Sidi Ifni, 40 ans après


Sidi Ifni est une ville cotière du sud du Maroc. Elle est située dans la région de Souss-Massa-Draâ entre la ville de Tiznit et celle de Guelmim.

Situé sur la côte Atlantique sud à 160 Km au Sud d'Agadir, le port de Sidi Ifni est à vocation de pêche au poisson et aux fruits de mers tel que la sardine, le loup, la sole, la dorade ou encore les moules.

Tirant son nom du marabout de la région, Sidi Ifni était connu des espagnols sous l’appellation, Santa Cruz del Mar pequeña. L'architecture hispano-mauresque de cette ville est en grande partie due à cet héritage colonial. La ville fut en effet colonisée en 1934 après une longue et digne résistance des habitants de la région, issus de la tribu des Ait Baamrane.

Sidi Ifni est situé a proximité de nombreuses plages au rivage séduisant, tel Legzira, Mirleft, Sidi Ouarzig ou encore la plage blanche qui attirent pas mal de surfeurs en été.

L'arrière pays est parsemé d'arganiers et de figuiers de barbarie dont les habitants tirent leur ressource. Le calme qui règne dans les ruelles du centre-ville, dans ses parcs hérités de la présence coloniale espagnole, ou sur son "Paseo Maritimo" de la même époque, surplombant majestueusement la plage et l'océan, en fait un lieu de visite particulièrement agréable.

La ville, située à une trentaine de kilomètres au sud de Mirleft, dispose de nombreuses installations touristiques confortables (hôtels et restaurants notamment).

Aujourd'hui, 30 juin, mais de l'année 1969, la ville de Sidi Ifni passait au contrôle du gouvernement marocain après la retraite espagnole.

Quarante ans après, la précarité et la corruption du régime n'ont pas permis les nobles guerriers des Ait Baamrane de profiter des avantages de leur terre et ont conduit la population, le 7 juin 2008 à une révolte pour revendiquer leurs droits légitimes.

La frustration des habitants de Sidi Ifni est à la hauteur du délabrement que vit la ville. Des conditions qui poussent les Baâmranis à demander le rattachement de la ville à la région de Guelmim-Smara pour bénéficier des faveurs qu’accorde le régime aux populations du Sahara Occidental. Les manifestants, qui ont assiégé la Bachaouiya de la ville, ont scandé des slogans, revendications d’ordre socio-économique : construction d’un port, transformation de la bachaouiya en préfecture, gratuité des soins, subventions sur les produits alimentaires… En somme, ils ont demandé les avantages généralement accordés aux habitants du territoire disputé. Selon l'Association Sahara Marocain, une ONG créée par le palais, Sidi Ifni ne fait pas partie du territoire sahraouie disputé. Summum du paradoxe, quand il était question du référendum au Sahara, les tribus d’Ait Baamrane étaient incluses dans la liste des populations appelées à voter. Chose surprenante, pour la simple et bonne raison qu’ils sont « chleuhs » et non pas sahraouis (plus que la différence ethnique il y a celle linguistique). Et aujourd’hui, les autorités refusent d’accéder à leur requête d’être rattachés à Smara et pas à Agadir…

A une revendication légitime pour du travail et des services sociaux, la seule réponse de l’Etat était la répression, et, comme à l'accoutumé, il avance sa théorie de la conspiration au point d'accuser les habitants de la ville de s'aligner des "thèses séparatistes du Polisario". Les hommes ont été jetés en prison, les femmes violées et la dignité humaine était tout simplement bafouée. Des évènements dramatiques qui se déroulèrent dans ce havre touristique de la jet-set, et le plus souvent complaisants envers ce régime monarchique moyenâgeux et ses pratiques médiévales.

La réponse des autorités de Rabat était la preuve irréfutable que le Maroc marche a reculons dans l’échelle de l'I.D.H. derrière la Tunisie, l’Algérie, la Libye ou le Liban. L’analphabétisme, 55 ans après l'indépendance, dépasse le taux de 40%, les services médicaux pratiquement inexistants pour les démunis et aucune réponse sérieuse n’a été donnée aux légitimes demandes de la population pour une vie meilleure et digne.

Messages des anciens prisonniers de Sidi Ifni

15 mai 2009
À tous ceux qui nous ont soutenus
C'est grâce à la solidarité que vous avez exprimée à travers les pétitions, les rassemblements devant les ambassades et les manifestations que nous, prisonniers, avons pu résister derrière les barreaux des prisons du régime marocain. Cette solidarité magnifique avec nous et avec la population réprimée de Sidi Ifni-Aït Baamrane, ajoutée aux efforts de résistance de nos familles et des associations marocaines militantes, a été un bouclier protecteur qui a obligé le régime marocain à alléger les condamnations injustes prononcées contre nous par la Cour d'appel d'Agadir. Nous vous exprimons notre gratitude et notre joie pour cette victoire mais nous voudrions insister sur le fait que nos camarades encore emprisonnés à la prison d'Inezgane et de Tiznit ont encore un grand besoin de votre soutien (voir liste ci-après) Par ailleurs, la clémence relative du jugement n'est qu'une victoire provisoire et partielle, car les personnes jugées, qu'elles soient encore en détention ou en liberté, sont en attente d'un procès en appel dans les prochains mois. En outre les promesses de développement restent largement fictives et sans rapport avec les revendications réelles des habitants. Chers camarades, notre résistance face à l'appareil de répression sauvage et votre solidarité sans faille seront la seule garantie pour que notre victoire soit complète et une boussole pour la poursuite de notre combat commun. Vive la solidarité!
Venceremos
Brahim Bara, Azeddine Amahil, Mohamed Lamrani, Mustapha Akesbi
(Ex-prisonniers de Sidi Ifni)
Liste des détenus encore en prison : Hassan Agharbi, Zakaria Rifi Zine, Elabidine Radi, Houssein Tizougarine, Mohamed Issam, Ahmed Ahgoun, Hussein Boumzough
Brahim Harbili, Saoulajane Elhouari, Omar Aarab, Miloud Boutakat

Le Maroc persiste et signe


L'émissaire de l'ONU pour le Sahara Occidental, M. Christopher Ross, s'est déclaré lundi "optimiste" quant à l'organisation d'une "première rencontre informelle" entre le Maroc et le Front Polisario pour discuter de l'avenir de ce territoire.

"Je suis optimiste quant à cette première rencontre informelle qui, j'en suis sûr, apportera une contribution importante à la recherche d'une résolution du conflit qui dure déjà depuis trop longtemps et qui entrave le travail qui doit être fait au niveau de l'intégration régionale", a ajouté M. Ross à l'issue d'un entretien avec le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération Taïb Fassi Fihri. Celui-ci a déclaré immédiatement après sa rencontre avec M. Ross que "l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, M. Christopher Ross poursuivra son action sur la base de ce qui a été fait par les Nations Unies et son prédécesseur, les acquis réalisés durant ces dernières années et la dynamique enclenchée par l'initiative marocaine d'autonomie".

Décidément, l’Etat marocain et son élite persistent et signent. Aucun décollage ne sera prévu pour que les négociations voient une éclaircie. La déclaration du ministre marocain des affaires étrangères s'inscrit dans la ligne des fâcheuses habitudes des autorités marocaines tendant à saborder tout processus de paix onusien et à obscurcir tous les horizons.

Le chapitre des violations des droits de l’Homme, les violations du cessez-le feu, les emprisonnements des étudiants sahraouis dans les universités marocaines, les provocations quotidiennes s’enrichit de jour en jour. De défaite en défaite, de menace en menace, de provocation en provocation, le gouvernement marocain se range fermement du côté de la politique de l'autriche, et par conséquent du mépris de la communauté internationale et de l'éthique de connivence pacifique.

C'est ce Maroc-là qui est responsable d'un drame régional sanguinaire et de souffrances régionales inhumaines qui dure depuis de trois décennies, notamment dans les territoires occupés du Sahara Occidental. L'inimitié et les ambitions expansionnistes affichées par les responsables marocains ne vont servir à rien, car le rêve d'avoir un empire de Tanger au Fleuve Sénégal s'est définitivement estompé face à la détermination de tout un peuple à préserver ses droits, quel que soit le prix à payer.

De même, tout le monde sait que le Maroc n'est autre qu'une carte caduque de la guerre froide, une monarchie qui essaie de rattraper ses erreurs du passé en essayant de s'approprier des ressources naturelles d'un peuple pacifique qui ne demande qu'à vivre en paix sur sa terre.

L'optimisme de Ross face à l'obsession marocaine


La tournée de M. Christopher Ross constitue l'amorce d'une nouvelle étape dans le traitement du dossier du Sahara Occidental, après toute une série de règlements heurtés au cynisme du Maroc et de sa protectrice, la France. L'on évite de citer les Etats-Unis qui semblent, contrairement en France, décliner toute ingérence directe dans le conflit.

Bientôt s'ouvriront quelque part les contacts officiels entre le Maroc et le Front Polisario au sujet du Sahara. L'une des questions en suspens dans ces négociations demeure la position du Maroc. Va-t-elle se débarrasser de tous les démons du passé et s'adhérer à participer à une dynamique de paix dans la région ? Pour l'instant, tout ce qu'on entend ce sont les hypothèses et les fantasmes du régime marocain dans lesquels il réaffirme ses traditionnelles allégations et son opposition à toute solution politique consensuelle au différend sahraoui. Les déclarations des responsables marocains confirment, encore une fois, l'attitude paradoxale de ce pays à l'égard de ce conflit. On continue à répéter la chanson de l'autonomie. En fait, cela signifie que le Maroc s'est simplement contenté de transiger sur sa position classique pour assurer l'occupation définitive du territoire. Pourtant, l'ONU a déclaré cette proposition marocaine caduque et dépassée par le droit international. Une proposition qui frise le ridicule, surtout émanant d'une monarchie archaïque bâtie sur les cadavres des militants marocains et des combattants de la liberté sahraouis et dont la diplomatie n'a pour objectif que de préserver la monarchie même au prix de déstabiliser toute la région méditerranéenne. Une diplomatie qui a subi d'innombrables revers tant à l'Assemblée Générale des Nations Unies, au Conseil de Sécurité, au Comité Spécial de Décolonisation, comme à l'Union Africaine et à la Conférence des Non-alignés.

En effet, c'est là le sort inéluctable de tout plan et de toute tentative qui ne prendrait pas en considération les aspirations légitimes de ce peuple, fortement enracinés dans le droit international.

Durant longtemps, le Maroc a dupé l'opinion internationale, usant d'une panoplie d'artifices allant de la supercherie et le chantage, au mensonge et à la tergiversation. D'ailleurs, tout un chacun sait que la pseudo-proposition du Maroc n'est qu'une manœuvre tactique de dernière minute.

La communauté internationale a enfin découvert les faces cachées de la dictature alaouite où la fin, qui est la pérennité du trône, justifie tous les moyens dont les plus atroces, comme la tentative d'extermination de la population sahraouie avec des armes de destruction massive ou le soutien plus que prouvé des services secrets marocains aux opérations terroristes en Algérie. Les Espagnols ont toutes les raisons de se douter de l'implication du régime marocain derrière l'attentat du 11 mars 2004 à Madrid.

Comme à l'accoutumée, les responsables marocains, en désarroi, vont chercher à dynamiter les efforts du M. Ross, faisant en sorte que les négociations ne portent que sur la mise en oeuvre du plan d'autonomie.

Néanmoins, l'heure est à l'optimisme et non à l'incertitude et Ross est un homme qualifié pour faire avancer le processus de règlement, d'abord parce qu'il est un grand connaisseur du Maghreb et du problème du Sahara Occidental, ensuite par ses qualités de responsable impartial et expérimenté. Sans oublier qu'il a accepté de prendre en charge un dossier sur lequel beaucoup d'hommes chevronnés se sont cassé les dents. Parce qu'il a sa vision à lui pour arriver à la fin d'un conflit qui n'a que trop duré.

Le Front Polisario, pour sa part, se trouve conforté dans sa position par la communauté et la légalité internationales auxquelles, pendant plus de 34 ans, a été donné de se rendre compte que toute solution se soldera par un échec si elle ne tient pas en compte les droits du peuple sahraoui.

La propagande visant à détourner les définitions du droit international et salir l'image du Polisario et de le qualifier de tous les mots (mercenaires, trafiquants, terroristes…) n'ont eu pour résultat que l'unanimité mondiale sur la mauvaise volonté des autorités marocaines. Tout comme il y a eu unanimité sur une solution qui respecte le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Il n'y a pas une autre chance à la paix et à la construction d'une entité régionale pour les peuples du Maghreb et de la Méditerranée que la mise en œuvre des résolutions pertinentes de toutes les composantes de l'ONU et contraindre le Maroc à respecter ses engagements.

Le Sahara Occidental, un territoire non-autonome


Le Sahara est un territoire non autonome, ce qui veut dire qu'il appartient à ceux qui l'habitent sans pour autant qu'un état ne l'administre. Le terme territoire non autonome est utilisé par l'Organisation des Nations Unies pour désigner un territoire « dont les populations ne s'administrent pas encore complètement elles-mêmes ». En mai 2008, Ban Ki-moon, Secrétaire-général de l'ONU, appelait les puissances coloniales à « compléter le processus de décolonisation dans l’ensemble des seize territoires non autonomes restants, sans exception »

Le Sahara Occidental compte parmi les 16 territoires non-autonomes recensés par les Nations Unies. Cela veut dire que les habitants du Sahara Occidental doivent choisir la destinée de leur territoire. L'Etat marocain semble oublier cette vérité. Cela n'est pas étonnant dans un pays établi comme le premier pays producteur et exportateur de cannabis, une drogue dont les effets amnésiques sont connus par la science.

Sur la base de ce droit, les Nations Unies, depuis 1965 appellent à la décolonisation de cette ancienne colonie espagnole et le Comité Spécial des 24 vient de rappeler «la responsabilité envers le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination et a fait sienne toutes les résolutions antérieures adoptées par l’Assemblée générale des Nations unies sur le Sahara occidental», a précisé un communiqué de Sahara Press Service. Tous les regards sont désormais tournés vers Rabat où doit se rendre en fin de semaine Christopher Ross. Une escale qui constituera un véritable test de la bonne volonté des autorités marocaines.

M. Ross semble être un homme de négociations. S'il s'éloigne de l'influence négative française, il a beaucoup d'atouts en sa faveur. Sa compétence, liée à sa profonde connaissance de la région et les facteurs de blocage du processus de paix entamé il y a 18 ans et sait où ses prédécesseurs se sont cassés les dents, il préconise les négociations secrètes et ne fera pas de déclaration fracassante tant qu'il n'est pas sûr de l'évolution du dossier. Tous ces facteurs joueront un rôle essentiel dans les prochaines rencontres.

L'Afrique du Nord aurait pu être un paradis, s'il n'y avait pas cette obsession du royaume chérifien de vouloir engloutir tous les territoires voisins.

Il est temps d'arrêter l'hystérie des dirigeants marocains, cet état d'esprit qu'ils ont transmis délibérément au peuple marocain pour le transformer en hystérie collective contre le peuple sahraoui. Pour cela, le gouvernement marocain n'a que les calomnies, les mensonges et la désinformation pour éviter tout débat de fond. Il a semé un brouillard tellement épais qu'il aveugle le peuple marocain jusqu'au point de vouloir le génocide pour les peuples frères algérien et sahraoui. Les manipulations de Rabat ont fait de la population marocaine des esclaves pliés à sa volonté et de chair à canon pour ses folles aventures de conquête.

Aujourd'hui, le Maroc est bien obligé de négocier sur ce dossier en raison des pressions de la communauté internationale. Dans les prochains mois, il devra faire le choix entre la raison et la continuité de ses croisades contre les pays voisins.

La crise financière frappe de plein fouet, et les méthodes de l'époque de la guerre froide ne sont plus d'aucune efficacité. Il ne sert plus à rien de se prosterner devant les Français et les Américains ou les Espagnols pour offrir ses services. Cette technique de crier au loup qui allait à merveille à Hassan II, est un costume qui n'est plus à la mesure du roi Mohamed VI. Dix ans de règne ont fait tomber tous les maquillages que le royaume portait pour présenter ce qu'ils appelaient la "spécificité marocaine" qui n'est autre que la continuité de la dictature monarchique, la répression, les violations des droits de l'homme, la restriction des libertés de presse… et surtout la haine, une profonde haine envers le peuple sahraoui.

Le Maroc appelé à rejoindre la voie de la raison


Au moment où l'envoyé spécial est en tournée dans la région pour faire avancer le plan de paix, les responsables et la presse marocains prennent le contre-pied de la tergiversation en défendant une option clairement écartée du réalisme. L'ONU est arrivée à ce même constat dans sa dernière résolution (1871) : Le plan d'autonomie n'est pas une solution appropriée ni voie applicable ni de par le caractère global de son approche ni en pertinence en tant que sortie honorable qui puisse garantir aux sahraouis de voir leurs rêves d'indépendance, stabilité et développement durables réalisés.

Dans la continuité de la position claire et permanente qui a toujours été la sienne, le Front Polisario, tout en réitérant son ferme soutien aux efforts du M. Ross pour parvenir à une solution politique négociée, il a rappelé qu'il ne saurait en aucune manière accepter ou tolérer toute solution qui ne permettrait pas au peuple sahraoui d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination.

Le peuple sahraoui dénonce avec force la lâcheté du soutien et l'ingérence de la France dans l'affaire du Sahara Occidental qui ne la regarde ni de près ni de loin. Il s'agit de tentatives dont le seul objectif est de torpiller les efforts de règlement pacifique du contentieux qui a connu une nouvelle dynamique grâce à l'entrée en scène du nouvel envoyé spécial.

La réalité est poignante puisqu'elle démontre les tergiversations angoissées d'un régime en perte de repères tant politiques que diplomatiques. La communauté internationale a compris que le pouvoir de Rabat est incapable de convaincre que son plan d'autonomie n'est pas une façade.

Ces provocations procèdent d'une stratégie délibérément poursuivie par le Maroc et la France dans le but précis de saborder le processus politique en cours et saper la dynamique de règlement pacifique laborieusement mise en place par la communauté internationale. A croire que Rabat a besoin de faire perdurer ce conflit qu'elle a confectionné affin de créer les diversions politiques qui pourraient détourner encore l'attention du peuple marocain frère de ses vrais problèmes. Mais les temps sont révolus et la population marocaine n'est pas dupe.

Par leur caractère répétitif, les provocations marocaines compromettent sérieusement le processus de paix entamé depuis le cessez le feu en 1991 et toute illusion de voir un jour L'Union du Maghreb Arabe se concrétiser. L'intégration régionale est tributaire du règlement de la question du Sahara Occidental et il serait temps que les membres du Conseil de Sécurité onusien se dressent pour faire face aux intransigeances marocaines.

Les autorités marocaines doivent faire preuve de réalisme. Il est temps de tourner la page. L'évidence est là : Un Etat sahraoui garantirait les meilleures relations avec tous ses voisins.

Dans cette optique, une nouvelle rencontre est prévue dans un futur proche et au cours de laquelle des options n'auront pas lieu d'être abordées : L'autonomie ou toute sorte d'intégration au Maroc. A part ce point, le terrain est vaste pour explorer toutes les pistes. Dans ce cadre, la détermination du peuple sahraoui et la justesse de sa cause conduiront M. Ross à tirer ses propres conclusions et donner à Dieu ce qui est à Dieu et au César ce qui est au César. Car il faut bien retenir que le peuple sahraoui n'a jamais cessé de réclamer ce qui lui appartient comme droit légitime. De même qu'il a fait preuve de patience et de modération qui méritent le respect et la considération de toute la communauté internationale.

A l'occasion, nous appelons le Secrétaire Général de l'ONU et son envoyé spécial à amener le Maroc à la voie de la raison, de cesser de perdurer le statu quo et les positions qui ne conduiront qu'à d'autres décennies de tension, de guerre et de souffrances pour tous les peuples de la région.

Pourquoi l'UPM est impossible


Un an après son lancement, l’Union pour la Méditerranée (UPM) n’a pas emporté l’adhésion des Algériens. Alors que certains partis politiques n'ont pas hésité à demander aux autorités de se retirer de cette union, le monde économique se questionne encore sur les possibles apports de l'UPM.

Parmi ces personnalités réservées figure l’un des principaux représentants du patronat algérien, Slim Othmani, directeur général de NCA-Rouiba, le leader algérien des boissons et jus à base de fruits. Ce jeune chef d’entreprise dit ne pas avoir d’a priori sur l’UPM qui doit, selon lui, être « bâtie sur des projets concrets auxquels nous, en tant que nation, sommes libres d’adhérer ou non ».

Précisant que « l’UPM n’est ni une association ni un accord obligatoire », ce membre fondateur de l’APAB (Association des producteurs algériens de boissons) dont il est actuellement le vice-président rappelle qu’« un projet se fait sur une base équitable excluant de facto certains rapports de forces liés au profil pays, émergents versus non émergents ».

Autre figure symbole de la société algérienne, Farid Cherbal, enseignant-chercheur en biologie à l’Université des sciences de la terre Houari Boumediene (USTHB) dans la banlieue d’Alger, ne cache pas son opposition à l’UPM « en raison de la situation politique et géostratégique qui règne en Méditerranée actuellement ».

Le biologiste ne se focalise pas sur le seul conflit du Moyen-Orient, puisqu’il précise qu’«un deuxième Etat signataire de ce document fondateur, le Maroc, continue aussi de coloniser le Sahara Occidental depuis 1976, de réprimer le peuple sahraoui à qui est refusé à ce jour l’organisation d’un référendum d’autodétermination pourtant stipulé par de multiples résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. »

Partant de là, Farid Cherbal constate que les fondateurs de l’UPM sont rattrapés par le réel géostratégique et historique et qu’ils ne peuvent se dérober plus longtemps à une question fondamentale qu’il formule ainsi : « Peut-on construire un espace de paix et de prospérité en Méditerranée tant que le colonialisme israélien occupe la Palestine et opprime, depuis 60 ans maintenant, le peuple palestinien, et tant que l’on refuse au peuple sahraoui son droit à l’autodétermination ? »

Le généticien, qui représente une nouvelle génération de syndicalistes algériens à travers son militantisme dans le syndicat CNES (conseil national des enseignants du supérieur), considère à partir de là « que le projet de l’UPM n’est pas viable. »

Rappelant que la guerre d’indépendance du peuple algérien a posé comme principe fondateur à la politique étrangère algérienne postcoloniale « le soutien permanent et la solidarité agissante à l’égard de tous les peuples du monde en lutte pour leur indépendance », Farid Cherbal se déclare partisan de « la construction d’un nouvel espace géostratégique, politique et économique méditerranéen au service exclusif des droits politiques, sociaux, économiques et culturels des peuples de la Méditerranée. »

Une autre personnalité, politique celle-là, dénonce sans détour l’UPM. Il s’agit de Hocine Ait Ahmed, chef du Front des forces socialistes (FFS), qui considère que « cette union, fondée sur la complicité et la compromission avec les dictatures, enterre les peuples et prend en otage la démocratie.»

Accusant sans détour Nicolas Sarkozy de développer une conception de l’UPM datant de « la guerre froide des années 70 et 80 qui avait gelé le grand mouvement de décolonisation en faisant proliférer la dynamique des dictatures indigènes, ghettoïsant peuples, sociétés et individus du Sud, les condamnant ainsi à toutes les formes de violences, de misère et d’aliénation », le vieil opposant au régime conclut par une critique virulente des dirigeants du Nord : « Au lieu de se gargariser des droits de l’homme et de la ‘’civilisation’’, il faut d’abord et avant tout civiliser le politique en garantissant l’indépendance de la justice dans les deux rives. Les peuples maghrébins méritent mieux. Le peuple français mérite mieux aussi. »

Source : www.econostrum.info

Le prix de la paix au Maghreb


Les activités du M. Christopher Ross, nouvel envoyé spécial de Ban Ki-moon pour le Sahara Occidental, vont reprendre à un moment où il y a unanimité sur le fait que l'UMA ne peut réactiver ses structures et mettre en œuvre ses décisions au moment où l'un de ses membres fondateurs s'obstine à vouloir s'emparer des terres de ses voisins. Il n'existe pas de par le monde un groupement de pays qui appelle à la complémentarité et au partenariat alors que l'un de ses pays occupe, torture et viole les droits les plus fondamentaux d'un des peuples de la région.

Nous ne pouvons qu'exprimer notre grand étonnement de voir la question du Sahara Occidental toujours inscrite à l'ordre du jour de l'ONU depuis le 14 décembre 1960, date de la résolution 1514 (XV) de l'Assemblée Générale de l'ONU relative à l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux et qui stipule que tous les peuples ont un droit inaliénable à la pleine liberté, à l'exercice de leur souveraineté et à l'intégrité de leur territoire national".

La question du Sahara est une question coloniale, un territoire non-autonome et tout ce que ça implique en droit d'autodétermination et droit des peuples de disposer d'eux-mêmes. La décolonisation doit s'achever par la reconnaissance des droits historiques du peuple sahraoui.

Le Maroc joue sur le facteur du temps pour affaiblir la volonté des sahraouis, en croyant que de la sorte il finira avec ce contentieux, mais à sa manière... Mais le peuple sahraoui et le Front Polisario se trouvent dans une situation politique confortable sur le plan international : Le droit à l'autodétermination est inaliénable et irréversible, le peuple sahraoui est uni autour de son avant-garde, le Front Polisario, sa détermination reste intacte et la proposition marocaine de l'autonomie se trouve désormais aux oubliettes…

Le Front Polisario n'a pas cessé de déplorer et dénoncer l'attitude du Maroc qui instrumentalise les phénomènes du trafic illégal et du terrorisme à des fins médiatico-politiques dans le but de discréditer et nuire l'image respectable que le mouvement sahraoui s'est forgée au fil des longues années de lutte pour chasser la horde barbare tombée du Nord. L'obstination marocaine à défendre l'indéfendable pourrait altérer les relations qui liaient le Maroc à Washington, surtout que l'Algérie est devenue un partenaire indéniable en matière de lutte contre le terrorisme international.

Les grandes puissances, qui ont compris depuis longtemps les visées hégémoniques du Maroc dans la région, commencent enfin à pointer le doigt accusateur vers le royaume chérifien. Il est temps de mettre fin à cette mascarade et d'accentuer la pression sur les responsables marocains pour les amener à accepter la légalité internationale et mettre fin a ce conflit qui n'a que trop duré.

Les responsables marocains ne peuvent pas se dérober à leur responsabilité morale et politique dans cette affaire. Sans la sauvage invasion marocaine, drôlement appelée Marche Verte, l'affaire du Sahara Occidental n'aurait jamais existé et la destinée des peuples du Maghreb aurait connu un meilleur sort. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Le roi Mohamed VI doit s'armer du courage qui a manqué à son défunt père pour se débarrasser de cette affaire embarrassante pour l'Etat et pour le peuple marocain. Cela ouvrira des nouvelles perspectives pour le bien-être de tous les peuples de la région. En signe de bonne volonté, le Front Polisario a offert le partage de ses richesses nationales avec le peuple marocain pour réaliser le rêve commun du développement et de stabilité et paix sociale. Donc, il est temps de se rendre à l'évidence et de rompre avec les attitudes d'antan caractérisées par la fuite en avant.

La preuve irréfutable de la négative marocaine à toute solution est la politique interne du Maroc où on ne peut pas exprimer un avis contraire à la vision générale de l'Etat. Le parti Voie Démocratique (Annahj addimocrati) subit une des pires violences à cause de son soutien au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Tout cela à un moment où le Front Polisario subit une pression croissante de la souche sociale jeune qui exige le retour immédiat à la lutte armée, seul moyen pour contraindre le Maroc à respecter la légalité internationale.

Le peuple sahraoui réitère son appel à la communauté internationale pour exercer des véritables pressions sur le gouvernement marocain pour l'amener à respecter ses engagements lors de la signature des accords de cessez-le-feu en 1991 et restaurer aux sahraouis leurs droits légitimes à vivre en paix et harmonie avec les peuples frères du Maghreb.

En attendant l'arrivée de Ross


En application de la résolution 1871 du 30 avril 2009, M. Ross se prépare pour une visite dans la région du Maghreb pour des rencontres informels en vue de préparer le terrain pour le prochain round de négociations entre le Front Polisario et le Maroc.

Le gouvernement marocain, en tablant sur des calculs politiques erronés, fait semblant de respecter la légalité internationale, tout en attendant une intervention française pour le sortir de ce cauchemar appelé le Sahara Occidental. Un cauchemar qui dure depuis que Mohamed VI était encore un adolescent de 12 ans. Et s'il ne veut pas se plier au droit international, il risque de vieillir et quitter ce monde, comme son père, sans voir le Sahara devenir définitivement marocain.

Après l'avoir rejeté pendant des années, le Maroc est obligé de négocier avec le Front Polisario dans le but de présenter une proposition qu'il qualifie de nouvelle donne, l'autonomie. Les connaisseurs du dossier savent avec exactitude que ce projet a été maintes fois présenté par le Maroc en 1979 et 1989 lors de la rencontre de Marrakech avec la direction du Polisario. Donc, il n'est pas question que le Front Polisario l'accepte.

Les temps ont révolu. Bush n'est plus aux commandes de la Maison Blanche et l'ONU n'est pas près d'imposer une solution contre le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, et l'allié des sahraouis, l'Algérie, est devenue une puissance politique, économique et militaire dans la région du Maghreb. Tous les ingrédients sont réunis pour que l'Etat sahraoui voie le jour, même si cet Etat existe déjà puisque la République Arabe Sahraouie Démocratique est membre à part entière de l'Union Africaine.

Il a été définitivement clarifié qu'une solution négociée et mutuellement acceptable par les parties ne veut pas dire courir derrière les caprices d'un gouvernement marocain dirigé par un roi attiré par les jeux d'adolescents, ni derrière les décisions d'un gouvernement européen dirigé par un gigolo dont la politique néo-nazi ne veut pas rompre avec le passé colonial.


Par lettre datée du 28 août 2008, Peter Van Walsun a démissionné, non sans avoir rappelé que "la légalité internationale est avec le peuple sahraoui" et que le conflit du Sahara Occidental est dû à une "injustice commise il y a 34 ans". Cet homme, même s'il était controversé, a dit des vérités comme des temples qui sont tombées sur les têtes des dirigeants marocains qui cherchent à contourner cette légalité moyennant le mensonge, la trahison et les méthodes dignes des états voyous.

M. Christopher Ross va entamer une tournée dans la région. Le Front Polisario lui a réitéré l'entière disposition des sahraouis à coopérer pleinement avec les NNUU et l'a assuré de son soutient pour le succès de sa nouvelle mission. Succès qui s'annonce difficile, puisque la presse marocaine commence déjà ses délires de chercher une solution négociée entre l'Algérie et le Maroc. Précisément, c'est le journal Assabah, dans son édition d'aujourd'hui, qui l'affirme. Pour rappel, c'est le même journal qui vient d'être condamné en France pour avoir accusé un journaliste de France 3 d'agent des services secrets algériens.

Logiquement, le seul et unique moyen de résoudre ce problème est de lever tous les obstacles que le Maroc a contribué à dresser le long de ces 34 années et qu'il accepte enfin à reconnaître ses responsabilités et d'en discuter.

Toute la patrie ou le martyre

La déclaration du M. Boukhari Ahmed, représentant du Front Polisario à New York, intervient alors que des interrogations multiples ne cessent sur la volonté des Nations Unies de sortir de l'impasse dans lequel l'organisation onusienne s'est mise.

Elle a le mérite d'apporter une clarification supplémentaire des responsables sahraouis sur ce problème qui constitue un volet important pour la restauration de la légalité internationale et la crédibilité des organismes internationaux, y compris le Conseil de Sécurité.

Tout en réitérant l'engagement des Sahraouis à privilégier la voie pacifique dans la recherche d'une solution juste et équitable au problème sahraoui, et à continuer à collaborer sincèrement avec les instances onusiennes, M. Boukhari n'a pas manqué de rappeler que la communauté internationale doit agir pour éviter le pire.

Opportune et logique, la déclaration du diplomate sahraoui a le mérite de clarifier les choses en attendant l'arrivée du représentant spécial du Secrétaire Général, Ban Ki-moon pour la préparation des rencontres informels entre les deux parties.

Dans les nouvelles négociations, il ne peut y avoir de retour possible aux méthodes marocaines qui ont mis en échec les quatre rounds de négociations précédents. Les multiples blocages et subterfuges des responsables marocains sont à l'origine de tous ces échecs. Sans conditions préalables, pour le Maroc, veut dire rien que l'autonomie. Il n'est pas nécessaire de rappeler que pour les sahraouis, rien n'est acceptable sauf l'indépendance. C'est ça la réalité si amère pour le Maroc. Une autre vision relève de l'imaginaire.

Pour le plus simple des citoyens, c'est clair. La culture nationaliste leur a appris que la volonté des peuples est inquébrantable et la victoire de la lutte armée est sûre. Tous les peuples qui se sont soulevés contre le colonialisme ont fini par arracher leur indépendance.

En octobre 1975, lors de l'invasion du Sahara Occidental, Hassan II avait cru qu'il pouvait s'approprier de notre pays, jouant les héros face à un peuple innocent et des partis politiques meurtris par la répression. Le roi a voulu appeler ça "consensus national". C'en était un, mais fait à coups de matraques.

Le gouvernement marocain a fait de son autonomie un cheval de bataille, il s'est agité à bout de champ aux Nations Unies, à Madrid, Paris, etc… Grâce aux mauvais conseils de la France, il a fini par croire en son plan, ce qui le conduit forcément à la déception lorsque les autorités marocaines ont été mises devant leurs responsabilités. La résolution 1871 était o ne peut plus claire : les parties sont condamnées à trouver une solution négociée qui garantit le respect du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Et la patience du Conseil de Sécurité est arrivée à ses limites. Tout comme la patience de la population sahraouie.

Le Front Polisario reste fidèle à ses engagements pour trouver une solution pacifique et définitive à ce conflit qui dure plus de 36 ans, et le peuple sahraoui reste fidèle à ses principes. Parmi ces principes "Toute la patrie ou le martyre".

Les agents du Makhzen paient leurs fautes


Bête noire du gouvernement marocain et du makhzen, le journaliste Ali Lmrabet vient de gagner le procès intenté au chef du bureau de Madrid de l’agence officielle, Maghreb Arabe Presse (MAP), Saïd Ida Hassan.

Un tribunal d’Almeria a condamné Saïd Ida Hassan et la MAP à 12 000 euros d’amendes pour diffamation et atteinte à l’honneur du journaliste Ali Lmrabet. N’écoutant que son «patriotisme», IDA Hassan s’était rendu de Madrid à Almeria en avril 2005 pour bizuter une conférence sur l’immigration que donnait Lmrabet à l’université d’Almeria. Le correspondant de la MAP n’y est pas allé par quatre chemins. Il avait pris la parole en se présentant comme correspondant de la MAP et membre du Syndicat national de la presse marocaine pour faire le procès du journaliste. Il l’a accusé d’avoir écrit dans un journal espagnol que «tous les Marocains résidant en Espagne étaient des terroristes». Ce que le journaliste avait oublié est qu’il était en Espagne et qu’il serait dans l’obligation d’apporter les preuves de ses assertions devant un tribunal. Ali Lmrabet a estimé que le chef de bureau de la MAP était en mission commandée, qui n’avait rien à voir avec son métier de journaliste, l’avait attaqué en justice en exigeant qu’il fournisse à la justice l’article où il aurait accusé les Marocains vivant en Espagne d’être des terroristes. L’article n’existait pas bien entendu et Ali Lmrabet trop bon journaliste et trop respectueux des Marocains pour écrire une telle ânerie. L’assertion faite en public était clairement du dénigrement à l’encontre d’un journaliste en rupture de ban et interdit d’exercer dans son pays. Le fait que ces accusations viennent du chef du bureau de l’agence de presse officielle montrait clairement une confusion entre journalisme et police politique. Le chef du bureau de la MAP a d’ailleurs récidivé en prenant la parole pour insulter le militant sahraoui, Ali Salem Tamek, lors du Forum social de Barcelone. Le service d’ordre du Forum l’a expulsé de la salle. La victoire de Lmrabet est totale. Le Tribunal a condamné Saïd Ida Hassan et l’agence MAP qui n’ont pu produire l’article en question à payer solidairement 12.000 euros à Ali Lmrabet, à publier la sentence dans deux journaux espagnols et à assumer les frais de justice.

La victoire d’Ali Lmrabet est d’autant plus totale qu’en février 2008, la cour d’appel de Madrid avait débouté le même chef du bureau de la MAP ainsi qu’un de ses collègues, Mansour Madani, actuellement correspondant à Paris, à propos d’un article de Lmrabet dans El Mundo, intitulé «une armée de mouchards». Lmrabet y accusait les journalistes de servir d’informateurs aux services marocains. Condamné dans un premier jugement, Ali Lmrabet a gagné en appel le procès qui lui était intenté par les journalistes de la MAP.

La MAP et les services marocains

Au sujet des liens entre l’agence MAP et les services marocains (DGED), la cour d’appel a donné raison à Lmrabet. «La relation entre l’agence d’information marocaine, MAP, et la direction générale d’études et de documentation, DGED, est suffisamment prouvée sur la base des reportages déjà publiés dans d’autres médias de communication de ce pays (Maroc), et qui sont présents dans ces actes», avait estimé la cour d’appel espagnole. La cour d’appel madrilène avait condamné aux dépens les deux correspondants de la MAP. Pour rappel, Ali Lmrabet a été condamné en 2003 à quatre ans de prison ferme pour «outrage à la personne du roi», «atteinte à l’intégrité territoriale» et «atteinte au régime monarchique». Il a été gracié en janvier 2004 avec six autres journalistes. En Avril 2005, Lmrabet, qui exerce au journal espagnol El Mundo, avait été condamné par un tribunal de Rabat à une amende de 50.000 dirhams et à dix ans d’interdiction d’exercer le journalisme. On lui reprochait un reportage sur les Sahraouis à Tindouf. Et, surtout, une déclaration à un hebdomadaire marocain où il estimait que les Sahraouis n’étaient pas séquestrés à Tindouf et pouvaient se déplacer librement. Un sacrilège portant atteinte à un élément central du discours-propagande marocain sur le Sahara occidental.


Un fait qui attire l'attention : L'agence de presse officielle, la MAP, est considérée comme une branche des services secrets de Chakib Benmoussa, l'homme de choc de Mohamed VI

Source : Top actus

Les charognards en temps de crise


Le Maroc dépense trop au Sahara Occidental. C'est ce qu'on entend tous les jours dans les médias marocains. Selon TelQuel, numéro 368, 1200 milliards de dirhams dépensés depuis le début du conflit, 3% de PIB perdu chaque année… .

La rapport du magazine Forbes n'est pas du même avis. Au contraire, selon ses chiffres pour l'annéee 2008, Le maroc est largement dans ses frais le coût du conflit serait largement amorti avec les recettes des phosphates et des richesses halieutiques sahraouies. Ce qui explique les sentiments d'amour profond que le Maroc ressent pour la population et le territoire sahraouis.

MAGAZINE FORBES

Mohammed VI, septième plus riche roi au monde avec 2,5 milliards de Dollars

Sans faire de bruit, le souverain alaouite a amassé, depuis qu’il a succédé en 1999 à son père Hassan II, une importante fortune, qui fait de lui l’un des plus riches monarques de la planète. C’est ce que révèle le magazine spécialisé américain Forbes, dans sa dernière édition.

Mohammed VI est à la tête d’un joli magot s’élevant à 2,5 milliards de dollars américains et pointe à la septième place des rois les plus aisés du monde sur une liste comprenant quinze souverains, selon un dossier publié par le magazine spécialisé américain Forbes. Cette publication, spécialisée dans l’évaluation des fortunes des plus grandes célébrités, précise que le monarque chérifien occupe par ailleurs la première place du classement relatif à l’accroissement des richesses pour l’année 2008, qui l’a vu atteindre ce montant de 2,5 milliards de dollars.

Cette augmentation importante est attribuée, par la même source, à la hausse importante des prix du phosphate sur les marchés mondiaux de matières premières. Il y a lieu de signaler que le Maroc, qui détient près de la moitié des réserves mondiales, en est l’un des plus grands exportateurs. Au cours de l’année écoulée, Rabat a extrait pas moins de 28 millions de mètres cubes de phosphate, ce qui fait de ce pays le troisième producteur mondial après la Chine et les États-Unis.

Cela a permis au Maroc d’enregistrer des recettes estimées à 2,8 milliards de dollars, soit neuf fois plus que l’année précédente. Dans l’article consacré à Mohammed VI sous le titre “Le roi de la roche”, le magazine Forbes affirme que sa fortune est appelée à s’accroître davantage durant les prochaines années en raison de la fort probable augmentation des revenus du Maroc issus du phosphate, qui est devenu une matière très précieuse. Il n’en demeure pas moins que la dette extérieure publique du Maroc a enregistré une importante augmentation de 10% par rapport à 2007 pour atteindre la somme de 134,2 milliards de dirhams (16,6 milliards de dollars ou 11,9 milliards d’euros). Cela représente 20% du PIB et 39% des recettes courantes de la balance des paiements.

En dépit de cela, l’accroissement des rentrées d’argent du Maroc se répercute inévitablement de manière favorable sur la fortune personnelle de Mohammed VI. Par ailleurs, cette source indique également que l’entretien et la maintenance des douze palais royaux, répartis sur tout le territoire marocain, nécessitent une dépense quotidienne évaluée à un million de dollars. Pour revenir au classement des quinze rois les plus riches du monde, Forbes place en première position le roi Bhumibol Adulyadej de Thaïlande, crédité de 30 milliards de dollars. Il a perdu cinq milliards de dollars par rapport à l’an dernier. Il est suivi de près par le sultan de Brunei, Haji Hassanal Bolkiah, avec pas moins de 20 milliards de dollars. La troisième place revient au cheikh Khalifa ben Zayed des Émirats arabes unis avec 18 milliards de dollars, qui est talonné par le roi Abdallah Ibn Abdelaziz d’Arabie saoudite, dont la fortune est estimée à 17 milliards de dollars. La cinquième place est occupée par le cheikh de Dubaï, Mohammed bin Rashid Al-Maktoum, avec 12 milliards de dollars, soit 6 milliards de moins qu’en 2008. Alors que la crise économique mondiale a eu des répercussions généralement négatives sur les fortunes des rois, à quelques exceptions près comme c’est le cas de Mohammed VI, qui a vu ses revenus augmenter contrairement aux autres.

L'empire français vu par Newsweek


Pourquoi il est si difficile de sortir de l'Irak, d'Afghanistan…ou des Iles Comores?

Ils sont comme les Açores, la Martinique ou Puerto Rico. Selon le magazine Newsweek, "les petites enclaves de Ceuta et Melilla, dans la côte marocaine, font toujours partie de l'Espagne et, par conséquent, de l'Union européenne. Des immigrés du plus profond de l'Afrique font de longs voyages et centaines de kilomètres, et même des milliers, à travers le désert pour essayer de sauter les murailles dans l'espoir de trouver l'asile".

De plus, dans le graphique, selon la revue américaine, l'Espagne a jusqu'à sept colonies présumées dans son territoire, dans lesquelles vivent plus de trois millions d'habitants : les Îles Canaries, Ceuta, Rocher de Vélez de la Gomera, le Rocher de Houceima, Melilla, les Îles Chafarines et les Îles Baléares.

Dans un article, intitulé "Le fardeau de l'empire" et publié dans l'édition de juin, son auteur, Christopher Dickey, soutient que les empires, lorsqu'ils se voient comme des conquistadors, des occupants libérateurs, des forces de pacification ou des constructeurs de nations, sont des pièges qui consomment une "énorme quantité de ressources" militaires, économiques et politiques et, dans beaucoup de cas ils sont une partie du prestige de ceux qui le construisent".

La thèse de Dickey se base sur le fait que ce qui avait un certain sens stratégique au XIXe siècle a cessé de l'avoir au XXIe dans un monde de missiles nucléaires et d'Internet.

L'article dédie quelques lignes à l'Espagne et aux villes autonomes de Ceuta et de Melilla quand il repasse les "vestiges d'anciens empires" qui peuvent se trouver "dans tout le monde".

Ainsi, pour Dickey, ce sont les Français qui offrent le cas d'étude le plus compliqué et le plus instructif potentiellement en atrophie du passé et ambitions du futur. Le soleil ne se couche jamais sur ce que Paris appelle "confettis de l'empire" : A partir de la Polynésie Française, Nouvelle Calédonie et Wallis Futuna dans le Pacifique Sud à Saint-Pierre et Miquelon au large de la côte de Terre-Neuve. En effet, la plus longue frontière française n'est pas avec l'Allemagne ou l'Espagne, mais, grâce à la Guyane Française, avec le Brésil. "Il s'agit d'étendre notre influence" affirme sans ambages, si c'est en privé, un haut fonctionnaire au ministère français des Affaires Etrangères.

Mais est-ce vrai? Les traités équitables ont plus de sens si vous pouvez les obtenir. Au mois de mai, le président Nicolas Sarkozy a inauguré une nouvelle base militaire française à Abou Dhabi, similaire dans le principe, si ce n'est pas dans l'échelle, aux installations américaines au Qatar et au Bahreïn, plus loin sur la côte. Il se vante de ses mérites comme une démonstration du changement français pour forcer sa vision. Le Camp de la Paix, comme on l'appelle, vise à démontrer que la France est prête à défendre Abou Dhabi et d'envoyer ce signal à l'Iran à moins de 300 kilomètres. Mais, plus qu'une démonstration de force, c'est une vitrine pour les grands tickets de systèmes d'armes françaises que Paris tient à vendre dans la région. Contrairement à d'autres bases françaises d'outre-mer, il n'y a pas d'histoires de revendications françaises de souveraineté. Abu Dhabi veut diversifier sa dépendance à l'égard des forces de sécurité. Et, ce qui est certainement la plus grande rupture avec le passé, Abou Dhabi est en train de payer la note.

La Guadeloupe et la Martinique, dans les Caraïbes, sont plus typiques. Elles sont considérées comme partie intégrante du territoire nationale de la France, comme les EEUU. Pourtant, malgré des subventions massives financées par les contribuables français, elles ont été le théâtre de beaucoup d'agitation au cours des derniers mois que Sarkozy a reporté une visite prévue à plusieurs reprises. Les habitants de ces îles ne se battent pas pour l'indépendance, rappelez- vous, juste pour de meilleures initiatives de Paris pour compenser le coût de la vie plus cher dans ces marchés minuscules qui sont devenus dépendants des importations d'un continent éloigné.

Au total, les possessions de la France d'outre-mer ajoutent 2.6 millions de personnes a sa population et 120 mille kilomètres carrés de terres à son territoire, et donne à la France le troisième plus grand domaine de l'exclusivité de droits maritimes. Ils produisent du minerai de nickel et de la morue, ils ont fourni des zones d'essais d'armes atomiques dans le passé et sont les bases pour les rampes de lancement pour les explorations spatiales. Pourtant, quels que soient les avantages, les responsabilités et les coûts sont plus importants. "Au cours des années 1980 et même dans les années 1990, certains de ces arguments portaient un poids réel», déclare Robert Aldrich, auteur de "La Grande France: Une histoire d'expansion de la France d'outre-mer". Aujourd'hui, cependant, ils sont surtout une ponction sur le budget, pour un coût estimé à € 16,7 milliards de dollars par année."D'une certaine façon", dit Aldrich, "ils sont comme de vieux bijoux de famille, peut-être ils n'ont pas autant de valeur monétaire, mais une certaine valeur sentimentale".

Sentimental, en effet. Dans la seconde moitié des années 1980, la Nouvelle-Calédonie était au bord de l'insurrection totale. Plus tôt dans l'année, la contagion de propagation rapide de l'agitation de la Guadeloupe, à mi-chemin dans le monde entier, à l'île française de Réunion à l'Océan Indien. Pas découragée, Paris a poussé en avant ce ressort pour faire de la Mayotte, une île minuscule entre Madagascar et le Mozambique, le 101e département de la République Française. Les résidents seront taxés, et recevront des allocations d'aide sociale, surtout la dernière, tout comme dans la métropole. Ils seront pleinement représentés dans le Parlement français et seront en mesure de voter à toutes les élections, y compris celles de l'Europe, car ils seront considérés comme des Européens, aussi. Et finalement, ils devront respecter l'ensemble les lois et règlements de la France et l'Europe,

La raison apparente qui a poussé Paris à prendre cette décision c'est parce que c'est ce que les gens de Mayotte veulent. Lorsque l'ensemble de l'archipel des Comores ont voté sur leur avenir en 1974, les autres îles se sont prononcées pour l'indépendance. Mayotte s'est prononcé pour... la dépendance. Et dans le référendum de mars dernier, le peuple a voté massivement pour des liens encore plus étroits. Dans un magnifique morceau de rhétorique excessive, la ministre française de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a dit que tout le spectacle était dans la"réaffirmation des valeurs qui forgent, aujourd'hui comme hier, l'unité de notre République et notre démocratie éternelle."

Il est clair que la vieille «mission civilisationnelle» demeure. Cependant, culturellement, les résultats pourraient être tâchés d'anomalies. Parmi les quelque 180.000 Mahorais, presque tous sont des musulmans, et la polygamie est très répandue. Mais la polygamie va à l'encontre de la loi sur Mayotte comme c'est le cas en France. Le problème de l'immigration clandestine en provenance des autres îles des Comores à Mayotte, quant à lui, est énorme. Environ un tiers de la population est considérée, comme les appellent les Français, clandestins. Nombreuses sont les femmes enceintes qui risquent leur vie pour que leurs enfants soient nés "en France" et être candidat à la citoyenneté. Le taux de natalité est telle que les dans les 15 prochaines années, la population pourrait atteindre les 300.000. Déjà, le service de maternité de l'hôpital principal de Mayotte est le plus occupé en France, avec 20 bébés nés par jour. Les perspectives d'emploi pour les enfants qui y grandissent sont minces. Sur les 4.000 qui entrent sur le marché du travail chaque année, seulement 1.000 arrivent à trouver du travail. Et puis, il y a la position de la République Islamique des Comores, qui gère les autres îles. Il peut être l'un des gouvernements les plus instables au monde, mais il affirme que la Mayotte fait toujours partie de son territoire, de même que l'Organisation des Nations Unies.

En effet, les tentatives faites par les Français pour expliquer pourquoi la France veut de la Mayotte relèvent du surréalisme. Les critiques de la Gauche dénoncent, apparemment sans aucun sens de l'ironie, que les Français veulent exploiter la Mayotte pour ses gousses de vanille et de l'huile aromatique de l'arbre d'ylang-ylang. Si le véritable motif était de garder la valeur stratégique du Canal de Mozambique, il est étonnant que la France n'ait jamais procédé à la construction de la base prévue en Mayotte dans les années 1970.

En fait, ce qui a du sens stratégique global pour l'amiral Mahan dans le 19ème siècle, quand il a conseillé de saisir des points d'appui dans des pays étrangers, n'est pas si logique aujourd'hui. Dans un monde de missiles, armes nucléaires et des terroristes inspirés de cutters de l'Internet, la projection de l'influence politique est au moins aussi important que la projection de force. L'idée de l'empire n'est plus plausible, sa réalité n'est plus crédible. Le problème n'est pas seulement que les anciens impérialistes n'avaient pas de stratégie de sortie, mais c'est que, dans certains endroits, il n'y a pas de sortie du tout.

Newsweek, 22/06/2009, Christopher Dickey, chef de bureau de Newsweek à Paris et rédacteur régional du Moyen-Orient (http://www.newsweek.com/id/201753)

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