« La première révolte du monde musulman a débuté au Sahara occidental »

Pour avoir dénoncé les trafics de cocaïne et d’armes dans le sud-est marocain, le docteur Labbas Sbaï a été emprisonné en 2006 et 2010. De passage en Suisse, ce chirurgien, reconverti dans le tourisme écologique, rappelle que le vent de révolte qui secoue le monde musulman a commencé en octobre dernier au Sahara occidental. Des affrontements entre militants sahraouis et forces marocaines ont fait plusieurs morts.
Il y a quelques mois, Oumma avait rencontré à M’hamid, à la frontière entre le Maroc et l’Algérie, ce chirurgien de 54 ans, citoyen marocain et suisse. Il sortait de prison. Son crime ? Celui d’avoir dénoncé inlassablement depuis une décennie les trafics à la frontière. À la contrebande de dromadaires, de cigarettes, de haschich, il s’est substitué celle de la cocaïne, venue d’Amérique du sud et rejoignant l’Europe par des pistes mal gardées. Ces mafias bénéficient de la complicité de politiciens, de hauts fonctionnaires, de gradés de l’armée, dénonce Labbas Sbaï.
Pour ces accusations, le médecin a été emprisonné à deux reprises pour « outrage à magistrat » et « désordre dans un lieu public ». De passage en Suisse (son épouse est suisse alémanique), le chirurgien, qui a exercé à Lausanne, Fribourg, Berne, nous a accordé une interview. Issu d’une famille sahraouie, Labbas Sbaï ne milite pas au Polisario. Son père, rappelle-t-il, était un proche du roi Mohammed V. Toutefois, il dénonce la politique menée actuellement par le Maroc au Sahara occidental. Le royaume, prévient-il, n’est pas à l’abri de la révolte qui souffle actuellement sur le monde musulman.

Le changement de la peur

Les jeunes ou les citoyens  sont en attente d’une vague de changement d‘autant que l’équipe  de Bouteflika, qui par le bais de la dernière réunion du Conseil des ministres ou par la voix du ministre Medelci, a reconnu indirectement les revendications comme légitimes comme la levée de l’état d’urgence et le retour à l’état de droit. Il a été aussi question d’ouvrir la télévision aux partis, chose qui a été mal faite bien que bien lancée lors des deux premiers jours. C’est dire que certains clans au sérail s’opposent au changement, en considérant, peut-être, que le pays va bien et que les personnes réclamant le changement, exagéraient et seraient des «étrangers», pour ne pas dire «minoritaires’, terme cher à notre ministre Medelci. Ce qui est sûr, les partis de l’Alliance n’arrivent pas à affronter le peuple sans leur dire : «Faites attention, ces modernistes et démocrates et/ou amis de Saïd Sadi vont conduire le pays vers le terrorisme et plongeront le pays dans la violence». Les partis de la coalition gouvernementale ont peur du changement, car ils seront les  premiers à payer l’addition et n’ont aucun argument pour un retour lors des prochaines élections. Le FLN comme le RND ou le MSP compte beaucoup sur l’administration et Bouteflika pour rafler la mise lors des élections. D’ailleurs à chaque rendez-vous électoral, nous assistons à une guéguerre sans merci dans leurs propres rangs afin de savoir qui aura les faveurs du système. Le comble du ridicule, ces partis résistent à tous les «coups». Le changement est aussi  mal vu par une certaine bourgeoisie, qui s’est faite beaucoup d’argent grâce à leurs «connaissances». Certains administrateurs préfèrent que la situation ne change pas car  tirant profit de cet immobilisme. D’autres responsables savent, mieux que quiconque, que le changement est synonyme de la fin d’un certain «business» politique et financier. Le changement est honni par certains et ils sont prêts à tout faire pour le contrer. Heureusement que le vent du changement a fait braquer sur les «changeurs» le regard des caméras, sinon ils auraient été «traqués» par leurs baltaguias.

Sahara occidental – Réunion HCR et Parties concernées

Sous l’egide du HCR au cours du mois de février 2011, le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario se sont retrouvés pour une réunion à Genève . C’est la première fois depuis 2000 que toutes les parties se retrouvaient autour d’une table.

La mesure la plus importante adoptée lors de cette réunion est la décision de dépêcher une mission conjointe HCR et Minurso pour évaluer la faisabilité des visites familiales par voie terrestre et la constitution d’une liste unique des personnes autorisées à voyager.

L’enjeu de cette mesure est important car les visites terrestres permettraient d’acheminer 120 personnes dans chaque sens par mois alors que la voie aérienne – plus coûteuse – ne concerne que trente personnes par mois.La constitution d’une liste unique de personnes autorisées à se déplacer permettra d’éviter les contestations de dernière minute.

Lse parties ont prévu des rencontres régulières sur ces sujets au moins deux fois par an.

Source : Groupe Interparlementaire d'Amitié France-Maroc, 15/02/2011

L’ONU salue les progrès dans les efforts pour réunir les familles

Un accord unanime portant sur plusieurs mesures visant à augmenter significativement le nombre de familles sahraouies pouvant se rendre visite après plus de trente-cinq ans de séparation a été trouvé, jeudi dernier, à l’issue d’une réunion entre le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et les délégations du Front Polisario, du Maroc et des pays voisins, à savoir l’Algérie et la Mauritanie. Une annonce faite par le biais d’un communiqué de l’institution onusienne repris par l’agence de presse algérienne (APS).  
 
Le haut-commissaire a, selon la même source, indiqué que «depuis plus de trois décennies, des pères ont été séparés de leurs enfants, des épouses ont été séparées de leur mari». Il se réjouira également des «progrès réalisés durant cette réunion, un plus grand nombre de familles pourront finalement se voir après une séparation longue et difficile». Pour sa part, le responsable de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), Hany Abdel Aziz, a réaffirmé l’engagement de la Mission à continuer d’offrir son appui pour le programme de mesures de rétablissement de la confiance.  Durant cette réunion de deux jours, il a été convenu de suivre la mise en œuvre du plan d’action de 2004 et de se concentrer sur l’objectif humanitaire du programme de mesures de rétablissement de la confiance, destiné à permettre à plus de 30 000 Sahraouis vivant des deux côtés de la ligne de démarcation de renouer des liens, souligne l’ONU.
 
Six propositions ont été décidées pour accroître le nombre de personnes qui se rendront visite et élargir les moyens de communication. Le 7 janvier 2011, les rotations aériennes ont repris entre le Sahara occidental et les camps de réfugiés en Algérie, relève encore l’ONU.  Depuis le lancement du programme de mesures de rétablissement de la confiance en 2004 et sur une liste de candidats à ce programme comptant plus de 40 000 personnes, quelque 13 000 d’entre elles ont déjà bénéficié de visites familiales de cinq jours dans les deux sens.  Parmi les propositions acceptées, le HCR et la Minurso mèneront une mission d’évaluation technique afin d’établir un projet en vue d’un recours au transport des familles par la route. Cette mission débutera dès le mois d’avril 2011, précise le communiqué. Il a été convenu qu’une liste unique de personnes, qui seront transportées par le HCR, sera soumise par ce dernier aux parties concernées pour approbation, et ce, après la vérification du plein accès de ces personnes aux deux côtés de la ligne de démarcation. Cela permettra à un groupe de candidats pré-autorisés de bénéficier d’un nombre accru de visites familiales. La vérification se faisait auparavant séparément pour chaque vol, ce qui occasionnait parfois des retards de dernière minute. 
 
Les communications par téléphone et par courrier entre les familles séparées ont également fait l’objet de discussions. Il a été demandé au HCR de faire des propositions sur les façons d’activer ces deux services dans un avenir proche. 

Jusqu’au mois de septembre 2010, le HCR finançait quatre centres téléphoniques qui ont permis aux familles de passer plus de 140 000 appels téléphoniques. Il a également été convenu, en conclusion de cette réunion, d’organiser un séminaire avec des Sahraouis vivant des deux côtés de la ligne de démarcation, ainsi que des réunions régulières pour la coordination. Les réfugiés sahraouis ont commencé à arriver en Algérie en 1976 après le retrait de l’Espagne du Sahara occidental et l’éclatement d’un conflit suite à la colonisation du Sahara occidental par le Maroc. La majorité d’entre eux vivent dans quatre camps de réfugiés situés dans la région désertique de Tindouf. Cependant, une partie de la population sahraouie vit au Sahara occidental, et des familles, y compris des conjoints d’un même couple ou des parents et leurs enfants, restent séparées à ce jour.

Sahara : renforcement des mesures de confiance

Des retrouvailles après des longues années de séparation
Le Haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés Antonio Guitierres a ouvert et clôturé les travaux de la réunion pour la mise en application des mesures de confiance entre le Frente Polisario et le Maroc qui s’est tenue les 9 et 10 février 2011 à Genève.  L’Algérie et la Mauritanie ont également assisté à cette réunion comme observateurs. 

Au terme de cette réunion le Frente Polisario et le Maroc ont convenu de :
 
1-     La poursuite des échanges de visites par voie aérienne sur la base des principes agrées en 2004 à savoir le libre accès du HCR aux bénéficiaires et son droit exclusif à déterminer ceux-ci sur la base des listes d’enregistrement déjà établies.
2-     La tenue d’un séminaire avec la participation d’hommes de culture sahraouis venant des territoires occupés et des campements de réfugiés dans le courant de l’année 2011. Le lieu pourrait être l’Ile de madère au Portugal.
3-     L’envoi d’une équipe technique sur le terrain en avril 2011 pour faire une évaluation des possibilités de démarrage des échanges de visites par voie terrestre afin de donner la possibilité à un plus grand nombre de personnes de participer à cette opération.
4-     L’échange du courrier entre les familles séparées par l’occupation marocaine et le service de téléphone ont été acceptés en principe. Le HCR se charge de faire des propositions concrètes pour leur concrétisation.
5-     Tenir avec la participations des deux parties et des pays observateurs deux réunions d’évaluation de mesures de confiance par an à Genève.
6-     Essayer de renforcer le programme des mesures de confiance existantes avec de nouvelles mesures.
 
Ont participé également à cette réunion M. Christopher Ross, envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, M. Hani Abdelaziz, le représentant du SG pour le Sahara occidental, une représentante du bureau des opérations de maintien de la paix de l’ONU, le chef du cabinet du haut commissaire, les responsables du département moyen orient et Afrique du nord du HCR. et plusieurs autres fonctionnaires.
 
La délégation du Frente Polisario est composée de Ms Emhamed Khadad, membre du Secrétariat national et président de la commission referendum, Boukhari Ahmed, Membre du secrétariat national et représentant à New York, Bouhebeini Yahya, Président du croissant rouge sahraoui, Limam Khalil, représentant en Suisse.

Reprise des visites interfamiliales à l'aide de la MINURSO

Sous la direction du Haut Commissariat pour les Réfugiés, les visites inter-familiales ont repris lundi à l'aide d'un avion de la MINURSO qui a transporté une vingtaine de réfugiés sahraouis depuis la ville algérienne de Tindouf vers la ville de Smara dans les territoires du Sahara Occidental contrôlés par le Maroc.

L'avion a atterri à Smara après deux heures de vol. Après une escale de quelques heures, il est reparti avec une autre vingtaine de personnes de la même ville pour visiter les leurs dans les camps de réfugiés.

Cette opération rentre dans le cadre des mesures de confiance établies par l'Envoyé Personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental, Christopher Ross.

Dans ce contexte, l'ONU prévoit de d'ouvrir une brèche dans le mur de défense marocain qui traverse le long du territoire sahraoui dans le but de faciliter les visites par voie terrestre.

La Revue de Presse de la MINURSO

La Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO) publie un quotidien sur un fichier Word, appelé Revue de Presse, dans lequel sont recopilées les principales publications de la presse et autres sur le conflit du Sahara Occidental, le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Sahel.

M. Enrico Mangani est l'officier d'information chargé de cet excellent travail. Il a été souvent accusé de partialité par les deux parties, le Maroc et le Front Polisario pour ses éditions.

Les destinataires de ses publications sont les hautes instances de l'ONU, les parties concernés par le conflit du Sahara Occidental ainsi que les journalistes accrédités au Maroc.

Nous reproduisons ci-dessous une capture d'écran du dernier exemplaire de cette revue.




Le Plan Baker II

James Baker
La proposition de paix apportée par l'ancien envoyé spécial, M. James Baker, appelée "Plan Baker II", s'avère la solution que le Conseil de Sécurité adoptera dans sa prochaine session d'avril 2011. 

PLAN BAKER II :

A la veille de la présentation par Kofi Annan de son rapport sur le Sahara devant le Conseil de sécurité, L'Economiste a jugé utile de publier l'intégralité des dernières propositions de Baker. 

I- But1. Le présent plan de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidenêtetal est un accord conclu par et entre le Royaume du Maroc et le front Polisario (qui sont les parties intéressées), auxquels se joignent la République démocratique populaire d'Algérie et la République islamique de Mauritanie (qui sont les pays voisins) et l'Organisation des Nations unies. Ce plan a pour but de trouver au conflit du Sahara occidental une solution politique assurant l'autodétermination, comme l'envisage le paragraphe 1 de la résolution 1429 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 30 juillet 2002. Il entrera en vigueur à la date où les parties intéressées, les pays voisins et l'Organisation des Nations unies l'auront tous signé. Le statut définitif du Sahara occidental sera déterminé par un référendum organisé conformément à la deuxième partie du présent plan. Pendant la période allant de la date d'entrée en vigueur du plan à l'application des résultats du référendum sur le statut définitif du plan, l'autorité gouvernementale sera exercée au Sahara occidental conformément aux dispositions de la troisième partie du plan.. 

II- Référendum d'autodétermination

2. Un référendum visant à déterminer le statut définitif du Sahara occidental sera organisé au plus tôt quatre ans et au plus tard cinq ans après la date d'entrée en vigueur du plan. Les options ou questions soumises au référendum seront: 

1) celles qui ont déjà fait l'objet d'un accord dans le Plan de règlement; 

2) toutes options ou questions supplémentaires ayant fait l'objet d'un accord entre le Royaume du Maroc et l'autorité du Sahara occidental (ASO) telle qu'elle est définie au paragraphe 8A ci-après.

3. Une option ou une question soumise au référendum sera réputée avoir été adoptée si elle recueille plus de 50% des suffrages exprimés. Si plus de deux options ou questions sont soumises au référendum et qu'aucune ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés aux premier tour, on procédera au deuxième tour dans le cadre duquel les deux options ou questions qui auront recueilli le plus grand nombre de voix seront soumises aux électeurs.

4. Le référendum sera organisé et conduit par l'Organisation des Nations unies et surveillé par des observateurs internationaux accrédités par elle.

5. Sont admises à voter au référendum les personnes âgées d'au moins 18 ans et: 

        1) qui ont été déclarées admises à voter par la Commission d'identification de la Mission      des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) selon la liste électorale provisoire du 30 décembre 1999 (sans qu'il soit tenu compte des recours ou autres objections); ou 

     2) dont les noms figurent sur la liste de rapatriement au 31 octobre 2000 dressée par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés; ou 

    3) qui auront résidé de manière continue au Sahara occidental depuis le 30 décembre 1999. La qualité d'électeur sera déterminée par l'Organisation des Nations unies, dont les décisions seront finales et sans appel.

6. Une personne dont le nom n'apparaît ni sur la liste électorale provisoire du 30 décembre 1999 ni sur la liste de rapatriement du HCR au 31 octobre 2000 ne pourra être inscrite sur la liste des électeurs admis à voter que si le témoignage d'au moins trois personnes dignes de foi et/ou des preuves documentaires crédibles confirment que cette personne a résidé de manière continue au Sahara occidental depuis le 30 décembre 1999. 

    L'Organisation des Nations unies:  
   1) détermine la crédibilité et la valeur juridique de ces témoignages et autres éléments de preuve et, 

   2) se fondant sur lesdits témoignages et autres éléments de preuve, détermine qui est (et qui n'est pas) qualifié en vertu du présent paragraphe pour être ajouté à la liste des électeurs admis à voter. Ces décisions de l'Organisation des Nations unies sont finales et sans appel.

7. Les parties intéressées et les pays voisins conviennent tous d'accepter et de respecter les résultats du référendum.. 

III- La puissance publique au Sahara occidental

8. Entre 1) la date d'entrée en vigueur du présent plan et 2) la date à laquelle un nouveau gouvernement conforme aux résultats du référendum sur le statut définitif entrera en fonctions, l'autorité gouvernementale au Sahara occidentale sera exercée selon les modalités prévues par le présent plan, notamment en son paragraphe 

    8:A- La population du Sahara occidental, agissant par l'intermédiaire des organes exécutif, législatif et judiciaire institués par le plan –lesquels organes sont parfois désignés sous le terme d'autorité du Sahara occidental (ASO)- aura sous sa responsabilité les domaines ci-après, qui relèvent de sa compétence exclusive: administration locale, budget territorial, fiscalité, développement économique, sécurité intérieure, maintien de l'ordre, protection sociale, culture, éducation, commerce, transports, agriculture, mines, secteur de la pêche, industries, environnement, logement et aménagement urbain, eau et électricité, et réseau routier et équipement.

B- Le Royaume aura sous sa responsabilité les domaines ci-après, qui relèvent de sa compétence exclusive: relations extérieures (y compris les accords et conventions internationaux), sécurité nationale et défense extérieure (y compris la détermination des frontières maritimes, aériennes ou terrestres et leur protection par tous les moyens appropriés), toutes les questions relatives à la production, la vente, la possession ou l'emploi d'armes ou d'explosifs (à l'exception de l'emploi dûment autorisé d'armes par les forces de maintien de l'ordre de l'ASO) et la défense de l'intégrité du territoire contre toute tentative sécessionniste, qu'elle émane de l'intérieur ou de l'extérieur du territoire, étant entendu que ce droit de défendre l'intégrité territoriale ne saurait être invoqué pour justifier quelque action que ce soit qui reviendrait à empêcher, réprimer ou entraver l'exercice pacifique du droit au débat, à l'expression d'opinions ou à faire campagne, notamment en période d'élection ou de référendum. En outre, le drapeau, la monnaie, les douanes et l'administration des postes et télécommunications du Royaume s'appliqueront au Sahara occidental. Pour toutes les fonctions décrites au paragraphe 

8B, le Royaume est habilité à nommer des représentants qui les exerceront pour lui au Sahara occidental.

9. Dans les matières qui touchent directement les intérêts du Sahara occidental, les pouvoirs détenus par le Royaume pour les relations étrangères du Sahara occidental seront exercés en consultation avec l'ASO. Le Royaume peut autoriser des représentants de l'ASO à se joindre en tant que membres aux délégations diplomatiques que le Royaume envoie à des réunions internationales sur des questions économiques et autres qui présentent un intérêt direct pour le Sahara occidental.

10. Le pouvoir exécutif au sein de l'ASO sera exercé par un chef de l'exécutif élu par le peuple du Sahara occidental conformément aux dispositions des paragraphes 15, 16 et 17 du présent plan. Le chef de l'exécutif peut nommer les administrateurs nécessaires pour exercer les pouvoirs dévolus à l'ASO par le plan.

11. Le pouvoir législatif au sein de l'ASO sera exercé par une Assemblée législative élue par le peuple du Sahara occidental, conformément aux dispositions des paragraphes 16, 16 et 17 du présent plan. L'Assemblée législative est chargée d'adopter toutes les lois qui seront appliquées au Sahara occidental, à l'exception de celles qui relèvent de la compétence du Royaume en vertu du paragraphe 8B du présent plan.

12. Le pouvoir judiciaire au Sahara occidental sera exercé par une cour suprême du Sahara occidental par les tribunaux inférieurs que l'ASO pourra décider de créer. Les membres de la Cour suprême et des juridictions inférieure seront nommés par le chef de l'exécutif avec l'assentiment de l'Assemblée législative. La Cour suprême: 1) sera compétente pour juger de la conformité de toute loi du Sahara occidental au présent plan (à l'exception des lois relevant de la compétence du Royaume en vertu du paragraphe 8B du plan, pour lesquelles c'est la plus haute Cour du Maroc qui est compétente); et 2) statue en dernier ressort sur l'interprétation des lois du Sahara occidental. La Cour suprême a compétence pour déclarer nulle et non avenue toute loi, tout règlement ou tout autre texte de l'ASO qui contredirait le présent plan ou outrepasserait la compétence attribuée à l'ASO par le plan.

13. Les lois, règlements et autres textes adoptés par l'ASO doivent tous être conformes aux normes internationales relatives aux droits de l'homme (y compris les normes relatives aux droits de l'homme prévues par tout traité auquel le Royaume est partie). En aucun cas la protection des droits de l'homme au Sahara occidental ne doit être moindre que celle est prévue par la Constitution et les lois du Royaume.

14. Les lois et règlements actuellement en vigueur au Sahara occidental resteront en vigueur tans qu'ils n'auront pas été amendés ou abrogés par une décision de l'Assemblée législative et du chef de l'exécutif de l'ASO, à l'exception de ceux qui relèvent des lois et règlements qui sont de la compétence du Royaume en vertu du paragraphe 8B du présent plan.

15. L'élection de l'Assemblée législative et du chef de l'exécutif de l'ASO doit avoir lieu dans un délai d'un an à compter de la date d'entrée en vigueur du plan. Les électeurs éliront séparément (dans le cadre d'une élection unique) le chef de l'exécutif et les membres de l'Assemblée législative, qui exerceront leurs fonctions pendant un mandat de quatre ans ou jusqu'à ce que la forme de gouvernement du Sahara occidental ait été mise en conformité avec le résultat du référendum sur le statut définitif. L'Organisation des Nations unies est investie d'une autorité exclusive et unique sur toutes les questions relatives à toute élection et à tout référendum relevant du présent plan, et notamment à leur organisation et à leur conduite.

16. Sont admis à voter pour l'élection de l'Assemblée législative et du chef de l'exécutif de l'A.S.O. les personnes âgées d'au moins 18 ans dont le nom est inscrit soit sur la liste électorale provisoire du 30 décembre 1999 (sans qu'il soit tenu compte des recours ou autres objections), soit sur la liste de rapatriement dressée par le HCR au 31 octobre 2000. L'Organisation des Nations unies, dont les décisions seront finales et sans appel, détermine qui est admis à voter.. IV- Questions diverses

17. Les campagnes électorale et référendaire prévues dans le présent plan seront menées dans le respect des normes internationales relatives aux droits de l'homme et des principes du Code de conduite convenu en 1997 par le Royaume et le front Polisario, sauf les cas où il y a incompatibilité avec le présent plan. En particulier, les parties intéressées conviennent de s'abstenir de tout acte qui réduirait la capacité d'un individu de faire campagne pacifiquement pour ou contre toute personne se présentant à une élection ou pour ou contre toute option ou question proposée aux électeurs lors du référendum sur le statut définitif.

18. Ni le Royaume ni l'ASO ne peuvent modifier ou abolir unilatéralement le statut du Sahara occidental, sauf pour adopter les lois qui se révèleraient nécessaires pour le mettre en conformité avec les résultats du référendum sur le statut définitif. Aucun changement ne peut être apporté au présent plan sans l'accord du Roi du Maroc ainsi que du chef de l'exécutif et de l'Assemblée législative du Sahara occidental.

19. Dès la date d'entrée en vigueur du plan, tous les prisonniers politiques et les prisonniers de guerre seront libérés, chaque partie étant tenue de s'acquitter de cette obligation quel que soit le comportement de l'autre partie. Les parties intéressées conviennent de continuer de coopérer sans réserve avec les organismes internationaux compétents jusqu'à ce que le rapatriement ait été mené à son terme.

20. Dans un délai de 90 jours suivant la date d'entrée en vigueur du présent plan, les forces armées du Maroc et du front Polisario seront réduites, consignées, cantonnées et, par la suite, tenues à tous points de vue de respecter strictement les dispositions des Accords de Houston de 1997. La présente disposition n'exclut ni le déploiement de forces armées marocaines sur des positions purement défensives conformément aux responsabilités en matière de défense extérieure dévolues au Royaume par le paragraphe 8B du présent plan, ni la création et le fonctionnement normal, sous l'autorité de l'A.S.O., de services de maintien de l'ordre dans le Sahara.

21. L'Organisation des Nations unies aidera les parties intéressées, et notamment l'A.S.O., à s'acquitter des responsabilités que leur confère le présent plan. Le Conseil de sécurité des Nations unies s'engage à modifier le nom et le mandat de la Minurso afin de lui permettre d'apporter son concours à l'application du plan, notamment pendant la période allant de son entrée en vigueur à la tenue de l'élection du chef de l'exécutif et de l'Assemblée législative de l'A.S.O.

22. Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies offrira ses bons offices aux parties intéressées pour les aider à appliquer le plan. Les parties intéressées conviennent que le secrétaire général est habilité à interpréter le plan et que, en cas de désaccord sur le sens du plan, l'interprétation du Secrétaire général s'imposera à elles.

23. En signant le présent document, les parties intéressées, les pays voisins et l'Organisation des Nations unies acceptent les dispositions du plan, qui entrera en vigueur à la date à laquelle ils l'auront tous signé. 

Documents français déclassifiés sur le conflit du Sahara Occidental

Journal en Mauritanie ou autour: 27 Janvier-4 Février 1972 & 6 Février 1982

Pour la première fois de son histoire, le Conseil de sécurité des Nations unies est réuni en Afrique & Arrestation de ses prédécesseurs par le lieutenant-colonel Ould Haïdalla
Du 28 Janvier au 4 Février 1972, se tient une session du Conseil de sécurité des Nations Unies à Addis-Abeba. L’Assemblée générale l’a réclamée en Décembre, sans s’accorder sur le lieu ; le président en exercice mensuel du Conseil, le représentant de la Somalie, a pressé l’exécution de la résolution pour que la réunion ait lieu pendant son mandat. Les difficultés financières graves de l’organisation rendent très réticents la plupart des « occidentaux ». Le 11 Janvier, les Africains ont gain de cause, une sous-commission est nommée, le siège de l’O.U.A. l’emporte facilement. Kurt Waldheim qui vient de succéder au secrétariat général à U Thant, a été séduit par la proposition, puis l’insistance de Moktar Ould Daddah.

Cette session – de grand retentissement par le seul fait du lieu où elle est tenue – doit examiner principalement le bilan d’un mandat. Celui qu’avait reçu le président de la République Islamique de Mauritanie de ses pairs africains, le 23 Juin 1971 en étant élu à la tête de l’organisation panafricaine (Le Calame du 20 Juin 2007 – chronique anniversaire des 21-23 Juin 1971). Deux missions étaient alors données à Moktar Ould Daddah : celle de démontrer aux grandes puissances « occidentales » leurs responsabilités dans les impasses de la décolonisation en Afrique, et celle d’avancer vers la paix au Proche-Orient, puisque la « mission Jarring », malgré trois ans d’efforts d’un bon négociateur et l’implication, pour une fois, des membres permanents du Conseil de sécurité, n’aboutit pas.

De la première mission, le président mauritanien s’était personnellement et aussitôt chargé : il en avait longuement rendu compte au Conseil de sécurité devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 24 Septembre 1971. L’ancien système colonial n’est pas éradiqué en Afrique, il est même – là où il se maintient – sans commune mesure matérielle ni idéologique avec ce qu’il fut avant le mouvement d’émancipation des années 1960. L’apartheid en Afrique australe, la Namibie, le Zimbabwe et les territoires administrés par le Portugal en sont l’objet et l’illustration. Moktar Ould Daddah le relate ainsi dans ses mémoires : « Pour accomplir cette dernière mission et, accompagné des ministres des Affaires Etrangères d’Algérie, du Cameroun, du Kenya, du Mali, de la Mauritanie, de Zambie, du Secrétaire général de l’O.U.A. et de son adjoint, enfin du Secrétaire général de la Présidence de la République Islamique de Mauritanie, j’effectue le plus long périple qu’un président en exercice de l’O.U.A. ait jamais entrepris. Ainsi, en trois phases, je visite treize pays à travers trois continents autres que le nôtre : l’Amérique, l’Europe et l’Asie. Les treize pays visités sont les Etats-Unis, le Canada, l’Islande, la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark, la Hollande, la Belgique, la Grèce, la Suisse, la Turquie et le Japon. Dans chacune des treize capitales visitées, ma méthode de travail est la même : je rencontre les Chefs d’Etat et les principaux responsables politiques. Je leur expose l’objet de ma mission, en adaptant chaque fois mon exposé à mes interlocuteurs : poids spécifique de leur pays, ses engagements internationaux, ses possibilités d’influencer positivement le Portugal, l’Afrique du sud et la Rhodésie. Comme la grande majorité des pays visités sont membres de l’O.T.A.N., je mets en cause l’aide - directe ou indirecte - de ces pays au Portugal qui, détournant les moyens de l’O.T.A.N., s’en servent pour écraser les luttes de libération nationale dans ses colonies : Angola, Mozambique, Guinée-Bissau. Et je leur demande, au nom de l’Afrique martyre, sinon de supprimer cette aide, du moins de la réduire le plus possible. Je leur demande également de conseiller aux Portugais de décoloniser, aux Sud-Africains et aux Rhodésiens de mettre fin à l’apartheid. Aux uns et aux autres de limiter leurs relations économiques avec l’Afrique du Sud et le Portugal. Même si je semblais prêcher dans le désert, mes interlocuteurs entendaient, tout de même et pour la première fois peut-être, le son de cloche africain. Tous, en tout cas, promirent - du bout des lèvres probablement, et par politesse diplomatique - d’agir dans le sens que je leur suggérais..»

De la seconde, afin de ne pas avoir à se rendre en Israël, Moktar Ould Daddah se décharge physiquement mais pas moralement sur le président Senghor . Ce dernier accompagné de ses homologues zaïrois (Mobutu Sese Seko), nigérian (Yakubu Gowon) et camerounais (Ahmadou Ahidjo) fait à deux reprises en Novembre 1971 la navette entre Le Caire et Jérusalem : il est question de zones démilitarisées, de force internationale à Charm-el-Cheikh et d’une négociation directe entre les deux pays pour fixer les frontières.

Au Conseil de sécurité, dès l’ouverture de la réunion d’Addis-Abeba, Moktar Ould Daddah demande qu’en matière de décolonisation, le Conseil joue le rôle jusque là dévolu aux comités et conseils spécialisés, et notamment que ses cinq membres permanents prennent en main directement la Namibie et la Rhodésie. L’accord anglo-rhodésien devrait être invalidé et Portugal comme Afrique du sud suspendus de l’Organisation mondiale. Enfin, il réclame la création d’un fonds d’aide à ceux qui luttent contre les discriminations raciales. A peine de retour à Nouakchott, Moktar Ould Daddah reçoit, le 29 Janvier, Gunnar Jarring : ce dernier est en charge de ce que l’on n’appelle pas encore le processus de paix au Proche-Orient, et sa mission dure déjà depuis plus de trois ans. L’Egypte de Sadate n’a pas encore vraiment vécu la disparition de Nasser, le Premier ministre jordanien est assassiné, les Palestiniens ne sont guère reconnus en tant que tels que par la Mauritanie… et il faudra la guerre-éclair d’Octobre 1973 pour que les complexes d’infériorité (arabes) et de supériorité (israéliens) le cèdent un peu au réalisme. En conclusion de sa mission et aussi de la session du Conseil de sécurité, le 12 Février 1972, la presse sénégalaise, très reprise, rapportant l’opinion du président Senghor, l’échec de la mission des « sages africains » risque d’être imputé aux Israéliens, si ceux-ci ne bougent pas.

Quant à la décolonisation du continent, elle s’articule de la façon la plus cynique : dialoguer ou pas avec le régime de l’apartheid ! Pour Moktar Ould Daddah, le dialogue avec Pretoria a été refusé au sommet de l’O.U.A. par 28 voix contre 5 et il ne peut se faire que selon le manifeste de Lusaka. Echec ? et notamment de Moktar Ould Daddah. Non, car de cette année de présidence mauritanienne de l’O.U.A. et de cette session du Conseil de sécurité à Addis-Abeba date le lien – décisif – entre la libération du continent noir et le règlement de la question de Palestine. Désormais, les Arabes vont s’intéresser aux Etats et aux problèmes sub-sahariens, en diplomatie et en finances. Ecrivant le 23 Février à son homologue, Léopold Sedar Senghor observe : « Vous êtes un militant passionné de l’arabisme, tout comme je suis un militant non moins passionné de la négritude. Il en résulte que – comme je l’ai souvent dit – l’arabisme et la négritude ne sont pour moi, pour nous Sénégalais, que les deux aspects complémentaires de l’africanité ». Surtout, l’unité au sommet est maintenue, ce qui ne sera plus le cas des réunions annuelles à partir de 1976, d’abord du fait de la question saharienne, puis à nouveau pour divergences profondes sur l’avenir de l’Afrique australe : le clivage « progressistes-modérés » qui avait été surmonté en 1963, renaît, s’installe. Il n’y aura cependant pas de relation avec le régime afrikaner, et l’Afrique du sud ne devient membre de l’O.U.A. (53ème) que le 25 Mai 1994, intégrant juste ensuite (le 31) le Mouvement des non alignés (109ème membre), qu’une fois abattu l’apartheid et acquise l’indépendance de la Namibie.

******************

Le 6 Février 1982, déjà arrivé à l’aéroport pour s’envoler vers Nairobi et y participer à un « mini-sommet » de l’O.U.A. sur le Sahara (Sahara Occidental, ndds), Mohamed Khouna Ould Haïdalla – au pouvoir depuis trente mois –, annule au dernier moment son voyage. Il fait arrêter, dans la soirée, l’ancien président du Comité militaire et chef d’Etat, le colonel Mustapha Ould Mohamed Saleck, nominalement la tête des putschistes du 10 Juillet 1978, l’ancien Premier ministre civil Sid’Ahmed Ould Bneijara, qu’il avait lui-même chargé de transition démocratique en même qu’était publié un projet de Constitution, le 17 Décembre 1980, et Baham Ould Mohamed Laghdaf, ancien ministre de Moktar Ould Daddah, puis des putschistes et leur ambassadeur au Maroc. Tous trois sont accusés d’avoir tenté un coup d’Etat, mais aucune indication sur le déroulement de la tentative ni sur les intentions des conjurés n’est ni ne sera jamais donnée. Le procès ne l’élucidera pas, tenu à huis-clos. Ils devaient enlever l’homme fort au moment où celui-ci monterait dans son avion. Thèse officielle : la « tentative isolée (de personnes) mues par l’ambition ». Le 13, quelques comparses, arrêtés dans le cadre de l’enquête ouverte après la découverte du complot, dont un des conseillers d’Ould Haïdalla, sont libérés mais Mustapha Ould Mohamed Saleck ne le sera qu’à la suite du renversement de son ancien co-équipier. Le 6 Mars, les « conjurés » sont condamnés à dix ans de prison ferme, par une Cour militaire spéciale constituée pour la circonstance. Son président, le commandant Sow Samba, expose sans émotion que les condamnés « sont soumis à un régime de détention sévère, ne voient jamais le jour et n’ont contact qu’avec la personne qui leur apporte la nourriture ». Co-accusé, l’exécutant supposé : l’adjudant Be Ould Bneijara, un temps responsable de la section des blindés à l’aéroport de Nouakchott. C’est le frère de l’ancien Premier ministre.

Pour Mustapha Ould Mohamed Saleck , cette voie de fait, lui ayant valu près de trois ans d’incarcération et de traitements particulièrement indignes, est demeurée inexplicable. « La raison de mon arrestation, je ne saurai la dire. Après ce que j’ai vécu de ma première expérience du pouvoir… et après l’avoir quitté délibérément et publiquement… qu’est-ce qui m’aurait bien poussé, à vouloir chercher à le reprendre … et de quelle manière ? Ayant des forces à ma disposition, disposant de tous les moyens nécessaires je n’avais pas voulu rester au pouvoir … pourquoi ? un beau jour, et si peu de temps après, peut-on penser que je suis en train d’organiser clandestinement un putsch ? Cela me surprend d’autant plus que le Président en place était une personne pour laquelle j’avais beaucoup d’estime, officier de valeur que j’avais soutenu à plusieurs moments de sa carrière, et que je croyais jusque là m’être des plus fidèles. Je rappelle, par ailleurs, que c’était le premier du collège à s’être fermement opposé à ma démission. – Donc, l’accusation de complot est inexplicable ? – Tout à fait inexplicable ! Le soir où ils sont venus m’arrêter, je me préparai pour me rendre, vers quatre heures du matin, à mon domicile, à soixante kilomètres au nord de Kiffa. La voiture était là, il y avait des jerricanes d’essence et mes bagages prêts à être embarqués. J’étais très loin de préparer un coup d’Etat. C’était une véritable mascarade montée de toutes pièces. Malheureusement, le régime de l’époque vivait dans la peur. D’autres, profitant de pareille situation, vivaient, eux, de renseignements colportés auprès des services secrets et du chef de l’Etat. Elles étaient souvent fausses. Je crois que les Mauritaniens se souviennent bien du climat particulièrement délétère qui a marqué cette période-là. Réfléchissez bien. Baham, Bneijara et moi, de quel coup d’Etat, étions-nous capables ? qui étions-nous pour pouvoir mener un projet d’une telle ampleur ? à son terme. – Et vous aviez gardé des relations avec… pas seulement d’amitié, mais de conseil politique…, avec Haïdalla après votre départ du Comité ? –Haïdalla demandait régulièrement de mes nouvelles, manifestait beaucoup de disponibilité à mon égard, avait donné instruction à ses collaborateurs de me faciliter son accès. Il m’est arrivé de l’avoir au téléphone ou de lui envoyer des notes écrites. Ce à quoi il a toujours répondu avec beaucoup d’égards. Mais je ne l’ai jamais revu directement, ni cherché à le voir, jusqu’à mon arrestation. D’ailleurs, je n’étais que très rarement à Nouakchott. »

Autant la tentative du 16 Mars 1981 est avérée, autant toutes celles qui suivirent – qualifiées très diversement et toujours considérées comme inspirées ou financées par l’étranger – semblent avec le recul avoir surtout pour origine des rumeurs, concernant le plus souvent des collaborateurs ou des anciens collaborateurs du lieutenant-colonel au pouvoir. Une seule ensuite sera, elle aussi, avérée : le coup d’un autre ancien Premier ministre de Mohamed Khouna, Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, qui réussira.

Pprochaines productions de documents diplomatiques français,
Le 8 Février 2011 : la Mauritanie du point de vue militaire au début de la guerre du Sahara
Le 15 Février 2011 : la Mauritanie indépendante, première année

prochaine chronique anniversaire, à paraître le 22 Février 2011 : 25 Février 1905 - décret portant délimitation du Territoire civil de la Mauritanie et du Sénégal
24-26 Février 2006 - démarrage de la production de pétrole
Notes:
- Moktar Ould Daddah, La Mauritanie contre vents et marées (Karthala. Octobre 2033. 669 pages) disponible en arabe et en français. p. 441
- les dix Sages chargés d’aider les Nations Unies dans la recherche de solutions au Proche-Orient étaient, outre le nouveau Président en exercice de l’O.U.A., les présidents du Cameroun, du Kenya, du Zaïre, de la Côte d’Ivoire, de la Tanzanie, du Sénégal, du Liberia, du Nigeria et de l’Ethiopie

- extraits de son discours d’ouverture de la session du Conseil de sécurité :
“... L’événement, c’est qu’aujourd’hui, du fait que le Conseil de Sécurité ait choisi de venir ici chercher les moyens pratiques de mettre en application les nombreuses résolutions et décisions sur la décolonisation et l’apartheid qui jalonnent la longue carrière de l’Organisation des Nations Unies, Addis-Abeba soit devenu aussi le point de mire de tous ceux qui, de par le monde, ont commencé à douter des aptitudes, si ce n’est de la détermination de la communauté internationale, et surtout, des membres permanents du Conseil de Sécurité, de traduire dans les faits les généreux principes pour lesquels l’Organisation des Nations-Unies a été créée ... Comment pouvait-il en être autrement puisque la somme de quelques 128 résolutions votées depuis 1960 par le Conseil de Sécurité et l’Assemblée Générale sur la décolonisation et l’apartheid concerne presque exclusivement les peuples africains ? Comment pouvait-il en être autrement dès lors que les divers Comités et Conseils chargés de veiller à l’application de ces résolutions avaient le mandat particulier d’aider les Africains dans leur juste lutte contre les divers tenants de la domination étrangère et de la discrimination raciale ? ...
... L’Afrique reste la seule région du monde dont plus du dixième de la population est encore soumis au joug colonial et à la discrimination raciale ...
... Ne somme-nous pas fondés à espérer qu’ici, plus proche que ne l’est New-York de ces réalités que sont le colonialisme, et la discrimination raciale, se déclencherait l’étincelle qui, hors des divergences d’intérêt entre les Grands souderait une fois peut-être, leur détermination d’agir en commun et plus efficacement que par le passé, pour offrir aux derniers africains qui n’en jouissent pas encore, ces droits élémentaires que sont l’indépendance, la liberté et l’égalité avec les autres hommes ? ...
.... Pour être élémentaires, des concepts comme la liberté, l’égalité, énoncés sous d’autres cieux, n’évoquent pas toujours, comme c’est encore le cas en Afrique, les réalités quotidiennes et palpables, de souffrance, d’humiliation, de brutalité et d’injures, réalités qui marquent, chaque jour, le cœur et la chair des hommes en Angola, au Mozambique, en Guinée Bissau , aux Iles du Cap-Vert, au Zimbabwe, en Namibie et en Afrique du Sud, par exemple ...
... Ce sont là des faits suffisamment dénoncés et stigmatisés par les africains autant que le sont aujourd’hui les responsabilités individuelles des Etats qui, activement ou passivement, contribuent à renforcer la puissance négative du Portugal, de la minorité blanche de Rhodésie ou du Gouvernement Sud-Africain contre les intérêts des peuples de notre continent
... L’O.U.A. propose formellement qu’un Conseil groupant des membres du Conseil de Sécurité parmi lesquels nécessairement les cinq membres permanents, soit chargé de l’administration de la Namibie et prenne toutes les dispositions pour assurer effectivement cette administration ...
... A cette décision qui inscrirait dans la longue histoire de la décolonisation une de ses dates les plus marquantes, nous autres africains trouvons un avantage de poids : c’est qu’elle signifierait un renouveau d’espérance non seulement pour le peuple de la Namibie, mais encore pour tous les autres qui, en Afrique du Sud, en Rhodésie, dans les colonies portugaises, luttent avec acharnement pour affirmer leur dignité et recouvrer leur liberté ...
... Au nom de l’Organisation de l’Unité Africaine, au nom de tous les peuples et gouvernements africains, je vous souhaite, Monsieur le Président, Messieurs les membres du Conseil de Sécurité, plein succès dans vos délibérations, afin que cette session d’Addis-Abeba trouve, aujourd’hui, dans le cœur des hommes qui souffrent et demain, dans l’Histoire, une juste place parmi les grands événements qui ont amélioré la condition humaine.”

- Débattue du 21 au 23 Juin 1971, la proposition de Félix Houphouët-Boigny de dialogue avec Pretoria avait été rejetée par 28 voix contre 6 (Gabon, Côte d’Ivoire, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice) et 5 abstentions (Haute Volta, Dahomey, Niger, Togo, Swaziland). En Conseil des ministres précédent, du 15 au 19 Juin, avait été rejetée par 27 voix contre 4 (Lesotho, Malawi, Madagascar et Swaziland) « l'idée d'un dialogue quelconque avec le régime sud-africain qui n'aurait pas pour but unique d'obtenir pour le peuple opprimé de l'Afrique du Sud la reconnaissance de ses droits légitimes et imprescriptibles et l'élimination de l'apartheid, conformément au manifeste de Lusaka » et il avait été affirmé que « tout acte en vue de trouver une solution aux problèmes du colonialisme doit se situer dans le cadre de l'O.U.A. et selon ses directives ». Du coup, le ministre ivoirien des Affaires étrangères quitte la conférence à la suite de heurts sur l'ordre du jour libellant sa proposition : « implications de la proposition de dialogue avec le régime minoritaire qui est contraire aux décisions de l'O.U.A. à l'égard de l'Afrique du Sud », alors qu’Abidjan avait proposé : « rapport entre la paix par la neutralité proposée par la Côte d'Ivoire, le manifeste de Lusaka et le non-alignement tel que le pratiquent certains Etats : leur implication sur le devenir de notre continent »
- Clivage particulièrement marqué, en Juillet 1976, au sommet de Port-Louis (Maurice) : participation de 20 chefs d’Etat seulement, et en Juillet 1980, à Freetown, présence de 16 Chefs d’Etat et 8 chefs de gouvernement, absence remarquée du Gabon

- Entretien à Nouakchott, le 23 Avril 2006 – publié par Le Calame le 22 Juillet 2008


Sahara Occidental : 35 ans d'exil


Depuis l'automne 1975, 200.000 Sahraouis sont réfugiés dans le Sud-Est algérien, un désert aride écrasé de soleil. 
Prisonniers d'une situation politique confuse, qui mêle Maroc, Algérie et communauté internationale, ils survivent tant bien que mal. 

Située au sud du Maroc, à la frontière entre le Maghreb et l'Afrique noire, l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental est le dernier pays d'Afrique à n'avoir pas encore accédé à l'indépendance.

En 1973, les Sahraouis créent un mouvement de libération nationale : le Front Polisario, qui aujourd'hui encore lutte pour l'indépendance. Lorsqu'en 1975 le Maroc et la Mauritanie envahissent le pays, la plupart des Sahraouis fuient vers l'Algérie. Exilés, ils s'installent dans des campements de réfugiés près de Tindouf. En février 1976, en pleine guerre, le Front Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

Ce n'est qu'en septembre 1991 qu'un Plan de paix est adopté par le Conseil de sécurité des Nations Unies. L'ONU envoie une mission sur place, la Minurso, chargée de surveiller le cessez-le-feu et d'organiser un référendum d'autodétermination.

Mais à l'heure actuelle, le référendum n'a toujours pas eu lieu et le Sahara occidental reste occupé.







Seize ans de guerre ont déchiré les Sahraouis après l'invasion de leur territoire, en 1975, par le Maroc et la Mauritanie. Lorsqu'en 1979 la Mauritanie se retire du conflit, le Maroc tente d'endiguer la progression des soldats sahraouis en construisant des murs de protection.


Ces murailles placées sous haute surveillance existent toujours. Sur la carte, ils apparaissent en rouge et marquent la frontière entre les territoires occupés par le Maroc - à l'ouest de cette ligne - et les territoires dits "libérés", reconquis par les Sahraouis - à l'est.



Les campements de réfugiés sont situés côté algérien, à la frontière avec les zones libérées.

Côte d'Ivoire : Le camp Gbagbo souhaite que Choi et Bakayoko s’expliquent devant le Panel de paix de l’ONU

M. Gnamien Yao
L’ambassadeur Gnamien Yao, conseiller diplomatique du président sortant de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, déclare dans un entretien au quotidien Le Temps qu’il serait nécessaire que le Représentant spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire, Y.J. Choi, et le président de la Commission électorale indépendante ivoirienne, Youssouf Bakayoko, témoignent devant le Panel de paix de l’UA pour la crise ivoirienne. 

En effet, M. Yao estime que les membres du Panel « vont essayer de faire triompher la vérité et à partir de cet instant, tous les acteurs sont prévenus. Ceux qui accusent et qui sont accusés, et puis ceux qui ont été à l’origine de la crise ; je veux parler de M. Choi, je veux parler du président de la Commission électorale indépendante, M. Bakayoko. L’espoir de tous les Ivoiriens, c’est que le président de la CEI rentre de son « exil forcé ». Qu’il rentre de France pour venir s’expliquer et le président du Conseil constitutionnel dise sa part de vérité. C’est lorsqu’on aura entendu tout ce monde, que la vérité sera dite et que nous pourrons avoir un président de la République de Côte d’Ivoire qui sera celui de tous les Ivoiriens. Bien entendu, en ce qui nous concerne, nous pensons qu’au regard de la Constitution ivoirienne comme au regard de toute Constitution à travers le monde, le président de la République de Côte d’Ivoire, c’est Laurent Gbagbo ».

Côte d`Ivoire : nouvel incident avec les Casques bleus, l`ONU appelle au calme

Soldats d'ONUCI en pleine activité
L'Opération des Nations Unis en Côte d'Ivoire (ONUCI), a déploré lundi « les tentatives continues d'entraver la liberté de mouvement de sa force ».

« Un convoi de ravitaillement a été bloqué par des civils au corridor de Gesco, à l'entrée d'Abidjan, depuis le 26 janvier 2011. Dans la nuit du 26 au 27 janvier, des éléments de la police de l'ONUCI ont du recourir a l'emploi de gaz lacrymogène pour disperser la foule », a indiqué lundi la mission onusienne par communiqué de presse.

Le général de division et commandant de la Force de l'ONUCI, Abdul Hafiz, a salué les éléments de la gendarmerie nationale de Côte d'Ivoire qui étaient présents sur les lieux et qui ont aidé les Casques bleus dans la nuit du 26 au 27 janvier et dans la journée du 28 janvier 2011.

L'ONUCI a aussi précisé que « l'accusation, véhiculée par la Radio télévision ivoirienne (RTI), le 28 janvier 2011, selon laquelle la force de l'ONUCI a lancé une grenade défensive en direction des gendarmes de l'escadron de Yopougon venus la tirer des griffes d'une population en colère », est fausse.

Les Casques bleus « n'ont à aucun moment utilisé une grenade défensive contre qui que ce soit », indique l'ONUCI qui souligne que « les grenades défensives ne font pas partie de la dotation des contingents de l'ONUCI ».

L'ONUCI a indiqué « que des jeunes ont érigé, vendredi 28 janvier 2011, des barricades et une bâche à une vingtaine de mètres de l'entrée de son camp de transit, situé à l'ancien Lycée américain ». Les Casques bleus sont parvenus « à démanteler ces entraves à sa liberté de mouvement moyennant l'emploi d'une force mesurée ».Face à cette situation, l'ONUCI a appelé au calme et a rappelé « que son rôle est d'aider et d'accompagner toutes les parties ivoiriennes à trouver une issue pacifique par le dialogue constructif ».

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a encore souligné samedi les principes qui devraient, selon lui, guider les efforts destinés à résoudre la crise politique en Côte d'Ivoire, parmi lesquels figure le retrait du président sortant Laurent Gbagbo, pour permettre la désignation d'un gouvernement d'unité nationale par le président élu, Alassane Ouattara.

Intervenant à la Réunion de haut niveau sur la Côte d'Ivoire organisée à la veille de l'ouverture du sommet de l'Union africaine (UA), à Addis-Abeba, en Ethiopie, il a estimé que la remise en cause des résultats de l'élection présidentielle de novembre 2010 « constituerait une grave injustice et créerait un précédent malheureux ».

Sahara Occidental : Emboirik poursuivi par la justice brésilienne

La famille de l'ex-petite amie du diplomate sahraoui Emboirik Ahmed a porté plainte contre lui devant la justice brésilienne pour abu...