La MONUSCO limite les dégâts matériels et humains d'un incendie

Goma, 20 février 2012 - Au moins une dizaine de résidences et de boutiques en bois et en matériaux durs ont été consumées par les flammes d’un incendie qui s’est déclaré dans la nuit de dimanche 19 février à lundi sur l’avenue Kinshasa, au Quartier Mabanga Sud de Goma dans la province du Nord Kivu. Au nombre des dégâts matériels, l’on pouvait compter un dépôt pharmaceutique et un bistrot. Grâce à l’intervention du service anti-incendie de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) qui à réussi à circonscrire les flammes, trois grandes pharmacies ont été sauvées de justesse.

L’origine du sinistre serait un court circuit électrique. Les dégâts matériels sont importants mais fort heureusement aucune perte en vie humaine n’a été déplorée selon les informations obtenues par l’Unité de Police constituée indienne de la MONUSCO arrivée sur les lieux. Cependant, plusieurs familles sont aujourd’hui sans domicile.

La population locale, par la voix de son responsable du service provincial de la protection civile, Joseph Makundi, a loué le geste salvateur de la MONUSCO.

La ville de Goma a enregistré 27 cas d’incendie depuis le début de l’année 2012, obligeant 78 ménages à vivre sans abris et dans des conditions déplorables. Selon les autorités administratives provinciales, la croissance de la population et les constructions anarchiques sont des facteurs à mettre à l’actif des nombreux incendies constatés dans la ville.
 
William Elachi/ MONUSCO
 
MONUSCO, 20/2/2012

GEOPOLITIQUE - L'Espagne, enfin véritable porte européenne du Maghreb ?

C'est une tradition instaurée par Felipe González et respectée depuis par tous les chefs du gouvernement récemment débarqués à La Moncloa. Le premier déplacement à l'étranger honore systématiquement le voisin marocain. Ainsi, le 19 janvier dernier, Mariano Rajoy s'est rendu à Rabat, pour sa première visite officielle à un chef d'Etat étranger. L'homme fort du Parti populaire (PP) est arrivé dans un contexte particulier, notamment après les déclarations de l'islamiste modéré, nouveau responsable de l'exécutif marocain, Abdelilah Benkirane, qui concédait, vingt-quatre heures avant la rencontre entre les deux hommes : "Nous sommes voisins et donc obligés à nous entendre du mieux possible. Même si cela sera peut-être plus compliqué avec Rajoy"

Durant sa campagne pour les élections générales, Mariano Rajoy avait laissé entendre qu´il dérogerait à la tradition instaurée par Felipe González voulant que tout nouveau président espagnol élu se rende en premier au Maroc. En quittant le pouvoir en 1996, le premier président de gouvernement socialiste de l´ère démocratique en Espagne avait fait cette recommandation à son successeur du Parti populaire, José María Aznar. A son tour, José Luis Zapatero donnera ce même conseil à Mariano Rajoy, dans un premier temps peu enclin à suivre la tradition.
A la surprise générale, alors que tout le monde l´attendait à Bruxelles, le nouveau président avait tout de même choisi de se rendre au Maroc, le 19 février dernier, pour son premier déplacement après investiture. Quelques jours auparavant, l'homme fort du PP clamait pourtant que l´Europe était sa "priorité des priorités". Sa première ambition étant de faire entrer l´Espagne dans le "noyau dur" des décideurs aux côtés de la France et de l'Allemagne. 

De José María Aznar, "l'homme qui hait le Maroc", à Mariano Rajoy, "l'ennemi du Maroc"
Lorsque l´ancien président conservateur, José María Aznar, avait bloqué l´initiative de Jacques Chirac destinée à faire adopter par les pays de l´Union européenne une position sur le Sahara occidental alignée sur celle de la France, il avait eu droit, lors de sa seconde visite officielle à Rabat -au début des années 2000-, aux plus virulents commentaires de la presse, un quotidien marocain titrant même en grandes manchettes : "L´homme qui hait le Maroc". 
La crise diplomatique qui a suivi entre Madrid et Rabat sur fond de conflit de Perejil, en juillet 2002, lorsqu'une unité amphibie espagnole ira déloger le groupe de gendarmes marocains qui venait d'occuper ce rocher litigieux situé à 300 m des côtes marocaines, apportera la preuve que l´inflexible Aznar ne se laisse pas intimider par les manœuvres du roi Mohammed VI.
Plus récemment, c'est Mariano Rajoy qui a été la cible d´une manifestation massive à Casablanca, organisée par le pouvoir conjointement avec onze partis politiques, le qualifiant d´"ennemi du Maroc". 
Le premier reproche attribué à Mariano Rajoy remonte déjà à quelques années. Alors qu'il était encore leader de l´opposition, il avait eu la maladresse de déplorer l´assaut brutal lancé le 8 novembre 2010 par les forces d´occupation au Sahara occidental pour déloger les 20.000 Sahraouis qui avaient pris place dans le camp de protestation pacifique de Gdeim Izik, situé aux abords d´Al Ayoune. 

Des relations litigieuses qui trainent depuis plus de 500 ans
Les relations hispano-marocaines traînent derrière elles plus de 500 ans de conflits et de crises intermittentes. Pourtant, l'Espagne et le Maroc ont un long passé historique commun, des affinités culturelles qui remontent loin dans l'histoire. Tout cet héritage commun devrait plutôt unir les deux pays au lieu de les séparer.
Beaucoup de litiges planent sur ces relations fragiles : le retour de l´Espagne à sa position traditionnelle de soutien à l´autodétermination au Sahara occidental, le statut des villes enclavées Ceuta et Melilla, considérées comme "villes occupées" par le Maroc. Mais aussi le laxisme des autorités marocaines dans la lutte contre l´émigration clandestine et le trafic de drogue, des phénomènes souvent exploités comme instruments de pression sur Madrid. 
L´importance de tous ces thèmes va bien au-delà des visites protocolaires, il n´est pas sûr que la multiplication de ces petits gestes d´apaisement puisse suffire pour faire l´impasse sur ces dossiers litigieux qui empoisonnent les relations bilatérales depuis de nombreuses années. Certes, ces relations sont privilégiées au plan économique et commercial, l´Espagne étant le second investisseur au Maroc après la France, et son second client. 
Mais les récents changements entrainés par le printemps arabes pourraient avoir de nombreuses répercutions pour la politique méditerranéenne de la Péninsule.

Le printemps arabe pourrait changer la politique méditerranéenne de l'Espagne

Les répercussions du printemps arabe sont loin d'être terminées. Alors que les processus politiques qui ont conduit la révolte arabe peuvent engendrer liberté et développement, ou causer frustration et chaos, la position géostratégique de l'Espagne sera affectée sur le long terme. 
La vague de liberté, née en 2011, qui s'est écrasée contre l'autoritarisme, n'a sûrement pas dit son dernier mot et continuera probablement sa route en parcourant le Maghreb et le Moyen-Orient pendant des années. Une situation qui devrait conduire à une redéfinition de la politique étrangère espagnole de l'espace méditerranéen. L'Espagne est probablement le pays de l'UE qui a plus à gagner, si les changements dans le monde arabe conduisent à la prospérité, à une plus grande stabilité et à la démocratie. Il est temps que la politique méditerranéenne de l'Espagne soit guidée vers des projets plus réalistes, soit plus pratique et plus cohérente que celle employée au cours de ces dernières années.
En revanche, à l'inverse, si les transitions enclenchées par les révoltes entraînent la mise en place de politiques encore plus autoritaires, l'Espagne sera alors à la limite d'un profond fossé entre le nord et le sud de la Méditerranée.
Le nouveau gouvernement espagnol dirigé par Mariano Rajoy a là une opportunité exceptionnelle de reprendre le leadership dans la région méditerranéenne avec des propositions ambitieuses, courageuses et cohérentes, d'après les besoins d'une région en pleine mutation.

Benjamain IDRAC et Priscyllia CANABATE

Lepetitjournal.com ( Espagne) Lundi 27 février 2012

Les populations de Hermankono s'engagent à poursuivre les actions de paix de l'ONUCI

Divo, le 24 Février 2012... L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a organisé sa campagne de sensibilisation de proximité dénommée « ONUCI-Tour » le 23 février 2012, à Hermankono, dans le département de Divo à 164 km au nord-ouest d’Abidjan.

Au cours de cette rencontre, Guy Munana de la Division Désarmement, démobilisation, réinsertion/Réforme du Secteur de la Sécurité (DDR/SSR), a expliqué aux populations les risques de garder par devers soi une arme de guerre, des munitions et des armes de petits calibres, tels que les fusils de chasse de calibre 12. Il leur a également expliqué les mécanismes par lesquels l’ONUCI pourrait contribuer à aider les localités où des anciens combattants acceptent de déposer volontairement les armes.

« A travers vous (chefs), je demande à ces jeunes, adultes et femmes de déposer les armes. Vous ne devez pas oublier, mais vous devez pardonner. Seuls les gestes positifs pour la communauté conduisent au pardon », a-t-il soutenu.

Parlant de la Police des Nations Unies (UNPOL), Roulance Bomessi de l’UNPOL a affirmé que son rôle consiste à aider les Ivoiriens, à assister la police et la gendarmerie nationale pour leur permettre d’avoir la maitrise des standards internationaux en matière de maintien de l’ordre et pour les accompagner dans leurs mission à travers de nombreuses patrouilles.

Quant au lieutenant Assane Amadou du contingent nigérien (NIGBATT), il rappelé la mission de sécurisation des populations dans leur ensemble. Il a par ailleurs expliqué aux populations l’intérêt des différentes patrouilles sur les axes routiers.

Pour sa part Idrissa Koné du Bureau de l’Information publique, après une présentation du mandat de l’ONUCI et de sa division, a demandé aux communautés, aux populations de Hermankono, de continuer à renforcer la cohésion sociale qui existe déjà entre les membres des différentes communautés. Il a également rappelé à la jeunesse de respecter l’autorité du chef du village, d’entreprendre des actions qui visent maintenant à pratiquer la tolérance et le pardon, afin d’apporter leur contribution avec les autres communautés au développement de Hermankono.

Au terme des échanges les différents, les chefs de communautés ont pris l’engagement de poursuivre les messages de paix et la sensibilisation lancés par les sections de l’ONUCI. Ils sont revenus sur le désarmement, la prolifération des armes légères et de petits calibres, ainsi que sur le désarmement volontaire.

Quand la MINURSO aura-t-elle des contacts directs avec la population du Sahara occidental, où sa mission est limitée à la surveillance du cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Maroc depuis maintenant 21 ans? La France l'empêche depuis deux ans de surveiller le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis.

ONU : le comité des 24 examine la question de décolonisation du Sahara occidental

NEW YORK - La session annuelle du Comité spécial chargé d’étudier l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance, ou Comité spécial des 24, a été ouverte jeudi au siège de l’ONU.


Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Oscar Fernandez-Taranco, a lu un message du Secrétaire général de l’ONU qui invite la communauté internationale à progresser pour achever le processus de décolonisation et permettre ainsi aux 16 derniers territoires non autonomes, dont le Sahara occidental, de parvenir à l’autodétermination.

Ces territoires abritent deux millions de personnes, a rappelé Ban Ki-moon, dans son message.

Pour que l’objectif d’autodétermination soit réalisé, il faudrait que toutes les parties concernées puissent participer de manière constructive au processus, a-t-il souligné, en citant notamment le Comité des 24, les puissances administrantes et les territoires non autonomes eux-mêmes.

Le Comité des 24 peut développer des approches innovantes et créer de nouvelles dynamiques, a estimé le Secrétaire général. C’est pourquoi, il l’a invité à établir de véritables partenariats pour chaque situation, afin de mener jusqu’au bout le processus de décolonisation.

Il a aussi souligné l’importance cruciale de la communication, tant officielle qu’informelle, entre le Comité spécial et les puissances administrantes.

Le Secrétariat de l’ONU continuera à apporter son assistance au Comité des 24 dans la mise en œuvre de son programme de travail, a assuré M. Ban.

Après avoir adopté l’ordre du jour provisoire de sa session, qui devrait s’achever avant la fin juin 2012, le Comité spécial a élu son président, Diego Morejon Pazmino, de l’Equateur.

’’La disparition définitive du colonialisme archaïque et la naissance d’un monde de peuples libres, indépendants et jouissant pleinement de la capacité de s’autogouverner’’ était l’un des principaux objectifs que l’humanité s’est fixés, a rappelé le Président du Comité spécial.

Alors que la communauté internationale célèbre cette année la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (2011-2020), M. Pazmino a souhaité que le Comité spécial aborde aussi les aspects économiques, sociaux et environnementaux qui concernent les territoires non autonomes, en particulier à l’approche de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra en juin.

’’Si l’évaluation de l’état actuel du processus de développement des peuples de la planète est nécessaire, il ne faut cependant pas oublier les territoires non autonomes’’, a-t-il dit, en soulignant qu’ils subissaient à la fois les incidences négatives de la crise économique et financière et celles des changements climatiques.

M. Pazmino a expliqué que le Comité avait aussi pour tâche de recueillir des informations utiles en ce qui concerne la situation sur le terrain dans les territoires non autonomes.

Le séminaire annuel du Comité, qui aura lieu cette année dans la région du Pacifique à la mi-mai, contribue de façon significative à ces travaux, a-t-il insisté.

Le Comité des 24 devra également analyser les autres modalités qui permettent de mieux connaître les situations de chaque territoire, que ce soit par le biais de missions spéciales, de tables rondes ou de réunions d’échanges de vues.

APS, 24/2/2012

Syrie: Kofi Annan nommé émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe

L'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a été nommé jeudi "émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie", ont annoncé l'ONU et la Ligue dans un communiqué.

Dans un communiqué, Ban Ki-moon et Nabil al-Arabi, respectivement secrétaires généraux de l'ONU et de la Ligue arabe, précisent qu'Annan sera chargé "d'offrir ses bons offices afin de mettre un terme à toutes les violences et les violations des droits de l'homme, et à promouvoir une solution pacifique à la crise syrienne".

Le nouvel émissaire "aura des consultations larges en Syrie et en dehors de la Syrie.

Il devra aussi, ajoute le texte, "faciliter un règlement pacifique et complet (de la crise) conduit par les Syriens eux-mêmes à travers un dialogue politique large entre le gouvernement syrien et l'opposition syrienne dans son ensemble".

D'autres candidats étaient pressentis pour ce poste d'émissaire, mais les décisions prises par la Ligue arabe dans la crise syrienne rendaient difficile sinon impossible de nommer une personnalité arabe à ce poste.

Pour sa part, la nomination de Martti Ahtisaari, le finlandais, risquait d'être bloquée par la Russie en raison de son passé de médiateur au Kosovo.

Pour Richard Gowan, du Centre sur la coopération internationale de l'Université de New York, « si les Russes et les Chinois ne le soutiennent pas suffisamment, il est probable qu'Assad et son clan refuseront de discuter sérieusement » avec lui.

Les rebelles du Darfour libèrent trois membres de la Minuad

Des rebelles du Darfour ont relâché deux interprètes soudanais et un conseiller yéménite travaillant pour la force de maintien de la paix ONU-Union africaine (Minuad), détenus dimanche au cours d’une patrouille, a annoncé mardi la Minuad.

Ils avaient été emmenés par les rebelles du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) qui ont bloqué la patrouille, de 55 membres, a indiqué une porte-parole de la Minuad.

Le porte-parole du JEM, Gibril Adam Bilal, avait affirmé que les trois étaient des ressortissants soudanais soupçonnés de travailler pour les services de sécurité de Khartoum. Il a indiqué qu’ils ont été relâchés après que le commandant de la Minuad a confirmé qu’ils travaillaient pour la mission.

Les rebelles avaient arrêté la patrouille, principalement composée de soldats sénégalais, pour « enquête » après son entrée en territoire rebelle sans permission. Selon la Minuad, l’incident, impliquant plus de 100 rebelles armés, est survenu à environ 60 km de la base de la patrouille à Um Baru, dans le nord-ouest du Darfour, région en guerre de l’ouest du Soudan.

Le chef de la Minuad, Ibrahim Gambari, a indiqué que les soldats de la mission avaient refusé de quitter les lieux tant que les trois autres membres du groupe étaient retenus. « Cet après-midi tout le monde est rentré, sans blessure et sans conditions », a affirmé M. Gambari, condamnant l’incident comme une violation du droit humanitaire international et possiblement un crime de guerre.

L’incident a pris fin « après l’arrivée de renforts de la force de maintien de la paix, et des contacts répétés des représentants de la Minuad avec les dirigeants du JEM », selon un communiqué de la mission. (belga)

7sur7.be, 21/2/2012

Sahara occidental : Prochains pourparlers du 11 au 13 mars à New York

(Alger) – Les prochains pourparlers informels sur le Sahara occidental, sous l’égide des Nations unies, se dérouleront du 11 au 13 mars 2012 à Manhasset, dans la banlieue de New York.

Cette annoncé a été faite par le ministre marocain des Affaires étrangères Saad Eddine Othmani lors d’une conférence de presse conjointe avec ses homologues des quatre autres pays membres de l’Union du Maghreb arabe (UMA), à l’issue de leur réunion à Rabat.

La dernière session des pourparlers informels sur le Sahara occidental s’était déroulée en juillet 2011 à Manhasset en présence du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Polisario.

L’ONUCI ACHEVE LE TRANSPORT DU MATERIEL ELECTORAL POUR LES LEGISLATIVES PARTIELLES

Abidjan, le 17 février 2012...L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a achevé vendredi 17 février 2012 par Biankouma et Kouibly, le convoyage du matériel électoral non sensible (Kits, urnes, isoloirs) destiné à l’organisation des élections législatives partielles du 26 février 2012. Cette opération qui avait commencé jeudi 16 février 2012 par la ville d’Agboville s’est effectuée par voie terrestre et aérienne.

Toutes les localités de Côte d’Ivoire concernées par ce processus ont été desservies.

L’ONUCI a transporté le matériel non sensible jusqu’aux Départements et aux Sous-préfectures pour la reprise de ces élections partielles. Au niveau de la sécurisation du transport de ce matériel électoral, il a été assuré par la Force onusienne.

La prochaine étape est le transport du matériel sensible qui se fera dans les plus brefs délais dès que la Commission Electorale Indépendante (CEI) saisira l’ONUCI.

Source : ONUCI, 18/2/2012

Algérie-Italie: Les 5+5 pour booster l'UPM

par Ghania Oukazi

L'Italie compte participer activement dans les réunions du groupe des 5+5, un cadre qu'elle encourage tout autant que l'Union européenne en vue de réanimer l'Union pour la Méditerranée (UPM). 

C'est entre autres le message qu'a voulu passer à Alger l'envoyé spécial pour deux jours du ministre italien des Affaires étrangères. Maurizio Massari a rencontré lundi des journalistes algériens en présence du nouvel ambassadeur italien pour leur expliquer les raisons de sa mission. «C'est pour moi un départ prometteur parce que je reçois tout de suite après mon accréditation en tant qu'ambassadeur à Alger, mon collègue et mon ami que je connais depuis longtemps, Maurizio Massari», a lancé dès le début de la rencontre l'ambassadeur italien. L'envoyé spécial du MAE italien est chargé des questions de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Sa visite à Alger n'a rien de fortuit. Elle coïncide avec les bouleversements que vit le monde arabe et les nouvelles tentatives des pays d'Afrique du Nord de relancer l'Union du Maghreb arabe (UMA). 

Officiellement, le responsable italien est venu annoncer aux autorités algériennes la tenue, le 20 février prochain à Rome, d'une réunion des 5+5, un cadre qui met face à face les pays de la rive nord de la Méditerranée, l'Italie, la France, l'Espagne, le Portugal et Malte, aux pays de la rive sud qui sont l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, l'Egypte et la Mauritanie. Ce sont dix pays qui se sont engagés depuis les années 90 à examiner des questions multilatérales et mener des actions susceptibles de renforcer le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée. Leur cadre de concertation est néanmoins informel. Les 5+5 n'ont pas de statut juridique bien défini. «Le groupe a toujours été très important pour l'Italie, s'il ne s'est pas réuni l'année dernière c'est en raison des développements dans le monde arabe, on n'a jamais abandonné ce projet», a indiqué l'envoyé spécial italien. «Nous voulons le relancer de façon à concilier son caractère informel avec des résultats concrets de la coopération dans plusieurs secteurs», a-t-il affirmé. C'est ce qu'il qualifie de « philosophie qui a certainement à la base une décision politique du gouvernement italien ». Il pense ainsi qu' «il faut créer les conditions d'un rapprochement méditerranéen».

Il estime que «la réunion du 20 février est une réunion à laquelle nous attachons beaucoup d'importance parce qu'elle se tient après le printemps arabe». Maurizio Massari reconnaît en parallèle que «l'UPM a des problèmes qui l'empêchent de bouger comme le manque de ressources et la situation du monde arabe». Il souligne cependant que «nous croyons que les 5+5 et l'UPM peuvent être complémentaires parce que le succès des premiers entraînerait le succès de l'UPM». L'Algérie et l'Italie sont selon lui «complètement d'accord sur le fait que ce format (5+5) est très utile pour le rapprochement méditerranéen et constitue une sorte de noyau dur pour l'UPM». Il faut pour cela, ajoute-t-il, «élargir la coopération entre les deux rives, dans tous les secteurs, dans le domaine sécuritaire, entre les parlementaires, pour la sécurité alimentaire, dans la culture…». L'Italie propose de créer un mécanisme de suivi pour tous les dossiers de la coopération. Le diplomate annonce la tenue la semaine prochaine d'un round euro-méditerranéen sur ce volet mais aussi sur la situation en Syrie. Situation à propos de laquelle il dit être d'accord avec l'Algérie dans son appel à l'arrêt immédiat de la violence. «Nous soutenons le plan de la Ligue arabe et souhaitons qu'il ait un plus grand consensus auprès des Nations unies», indique-t-il. 

Le responsable italien avait avant plaidé la cause d'une relance de l'UMA. « L'Italie a intérêt à voir l'UMA se concrétiser parce qu'elle pourrait dialoguer avec l'Union européenne», a-t-il dit. Les Italiens «espèrent que tous les problèmes entre les pays maghrébins se règlent comme celui des frontières algéro-marocaines ». Le diplomate rappellera que «le conflit du Sahara Occidental est au niveau du Nations unies qui tentent depuis longtemps de faciliter le dialogue entre les deux parties». L'Italie «espère» alors aussi que «ce dialogue puisse aboutir à la résolution de ce conflit, ce qui pourrait encourager l'intégration régionale au Maghreb». 

Interrogé sur la poussée du courant islamiste dans le monde arabe, le diplomate italien a déclaré «nous respectons les choix démocratiques des peuples, il s'agit d'une transition politique qui doit se faire sans interférences étrangères pour peu que soient respectés les droits de l'homme et les droits fondamentaux parce qu'il y a des lignes rouges à ne pas franchir ». Il revient encore une fois sur la Syrie pour affirmer qu' «on ne parle pas du tout d'intervention étrangère, d'ingérence dans les affaires internes de la Syrie. Nous sommes très clairs sur ça ». Mais il tient à souligner qu'il faut « faciliter l'unification de l'opposition syrienne qui n'est pas suffisamment représentative des différentes couches de la société syrienne qui est très complexe ». Pour les Italiens, «Assad a perdu toute sa crédibilité». Il fera part à plusieurs reprises de son souci du respect de la non ingérence étrangère dans ce pays. «La crise syrienne n'apporte aucun avantage à l'Iran», se contentera-t-il de répondre à une question sur le dossier iranien.

L'autre face de l'accord agricole UE-Maroc

José Bové et certains activistes anti-accord agricole
Les Domaines agricoles relevant de la branche agroalimentaire du holding Siger, détenue par le monarque marocain, se positionne comme étant l'élément dominant de l'agriculture du pays. Il sera, et de loin, le principal bénéficiaire de la probable ratification de la part du Parlement européen de la nouvelle entente commerciale. Les investisseurs étrangers et les groupes financiers à capital mixte couvrent en grande partie les accords d'exportation

Le 15 février, la session plénière du Parlement européen est appelée à décider en dernier ressort sur l'Accord de la libéralisation du commerce des produits agricoles, transformés ou non, entre l'Union européenne et le Royaume du Maroc. Il s'agit de la dernière étape pour compléter le processus de ratification d'un traité qui a été signé entre les deux parties depuis plus de deux ans, à savoir le 17 décembre 2009, et qui a déjà reçu l'approbation du Conseil européen. Beaucoup de choses se sont passées depuis, et l'accord a entamé son parcours procédural pour son approbation au parlement européen, une bataille homérique entre les détracteurs et les partisans et qui en est même arrivée au point de s'interroger sur la cohérence juridique de l'accord.

Pendant tout ce temps, la claire opposition des producteurs et commerçants européens est restée ferme et inaltérable, et au niveau espagnol cela a donné lieu à une véritable levée de boucliers, car ce qui est en jeu est loin d'être négligeable. Une proposition qui sera finalement soumise au vote du Parlement dans un climat totalement favorable à l'approbation, en particulier après la dernière réunion du 26 Janvier, qui a vu l'adoption de la proposition par la Commission du commerce international (INTA) du Parlement européen.

Les députés européens de l'INTA ont décidé ce jour-là de modifier la proposition du fameux leader agricole français José Bové qui a déclaré dans une communiqué que "l’accord de libre échange entre l'UE et le Maroc est une contre-proposition qui avait été approuvée par la Commission de l'Agriculture et de l'Environnement, et qui en plus est en totale conformité avec les arguments qui ont conduit à retarder le processus de ratification, une décision adopté par l'INTA elle-même il y a un an de cela". José Bové donne une conférence de presse aujourd'hui à Madrid, qui traitera de son propre rapport, la même proposition qu'il a dû repousser, paradoxes de la vie, après les quelques "clarifications" apportées par les membres de l’INTA. Des modifications qui se résument facilement : "refusé" sera changé par "accordé", en plus de la suppression du dernier paragraphe. Donc, il y a peu de choses et on doit voir comment tout a changé.

Bien que ce soit toujours un plaisir d'écouter Bové, aujourd'hui plus que jamais, je regrette de ne pas être en mesure d'assister à sa conférence de presse à Madrid, à une petite semaine du "jour J" et ou tous pointent pour qu’enfin l'Accord reçoive la ratification du PE.

Arrivé à cette phase cruciale du processus, le moment semble être venu pour une perspective dont nous n'avons pas encore parlé dans notre publication. Nous avons parlé de cette question à de nombreuses reprises, mais avec un accent particulier sur les doléances et les objections des producteurs de fruits et légumes espagnols, ainsi que les commerçants que nous avons entendu partout où nous sommes allés. Nous avons également contribué un peu, comme un petit grain de sable, à ce que les revendications légitimes du Sahara occidental soient prises en compte par la vieille Europe. Et bien sûr, nous avons toujours été vigilants en ce qui concerne l'impact possible que cette libéralisation des importations du Maroc pourrait avoir sur la sécurité alimentaire des consommateurs d'ici.

En bref, nous nous sommes concentrés sur le fait de parler des "personnes lésées", mais qu'en est-il de l'autre côté de la médaille ?
Pour répondre à cet aspect de la question il semble logique de nous tourner vers le voisin du Sud. Bien que je sois personnellement contre cet accord, je dois dire que je considère le Maroc comme une pierre angulaire de notre monde méditerranéen, celui dont je fais partie et dont chaque jour je mesure ce qu'il signifie. Il serait donc totalement incongru de ma part de rejeter ce qui, selon ses promoteurs, est un engagement clair en faveur du développement social et économique des peuples de notre environnement, à travers le raffermissement des liens commerciaux qui se traduisent par des avantages mutuels pour les deux parties dans leur développement et leur progrès, la promotion de la fraternité et la compréhension (je crois qu'il resterait à inclure les mots "cadre", le "consensus" et les "synergies", ainsi que "soutenable" et "futur").

Et tout cela ne serait que préliminaires, parce qu'il y a un contexte beaucoup plus large. Et parce que cette fois nous avons aussi quelque chose qui n'est malheureusement pas très fréquent. Grace à des acteurs engagés et courageux comme le magazine TelQuel , le monde entier peut être mieux informé sur ce que signifie réellement la structure actuelle de l'agriculture pour les sujets du royaume du Maroc. Et ce n'est pas une tâche facile que de faire un rapport en provenance du Maroc… Je veux dire que si ce pays a été classé 89ème en matière de liberté de presse, publié par l'ONG Reporters Sans Frontières en 2002, la dernière mise à jour en décembre 2012 le place au 138ème sur 179 pays évalués. Alors que l'an dernier les Marocains pouvaient profiter du "printemps de Mohamed", et qu'ils voulaient la révolution de Bouazizi, ils ont terminé par avoir celle du sixième Mohammed de la dynastie alaouite.
TelQuel a publié fin 2009 un rapport d'enquête, écrit par Fedoua Tounassi sur les anciens "domaines royaux", l'empire agricole maintenant connu sous le nom "Domaine agricole". Dans cet article, l'auteur a expliqué que ces domaines sont les moins connus de la holding royale Siger , bien qu'ils couvrent 12.000 hectares de terres et réalisent un chiffre d'affaires qui a été estimé il y a deux ans de cela à 150 millions de dollars par an. Les Domaines agricoles sont les leaders incontestés dans l'agriculture et l'agro-industrie au Maroc, a déclaré Tounassi, et ils représentent les deux tiers des exportations, y compris les agrumes. Bien que fondés en 1960, ces Domaines royaux ont reçu un coup de pouce après l'arrivée au trône de Mohammed VI : d'abord le nouveau roi n'a pas beaucoup de charges dans l'agriculture, d’après les déclarations d’une source anonyme du ministère de l'Agriculture: "Mohammed VI s'est rapidement rendu compte que l'agriculture a un énorme potentiel et que nous devons investir davantage, non seulement dans les Domaines, mais aussi au plan national".

Un changement dans l'entreprise agricole de la famille royale marocaine a eu lieu en 2004, après que Mohammed VI se soit adressé à la Nation dans un discours et qu'il ait déclaré que l'agriculture au Maroc est un choix historique ; le chef de l'Etat marocain a aussi dit : "Conscients du fait que la population rurale souffre le plus du déficit social, nous croyons que la mise à jour complète de notre économie passe nécessairement par une stratégie efficace pour un développement rural, capable de permettre la transformation de l'agriculture traditionnelle et de l'agriculture moderne productive". Extrait d'un discours qui a eu du succès et auquel on ne peut que souscrire.

Après cette déclaration considérée comme officielle, les actions suivantes ont clarifié en quoi consisterait l’actualisation de l'agriculture au Maroc : Nouveau nom, nouvelle image, nouvelle identité corporative, et davantage d’action pour ... Les Domaines royaux. Des faits qui ont coïncidé avec l'intention déclarée du holding Siger de "compter au moins trois champions dans divers domaines". "C'est ce qui s'est produit dans le secteur financier suite l’absorption de Wafabank par la Banque commerciale du Maroc, et cela a fonctionné: Attijariwafa est actuellement la plus grande banque au Maroc", affirme le dossier de TelQuel.
Une nouvelle "révolution verte au Maroc", qui a les yeux rivés sur les marchés européens et dans laquelle l'eurodéputé José Bové dit dans son rapport qu’elle "vise à promouvoir le développement des exportations agricoles en attirant des investisseurs étrangers, pour mettre à leur disposition les meilleurs terrains disponibles. Mais de nombreuses personnalités et des chercheurs marocains critiquent le manque de ressources disponibles pour les exploitations familiales et de subsistance".

Le rapport du député européen du groupe des Verts donne comme exemple encore plus important ce cas relevé dans une étude publiée par Invest in Med, citant un investissement réalisé par le Fonds financier de Tiris arabe Euro (TEA), et les Emirats Arabes Unis, auquel on a accordé une superficie de 700.000 hectares à proximité de la ville de Guelmim, au sud du pays, pour développer les plantations d'agrumes, d'oliviers et d'horticulture. La validité de cette information ne peut guère être mise en doute, selon le rapport.

Une influence des grands investisseurs étrangers dans cette "nouvelle" agriculture marocaine va au-delà des cas particuliers, comme cité ci-dessus, et est enracinée dans l'interférence historique particulière de la métropole, la France, comme le précise clairement José Bové dans son rapport "les quotas d'exportation sont gérés au Maroc par une structure nationale (Etablissement Autonome de contrôle et de coordination des exportations, EACCE) créée en 1986, qui favorise les grands groupes exportateurs à capitaux mixtes (Maroc-France, pour la plupart)".

Parmi ces entreprises mixtes, il y a Soprofel Azura qui, avec les Domaines agricoles, accapare 70% du volume total de ce qui allait devenir, et ce que nous appelons maintenant "accord avec le Maroc", dans le sous-secteur de tomate. Disons que cette culture, bien qu’elle soit loin d'être la seule couverte par l'accord, est le véritable symbole du cadre de la libéralisation des échanges visée. "L'agriculture familiale au Maroc, ainsi, ne bénéficiera que d’un espace marginal de cet accord", dit le rapport à cet égard.

Les sources non révélées qui ont servi comme base à l'article de Fédoua Tounassi, publié à la fin de 2009, expliquent que, en dépassant la rivalité entre les Domaines et le reste de ses concurrents, le groupe royal a décidé d'unir les forces en créant Maroc Fruit Board, et en incluant les huit entreprises principales exportatrices du pays, avec l'objectif d'exporter 500.000 tonnes d'agrumes aux marchés de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. "Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes", poursuit le reportage, indiquant qu'une telle concentration devrait susciter, logiquement, la colère d'autres opérateurs du marché. "Les monopoles, la fixation de prix, l'intimidation des plus petits exportateurs ... les accusations et les attaques sont fréquentes", ajoute l'article. "Le message qu'essaient de transmettre les opérateurs est le suivant : nous voulons une saine concurrence, mais attention à quiconque oserait nous défier", regrettait à TelQuel un économiste, qui a donné comme exemples les cas de autres filiales du groupe Siger (ONA ,Centrale Laitière, Lesieur Cristal, Cosumar, etc), bien que dans le cas des domaines royaux, il a dit, "au moins, ils sont fortement impliqués dans le secteur… en se faisant passer pour des partenaires en toute discrétion".

Tous ceci trace une radiographie du secteur dans lequel s’étendent, presque omniprésents, les tentacules des gros investissements, avec la couronne alaouite en position de force. Une machine hermétique parfaitement huilée et totalement étanche, qui combine ingénierie financière au plus haut niveau avec des campagnes massives d'occupation agricole, un scénario complexe et orienté vers les marchés internationaux.

Et pour assurer la maîtrise promise de ces marchés, rien de mieux que d'avoir une main-d'œuvre à moindre coût si ce n’est gratuite, et c’est ce que nous appelons aujourd'hui "la flexibilité et la compétitivité", connues tout au long de l'histoire sous beaucoup d’autres appellations, dont la majorité rappelle de tristes souvenirs. C'est ce que dit le rapport de José Bové, "le principal élément dans la composition des prix des fruits et légumes est le coût du travail. Les salaires reçus par les travailleurs agricoles au Maroc sont de l'ordre de 5 euros environ par jour. La faiblesse de la rémunération reçue est due au fait que les travailleurs agricoles n'ont pas, selon le Code du travail marocain, la capacité de se syndicaliser et de participer ainsi à toute la négociation collective". Et comme si ce n’était pas suffisant, il y a les données de l'UNICEF sur le fléau du travail des enfants dans cette nouvelle terre d'opportunité : "Au Maroc, il y a plus d'un million et demi d’enfants en âge de scolarité qui se voient refuser le droit à l’éducation ; la plupart des enfants en âge d'être scolarisés risquent d'être soumis à l'exploitation économique, à travers les tâches qui leur sont confiées dans l'artisanat, l'agriculture, dans des conditions qui ne sont pas toujours adéquates pour assurer leur santé et leur équilibre mentaux".

Enfin, Je ne pas ce que les députés finiront par décider, mais ce dont je suis sûr, c'est que le peuple marocain mérite mieux que cela. Et il n'a rien à gagner sur la question traitée ici. S'il vous plaît, au moins, ne les utilisez pas comme des marchands du temple pour légitimer leurs manœuvres.

Lire l'article, en espagnol, sur boletinagrario.com

Panoramaroc, 14/2/2012

« Des fusils face au mur » - Témoignage

Photographe, Maurice Cuquel connaît bien le conflit du Sahara occidental. Il est déjà allé trois fois dans les camps de réfugiés situés au sud-ouest de l’Algérie et en a retiré plusieurs expositions (1).
En mars 2011, il s’est rendu -pour la première fois- dans les « territoires libérés », c’est-à-dire la partie orientale du Sahara occidental sous contrôle du Front Polisario (à l’est du mur de sable représenté sur cette carte proposée par l’ONU). Pour, dit-il, « côtoyer les combattants du Front Polisario« . « Entre guerre et paix, c’est le temps de l’attente et de l’impatience, de l’usure et de l’enlisement« , ajoute Maurice Cuquel.

Son témoignage :

En 1975, les espagnols abandonnent le Sahara Occidental aux mains du Maroc et de la Mauritanie. Le peuple sahraoui qui rêve de l’indépendance d’un « pays sahraoui » doit alors émigrer dans des camps de fortune dans le sud algérien. En 1991, un espoir surgit avec le cessez-le-feu et la promesse d’un référendum sur l’autodétermination.

Trente-cinq années d’exil ont passé. Dans l’indifférence de la communauté internationale, 160 000 sahraouis survivent dans l’une des régions les plus inhospitalières du globe avec l’objectif de «revenir vivre un jour là-bas », dans leur pays d’origine.

Territoires occupés. Territoires libérés. Territoires perdus. Territoires contrôlés… La sémantique est forte, la géopolitique dure, le lobbying des occupants outrancier… Les sahraouis seront-ils les exclus de l’Histoire ?

Pour mon troisième reportage, j’ai voulu côtoyer les combattants du Front Polisario : « une armée de libération, pas une armée de conquête » précisent d’emblée ses combattants. Entre guerre et paix, c’est le temps de l’attente et de l’impatience, de l’usure et de l’enlisement.

En route pour les territoires libérés, Ahmed est au volant de son Land Rover. Il affronte le désert, sa platitude infinie comme la durée interminable du conflit, son sol lunaire stérile, sa nudité rasante comme l’attitude de la communauté internationale. Du côté de Tifariti, la bande de terre contrôlée par le Front Polisario offre son cortège de maisons éventrées par les obus marocains, de champs de mines et ses ballets de voitures dela MINURSO*. De part son statut de territoire libéré, la région abrite les casernes où la vie quotidienne des soldats qui peut paraître exceptionnelle n’est pas pour autant sensationnelle.

Il existe des murs de sable inébranlables qui durent. Tel ce mur de 2500 kms, intolérable balafre infranchissable, construit par l’envahisseur de 1980 à 1987 et gardé par 160 000 soldats marocains,20 000 kilomètresde barbelés et des millions de mines anti personnelles. Mais en trois décennies, ce mur n’a toujours pas suffi à faire plier la volonté et le désir d’indépendance du peuple sahraoui.

Au centre martyr Chreif, les victimes des mines, civiles ou militaires zappent sur toutes les chaînes de leurs postes TV pour prendre le pouls de l’humanité. Rien ici ne permet de mesurer la fuite du temps. Seule espérance : le retour vers leur pays natal.

Les jeunes sahraouis deviennent des combattants à l’issue de leurs huit mois de formation à l’école militaire El Wali. Leur credo : « reprise du conflit armé ». Face aux dirigeants dela RASD*, trop statiques, trop attentistes à leur goût, face au statu quo onusien, ces soldats sincères et déterminés, sont les garants de leurs droits et de leurs frontières. Le peuple sahraoui mène un combat loin des feux de l’actualité, des journaux télévisés et des tables de négociations mais face à un mur d’indifférence et de silence. Cette république en exil force le respect et mérite enfin l’application du droit international…

Mais la dignité se négocie-t-elle ?

Maurice CUQUEL

Front polisario : Abréviation de Front populaire de libération de la Saguia el Hamma et du Rio de Oro – Mouvement politique et armé du Sahara occidental, soutenu par l’Algérie et principalement composé d’indépendantistes sahraouis.

RASD : République Arabe Sahraouie Démocratique.

MINURSO : Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un référendum au Sahara occidental.

(1) »Sahraouis : les exilés des sables » (2007), « Sahraouis : du sable, du savoir et l’espoir… » (2009) et « Front polisario : des fusils face au mur » (2011)

Afghanistan : Quand les talibans twittent…

Les talibans afghans ont évolué et semblent de plus en plus ouverts aux négociations de paix bien que leur retour au pouvoir fasse toujours peur.

Après avoir dirigé l'Afghanistan de 1996 à fin 2001, Le Coran dans une main et une kalachnikov dans l'autre ; les talibans «tweetent» désormais et parlent de négociations de paix, mais leur retour au pouvoir après le départ des troupes de l'OTAN fin 2014 est toujours appréhendé.

Leurs cinq années de règne demeurent une blessure vivace. Les talibans, des pachtounes sunnites du sud du pays, furent capables des pires cruautés.

Au quotidien, les femmes ont été obligées de porter la burqua et interdites de travailler, de sortir de chez elles non accompagnées. Celles convaincues d'infidélité étaient lapidées. L'éducation a été refusée aux filles. Les hommes étaient astreints à porter la barbe longue et l'habit traditionnel. Les exécutions sommaires se sont multipliées.

En dix années de combats féroces, les forces pro-gouvernementales, dont les troupes étrangères, n'ont pu venir à bout des insurgés, longtemps aidés par des miliciens d'Al-Qaîda. Dans le même temps, Kaboul et les principales villes afghanes, se sont modernisées, bénéficiant de la présence étrangère. L'éventualité d'un retour au pouvoir des talibans après le retrait entamé de 130 000 militaires de l'Otan d'ici à trois ans fait donc trembler beaucoup d'Afghans. «Maintenant, tout a changé. Je peux voir dans leur attitude que sur 80% des thèmes, ils ont évolué», affirme le Maulavi Qalamuddin, désormais membre du Haut Conseil pour la paix, nommé par le président Hamid Karzaï pour faciliter le dialogue avec les rebelles.

Depuis quelques années, les talibans se sont ouverts. Ces hommes fondamentalement hostiles au progrès se sont mis à communiquer. Ils disposent d'un site internet, sur lequel des vidéos de la formation de leurs combattants ou de combats sont mises en ligne. Et tweetent assidûment. Le 3 février dernier, la toile, via tweeter, a ainsi été témoin d'un combat étrange entre les porte-parole de l'Isaf, le bras armé de l'Otan en Afghanistan, et leur homologue taliban. Isaf : «La neige à Kaboul a dû affecter vos commentaires et votre capacité à obtenir de l'information factuelle sur de vrais événements.» Talibans : «Non, non ! Nos opérations et communications sont bien établies et se poursuivent même par temps froid. Cela doit avoir quelque chose à voir avec nos succès.»

Nantis de cette nouvelle stratégie, les insurgés pourraient éventuellement remporter de futures élections, s'ils décidaient de se plier aux règles démocratiques.

«Ils veulent vraiment la paix», estime le Maulavi Qalamuddin, pour qui «il n'est pas vrai de dire que les talibans cherchent seulement à gagner du temps jusqu'au départ des troupes étrangères en 2014», afin de marcher ensuite sur Kaboul, comme ils l'ont fait en 1996, à la fin de la guerre civile ayant succédé au départ de l'armée russe, qui a occupé dix ans durant l'Afghanistan.

Rédaction / Agences

La démocratie et les droits humains, une lutte inachevée , par Thomas Mélonio

La gauche, arrivée au pouvoir en 1981, connaissait en son sein un important débat sur le nécessaire degré de rénovation de la politique africaine, sur fond d’opposition de la première et de la deuxième gauche. Jusqu’à la chute du mur, on ne peut que constater et regretter que les conservateurs l’aient emporté sur les rénovateurs, l’épisode de la « démission » de Jean-Pierre Cot symbolisant cet échec collectif. Dix ans plus tard, dix ans trop tard, le discours de François Mitterrand à la Baule prenait toutefois acte du changement d’ère géopolitique et du caractère insupportable de l’absence de droits politiques en Afrique.

Rappelons également à ceux qui, à gauche, détiennent un goût prononcé pour l’autoflagellation que Jacques Chirac affirmait, à la même époque, que l’Afrique n’était « pas mûre pour la démocratie ». Le discours de la Baule, quoique tardif, fut donc néanmoins symbolique d’un basculement théorique, l’autocratie étant clairement rejetée et l’ouverture politique saluée, avec la promesse d’une aide « tiède » pour les pays adeptes de la première et d’une coopération plus « enthousiaste » avec ceux mettant en œuvre la seconde. Au plan pratique, la démocratisation des pays d’Afrique francophone, qui n’en était qu’à ses balbutiements en 1991, est alors nettement enclenchée.

Ce processus d’ouverture politique connaît toutefois de graves soubresauts, reculs occasionnels et coups d’Etat ponctuels, ainsi que de notables exceptions, certains chefs d’Etat faisant preuve d’une « remarquable » longévité ou cédant à la tentation dynastique. En dehors de ces exceptions fâcheuses, on relèvera néanmoins des motifs d’espoir récents, puisqu’en 2010 et 2011, pas moins de trois chefs d’Etat ayant souhaité prolonger illégitimement leur présidence de la République ont été contraints de quitter leur palais et furent remplacés à terme par des régimes démocratiquement élus (Alpha Condé en Guinée, Mahamadou Issoufou au Niger et Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire). Le mouvement de modernisation et de démocratisation est sans doute trop modeste, trop lent, mais il existe.

Quel rôle la France peut-elle jouer pour accompagner le mouvement de démocratisation en Afrique (ou ailleurs), sans renouer avec les ingérences du passé ? Ce sont, d’abord et avant tout, les pratiques qui doivent évoluer.

Au cours des dernières années, nombre d’initiatives malheureuses ou de déclarations qui n’avaient rien d’obligatoire ont entaché la réputation de la France.

Certains cas sont très connus : en Tunisie, les déclarations sur la « progression de l’espace des libertés » ont pris une signification toute particulière après la « Révolution de la dignité », tout comme les offres de service de maintien de l’ordre formulées par Michèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires étrangères. Dans le même ordre d’idée, la réception en grandes pompes du colonel Kadhafi en 2008 et la théorisation du profond « changement » du guide libyen laissent songeur alors qu’une guerre dure est aujourd’hui engagée pour le chasser du pouvoir. De manière moins connue, la France a été la première puissance, et parfois la seule, à blanchir ou à prendre acte de coups d’Etat, parfois régularisés ensuite, qu’il s’agisse de ceux survenus dans les dernières années en Guinée (Moussa Dadis Camara), en Mauritanie (Mohamed Ould Abdelaziz) ou à Madagascar (Andry Rajoelina). En 2011, la France fut à nouveau la seule puissance représentée à l’investiture de François Bozizé (République centrafricaine) malgré un rapport d’observation électorale de l’Union européenne très sévère. La France n’a pas fait non plus preuve de beaucoup de retenue dans son soutien à Idriss Déby Itno, en dépit de la situation peu enviable de l’opposition dans ce pays. Dans la question du conflit au Sahara occidental, la France est également l’une des dernières nations à s’opposer à l’extension du mandat de la force des Nations unies à la protection des droits humains. Les exemples se déclinent, trop nombreux : cela peut et doit changer.

Pour les socialistes, le respect des droits de l’Homme et l’existence d’un Etat de droit sont et doivent être des conditions préalables à toute intervention en faveur d’un Etat. Il est trop facile de se fourvoyer dans une relation de complaisance avec des régimes non démocratiques. On observera d’ailleurs que Barack Obama s’est contenté d’une visite au seul Ghana, plaçant clairement très haut sur le plan démocratique la barre d’acceptabilité d’un régime politique. Pourtant, on peut difficilement accepter de ne soutenir que les peuples des Etats les plus vertueux, en condamnant les populations des autres Etats à une assistance humanitaire minimale. Dans les pays à gouvernance « douteuse », encore que le concept de bonne gouvernance soit passablement flou, il est légitime de faire transiter autant que possible les fonds de coopération au développement par les organisations de la société civile ou des collectivités locales, lorsqu’elles sont légitimes.

L’aide française transite extrêmement peu par les ONG du Nord et du Sud (à peine plus de 1 % de l’aide publique au développement totale). Cette part pourrait être portée progressivement au niveau de celle observée dans les autres pays européens, soit 5 %, alors que les projections actuelles d’aide au développement laissent au contraire envisager une stagnation des crédits publics bilatéraux qui leur sont dédiés, à un niveau de 45 millions d’euros (sur une aide totale déclarée de plus de dix milliards d’euros…).

Les ONG ont une capacité d’innovation sectorielle, d’action sur des terrains difficiles, de réactivité qui doit être mieux reconnue. Leurs actions ne déméritent pas face à celles des institutions publiques du développement, qui sont soumises à des procédures parfois plus complexes (anti-blanchiment, diligences environnementales et sociales entre autres) qui limitent la rapidité de leur intervention. On notera également que, sur des sujets essentiels de protection des droits humains comme le respect des droits des homosexuels ou l’interdiction de l’excision, la voix de la France s’est faite très discrète au plus haut niveau de l’Etat, en dépit des efforts méritoires de la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme sur le premier point, avant que ce secrétariat d’Etat ne soit jugé « inutile ». Les campagnes des ONG en faveur de la transparence des ressources transférées par des compagnies minières ou s’interrogeant sur les patrimoines immobiliers de chefs d’Etat africains ont également eu le mérite d’attirer l’attention sur le manque de traçabilité des fonds publics dans certains pays en développement.

On voit là l’utilité que peuvent avoir les ONG pour animer des campagnes qui pourraient difficilement être conduites au niveau gouvernemental.

Enfin, là où la probabilité d’évolution dans le bon sens existe et là où l’influence de la France peut être décisive, ne faut-il pas tenter d’aider à la mise en place de bonnes politiques et d’accompagner les processus démocratiques ?

Il semble ainsi nécessaire d’accompagner fortement les pays dans les mois décisifs qui entourent les élections, surtout lorsqu’il s’agit de premières, comme c’est le cas actuellement en Guinée, mais aussi dans des pays qui reviennent à la démocratie ou sortent d’une grave crise, comme le Niger ou la Côte d’Ivoire. En cas d’évolution inverse, il semblerait nécessaire de faire preuve de plus de réactivité dans la critique dès lors que la situation politique se dégrade, et que la France soit aussi parfois en pointe sur l’application de sanctions, aspect sur lequel cette législature aura été particulièrement pauvre.

La France, en tant que nation, finance également très peu les fondations politiques, toutes sensibilités confondues, pour promouvoir le pluralisme démocratique. Les budgets de coopération internationale des principales fondations sont ainsi très faibles (en général au moins dix fois inférieurs à leurs homologues américaines et allemandes),alors même que les fondations sont les acteurs les plus susceptibles de promouvoir la liberté de la presse, de soutenir la constitution de nouveaux médias, d’aider au renforcement des capacités des mouvements d’opposition lorsque ceux-ci ne bénéficient d’aucun financement de leur Etat (c’est-à-dire presque tout le temps). L’Union européenne soutient également, mais de manière encore sporadique, les processus électoraux. Une systématisation de ce type de soutien serait extrêmement bienvenue, par exemple pour permettre des campagnes médiatiques pluralistes ou encore assurer des observations rigoureuses sur la base du suivi d’échantillons représentatifs. Enfin, il semblerait utile, dans les cas des transitions politiques où l’Etat civil ou le système judiciaire d’un Etat ne bénéficie pas de la confiance des principaux acteurs politiques, de renforcer le cadre juridique international, autour des Nations unies, pour légitimer celles-ci dans l’observation et la proclamation des résultats.

Auteur : Thomas Mélonio , pour la Fondation Jean Jaures

Economiste, spécialiste de l’Afrique et des questions de développement, il travaille en particulier sur les méthodes de valorisation du capital humain. Animateur du cercle de réflexion « A gauche, en Europe », co-fondé par Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici et Michel Rocard. Oeuvre aujourd’hui à la structuration d’un mouvement social-démocrate au sein du parti socialiste. Il est délégué national en charge de l’Afrique au PS et représente à ce titre le PS au comité Afrique de l’Internationale socialiste.

CongoLiberty, 10/10/2012

Vive la Russie syrienne

par El Yazid Dib

Le veto par définition est une perversion diplomatique. Il s'assimile sans ambages à une effraction dans l'équilibre censé contenir la justice internationale. Il ne s'offre dans un partage bigarré que dans l'inélégance des Etats qui se le sont offert sans égards aux autres. 

Ce conseil dit de sécurité où les membres comme des quindécemvirs veillent à garder «les livres sibyllins» n'est plus une aubaine pour la paix ni pour son maintien. Il n'est en fait qu'un accord vétilleux par lequel toutes les guerres passent. Le monde depuis la conférence de Yalta vit dans une torsion de totale différence, perclus et en eternel quête d'un aplomb juste et durable. 

La Russie syrienne n'est pas uniquement une contrariété face au désir hégémonique américain. Elle est aussi l'autre mesure que depuis 1945 les Etats unis refusent d'admettre au profit d'une justice internationale. Le veto longtemps usité par l'oncle Sam est vite perçu comme un bris de glace dans l'harmonie façadière qui sévit au sein du conseil de Manhattan. A ce même moment, c'est à dire à celui où la puissance sino-américaine marque son entêtement à ratifier une condamnation inégale châtiant unilatéralement le régime pourri de Damas, l'entité sioniste met dans l'embarras du choix Abbas Mahmoud. Ou moi ou Hamas. Drôle de diplomatie, qu'encourage Obama. Au conseil de sécurité, la Syrie devait être à l'instar des palestiniens, propriétaires de droits seulement à bafouer. Ici la parole est certes une équation de force économique mais s'enracine également dans les méandres d'une idéologie que l'on dit disparue. L'on y voit que le pilonnage, les images facebook, les ruines de Homs, les bouches vitupérant le régime Susan Rice, la copie clownée du président américain devient prophétique en sermonnant les deux puissances sur leur prochain regret. Elle les blâme d'avoir utilisé un droit inique qu'elle-même n'a cessé de brandir à chaque fois que Tel-Aviv est sommée de comparaitre au banc des coupables. Ce veto est jugé par ceux qui en sont dérangés dans leurs desseins, comme étant un alignement frontal sur la démarche d'un dictateur qui veut chaque jour tuer son peuple. Ainsi les arguments à court de raisonnement vont dans tous les sens. On leur dit qu'il ne fallait pas s'inscrire dans une telle dynamique qui n'ira qu'en stimulant les exactions contre la population civile et enhardit la persévérance de la force locale. L'on n'insinue jamais l'autre partie, antagoniste au régime. Croyez-vous que l'entièreté du peuple syrien est dans la rue pour gommer ses dirigeants ? L'autre partie, ce sont eux. Les services, l'intelligence et la subversion. Les régimes post révolutionnaires tunisien, libyen ou égyptien nous donnent l'exemple, une année après de quoi ca retourne. L'autre partie est selon les promoteurs de l'obligation à faire mourir le régime syrien, personnalisée exclusivement dans la diversité du peuple. Ainsi dans les rues de villes l'armée tire sur le peuple. Débile jugement. Un peuple qui se soulève peut en moins de 18 jours mettre en fuite ou en prison son dictateur. Un « peuple » qui depuis une année est cité dans tous les JT comme victime n'a pas le droit de vivre, si cela en est le cas. 

L'autre partie est celle que dirigent le département américain et ses appendices installés dans les coulisses d'une ligue arabe liguées corps et âme à l'injonction à la mode d'une politique prônant la libération de l'élément humain arabe. Un consortium de renégats mous à l'action mais prompts à la rescousse. Ils viennent des métropoles étrangères moissonner ce que spontanément l'enfant, le caricaturiste, le poète syrien a voulu entamer pour se faire laisser voir un avenir libre et radieux. Applaudis, quand ils ne sont pas procréés par Doha et autres intérêts occultes ; ces nouveaux opposants, touts prêts à bien parler sont volontiers reçus sur les perrons de l'Elysée ou ceux de la maison blanche. Antoine Basbous dans son dernier livre « le tsunami arabe » nous donne aléatoirement le contre exemple de la facilité qu'ont les éventuels futurs et probables maitres de la scène arabe à être reçus avec toute l'aisance par les dirigeants du monde au moment où un président en exercice est contraint de faire une longue chaine d'attente en vue de franchir les mêmes perrons. Ils sont une pure création des officines de la haute déstabilisation. Certains ne cachent plus leur embarras. Ainsi le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé s'est vite dévoilé en disant « nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer. Le régime doit constater qu'il est totalement isolé, il va y avoir des sanctions économiques ». sans commentaires. 

Au début du soulèvement l'innocence était de la partie. Les chasseurs de révolutions se sont vite réveillés et prenant leurs cors, commençaient à vociférer les pires atrocités du parti unique, du régime familial, du système fermé, de la rente particulière. Ainsi nous disons, que le président de la Syrie doit légèrement partir. Son ère est à jamais révolue nonobstant la nostalgie qu'il put recréer dans le cœur des nationalistes. 

Ce veto vient à la faveur d'une possibilité de pouvoir enfin contredire les Etas unis. L'on montre ainsi que ce moyen exorbitant dans l'usage du droit universel n'est toujours pas saint d'esprit. Il suscite de la réprobation selon l'arrangement des uns et des autres. L'histoire parfois devient risible. Cette histoire nous a enseigné que c'est par essence, philosophie ou idéologie que l'on fait des révolutions et l'on mène des politiques. Elles ne peuvent été faites que contre des puissances coloniales et des forces étrangères. On ne le fait pas avec ces forces et en leur compagnie contre son propre peuple. Ceci ne sera donc qu'une contre-révolution. En Syrie la situation demeure fort complexe. Comme chez nous. L'affaire palestinienne, la guerre contre l'Irak, l'Afghanistan, les révolutions arabes surtout de la Libye ; ont bien démontré le fossé qui sépare la rue et le peuple des palais royaux, des cabinets présidentiels mais aussi du conseil de securité où aucun Etat arabe n'est entendu avec un semblant de droit de veto. Celui-ci est une chasse gardée pour les seigneurs. Les uns s'essayent à manœuvrer de la manière la plus mesquine tentant de ne pas lorgner sur le mal que font les nouveaux libérateurs des peuples, les autres s'échinent à la démonstration du contraire par l'indéfectible soutien nonobstant la matraque ou l'interdiction de marcher. Le veto sino-russe n'est que la bonne réponse pour un peu débarbouiller la domination exercée sur les peuples via leurs dirigeants que l'on peut qualifier au gré des intimités comme saumâtres et indésirables. Il est aussi venu réconforter l'avis des mécréants quant à la religiosité de ce droit qui n'a plus raison d'être. L'on voit l'indignation de l'autre coté prendre de l'ampleur. Les procédures esseulées comme bon usage de la diplomatie réciproque d'antan prennent le relais. Les Etats unis ferment leur ambassade, le Royaume unis également. La machine à convaincre les autres commence à fonctionner. Ils gueulent à faire peur à tout le monde. Oui pour le veto, s'il est brandi contre Israël pour les séculaires bestialités commises contre un peuple encore non-membre reconnu par l'ensemble e la communauté internationale. Oui pour le veto s'il s'instaure comme mondanité dans la résurgence de l'équité universelle. Oui pour ce veto s'il arrive à réduire l'effet de serre et à abolir la fabrication des armes de guerre. C'est ainsi que l'on voit dans l'acte sino-russe une certaine distanciation stratégique dans l'unicité sécuritaire qui a émaillé ces derniers temps la sphère politique mondiale. Que le peuple syrien soir rassuré la paix ne peut provenir de Paris ou de Londres. Elle ne sera pas pour eux une offrande à octroyer par les mains atrophiées d'un Obama prévendu ou d'un Sarkozy en ultime sautillement électoral. Cette paix, cette liberté, ce recouvrement de droits humains, seront manufacturés par eux-mêmes, chez eux. Sans conseil de quiconque, ni conseil d'aucune securit. Non justement à ces vétos qui fragmentent l'unité des peuples, qui attisent les douleurs et qui aggravent les situations. Que dire de ces multiples vetos qui ont eu à bloquer non seulement l'indépendance, premier droit des peuples ; mais obstruent encore la voie de la liberté et du droit de vivre en autodétermination. Les Palestiniens, les sahraouis, les personnes affamées, les sans abris, les chômeurs, les femmes maltraitées, les harraga, les sidaïques, ceux sont eux qui méritent de se lever en veto aux titulaires eternels du veto. 

Sarkozy, hystérique, a oublié son veto contre les droits de l'homme au Sahara Occidental

par Sidati Alamin

Le veto sino-russe a provoqué dimanche une vague d'indignation dans le monde arabe, en Occident et au sein de l'opposition syrienne, les violences dans le pays ne montrant aucun signe d'essoufflement. 

L’ambassadeur US à l’ONU s’est déclarée “dégoûtée”, “c’est une mascarade” dénonce Hillary Clinton alors qu’Alain Juppé criaiet “c’est un scandale” d’Alain Juppé. Des réactions qui témoignent d’un état psychologique proche de la dépression nerveuse. Un état provoqué par la position sino-russe qui vient de mettre fin à l’hégémonie occidentale sur le destin des peuples arabes qui ne veulent pas se soumettre au dictât de ceux qui ont semé le chaos en Afghanistan, en Irak et en Libye. 

En opposant, samedi 4 février, avec la Chine, son véto au « plan de paix » occidentalo-arabe, la Russie a probablement évité à la Syrie, à plus ou moins long terme, un développement à la libyenne. Et, ce faisant, elle a marqué un tournant historique. Dans le cours de la crise syrienne, bien sûr, mais aussi dans les rapports entre l’Occident à direction américaine et ses adversaires géopolitiques eurasiens, arabes et latino-américains. Le 4 février 2012 peut en effet faire date, dans l’histoire de la nouvelle guerre froide qui s’est mise en place depuis le premier conflit du Golfe, voici un peu plus de vingt ans. 

Selon les propos du ministre des AE russe, Sergueï Lavrov, la réaction de Sarkozy, san citer son nom, était hystérique. Celui même qui depuis deux ans vote contre la MINURSO, en lui imposant le qualificatif de "seule mission onusienne qui ne veille pas sur les droits de l’homme" parce que la France a beaucoup d’intérêts dans le royaume où Sarkozy passe souvent ses vacances. 

Au mois d’avril 2010 et 2011, le rapport du SG Ban Ki-moon a été deux fois soumis à la censure par l’ambassadeur français au Conseil de Sécurité pour barrer tous les paragraphes qui ne plaisaient pas le Maroc et qui exigeaient du Conseil de Sécurité de mettre fin aux violations des droits de l’homme au SaharaOccidental. 

Les Etats Unis aussi ont souvent usé de leur véto, surtout pour protéger Israël. Leur prochain véto sera contre l´entrée de la Palestine à l’ONU. 

Et maintenant ces même pays s´insurgent contre un autre membre permanent qui use de son véto ! Ce n’est pas que je sois favorable au veto sino-russe, mais c’est le seul moyen d’imposer un nouvel ordre mondial qui soit plus respectueux des peuples, y compris le peuple sahraoui qui attend du Conseil de Sécurité qu’il agisse de la même manière qu’il l’a faite en Libye et en Sirye. 

Sahara : Le Polisario veut coopérer avec l’ONU mais…

«Nous souhaitons que la nouvelle délégation marocaine, désignée par le gouvernement du Premier ministre Abdelillah Benkirane, arrivera à Manhasset avec une nouvelle vision qui rompt avec l’attitude négative affichée par le Maroc lors des différents rounds de négociations entre les deux parties», déclare Mohamed Abdelaziz, le SG du Front Polisario, dans un point de presse qu’il a tenu en marge des travaux de la 37e conférence européenne de coordination de la solidarité avec le peuple sahraoui qui s’est ouverte vendredi à Séville (Espagne). 

Cette énième montée du Front du Polisario à l’approche des neuvièmes négociations de Manhasset (New York), prévues du 11 au 13 février, trouvera-t-elle un écho au Maroc ? Jusqu’à présent, Rabat refuse d’avoir une vision conforme avec la légalité internationale et de coopérer sérieusement avec les Nations unies pour résoudre le dernier conflit colonial en Afrique. Le gouvernement du Parti de la justice et du développement de M. Abdelillah Benkirane mettra-t-il fin à cette vision en optant pour le respect des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés ? Le doute est permis. Le Front Polisario a toujours fait preuve de son attachement à une solution juste et démocratique au conflit, à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination qui permettra au peuple sahraoui de s’exprimer librement sur tous les choix qui lui seront soumis. Y compris l’autonomie que préconise, depuis 2007, le Royaume comme seule et unique solution. Une position sahraouie que ne manqueront pas d’appuyer logiquement tous les gouvernements issus des révoltes populaires et l’envoyé personnel du SG de l’ONU au Sahara occidental, Christopher Ross qui sera prochainement à Strasbourg pour s’expliquer devant les eurodéputés sur «la liberté des peuples à se libérer des dictatures et des régimes répressifs». Autrement dit, il sera exigé de l’ONU de profiter du climat du printemps arabe pour trouver une solution à ce conflit dont que le camp de Gdeim Izik qui a été «violemment réprimé par les autorités marocaines» pourrait être considéré comme «un détonateur » pour le printemps arabe. Comment ? En tenant avec Rabat le discours qu’elle a tenu avec Tripoli, Damas, Sanaâ. «Si ces pourparlers échouaient, le retour aux armes serait presque inévitable», prévient le président sahraoui dans une interview à la revue italienne de géopolitique Limes parue jeudi. Précisant que le Polisario a éprouvé, lors du dernier congrès, beaucoup de peine pour convaincre la base qui a émis le désir de reprendre les armes de faire confiance à la voie diplomatique. 

Horizons, 5/2/2012

Brasil : Una querella contra Emboirik por abuso y difamación

La familia de la ex-novia del diplomático saharaui Emboirik Ahmed ha depositado una querella ante la justicia brasileña contra él por abu...