Ban Ki-moon nomme un nouveau chef de la Mission de l'ONU au Sahara Occidental

27 juillet 2011 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a nommé mercredi le général de division Abdul Hafiz, du Bangladesh, Commandant de la Force de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Le général Hafiz succède au général de division Jingmin Zhao, de Chine, dont le mandat a expiré le 10 avril 2011. Le Secrétaire général s'est dit reconnaissant au général Zhao pour son service exemplaire et sa contribution aux activités de la MINURSO, a fait savoir son porte-parole.


Le général Hafiz apporte à cette nouvelle fonction une vaste expérience acquise au cours d'une carrière militaire distinguée, dont une partie consacrée aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies. De 2004 à 2005, il fut adjoint au commandant de la force de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire; de 2003 à 2004, il fut Chef de liaison militaire à la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (MINUCI). De 1991 à 1992, le général Hafiz fut également officier de liaison militaire à la Mission d'observation des Nations Unies pour l'Iraq et le Koweït (MONUIK) et Chef de liaison militaire à Zagreb, en Croatie.


Actuellement, le général Hafiz dirige une division d'infanterie de l'armée du Bangladesh. Auparavant, il était Chef d'état-major, au quartier général de l'armée nationale. Il a commencé sa carrière militaire au sein de l'armée du Bangladesh en 1977. De 1999 à 2001, il a assuré le commandement d'une brigade d'infanterie et de 2005 à 2008, celui d'une division d'infanterie. Au cours de la période 2001-2003, il a dirigé l'Académie militaire du Bangladesh, puis de 2008 à 2009, il a occupé les fonctions de Directeur général de l'organisation paramilitaire « Ansar and Village Defence Party », dirigeant ainsi plus de 15.000 membres actifs et 30.000 réservistes.


Le général Hafiz est titulaire d'une maîtrise en stratégie militaire, décernée par l'Université nationale de Dhaka, au Bangladesh. Né à Dhaka en 1957, il est marié et père de deux filles.


Centre d'Actualités de l'ONU, 27/07/2011

Le Sahara occidental ou l’épée de Damoclès

Vous avez peut-être vu ces images de nos représentants penauds et empruntés, à la sortie des négociations de Manhassett, avec le Polisario, apportant encore une fois la preuve d’une diplomatie marocaine médiocre et incompétente, prise entre les mâchoires d’un étau constitué d’un côté par une administration américaine, si prompte à fondre sur son allié marocain, comme lors de l’affaire Aminatou Haidar, et un Palais castrateur qui, déstabilisé par le printemps arabe, ne peut plus faire machine arrière, sur le Sahara, après tant de sacrifices.

Questionné sur le résultat des pourparlers, notre représentant, dont les prérogatives qui lui sont consenties par le Palais, sont inversement proportionnelles à son infinie propension à l’obséquiosité, a botté en touche, en déclarant notamment que « le processus de normalisation en cours, entre le Maroc et l’Algérie est de nature à contribuer à la résolution de la question du Sahara ». La déclaration qui n’aura surpris personne, procède de la logique marocaine, de rejeter systématiquement sur Alger la responsabilité du conflit. Pour qui connaît les valses hésitations de la normalisation entre les deux capitales, le traitement de l’affaire du Sahara est donc renvoyé aux calendes grecques.


Le Polisario qui clame à qui veut l’entendre que «Le Maroc craint les résultats d’une consultation démocratique du peuple sahraoui», n’est pas en reste, puisque quelques semaines auparavant, son représentant, Mohamed Abdelaziz, dénonçait devant des membres de la société civile française, la connivence de la France avec le Maroc et ses efforts consistant à empêcher la création d’un Etat sahraoui hispanophone, dans une région constituée d’anciennes colonies françaises. Il a notamment comparé les manœuvres de Paris à celles des Etats-Unis en faveur d’Israël.

Ce huitième round des négociations aura donc été un échec de plus, entre les deux protagonistes d’un conflit vieux de plus de trente cinq ans, le Maroc continuant de rejeter toute autre solution que le plan d’autonomie, au sein du royaume, alors que les sahraouis plaident pour un référendum d’autodétermination avec en point de mire l’indépendance.

Petit flash back

Nous sommes en novembre 1975, Hassan II est fragilisé. Il a subi deux coups d’Etat qui ont failli lui coûter la vie et ont décimé le dessus du panier de la hiérarchie militaire du royaume. L’opposition, très active ne cesse de dénoncer, y compris sur la scène internationale, les dérives absolutistes du palais et les exactions de ses services de sécurité.

L’affaire du Sahara tombe à point nommé.

En effet, un avis consultatif de la Cour internationale de justice qui vient de confirmer l’existence de liens historiques entre les populations du Sahara occidental et le Maroc, lui inspire alors l’idée de récupérer ce territoire, sans recourir à une aventure militaire contre l’Espagne, qui risquerait de lui coûter un trône vacillant.

Il convoque un soir, au palais une poignée d’intimes parmi ses conseillers, ainsi que quelques généraux, leur fait prêter serment, sur le Coran, de garder le secret absolu, sur la teneur de l’entretien qui va suivre. Hassan II annonce à ses interlocuteurs médusés, son intention de faire marcher trois cent cinquante mille volontaires pacifiques sur le Sahara, histoire de forcer la main à l’Espagne qui tergiverse à restituer ce territoire au Maroc et à la Mauritanie, en raison de l’état de santé du Général Franco, à l’article de la mort.

Le roi sait qu’il joue son va-tout. Il balaie, comme à son habitude et sans la moindre hésitation, les rares appréhensions, craintes ou questions que soulèvent ses vis-à-vis.

Même quand il joue le destin de son pays, Hassan II, comme le fera son fils plus tard, ne consulte jamais ses compatriotes, sauf à être sûr d’être plébiscité, au moyen de la fraude et de la triche.

La suite on la connaît : une opération soigneusement préparée, dans le plus grand secret, le discours royal et une mobilisation sans précédent de l’ensemble des ministères, des administrations et des médias, mais également de tous les partis politiques. Jusqu’aux poètes, penseurs, artistes et musiciens qui entonnent à l’unisson, un panégyrique enflammé du roi et de son génie et décrivent la marche verte comme une épopée des temps modernes.

L’organisation logistique est aussi exemplaire qu’impressionnante. Rien ne fait défaut. Ni les milliers de camions réquisitionnés, ni l’eau, ni la nourriture, ni le gîte, ni la sécurité.

Le makhzen n’est pas en reste, puisque Gouverneurs, Pachas, Caïds, Khalifas, Chioukhs, et Moqadems mobilisent et recrutent les volontaires, la plupart du temps en distillant ou laissant courir les rumeurs les plus folles sur les richesses du sous-sol des provinces du Sud et sur l’opportunité qui s’offre à tout marcheur de pouvoir se choisir, à sa convenance, une parcelle de terrain, dans une sorte de nouvelle conquête de l’Ouest. En réalité, aucun de ces pauvres diables n’atteindra jamais le Sahara, mais tous s’arrêteront à sa frontière, quand le roi sifflera la fin de la partie, en annonçant que l’objectif de l’opération est atteint.

S’il faut accorder à Hassan II le mérite de la conception de la marche verte, on ne peut que regretter qu’il n’ait pas daigné consulter, son voisin immédiat, l’Algérie qui partage, pourtant, avec le Sahara occidental quarante deux kilomètres de frontières. Cette lourde erreur et celles qui vont suivre, allaient hypothéquer gravement, jusqu’à aujourd’hui, les relations entre les deux pays.

On ne peut, également, que déplorer le fait que, sitôt le Sahara investi, la monarchie marocaine y ait reproduit, à l’identique, le modèle qu’elle a expérimenté dans le reste du pays. Une cohorte d’hommes d’affaires arrivée sur les chars de l’armée marocaine, y pose ses valises. Elle faitalors main basse, avec le concours appuyé de l’administration du maghzen, parachutée par Rabat, sur tous les secteurs clés de l’économie, dont la pêche et la transformation de ses produits ainsi que la promotion immobilière, avec en point de mire, la promesse de découverte de gisements d’hydrocarbures. La situation s’est sérieusement péjorée avec la signature des accords de pêche successifs avec l’Union européenne, ainsi que la concession de recherches pétrolières, sans consultation de la population marocaine, ou de ses représentants, et dans la complète ignorance des protestations, émanant des sahraouis. Le tout procède du même comportement, d’une monarchie qui se veut exécutive et le prouve, au moment précis où, comble du paradoxe, elle prétend démocratiser.

Pendant que les hommes de paille du Palais mettent en coupe réglée l’économie de la région, les haut gradés de l’armée, supposés prendre en charge les opérations de maintien de l’ordre, s’enrichissent à milliards, en se livrant à toutes sortes de trafics, et en confisquant purement et simplement la pêche hauturière, qu’ils partagent encore aujourd’hui avec les bateaux de l’Europe, au détriment de la pêche artisanale en voie de disparition. La troupe livrée à elle-même et sous le commandement d’officiers subalternes, incompétents se fait, alors, étriller par un Polisario galvanisé par son allié algérien qui dépense sans compter, trop heureux de pouvoir en découdre avec l’armée marocaine, histoire de laver l’affront de la guerre des sables d’octobre 1963.

Alors que la guerre fait rage, le makhzen déploie tout son art à neutraliser, torturer, déporter, assassiner et faire disparaître ceux qui sont tentés par le séparatisme.

Le conflit meurtrier nous aura coûté des milliers de vies humaines et des milliards de dollars, avant que n’intervienne un cessez-le-feu en 1991.


Mais le summum de l’ignominie est atteint avec nos soldats prisonniers de l’ennemi et dont le régime tait jusqu’à l’existence pendant plus de vingt ans, avant de les accueillir, à contrecoeur, suite à leur libération, sous la pression de l’ONU et du CICR.

De l’autre côté de la frontière, à Tindouf, la situation n’est guère meilleure. Nos compatriotes sont littéralement pris en otage par des responsables va-t-en guerre, qui tout en les faisant vivre dans un univers quasi-concentrationnaire, sillonnent le monde en première classe, habitent dans des palaces luxueux et détournent à leur profit les subsides que les Nations Unis consentent aux réfugiés. Dans cette vaste prison à ciel ouvert les sahraouis coupés de leurs familles et tenus éloignés de leur pays, n’en finissent plus de payer l’aventurisme de nos gouvernants.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cet énième échec a de quoi ravir le Maroc autant que l’Algérie, particulièrement en ce moment précis de l’histoire. Il permet aux deux frères ennemis de faire de cette tragédie régionale, un fonds de commerce idéal, les véritables perdants étant les populations sahraouies, prises en otage d’un côté de la frontière, comme de l’autre. Le conflit pourrait à tout moment être réactivé, afin de cimenter l’union nationale et estomper le printemps arabe.

Le conflit, qui semble toujours couver sous la cendre, est entré dans une phase inextricable, chacun des protagonistes renvoyant sur l’autre partie, la responsabilité de l’échec des pourparlers.

Les dérives prédatrices et affairistes du Palais, ainsi que la brutalité des méthodes du Makhzen et ses crimes contre les populations sahraouies, ont, sans aucun doute, largement contribué à la détestation du régime marocain.

Ironie du destin, la monarchie marocaine se retrouve, trente cinq ans plus tard, dans la même situation qu’à la veille de la marche verte.

Mohamed VI, dont le seul bilan dont il peut s’enorgueillir est son enrichissement personnel et celui de son clan, n’a jamais reproduit autre chose que les erreurs commises par son père. Il se retrouve dans la fâcheuse posture de l’héritier d’un cadeau empoisonné, car même si le Maroc peut sembler, au premier abord, confortablement installé au Sahara, il n’en demeure pas moins qu’il n’est perçu par le reste du monde que comme une puissance occupante, qui, au lieu de gagner les cœurs, s’est contentée d’acheter les consciences, à coup de prébendes, de népotisme, et de corruption .

Lors de l’une de ses dernières interviews, Hassan II, qui n’en était pas à une sortie ridicule près, avait déclaré qu’il laissait à sa progéniture cinquante ans de tranquillité.

En réalité, douze ans après sa disparition, le régime, de plus en plus contesté est rattrapé par son passé, et l’affaire du Sahara, comme une épée de Damoclès, pourrait également contribuer à catalyser sa perte.

E-plume, 25/07/2011

Sahara occidental : peu d'avancées lors des derniers pourparlers

22 juillet 2011 – Sur invitation de l'Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, les délégations du Royaume du Maroc et du Front Polisario ont assisté à une nouvelle série de pourparlers informels à Greentree, Long Island, entre le 19 au 21 juillet 2011.

« Afin de trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d'arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, les deux parties ont poursuivi l'approfondissement de la discussion des deux propositions, y compris la question du corps électoral, les mécanismes d'autodétermination et les formes de garanties », a fait savoir le bureau du porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un communiqué vendredi.


« À la fin de la réunion, chaque partie a continué à rejeter la proposition de l'autre comme base unique des négociations à venir, tout en réitérant leur volonté de travailler ensemble afin de trouver une solution politique conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies », précise le communiqué.


Les discussions ont eu lieu dans le cadre de la Résolution 1979 du Conseil de sécurité. Les délégations des Etats voisins, l'Algérie et la Mauritanie, étaient également présentes aux sessions d'ouverture et de clôture, ainsi que lors de l'examen des « Mesures de Confiance ».


Les deux parties ont exploré des moyens de faire participer des membres respectés d'un large groupe représentatif de la population du Sahara occidental à l'accompagnement du processus de négociation. Elles ont aussi entamé une discussion qui sera approfondie dans les prochains mois sur des thèmes de gouvernance, tels que l'éducation, l'environnement et la santé, sans préjudice quant au statut définitif du Territoire, a indiqué le bureau du porte-parole du Secrétaire général.


Les parties ont également pris connaissance du rapport de la dernière mission technique du Service de l'action antimines des Nations Unies (UNMAS) et ont entamé une discussion préliminaire sur le thème des ressources naturelles dans le cadre de réflexion proposé par les Nations Unies. Les parties ont décidé de travailler avec les Nations Unies dans les prochains mois sur les sujets des ressources naturelles et du déminage pour approfondir les discussions dans le cadre des négociations.


Sur les « Mesures de Confiance », les parties et les pays voisins ont confirmé leur soutien à la mise en œuvre ordonnée du programme d'action de 2004 et des visites familiales par voie terrestre.


Enfin, les parties ont confirmé leur intention de participer au séminaire qui sera organisé par le Haut Commissariat pour les Refugiés à Madère, Portugal, en septembre 2011 et à la prochaine rencontre d'évaluation avec le Bureau du Haut Commissaire pour les Refugiés à Genève prévue en octobre 2011. Les prochains pourparlers informels auront lieu après la session d'automne de l'Assemblée générale.

Sahara occidental : prochains pourparlers du 19 au 21 juillet près de New York

14 juillet 2011 – Les prochains pourparlers informels sur le Sahara occidental entre le Maroc et le Front Polisario auront lieu du 19 au 21 juillet à Greentree, Long Island, près de New York, a annoncé jeudi le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU.

Les pourparlers auront lieu à l'invitation de l'Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross. Les Etats voisins, l'Algérie et la Mauritanie seront également présents.


« Lors de ces pourparlers, les parties, comme il a été convenu précédemment, approfondiront leur discussion sur leurs propositions respectives pour un règlement, notamment la question du corps électoral et les mécanismes d'auto-détermination », a indiqué le porte-parole. Elles discuteront également des nouvelles idées mises en avant par le Secrétaire général dans un récent rapport sur le Sahara occidental.


Enfin, le Maroc et le Front Polisario auront « l'opportunité d'examiner le statut des mesures d'élaboration de la confiance, de continuer leur discussion sur le déminage et d'entamer un examen préliminaire de la question spécifique des ressources naturelles. »


Les derniers pourparlers informels sur le Sahara occidental se sont déroulés près de New York du 5 au 7 juin 2011. Ils n'avaient pas abouti à des avancées significatives


Centre d'Actualités de l'ONU, 14/07/2011

Relations algéro-marocaines : Mohamed VI déterminé à surmonter les obstacles

Dans son message qu'il adressé au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l'occasion de l'indépendance de l'Algérie, le Roi du Maroc, Mohammed VI, s'est dit «déterminé» à surmonter les obstacles conjoncturels avec l'Algérie en vue d'amorcer une nouvelle dynamique de coopération.

Le roi dans son argumentaire a mis en avant la conjoncture internationale marquée par la formation de blocs de par le monde «qui ne laisse pas de place aux entités fragiles». Le souverain marocain a, dans ce contexte «réaffirmé sa ferme détermination à poursuivre l'action, de concert avec vous (le Président de République, Abdelaziz Bouteflika, ndlr) pour surmonter les obstacles entre les deux pays voisins. L'union maghrébine est également l'un des soucis du roi, puisque il a ajouté que cette coopération, telle qu'espérée par le voisin, doit se réaliser «dans le cadre de notre union maghrébine, en tant qu'option stratégique ".

Notons que ces derniers mois, Rabat et Alger ont échangé des visites de ministres qui avaient laissé sentir un réchauffement de leurs relations politiques, longtemps contrariées par le problème toujours non résolu du Sahara Occidental.

Ainsi beaucoup d'accords de coopération ont été signés entre les deux nations , à l'instar de ceux ayant trait au secteur de l'agriculture, par lequel les deux pays veulent mettre sur pied une coopération fructueuse. S'ajoutent à cela les clins d'œil marocains visant à la réouverture des frontières à l'image des différentes interventions des responsables marocains, notamment du ministre du Tourisme, dans la presse nationale algérienne. Mais dans ce climat «électrifié», cette normalisation que souhaite Mohamed VI, reste, du moins pour le moment, chose difficile, puisque ni l'Algérie, ni d'ailleurs le Maroc qui souffre terriblement de la fermeture des frontières, n'ont l'intention de céder sur la question du Sahara Occidental, l'Algérie étant attachée au droit des peuples à l'autodétermination et le Maroc ne voulant pas se soumettre à la volonté du peuple sahraoui à se disposer de lui-même.
Par Hamid Fekahrt
Les Débats, 06/07/2011

PETITE EXEGESE D'UN MESSAGE PROTOCOLAIRE

Que faut-il lire dans le message de circonstance envoyé par le roi Mohammed VI au président Abdelaziz Bouteflika ? Que les services du protocole du Roi - tout comme ceux de la présidence algérienne pour les dates marocaines - sont vigilants. Ils font le boulot régulier et évitent qu'une omission ne vienne donner lieu à des lectures indues. C'est d'ailleurs, explique un ancien diplomate, sur cet aspect des choses que les agences de presse officielles, MAP et APS, ont un rôle de témoin et servent de preuve que le message protocolaire et de circonstance a bien été transmis.

Il est vrai que les journalistes d'Algérie et du Maroc n'auraient pas raté - en cas d'omission – d'analyser et de décortiquer le pourquoi de l'absence du message de fraternité traditionnel à l'occasion de la fête nationale du pays frère. De mémoire de journaliste – mais on peut se tromper –, il n'y a jamais eu de «ratage» et chaque année on a le lot minimal de messages entre le président de la RADP et le roi du Royaume.

Il faut donc reconnaître aux deux services du protocole – qui préparent les messages de longue date et vérifient qu'ils ont bien été envoyés et publiés par l'APS ou la MAP – de bien faire leur travail, de ne pas provoquer de crise inutile et de maintenir le fameux fil de Mouaouiya.

Une fois que l'on constate qu'il y a bien eu message, l'exercice consiste à chercher, dans le texte, ce qui sort de la routine et de la politesse diplomatique. Attention, il ne faut pas se contenter des dépêches des agences occidentales - un peu trop pressées alors qu'il faut prendre du temps -, il faut aller sur les sites des deux «agences sœurs» et lire le texte dans son intégralité.

On peut ne pas aimer le style, mais si l'on veut comprendre qu'il y a message en sus de l'ordinaire protocolaire, il faut lire patiemment le texte, même si les phrases paraissent aussi longues que l'autoroute Est-Ouest qui deviendra un jour, si Allah le veut et si les peuples changent la donne, un tronçon de l'autoroute maghrébine.

Pour notre 49e, le message du Roi paraît vouloir veiller aux prémices des prémices d'une relation normale avec les accords conclus par exemple dans l'agriculture et les échanges ministériels (eau, énergie et même jeunesse et sports). Et si des journaux et des ministres marocains - et même le Roi parfois - ont la dent dure contre le voisin, le message solennel doit prendre de la hauteur.

Le Roi affirme qu'il existe des «obstacles conjoncturels et objectifs», qu'il œuvrera, de «concert avec Vous» - avec la majuscule, bien entendu, le protocole ne badine pas – à les surmonter et «imprimer une nouvelle dynamique aux relations de coopération fructueuse et de solidarité agissante…».

Même si les agences occidentales, terriblement pressées de conclure, ont souligné cette notion de «nouvelle dynamique», les habitués, par impératif de fonction des lectures attentives des messages royaux et présidentiels, ne sont pas prêts à jurer qu'ils ont un caractère nouveau. En tout cas, même si cela a été dit avec d'autres termes, le sens a déjà été dit et redit. Et ils seraient enclins à noter que cette «dynamique nouvelle» correspond à un vieux surplace.

Mais bon, il ne faut pas faire les rabat-joie. Il y a eu un message. Tout est dans l'ordre. En attendant que les peuples changent la donne.
par M. Saadoune
Le Quotidien d'Oran, 06/07/2011

Libya et la défaillance maghrébine

Lakhdar Brahimi, notre ancien ministre des Affaires étrangères, estimait, dans une interview accordée au quotidien national la Tribune, que la solution à la crise libyenne pouvait être maghrébine et suggérait à l’Algérie au Maroc et à la Tunisie, trois pays «directement concernés» de passer à l’action. Alger, Rabat et Tunis doivent «aller à l’ONU et demander un mandat en disant que c’est nous qui aiderons au règlement politique de ce pays», soulignait l’ancien diplomate, actuellement membre du comité des sages constitué par Nelson Mandela en 1997. La réponse des Nations unies ne peut être que positive, disait-il. «Le même mandat doit être demandé à la Ligue arabe et à l’Union africaine (…) Avec un mandat des trois organisations, on peut demander à Monsieur Kadhafi de partir avec dignité et mettre en place une mission de maintien de la paix pour les aider (les Libyens, ndlr) à se réconcilier et à créer une deuxième république.» Est-il besoin de dire que les idées de M. Brahimi sont pleines de bon sens et qu’elles ont toutes les chances de se voir majoritairement adoptées par les peuples et les dirigeants de la région ? Cependant, les paroles de l’homme nous rappellent cruellement que contre toute logique, pas la moindre petite réunion intermaghrébine n’a été tenue ni même envisagée depuis le début de la guerre civile en février dernier. En revanche, et alors que l’intervention étrangère battait son plein, la propagande au goût de pastella vendait à l’opinion internationale des mercenaires et des armes algériens toujours introuvables en Libye. De derrière le rideau, on devinait aisément la main de BHL, le Grand Satan qui est arrivé jusqu’à présent à dicter sa volonté au régime de Sarkozy et aux insurgés, et donc à empêcher une solution. Lakhdar Brahimi sait comme nous tous que le commandeur des croyants lâchera la Libye plus facilement qu’il n’a lâché Ceuta et Melilla s’il le fallait pour continuer à bénéficier du veto français à l’ONU, pour l’aider à consacrer son fait accompli au Sahara occidental. Quant à la Tunisie qui elle-même se trouve sur une pente glissante, il ne faut pas perdre de vue que la première visite d’un officiel à l’étranger du gouvernement issu du «Jasmin» a été dévolue à… la France. Le lieu où se mijotent justement nos blocages et notre empêchement.
M. Z. mohamed_zaaf@yahoo.fr
Le Jeune Indépendant, 06/07/2011

Sahara Occidental : Emboirik poursuivi par la justice brésilienne

La famille de l'ex-petite amie du diplomate sahraoui Emboirik Ahmed a porté plainte contre lui devant la justice brésilienne pour abu...