Le mariage franco-marocain contre les sahraouis

Il est naturel que les personnes aient du mal. Les gouvernements des nations, davantage. Il est devenu fréquent dans l'histoire récente que des responsables français s’allient avec ceux qui violent les droits humains.

La classe politique française, avec son chauvinisme maladif a toujours eu une conception très particulière de leurs intérêts placés avant toute autre considération qui fasse référence à la justice par rapport à d'autres nations. Récemment, nous avons lu les textes des lettres envoyées par le président de la RASD, M. Abdelaziz, dénonçant l’impassivité de l’ONU face aux violations continues des droits de l’homme par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara Occidental, pays classé territoire non-autonome par l’ONU et censé être sous sa tutelle.


Le président sahraoui a aussi accusé la France sur trois points importans: être responsable du conflit sahraoui après avoir « encouragé » la Mauritanie et le Maroc à s’emparer du territoire en 1976 ; d'être responsable, en utilisant son droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, de la violation des DD.HH. par le Maroc au Sahara Occidental, et de ce fait stagner, avec son attitude, les négociations entre le Front Polisario et le Maroc sous les auspices de l'ONU.


Le six prisonniers sahraouis libérés de la prison locale de Salé (Maroc) connus sous le nom de « groupe de Tamek », étaient conscients de cette réalité lorsqu’ils avaient écrit : "La réalité est tergiversée au monde (...), elle cache des crimes inimaginables, et, (...), tout est supervisé par la France, le pays qui prétend avoir une légitimité fondée sur la défense des libertés (...) fournit au Maroc un parapluie pour lui permettre de poursuivre sa persécution de sahraouis pacifiques dans la partie occupée du Sahara Occidental".


Les gouvernants français doivent sûrement savoir quelque chose sur la fin d'un processus de décolonisation lorsque, il n’y a pas si longtemps, un million et demi de morts a été le prix de Algérie, où la lutte pour l'indépendance a été déclenchée en 1954 et dura jusqu'a 1962 année dans laquelle la France a daigné enfin reconnaître le droit des algériens à l'autodétermination.Les dirigeants français actuels pensent-ils que d’autres peuples, comme le peuple sahraoui, sont moins constants ou moins décidés dans leur recherche d’indépendance?


Le parapluie français sert aussi aux Marocains à continuer de défier la communauté internationale au même temps qu'ils mènent une politique de manipulation sans gêne.


La manipulation est une attitude connaturelle au royaume alaouite et les dirigeants occidentaux montrent une sérieuse vulnérabilité face au chantage et à la mythomanie marocains et tombent souvent dans les pièges tendus par le Makhzen.


Le vice de manipuler comme stratégie principale de la diplomatie et des services secrets du Maroc, est visible non seulement sur le présent, mais son ombre obscurcit la vérité du passé récent et lointain, ils sont maîtres en matière de changer l'histoire dans le but de délégitimer les revendications sahraouies.


Des manipulations visant à promouvoir l'image d'un pays modéré au monde islamique, campagne qui compte avec le soutien de la France et les lobbyes des Etats-Unis qui ont empêché le Conseil de sécurité de faire respecter l'application de ses résolutions sur le Sahara Occidental, prétextant que le Maroc est un rempart contre le communisme pendant la guerre froide et ces dernières années, un allié important dans la lutte contre le terrorisme. Personne n’ignore que la réalité sociale ne répond pas à cette image.


Dans ce contexte de «nation exemplaire», il y a lieu de se demander pourquoi le Maroc empêche la MINURSO d’élargir ses prérogatives à la veille sur la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis?


Enfin, des manipulations qui cherchent à discréditer les sahraouis : En 2005, les marocains ont essayé d’impliquer le Front Polisario dans l'attaque contre le poste de Lemgheiti en Mauritanie et qui s’est soldé de la mort de 15 soldats mauritaniens. La même tentative lors de l’enlèvement des trois coopérants espagnols, manipulation dénoncée à l’époque par l’hebdomadaire marocain Le Journal Hebdo, dénonciation qui lui a coûté la fermeture.


Dans le même contexte, le ministre marocain des Affaires étrangères Fassi Fihri, dans une lettre, adressée le 28 Janvier dernier, au Secrétaire général de l’ONU mêlait la fin du terrorisme et du trafic illégal à la solution du «conflit régional» du Sahara Occidental. Dans d'autres déclarations, il jette la responsabilité du conflit aux indépendantistes du Front Polisario pour porter préjudice à la légalité sur la souveraineté des sahraouis sur le territoire : Il n’y a pas d’indépendantistes mais des légitimes propriétaires. Les médias marocains et leur relais français racontent toutes sortes de délires sur les réfugiés sahraouis de Tindouf : otages, séquestrés, déviation des aides humanitaires, etc. Ils veulent rendre les sahraouis coupables de tous les maux du monde : le Sahel, le terrorisme, le trafic et la toute dernière chanson du Makhzen, un éventuel soutien aux troupes de Gadhafi. Sans parler de la campagne menée contre l’Algérie.


Des manipulations qui font partie d'une stratégie bien calculée, car, incapables de légaliser l'occupation du territoire sahraoui, ils pensent que le temps va miner la résistance sahraouie. Dans cette direction, la France a poussé ses homologues européens à renforcer la coopération entre l'UE et le Maroc aboutissant au statut avancé accordé au Maroc.


Mais les intérêts qui guident la politique française et avec lesquels le Maroc a créé ses alliés ont une limite comme l’a prouvé l’attitude de certaines puissances lors de la chute de quelques têtes d'Afrique du Nord suite aux derniers évènements qui ont secoué le monde arabe. Les avantages matériels, souvent illégitimes, dont jouissent la France et d'autres nations pro-marocaines, qui tissent parmi eux une solidarité complice, sont toujours circonstanciels puisque dépendant d’un intérêt caduque. Les mensonges des intéressés durent le temps nécessaire jusqu'à ce qu'ils soient découverts, la vérité est intemporelle et, en lettres majuscules, nous rend libres. Un idéal est un objectif pour lequel se sacrifier jusqu’à sa réalisation, un intérêt injuste ne porte aucune satisfaction morale. La fin est toujours écrite dans une lutte inégale, non pas du point de vue du pouvoir militaire, mais d'un point de vue beaucoup plus profond qui parle avec la vérité de la justice.
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Origines, enjeux et perspectives de paix du conflit du sahara occidental

Denise Sollo
Le Sahara occidental est situé à l’ouest du Maghreb et présente comme voisins frontaliers : Le Maroc au nord ; au nord –est l’Algérie avec qui il partage une courte frontière; et enfin la Mauritanie à l’est, et dans tout le sud. Toute sa frontière ouest donne sur l’atlantique. Sa superficie est de 266000 km². A l’époque de son occupation par l’Espagne en 1884, le territoire du Sahara Occidental est essentiellement occupé de tribus guerrières, maraboutiques et tributaires, organisées et indépendantes entre-elles.
Selon certains auteurs, les différentes expéditions marocaines sur ce territoire n’ont pas conduit à une soumission effective des populations autochtones aux sultans du Maroc. Néanmoins, durant toute la période qui a précédé la colonisation de ce territoire et même pendant celle-ci, il est arrivé que des chefs guerriers en provenance de cette région, reçoivent une aide matérielle massive de la part du sultan du Maroc, pour venir à bout de l’ennemi commun qu’était l’occupant européen. C’est le cas du chef de guerre et marabout Ma El Aïnin, finalement tué par les français au Maroc en 1910.
Cette attitude de certains chefs et notables du Sahara vis-à-vis du sultan du Maroc, a conduit certains à conclure qu’il s’agissait là d’une forme de reconnaissance de la souveraineté du royaume marocain sur le territoire du Sahara Occidental. Pour d’autres, il s’agissait tout simplement d’une demande d’aide à un voisin plus puissant, afin de venir à bout d’un ennemi commun, puisque le Maroc lui-même était menacé par l’occupation française. Finalement, c’est plutôt la France et l’Espagne qui ont finiront par avoir raison des résistances marocaines d’une part, et des actes de rébellions des sahraouis d’autre part. Ceci s’est traduit par la colonisation Espagnole du Sahara en 1884, et la mise sous protectorat du Maroc par la France en 1912.
Les acteurs au conflit, aux lendemains des indépendances :
C’est aux lendemains des indépendances que ce territoire commence à être revendiqué par deux pays : le Maroc et la Mauritanie.
Le Maroc, indépendant depuis 1956 estime que ce territoire faisait partie intégrante du sien bien longtemps avant la venue des européens au Maghreb. La thèse marocaine du “Grand Maroc” était une revendication des territoires considérés par les défendeurs de cette thèse comme étant sous souveraité marocaine avant la colonisation européenne. Ainsi, les territoires à restituer au Maroc étaient: le Sahara espagnol, la Mauritanie, le nord du Mali et une partie de l’ouest algérien ( région de Tindouf).
La Mauritanie, ancienne colonie française, tout en réfutant l’idée de son intégration au grand Maroc, estimait que le territoire du Sahara espagnol devait être intégré au sien à cause des fortes similitudes linguistiques, culturels, et ethniques entre sahraouis et maures.
L’Espagne, puissance colonisatrice, loin d’aller dans le sens d’une décolonisation du Sahara, décida plutôt d’en faire une de ses provinces.
Le conflit qui opposait d’une part l’Espagne et le Maroc, et d’autre part l’Espagne et la Mauritanie, avait comme origine les exigeances marocaine et mauritanienne relatives à la décolonisation du Sahara espagnol, par conséquent au départ de l’Espagne. L’absence d’un front commun “maroco-mauritanien” face à la position espagnole provenait des revendications marocaines relevant de la thèse du grand Maroc. De plus, la guerre entre le Maroc et l’Algérie(qui était restée jusque-là à l’écart du conflit du Sahara Occidental) de 1962 au sujet de leur frontière commune, ne favorisait pas non plus la possibilité de constitution d’un front commun des trois voisins immédiats du Sahara Occidental. Ainsi, malgré les pressions en provenance des Nations Unies dès 1965 visant à pousser l’Espagne à décoloniser ce territoire par l’organisation d’un référendum d’autodétermination, celle-ci continuait de jouer les résistantes en acceptant le principe de l’autodétermination, mais sans véritablement s’activer dans le sens d’un retrait. Ainsi, l’Espagne n’hésitait pas à exploiter la faiblesse d’une absence d’organisation de ses adversaires, en entretenant des discussions bilatérales avec chacune d’elles, tout en essayant de montrer aux Nations Unies que finalement les autochtones préféraient le rattachement à l’Espagne.
Le début du conflit armé
Le début des années 1970 va voir des changements nets s’effectuer dans la région. Les voisins immédiats du Sahara occidental finissent par former un front commun, après le règlement par le Maroc de son litige frontalier avec l’Algérie, ainsi que sa reconnaissance de la souveraineté de la Mauritanie. Ce bloc décide donc de faire pression sur l’Espagne pendant que de l’autre côté, les Nations Unies somment de plus en plus celle-ci d’organiser un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara Occidental. Sur le plan interne, on assiste à une naissance de partis nationalistes au Sahara occidental tels que le Parti de l’Union National Sahraoui (PUNS) soutenu par l’Espagne, Le Mouvement de Renaissance des Hommes Bleus (MOREHOB) soutenu par le Maroc et le Front de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), né le 10 mai 1973 et qui sera soutenu par l’Algérie. Le 20 mai de la même année, le front polisario attaque le poste de police espagnol de el khanga et signifie par ce geste, l’ouverture des hostilités vis-à-vis de l’occupation et pour la fierté nationale. Deux ans plus tard, le Roi du Maroc dirige la grande Marche Verte.
La Marche Verte du 16 octobre 1975 se veut une récupération symbolique et pacifique du territoire du Sahara « marocain » par le Maroc. Cette Marche a à sa tête la personne même du roi Hassan II du Maroc, suivi par une grande foule brandissant le coran et le drapeau marocain; le coran se voulait un symbole pacifique de l’action de récupération, alors que le drapeau traduisait un signe indicateur de l’appartenance de ce territoire au Maroc.
Pour les membres du front polisario, la présence de l’armée marocaine sur le territoire (celle-ci y a précédé les marcheurs) représente une nouvelle occupation étrangère, alors même que l’Espagne n’y a pas encore achevé son retrait. Ses derniers soldats en partiront en janvier 1976, et elle mettra officiellement fin à sa présence sur ce territoire en février 1976. Ceci explique pourquoi les combattants du front polisario allaient prendre les armes une nouvelle fois pour se défaire de cette nouvelle occupation. Dans la même période, plus précisément le 24 novembre 1975, le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne signent à Madrid (Espagne) les accords (tripartites) de Madrid. Ceux-ci voient l’Espagne octroyer à la Mauritanie et au Maroc, l’administration conjointe du territoire du Sahara occidental. Partant du territoire quelques mois après, l’Espagne devait signifier aux Nations Unies sa démission du titre de puissance administrante du Sahara occidental, titre que les Nations Unies n’ont pas eu à octroyer à un autre Etat.
La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) voit le jour au lendemain du départ espagnol du territoire : le 27 février 1976. Cette République constitue en réalité une riposte des tripartites de Madrid, et son avènement coïncide avec le déclenchement des hostilités. Dès cette période, des combats très violents opposent en effet les combattants du Front Polisario aux forces marocaines dans la partie nord du territoire d’une part, et aux forces mauritaniennes dans la partie sud du territoire d’autre part. Pour garantir l’efficacité de son offensive, le Front Polisario reçoit une aide massive de l’Algérie. Cette aide se résume par l’octroie d’un matériel militaire important, de la logistique, de la région de Tindouf comme base arrière et construction de camps de réfugiés, et même de colonnes de soldats algériens. Ainsi, les combattants du front polisario avec l’aide de l’Algérie vont tout d’abord chasser l’armée mauritanienne du Sahara occidental, pour aller ensuite les battre sur leur propre territoire, en s’emparant de certaines régions du nord de la Mauritanie. Cette situation va contraindre la Mauritanie à signer l’accord de paix d’Alger du 05 Août 1979, dans lequel elle renonce à sa revendication du territoire du Sahara Occidental, tout en obtenant du Front polisario, la promesse de ne procéder à aucune revendication sur territoire.
De son côté, le Maroc trouve l’aide nécessaire lui permettant de se soustraire à une défaite devenue presque inéluctable, auprès de pays occidentaux. C’est le cas des Etats-Unis qui vont, dans les années 81-82, fortement accroître leur aide au Maroc. Cette aide se résumera entre autres à une importante livraison du matériel militaire, suite aux accords passés entre le Maroc et les Etats-unis dans le cadre du Consensus statégique occidental au Moyen Orient, et relatif aux déploiements des Forces Spéciales Américaines dans cette région. Entre-temps, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) essaient, par des moyens diplomatiques, de trouver une solution pacifique à ce conflit.
Le plan de paix de l’ONU et les autres propositions.
C’est en 1984 que le Maroc se retire de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) pour protester contre l’admission de la RASD à cette organisation. Entre temps( depuis 1983), l’OUA qui se déploie dans une quête de résolution pacifique de ce conflit, exhorte les parties au conflit à entreprendre des négociations à cet effet. C’est en cela que tient sa résolution AHG/RES. 104 (XIX) du 19ème sommet de l’OUA à Addis Abeba (en Ethiopie).
De son côté, dès décembre 1985, l’assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution 40/50 sur le Sahara, invitant le président en exercice de l’OUA et le secrétaire général de l’ONU à œuvrer en vue d’amener les parties à négocier dans les meilleurs délais et conformément à la résolution de l’ONU (citée plus haut) et à la présente résolution, les conditions d’un cessez-le-feu et les modalités d’organisation d’un référendum au Sahara Occidental. Dès lors, plusieurs missions sont constituées et oeuvrent en effet pour rendre effectives ces deux résolutions de l’OUA et de l’ONU.
En août 1988, le secrétaire général des Nations Unies présente une proposition de paix prévoyant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum, aux représentants du Maroc et du Front polisario, en vertu du mandat conféré par l’assemblée générale dans sa résolution 40/50 de décembre 1985. Les parties donnent leur accord le même mois. En avril 1991, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 690(1991) approuvant la constitution sous son autorité de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Celle-ci comprend trois composantes : Unité civile, Unité de Sécurité, et Unité militaire.
Le cessez-le-feu prévu entre en vigueur en septembre 1991.
Jusqu’à ce jour, seule cette partie du règlement de paix a connu une suite favorable. Le blocage de la deuxième partie étant ce qui a conduit les Nations unies à effectuer de nouvelles propositions : en 2001 et en 2002. A l’origine de ce blocage se situe la question des électeurs : les personnes habilitées à voter. En effet, la proposition de paix effectuée par l’ONU avait retenu comme habilitées à voter, les personnes retenues par le recensement de 1974 effectués par les Espagnols. Or après le dépôt de la liste des électeurs par les Sahraouis, le Maroc déposa une demande de 131000 recours de personnes qui selon lui, devraient également être admises sur la liste des électeurs.
C’est cette situation qui a conduit au blocage du plan de règlement de paix de l’ONU à tel point qu’en 2001, les Nations Unies devaient proposer aux parties au conflit une « troisième voie » appelée accord-cadre, qui octroie une large autonomie au Sahara Occidental tout en le rattachant du Maroc pendant cinq à l’issue desquelles un référendum sera organisé dans le territoire.
Cet accord est appelé troisième voie parce que le référendum comporte l’alternative : l’indépendance, ou le rattachement pur et simple au Maroc. La différence entre ce rattachement pur et simple au Maroc et la troisième voie (qui présente également le rattachement au Maroc) se situe dans la large autonomie octroyée au territoire. Contrairement au plan de règlement qui avait reçu l’accord des parties, cette troisième voie n’a jusqu’ici été entériné que par le Maroc. Il faudrait retenir que le plan de paix de l’OUA-ONU tient lieu de première proposition, alors que la troisième voie tient de deuxième proposition. Cette deuxième proposition n’ayant pas fait l’unanimité entre les parties, il a fallu aux Nations Unies de proposer une troisième solution : la partition du territoire entre les parties. Une partie revenant au Front polisario et conduisant même par-là à son indépendance, tandis que l’autre reviendrait au Maroc, qui pourra en faire sa province du sud. Malheureusement, cette proposition a connu un refus catégorique des principales parties au conflit.
Pour le Maroc, il s’agit là d’une atteinte à son intégrité territoriale, lors que pour le Front polisario, l’indépendance du Sahara Occidental(dans son ensemble) ne saurait se passer d’un référendum d’autodétermination du peuple Sahraoui. Tenant compte de cet autre blocage, le secrétaire général des Nations Unies a proposé aux parties (tout en leur demandant de réfléchir sur ces différentes propositions), un retrait pur et simple de la MINURSO de ce territoire.
Les enjeux du conflit
Le conflit du Sahara Occidental présente de nombreux enjeux. Les plus frappants relèvent du politico-économique.
Les enjeux d’ordre politique varient il est vrai selon le contexte géopolitique du moment. En analysant la fin de la guerre froide, on peut se demander si le conflit du Sahara Occidental tirait son origine de la tension Est-Ouest? Pour cela, nous allons nous servir du cas Namibien comme exemple.
Pendant la guerre froide, la Namibie qui est un territoire à décoloniser continue d’être occupée par l’afrique du sud. La communauté internationale, et les Etats-Unis en tête, tout en appuyant le principe d’autodétermination en Namibie, accordaient leur soutien matériel à l’Afrique du sud. La raison d’une telle attitude: l’Afrique du sud était le garant du capitalisme dans la région, un allié important pour les Etats-Unis face à la montée du communisme dans cette région d’Afrique.
De plus, la SWAPO, mouvement de libération nationale de la Namibie entretenait des relations particulières avec l’Angola marxiste qui la soutenait dans sa lutte. Dans le cas du conflit du Sahara Occidental, la situation qui prévaut dans la région à l’époque de la guerre froide n’est pas très différente de celle que nous venons de voir.
Les Etats-Unis font du Maroc un allié important dans la région du Maghreb. L’Algérie qui soutien le Front polisario est celle du président Boumedienne où les idées révolutionnaires du Front de libération National algérien (FLN), très sensibles sur la question de décolonisation des territoires occupés sont encore très encrées. Il s’agit d’une Algérie fortement socialiste, dont le soutien au front polisario cause le même effet qu’en Namibie. La communauté internationale ( les Etats-Unis en tête), tout en acceptant le principe d’autodétermination continue quand même de soutenir le Maroc dans sa lutte Contrairement à la Namibie qui accède à l’indépendance à la fin de la guerre froide, le conflit du Sahara occidental reste en vigueur et conduit les parties au conflit, ainsi que les acteurs extérieurs au conflit à un repositionnement stratégique relatif aux nouvelles données internationales que sont la globalisation et la lutte contre l’intégrisme islamique. En effet, en plus de l’attrait que le marché maghrebin exerce sur les Etats-Unis et l’europe, cette région a redoublé d’importance, de par sa position stratégique depuis les évènements du onze septembre 2001. Ces évènements ont conduit le monde occidental dans une lutte difficile et longue contre le terrorisme et le fondamentalisme religieux. Un tel combat, exige des alliés sérieux ayant des entrées dans les milieux les plus hostiles et surtout très peu connu. C’est ici qu’on peut comprendre l’avantage qu’une telle situation présente pour le Maroc (vieil allié du monde occidental), dans sa stratégie de récupération du sahara occidental. La reconnaissance de ce territoire comme faisant partie du Maroc par les alliés occidentaux pourrait effectivement ce faire dans le cadre de politiques de compensations. Le Maroc a souvent jouer le rôle de gendarme des intérêts de la France en Afrique, ainsi que celui de temporisateur dans le proche Orient. Autant il est respesté dans le monde arabe, autant il est considéré comme un défenseur respectable des intérêts des palestiniens dans la guerre qui les oppose à Israël. On comprend donc pourquoi le Maroc se présente aujourd’hui pour les occidentaux, comme un allié important face aux doubles fléaux que sont le terrorisme et l’intégrisme. Le soutien apporté par les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne au projet d’accord cadre dit troisième voie, comme solution octroyée par les Nations Unies pour une résolution du conflit, pourrait bien être une des résultantes de cette alliance.
Les enjeux d’ordre économique relèvent des richesses contenues dans le sous-sol du territoire, ainsi que celles contenues au large des côtes et dans les fonds marins. Le territoire est très riche en phosphates découverts en 1947 par l’Espagne, et regorge d’autres minerais tels que : le fer, le titane, le manganèse, et des pierres précieuses. Parmi celles-ci, on peut citer l’uranium, le titanium et le vanadium. Y sont probablement présents, l’antimoine et le cuivre, et bien d’autres. La façade atlantique de ce territoire se présente comme l’une des plus poissonneuses du monde. Concernant le fond marin, il est de plus en plus probable qu’il contient du pétrole. En effet, des compagnies pétrolières y effectuent actuellement de la prospection, sous l’autorisation de l’Etat marocain. Il s’agit des multinationales française et américaine TotalFinaELf et Keer Mc Geer. Ainsi, une intégration du Sahara occidental au Maroc, ferait un grand bien à l’économie Marocaine. Concernant l’Algérie, c’est plutôt l’accession à l’indépendance du Sahara occidental qui l’arrangerait dans la mesure où elle pourra enfin obtenir, en compensation à son soutien inconditionnel du Front Polisario durant le long et épuisant conflit, l’accès à l’océan atlantique tant convoité. Cet accès lui permettrait en effet une exploitaion importante de ses richesses de la région de Tindouf: le fer, le pétrole et le gaz. Côté américain, il est important de gagner le marché marocain par l’établissement d’une zone franche entre les deux pays. Cette attitude s’inscrit dans la politique américaine de conquête du marché africain. Pour l’union européenne, il s’agit surtout de garder les marchés déjà acquis. Le Maghreb, de par sa proximité et ses richesses représente pour l’europe un marché à préserver et à développer. Néanmoins, pour les Etats-Unis comme pour les européens, l’instabilité actuelle du Maghreb directement lié au conflit du Sahara occidental ne permet pas un bon déroulement du commerce. Raison pour laquelle ils sont tous pour un retour à la paix au Sahara.
Finalement, le conflit du Sahara occidental qui, si on part de la perception première de l’ONU et du droit international se veut un conflit de décolonisation, connait aujourd’hui d’autres voies que celle du référendum d’autodétermination à savoir: l’accord cadre, qui prône la large autonomie du territoire; la partition du territoire, une partie revenant au Maroc et l’autre devenant une république sahraouie; et enfin le retrait total de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).La véritable crainte aujourd’hui réside dans le fait que, les parties au conflit n’arrivant pas à se mettre d’accord sur une solution commune, la décision choisie par l’ONU soit rejetée par l’une ou l’autre partie. Crainte parce qu’une telle attitude ne met pas à l’abri d’une reprise des armes. La négociation demeure toutefois la démarche la plus réaliste pour espérer parvenir à une situation de paix dans cette partie de la région du Maghreb.
Notes :
Cf. l’ouvrage de monsieur Maurice barbier, le conflit du Sahara Occidental,
Cf. Rapport du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies comprenant le texte du projet d’accord-cadre : www.arso.org
Paris, Novembre 2003. Source, www.irenees.net

Source : Bring Us Together, 27 août 2011
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Eric Denécé, expert français en renseignement «La révolution libyenne : 90 % de fabrication étrangère»

Eric Denécé occupe, entre autres, la fonction de directeur du Centre français de recherche sur le renseignement. Il a fait partie de la délégation qui s’est rendue il y a quelques semaines en Libye pour s’enquérir de la situation sur le terrain. Selon une biographie en ligne sur le Net, il est l’auteur de pas moins de «150 articles, une trentaine de travaux de recherche et quinze ouvrages consacrés au renseignement, à l’intelligence économique, au terrorisme et aux opérations spéciales. Ses travaux lui ont valu d’être lauréat du Prix 1996 de la Fondation pour les études de défense (FED) et du prix Akropolis 2009 (Institut des hautes études de sécurité intérieure)». Coauteur d’un rapport(*) qui fera date dans les annales car portant sur le conflit en Libye et les non-dits sur l’entreprise de renversement du régime de Kadhafi par la coalition, il nous a accordé cet entretien pour expliquer à l’opinion publique algérienne comment la révolution libyenne «est à 90 %» le film de l’ingérence étrangère.

Le Jeune Indépendant : L’OTAN a-t-elle dépassé, dans son action en Libye, le contenu de la résolution onusienne 1973 ?

Eric Dénécé : Dès les premières semaines, l’OTAN est totalement sortie de l’esprit de la résolution 1973. On a rapidement basculé vers une intervention visant à renverser Kadhafi de la part des pays des puissances occidentales et des pays du Golfe, le Qatar notamment. Empêcher la répression exercée par le régime libyen a été le prétexte car Mouammar Kadhafi, tout dictateur qu’il est, n’a jamais jusqu’alors, procédé à des massacres de masse contre son peuple.

Qu’est ce qui explique l’engagement aussi acharné du Qatar dans cette crise ?

Les monarchies du Moyen-Orient nourrissent quelques vieilles rancunes à l’égard du guide libyen. Il faut se rappeler les nombreuses railleries publiques du colonel qui a même insulté le roi d’Arabie saoudite avec son lot d’humiliation… En ce qui concerne le Qatar, c’est ce pays qui a payé la rançon pour la libération des infirmières bulgares dans sa diligence à soutenir le couple Sarkozy dans le règlement médiatique de cette affaire des infirmières condamnées à de lourdes peines par la justice libyenne. Le Qatar a voulu par la suite récupérer son argent en proposant à Tripoli de cartelliser l’exploitation du gaz de Libye dans un marché où il prendrait des parts. Kadhafi a refusé.

Le Qatar prend aujourd’hui activement sa revanche. Par ailleurs, sur le plan sécuritaire, les pays du Golfe n’ignorent pas que les djihadistes de nationalité libyenne, formés en Afghanistan, ont démontré leur forte implication dans la nébuleuse El-Qaïda en Irak, en perpétrant nombre d’attentats contre les forces américaines, mais aussi dans différents pays arabes. Des islamistes chassés de Libye par Kadhafi en 1996 se sont répandus dans tout le Moyen-Orient comme le signifie le journal français Libération d’aujourd’hui (édition du vendredi 26 Août- NDLR). La déstabilisation de la Libye a permis de renvoyer ces terroristes se battre dans leur pays d’origine puisque des islamiste du GICL, le Groupe islamique de combat libyen, ont manifestement participé à l’assaut de Tripoli ces derniers jours.

Y a-t-il une activité parallèle de troupes étrangères au sol en Libye ces derniers jours ? On parle de commandos de ressortissants franco-libyens entraînés en France depuis quelques mois…

La prise de Tripoli n’aurait pas pu se faire sans l’intervention de troupes étrangères. Quelques dizaines d’hommes d’élite, relevant des armées de la coalition. Pas plus de Français que les autres nationalités, pas moins non plus. Mais cela m’étonnerait qu’il y ait des commandos de franco-libyens, je n’ai pas d’information précise sur cet aspect. Par contre, il est évident qu’on assiste à la victoire des pays belligérants qui mènent une guerre au nom de l’OTAN et qui n’est pas du tout celle du peuple libyen comme la propagande veut le faire croire. Le CNT représente à peine l’Est de la Libye, la Cyrénaïque, pendant que les tribus de l’Ouest sont restées sans soutenir Kadhafi mais sans prendre les armes contre le régime. Elles ont reçu de l’argent et demeurent dans l’expectative. Nous assistons à une révolution libyenne à 90 % de fabrication étrangère.

L’absence de classe politique à proprement dit en Libye, après 40 ans d’un système monolithique, n’impose-t-elle pas une mise sous tutelle du pays pour une transition démocratique ?

Oui, le passage autonome à la démocratie semble impossible. Aucune tradition politique moderne en Libye. Seules des structures tribales qui ont, certes, fonctionné mais qui ne promettent pas l’instauration d’une démocratie au sens actuel du terme. Il faudra forcément une mise sous tutelle, comme vous dites, de la Libye par l’ONU, et l’envoi de casques bleus pour tenter de ramener le pays vers des élections, sinon ce sera probablement l’implosion. Par contre, il faut reconnaître un élément favorable, c’est le niveau d’éducation relativement remarquable en Libye, dont celui de la femme qui dépasse globalement celui des femmes des autres pays de la région.

Il existe donc des risques de partition et de guerre civile en Libye ? A ce propos, que pensez-vous de la position de l’Algérie par rapport à cette crise ? Qu’en est-il de la position de l’UA qui consistait à rendre au peuple libyen l’initiative… ?

D’abord on peut craindre en effet la partition ou l’éclatement, c’est un risque qui persiste bien entendu compte tenu du chaos actuel. Mais il y a aussi un risque de pourrissement régional avec une recrudescence du terrorisme au profit d’AQMI qui était en perte de vitesse ces derniers mois mais qui peut profiter de la situation pour se doper et rebondir.

Une aubaine que le terrorisme international saisira et profitera à tous ceux qui ambitionnent de déstabiliser les pays de la région dont l’Algérie. Je ne suis pas spécialisé dans la géopolitique concernant l’Afrique du Nord, je ne me suis jamais rendu en Algérie, cependant j’ai constaté, lors de mon voyage récent en Libye, que des attaques excessives par rapport à la réalité ont été menées par le CNT, par voie de déclarations hostiles, contre l’Algérie. Je n’en connais pas les motivations mais je sais que le CNT n’a pas apporté la preuve des griefs qu’il a retenus contre Alger.

Après la Libye, doit-on s’attendre à un prochain ?

Franchement, je ne le pense pas. L’intervention militaire coûte très cher et pour se faire rembourser cela prend un peu de temps quand-même ! L’Occident vit une crise économique sévère. Et puis, le cas de la Syrie est différent… la Russie et la Chine sont contre toute intervention en Syrie.

Justement comment expliquez-vous la timide réaction de la Chine pourtant bien implantée en Afrique désormais ?

C’est le propre de la position chinoise que de ne pas s’ingérer politiquement.

Prudence sur un continent dont elle ne maîtrise pas encore toutes les données. La Chine veille à ses intérêts : énergie et terres arables.

(*) Voir encadré 

Un rapport contre la propagande
Ce sont le Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme, le CIREV-AVT, et le Centre français sur le renseignement, CF2R, soutenus par le Forum pour la paix en Méditerranée, qui ont publié un rapport en mai dernier suite à une mission d’évaluation auprès des belligérants libyens effectuée par une délégation entre le 31 mars et le 25 avril 2011. Ledit rapport intitulé «Libye, un avenir incertain» signale dans son préambule : «La délégation, vu sa composition, a bénéficié d’une expertise approfondie dans l’analyse et le décryptage des situations de crise et de la désinformation. Tout au long de sa mission, dans un conflit plus médiatique que proprement militaire, elle est restée particulièrement vigilante aux risques de manipulation de la part de ses interlocuteurs. Elle a, bien entendu, décidé de se tenir à distance des contempteurs de la rébellion comme des thuriféraires du régime de Tripoli.» On y découvre une analyse immanente dans une écriture immédiate de l’histoire avec cet énoncé qui résume assez bien l’esprit des conclusions finales du rapport à la rigueur scientifique : «L’intervention occidentale
est en train de créer plus de problèmes qu’elle n’en résout. Elle risque fort de déstabiliser toute l’Afrique du Nord, le Sahel et le Proche-Orient et de favoriser l’émergence d’un nouveau foyer d’islam radical, voire de terrorisme, en Cyrénaïque. La coalition parviendra peut-être à éliminer le guide libyen. Mais l’Occident doit prendre garde qu’il ne soit pas remplacé par un régime plus radical et tout aussi peu démocratique.» (lire le rapport intégral sur www.cf2r.org).
Le Jeune Indépendant, 27/08/2011
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Les opérations de maintien de la paix de l'ONU


et les abréviations (au 31/01/2007)
Première publication : 12 décembre 2000, mise en ligne: dimanche 8 avril 2007



Nombre d’opérations de maintien de la paix de l’ONU entre 1948 et le 31 janvier 2007 : 61 Nombre d’opérations en cours au 31 janvier 2007 : 15


 ONUST (Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve) ou UNTSO (United Nations Truce Supervision Organization) : juin1948 à aujourd’hui
 
GOMNUIP (Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan) ou UNMOGIP (United Nations Military Observer Group in India and Pakistan) : janvier 1949 à aujourd’hui
 FUNU I (Première Force d’urgence des Nations Unies) ou UNEF I (First United Nations Emergency Force) : novembre 1956 à juin 1967
 GONUL (Groupe d’observateurs des Nations Unies au Liban) ou UNOGIL (United Nations Observation Group in Lebanon) : juin à décembre 1958
 ONUC (Opération des Nations Unies au Congo) ou United Nations Operation in the Congo : juillet 1960 à juin 1964
 FSNU (Force de sécurité des Nations Unies en Nouvelle-Guinée occidentale) ou UNSF (United Nations Security Force in Western New Guinea) : octobre 1962 à avril 1963
 MONUY (Mission d’observation des Nations Unies au Yémen) ou UNYOM (United Nations Yemen Observation Mission) : juillet 1963 à septembre 1964
 UNFICYP (Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre ou United Nations Peace-keeping Force in Cyprus) : mars 1964 à aujourd’hui
 DOMREP (Mission du Représentant du Secrétaire général en République dominicaine ou Mission of the Representative of the Secretary-General in the Dominican Republic) : septembre 1965 à octobre 1966
 UNIPOM (Mission d’observation des Nations Unies pour l’Inde et le Pakistan ou United Nations India-Pakistan Observation Mission) : septembre 1965 à mars 1966
 FUNU II (Seconde Force d’urgence des Nations Unies) ou UNEF II (Second United Nations Emergency Force) : octobre 1973 à juillet 1979
 FNUOD (Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement) ou UNDOF (United Nations Disengagement Observer Force) : juin 1974 à aujourd’hui
 FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) ou UNIFIL (United Nations Interim Force in Lebanon) : mars 1978 à aujourd’hui
 UNGOMAP (Mission de bons offices des Nations Unies en Afghanistan et au Pakistan ou United Nations Good Offices Mission in Afghanistan and Pakistan) : avril 1988 à mars 1990
 GOMNUII (Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies pour l’Iran et l’Irak) ou UNIIMOG (United Nations Iran-Iraq Military Observer Group) : août 1988 à février 1991
 UNAVEM I (Première mission de vérification des Nations Unies en Angola ou First United Nations Angola Verification Mission) : janvier 1989 à juin 1991
 GANUPT (Groupe d’assistance des Nations Unies pour la période de transition) ou UNTAG (United Nations Transition Assistance Group) : avril 1989 à mars 1990
 ONUCA (Groupe d’observateurs des Nations Unies en Amérique centrale ou United Nations Observer Group in Central America) : novembre 1989 à janvier 1992
 MONUIK (Mission d’observation des Nations Unies pour l’Irak et le Koweït) ou UNIKOM (United Nations Iraq-Kuweit Observation Mission) : avril 1991 à aujourd’hui
 UNAVEM II (Seconde mission de vérification des Nations Unies en Angola ou Second United Nations Angola Verification Mission) : juin 1991 à février 1995
 ONUSAL (Mission d’observation des Nations Unies en El Salvador ou United Nations Observer Mission in El Salavador) : juillet 1991 à avril 1995
 MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental ou United Nations Mission for the refendum in Western Sahara) : septembre 1991 à aujourd’hui
 MIPRENUC (Mission préparatoire des Nations Unies au Cambodge) ou UNAMIC (United Nations Advance Mission in Cambodia) : octobre 1991 à mars 1992
 FORPRONU (Force de protection des Nations Unies) ou UNPROFOR (United Nations Protection Force) : mars 1992 à décembre 1995
 APRONUC (Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge) ou UNTAC (United Nations Transitional Authority in Cambodia) : mars 1992 à novembre 1993, prolongé par le DMLNU (Détachement militaire de liaison des Nations Unies) ou UNMLT (United Nations Military Liaison Team) jusqu’en mai 1994
 ONUSOM I (Première opération des Nations Unies en Somalie) ou UNOSOM I (First United Nations Operation in Somalia) : avril 1992 à avril 1993
 ONUMOZ (Opération des Nations Unies au Mozambique ou United Nations Operation in Mozambique) : décembre 1992 à décembre 1994
 ONUSOM II (Seconde opération des Nations Unies en Somalie) ou UNOSOM II (Second United Nations Operation in Somalia) : avril 1993 à mars 1995
 MONUOR (Mission d’observation des Nations Unies Ouganda - Rwanda) ou UNOMUR (United Nations Observer Mission Uganda - Rwanda) : juin à octobre 1993
 MONUG (Mission d’observation des Nations Unies en Géorgie) ou UNOMIG (United Nations Observer Mission in Georgia) : août 1993 à aujourd’hui
 MONUL (Mission d’observation des Nations Unies au Libéria) ou UNOMIL (United Nations Observer Mission in Liberia) : septembre 1993 à septembre 1997
 MINUHA (Mission des Nations Unies en Haïti) ou UNMIH (United Nations Mission in Haiti) : septembre 1993 à juin 1996
 MINUAR (Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda) ou UNAMIR (United Nations Assistance Mission for Rwanda) : octobre 1993 à mars 1996
 GONUBA (Groupe d’observateurs des Nations Unies dans la bande d’Aouzou) ou UNASOG (United Nations Aouzou Strip Observer Group) : mai à juin 1994
 MONUT (Mission d’observation des Nations Unies au Tadjikistan) ou UNMOT (United Nations Mission of Observers in Tajikistan) : décembre 1994 à mai 2000
 UNAVEM III (Troisième mission de vérification des Nations Unies en Angola ou Third United Nations Angola Verification Mission) : février 1995 à juin 1997
 ONURC (Opération des Nations Unies pour le rétablissement de la confiance en Croatie) ou UNCRO (United Nations Confidence Restoration Operation in Croatia) : mars 1995 à janvier 1996
 FORPAINU (Forces de paix des Nations Unies) ou UNPF (United Nations Peace Forces) : mars 1995 à janvier 1996
 FORDEPRENU (Force de déploiement préventif des Nations Unies) ou UNPREDEP (United Nations Preventive Deployment Force) : mars 1995 à mars 1999
 MINUBH (Mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine) à UNMIBH (United Nations Mission in Bosnia and Herzegovina) : décembre 1995 à décembre 2002
 ATNUSO (Administration transitoire des Nations Unies pour la Slavonie orientale, la Baranja et le Srem occidental) ou UNTAES ( United Nations Transitional Administration for Eastern Slavonia, Baranja and Western Sirmium) : janvier 1996 à avril 1997
 MONUP (Mission d’observation des Nations Unies à Prevlaka) ou UNMOP (United Nations Mission of Observers in Prevlaka) : janvier 1996 à décembre 2002
 MANUH (Mission d’assistance des Nations Unies en Haïti) ou UNSMIH (United Nations Support Mission in Haiti) : juillet 1996 à juillet 1997
 MONUA (Mission d’observation des Nations Unies en Angola ou United Nations Observer Mission in Angola) : juillet 1997 à février 1999
 MITNUH (Mission de transition des Nations Unies en Haïti ou United Nations Transitional Mission in Haiti) : août à novembre 1997
 MIPONUH (Mission de police civile des Nations Unies en Haïti ou United Nations Civilian Police Mission in Haiti) : novembre 1997 à mars 2000
 UNPSG (United Nations Civilian Police Support Group) : janvier à octobre 1998
 MINURCA (Mission des Nations Unies en République Centrafricaine) : mars 1998 à février 2000
 MONUSIL (Mission d’observation des Nations Unies en Sierra Leone) ou UNOMSIL (United Nations Observer Mossion in Sierra Leone) : juillet 1998 à octobre 1999
 MINUK (Mission d’administration intériamire des Nations Unies au Kosovo) ou UNMIK (United Nations Mission in Kosovo) : juin 1999 à aujourd’hui
 MINUSIL (Mission des Nations Unies en Sierra Leone) ou UNAMSIL (United Nations Mission in Sierra Leone) : octobre 1999 à décembre 2005
 ATNUTO (Autorité provisoire des Nations Unies au Timor Oriental) ou UNTAET (United Nations Transitional Administration in East Timor) : octobre 1999 à mai 2002
 MONUC (Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo ou United Nations Mission in Democratic Republic of the Congo) : décembre 1999 à aujourd’hui
 MINUEE (Mission des Nations Unies en Ethiopie et en Erythrée) ou UNMEE (United Nations Mission in Ethiopia and Eritrea) : juillet 2000 à aujourd’hui
 MANUTO (Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental) ou UNMISET (United Nations Mission of support in East Timor) : mai 2002 à mai 2005
 MINUL (Mission des Nations Unies au Liberia) ou UNMIL (United Nations Mission in Liberia) : septembre 2003 à aujourd’hui
 ONUCI (Opération des Nations Unies en Cote d’Ivoire) : avril 2004 à aujourd’hui
 ONUB (Opération des Nations Unies au Burundi) ou UNOB (United Nations Operation in Burundi) : juin 2004 à décembre 2006
 MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti) : juin 2004 à aujourd’hui
 MINUS (Mission des Nations Unies au Soudan) ou UNMIS (United Nations Mission in Sudan) : mars 2005 à aujourd’hui
 MINUT (Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste) ou UNMIT (United Nations Integrated Mission in Timor Leste) : août 2006 à aujourd’hui
 MINUN (Mission des Nations Unies au Népal) ou UNMIN (United Nations Mission in Nepal) : janvier 2007 à aujourd’hui

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Les futurs membres de la FIFA

Les futurs membres de la FIFA (Article n°1)

A chaque époque, des territoires ont voulus devenir membres de la FIFA. Parfois indépendants, parfois autonomes ou parfois rien, retour sur ceux qui veulent rentrer à la FIFA de nos jours. Farfelues ou non, leur adhésion invite au débat. Les conditions sont: une compétition nationale, un affiliation à une confédération pendant deux ans (sauf indications de la FIFA), une indépendance ou autonomie totale, un stade aux normes FIFA et l’approbation du comité exécutif de la FIFA. Petit tour du monde en quelques fédérations et en plusieurs articles. Aujourd’hui, les sélections que la FIFA souhaite accueillir les bras grands ouverts.


La FIFA n’attend que leur feu vert, merci l’indépendance!

Dans ce groupe se trouvent les sélections que la FIFA acceptera sans fautes pour diverses raisons. Monaco par exemple est indépendant et possède un championnat. Tout pourrait les amener à rentrer à l’UEFA et à la FIFA. Les conditions sont toutes réunies (on voit mal la FIFA refuser l’adhésion d’un état aussi riche que Monaco) et l’organisme mondial du football est même prêt à accepter Monaco sans leur imposer une adhésion de deux ans à la FIFA. Un privilège! Mais à Monaco cette adhésion a fait grincer des dents. Du côté du club de l’AS Monaco, on a pris peur. La sélection pourrait, selon eux, détourner les supporters du club vers cette sélection. Déjà que le stade se remplit peu... Ils ont donc cherché à bloquer l’affaire et à l’époque, le Palais a cédé devant l’insistance des plus hauts dirigeants du club, club que dirige le Palais pourtant... Le dossier est donc en attente mais la fédération Monégasque veut retenter le coup prochainement... La FIFA n’attend que le dossier...

Autre dossier, plus farfelu, où la FIFA est prête à valider: celui du Vatican. Aussi loufoque soit-il, au début des années 2000, le Vatican a pensé à une adhésion à la FIFA et à un club en Série A. Si les conditions du stade et de la compétition nationale posaient soucis à l’époque, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Un championnat est né (Clericus Cup) et un stade est aux normes. Mais dans la cité papale, l’adhésion n’est plus à l’ordre du jour, jugée trop farfelue...
En Océanie, plusieurs nations indépendantes sont proches de la FIFA. 

Tuvalu n’est pas membre mais fut autorisé à participer aux éliminatoires de la Coupe du Monde 2010. Son président de fédération et celui de la république de Tuvalu se sont rendus récemment à la FIFA et ont visités les locaux. Un premier pas vers une adhésion très proche. De plus, Tuvalu est déjà membre provisoire de l’OFC.

Du côté de la Micronésie, une adhésion est en cours et facilitée par le fait que cet état soit membre associé de la FIFA. Pour la fédération des états fédérés de Micronésie, il y a de grandes chances de présenter une sélection pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2010. Tout comme Tuvalu, la Micronésie est déjà membre provisoire de l’OFC.

Du côté de Nauru, le problème est tout autre. L’adhésion ne peut se faire car l’île ne possède pas de stade aux normes. La FIFAa proposé un programme à la fédération et au gouvernement afin de le mettre aux normes. Mais depuis, rien n’a bougé.
Pour Palaos, il ne manque plus que la demande d’adhésion. Tout est en place sauf les deux ans d’affiliation provisoire à l’OFC mais comme la fédération est membre de l’EAAF (Est Asian Football Federation), la FIFA est prête à oublier cette condition. Mais étrangement, du côté de Palaos, une adhésion n’est pas à l’ordre du jour. Même chose du côté des Îles Marshall.

Pourquoi ces sélections ont-elles les faveurs de la FIFA? Ce sont tout simplement des nations indépendantes. Les seuls états souverains (et donc reconnus par l’ONU) qui n’ont pas de sélections sont ceux cités au dessus. Voilà pourquoi la FIFA accepterait toute demande d’adhésion de leur part (sauf Nauru à cause du stade).Sur le prochain article, je souhaite détailler les adhésions qui ont été refusées ces dernières années mais étudiées en profondeur par la FIFA. On regardera les diverses raisons et l’avenir pour ces fédérations.

Les futurs membres de la FIFA (Article n°2)


A chaque époque, des territoires ont voulus devenir membres de la FIFA. Parfois indépendants, parfois autonomes ou parfois rien, retour sur ceux qui veulent rentrer à la FIFA de nos jours. Farfelues ou non, leur adhésion invite au débat. Les conditions sont: une compétition nationale, un affiliation à une confédération pendant deux ans (sauf indications de la FIFA), une indépendance ou autonomie totale, un stade aux normes FIFA et l’approbation du comité exécutif de la FIFA. Petit tour du monde en quelques fédérations et en plusieurs articles. Aujourd’hui, le second article de cette série traite des sélections et fédérations qui ont fait une candidature mais qui se sont vu refuser l’entrée à la FIFA.

En Europe, l’exemple le plus connu (et le plus récent) est Gibraltar. Pourtant toutes les conditions sont réunies: un championnat de bon niveau, un terrain et un stade au dessus des normes demandées, une autonomie totale et la FIFA qui accepte le dossier. Il ne reste qu’à voter et à tester Gibraltar en les affiliant à l’UEFA pendant deux ans. Si tout se passe bien, Gibraltar sera en lice pour la Coupe du Monde 2014. Mais voilà... L’UEFA n’accepte pas Gibraltar. Le petit territoire autonome chute lors des votes du comité exécutif de l’UEFA. Pourquoi alors que la FIFA était prête à s’engager? La raison a un nom: l’Espagne. En effet, le gouvernement Espagnol ne reconnaît pas la souveraineté du Royaume-Uni sur la cité Andalouse. Pour les Espagnols, Gibraltar est Espagnole... Malgré des améliorations à la frontière ces dernières années, le sujet reste sensible entre Espagne et Royaume-Uni. Pour la fédération d’Espagne, la demande d’adhésion à l’UEFA (et à la FIFA) est de trop. Les dirigeants Ibériques font campagne contre Gibraltar. Le Royaume-Uni, bien que soutien de la candidature, ne bouge pas le petit doigt. Au final, l’Espagne remporte cette «campagne d’adhésion». Et le sujet est toujours en discussion à l’UEFA. Pendant ce temps-là à Gibraltar, la patience est de mise...

L’Espagne a refusé une autre adhésion: celle de la Catalogne! Ces derniers n’ont pas demandé d’adhésion à la FIFA mais ont d’abord voulu passer le stade de celle à l’UEFA. Ce fut un refus net et précis avec très peu de soutien... Pour plaider leur cause, les Catalans ont donné l’exemple du Royaume-Uni divisé en plusieurs fédérations: Irlande du Nord, Ecosse, Pays de Galles et Angleterre. Mais ceci n’a servi à rien et la Catalogne a abandonné son projet.

Mais ces derniers ont tout simplement copiés la Galice, qui elle avait postulée directement à la FIFA dans les années 80. Refus total là aussi avec pour principal adversaire les Espagnols. Ce sont eux les premiers qui ont cités le Royaume-Uni ou même les Iles Féroé en exemple. Sans effet...

Dernièrement, une autre sélection Européenne s’est vu refuser l’adhésion à la FIFA: le Kosovo. Là aussi les conditions sont réunies avec un championnat de bon niveau et des stades aux normes. Mais là, pas de vote du comité exécutif de l’UEFA. C’est la Fédération Internationale elle-même qui a tranchée. L’ONU ne reconnaît pas le Kosovo, alors la FIFA non plus! Le Kosovo a en effet été rejeté lors de son entrée à l’ONU à cause du droit de veto des Russes et des Chinois, alliés de la Serbie qui elle non plus ne reconnaît pas le Kosovo. Si toute l’Europe Occidentale et les Etats-Unis reconnaissent l’indépendance de l’état de l’ex-Yougoslavie, le droit de veto de leurs partenaires leur impose la décision. Le salut Kosovar passe donc par l’ONU qui a envoyé un émissaire sur place afin de régler le problème de l’indépendance ou non...

Restons en Europe du Sud pour étudier le problème de Chypre du Nord. Occupée par la Turquie qui lui a donnée un statut de pays indépendant, la Chypre du Nord n’est pas reconnue par l’ONU qui considère l’île Chypriote comme un seul et même état. En 1955, la décision de créer une fédération de Chypre du Nord a pour conséquence d’affaiblir le championnat Chypriote (de l’île entière) puisque les clubs du Nord rejoignent la fédération du Nord et les clubs du Sud restent dans le giron de la fédération de base. Seuls l’Anorthosis Famagouste et le Nea Salamina Famagouste font exception en restant dans la fédération de Chypre, alors que la ville de Famagouste est en Chypre du Nord. Mais les deux clubs vont s’exiler en Chypre du Sud tout en gardant leur nom d’origine. 

Les Turcs poussent la fédération de Chypre du Nord à postuler à la FIFA, qui refuse la candidature. Le secrétaire général de l’époque, Helmut Käser, accepte tout de même que les sélections reconnues par la FIFA affrontent celle de Chypre du Nord. Aujourd’hui, malgré l’insistance des Nord-Chypriote, Sepp Blatter et la FIFA sont contre cette adhésion. Mais politiquement, les habitants commencent à pousser pour un état qui regrouperait les deux nations actuelles: Chypre et Chypre du Nord. Cela pourrait régler le souci de l’adhésion de Chypre du Nord...

Un état entre Europe et Amérique a un avenir plus serein. C’est le Groenland. Lors de leur première candidature à la FIFA, cette dernière a refusé pour plusieurs raisons: pas de terrain en synthétique ou en herbe et une autonomie seulement partielle vis-à-vis du Danemark. Mais depuis, la situation a évoluée. Récemment, un référendum a été organisé au Groenland. Les habitants devaient se prononcer pour ou contre une autonomie totale. Le «pour» l’a emporté. On parle même là-bas et au Danemark (malgré des réticents) d’une future indépendance. Quant au stade, il fut inauguré cet été pour la finale du championnat national. La FIFA n’attend plus que la candidature du Groenland mais celle-ci est en pleine préparation à cause d’un souci non réglé: CONCACAF ou UEFA? En effet, historiquement et géographiquement, le Groenland est Américain. Politiquement il est Européen. Lorsque ce détail sera réglé (il divise la fédération du Groenland en deux groupes de partisans), l’adhésion sera toute proche. Objectif 2018!

En Océanie, Kiribati s’était vu refuser après la seconde guerre mondiale une adhésion. En effet, l’indépendance n’était pas encore de mise. Depuis 1999, c’est le cas et toutes les conditions sont réunies pour une adhésion. Mais rien n’a encore été proposé...

En Afrique, le Sahara Occidental avait tenté sa chance. Territoire Marocain aujourd’hui (bien que le gouvernement n’est aucune prise sur le Sahara Occidental et que ces derniers possèdent gouvernement et armée), c’est selon l’ONU un état à décoloniser et ne le reconnaît donc pas comme indépendant. Une autonomie est proposée par l’état Marocain mais refusée par les Sahraouis qui insistent sur l’indépendance. Voyant que certains états comme Tahiti furent acceptés par la FIFA, la fédération locale a tentée sa chance. Le refus de la FIFA tient au fait que le Sahara Occidental n’est pas reconnu par l’ONU ni reconnu autonome par le pays auquel il appartient (en l’occurrence le Maroc).

Les causes sont donc souvent (voire toujours) politiques. Seul le Groenland et Kiribati aujourd’hui peuvent avoir un espoir d’adhésion. Pour les autres, il faudra soit régler une situation politique auprès de l’ONU ou au sein de son propre pays, soit abandonner totalement, ce que Catalogne et Galice ont déjà fait. Mais dans les années à venir, si les conflits venaient à s’arranger ce pourrait être cinq sélections nouvelles dans la FIFA (Groenland, Kiribati, Gibraltar, Sahara Occidental et Kosovo en considérant que Chypre du Nord et du Sud bâtissent une unique nation) parmi celles qui ont déjà postulée.

Sur le prochain article, il sera question des fédérations qui pensent à une adhésion à la FIFA et dont ce sera la première demande. On regardera si le dossier et crédible et s’il a une chance d’aboutir.



SportVox
, 19/08/2011
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Mohamed Abdelaziz appelle à l'élargissement des prérogatives de la Minurso

Le président sahraoui appelle l'ONU à « intervenir d'urgence » pour protéger les civils sahraouis de la répression marocaine ainsi que l'élargissement des prérogatives de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (Minurso) à la protection et à la surveillance des droits de l'Homme au Sahara Occidental. Le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, a appelé le Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, à « intervenir d'urgence » pour protéger les civils sahraouis et prendre les « sanctions » qui s'imposent à l'encontre du gouvernement marocain pour qu'il cesse ses « violations flagrantes » des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés, rapporte samedi l'agence de presse sahraouie (SPS). Dans un message adressé au Secrétaire général de l'ONU, le président sahraoui a exprimé sa conviction que ces développements graves dictent l'urgence de trouver un mécanisme onusien qui garantit la sécurité et les droits des Sahraouis dans les territoires occupés à travers l'élargissement des prérogatives de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (Minurso) à la protection et à la surveillance des droits de l'Homme au Sahara Occidental. Le président Abdelaziz a mis en garde contre l'escalade menée par les autorités marocaines face à la résistance dans les territoires sahraouis occupés, rappelant ce qui s'est passé dans la ville d’ El- Ayoun lundi et jeudi derniers où 8 blessés parmi les citoyens ont été enregistrés. Le président sahraoui a indiqué que les forces d'occupation marocaines avaient lancé, dans le cadre d'une escalade dangereuse, une campagne répressive générale dans les rues et quartiers de la capitale sahraouie occupée de la Rasd après avoir interdit des manifestations que des citoyens sahraouis pacifiques avaient décidé d'organiser tous les lundi et jeudi après la prière des tarawihs devant le siège de la délégation du ministère marocain de l'énergie et des Mines. Des civils innocents et pacifiques portant des revendications légitimes font l'objet « de toutes sortes de répression et d'intimidation par les forces marocaines », souligne Mohamed Abdelaziz dans son message. Le président sahraoui a, dans ce contexte, déploré le fait que les citoyens sahraouis sont réprimés dans un territoire qui est encore sous l'égide des Nations unies à travers la présence des membres de la Minurso", qualifiant cet acte d'illégal et immoral. Un acte, a-t-il dit, qui rappelle le climat de peur qui a suivi l'attaque perpétrée par les forces marocaines le 8 novembre 2010 contre le camp sahraoui de Gdeim Izik. Ces pratiques visent non seulement à créer un climat de peur et de terreur chez les citoyens sahraouis mais aussi à confisquer leur liberté d'expression et leur droit à l'organisation de manifestations pacifiques pour revendiquer leurs droits et refuser les politiques de pillage de leurs ressources, indique le président sahraoui, rappelant que ceci est une violation flagrante des chartes et conventions internationales y afférentes. Le président sahraoui a souligné que la cessation de ce genre de pratiques et de violations aboutira immanquablement à une solution juste au conflit du Sahara Occidental à travers le respect total de la volonté du peuple et l'organisation d'un référendum libre, transparent et régulier d'autodétermination. Il a enfin appelé à mettre la lumière sur le sort des 651 Sahraouis disparus et à éliminer le mur de séparation, le qualifiant de crime contre l'humanité.
Farid Houali 
Le Courrier d'Algérie, 15/08/2011
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«La suggestion du roi Mohammed VI d’ouvrir la frontière émane de l’état-major de l’armée»

En 1975, trois cent mille Marocains, un Coran et un drapeau à la main, ont été mobilisés pour une marche teinte en vert et planifiée par Hassan II. Opération d’envergure qui avait pour but de réussir à faire passer le message que le Sahara occidental, libéré des Espagnols, devenait par la force marocain. Le Sahara occidental considéré comme un territoire non-autonome par les Nations unies, la problématique coloniale butte entre les avis des partisans de l’expansionnisme marocain et ceux, comme l’Algérie, affiliés à l’autonomie d’un peuple torturé par un frère ennemi. Concernant les sévices et les tortures, des ONG, des pays et des hommes politiques des quatre coins de la planète interpellent souvent les instances onusiennes sur l’escalade dangereuse des violations des droits de l’homme des Sahraouis par le Maroc.

Au mois de juillet dernier, le président sahraoui a adressé une lettre à Ban Ki-moon où il expose ses craintes suite à ses dépassements de droit. Pour le président sahraoui, l’intervention des instances internationales est urgente dans la mesure où elle sauvera des vies de Sahraouis. Une demande de renforcement des mécanismes de la Minurso (mission de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental), et ce «pour garantir la protection des civils sahraouis de la répression sauvage des forces d’occupation marocaines», a été formulée. Le Haut-commissariat des droits de l’homme de l’ONU avait confirmé que les droits de l’homme étaient piétinés dans les territoires occupés du Sahara Occidental. 

Mais jamais le Rapport de la délégation du Commissariat de l’ONU n’a été publié, encore moins la mise en œuvre des recommandations prévoyant l’élargissement du mandat de la Minurso afin de surveiller la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. Pis encore, la réponse du régime marocain était l’intervention sanglante de la police et forces auxiliaires… Dans l’entretien qui suit, Khadija Mohsen-Finan, enseignante et chercheur à l’Institut d’études politiques de l’université Paris VIII, revient sur ce conflit et ses répercussions dans la région.

Le jeune Indépendant : Vous avez travaillé sur le Sahara occidental. Pourquoi, selon vous, les changements intervenus au Maghreb durant l’année 1999, avec l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’Etat algérien, la brusque disparition de Hassan II et la disgrâce du ministre marocain de l’Intérieur qui avait la haute main sur le dossier du Sahara, ne se sont pas répercutés positivement sur le conflit ?

Khadija Mohsen-Finan : De nombreux observateurs s’attendaient à des changements importants au niveau de l’évolution du conflit du Sahara. Pour eux, le changement de personnel politique ne pouvait qu’avoir des effets sur ce conflit. Le maintien du conflit dans sa configuration initiale montre qu’il ne s’agit pas là d’un problème de personne mais bien de système politique. Il montre aussi que fondamentalement, nous étions dans la continuité du système marocain initié par Hassan II et du système algérien en vigueur depuis 1962. L’exécutif algérien ne se limite pas à la présidence de la République, il inclut l’état-major de l’armée.
En outre, une part importante de la légitimité du système se fonde sur son positionnement dans l’affaire du Sahara et la défense du Front Polisario pour la défense de ses «droits à l’autodétermination «. Mais à partir de la fin des années 1990, il y a un changement au niveau de la gestion du conflit. Les Marocains optent pour l’autonomie de ce territoire et écartent le référendum d’autodétermination. Les Marocains avaient jusqu’alors beaucoup tergiversé entre autodétermination et autonomie. Rabat a voulu écarter toute possibilité d’avoir un Etat sahraoui indépendant. Ce faisant, le Maroc adoptait une posture d’opposition à la position algérienne. 

Vous dites dans une étude publiée récemment que le deuxième enjeu du règlement de ce conflit réside dans l’évolution de la place des militaires au sein de la monarchie ? Pourriez-vous être plus explicite ?
 
On évoque toujours le poids des militaires algériens dans la recherche de sortie de crise et on limite la gestion de ce dossier au palais royal marocain. Cela est inexact. Les militaires marocains sont impliqués dans la gouvernance de ce dossier, même si les décisions finales reviennent au roi. S’il est vrai que lorsque le conflit éclate au milieu des années 1970, Hassan II en profite pour envoyer une grande partie de l’armée marocaine dans le Sahara, l’éloignant de la prise de décision politique, au fil des années, l’armée a été associée à la gestion de ce territoire et l’état-major est très concerné par les rapports entre Rabat et Alger.
Dans son discours prononcé lors de la fête du trône, la suggestion, sous forme de souhait, du roi Mohammed VI d’ouvrir la frontière entre les deux pays a certainement été pensée par l’exécutif et l’état-major de l’armée. C’est elle qui dispose des renseignements sur la nature des produits qui transitent, sur les risques de contagion en matière de terrorisme ou de trafics d’armes. La volonté d’ouvrir cette frontière ne se limite pas aux aspects économiques et aux principes politiques. Elle est aussi dictée par des considérations d’ordre stratégique et géopolitique.

Enfin, concernant le Maroc, vous dites aussi, dans une récente communication, que nous sommes dans la continuité de ce que Hasan II a instauré, malgré le vent révolutionnaire qui secoue le monde arabe. Sommes-nous en présence d’un statu quo imposé par l’Occident, notamment la présence française au Maroc. Y aurait-il d’autres raisons ?

Lorsque je parle de continuité entre Mohammed VI et Hassan II, je n’évoque pas de statut quo. Nous sommes dans la continuité d’un système politique et le roi actuel tire une partie de sa légitimité de la continuité de la politique de son père.
Par ailleurs, le statut quo n’est pas imposé par l’Occident. La France appuie la politique du Maroc mais n’impose rien. Je crois que nous devons nous défaire de cette impression et de ce sentiment de complot. Nous sommes tout à fait responsables des politiques mises en place dans nos pays. Toutefois, je reconnais que nos classes dirigeantes ont tendance à solliciter la bénédiction des capitales occidentales pour donner plus de poids à leurs décisions. De la même manière que le personnel politique algérien qui pose son pays en victime éternelle de la France et de l’Occident. Cela relève des mêmes pratiques, nous n’avons pas coupé le cordon avec cet Occident que nous sollicitons et que nous accablons de maux divers.

Concernant l’Algérie, certains vous jugent sévère en pronostiquant l’immobilisme politique lors des mandats de Bouteflika auquel appartient ce relookage de l’image de l’Algérie sur la place internationale. Maintenez-vous votre jugement ?
 
Je ne suis pas sûre que l’immobilisme caractérise le système politique algérien, je pense que nous sommes davantage dans la continuité en ce qui concerne les grandes lignes, même si la présidence de la République est plus autonome et que l’armée est quelque peu affaiblie en ce qui concerne les décisions d’ordre politique.
Néanmoins, sur certains dossiers, comme celui des frontières et plus globalement de la relation entre les deux grands pays du Maghreb, la présidence de la République ne peut s’écarter de la ligne de conduite dessinée il y a quelques années par l’état-major. Cette ligne est inhérente au nationalisme algérien tel qu’il a été mis en avant par le personnel politique.

Lors d’un entretien, Benjamin Stora nous a déclaré que ce qui se passe dans le monde arabe est une sorte de reprise de l’histoire suite à une décolonisation mal assumée. Sur le plan politique, comment l’analysez-vous ?
 
Je ne sais si ce que nous vivons aujourd’hui dans le monde arabe correspond à une décolonisation mal assumée. Pour ma part, j’ai plutôt tendance à y voir une mauvaise gestion du politique, un accaparement du politique par les élites dirigeantes et la mise à l’écart des citoyens. C’est une absence cruciale de démocratie. Les schémas politiques ne se sont pas renouvelés et il n’y a pas eu de renouvellement des élites non plus. Les légitimités se sont effritées et nous avons assisté à une fracture de plus en plus grande entre gouvernants et gouvernés. C’est une faillite des modèles politiques et économiques mis en place au lendemain des indépendances qui sont en cause. Les responsables politiques qui se sont succédé n’ont pas eu l’opportunité d’en prendre la mesure car ils ont méthodiquement écarté toutes formes d’opposition politique. Ils ont été entourés de courtisans qui se sont enrichis ostensiblement. Dans les années 1980, l’introduction de l’économie libérale leur a donné l’occasion de s’enrichir davantage encore, et leur richesse devint visible. Parallèlement, cette élite donnait l’impression, fondée d’ailleurs, d’être dans l’impunité.
C’est de là qu’est née une crise morale qui s’est additionnée aux effets de la crise économique mondiale. Tout cela a rendu insupportable l’univers des privilèges et la mise à l’écart des citoyens dans la gestion de leurs vies. Les médias et les réseaux sociaux ont rendu possible un cyberespace de protestation malgré l’absence d’espace public dans ces pays.
Les Arabes ont réalisé que leurs élites politiques les maintenaient en dehors de la modernité politique et de la mondialisation.
Entretien réalisé par Samir Méhalla
Le Jeune Indépendant, 14 AOUT 2011
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Le président de la RASD interpelle Ban Ki-moon

Par Amar Rafa

La répression marocaine continue de s’abattre sur les Sahraouies, qui manifestent pacifiquement pour dénoncer l’exclusion et la privation exercées contre toutes les catégories du peuple et revendiquer leur droit à l’autodétermination. Mercredi dernier, cinq coordinations de chômeurs sahraouis de la ville occupée ont décidé d’entamer un sit-in ouvert, mais aux environs de 22h00, les protestants ont été surpris par une intervention violente des éléments de l’armée et de la police qui ont matraqué et torturé les citoyens sans défense et procédé à la destruction des tentes. Cette intervention brutale des forces de l’armée marocaine a fait des blessés parmi les manifestants sahraouis, selon l’agence SPS. 
 
Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a aussitôt interpellé mardi le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon sur «l’escalade dangereuse» des violations des droits de l’Homme des Sahraouis par le Maroc et la répression continue du mouvement de protestation pacifique dans les villes d’El Ayoun et Boujdour occupées. Dans une lettre adressée à Ban Ki-moon, le président sahraoui a relevé que «les autorités de l’occupation marocaine au Sahara occidental continuent à exercer les mêmes politiques répressives ayant accompagné son invasion militaire de Saguia El Hamra et Rio de Oro le 31 octobre 1975 ou son attaque militaire contre le camp de Gdeim Izik le 8 novembre 2010», estime l’Agence de Presse Sahraouie (SPS). 
 
Un jour après son attaque «violente» dans la ville occupée de Boujdour, «les autorités de l’occupation marocaine ont «entamé le Ramadhan, mois de quiétude et de paix, par une autre intervention dans la ville occupée d’El Ayoun» soulignant que cela traduit une escalade «dangereuse» des violations graves des droits de l’Homme par l’Etat marocain». Dans ce sens, M. Abdelaziz a tenu pour responsable l’Etat marocain dans la disparition d’un jeune Sahraoui appelant les Nations unies à «intervenir en urgence en vue de mettre un terme à ces pratiques». 
 
Cette intervention traduit «les intentions malsaines» des autorités marocaines à poursuivre leur entêtement et son refus d’appliquer les chartes et décisions des Nations unies et les exigences du droit international ainsi que le droit humanitaire international. A cet effet, le président sahraoui a exhorté les Nations unies à «intervenir d’urgence», à exercer des pressions et à prévoir les sanctions nécessaires contre le gouvernement marocain mais aussi à élargir les prérogatives de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) à la protection et la surveillance des droits de l’Homme dans le Sahara occidental. La société civile ne peut rester en marge de ces pratiques, a-t-il dit, soulignant la nécessité d’accélérer l’ouverture des territoires aux observateurs et médias internationaux indépendants. 
 
En outre, le président sahraoui a appelé à la libération de Yahia Mohamed Elhafed Izaa et l’ensemble des détenus politiques, à mettre la lumière sur le sort des 651 Sahraouis disparus, à éliminer le mur de séparation et à cesser immédiatement la spoliation des richesses du Sahara occidental. Par ailleurs, la lettre est revenue sur «l’intervention violente de la police et forces auxiliaires, le 31 juillet à El-Ayoun, contre une manifestation pacifique organisée par des citoyens et citoyennes sahraouis en signe de protestation contre l’enlèvement du jeune Ghali Bouhella par les forces de sécurité marocaines le 30 juillet». 

La Tribune d'Algérie, 3/08/2011
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