher Ross, l'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, le ministère français des Affaires étrangères a réitéré «son appui au plan d'autonomie marocain», qualifiant celui-ci de «seule proposition réaliste aujourd'hui sur la table des négociations et qui constitue la base sérieuse et crédible d'une solution dans le cadre des Nations unies».

Sur le plan économique, peu d'observateurs s'attendent, pour l'instant, à un changement significatif. Les uns admettent carrément que le seul gagnant actuellement est la partie française, en rappelant ce que Sarkozy a gagné, à savoir garantir «un contrat d'approvisionnement en gaz à long terme, des investissements stratégiques pour Total», tout en confortant la position des concessionnaires automobiles sur le marché algérien. Les autres, quant à eux, espèrent voir apparaître, à moyen terme, «un nouveau projet régional, consacrant les relations économiques et commerciales entre la France et les pays francophones, notamment l'Algérie».

Les données statistiques de 2010 montrent que les échanges entre les deux pays ont plus que triplé en l'espace de 12 ans. La France est classée «premier fournisseur» et 4e client de l'Algérie. Elargies au reste du monde, ces comparaisons dévoilent que l'Algérie est le 3ème marché pour les exportations de la France hors pays de l'OCDE, après la Chine et la Russie. Comme elles démontrent également que notre pays est un partenaire stratégique en matière d'énergie pour l'Europe, dont la France. Pourtant, Abderrahmane Mebtoul soutient que ces chiffres, comparés aux exportations et aux importations des deux pays concurrents, que sont la Norvège et la Russie, affichent une réalité bien amère : ces échanges restent «dérisoires». Pour l'économiste, Alger et Paris pourraient passer à «une vitesse supérieure de coopération», pour peu qu'ils dépassionnent leurs relations «grâce à un partenariat équilibré et solidaire, loin de tout esprit de domination.» 

Les Débats, 07/07/2012

Le Maroc continue d’inonder l’Europe en drogues

CASABLANCA (NOVOpress) – Selon l’ONUDC (Office des Nations contre la drogue et le crime), le Maroc demeure l’un des plus grands producteurs au monde de cannabis et le premier exportateur en Europe. Dans ce pays du Maghreb, 47 500 hectares de cannabis sont cultivés. Le royaume produit 760 tonnes de résine et 38 000 tonnes d’herbe de cannabis. Des chiffres à prendre avec des pincettes puisque le Maroc ne permet plus à l’ONUDC d’enquêter sur le terrain.

Le cannabis est cultivé dans le nord du Maroc, dans la région du Rif. Le pouvoir ferme les yeux sur la production de cannabis dans cinq villages « historiques » du Rif. Depuis, les cultures se sont largement étendues en dehors de ces limites, jusqu’à Chefchaouen et Larache. Un business contrôlé par des barons locaux en relation avec le banditisme maghrébin implanté en Europe, particulièrement en France.

NOVOPRESS, 05/07/2012

Mali : le Conseil de sécurité charge Ban Ki-moon d’élaborer une stratégie pour le Sahel

NEW YORK- Le Conseil de sécurité a chargé jeudi le secrétaire général de l’ONU d’élaborer une stratégie intégrée de l’ONU pour la région du Sahel, tout en se déclarant "gravement préoccupé" par la menace terroriste dans le nord du Mali due à la présence d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).


Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le Conseil de sécurité a réaffirmé son rejet catégorique des déclarations du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) relatives à "une prétendue indépendance’’ du nord du Mali et réaffirmé qu’il considère de telles annonces comme étant "nulles et non avenues".

Constatant que la situation au Mali fait peser une menace sur la paix et la sécurité internationales dans la région, l’organe de décision de l’ONU a réaffirmé son plein appui à la médiation entreprise par la CEDEAO, et l’Union africaine et salué le Secrétaire général de continuer d’user de ses bons offices, notamment par l’intermédiaire de son Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest.

En outre, il s’est dit "vivement préoccupé par l’insécurité et la détérioration rapide de la situation humanitaire dans la région du Sahel, que viennent compliquer la présence de groupes armés et de groupes terroristes et leurs activités, ainsi que la prolifération d’armes en provenance de la région et d’ailleurs, qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité des Etats de la région".

Dans ce sens, il a souligné que "le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations constitue l’une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité et que tous les actes de terrorisme, quels qu’ils soient, sont criminels et injustifiables".

Le Conseil de sécurité a également exprimé son inquiétude de la multiplication des enlèvements et des prises d’otages auxquels se livrent des groupes terroristes "dans le but de lever des fonds ou d’obtenir des concessions politiques" et a affirmé la nécessité de régler ce problème.

Par ailleurs, il a appelé tous les groupes présents dans le nord du Mali, y compris le MNLA et Ansar Dine, et les combattants étrangers présents sur le sol malien, "à renoncer à toutes les affiliations incompatibles avec la paix, la sécurité, l’Etat de droit et l’intégrité territoriale du Mali".

Il a engagé également les Etats du Sahel et du Maghreb "à intensifier la coopération et la coordination interrégionales en vue de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre au point des stratégies qui permettent de lutter contre les activités d’AQMI et d’endiguer la progression des éléments d’AQMI et des groupes qui y sont affiliés dans les régions du Sahel et du Maghreb, y compris par la répression de la contrebande d’armes, de véhicules, de carburant et d’autres biens servant à approvisionner AQMI et les groupes qui y sont affiliés".

Dans sa résolution, cette instance de l’ONU a apporté son soutien aux efforts que déploient les autorités de transition du Mali avec l’appui de la CEDEAO, de l’Union africaine, des pays voisins, d’autres pays de la région et de l’ONU, et qui visent à trouver une solution pacifique à la situation du nord du Mali.

Le Conseil de sécurité a pris acte de "la politique de coopération que pratiquent les Etats voisins, dont l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger, en ouvrant leurs frontières aux réfugiés et en facilitant l’acheminement du personnel, du matériel et des fournitures humanitaires" et a encouragé ces Etats "à maintenir cette politique et à contribuer, dans la mesure du possible, à la stabilisation de la situation".

Sur un autre plan, le Conseil a pris note de la demande que lui ont adressée la CEDEAO et l’Union africaine afin qu’il autorise le déploiement d’une force de stabilisation de la CEDEAO pour accompagner le processus politique au Mali, aider à préserver l’intégrité territoriale du pays et contribuer à lutter contre le terrorisme.

Sur ce point, il s’est déclaré "prêt à examiner la demande de la CEDEAO dès qu’il aura obtenu davantage de précisions sur les objectifs, les moyens et les modalités du déploiement envisagé et sur d’autres mesures possibles".

De surcroît, il a demandé aux Etats membres d’envisager et de prendre des mesures pour empêcher la prolifération des armes et matériels de tout type dans la région du Sahel, en particulier des systèmes portatifs de défense antiaérienne.

A partir de là, le Conseil de sécurité a demandé au Secrétaire général de l’ONU de lui présenter, d’ici au 31 juillet en cours, un rapport sur la situation au Mali et la mise en oeuvre de la résolution adoptée jeudi, sur les mesures qui pourraient être prises pour rétablir l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale du Mali.

Il a aussi chargé le chef de l’ONU d’élaborer et de mettre en oeuvre, en consultation avec les organisations régionales, une stratégie intégrée de l’ONU pour la région du Sahel touchant aux questions de sécurité, de gouvernance, de développement et de droits de l’homme et aux questions humanitaires, en y associant le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, et lui a demandé de le tenir informé, à l’échéance du 15 septembre prochain, des progrès qui auront été accomplis.

APS

Des sahraouis de El Aaiun et Tindouf se retrouvent aux Açores grâce au HCR

Des représentants du Front Polisario, du gouvernement marocain et des sahraouis des deux côtés du mur militaire construit par le Maroc au Sahara occidental se rencontrent dans l'archipel portugais des Açores, a annoncé aujourd'hui le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR). 

Cette réunion s'inscrit dans le cadre du programme de mesures de confiance lancé en 2004 par le HCR en collaboration avec les gouvernements du Maroc, de l'Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. 

Le programme comprend aussi l’interchange de visites familiales des Sahraouis des deux côtés du mur de la honte. Ainsi, des citoyens d’El Aaiun, capitale occupée du Sahara occidental ont eu l’occasion de revoir leurs familles après plus de 37 ans. 

C'est la deuxième fois que le HCR organise un séminaire de ce type, et à cette occasion, y participent 33 personnes, principalement des femmes, qui vont échanger des idées au sujet de leur situation. 

La première a eu lieu dans l'île portugaise de Madère en Septembre 2011. 

À ce jour, selon des chiffres fournis par le HCR, plus de 12800 personnes ont visité leurs parents réfugiés en Algérie ou au Sahara occidental occupé par le Maroc, tandis qu’un autre groupe de 42.000 Sahraouis sont sur ​​la liste d'attente. 

RI/ABC

Brasil : Una querella contra Emboirik por abuso y difamación

La familia de la ex-novia del diplomático saharaui Emboirik Ahmed ha depositado una querella ante la justicia brasileña contra él por abu...